Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°87 – 31 août 2026

Homère et les Odyssées. 4/5. Qu’importe si le film de Nolan sur L’Odyssée est loin d’être parfait, ça reste quand même le meilleur pour l’instant ; il faut le voir comme une suggestion d’interprétation, comme celles que faisait le critique d’art Thadée Natanson sur les peintres qu’il adorait et sur lesquels il a écrit deux livres dont je rappelle les titres : Un Toulouse-Lautrec et Le Bonnard que je propose… Nolan aurait pu appeler son film One Odyssey ou The Odyssey I propose, il aurait essuyé déjà moins de critiques. Chris ne sera pas le dernier, comme il n’a pas été le premier, à donner sa vision déformatrice de L’Odyssée. Les tragédies d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide étaient pleines de nouveaux dialogues, de pensées, d’attitudes, de réactions « inédites » d’Ulysse. Puis les Romains s’y sont mis (Pétrone, Virgile et Ovide !) ; puis les Italiens (Dante le place dans le 8e cercle de l’Enfer, parmi les trompeurs, « conseilleurs de fraude »). Et ensuite, en cascade : Shakespeare, Racine, Fénelon, Marivaux, tous délirants et souvent édulcoreurs de l’esprit grec odysséen… D’autres encore n’intègrent pas Ulysse directement mais Homère… J’ai trouvé dans Les Voyages de Gulliver (1726) de Swift un passage extraordinaire dans l’île de Glubbdubdrib où Gulliver est accueilli par un gouverneur qui lui donne la possibilité de lui faire réapparaître des morts célèbres pour 24 h. Lemuel choisit immédiatement Homère et Aristote, et il a le vice de vouloir les confronter à leurs détracteurs qui eux aussi étaient aux Enfers mais ne s’étaient jamais approchés en « vrai » de ces grandes stars de l’Antiquité dont ils avaient parlé en mal toute leur vie. On assiste alors à la confrontation des commentateurs et gloseurs d’Homère et d’Aristote… On sent vers qui le cœur de Swift penche : Homère est « plus grand et d’une plus fière mine ; il se tenait très droit pour un homme de son âge, ses yeux étaient les plus vifs et les plus perçants que j’aie jamais vus » dit le swiftien Gulliver dans un merveilleux balayage du cliché sur la cécité légendaire du super-aède ! Aristote « était plus courbé et s’appuyait sur un bâton. Il avait le visage émacié, les cheveux plats et clairsemés, la voix caverneuse »… Swift avait déjà abordé la question homérique dans La Bataille des Livres (1704), qui est une espèce de mini-Iliade où les auteurs antiques sous la forme de leurs livres prenant vie, attaquent les « modernes » que ne pouvait pas piffer Swift. On a Virgile armuré sur son cheval ; on a Homère qui est le capitaine des cavaliers ; on a Pindare surtout (ah, les descriptions guerrières de l’impitoyable Pindare !), et Aristote qui, en ciblant Bacon, le loupe et envoie sa flèche qui tue Descartes ! Homère « arracha de vive force Perrault à la selle de sa monture et le jeta du même coup sur Fontenelle, brisant à la fois leurs deux crânes et extirpant leurs deux cervelles »… Perrault, Perrault… Attendez ! Perrault, c’est Charles Perrault, oui : celui des contes ! L’Irlandais Swift avait une bonne raison d’en vouloir à Perrault : son Parallèle des Anciens et des Modernes en ce qui regarde la poésie (1692). Là, le génial créateur de sacrés mythes lui aussi (La Belle au bois dormant ; Cendrillon ; Peau d’Âne ; Le Petit Poucet, etc.) organise un dialogue à 3 entre un abbé qui incarne sa pensée, c’est-à-dire celle des modernes, un président défendant les anciens et un chevalier modérateur. Pendant de longues pages pénibles, Perrault les fait discourir en chargeant surtout Homère ! Il lui reproche d’écrire des « fables » invraisemblables pour enfants ; oui, lui, Perrault ! Il pinaille sur L’Odyssée d’une façon méprisante : par exemple il conteste qu’Ulysse ait pu être reconnu par son chien « qui ne l’avait point vu depuis vingt ans » alors que les chiens ne vivent pas aussi longtemps… On en est là. « Le caractère d’Ulysse est tellement mêlé de prudence et de fourberie, d’héroïque et de bas qu’il est presque impossible de le bien définir. » On rêve ! C’est le grand Perrault qui se met au niveau d’un Zoïle ? Sur le style d’Homère lui-même, Charles aurait dû être rouge (de honte) comme son petit chaperon pour avoir écrit ceci : « Or je soutiens que les queues des comparaisons d’Homère ne sont point de la même couleur ni de la même étoffe que le corps des comparaisons où elles sont attachées ; et c’est de quoi je me plains beaucoup plus que de leur longueur exorbitante. » Ou alors, voilà l’abbé Perrault à la barbe bleue qui y va de son sale petit coup de pinceau de morale hypocrito-catho : « Ulysse va tous les soirs soupirer pour sa chère Pénélope, en se tournant vers le Royaume d’Ithaque où elle était ; et ensuite il allait coucher avec la Nymphe Calypso. » Même Pindare se prend un coup de botte du chat lèche-cul de Louis XIV dans le cul : « Si les Savants lisaient Pindare avec résolution de bien comprendre ce qu’il dit, ils s’en rebuteraient bien vite, et ils en parleraient encore plus mal que nous. » Plus tard, un autre Charles apparut, mais amoureux d’Homère celui-ci : c’est Péguy… En 1912, Péguy est si hanté par les antiques qu’il endosse la peau de Clio, la muse de l’Histoire, et se lance dans une longue diatribe contre les historiens stériles, en donnant son conseil sur la façon de lire Homère : « dans la traduction la plus ancienne, la plus innocente, la plus humaine, la plus simple, la plus honnête, la moins prétentieuse », et pas celle de Leconte de Lisle qui orthographie tous les noms à la grecque. « Prenez Homère. Faites comme il faut toujours faire. Avec les plus grands. Et surtout peut-être avec les grands. Ne vous dites pas : Il est grand. Non, ne vous dites pas cela. Ne vous dites rien… Prenez le texte. Et qu’il n’y ait rien entre vous et le texte. » Et cette phrase de l’éditeur des Cahiers de la Quinzaine : « Lisez comme si ce fût un volume sorti la semaine dernière de chez Émile-Paul. » C’est une responsabilité de lire Homère : « L’auteur voudrait goûter, l’auteur voudrait se nourrir du repos de la paix éternelle. Décevance. » Pour Péguy, une mauvaise lecture d’Homère le « découronne », et là, j’ai bien peur que toutes les lectures qui vont être faites de L’Odyssée grâce au succès du film de Nolan viennent découronner le Sans-yeux… « La plus grande œuvre du plus grand génie est livrée en nos mains, non pas inerte mais vivante comme un petit lapin de garenne »… Elle est forte en métaphore, cette Clio ! Allons voir de plus près 3 œuvres marquantes composées dans ce vingtième siècle à partir de L’Odyssée… Dans l’ordre croissant de mes préférences, on commence par celle signée Nikos Kazantzaki : en 1938, il n’a pas réécrit L’Odyssée mais il a prolongé post-Ithaque l’épopée ulysséenne dans un énorme livre-poème (je l’ai, traduit chez Plon en 1971) de 700 pages (24 chants = 33 333 vers de 17 syllabes)… Odyssea ou plus exactement Odysea car il a enlevé un « s » pour faire plus moderne… On aurait dû d’ailleurs la traduire ainsi en français : L’Odysée… Entre parenthèses, on entend souvent que L’« Odyssée », ça veut dire « Ulysse » et qu’Homère a appelé son livre du nom de son héros ; non, il ne s’intitule pas Odysseus mais Odusseia, c’est-à-dire « Le poème d’Ulysse ». Dans son époèmepée, Kazantzaki n’appelle quasiment aucun personnage par son nom et surtout pas Ulysse qui change d’appellation au fur et à mesure de ses actions : ça c’est une très bonne idée, il suffit qu’il fasse quelque chose pour qu’il devienne instantanément celui qui fait cette chose comme s’il la faisait toujours et pour toujours. Il est tour à tour : l’Homme d’Ithaque, l’Homme pensif, le Meurtrier, l’Éprouvé, le Veilleur, l’Archer rusé, le Vagabond, etc. À la longue, c’est un peu lourd et on s’y perd comme dans un labyrinthe knossien… Ça rend la lecture ardue. Dommage… Cela dit, l’entreprise gigantesque de Kazantzaki est louable et le scénario est extravagant (celui de la Télégonie l’est aussi). Je crois l’avoir suivi mais il faut s’accrocher. Ça commence par Ulysse qui se lave de tout le sang qu’il a fait jaillir des prétendants massacrés par lui et par son fils, et dans sa baignoire, il prend conscience qu’il va bien se faire chier avec sa femme qui n’est plus de la première jeunesse… En plus, les parents des prétendants manifestent contre lui, la population d’Ithaque le rejette, il n’est pas bien accueilli. Son père Laërte meurt et Télémaque se marie avec… Nausicaa ! Ulysse réunit une nouvelle équipe de marins, corsaires, voyous, mendiants, avec laquelle il va rembarquer. Avant de quitter Ithaque, il fout le feu au Palais… Il va à Sparte et enlève Hélène qui s’emmerde avec Ménélas-le-déprimé, et fout le feu encore, puis gagne la Crète (of course, Kazantzaki est de là-bas). Ulysse flirte avec Dictynna, la fille du roi Idoménée. Orgies sur fond de rites taurins. Ulysse galvanise une meute de révoltés et fuit l’île minoenne après avoir tué le tyran et incendié (encore ?) le palais royal. Hop ! En Égypte ! Ulysse combat contre le Pharaon et là aussi soulève des foules de mécontents (c’est le vieux fond communiste de Kazantzaki qui ressort…) Capturé et condamné à mort, Ulysse se sauve avec quelques hommes dans le désert d’Afrique pour fonder une cité idéale, mais un tremblement de terre fout tout par terre. Les derniers compagnons d’Ulysse périssent. Ulysse se réfugie seul sur une montagne, puis va zoner au bord de la mer Rouge, il y rencontre, sous d’autres apparences, Hamlet, Bouddha, Don Quichotte, Jésus (Kazan se fait plais’)… Ulysse construit ensuite un bateau et se laisse voguer vers le pôle sud ! Apparaissent alors les fantômes de son passé : femmes, compagnons, dieux, héros, adversaires… La Mort grimpe dans son navire qui finit par se briser contre un iceberg. Ulysse est frigorifié puis se dilue dans la lumière de sa conscience ; il rit de mourir au milieu de tant de blancheur, et lâche son dernier soupir de triomphateur de la vie, résonnant pour l’éternité dans la liberté glacée !…

Magnifique sur le papier, mais raté en livre. À côté de tout ce qu’a réussi par ailleurs Kazantzaki (Le Christ recrucifié ; La Dernière Tentation ; L’Ascension…), son Odyssée fait fade figure : tout ce qu’il aime (Bergson, Nietzsche, Lénine, le bouddhisme, le nationalisme crétois) a été ici mal mouliné pour obtenir une écriture sans vraie substance ; il en a 100 fois plus dit sur Homère et Ulysse dans son Rapport au Greco par exemple… Une autre variation sur L’Odyssée, peu connue, est parue en 1919 : il s’agit d’Elpénor par Jean Giraudoux. J’ignorais complètement ce roman « de jeunesse », qui est présenté souvent comme une nouvelle et qui fait quand même 218 pages, construit en 4 épisodes, avec pour figure centrale Elpénor, un personnage subalterne de L’Odyssée, un compagnon-marin d’Ulysse. On a dit qu’Elpénor était une « parodie » de L’Odyssée, un canular même, alors que c’est un des premiers chefs-d’œuvre de Giraudoux. Il faut bien connaître Homère pour apprécier les subtiles trouvailles et les gracieuses retombées sur ses pattes du chat diplomate Giraudoux. Ne parlons même pas de l’écriture dont le lyrisme fait presque rire (de joie) tellement il vole haut, tel un aigle du mont Caucase cherchant aux alentours s’il n’y aurait pas par hasard un autre Prométhée à se mettre sous le bec et les griffes, et dont il pourrait dévorer une fois encore le foie offert à sa faim de rapace vorace ! C’est comme ça qu’il faudrait refaire les évangiles : en restant totalement dans l’esprit, tout en inventant des détails, de nouveaux angles de vue, des renversements de situation, et en ouvrant des perspectives aussi féeriques que logiques dans un texte qu’on connaît ou qu’on croit connaître. Giraudoux saute dans le récit en marche de L’Odyssée au moment où Ulysse et ses marins arrivent à l’île du cyclope et ils vont direct dormir dans la grotte ; le cyclope survient, il est en train de manger une biche ; Ulysse le vante et lui dit, en imitant la langue allemande : « Quand ton œil tu clignes, il semble que le soleil cligné a. » Son sourcil est comparé à un arc posé au-dessus du bouclier d’une amazone. Charmé par les paroles d’Ulysse, le cyclope lui dit : « Je n’ai qu’un œil mais heureusement j’ai deux oreilles pour entendre tout ce que tu me dis. » Il lui demande son nom (« Personne ») puis les noms de son père, de son grand-père qui s’appellent « De Personne » et « De De Personne » ! Et comme il veut aussi savoir comment se nomment les matelots, ceux-là choisissent pour cela des morceaux de leur corps (« Monfront »). Une discussion sur l’amour s’engage et Ulysse fait découvrir à Polyphème l’art des vers, ce qui lui donne quasiment le mal de mer, et aussi celui de la prose mais il préfère les vers d’amour, il exulte ! C’est bourré de plaisanteries et d’espiègleries que n’aurait pas reniées le Céline de Foudres et Flèches, de Scandale aux abysses, des Ballets. Et les calembours ne gâchent rien, au contraire : « Pâris vaut bien une messe ». Le cyclope se frappe sur le front quand il a une idée, mais sur le côté, sinon il se tape dans l’œil. Comme convenu par Homère, les marins l’éborgnent avec un pieu rougi ; ça, c’est normal ; le cyclope hurle de douleur puis implore son père Neptune (Giraudoux emploie volontiers des noms romains), et c’est là où Giraudoux ose : Poséidon (je suis désolé) recueille alors toute la lumière qu’il peut de la surface de la Terre et l’envoie sur l’œil blessé de son fils, ce qui lui fait recouvrer la vue ! Ça c’est formidable : le cyclope qui retrouve la vue grâce à son père après sa blessure ! Plus innovant encore que chez Nolan ! Les matelots veulent recommencer à l’aveugler, mais Ulysse leur dit que comme ils ne parviendront pas plus à crever l’œil que la première fois, il faut s’en prendre à sa vue, la changer comme Elpénor (le voici !) quand il bouffait les fleurs des Lotophages jusqu’à en être drogué, et avait toujours ses yeux mais ne voyait plus normalement. Heureux de ne plus être aveugle, le cyclope s’endort. Quand il se réveille, les marins lilliputiens (Giraudoux reprend des critères gullivériens) marchent sur lui et lui demandent s’il est bien sûr qu’ils existent et qu’il existe, ne sont-ce pas des apparences que tout cela, des images ? Discussions platonico-métaphysiques dans la grotte. Ulysse dit : « Délivre-nous et tu te délivreras toi-même des images avec lesquelles je perturbe tes certitudes sur l’espace et le temps les couleurs ! » Le cyclope : « Ou vous restez des images et je vous soigne et vous donne à manger ou vous n’êtes plus des images, et je vous dévore ! » Ensuite, Ulysse décrit au cyclope la ruse qu’on connait mais qui est ici évoquée au conditionnel, c’est-à-dire qu’ils se seraient accrochés aux ventres des moutons pour s’échapper… Le cyclope leur dit de se barrer. « Non, dit Ulysse, on reste ! » Le malin explique que maintenant ils sont tous des images et qu’il faut qu’ils récupèrent leurs corps ; c’est fait : dehors ! Polyphème caresse son bélier préféré au flanc duquel Ulysse, qui n’a pas besoin de se cacher en dessous puisque le cyclope le voit, marche ; le monstre magnanime essaie de caresser le visage d’Ulysse pour lui dire adieu parce qu’il s’est attaché à ce type qui lui a fait reconsidérer la vie autrement ! Tout le monde est libre et ce sont les marins qui ont mal aux yeux, éblouis par la lumière parce que ça fait une semaine qu’ils sont enfermés dans le noir, et c’est là qu’Ulysse décide d’insulter le cyclope : « Imbécile, tu crois que ton cerveau aurait pu créer des images de Grecs ? » Puis Polyphème, qui les appelait au féminin depuis qu’il les croyait ses images chères hommes, vous êtes brillantes »), leur jette quelques rochers, sans conviction, et rentre tristement chez lui. Il retrouve sa grotte où il s’affaire à traire ses brebis en pleurant de bonheur : ses larmes se mêlent au lait caillé et ça va faire un meilleur fromage, et voilà c’est terminé, le chapitre 1 d’Elpénor ! Dans le chapitre 2, c’est l’épisode des sirènes. Elles sont nues et, au passage du bateau, agitent leur péplum comme des « protestantes pudibondes » ; il n’y en a que 3 (une brune, une blonde, une rousse) et leurs chants, ce sont des prédictions sur la découverte de l’Amérique, l’invention de l’imprimerie ou de la poudre à canon ! Ulysse ne les entend pas bien à cause des marins qui chantent eux aussi, et fort, en ramant, avec leur cire dans les oreilles, et chaque fois qu’ils demandent à Ulysse après avoir ôté leurs boules Quies : « Qu’est-ce qu’elle t’a dit ? », Ulysse invente des poèmes que les sirènes lui auraient dit et qui sont des épigrammes médiocres de son cru (du cru de Giraudoux, on voit même passer Bellac !) ou des éloges érotiques à sa gloire… Les matelots trompés s’extasient devant cette poésie. Ulysse, lui, est déçu que les chants des sirènes ne l’aient pas fait hurler ni implorer qu’on le détache. Elpénor fait une simple apparition dans le bateau ; déjà deux chapitres où il n’est pas la vedette. Au troisième, on est d’abord chez Circé avec sa servante Ecclissé mais il n’est pas question des porcs (dommage…) ; les marins ont déjà repris leur apparence humaine, ils s’embarquent pour le royaume des morts. Alors qu’ils sont déjà en route, on voit Elpénor resté chez Circé et qui tombe de la terrasse et se tue. Chez Hadès, Cerbère accueille les hommes d’Ulysse, avec cette définition giralducienne : « Sept chiens aboyaient et ce n’était qu’un seul chien »… Le premier mort qui apparait dit à Ulysse : « Tu ne reconnais pas ton fils ? » Il croit que c’est Télémaque mais non, c’est Elpénor, le dernier mort en date, qui est en mal de sépulture mais qui veut surtout qu’Ulysse lui présente les autres fantômes : Tirésias, Achille, Médée, Hécube, Hélène… Puis ils reviennent tous chez Circé qui a découvert le cadavre d’Elpénor ; ils vont le brûler. Pour l’oraison funèbre, Ulysse demande à ses marins ce qu’ils pensaient d’Elpénor, mais tout le monde le déteste, le tenant pour responsable de tous les malheurs (Cicones, cyclope, etc.). On commence à comprendre que Giraudoux a fait de son héros un souffre-douleur, complètement insignifiant, et qui devient malgré lui le centre d’attraction de toute L’Odyssée ! Invoqué, Zeus est pris de pitié et finit par ressusciter Elpénor du monde des morts ! Il en sort tout neuf, comme de « deux jours de piscine », puis rembarque avec ses compagnons pour l’île des Bœufs du Soleil… Le drame connu a lieu, mais ici on sait que c’est Elpénor qui a poussé les marins à bouffer les Bovins d’Hélios. Dans le naufrage final, Elpénor tombe à l’eau. Ulysse fabrique un radeau (Giraudoux crée des termes marins dont « conasse »), et accoste quelque part… 4e et dernier chapitre, on est chez les Phéaciens. Giraudoux ne perd pas plus le fil d’Ariane de son labyrinthe que le nord… Le nord d’Ariane ! Minerve prévient Alcinoos qu’Ulysse va bientôt s’échouer sur son île et voudrait que sa fille Nausicaa aille le chercher. Rassemblement du peuple phéacien : le roi vante à tous la vie et les exploits d’Ulysse, Calypso, Circé, etc. (il sait déjà tout)… Mais la vérité sort de la bouche du petit pêcheur Laïonos : Ulysse ? Mari adultère de Pénélope, assassin du cyclope, ignoble ami d’Achille… Le petit impertinent est puni d’une claque sur les fesses, la main qui l’a frappé sera gravée à vie sur son cul, et cette trace, on l’appellera « la main d’Ulysse ». Nausicaa, qui adore les mains d’hommes dans lesquelles elle lit son destin à elle, se rend au bord de la mer avec ses copines et le petit Laïonos qui va à la pêche au saumon. Et c’est là qu’on récupère la scène fameuse de L’Odyssée : Nausicaa voyant un naufragé nu sur la plage. Elle dit : « Pour le réveiller, hurlons son nom ! » Les cris portent jusqu’au palais d’Alcinoos ; Ulysse se réveille, mais ce n’est pas Ulysse, c’est… Elpénor ! On croyait qu’il était mort dans le naufrage ! Discussion sur ce qu’est une terre étrangère pour un étranger. Laïonos, avec son saumon pêché sous le bras, est amer de voir les vierges frétiller devant ce « nabot ». Elpénor, qui se fait passer pour Ulysse, est emmené chez Alcinoos ; le roi le présente au peuple dans son vêtement trop grand. Ça, un héros ? Abîmé par son séjour chez les morts, Elpénor raconte sa vie réelle : que des bobos dérisoires, des anecdotes ineptes et lamentables ! Et les Phéaciens trouvent ça super ! Le peuple est tellement con qu’il remercie son roi d’avoir retrouvé « le Charlot de l’Odyssée ». Le problème, c’est qu’en citant « Ulysse » à la 3e personne dans un de ses récits, Elpénor se fait gauler. Pour le confondre, les Phéaciens lui posent des questions sur L’Odyssée qu’il connaît mal. Pour lui, les épisodes homériques ne sont que des repères de sa vie nulle. Seul le souvenir d’Ecclissé le fait pleurer de nostalgie. Laïonos le conduit à sa chambre. Ce puceau qui fantasme sur Hélène veut en faire parler à celui qui ne bande que pour la servante de Circé. Plus tard, des jeux sont organisés. Course à pied avec, Laïonos, Elpénor et d’autres ; quand tous les concurrents ont franchi la ligne d’arrivée, Elpénor les rejoint, à la cool, et c’est pris pour de la modestie de vainqueur ! Joute poétique ensuite : un premier candidat récite à la lyre de la merde versifiée, puis c’est Apollon carrément, descendu de l’Olympe, qui est le second à se produire et Giraudoux analyse son poème bourré d’insultes aux hommes. Le peuple est furieux ! Elpénor s’avance ; cut ! On le retrouve plus tard ligoté à un olivier et il est dit que c’est lui qui a remporté le concours en chantant des chansons triviales de marins, ce qui a enthousiasmé le public. Apollon, fou de rage de s’être fait chiper la médaille, l’a kidnappé et il exige des Muses qu’elles le torturent, et elles s’exécutent toutes bien volontiers. Apollon transforme alors Elpénor en Marsyas, un Silène ennemi et violeur, pour qu’il ne soit même plus Elpénor ! Sous sa nouvelle identité forcée de Marsyas, il insulte ces salopes de muses académiques. Redoublement de violence de Calliope, Terpsichore, Clio, etc. On lui arrache le cerveau, mais pour qu’il ne meure pas tout de suite, Apollon le transforme une dernière fois en géant. La torture recommence, Apollon lui bouche les oreilles à la cire : il est la sirène de lui-même ! Apollon finit par l’écorcher, lorsqu’il crie : « Les dieux ne sont qu’imagination et la mort n’existe pas ! » Giraudoux se et nous régale de pousser jusqu’au bout les fondamentaux philosophiques et psychologiques qui se trouvaient déjà chez notre cher Homère à tous. Retour à la chronologie homérique : on retrouve Ulysse, le vrai, sur la plage ; il a attendu Nausicaa plutôt que d’être découvert par elle, mais comme elle a pris son temps pendant lequel tout ce qu’on vient de lire s’est passé, il a trouvé des vêtements et « rentre dans L’Odyssée »… Il va vers la ville où il croise des gens à qui il demande pourquoi il y a tout ce bruit… On lui répond qu’on fête Ulysse qui a gagné tous les prix… Ah bon ? Il est à peine étonné que quelqu’un ait pris sa place, vu sa propre vie : « Bientôt elle se fera sans moi. » À ce moment-là, les Phéaciens reconnaissent Ulysse et pour qu’il retourne chez lui à Ithaque, ils lui fabriquent son fameux vaisseau de retour, le moins possible en forme de récif, et avec pour le conduire des marins choisis bien gras : c’est le dernier mot. À suivre…

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°86 – 24 août 2026

Homère et les Odyssées. 3/5. Passons rapidement sur la vieille rascasse raciste Jean‑Paul Brighelli, ex‑professeur de collège marseillais, vendu par la poissonnière Élisabeth Lévy (marseillaise également) à la criée de son Causeur pour qu’il se noie dans une bouillabaisse immonde au sujet du film de Nolan ; et aussi sur le Serbe pontifiant Slobodan Despot, pro‑russe helvétique qui, dans son WC‑canard Antipresse (tiens, tiens) a déversé, lui aussi, sans surprise, sur L’Odyssée (2026), toute sa rancœur d’aigri jaloux maigri… Allons directement à Onfray et Naulleau, les « Boulard et PQchié » de CNews comme on les appelle dans le milieu, et qui osent encore se prétendre « de gauche », mais comme on les accuse, à juste raison, d’être d’extrême droite, ça leur suffit comme ausweis pour venir caguer, l’un sur X, l’autre dans le JDD, leurs petites crottes anti‑Nolan qui, bien que de bique, puent quand même… Naulleau : « Il faut n’avoir jamais lu L’Odyssée (ou n’y avoir rien compris) pour apprécier la bouillie insipide de Christopher Nolan. Il ne demeure rien de la bouleversante poésie de l’original, toute métaphysique en a été purgée au profit d’un sirop wokiste tout juste bon à arroser le popcorn des spectateurs incultes. Le wokisme n’est pas une déconstruction, le wokisme est une destruction. » C’est ce Nulleau qui va nous apprendre qu’il y a de la poésie dans L’Odyssée qui l’a soi‑disant bouleversé ? Quand on a vu le film, on sait bien qu’il n’a rien de wokiste, ou alors c’est un wokisme totalement dynamité : rien que Circé qui « balancesesporcs » avant l’heure n’est pas montrée sous le jour que souhaiterait MeToo… Et que Télémaque soit joué par Spider‑Man, en quoi c’est woke ? S’il n’avait pas peur de s’attaquer à un classique, Naulleau, le correcteur d’orthographe sur X, trouverait qu’Homère aussi c’est de la « bouillie », car Homère était déjà dans la « déconstruction »… Onfray, lui, lorsqu’il veut rappeler aux soi‑disant bernés par Nolan qu’ils ne connaissent rien à L’Odyssée (sous‑entendu : lui, si), en listant ses propres connaissances, se goure sur tout : « Même ceux qui n’ont pas lu L’Odyssée connaissent l’Odyssée par ouï‑dire : Calypso la femme qui nourrit son homme avec des fleurs de lotus pour obtenir un amant oublieux de son épouse (faux ; ce sont les Lotophages qui lui en proposent et ce sont les marins d’Ulysse qui en bouffent) ; Circé, la sorcière beauvoirienne qui hait les hommes et les transforme en porcs (pas du tout ; c’est une magicienne qui en pince pour Ulysse et ce n’est pas par haine des « hommes » qu’elle fait de ses compagnons des porcs) ; le cyclope, le cannibale d’avant l’homme, qui demeure et fait la loi malgré la culture (et que Polyphème soit fils de Poséidon, ça ne serait pas mieux à rappeler pour définir le cyclope ?) ; Tirésias, le cadavre putréfié qui enseigne aux humains la leçon des enfers à destination des vivants (pour traiter ce divin devin de « cadavre putréfié », Onfray ne connaît sûrement pas l’histoire de Tirésias passé d’homme à femme puis re‑à homme avant d’être aveuglé par Héra !) ; les sirènes, voix du désir libidinal, qui transforment le plus valeureux des guerriers en pantin ridicule (plutôt en cadavre, et il n’est jamais dit que leurs chants sont la voix d’un désir « libidinal », Onfray confond les sirènes avec des anges bleus en mal de professeurs Unrat !) ; les monstres marins Charybde et Sylla, les menaces auxquelles sont exposés les hommes qui vivent sur la mer (un peu léger pour de telles monstresses qui n’ont rien à secouer des « hommes qui vivent » sur la mer, mais uniquement de ceux qui viennent les faire chier alors qu’elles gardent férocement leur détroit de Messine !). L’obsession de ce « wokisme » qu’Onfray et Naulleau imputent à Nolan vient de leur racisme fondamental à eux, un racisme culturel et ethnique : bien sûr, ils ne supportent pas en gros que Nolan ait fait du rappeur noir Travis Scott un aède, d’Hélène de Troie et de Clytemnestre deux Africaines ; d’Athéna, une métisse et surtout du guerrier Sinon, un trans’ ! Ça va pas plus loin que ça, leur « cinéphilie », en y ajoutant une bonne dose de sauce anti‑ketchup, c’est‑à‑dire d’anti‑américanisme ultra‑banal puisque pour eux, le film est avant tout américain, et donc de mauvais goût. C’est ça qui semble un crime pour Éric Naulleau, le grotesque rock fan enamouré de Graham Parker, se targuant d’avoir meilleur goût que Nolan !… Onfray en arrive à reprocher à Nolan d’avoir présenté un Matt Damon non obèse au pays des gros « nourris au McDo, ketchup et coca ». Bref, pour ces deux cuistro‑couillons qui espèrent (de moins en moins secrètement) la victoire du RN, L’Odyssée de Nolan, c’est le triomphe de l’impérialisme américain alors que c’en est, sinon la dénonciation, le constat de sa décrépitude bronzique face à l’arrivée d’un âge de fer qui ne laisse rien présager de réjouissant. Faire d’Ulysse une sorte de mix achéen de Nixon et de Trump, en mal de colonialisme, qui combat « les Troyens soviétiques », « les Cicones vietnamiens », « les Lestrygons iraniens » et « les prétendants chinois au trône d’Ithaque », est honteux de connerie ! Le héros grec ne colonise personne, il se défend des attaques ou des affronts qui sont infligés à lui ou à son peuple. Mais ce n’est pas nouveau : Onfray n’aime pas ceux qui se défendent ; il les accuse toujours d’être les attaquants. Et assimiler les prétendants qui veulent baiser Pénélope et prendre la place d’Ulysse à des Chinois auxquels celui‑ci s’en prendrait par hybris (au secours, ce mot !) de conquête, c’est presque aussi stupide qu’ignoble. Les critiqueurs de Nolan parlent tous comme s’ils étaient les garants de l’intégrité d’Homère qu’ils feignent de connaître par cœur et à qui soi‑disant ils doivent tout, alors que tout montre que, dans leur vie, ils ont suivi le contraire des enseignements qu’ils auraient pu tirer des caractéristiques de ses personnages — l’intelligence d’Ulysse ; la ténacité de Télémaque ; la patience de Pénélope ; la délicatesse de Calypso ; la passion de Circé ; la solidarité d’Eumée, etc. (et je ne dis rien de ceux de L’Iliade !), tous modèles pour des actions grandioses et animés de nobles ou de puissants sentiments dont ni Onfray, ni Naulleau, ni son copain Truchot, la « Grande Gueule » qui ferme toujours sa gueule, n’ont été capables une seule fois dans tout leur pauvre petit parcours de franchouillards bourgeois ou parvenus !… Chez les hellénistes auto‑patentés, les commentaires sur le film de Nolan ne suintent pas moins d’écœurerie arnaqueuse. Olivier Battistini, sosie de Jacques Weber et prof grognon zemmourien (il s’est présenté en 2022 comme candidat aux législatives dans la circonscription de Sartène sous la bannière « Reconquête » !), lent comme un escargot corse, nous reraconte sur Youtube L’Odyssée et démontre lui aussi qu’il n’a rien compris à sa structure, et reproche évidemment à Nolan d’avoir loupé ou déformé quelques épisodes. Comme si lui, Battistini, aurait été capable de s’apercevoir que dans le film c’est au mollet qu’Ulysse a été blessé alors que, dans le livre, c’est à la cuisse ! Pour lui, ce film n’est pas « une oeuvre d’art ». Entre deux citations en latin, ce vieux Vadius, bourré de brucciu, truffe sa mastercrasse de mots ronflants qui à leur tour font dormir les auditeurs. Sa pire bourde, à ce Battistini, je la réserve pour un TikTok, image à l’appui (vous allez rire !)… Dans la catégorie des profs ou ex‑profs (sale engeance), vous avez également François Bégaudeau qui, lui, monsieur, rechigne à aller voir ce « film de riche » parce qu’il ne veut pas collaborer à une culture « majoritaire et hégémonique » qui promeut le produit d’une « industrie culturelle de masse » se faisant passer pour « populaire ». Dixit Bégaudeau qui est à la masse, et qui rêverait d’être populaire… Oh, les scrupules du Trissotin de gauche ! De toute façon, Bégaudeau s’était déjà décrédibilisé lorsqu’il avait déclaré sur son forum (le 30 mai 2024 à 8 h 56 min !) : « Il se trouve juste que L’Odyssée, relu l’an dernier, m’a semblé bien pauvre. Mais pas parce que c’est une épopée. Parce que c’est bien pauvre, surtout stylistiquement… » Sic, sic, sic hourra !… La main dans le sac à déjections canines ! Bégaudeau, en ne voyant que l’argent dépensé, le blockbuster, la hype, l’affluence dans les salles, démontre que finalement c’est ça qu’il conteste chez Nolan, lui, l’auteur ridic’ des si symptomatiques « livres » Entre les murs ; La Blessure, la vraie ; Histoire de ta bêtise ; Du mépris (les titres parlent pour lui, sinon de lui…) Les deux derniers imbéciles qui se sont prononcés sur les Odyssées (celle de Nolan comme celle d’Homère), je vous les ai gardés pour ma bonne bouche ! Je vais vous les croquer tout crus, comme deux marins d’Ulysse entrés dans ma grotte, et en leur arrachant la tête avec les dents, comme dans le film de Chris !… J’ai nommé : Christophe Ono‑dit‑Biot, cette petite pute médiatique qui, depuis que Taddeï à Canal+ l’avait repéré en jeune puceau tenant sur son blog un « journal intime » en ligne au jour le jour (tiens, tiens…), a fait carrière en larbin des lettres, pigeant à Elle, au Monde, à Europe 1, France Culture, etc… « Connaud‑L’Idiot », comme on l’appelle dans le milieu, publie régulièrement des pensums déguisés en romans gallimardeux, accumule les prix littéraires bas de gamme et multiplie les débats, les discours, les conférences ; il se touche à tout ! Le cumulard sans talent est à la fois « écrivain », journaliste, intervieweur, chroniqueur politique, et comme c’est le « responsable des pages Culture » au Point (on peut pas mieux dire : responsable…), Ono, habitué aux dates des offices des navets dont il s’occupe, avait bien préparé son coup en publiant juste avant la sortie du film de Nolan sa daubette L’odyssée de l’Odyssée (chez Grasset, signé à l’époque Nora, et pas chez « Olivier Nora Éditions », ce qui aurait fait sortir son livre trop tard…). Monsieur le petit surfeur y raconte sa relation personnelle avec la mer, Ulysse et Homère… Pour ce Normand merdeux, Ithaque, c’est Le Havre ! 

Ithaque, c’est « intérieur », c’est chez soi… Chacun la sienne, affirme‑t‑il. Le mec se l’approprie ! Encore un qui n’a jamais eu aucun rapport de près ou de loin avec une grécité quelconque, et encore moins avec la destinée des héros grecs, mais qui en fait sa chose : comme il ne peut pas dire que L’Odyssée, ça parle de lui, dit dit : « Ça parle de nous aujourd’hui » : mais pas du tout ! Quelle vulgarité de mettre L’Odyssée en « résonance » avec « notre » monde. Erreur et faiblesse que de rattacher Homère à la contemporanéité, et de dire que « tout y est » tout en dégueulant des références anti‑homériques. La théorie du « c’est moderne » pour ne pas avoir à plonger dans le monde grec est devenue un truisme relayé évidemment par le monde culturel… Par exemple, Biot a été reçu sur France Culture par son copain Nathan Devers qui a osé balancer : « À bien y réfléchir, L’Odyssée pose beaucoup de questions éminemment actuelles, celle des conflits en Europe et de la guerre tout court, du patriarcat, mais aussi du féminisme, du désir d’immortalité, et même de l’intelligence artificielle et du transhumanisme… » Pourquoi pas du nucléaire iranien et de la montée de l’antisémitisme tant qu’ils y sont ? D’ailleurs, Ono‑dit‑Biot a tenu à rajouter « de la migration »… Sur la question féministe, ce lèche‑chattes ne manque jamais de rappeler qu’on occulte trop facilement à la fin de L’Odyssée d’Homère la cruelle pendaison par Ulysse et son fils Télémaque des 12 salopes collabos qui avaient couché avec les prétendants pendant leur siège de Pénélope (12 « féminicides » of course). Ce qui suffit à prouver qu’Ulysse est un criminel macho… C’est aussi ce que pense son collègue en odysserie, un autre pseudo‑homériste « distingué », qui préfère Achille et considère Ulysse comme « une brute », le vieillard hirsute crado Pierre Judet de La Combe ! En voilà un de plus qui a fait toute sa vie son beurreness grâce aux Grecs, mais qui, il le dit lui‑même, avait toujours eu peur d’aller en Grèce et qui a attendu 2026 ! pour voir Ithaque en bateau, de loin ! Ces pantoufleux préfèrent vivre l’« hellénisme » dans leur « imaginaire », et vous remarquerez qu’ils ne parlent jamais d’Homère, mais du lien particulier et fantasmatique qui les relie à lui et à son Odyssée, ou plutôt à leur Odyssée puisqu’ils la recuisinent à leur sauce sans arrêt ! Où sont les Pierre Vidal‑Naquet, les Jean‑Pierre Vernant surtout, le meilleur des meilleurs… Je me souviens d’une couverture d’un des livres de Vernant L’Univers, les dieux, les hommes où on le voit, vieux déjà, avec un petit bonnet, en tee‑shirt, manipuler une pierre énorme dans le sanctuaire d’Apollon à Claros en Turquie ! Ça, c’est un homme qui défendait vraiment la civilisation grecque ! Une fois qu’il a vu le film de Nolan, Ono‑dit‑Biot en a vanté le « budget homérique et un casting olympien (Matt Damon, Anne Hathaway, Zendaya, Charlize Theron) », pour aligner les clichés comme des haches rouillées sur la poutre qu’il a dans l’œil depuis son enfance où il a découvert L’Odyssée par le très mauvais dessin animé Ulysse 31 (sic) ! Ah ! ce n’est pas Christophe Ono‑dit‑Biot (j’en peux plus, de ce nom con et composé !) qui allait faire passer des flèches de vérité à travers les trous, lui qui n’a pas les yeux en face des siens ! « Entre scènes d’action palpitantes et réflexions profondes sur la barbarie ou la fin d’un monde, le cinéaste signe un film profondément humain… Ce qui intéresse Nolan, comme Homère d’ailleurs, c’est la question de la barbarie. » Et plus loin : « devant l’apparition du cyclope cannibale », les marins « trembleront comme des feuilles »… Original ! La « barbarie » sur laquelle insiste Bio‑Ono‑dit, ne serait‑ce pas, pour Nolan, celle de l’impitoyable prise de Troie plutôt que celle du mauvais accueil que le cyclope a réservé aux intrus qui ont opéré une sorte de home‑jacking dans son antre ? « Où sont les dieux d’ailleurs ? On ne les voit pas dans le film parce qu’ils sont dans la nature, dans le tonnerre, dans la mer déchaînée mais ils n’en sont que plus présents et plus inquiétants. » Il va falloir réviser ton Hésiode, petit Christophe, car tu pars en couilles aux poils poivre et sel comme ta chevelure ! Les dieux ne sont pas dans la nature, ils sont la nature et surnaturellement plus que la nature… « Quant à la réflexion que le cinéaste déploie sur la fin d’un monde de l’âge des héros et le début de la colère des dieux, il fallait donc qu’arrive Nolan et la technologie IMAX à la place de la lyre d’Homère, pour nous le rappeler et nous ouvrir les yeux ». Referme‑les vite et rendors‑toi, t’as rien compris au film… Si c’est la fin des héros, ça ne peut pas être le début de la colère des dieux puisque ce sont les dieux en colère qui, d’après toi (et pas d’après Nolan qui les a écartés de son scénario), mettent fin à la suprématie des héros. Les dieux n’ont pas attendu que les héros pleins de spleen et de culpabilité perdent leur aura pour se mettre en pétard ! Non, décidément, dit‑Biot‑Ono, désormais « directeur adjoint de la Rédaction au Point », n’est pas au point. Allez ! Dernier marin d’eau douce à becqueter, qui s’en est allé guerroyer contre Nolan, tentant la prise de son film avec pour tout cheval de Troie un petit livre minable que monsieur le professeur (encore un !) est en train d’achever de gribouiller : Vincent Cespedes ! Alors lui, c’est le con suprême, et totalement inconscient : ce n’est pas que Cespedes vit dans son nuage, c’est qu’il n’a pas encore commencé à vivre, il est toujours coincé dans les limbes de sa connerie ! Au début, quand on le voit en gros plan dans ses tiktoks, avec sa tête de fœtus mal rasé, mi‑mongolo mi‑albinos, toujours décoiffé, la mèche blanche en l’air, on se dit que Cespedes mérite bien son surnom, car on l’appelle (toujours dans le milieu) « Ringard à la houppe » ! Avec sa bouche à pipes, ses yeux délavés de nourrisson et son rire de souris prise à son propre piège, on se demande si c’est un homme, une femme, un bébé ou un vieillard… C’est tout cela à la fois mais comme jeté en vrac dès sa naissance dans cette poubelle qu’est son corps. Le corps de Vincent Cespedes ! Mais, au fait, qui est ce spécimen de bêtise et de vanité grotesque ? En vérité, le fils d’un Pied‑noir en Algérie, qui a toujours vu son père qui en a été chassé comme un Ulysse essayant de revenir dans son Ithaque algérienne ! Je ne mettrais pas mes alibofis à couper, mais sexuellement Vincent a de gros problèmes : il est en permanence dans le « j’aime / j’aime pas », et quand, totalement hystérisé par L’Odyssée de Nolan, il veut riposter aux haters qui le contestent, Cespédé les traite d’« andouilles », comme il traite les acteurs du film de « saucisses phalliques ». Pour lui, c’est évident : tous les hommes sont trop virils… C’est aussi une vraie petite graine d’artiste, de créateur ! Il « compose » ; fabrique des jeux de cartes ; il peint ! Et lorsqu’il ne racole pas les abonnés, Cespedes donne des cours à sa communauté pour combattre les racistes, les fascistes, les misogynes… Fan de rap et de hard rock, celui qui s’extasie sur les cris de castrés des aboyeurs de heavy metal se croit pianiste, et romantique, lui pour qui « Le jazz n’est pas l’alpha et l’oméga de la musique » ! Ou encore, lui, l’inventeur en musique du concept de « note rouge » (rires noirs) : « Ma critique du jazz, c’est justement qu’ils fondent tout sur la note bleue et du coup, le rouge est noyé… » M’sieur, si je le traite de pédant, est‑ce que je serai condamné pour pédantophobie ? Il suffit d’avoir vu et entendu le rigolo du clavier poser son gros cul (il en a un) sur un tabouret de piano pour se tordre de rire devant ce prof de philo qui, la semaine, se prend pour Kierkegaard, et qui, le dimanche, n’est même pas Clayderman !… Je dis ça mais Richard Clayderman est plus sympa et beaucoup moins prétentieux que Vincent Cespedes ! Je l’ai connu aussi, Clayderman (né un 28 décembre et rencontré une seule fois !). Bref, Cespedes s’énerve sur les RS dès qu’on ne crache pas sa haine disproportionnée de L’Odyssée de Nolan, et s’est lancé tout l’été dans une véritable campagne de dénigrement obsessionnel et pathologique. Sa prétentiosité est interstellaire (comme dirait Nolan) : « L’histoire retiendra que j’ai été le premier à dire que ce film est nul de bout en bout et à faire 54 minutes d’analyse en ce sens sur YouTube, maintenant que le monde est en train d’ouvrir les yeux, je m’autokiffe enfin. » Ce philosophe‑escroc, disons ce filousophe, a matraqué « l’arnaque du siècle », tant qu’il pouvait, pour dénoncer le « matrixage » nolanien, et le manque d’intérêt total de cette « cineptie »… Résultat, le film passionne tout le monde ! Pour cette espèce d’estassi (comme on dit à l’Estaque) de Cespedes, L’Odyssée de Nolan est « en carton‑pâte » (carton‑pâte, alors que le film de Nolan est en décors réels à 99 %, en Italie, Grèce, Islande, Écosse, Maroc ?) ; « il n’y a aucune émotion », « les acteurs sont nuls », c’est une « trahison d’Homère », « un symbole de l’antidémocratie », c’est « post‑moral », « toxique », « mascu », « antiféministe »… Mais son accusation la plus récurrente, c’est que c’est un film « d’extrême droite » ; le mot est lâché par Cespedes, l’énième Don‑Qui‑a‑les‑chocottes que le RN passe en 2027, et qui enfourche sa pauvre bite flétrie qui lui sert de Rossinante, pour partir en croisade contre ce moulin à paroles qui n’est que du vent : Marine Le Pen ! Dans le genre gauchiard affolé, Cespedes a des accointances avec les Beurs teubés et perturbés de Paroles d’Honneur ; par exemple, Louisa Yousfi qui, après l’avoir vu une première fois où elle a bien aimé, déteste le film de Nolan (Et Cespedes applaudit Louisa !) ; elle lui reproche de présenter le cheval de Troie comme un « péché originel », une « saloperie », une « ruse », alors que la ruse est précisément « l’arme des opprimés », celle des « guérillas ». On la voit venir : madame l’écrivaine est à 2 doigts de comparer la prise de Troie à la prise du kibboutz de Réïm, mais elle se les mord vite, ses doigts, la lâche, et s’abstient comme tous ses potes de PDH, Bouteldja et Wissam les premiers, qui eux aussi rejettent ce film « ni fait ni à faire » comme dit Houria (sans jamais avoir ouvert Homère, fermez la parenthèse). La Bouteldja ne se souvient pas du nom de ce « soc‑dem’ » qui a vomi le Nolan, mais elle est d’accord avec lui… Cespedes ! Elle n’en loupe pas un, de petit Blanc, la gourmande ! De toute façon, Bégaudeau, Burdeau, Samir, Paf, Raz, Cespedes, Wissam, tout ça constitue une même bande informelle de porcs transformés en hommes et qui se roulent par nostalgie dans la même fange idéologique de « La Gauche ». Les anciens du PIR veulent faire croire qu’ils sont tellement radicaux qu’ils optent pour la stratégie contre la radicalité, et qu’ils voteront donc LFI… Pour en finir avec le jugement de Cespedes, lui qui se rêvait en Onfray, du point de vue de la notoriété, se retrouve auprès de Michel pour dénigrer Nolan… Ça devrait faire réfléchir que les extrêmes‑gauchistes reprochent à ce film d’être trop de droite et que les extrêmes‑droitistes le désignent comme étant trop à gauche. Encore une preuve que Nolan, même s’il ne l’a pas fait exprès, a visé juste. Il y a quelque chose de puissant dans ce film pour avoir déclenché une véritable bataille d’Hernani, l’air de rien, et avoir braqué brutalement le projo sur les impasses politiques des deux principaux partis opposés en France qui se confondent dans sa détestation ; mais surtout pour avoir servi à nouveau sur la table un plat éternellement fumant — « chaud devant ! » — : le roman étalon et primordial de l’histoire de l’Humanité ; c’est pas rien. Cet acharnement contre un film aussi intimiste (bien que successful), conçu par un homérien pour les homériens, révèle autre chose. Les détracteurs devraient tous s’en foutre en principe d’un film américain qui déforme L’Odyssée, mais non : c’est qu’ils se sentent au fond coupables d’avoir ignoré depuis si longtemps un tel chef‑d’œuvre chef‑d’œuvrissime… Ils essayent de se rattraper négativement, mais ils s’y cassent le peu de dents qui leur restent ! C’est une évidence : ceux qui détestent le film d’une façon si agressive, c’est qu’ils détestent aussi L’Odyssée d’Homère (trop transgressive), même quand ils accusent le réalisateur d’avoir trahi l’écrivain. C’est L’Odyssée d’Homère qui a gagné parce que Nolan a forcé les charlatans à sortir du bois d’Ogygie et à donner dessus leurs avis risibles, dévoilant ainsi que vingt‑neuf siècles après, ils ne l’ont toujours ni lue, ni comprise, ni digérée, que ça leur a toujours échappé, et que ça leur échappera toujours. À suivre…

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°85 – 17 août 2026

Homère et les Odyssées. 2/5. Alors, évidemment, Nolan a supprimé, édulcoré, affadi, mélangé, inversé, remplacé, oublié plein de trucs, mais comment pouvait‑il faire autrement en 2 h 50 ? S’il avait conservé Nausicaa et les Phéaciens, il aurait enlevé Circé, c’est ça ? S’il avait laissé les fleurs de lotus aux mains des Lotophages plutôt que dans celles de Calypso, il aurait sacrifié les Lestrygons ? Allons ! Ils ont bien dû se casser la tête, ses scénaristes : ce qui prouve la vitalité intacte de Monsieur Homère ! Inadaptable, L’Odyssée, de toute façon : alors, à quoi bon charger cette version‑là plutôt qu’une autre ? Dans la série télé de Franco Rossi de 1968 en 4 épisodes avec l’acteur albanais Bekim Fehmiu (qui finira par se suicider à Belgrade en 2010) ou dans l’Ulysse de Mario Camerini en 1954, avec Kirk Douglas, il y en a aussi, des incongruités, des infidélités, des trahisons… Celle de Rossi est plus exhaustive et soignée, et l’air de l’Antiquité authentique y souffle davantage (même si ça ne vaut pas celui qu’a réussi à insuffler Pasolini dans ses Œdipe roi et Médée), mais on n’a droit ni aux Cicones, ni aux Lestrygons ; et pas plus que Nolan, Rossi n’a réussi à filmer les compagnons d’Ulysse accrochés par en dessous, à la panse des moutons pour sortir de la grotte du cyclope… Pas facile… Rossi a sauté aussi Charybde et Scylla (pratique !). Quant à la scène chez Éole, lors de cette sorte de banquet nuageux kitsch en perruque (il ne manquait que Barbara Butch et Philippe Katerine !), elle est bien grotesque… Le bon point chez Rossi, c’est que toutes les meufs dans son Odyssée sont canons : Pénélope (Irène Papas !), Calypso, Nausicaa, la reine, Circé, les servantes : ça n’a pas été tourné au milieu des années soixante pour rien : tout à fait le genre de femmes sixties sexy qu’au même moment je voyais dévaler les pentes de neige à Val‑d’Isère quand j’avais 5 ans ! Au moins, Rossi n’a pas gommé les allusions sexuelles, je vous dis : aussi bien le kiff évident de Nausicaa pour Ulysse (et même celui de sa mère) que l’aveu d’inceste chez les Éoliens. Même l’apparition d’Anticlée, la mère d’Ulysse, chez les Morts y est ; en surimpression, qu’importe. Le cyclope est tout à fait crédible bien que d’un aspect très convenu et traditionnel, et son Ulysse n’a pas été vieilli ni vraiment déguisé en mendiant par Athéna (qu’on ne voit pas beaucoup plus que chez Nolan) : tout le monde pourrait le reconnaître quand il déboule à Ithaque… Il n’y a pas non plus le défi de glisser la corde de l’arc dans l’encoche pour le tendre, mais juste celui de décocher la flèche à travers les lames trouées des haches : d’ailleurs, encore une « erreur » : c’est à travers les trous conçus pour y fourrer les manches des lames tanquées dans la longue poutre en bois que la flèche doit passer… Pour Rossi, c’est en échange de la retransformation de ses porcs en êtres humains qu’Ulysse accepte de baiser Circé. N’importe quoi ! Quant à la culpabilité d’Ulysse au sujet de la prise de Troie, c’est pas Nolan qui l’a inventée pour lui rajouter un sentiment moderne de « stress post‑traumatique », ça y était déjà chez Rossi : on voit très nettement Bekim fondant en larmes quand l’aède Demodokos aux yeux brûlés raconte à Alcinoos le désastre des désastres dont ce salaud d’homme aux 1 000 ruses nommé Ulysse est responsable ! Chez Camerini, comme chez Nolan, le vainqueur de Troie est une brute névrosée qui multiplie les conneries ! Emporté dans son enthousiasme de piller et de tuer tout le monde dans la forteresse, Ulysse abat la statue de Poséidon ; il n’attend pas d’aveugler son fils pour se mettre le dieu à dos ! D’accord, Camerini a gardé Nausicaa et les Phéaciens, et tous les personnages principaux y sont, dont Euryclée, jouée par Sylvie, la vieille nourrice indigne ; Pénélope (Silvana Mangano) ; Euryloque (c’est Daniel Ivernel ; je l’ai connu, Daniel Ivernel !) ; Antinoos, c’est Anthony Quinn, mais Camerini a gommé les Lotophages et, tenez‑vous bien, Calypso carrément ! Son Ulysse est un Ulysse qui a tout oublié et qui est à deux doigts d’épouser Nausicaa, et c’est tout seul, devant la mer, qu’il se remémore toute son odyssée : si ça, c’est pas de la distorsion ! Ça y est, les souvenirs lui reviennent, il se revoit sur son bateau en pleine tempête et nous on voit que ce sont des maquettes (pas question de maquettes chez Nolan, sauf pour quelques extérieurs en perspective forcée.) Comme il n’est pas passé par les Cicones, Ulysse arrive sans outre de vin à offrir à un hôte dans la grotte du cyclope et ne pense qu’à piquer ses moutons ; les marins qui sont avec lui commencent à s’en faire rôtir dans la caverne avant que le géant n’arrive : tu m’étonnes que le cyclope voie ça d’un très mauvais œil ! C’est ça, la Loi d’hospitalité de Zeus ? Il les traite de « voleurs » et il a raison ; et comme il y a un peu de raisin sur place, ils en piétinent tous dionysiaquement pour en faire du vin et saouler le géant monoculaire… Camerini ne savait même pas qu’on ne produisait pas de vin en foulant simplement des grappes pour en extraire le jus, stronzo ! Le cyclope se mange un Grec, et se présente à Ulysse : « Polyphème » ! En revanche, occulté aussi le moment où Ulysse décline son nom « Personne » à sa victime : décidément, pas de chance, ce jeu de mot ne passe pas au cinéma… Comme dans les films de Rossi et de Nolan, on ne voit pas vraiment le pieu s’enfoncer dans l’œil, alors qu’au début du Chien andalou (1929) Bunuel montre le coup de rasoir dans l’œil de la femme, en vérité celui d’une vache (du Soleil ?). Tordu de douleur, le cyclope lâche une vérité : « Vous êtes des lâches ! » : ça, c’est bien vrai. Pour le passage des sirènes où Ulysse se fait attacher au mât, Camerini ne s’est pas gêné d’extrapoler : dans leur chant, les sirènes (qu’on ne voit pas) imitent la voix des êtres chers d’Ulysse, Pénélope, Télémaque, qui lui font croire qu’il est arrivé à Ithaque, alors qu’il est tout près de leurs rochers, ce qui le fait hurler et supplier qu’on le déligote… Après, l’équipage accoste sur l’île de Circé et Circé, c’est encore Silvana Mangano, c’est‑à‑dire Pénélope elle‑même ; là aussi, les 2 rôles sont joués par la même actrice : au lieu que ce soit Clytemnestre / Hélène de Troie comme chez Nolan, c’est donc Pénélope et Circé, ce qui rend moins adultérin le crush d’Ulysse qui va succomber à la magicienne super gaulée… « La différence entre une femme et une autre n’est due qu’à l’imagination des hommes » dit à Ulysse cette double Mangano de Circé pour le faire bander comme un arc. Il s’installe et vit chez elle, tranquille, au milieu de ses soldats transformés en porcs… Le raccourci qu’ose Camerini, c’est que c’est parce qu’Ulysse prend son pied chez Circé et tarde à reprendre la mer que ses marins, remis dans leur peau d’humains, partent tout seuls sans leur capitaine et que leurs bateaux sont fracassés par une nouvelle tempête. Plus osé encore : c’est chez Circé (sic), et pas en se déplaçant jusqu’aux bouches de l’Hadès, qu’Ulysse voit apparaître ses compagnons dans un nuage de fumée, avec d’autres trépassés : Agamemnon, Achille, Ajax mais aussi sa mère qui lui ordonne de retourner à Ithaque. Circé propose alors à son amant l’immortalité (et pas Calypso puisqu’elle n’existe pas dans le film de Camerini) ; Ulysse refuse et c’est là que, dégoûtée, quasiment, elle le chasse… On retrouve Ulysse chez Nausicaa, il a recouvré la mémoire et annonce à toute la famille que finalement, il ne veut pas se marier avec la belle jeune princesse (elle est effondrée) : il faut qu’il rentre chez lui parce qu’il a déjà une femme et un enfant, le con. La fin du film est vite expédiée ! Ulysse arrive au palais en clodo sale (il est mieux grimé que chez Rossi) ; il découvre son chien Argos… À propos, j’ai déjà raconté dans mon Lucette (1995) cette anecdote mais puisque personne ne lit rien, je la réécris autrement ici : dans la famille qui habitait la maison juste à côté, à Meudon, de celle de Céline, il y avait une petite fille, Carolle, que Stévenin et moi avons connue plus tard, et qui venait prendre des cours de danse chez Lucette et un jour, Céline lui a narré les aventures d’Ulysse (j’aurais donné tout mon fromage si j’avais été une petite souris pour entendre ça !) : tout y était, sauf le nom du chien, il ne s’en souvenait plus… Le lendemain, dans sa boîte aux lettres, la petite Carolle a trouvé une feuille célinienne avec un seul mot écrit en grand et en biais de la main de son voisin habillé en mendiant (comme Ulysse ?) : « Argos » ! Puis c’est au tour de Télémaque de reconnaître son père et d’Ulysse de faire connaissance avec son fils. Enfin c’est la scène de l’arc. T’es pas cap, Douglas ! Bons petits détails à ce moment là de Camerini : avant de tirer sa flèche, Ulysse la tient entre ses dents et l’envoie à travers les douze haches parfaitement disposées sur la poutre, avec leurs trous bien alignés ; et la cible dans laquelle la flèche va se ficher, c’est… un œil dessiné, ce qui rappelle le cyclope ! Merci et au revoir. Tout ça pour dire que Nolan n’a pas été le plus « infidèle » à Homère et qu’il n’a pas davantage « trahi » L’Odyssée, car chez Rossi et Camerini, il y en a, des zappages, des ellipses, des suppressions, des retournements, des contresens, des compressions, des interprétations, des aberrations en pagaille !… Pour juger L’Odyssée de Nolan, il faut la comparer en détail aux autres Odyssée qui ont été tournées, et pas la comparer à ses autres films à lui (moi, c’était le premier de Nolan que je voyais) et, surtout pas, à la véritable Odyssée d’Homère… Dans un certain sens, c’est Nolan, le plus proche d’Homère, car quel réalisateur aura rendu mieux hommage à l’art de la déconstruction et à la complexité de la composition temporelle de ce premier grand romancier (« aède », mon cul !), ce qui montre que Nolan l’a bien lu et qu’il s’est sincèrement investi là‑dedans. Moi, ce que je n’ai cessé d’évaluer en voyant le film, c’est le degré d’amour que Nolan a pour L’Odyssée d’Homère. Et il est élevé ! En quoi la version Nolan serait une « arnaque » parce qu’elle est « hollywoodienne » ? À cause de son casting de stars ? 

Charlize Theron en Calypso ; Zendaya en Athéna ; Tom Holland en Télémaque ; Anne Hathaway en Pénélope ?… L’important, c’est ce qu’il en fait, et d’ailleurs il n’en fait rien, c’est ça qui est drôle et qui ne frustre que ceux qui n’ont pas compris que personne ne peut jouer Ulysse, et pas plus ou pas moins qu’un autre l’insignifiant Matt Damon ; même si Matt est plutôt moins insignifiant qu’avant, je veux dire qu’au moment où je l’ai vu en vrai… Car, oui, les mecs !… Ça devait être à la fin des années 90 ; j’étais avec Patrick Besson en terrasse du Flore et il y avait 2 autres types à côté de nous, visiblement américains, et c’est Patrick qui m’a dit : « Tu sais qui est celui, à ta droite, qui a le bras collé à la manche de ton costume ? C’est Matt Damon ! » Je ne le connaissais même pas de nom : il débutait, il faut dire, je ne sais même pas s’il avait déjà fait Il faut sauver le soldat Ryan. Si on nous avait dit qu’un jour il ferait Ulysse ! Au lieu de gloser sur tout ce que Nolan a retiré du livre d’Homère sans tenir compte du fait que les autres avant lui avaient fait pareil (ou pire), les criticaillons feraient mieux (et ça n’a pas été fait) de relever les trouvailles dont s’est fendu ce British prétendument inculte (déjà, en cinéma, il ne l’est pas : dans son Odyssée, j’ai vu passer à la fois Eisenstein, Kurosawa, Abel Gance, et j’ai appris qu’Aurore, Le Salaire de la Peur et Greed étaient ses films préférés), et qui soi‑disant n’aurait pas travaillé son sujet homérique !… Il ne faut pas se concentrer sur ce que Chris Nolan a éliminé de L’Odyssée, mais sur ce qu’il y a ajouté. Par exemple, chez Circé ! Au début, on croit que pendant que les soldats d’Ulysse graillent, elle en caresse un, mais soudain elle lui arrache des touffes de sa barbe, puis commence à lui malaxer le visage, les yeux, le nez, les oreilles, comme si c’était de la glaise à sculpter ; et vite, elle fourre ses mains dans toutes les bouches, écarte les mâchoires, et les marins deviennent des porcs sous nos yeux, en direct ! Elle n’utilise pas une potion magique pour ça, elle les transforme à mains nues !… Excellent et presque plus réaliste… Le cyclope aussi : il n’a pas son seul œil figuré comme ordinairement horizontal au milieu du front, mais vertical, ce qui le rend plus dégueu encore, comme une vulve qui voit, entre‑béant ses paupières‑lèvres, la pupille étant le clitoris, et qui mouille‑pleure à chaque regard porté sur le monde des petits humains, renfonçant ainsi le cyclope dans son état d’animal malade de la peau, et quasi muet. Car c’est lui qui n’a pas de nom (Polyphème) et qui ne parle pas, sauf à Poséidon (logique) ; tout cela rajoute à sa monstruosité… Qui a remarqué et commenté ça ? Personne. Pourtant, ça se voit comme un œil de cyclope au milieu de la figure ! C’est comme le cheval de Troie qu’on découvre au début du film de Nolan, ensablé, ce qui rappelle la statue de la Liberté à la fin de La Planète des singes (ça, quelqu’un l’a quand même noté) : au lieu d’être à 4 pattes sur des roulettes comme tout le monde l’a représenté (même Tiepolo), Nolan le fait se cabrer : c’est très bien vu et plus poétique et justifié (l’offrande à Athéna et aux Troyens doit respirer la joie piaffante d’être rapportée dans la citadelle) !… Et ornementer le casque d’Agamemnon d’une queue de panache en colonne vertébrale avec des os dorés, c’était tellement bien que c’est devenu l’affiche du film ! Faire d’Hélène de Troie une Noire, c’est également inattendu et choquant pour certains (tant mieux), alors que c’est tout à fait recevable. Ça isole encore mieux la célèbre icône de Sparte dans sa singularité attractive pour les hommes, tous plus ou moins atteints de jungle fever. De même, sa sœur (OK, elles ne sont pas jumelles) Clytemnestre est noire elle aussi, ce qui est normal, mais pour une autre raison : elle est noire à l’intérieur, car elle broie du noir et en particulier celui du dessein de poignarder son mari !… Mais la meilleure innovation de Nolan, c’est d’avoir intégré un personnage décisif qui n’est pas dans L’Odyssée (on en reparlera dans la 5e Feuille) qui est Sinon, ce qui est logique encore, vu le remords qui ronge Ulysse d’avoir inventé le Cheval de Troie, et qui, dans la scène chez Hadès, remplace l’Elpénor du livre… Au lieu de parler de tout cela, les « analystes » se focalisent sur la caméra que Nolan a utilisée, l’IMAX 65 mm, quasiment intransportable, enfermée dans son blimp, et nécessitant des miroirs fixés sur les côtés de l’objectif pour que les acteurs puissent se regarder en s’échangeant leurs répliques ; ou pire, sur les salles IMAX 70mm (dont une seule existe en France à Montpellier) et chouinassent que pour s’y rendre, ils vont devoir prendre le train ou le FlixBus, comme de pauvres gueux pris dans la hype ! C’est ça, des « cinéphiles » ? Plutôt des ploucs‑snobs (il y avait bien les « mous‑salauds ») !… Je crois bien que depuis très longtemps un film n’avait pas provoqué autant de tombereaux de réactions déversées toute la journée sur tous les réseaux, avec une frénésie hystérique impressionnante… N’importe qui a sa petite idée sur le film et la donne n’importe où en disant n’importe quoi. Non ! C’est pas Nolan qui « salit » Homère, ce sont les commentateurs de son film, ces débilos qui se permettent de parler de leur « relation » à Nolan, et même à Homère himself… Des potes qui papotent, de petits homériens de la veille qui font au réalisateur à succès des procès en sorcellerie odysséenne ! Ils ont onze ans d’âge mental et jouent les profs, relevant les « incorrections » de Nolan et multipliant les méconnaissances hurlantes. Ils en arrivent à fine‑boucher l’aveugle de génie du VIIIᵉ siècle av. J.‑C. : « C’est pas si génial, il y a des incohérences » ! Nique ton Homère ! Une foule de post‑ados mongolards s’autorisent à parler de L’Odyssée de Nolan tout en en remontrant aux hellénistes, alors qu’ils ont juste feuilleté cinq minutes le roman d’Homère, avant ou après avoir visionné le film ! Ils blablassent des heures entières devant leur webcam, avec des casques sur leurs casquettes de baseballeurs qui n’ont jamais remporté aucun trophée, marinant dans leur chambrette jamais aérée, et postillonnant sur leur gros micro (c’est à l’influenstreameur qui aura le micro‑pénis le plus énorme, performant et noir !), comme s’ils étaient dans un studio d’enregistrement, comme si leur voix horrible méritait d’être retransmise au top du son ! et pour dire de la merde : que des approximations, des babillages, et ils sont fiers de « partager » leur sacro‑suintant goût de chiotte… Il faut voir comment sont habillés ces miteux qui contestent le choix nolanien des costumes ! et dans quel décor de puceaux à maman sans papa fermentent ces ricaneurs sur les décors choisis par Chris ! Ils ne font qu’exprimer leur putain de mauvais goût de vingtenaires yankeesés, sans aucun background philosophico‑littéraire, encore moins mythique ou mythologique. Gen Z inconnus, au melon de caves en haillons, ils sont tous sur le même modèle et se vautrent dans des numéros narcissiques de pinailleurs avec des références, private jokes et autres allusions à des films et des acteurs exclusivement américains, ou à d’autres œuvres de Nolan que ces petits messieurs préfèrent ou pas ! C’est juste du ressenti de gamins mal‑baisants. C’est des types qui ont un avis (la vie, c’est pas d’avoir des avis !), mais qui ne savent rien ; c’est la différence entre l’opinion et la connaissance (Xénophane). Ils s’imaginent défendre L’Odyssée en attaquant Nolan, mais ils attaquent les 2 et n’en défendent aucun ; ils défendent leur propre vision rétrécie scolaire universitaire contemporaine d’une adaptation cinématographique limitée (pléonasme) d’un « texte » qui est plus qu’un texte et qui les dépassera toujours. Ces gniards ignares croient parler d’Ulysse et ils parlent du lycée. Incompétence littéraire profonde et qui vient de loin, de l’âge du bronze (c’est‑à‑dire l’âge où leurs mères les ont pondus comme si elles coulaient un bronze) ! Ils qualifient le film de Nolan de « péplum » et se réfèrent au « conte » d’Homère, allaités à Wikipédia et à ChatGPT ! Leur langage regorge de « en mode » ; « en vrai » ; « genre » ; « frère » ; « dinguerie » ; « de base » ; « en fait »… Je suis tombé sur un teubé à tête de teub qui tenait du bout des doigts son mini‑micro en poils de cul et qui s’éternisait sur les « moutons du Soleil », ou sur un autre qui affirmait qu’il n’y avait pas Achille dans L’Odyssée d’Homère… Évidemment, ce sont eux les prétendants qu’il faut massacrer comme l’a fait Ulysse ! Prétendants à la connaissance du cinéma et d’Homère : double prétention ! C’est eux qui sont « personne » : ils n’ont rien à dire et tiennent à le dire comme s’ils étaient quelqu’un… Sur YouTube, j’ai vu « Mad Matt », le péroreur mal rasé à casquette ; « Intercut » le barbu chauve à collier ; « Rémi » et « Nino », deux mioches à duvet de 21 ans en culottes courtes ; « Captain Popcorn », un rouquin crade au cheveu dru, qui lit son prompteur ; « Durendal1 », un autre barbu, posant tout fier devant sa DVDthèque ; « Clapman », un barbu encore, mais propret, en tee‑shirt, comme « Lestat JdR »… Ils peuvent également se mettre à trois pour couper les cheveux de Troie en quatre, comme « Le Cinéma Des Potes » : « en fait », « Arnaod », « Décade » et « Maximus » dont les « réfs » sont Homer Simpson et Ulysse 31 !… Vous avez aussi le collectif « Prisme » avec Matthieu Combe, Loïc Matos et Clément Colliaux, l’un barbu avec boucles d’oreilles, et les deux autres lisses comme des savons à lunettes… Il y a même un prêtre en aube, « Frère Paul‑Adrien », qui parle Antiquité et sermonne Nolan, et barbu of course. « Ecran Large » ? Barbu. « Matteosapin » ? Chauve barbu. « La TrancheuseCiné » ? Barbu. « La Colline des Muses », alias Etienne Mignot ? Barbu lunetteux, auteur d’un roman Les chevaliers errants (chez L’Harmattan) et qui trouve que le film de Nolan est un « échec artistique »… J’en oublie plein mais je m’en suis tapé quand même un tas… Mais le pire, je crois, c’est « Regelegorila », un youtubo‑tiktokeur (barbu), tatoué renâcleur, qui se mêle de tout (Gaza, de Gaulle, Bruel, Gérard Darmon… ) et qui a fait une fixette d’une dizaine de vidéos (avec ou sans spoilers) sur Nolan… Sans oublier, sur TikTok, « Antoine Goya », le barbu des barbus, tout droit sorti du gang des postiches, docte « expert » en ciné, et qui veut faire croire qu’il est aussi marrant que pertinent… « Malheur aux barbus ! » comme disait Francis Blanche ! Les femmes, ou plutôt ce qu’il en reste, ne sont pas en reste : elles sont sur Facebook et Insta principalement : des thons comme « Nora », « Lily S’ennuie », « Noëlie », « Eloïse », « Simone Media », « Sarah Necdote », de vieilles jeunettes féministes qui en veulent à Nolan d’avoir « censuré » le massacre des servantes par Ulysse chez Homère, et dénoncent en chialant le patriarcaca du haut de leurs tétons secs ! Ah, et aussi, il en fallait un : « remi‑niscence », un petit pédé affiché, anorexique en casquette et débardeur… Misère ! On est en plein dans la fameuse phrase de Gramsci écrite en prison en 1930 mais si souvent mal traduite : « La crise consiste justement dans le fait que le vieux monde meurt et que le nouveau ne peut pas naître : dans cet interrègne se manifestent les phénomènes morbides les plus variés. » L’interregno, habituellement retranscrit en français par « clair‑obscur », n’est‑ce pas la meilleure définition d’Internet donnée depuis longtemps ? Et les fenomeni morbosi più svariati, ne sont pas les « monstres hybrides » par lesquels on reformulé la pensée gramscienne ; ce sont bien des phénomènes morbides les plus variés, ces sous‑larves pataugeant dans leurs limbes, déblatérant à longueur de vlogs et de podcasts, des discours atrocement banals, et qui se présentent avec tant de laideur… Le pompon des pompons étant décroché par l’immonde Wissam Xelka qui nous a montré ses genoux avec, à côté d’eux, ceux de sa copine, le gros « Raz », elle aussi en short. Que de genoux ! Ils recevaient sur la chaîne de la Zawa Prod, « Paf », un critique ciné aux longs cheveux rouges ridicule et surtout l’abject Emmanuel Burdeau, la sœur siamoise en intellectuellerie visqueuse de François Bégaudeau, et qui, lui, s’exhibait en veste de pyjama et bermuda… Le clownesque et lourdaud avait déjà sévi chez le pauvre obèse beur Samir sur sa chaîne YT « Microciné » pendant 3 h pitoyables sur L’Odyssée, où Burdeau, ce damné de Daney, a osé dire que Nolan avait bien fait de déconstruire sa narration alors que celle d’Homère se caractérisait par sa « linéarité » !… Ce qui va m’amener à parler des chroniqueurs un peu plus « connus », des pipelettes peoples qui ont craché leur épais venin sur le film. Vous allez voir, c’est pas mieux : c’est même pire ! À suivre…

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°84 – 10 août 2026

Homère et les Odyssées. 1/5. La place est à 7,50 euros. Il y avait longtemps que je n’étais pas allé voir un film en salle. D’ailleurs, ici, sur mon île en Grèce, ce n’est pas une vraie salle, mais une espèce de jardin, en plein air donc. Les sièges, c’est les mêmes que pour les réalisateurs ou les acteurs de cinéma, en toile. Et il y a même des petites tables rondes à côté, où déposer les victuailles et les boissons pour tenir le coup lorsque le film est long (et ce sera le cas). Le public ? Quelques touristes perdus, mais surtout des Grecs bien sûr, et de tous âges : des jeunes filles et des dames apprêtées, un gros boiteux, et une très vieille aussi, appuyée sur sa canne… Le cinéma s’appelle « L’Étoilée », le bien nommé : on lève la tête et on voit une poignée d’étoiles rassemblées dans un coin du ciel comme si la lune les avait effrayées par son obésité… 21h 30 : le film de Christopher Nolan commence. D’abord, un Noir à dreadlocks frappe plusieurs coups sur le sol avec son bâton devant une assemblée, c’est lui qui va raconter l’histoire. C’est la version en anglais, sous-titrée en grec, c’est pas sûr que je comprenne tout, mais au moins, moi, j’aurais vu cette Odyssée sur la terre même où elle s’est passée ! Un plan sur le cheval de Troie en train de se cabrer, et ensablé à moitié sur la plage. Un jeune homme court parce qu’arrivent sur lui des cavaliers qui le coincent contre le cheval avec leurs flèches et lui demandent des explications : il s’appelle Sinon et dit que c’est un cadeau pour les Troyens et leur Athéna car « La guerre est finie. » Ensuite, une bonne centaine de soldats traînent avec des cordes le cheval mis à plat sur la grève. Cut ! Pénélope, dans son palais, discute avec son fils Télémaque ; puis ce dernier répond aux provocations d’un des prétendants, Antinoos, persuadé qu’Ulysse est mort. Un mendiant passant par là lui conseille d’aller voir Ménélas à Sparte pour choper des infos sur son père. Cut ! Télémaque s’entraîne dans la campagne au glaive avec son Mentor et Eumée, un vieil ami, un aveugle blond. Flashback : ici même, Ulysse jeune avait sauvé un chiot pour en faire son chien de chasse qu’il appellera Argos. Flashback bis : lors d’une partie de chasse, Ulysse, après avoir lancé une flèche contre un sanglier, s’est vu chargé par lui, et a été blessé au mollet. Flashback ter : Eumée raconte qu’Agamemnon, lorsqu’il est venu à Ithaque pour choisir ses soldats, Antinoos, qui avait été tiré au sort, a refilé sa place au petit Sinon en lui donnant la sorte de vis en métal qui servait à désigner les combattants. Cut ! On retrouve Pénélope qui, tout en tissant le linceul prévu pour le père d’Ulysse, raconte à son fils Télémaque, ce qui enclenche un nouveau flashback, sa dernière nuit avec Ulysse où, dans leur chambre (où roupille le bébé Télémaque), il lui annonce son départ pour la guerre de Troie et essaie de lui faire promettre de se remarier s’il ne revient pas. Il évoque aussi Agamemnon qui n’hésiterait pas à tuer leur fils Télémaque si Ulysse rechignait à prendre part à la guerre. Lui a bien sacrifié sa fille ! On le voit en un flash, casqué, aspergé par une vague, de dos, portant une petite fille dans ses bras… Pénélope donne à son homme une broche. Cut ! Comme il est question de l’arc d’Ulysse, Télémaque s’en empare et essaie en vain d’en tendre la corde. Flashback : Ulysse, lui, réussissait et mettait dans le mille une flèche à travers des haches croisées et liées entre elles, et dressées sur leurs manches par terre. On entend le son de la corde de l’arc qui crée une harmonique de harpe. Cut ! Retour sur Télémaque qui annonce à sa mère qu’il veut aller voir Ménélas. On passe alors dans la grande salle avec les prétendants qui bâfrent et malmènent, d’abord le chien d’Ulysse, Argos, qui a grandi, puis Eumée qui essaye de le protéger et qui se fait rouer de coups. Antinoos calme le jeu, puis prend le chien et va le placer sur le tas de fumier dehors. Cut ! Télémaque part donc pour Sparte. Cut ! Ulysse vieilli, la barbe plus longue et blanche, est sur une plage auprès d’une métisse voilée (je suppose que ça doit être Athéna) et il a des visions d’hommes se noyant dans un espace clos et obscur et d’une tête de statue qui roule par terre. Une belle blonde survient (sans doute Calypso) qui lui donne des fleurs de lotus pour tout oublier. Elle le force à les manger, mais l’orage gronde… Et finalement, elle lui demande de raconter. Flashback : Ulysse, devant Agamemnon impressionnant en armure noire, s’embarque avec tous ses soldats dans des bateaux. On est après la prise de Troie, les héros se séparent et Ulysse veut rentrer chez lui avec une flottille d’hommes. Les bateaux, toutes voiles rouges au vent, prennent la mer ; des dauphins danseurs surgissent des flots. Son fidèle Euryloque, un sombre barbu, est là. Ulysse broie du noir sur le pont, en triturant la broche offerte par Pénélope. Première étape : ils arrivent sur une île où on voit des types démolis au milieu de braseros : sans doute les Cicones… Euryloque demande à un vieux Cicone pourquoi ils les ont mal accueillis, ce qui a provoqué leur destruction : ils pensaient qu’ils étaient le peuple de la mer… Les soldats arrivent ensuite sur une autre île, grimpent sur une colline, et, en suivant un mouton, aboutissent à l’entrée d’une grotte où ils entrent… Le temps d’explorer la cavité, d’autres moutons arrivent, suivis de leur berger supposé : un géant de 20 mètres de haut, une sorte de golem maigre couleur sable, chauve et nu, assez maigre, qui prend soin de refermer sa grotte avec un gros rocher. Effroi total, surtout que le géant (c’est le cyclope bien sûr) ramasse au passage un ou deux marins-soldats avec son énorme main, il sectionne la tête de l’un avant de la mâcher et d’en recracher le casque et les os. Le cyclope a le nez pas tout à fait à sa place et un seul œil vertical. Il s’endort. Le matin, il déplace son roc pour s’en aller avec ses moutons, tout en refermant la grotte derrière lui. Puis, on est déjà le soir et le cyclope s’est rendormi ; c’est là qu’Ulysse et les  siens l’éborgnent avec un pieu. Le monstre furax pousse un cri terrible. Au milieu de ses hurlements de douleur, il invoque son père Poséidon, l’implorant de le venger. Les hommes d’Ulysse réussissent à sortir de la grotte comme des moutons en se mettant de la paille sur le dos pour faire croire à de la laine. Une dernière flèche décochée par Ulysse dans son œil déjà crevé, et le cyclope les poursuit jusque sur la plage où ils sautent dans leurs bateaux. Il a beau leur lancer des rochers mal visés et plonger lui-même dans l’eau, il ne réussira pas à les châtier… Cut ! Ulysse chez Calypso demande depuis combien de temps il est chez elle, évoque ses compagnons, sa femme, son fils qu’il ne connaît pas et hop ! Cut ! Télémaque, au même moment, vogue vers Sparte… Très bien reçu, le Télémaque, en plein banquet de Ménélas, un grand chauve barbu, qui marie sa fille ; à sa table, une Africaine balafrée sur la joue : c’est Hélène de Troie. Ménélas propose à Télémaque de lui raconter ses souvenirs avec Ulysse. Flashback : retour sur le cheval de Troie sur la plage, mais vu de l’intérieur : Ulysse, Ménélas et les autres y sont cachés. Les guerriers grecs manquent de se noyer… On revit du dedans les flèches lancées contre le petit Sinon qu’on entend dehors, on réassiste à son dialogue avec le militaire du début du film. Le faux animal-cadeau est traîné sur des rondins jusqu’à la forteresse, avec les soldats d’Ulysse ballottés dans la carcasse chevaline… Cut ! On passe directement à la nuit où le cheval est en place, majestueusement cabré devant le temple d’Athéna ; les soldats d’Ulysse descendent de sa panse les uns après les autres et c’est l’assaut. Il s’agit de maîtriser le plus possible les Troyens alertés qui sonnent l’alarme à coups de gong avant que les Grecs d’Agamemnon retenus encore derrière les lourdes portes ne viennent opérer leur massacre. C’est un flot de guerriers qui déboule sur le spectateur par les deux battants grands ouverts, avec Agamemnon au centre, tout en noir. Cut ! Retour au banquet de Ménélas avec Hélène et Télémaque. Le récit du massacre a fait pleurer Télémaque. Cut ! Ulysse continue son propre récit de l’après-Troie à Calypso, c’est-à-dire son flashback à lui : les marins ont échappé au cyclope et essuient maintenant une tempête avant d’arriver sur une nouvelle île ; ils ont besoin de nourriture, ils s’avancent dans une forêt et tombent sur une sorte de petite fille ou de petit garçon habillé comme une extraterrestre qui pousse un cri strident et s’enfuit. À ce moment-là, de la brume, surgit un groupe de chevaliers du Moyen Âge robotisés, en armure d’argent, des géants qui leur foncent dessus et qui déplacent les arbres pour retenir les marins affolés prisonniers comme derrière des barreaux. Les géants métalliques se débarrassent de ces Grecs culottés qui viennent sur leur île. Ce sont les Lestrygons ; ils font valdinguer les corps des marins contre les arbres, en saignent tant qu’ils peuvent avec leurs épées ; tous sont obligés de se replier en courant et en hurlant. Les Lestrygons les pourchassent jusque sur leurs bateaux qu’ils détruisent : à la fin, il n’en reste plus que deux, et de nombreux cadavres flottent à la surface de la mer rutilante de sang. Cut ! Ils arrivent ensuite sur une nouvelle île encore et c’est un autre paysage flippant. Euryloque et les autres imposent à Ulysse de se séparer pour chercher à manger dans cet endroit hostile. Ulysse part donc de son côté avec son arc et ses flèches, il croise une antilope ou un cerf qu’il va essayer de cibler ; les autres avancent, passant devant un lion, une panthère, un léopard et un tigre, et les matelots arrivent devant une sorte de maison déglinguée en pierre… Ils entrent… La propriétaire des lieux survient : c’est une vieille clochardisée qui a peur d’eux, ils la calment et lui demandent juste de la nourriture ; elle va leur faire à manger sans problème. Ulysse continue à poursuivre son cerf, lance des flèches sans réussir à le toucher. Pendant ce temps, la vieille sorcière dresse la table et la troupe bouffe bruyamment, chaque hôte a le nez dans son écuelle, elle les regarde d’une façon dégoûtée… Ça y est, Ulysse a touché de sa flèche le cerf mais quand il arrive pour le ramasser dans l’herbe, il s’aperçoit que c’est devenu un être humain couché sur le ventre, le cul nu… Retour dans la chaumière de la vieille qui, peu à peu, pétrit les têtes des soldats d’Ulysse jusqu’à les transformer en porcs. Plus de doute ! C’est Circé ! Ils sont bientôt tout nus, à quatre pattes, grouinant, roses et sales et vont se ranger dans un enclos. C’est alors qu’Ulysse arrive, prétendant qu’il est seul et qu’il est affamé. Elle lui donne à manger… 

Est-ce que Circé n’aurait pas vu ses hommes ? Non. Mais lorsqu’il trouve dans un plat une bague d’un de ses marins, ça lui coupe l’appétit. Ulysse a compris. Circé lui saute alors dessus avec son couteau. On entend les cochons taper contre la porte pour essayer de rentrer. Circé explique à Ulysse qu’elle les a métamorphosés car elle les a trouvés trop dégueulasses. Mais finalement, elle accepte de les retransformer en êtres humains. Cut ! Voilà les marins qui déboulent, en hommes, et tout habillés. Circé indique à Ulysse où se trouve le Royaume des morts où il rencontrera à coup sûr Tirésias, le devin, qui lui dira tout ce qui va lui arriver… Ils embarquent donc tous et abordent un nouvel espace : celui-là est bien sombre, bien lugubre, une plaine noirâtre au sol obscur et boueux. C’est chez Hadès, évidemment… Ulysse y débarque avec ses soldats, un bélier à sacrifier sur un plateau déposé au centre du paysage ; il verse le sang et attend que les morts apparaissent… Les voici ! Cut ! Mais là, c’est un cut de L’Étoilée elle-même puisque le cinéma où je suis arrête là la première partie du film. C’est l’entracte ! Pour un film de 3 h, une pause d’un quart d’heure au milieu s’imposait. Je vais pouvoir manger mon sandwich préparé par ma petite femme : au saucisson, dans un pain au sésame sucré, toasté au thym et avec beurre, Philadelphia et Emmental mélangés, sans oublier deux cornichons… Délicieux ! Ah, ça reprend ! Le premier mort qui va vers Ulysse, c’est Sinon, le visage maculé de gravier noir, il vient boire le sang de bélier et raconte un autre bout encore de l’histoire du cheval de Troie. Flashback : le cheval est en train d’être construit sur la plage par les Grecs : on voit Sinon donner à Ulysse la vis de son mauvais sort en le chargeant, s’il ne revenait pas de la guerre, d’aller l’apporter à son père. Cut ! Sinon, maintenant qu’il a été tué par les Troyens, est furieux contre Ulysse car celui-ci ne l’avait pas mis au courant du stratagème du cheval. Il espère bien qu’il se rattrapera en allant honorer tous les morts à cause de lui, et en effectuant un sacrifice un jour dans un pays lointain… Sinon regagne sa mort et tout à coup, arrive Agamemnon ! Ulysse est étonné de le voir là, et Agamemnon lui apprend qu’il a été assassiné par sa femme Clytemnestre ! Flashback : la sœur d’Hélène de Troie, qui est donc noire aussi (c’est la même actrice qui joue les deux rôles, je pense) : accueille son mari, le lave, l’huile, puis, on la voit deux fois folle de rage : quand elle comprend que son mari a fait égorger leur fille (on revoit le plan récurrent du chef casqué, de dos, emmenant son enfant), lorsqu’elle enfonce son glaive dans le cœur sec de son meurtrier mari. Cut ! Avant de disparaître, Agamemnon recommande à Ulysse de ne pas oublier de se déguiser quand il arrivera à Ithaque. Enfin, Tirésias surgit, pas debout, lui, mais s’extirpant du sol, le corps enveloppé dans une sorte de cape : il est comme une flaque par terre. Tirésias est essoufflé, il postillonne des morceaux de terre glaiseuse, il prédit à Ulysse la suite de ses aventures (les sirènes, Charybde et Scylla, les vaches du soleil…), avant de se renfoncer dans sa noire bourbe fangeuse… Soudain, l’armée des morts se lève et pourchasse Ulysse et ses compagnons à travers la plaine de l’Hadès. Ce sont tous les cadavres des Grecs ayant péri à Troie, et qui en veulent à Ulysse, cause première de leur malheur. Cut ! Retour chez Calypso où Ulysse lui demande des nouvelles de ses hommes… Elle lui redonne à nouveau des fleurs de lotus pour le calmer et le faire s’endormir. Mais il a du mal, il s’inquiète aussi pour sa famille… Cut ! Retour au palais d’Ithaque où Antinoos va draguer Pénélope. L’intrigant sait qu’elle défait la nuit le travail du jour sur sa tapisserie, mais il ne le répètera pas aux autres si elle le choisit comme nouveau mari. Elle se laisse toucher la joue, approcher les lèvres, et embrasser la main par Antinoos. La reine semble troublée mais elle se ressaisit vite. Une servante balance à Antinoos que Télémaque est allé voir Ménélas à Sparte. Aussitôt, Antinoos va rejoindre les prétendants qui ont un plan pour tuer Télémaque à son retour, lorsqu’il passera par le temple de Pylos. Cut ! On retourne chez Ménélas et on assiste à la partie de chasse à l’arc à laquelle il a convié Télémaque, et où le guerrier chauve lui parle d’Agamemnon en effet assassiné par Clytemnestre, et d’Oreste qui a vengé son père en tuant sa mère et l’amant de celle-ci. Cut ! Retour à l’île de Calypso où Ulysse ramasse des débris de son dernier bateau qui s’est échoué sur la berge : avec ça, il va construire un radeau pour rentrer à Ithaque… Avant qu’il ne la quitte, Calypso aimerait bien savoir comment se sont terminés ses voyages. Flashback ! Le bateau s’approche de drôles de rochers ; au loin on ne voit même pas qu’il y a des petits mouvements dessus. Ulysse demande à Euryloque de l’attacher au mat pendant que ses matelots se mettent de la cire dans leurs oreilles… Il attend d’entendre les chants des sirènes, puis on le voit hurler. Un des marins craque, ôte la cire de ses oreilles et saute dans l’eau pour aller rejoindre à la nage les tentatrices… Bientôt, l’équipage arrive à un détroit risqué : d’un côté, un maelström qui ne demande qu’à les emporter dans sa spirale, et de l’autre, des falaises qui ont l’air de cacher quelque chose dans leurs anfractuosités. Les matelots évitent le gouffre tourbillonnant, mais n’ont pas le temps de s’en réjouir car de haut, une espèce de trompe d’éléphant géante vient choper un marin, le soulève du pont du bateau pour le fracasser contre les rochers, et d’autres sortes de tentacules fondent sur les matelots et les propulsent à la mer, en même temps qu’ils concassent le bateau. C’est Charybde et Scylla bien entendu. Cut ! Ils arrivent  dans une autre île encore, où il y a des vaches qui paissent, et Ulysse dit à ses hommes de ne surtout pas les manger, même s’ils ont très faim, aucune ! Ce sont les vaches d’Apollon, elles sont sacrées ! Et Ulysse va se coucher… C’est en voyant Athéna dans la nuit filer entre deux dunes et en la suivant qu’il est attiré par les crépitements et la lumière d’une sorte de fosse rougeoyante creusée dans la campagne ; il y découvre tous ses marins en train de dévorer les vaches… Là, il sait qu’ils ont scellé leur perte ! Puis ils reprennent tous la mer, et évidemment, c’est une tempête monstrueuse : Ulysse y laisse tous ses hommes, son bateau s’effrite, et lui va atterrir, donc, chez Calypso. Cut ! Retour chez elle mais plus tard, lorsqu’elle lui raconte en flashback comment elle l’a soigné, le retapant et lui donnant ses fleurs de lotus oublieuses. Calypso lui apprend aussi que ça fait 7 ans qu’ils sont ensemble… C’est l’heure des adieux : Calypso lui remet la broche de Pénélope qu’elle avait récupérée, ce qui le fait pleurer, et regarde ensuite son Ulysse partir sur son radeau… Sur des flots aussi tourmentés que lui, Ulysse fait la planche (c’est le cas de le dire). Lors de cette ultime traversée, il imagine qu’il se noie, il se revoit à Troie prenant conscience de l’horreur du massacre, et revoit aussi la tête de la statue d’Athéna roulant sur des escaliers… Cut ! Le voilà sur une nouvelle plage : Athéna est là qui lui confirme qu’il est bien arrivé chez lui ici, à Ithaque ! Cut ! On est chez Eumée le porcher qui se fait agresser par des « étrangers » qui voulaient lui piquer ses porcs et lui ont tué ses chiens de garde. Ils le laissent pour mort et c’est alors qu’Ulysse arrive chez lui, vêtu comme un mendiant, avec une sorte de capuche qui lui cache à moitié le visage. Eumée, qui  le connaît bien, ne l’identifie pas, même par la voix…  Cut ! On est chez Ménélas à qui Télémaque fait aussi ses adieux avec une Hélène qui lui souffle à l’oreille qu’elle regrette pour Troie. Cut ! Retour sur Ulysse qui s’occupe d’Eumée blessé ; celui-ci lui annonce que les prétendants ont envoyé des bandits dans le temple de Pylos pour tuer Télémaque. Ulysse y court. Une fois sur place, il assiste au traquenard tendu à son fils et à Mentor qui vient d’être empoisonné. Ulysse sauve de justesse Télémaque, et frappe tout le monde dans tous les sens, tuant les comploteurs et entraînant dehors son fils qui se demande qui est ce type… Ulysse abandonne le corps de Mentor dans le temple auquel il met le feu. Il confirme à son fils que son père est vivant, qu’il l’a bien connu et prétend que lui s’appelle « Sinon » et qu’il vient en éclaireur pour annoncer le grand retour d’Ulysse car celui-ci est vivant ! Télémaque peut enfin retourner voir sa mère et la serrer dans ses bras. Antinoos fait la gueule de voir que son plan a échoué. Grande discussion entre Télémaque et Pénélope. Le Noir du début réintervient. On voit ensuite Télémaque et Ulysse se diriger vers la salle des prétendants. Devant la porte, ils trouvent le chien Argos à demi mort qui reconnaît Ulysse lorsqu’il se penche sur lui pour le caresser avant qu’il ne rende l’âme. C’est là que le fils comprend que ce type caché sous sa capuche, c’est lui, c’est son père, Ulysse ! Seulement, Ulysse lui demande de garder le secret… Ils entrent ensuite au palais et se mêlent au banquet des prétendants qui trouvent bizarre cet étranger. Ulysse passe de table en table pour quémander un peu de nourriture ; quand il arrive à la hauteur d’Antinoos, Ulysse lui montre la vis qui vient de Sinon, il la lui balance, l’autre la ramasse et Ulysse repart en lui tournant le dos. Quand Antinoos lui demande son nom, Ulysse lui dit qu’il est un vétéran de la guerre de Troie, et qu’il s’appelle « Sinon ». C’est trop pour Antinoos. Il le frappe, le fout par terre, lui donne des coups de pied. Télémaque voudrait intervenir, mais Ulysse à terre dit à son fils : « Non ! » Cut ! Grande discussion entre Pénélope et Ulysse derrière un paravent où cet étranger dont elle ignore tout lui dit qu’il a connu son mari… Pendant ce temps, Euryclée la nourrice lui lave les pieds et s’aperçoit qu’il a sur le mollet la fameuse cicatrice due à la charge du sanglier de jadis… C’est lui ! Mais Ulysse lui ferme la bouche et lui ordonne de ne rien dire à Pénélope. Antinoos est tenté de dégainer son poignard pour tuer ce perturbateur mendiantisé. Quand Pénélope lui demande s’il a remarqué quelque chose chez Ulysse, l’étranger lui parle de la broche et la décrit. Ulysse raconte ensuite le carnage des Troyens et des Troyennes. On voit d’autres images : les saccage et pillage où les soldats grecs égorgent tous ceux et celles qui fuient : il y a, au milieu de la cohue sanglante, une jeune Troyenne maintenue par les bras et qui va être décapitée, et elle a le visage d’Athéna ! Au moment où sa tête va être tranchée, c’est la tête de la statue qui tombe par terre : occasion supplémentaire de revoir ce plan répété, comme celui d’Ulysse assis sur des escaliers, désemparé… Cut ! Dans la grande salle, on prélève sur les murs des haches d’or… Pénélope annonce que c’est le test ultime : celui qui arrivera à bander l’arc et à envoyer la flèche à travers les haches, elle l’épousera ! Alors, tous les prétendants tentent leur chance. Télémaque tend d’abord l’arc à Antinoos, mais il refuse, puis tous les autres essayent à leur tour et échouent ; l’étranger mendiant demande s’il peut essayer, tout le monde se fout de sa gueule ; il prend l’arc, le soupèse, il le connaît bien puisque c’est le sien ! et parvient évidemment à accrocher la corde à l’extrémité de l’arc et à la faire résonner… C’est à ce moment-là que Pénélope comprend que c’est Ulysse. Après avoir sans problème envoyé la flèche décisive, Ulysse en prend une autre et tue, en la fichant dans son cou, un des prétendants qui l’a reconnu, et c’est la bagarre finale : tous essayent de sortir mais Eumée a fermé toutes les portes. Il y en a un qui monte à l’étage et troue le sol du plancher pour faire passer des armes aux prétendants, c’est un des servants du palais, hostile à Ulysse. Télémaque monte et se bat avec lui pendant que son père s’occupe en bas de décimer les autres. Vaillance à tous les étages ! Ulysse tout seul se bat contre 100 adversaires, et Télémaque lutte courageusement là-haut contre un seul ; une fois le servant maîtrisé, il envoie par le trou de nouvelles épées et des lances à Ulysse pour que son père puisse finir le boulot. Antinoos sera le dernier tué : Ulysse lui plante sans pitié son glaive en plein ventre après lui avoir fourré dans la bouche la vis de Sinon qu’il a récupérée dans sa poche. Ça y est, c’est fini : Ulysse peut aller rejoindre Pénélope, il a des flèches plantées un peu partout et, à bout de force, s’écroule dans les bras de sa femme retrouvée. Cut ! Ulysse est en pleine forme, il a juste un bandage autour du cou et il embarque dans un bateau avec Pénélope : vont-ils aller faire un petit voyage de re-noces ? Non, Ulysse va accomplir sa promesse faite à Sinon d’aller vers l’ouest inconnu pour offrir des sacrifices aux morts sans sépulture. Ulysse laisse donc à Télémaque la direction d’Ithaque, il confie son Royaume à son fiston ! Le jeune prince coiffé d’un diadème regarde, attendri, ses parents être à nouveau réunis, c’est le départ, et le film se termine par encore l’image d’Ulysse sur les escaliers de la ville en feu, le visage rougi par les flammes de la bataille, en train d’observer le cheval de Troie cabré, brûlant contre une colonne du temple d’Athéna décapitée. Le cheval s’écroule dans un bruit de brasier orange. Fin. À suivre…

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°83 – 3 août 2026

Un truc que nous autres (Chamfort, Vauvenargues, La Rochefoucauld, Rivarol, Nietzsche, etc.) n’avons pas pris assez en compte dans notre étude de l’être immonde humain, c’est qu’il ne veut pas être amélioré, il ne veut pas se remettre en question, il fait semblant de vous avoir compris ou de vous suivre, puis il lâche tout de suite dès que vous avez tourné le dos, et revient, en chouinant, à sa nature comme un chien dans sa niche, pire : comme un escargot dans sa coquille.

J’y pense. Des 4 grands écrivains catholiques que j’ai tant adulés dans ma jeunesse, j’ai connu personnellement certains de leurs enfants : j’ai connu la fille de Péguy, Germaine Péguy ! J’ai connu le fils Bernanos, Jean-Loup Bernanos ! J’ai connu la fille de Claudel, Renée Nantet (avec Alain Cuny), et même Madeleine, la fille de Léon Bloy !

On dit que j’ai extrémisé mes femmes ; je les aurais nazifiées les unes après les autres. Il ne faut pas exagérer ! Hélène Goebbels ? Diane Goering ? Laura Himmler ? Delphine Hess ? Audrey Heydrich ? Leïla von Ribbentrop et Alexandra Rosenberg ?… Allons, ma vie amoureuse, c’est pas le Troisième Reich !

Les grands peintres sont ceux qui inventent une race, au sens morphologique du terme : une nouvelle humanité. Voilà pourquoi ils sont considérés comme des démiurges qu’on peut comparer à des docteurs Frankenstein. Ils fabriquent une nouvelle espèce d’êtres humains : par exemple, les hommes de Picasso sont un mélange de mongoliens et de gueules cassées de la guerre de 14. Après, il en a fait ponctuellement des géants à la Ingres, qui lui aussi avait créé une morphologie à lui (ça se voit moins, mais comptez les vertèbres de La Grande Odalisque, vous allez voir…). Et Chassériau donc, qui était son élève, se distingue d’Ingres par une autre sorte d’allongement dans ses nus et ses portraits hyper pâles, avec des regards engloutis dans on ne sait quelle nostalgie… Et Modigliani alors ? N’a-t-il pas eu de cesse d’accoucher de sortes d’Asiatiques africanoïdes au cou de girafons et à la physionomie de statues grecques énucléées ? Vous avez aussi Le Greco bien sûr, dont les figures étirées et les têtes émaciées ont pu faire croire qu’il était « astigmate ». À ce moment-là, Van Gogh et Soutine avaient des métamorphopsies chacun à chaque œil pour faire tout gondoler ainsi !… Mais non : c’est pas parce qu’ils avaient un handicap physiologique ; c’était voulu. Les gens et les paysages (et les objets) ne leur plaisent pas comme ils sont, alors les peintres ne les déforment pas, ils les reforment. Fernand Léger, Bernard Buffet, Rouault, Kisling, Domergue ! pourquoi reconnaît-on leur peinture tout de suite ? Parce qu’ils représentent le monde selon des critères, toujours les mêmes, qui leur sont propres et qui font que tous leurs personnages se ressemblent, comme faisant partie d’une même catégorie physique inédite et identifiable immédiatement. Il ne faut pas croire : c’est aussi valable chez les peintres de la Renaissance, les nuances ont l’air plus difficiles à discerner, mais elles sont là : un Raphaël, un Léonard de Vinci et un Michel-Ange, ça n’a rien à voir, c’est des corps d’individus totalement différents. Un léonardien n’est pas du tout comme un michelangelesque et encore moins un raphaëleux : trois extraterrestres originaux. Il suffit de comparer une Vierge de Bellini à une du Pérugin, et vous voyez bien qu’elles n’appartiennent pas à la même ethnie de madones… Et c’est remarquable bien avant également : les portraits du Fayoum, sous l’Empire romain en Égypte, au premier siècle, peints à l’effigie des défunts sur des planchettes de bois qu’on glissait entre les bandelettes de leur momie au niveau du visage, sont tous sur le même modèle : tête frontale au long nez à l’arête droite, aucun sourire, et les yeux écarquillés et plongés droit dans ceux du spectateur vivant… Tous les grands ont fait pareil, je vous dis ! Botero pond des gros ; Giacometti des maigres… On pourrait mettre dans la liste Bacon, ça ne me gêne pas, ou Lucian Freud… Mon goût importe peu ; je constate. La peinture, ce n’est pas une « vision » que les peintres auraient malgré eux ; c’est une recréation volontaire à laquelle ils s’attèlent sous vos yeux dans chaque œuvre, un remodelage pensé, un défi ontologique pour un nouveau réel ! Et ce n’est pas strictement pictural : certains ont besoin de volume. Rodin par exemple, dont les proportions des créatures qu’il extrait de la glaise pour les représenter en sculpture, sont tout sauf « réalistes ». L’objectif de l’artiste, c’est de se mettre à la place de Dieu (« Dégage ! ») et de lancer une lignée adamique dès qu’il a trouvé son style.

Il ne faut pas crier « défaite » trop tôt !

Nous le savons maintenant : la plupart des commentateurs de réseaux sociaux sont de pauvres types planqués qui se font chier, qui disent n’importe quoi, qui ne réagissent épidermiquement qu’à ce qui les concerne ou qu’à ce qu’ils croient les concerner. Leur attention est réduite au post ou à l’image qu’ils viennent de découvrir et qui les fait bondir sans réfléchir, sans rien savoir et quelquefois sans aller au bout de la seule lecture dont ils sont capables, c’est-à-dire celle qui dure moins d’une demi-minute. Plutôt que d’écouter ce qui est dit ou de regarder ce qui est montré, ils préfèrent donner leur avis (négatif à 99 %) instantanément, au quart de tour, au dixième de tour, au centième de tour ! Ce sont des éjaculhaters précoces !

67 ans. J’ai passé autant d’années sur terre que Xénophane, après avoir été chassé de Colophon par les Perses, en a passé à errer dans la Grèce et la Grande-Grèce, entre 545 et 478 av. J.-C., afin de propager sa parole antianthropomorphique (mais ce serait trop long de vous l’expliquer, et de toute façon vous seriez trop nuls pour la comprendre puisque vous en ignoriez tout avant de lire ce paragraphe).

La plupart de ceux qui vivent sur cette planète croient que la réalité, c’est dans leur tête ; non, la réalité, c’est tout ce qu’il y a à l’extérieur de leur tête !

Maintenant, c’est les Arabes qui s’estiment être des Français de souche et qui sont contre les étrangers qui viennent les envahir chez « eux » ! « Qu’est-ce que c’est que ces Bangladais qui enlèvent le pain de la bouche des Marocains ? » Encore une preuve de la ringardise du « grand remplacement » qui en est resté à la réaction primaire de Blancs « civilisés » devant une arrivée en masse de « primitifs ». On est passé à une autre étape où ce sont les ex-immigrés devenus « français » qui se plaignent de la submersion migratoire par d’autres étrangers qu’eux !

L’indifférence des gens devant la génialité lorsqu’elle est évidente, c’est effrayant !

Un des grands ennemis, c’est le tourisme : il ne faut pas être un touriste ; il faut être un pèlerin. La définition du touriste, c’est un type qui part en vacances dans un pays qui ne le concerne pas ; le pèlerin, c’est un type qui va travailler sur les traces d’artistes ou de personnalités mythiques ou mythologiques qui l’ont précédé sur des terres imbibées du sang de ses ancêtres, et pas boueuses du foutre de ses fantasmes.

Les génies ne se bougent pas assez le cul. Proust est allé deux fois à Venise dans sa vie (une fois avec sa mère ; une fois avec son amant), et il est tenu pour le grand champion de la vérité sur la Sérénissime tous siècles confondus… Peuh ! Bloy, biographe, exégète et défenseur fasciné de Mélanie Calvat, la voyante de la Salette, en était contemporain et n’a jamais voulu la rencontrer alors qu’il aurait pu partir la voir à Castellamare où Mélanie est restée pendant 17 ans, ou bien à Altamura où elle est morte en 1904 !… Et Péguy, chrétien comme il l’était, comment se fait-il qu’il se soit contenté du pèlerinage à pied à Chartres alors qu’il aurait pu se rendre, en bateau et en train, jusqu’à Jérusalem ? Déjà qu’il n’a jamais visité ni Rouen ni Reims, aucun des lieux principaux de sa Jeanne d’Arc ! D’accord, Suarès est allé en Sicile pour écrire Temples grecs, maisons des dieux, mais pas en Grèce ! Et sur le plan des pages laissées, le condottière n’est pas « descendu » plus bas que Rome, zappant tout le sud de l’Italie… Nietzsche non plus, qui a atteint Ischia, Capri et Sorrento mais n’a pas poussé jusqu’à Athènes qui le hanta toute sa vie. Heidegger lui-même a attendu 1962 (sic), à 72 ans (re-sic), pour faire une croisière en Grèce alors que toute sa philosophie depuis ses études était basée sur l’hellénisme… Vous le croirez ou non, le petit bedonnant Badois, à dada sur son Dasein, est passé en bateau devant Patmos sans s’arrêter, lui, le soi-disant grand spécialiste de Hölderlin (qui n’y est pas allé non plus !) !… Je suis désolé, c’est des lâches, c’est des fainéants, c’est des mecs qui se font pas chier. Gauguin n’a pas hésité à s’installer à Tahiti, lui ; et Vincent n’est pas allé au Japon bien sûr ; mais à Arles au moins, où il se sentait « au Japon »… Je ne parle pas de Melville, de Pierre Loti, d’Élie Faure, de Claudel ou de Morand… Certains sont cohérents avec leurs rêves ; mais d’autres, non. Kafka aurait s’embarquer pour l’Amérique (déjà pour la Palestine, histoire de se confirmer sur place son sentiment antisioniste)…

Tiens, revenons à Franz ! Un trait de son caractère, pour changer. Chez Kafka, il y a une propension à empêcher que les choses se fassent : des élucubrations à perte de vue, comme d’énormes constructions, d’échafaudages complexes, pour que rien ne se passe ni n’aboutisse. Par exemple : il écrit la Lettre à son père mais il la confie à sa mère, comme ça il est sûr qu’évidemment elle ne va pas la donner à son père. Felice Bauer : il fait tout pour éviter qu’elle accepte le mariage, et quand elle l’accepte et que ses beaux-parents l’acceptent à leur tour, il écrit une lettre, non « au père » mais au beau-père, Monsieur Bauer, où Kafka lui explique à quel point il sera un très mauvais mari pour sa fille ; il le décourage tellement que l’autre est obligé de renoncer sinon il envoie sa fille au casse-pipe. Pareil pour Max Brod : il savait qu’en laissant ses manuscrits, ses lettres et ses journaux à Brod en lui disant absolument de les brûler, de les détruire, c’était le seul à qui il pouvait s’adresser en étant sûr qu’il ne le ferait pas ; on se demande s’il n’a pas fait exprès de trouver la personne qui n’obéirait pas à son ordre pour justement protéger ses futurs écrits. Donc, il y a une espèce de mélange de roublardise et de fuyardise chez Kafka qui lui permet d’arriver à son but qui est toujours celui qu’il fait croire qu’il ne s’était pas fixé.

Je suis un transformateur de natures. Je m’attaque à la nature d’une chose ou de quelqu’un, je la transforme. Je choisis un pays de vacances et j’en fais un pays d’exil ; je prends un type qui est très sympa et je vais rechercher en lui sa vraie nature et tout à coup, ça devient un monstre… C’est exactement ce que je fais dans toutes les situations : je ne dénature pas le sujet, je le surnature, c’est une de mes caractéristiques philosophiques et artistiques dont je n’aurais pas pris autant conscience si je ne l’avais pas formulée dans cette fin de Feuille.

« Si personne ne t’aime, pose-toi des questions ! » me dit Hélène, mais pas du tout ! C’est aux autres de se poser des questions : « Pourquoi on le déteste ? » ou mieux, c’est aux autres qu’il faut poser la question : « Pourquoi ne l’aimez-vous pas ? ».

Pour quelle raison les gens veulent toujours avoir raison ? Parce que ça les valorise, mais pas auprès des autres ; auprès d’eux-mêmes. Ce qui est plus méprisable encore.

Ceux qui ne font rien se vexent dès qu’on leur dit qu’ils ne font rien ; ceux qui font un peu se vexent quand on leur dit que ce n’est pas suffisant ; ceux qui en font trop se vexent quand on leur dit qu’il fallait en faire moins ; ceux qui se vexent se vexent dès qu’on leur dit qu’ils se sont vexés.

Reiser disait que pour lui, un week-end réussi, c’était un week-end où il s’était levé, où il avait pu faucher de l’herbe, déblayer sa baraque, où il avait pu faire « des dessins qui en valaient la peine, des dessins dont je serai content quelques jours après »… Et aussi où il avait pu lire un livre, ou écouter la radio en se disant : « Ah, là là, ce que c’était drôle ! » Et le soir, se passer un bon film et faire l’amour.
— Bon, ben ça, c’est une journée qui est vraiment formidable… Il m’en est arrivé, je crois, deux, dans ma vie, à peu près, des journées comme ça !

Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu’il guérirait à côté de la fenêtre.

Charles Baudelaire

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°82 – 27 juillet 2026

Ce fumier de Jubillar ! Çà et là, j’avais vu passer, sur mes RS, des reproches qui m’étaient faits parce que je ne m’intéressais pas à l’affaire Jubillar… « Pourquoi vous n’en parlez jamais, qu’est-ce que vous en pensez ? On veut le savoir ! » J’ai bien eu raison d’attendre. C’est que j’estimais qu’elle n’était pas mûre, leur affaire ; ça y est : maintenant que Cédric a avoué, au bout de 5 ans de mensonges, que c’était lui qui avait tué Delphine, je peux y aller… C’est juste la banale histoire d’un plouc du Tarn qui a assassiné sa femme parce qu’elle lui a dit qu’elle avait trouvé une meilleure bite que la sienne, que lui n’était qu’un toxico de merde et qu’elle avait hâte de se barrer et que personne ne voudra plus de lui ; alors, il se jette sur elle et il l’étrangle, puis va cacher son corps sous un tas de fumier (là où est sa place) dans un champ à 15 km de là, pour qu’elle se fasse labourer par des tracteurs et bouffer par des bêtes de passage ; rien de très original à part le fumier, seul détail particulier et plein de sens, surtout quand il sera établi que Cédric Jubillar jubilait d’avance d’avoir repéré ce golgotha puant quelque temps auparavant, en passant par Mailhoc, sur la route départementale qui relie Cordes-sur-Ciel à Albi, pour aller trimer comme peintre-plaquiste pendant que Madame se passait, à la maison, du vernis à ongles bien rouge pour exciter son nouveau pineur avec ses mains !… Albi… On n’est pas loin de chez Toulouse-Lautrec… Lui non plus n’en aurait pas eu fini s’il avait dû stranguler toutes les femmes qui s’étaient moquées de son physique à Montmartre !… Inhumer sa moitié inhumaine dans de la merde mêlée à de la paille de vaches, de moutons, de chevaux, et pourquoi pas de porcs (Jubillar avait même pensé à donner sa femme morte à manger aux cochons…) ; ça, c’est de la misogynie ou je ne m’y connais pas ! On a même des précisions : ce compost était surtout un mélange de déchets d’animaux provenant d’un abattoir tout proche, à Carmaux, d’excréments et de végétaux divers, composant une fumière de 2, 3 mètres de haut. Par la suite, les agriculteurs, à coup de pelleteuses, au fil des saisons, en ont fourré dans leurs broyeuses pour épandre toute cette matière sur les 200 hectares du champ, devenant ainsi les désintégrateurs et disperseurs, complices sans le savoir, du cadavre de la Desdémone de Jubillar !… Tu m’étonnes que la police se soit sentie chocolat ! Pourtant, des flics lacaniens (ça existe !) auraient pu facilement deviner, si Jubillar avait avoué être le meurtrier de sa femme, que ce qu’ils auraient dit de lui (« T’es qu’un fumier ! ») désignait tout de suite l’emplacement de la dépouille de sa Delphine. La femme dans le fumier, tout un symbole ! Moi-même, à Patmos, j’ai poussé, sur une grande motte de fumier, une Delphine, dans l’intention de la baiser, mais vivante, et ce n’était qu’un fantasme (voir mon roman Alain Zannini, 2002). Cédric, lui, l’a fait en réel ! Et la nuit, au premier jour du couvre-feu, à la fin du reconfinement, en 2020, il a creusé à mains nues la matière molle du monticule de caca bestial, et dans la cavité ainsi obtenue, il a déposé l’inerte traîtresse avant de la recouvrir. « Hé, un simple trou dans la boue, Pour un tel hôte ce sera tout ! » comme chante le fossoyeur dans HamletAlas, poor Delphine ! Maintenant que l’affaire est bouclée, c’est évidemment la déferlante de questions inutiles ou à côté de la plaque : « Cédric Jubillar est-il crédible ? » (bien sûr !) ; « Comment peut-on croire qu’après le meurtre, il a jeté le portable, des boots et un manteau de son épouse dans la poubelle du voisin d’à côté ? » (et pourquoi pas ? vous n’aviez qu’à les retrouver ailleurs pour prouver que ça n’a pas été le cas) ; « Pourquoi n’a-t-on pas découvert plus tôt l’endroit où était située la « tombe » de terreau dégueux de Delphine ? » (mais parce que les gendarmes sont nuls, comme d’habitude ! Étant donné que c’était un corps de femme mise à nu dans de la paille, ils auraient pu tomber dessus !)… Et enfin, la « meilleure » : « Ne continue-t-il pas à tous nous manipuler dans le but d’atténuer sa peine en essayant de faire requalifier son assassinat en ‘‘violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner’’, ce qui ferait que Jubillar écoperait d’à peu près 10 ans de  moins de réclusion ?… » Non : si Cédric a « craqué », ce n’est pas pour gagner quelques années sur son incarcération, ni pour soulager sa conscience, c’est pour témoigner de la saloperie de sa femme, une méchante Scorpionne de 33 ans qui devait bien s’attendre à crever à cet âge (l’âge du Christ, mon cul ! L’âge de la pute, plutôt !) et qui l’a provoqué et humilié exactement comme Alexia Daval, ayant poussé son minus de mari à l’étrangler, elle aussi, sauf que lui, Cedric, contrairement à Jonathann, n’est pas pédé, ce qui fait que la comparaison s’arrête là… Quoiqu’il y ait encore une petite similitude entre les différentes mères… Jubillar avait dit à la sienne au sujet de Delphine : « Elle m’énerve trop. Un de ces jours, je vais la tuer et je vais cacher son corps qu’on ne retrouvera jamais. » Absolument ! Sans ses indications, les deux fémurs dénichés dans la terre n’auraient pas été brandis comme des flambeaux d’ADN probatif sur l’origine de ces ossements… D’ailleurs, sa mère, à Cédric, regrette de ne pas avoir rapporté cette « connerie » de son fils à sa belle-fille qui, alertée, serait alors peut-être encore « parmi nous » aujourd’hui… Tu parles ! Où a-t-on déjà vu une belle-mère chercher à sauver sa belle-fille ? Madame Fouillot a fait pareil avec sa gourde d’Alexia, la laissant entre les mains de son époux psychopathantouze… « Retenez-moi, sinon je fais un jubillar ! » Ça va devenir une expression. C’est très courant dans un vrai couple d’avoir envie de trucider son conjoint. Moi, c’est tous les jours que je me retiens d’étrangler la mienne (en vérité, toutes celles que j’ai eues !) et de la foutre également sous un tas de fumier, et c’est réciproque ! Bien que pour me finir, Alexandra choisira plutôt un couteau. C’est rien, ce que Delphine a dit à Cédric par rapport à ce qu’Alexandra m’envoie dans la gueule toute la journée ; je suis très fort de supporter ça. Il fumait un peu trop de bédo, le Jubillar, pour parvenir à rester calme et à se contenir face à cette chercheuse de poux dans la tignasse de son époux alors qu’il avait le crâne tondu, et qu’il se sentait blessé chaque jour un peu plus, parce que c’est sensible ces petites choses-là (je parle des hommes)… On dit que Delphine avait le droit de faire tout ça, aucun problème, c’était sa liberté de femme ; l’autre n’était qu’un « pervers narcissique », il voulait la dominer et c’est tout. Madame Jubillar était tout à fait en droit, cette nuit du 15 au 16 décembre 2020, après une journée passée à changer le code de sa carte bleue pour pas que Cédric l’utilise, et à discuter au téléphone avec l’épouse de son new jules pour mettre en place leur future passation de pouvoir, de se prendre un selfie sortant de sa douche en petite tenue sexy avant d’aller se coucher, et de l’envoyer à son amant après l’avoir montré par provocation cruelle à son mari… C’est là qu’il a « dégoupillé », Othello Jubillar ! « Oui, disent les fémineuses, et alors ? C’était sa légitimité de Femme d’avoir voulu divorcer et d’avoir eu un amant ! C’était sa liberté, sa supériorité ! » Ben voyons… Après, il faut pas s’étonner ! Prendre de haut la quiquette du père de ses enfants n’est jamais très prudent. Tant va la cruche (« Allô ? ») qu’à la fin, on la fracasse. Lui renvoyer dans sa tronche à elle d’autres vérités, à la Delphine, ça lui aurait fait beaucoup plus mal que de lui serrer le kiki parce qu’elle avait émis des réserves sur celui de son homme ! Moi, j’aurais donné de bons conseils à Cédric pour, sans toucher sa femme, la tuer autrement. Au lieu de vouloir « qu’elle se taise » (c’est ce qu’il a dit dans ses aveux, et il n’y a aucune raison de ne plus le croire puisqu’il a menti tout le temps avant ; il ne peut désormais que dire la vérité), il fallait lui répondre ceci, à cette chienne et là, c’est elle qui se serait étranglée toute seule : « Mais pauvre conne, tu te prends pour une bombe, avec tes yeux de vache et tes gencives roses comme une prothèse dentaire ? Et roses aussi comme les grandes lèvres de ton vagin. On t’appelle ‘‘Le Vagin qui rit’’ dans tout Cagnac. Et pourtant, il fait la gueule en permanence, ton trou d’infirmière à la con… Non mais, t’as vu ta chatte ? Ça te pendouille de partout. Et en plus, elle pue, ta choune, elle pue le rat crevé pour avoir bouffé un morceau de fromage pourri, il te l’a jamais dit, ça, ton père ? Et il vaut mieux que je ne parle pas de ton anus, qui, non seulement ne respire pas l’intelligence, mais exhale une odeur de mort… Et il va se contenter de ça, toute sa putain de vie, ton nouveau marteau-pilonneur ? Bon courage à lui, connard ! Moi, j’aurais aucun mal à trouver une pitchoune de 22 ans avec un figeou super frais de jeune amante en chaleur, et avec qui, enfin, je pourrai fumer ma beuh tranquillou sans qu’une connasse comme toi vienne me faire chier ! »…

L’Électrobèse. Samedi 18 juillet, au « festival » « Cabaret Frappé » de « Grenoble », le « concert » de la « DJ » (on est obligé de parsemer le texte de guillemets !) « Barbara Butch » a été interrompu après une vingtaine de minutes à cause d’un mouvement désapprobateur dans la foule et de « jets de projectiles » dus à des pro-palestiniens qui agitaient pancartes et drapeaux, et entonnaient des chants et huaient l’« artiste » non grata. Butch a renoncé à poursuivre et a bouclé sa prestation par la diffusion d’un dernier morceau, Imagine de John Lennon, en saluant son public avant de sortir dans un nuage de fumée.

Le bobard des « projectiles à la figure », par la voix même de la Butch (et de son avocate), s’est alors répercuté partout. La version dominatrice, c’est de dire que la pauvre DJ s’est fait agresser à Grenoble par des militants « antisémites » qui l’ont visée avec du gravier, des cailloux, et des bouteilles de verre (elle est allée jusqu’à des « tessons de bouteille » ; pourquoi pas carrément un porte-bouteilles, tant qu’elle y est ?), tout ça parce qu’elle est juive (alors qu’elle n’est qu’« amour » et ne fait pas de « politique »)… Excusez-moi, mais mon stock de guillemets et d’ « italiques » (sans parler des parenthèses) commence à s’épuiser ! Malgré le matraquage de propagande pro-Butch relayée par tous les médias, la vérité commence à montrer le bout de son nez (et ce n’est pas une expression antisémite !)… Ça faisait deux mois que la mairie de Grenoble avait été prévenue de ne pas programmer cette pro-Tsahal dissimulée qui a tenu à maintenir sa projection de soupe sonore sur son public de cons, mais elle s’est quand même pointée ce soir-là, déguisée en baleine blanche emplumée (rien à voir avec Moby Dick !). Elle a dit que sa « lapidation » avait eu des conséquences dramatiques sur sa santé et que depuis, son état post-traumatique persiste : recouverte soudain de psoriasis, Barbara a dû courir chez son cardiologue car elle a vraiment craint pour sa vie et même de recevoir dans l’œil, pendant son set, un morceau du verre de la fameuse bouteille envoyée sur elle avec « antishainemitisme » ! En vérité, un objet a bien été jeté sur scène, mais par des mecs bourrés et pas par des membres de LFI comme ç’a été dit… Sur les images diffusées par Le Parisien, comme « preuves » que Barbara ne mentait pas, il est visible qu’il s’agit en effet d’une bouteille volant dans sa direction, mais, hélas pour elle ! en plastique et tordue ; on discerne dessus, même floue, l’étiquette rose de la marque « Évian », et lorsqu’elle s’écrase à dix mètres de la pourtant énorme platiniste (raté !) : ça ne fait pas du tout un bruit secret de grand verre cassé !… Allons ! C’est peanuts, de recevoir des tomates quand on se produit sur scène. Le dance floor n’est pas un sanctuaire ! À Choron aussi, on avait balancé de la merde (de la vraie) pendant son tour de chant à l’Olympia en 1981 ; et à Marcel lui-même, mon père Zanini, en 1976 (j’étais sur scène avec lui en tant que musicien), un paquet de viande a atterri violemment sur son saxo posé sur son stand… Quant à la judéité de la Butch, soi-disant seule raison de la « violence inouïe » à son encontre, c’est un mensonge de plus… Tout le monde s’en fout que Barbara Butch soit juive ! Gertrude Stein aussi était juive, et grosse et lesbienne ! Non, ce n’est pas parce que Barbara est lesbienne, juive, grosse, sioniste, pleurnicharde et impliquée dans la lutte contre l’antisémitisme qu’elle est critiquable, c’est parce qu’elle est tout cela à la fois, chacune de ces particularités ouvrant un torrent, pour ne pas dire un fleuve, directement issu de son enfer intime et constitutionnel, absolument ! Barbara n’est pas seulement lesbienne ; elle est militante LHOOQ, pardon, LGBTQIA+, et se promène avec un collier orné d’une paire de ciseaux énorme en fer ; pourquoi ? pour couper les couilles des mecs, voyons !… Elle n’est pas seulement juive ; elle est sépharade (Maroc) par son père, et ashkénaze (Pologne) par sa mère, ce qui est évidemment une contradiction interne dont elle ne semble pas s’apercevoir tellement elle est conne. Butch n’est pas seulement grosse, elle est obèse et répugnante et on se demande si elle n’a pas été lesbienne justement parce qu’aucun homme n’aurait voulu de ce tas de merde. Elle n’est pas seulement sioniste ; elle s’est rendue physiquement à Tel-Aviv le 12 juin 2025, en plein massacre à Gaza tout à côté, pour animer une soirée à l’ambassade de France du pays hébreu, donc c’est quand même une sale vache d’activiste pour Sion, qu’elle le nie ou non. Elle n’est pas seulement pleurnicharde ; elle en fout partout en allant se plaindre en vidéo et sur les plateaux télés tous acquis à sa cause, et en mobilisant, dans une tribune à sa gloire, 300 lèche-gros cul prompts à défendre son statut d’« artiste » intouchable qui n’a pas à être perturbée sur scène en pleine « création », alors que cette grosse nulle ne sait que branler des platines pour mélanger les musiques des autres. 300 à la soutenir, ils ne sont pas de trop, vu le poids du monstre ! C’est pas des soutiens qu’il lui faut, c’est des étais !… Enfin, Butch n’est pas seulement « concernée » par l’antisémitisme en tant, dit-elle, que descendante de raflés du Vel’ d’Hiv 42, et ayant de la « famille qui vit en Israël, certains y sont morts » : elle a signé, auprès de Valls, Blanquer, Sansal, Sinclair, Darmon, Arthur, Arfi, Badinter, etc., en mars 2026 une pétition dans le torchon Le Point en faveur de la loi Yadan qui, rappelons-le, devait permettre, si elle était passée, de poursuivre, accuser, condamner et punir toute personne critiquant Israël sous le prétexte que ce serait de l’« antisémitisme », et que n’importe qui puisse tomber pour « apologie du terrorisme » pour avoir simplement exprimé une sensibilisation minimale au destin de la Palestine… Le flyer contre la venue à Grenoble de la Butch a été fabriqué par LFI et était aussi bien trouvé que celui contre Hanouna naguère : il n’y a que dans le domaine des visuels que la gauche a encore de bons restes ! Barbara mixant sur ses platines avec du sang qui gicle sur et autour d’elle, jusqu’à entacher le drapeau LGBT orné d’une étoile de David = Antisémitisme ! Sauf que ce drapeau arc-en-ciel, d’abord, n’est pas celui des LGBT mais celui de la Paix (ce culot !), et que l’étoile à six branches qui est fichée dessus n’est pas le fruit d’un montage LFI, c’est sur le drapeau lui-même qu’elle est incrustée car c’est l’étendard des gays de Tel-Aviv qui s’en servent pour renforcer leur pinkwashisme colonialiste. Le but, c’est de récupérer le plus possible d’homos pour la cause israélienne et d’essayer de les convaincre que défendre Israël, c’est aussi défendre les droits des pédés à vivre, à s’aimer et à s’exprimer. Autrement dit, dans la logique intersectionnelle, tout homophobe est un antisémite qui s’ignore (ou pas) ; et revendiquer sa « différence » doit désormais passer par un pro-israélisme assumé. Escroquerie au carré ! À propos, je reviens sur la sauterie pour laquelle la grosse était venue le 12 juin chez son pote de Jaffa. Ce qu’on n’a pas remarqué, c’est que la Pride de Tel-Aviv était prévue pour le lendemain, le 13 juin ; donc, pour la Butch, c’était tout à fait dans ses projets de rester et de faire la fête le lendemain avec ses frères et sœurs transjuifs… Elle était partie de Paris pour ça et ç’a été annulé au dernier moment car c’était le coup d’envoi de l’offensive lancée par Netanyahou et dite « guerre des Douze jours » contre l’Iran (et parce que les Telaviviens avaient peur des représailles). L’argument de dire que c’est une fake news de la croire capable d’aller dans la Pride ne tient pas car elle allait y aller ! À fake news, fake news et demi… Ce n’est pas parce que la fiesta tantouzique n’a pas eu lieu que Barbara n’avait pas donné son accord pour y participer. Il faut voir (façon de parler) le clip de pub pour cette pride made in Israël : il est particulièrement odieux : y sont montrées des Prides imaginaires à Damas, à Bagdad, à Téhéran, filmées en intelligence artificielle, et avec un panneau d’exhortation rédigé en anglais : « Jusqu’à ce que ça arrive dans la vraie vie, venez à Tel-Aviv le 13 juin ! » Et hop ! Comme dit justement (pour une fois) Cass_Andre (from Zawa Prod), paraphrasant le discours du clip : « Donc, littéralement : ‘‘Ouais, faites-la pride chez nous parce que chez les autres, chez ces sales Arabes, on peut pas, on est obligé d’utiliser l’IA pour représenter la pride à Damas alors que chez nous, c’est vrai, donc venez chez nous !’’ » À propos (bis), tous les pédés d’extrême gauche LFIsants, du « genre » de Cass_Andre, Raz, Wissam, Paroles d’Honneur, sont surpris que certains qu’ils croyaient être de leur camp (à gauche) défendent Barbara Butch… « Mecs », sachez que désormais, pour un gauchard, c’est plus grave de s’en prendre à une grosse lesbienne qu’à une juive sioniste ! Libération, Mediapart sont pour Butch contre leurs propres convictions pro-palestiniennes, uniquement parce qu’elle est handicapée et gouinasse (doublement minorée donc) ; c’est ça qu’il faut comprendre. Aujourd’hui, la grossophobie est encore plus mal portée et est un plus grave délit que la judéophobie ; il va falloir vous mettre ça dans le crâne, à vous, extrême-gauchistes qui, en plus, êtes sinon tous pédés, tous pro-LGBT ! Vous vous sentez doublement trahis, voire triplement ! Je vous dirais alors : « Bien fait pour vos gueules ! Vous avez toujours été tellement sectaires que le cas Butch vous fait buguer et beugler ! » Trop drôle de voir eux/elles s’insurger que des militants antisionistes puissent venir consoler une activiste pro-israélienne qui se cache sous ses couches de graisse et de goudouterie ! Ils croyaient quoi ? Que Fachos = sionistes et Gauchos = pro-pal’ ?… Oui, mais quand l’appartenance gousse s’en mêle et si, en plus, ça tombe sur une obèse, toute l’équivalence en est bouleversée. C’est par idéologie minoritariste que les « gens de gauche » soutiennent Barbara Butch alors qu’au fond, ils en ont pitié. En montrant les dents contre ceux qui seraient tentés de la brocarder, les gauchistes de « Libé » occultent chez Butch ses crimes de complicité avec Israël. « Moi quand on m’envoie de la haine, je ne réponds pas par la haine, je réponds par l’amour, et si ça va trop loin, je réponds par la justice. » chouinote hypocritement celle qui a déjà déposé plainte un peu partout, car madame est procédordurière ! Et mieux : toujours avec l’aide de son avocate (militante à TeNoua, l’organe de la rabbine Horvileur qui traite de « traîtres » les Juifs antisionistes), la Butch a fait appel à une start-up israélienne de renseignement pour dresser une liste et pouvoir aller rafler judiciairement les twittos anonymes qui se permettent de l’insulter sur X, comme au bon vieux temps où les gendarmes français, baignant dans une délation d’« atmosphère », procédaient, en zélés, à l’arrestation des Juifs sur le territoire national… N’oubliez pas que « Butch », ça veut dire « lesbienne à l’apparence masculine » (c’est un surnom ; son vrai nom étant Leslie Attar). Une fois qu’elle a réussi à se faire passer pour une victime, il restait à Barbara Butch à devenir une star ! C’était déjà dans les tuyaux au moment de la cérémonie d’ouverture des JO 2024 où elle s’était « distinguée », avec son auréole argentée, dans le tableau woke et « olympien »  concocté par le metteur en cène Thomas Jolly… LFI la supportait en tant que grosse lesbienne minoritaire ; maintenant le parti ne peut plus la suivre parce qu’elle est sioniste ; et en face, la droite, qui l’avait attaquée pour les mêmes raisons (parce que grosse lesbienne minoritaire), la défend désormais parce qu’elle est sioniste et attaquée par la gauche ! Mais tout cela n’est rien… J’insiste : ce qui est vraiment dégoûtant chez Barbara Butch, c’est son obésité de pauvre truie immonde dégoulinante de partout, abjecte, mélangée à sa « fierté » d’être lesbienne. Je pense qu’il est sain d’être grossophobe. Les gros respectables se comptent sur les doigts boudinés d’une seule main gracieuse d’Oliver Norvell Hardy : Hardy donc, Fats Waller, Orson Welles, Diego Rivera, Jimmy Rushing, et c’est à peu près tout. Moi je n’ai eu que des désagréments avec les gros. Un texte reste à écrire Les Gros de ma vie. Mani, Dachy, Obalk, Catsap, Cormary, Laïbi, Blanrue, Thiellement, Popesco…

Qui en 1985 aurait eu l’idée de faire une tribune signée par des centaines de cultureux, auteurs soucieux de la liberté d’expression et garants de la Littérature pour défendre un jeune qui s’est littéralement fait casser la gueule ? Personne ! Crevez ! Ça chouine pour 3 gobelets, l’autre s’est fait déchirer la rétine ! Qui a été « cancel » ? Nabe ou Benamou l’agresseur (car c’est lui) ? Au moins, autant détesté par le Crif que LFI et ignoré depuis plus de 40 ans, tandis que BB (la fausse) Barbara Butch pavane dans les médias !

Paul Harsh

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°81 – 20 juillet 2026

Didier Deschamps (prolongations). « C’est la mère de Didier Deschamps qui a éliminé l’équipe de France de la Coupe du monde. Ne cherchez pas la raison ailleurs, évidemment. Le pauvre Didier Deschamps, il a perdu sa mère en pleine Coupe du monde, alors il est reparti en France l’enterrer et il est revenu et ça a cassé l’énergie, ça a cassé le mental. C’est ça, le foot, c’est très délicat, c’est pas qu’un sport de brute. La mère, toujours la mère : elle fait chier quand elle vous met au monde ; elle fait chier quand elle sort du monde, et c’est ça qui l’a démoralisé, le pauvre Didier : au retour, il y avait plus personne et il y avait plus personne dans le ventre, évidemment. La mère morte revient dans le ventre du fils. Il a plus eu l’énergie et la force de soutenir son équipe jusqu’au bout et il s’est écroulé en demi-finale. C’est simple, le football, c’est simple, l’analyse footballistique ! C’est très simple. » Tel est le texte de l’Instagram — repris sur Tik Tok, Facebook et X (c’est kif kif bourricot) — que j’ai posté le 15 juillet, après la défaite des Bleus lors du match les opposant, la veille, à l’équipe d’Espagne. Tollé quasi unanime contre ma « méchanceté », mon non-instinct filial, mon « incompétence » en sport et mon « offense » aux morts… Tout ça par des gens qui ne méritent même pas les guillemets qu’on pourrait mettre à ce mot, et qui ne connaissent rien de ce que j’ai écrit sur le sport en corrélation avec la mort (voir mon Addio Fabio !  1994 – dans Non ou mon premier tract Zidane la racaille – 2006). J’ai le droit de parler de foot, et même d’en rajouter ici par écrit car, comme je l’ai déjà dit en vidéo : « Ceux qui font une différence entre ce que je dis et ce que j’écris ne comprennent rien à la littérature ». C’est Alexandra, après avoir liké mon Tiktok, qui m’a fait remarquer qu’en effet, Deschamps, tant qu’il gagnait, avait l’impression de maintenir sa mère (malade depuis plusieurs années) en vie ; à partir du moment où elle était morte, il n’avait plus de raison de gagner. Je poursuis : non seulement ça a foutu son coaching en l’air, mais ça l’a fait sortir de la Coupe du monde, de prendre l’avion pour quitter les USA, d’aller inhumer maman, de revenir auprès de ses footballeurs et de se remettre dans le bain… Par fierté, il a essayé de se remonter pendant les 3 matches suivants, seizièmes, huitièmes et quarts de finale, où la France en effet s’est qualifiée parce que les joueurs n’étaient pas encore complètement contaminés par la tristesse rageuse de Didier, mais, au fond de lui, il en voulait à sa mère de lui avoir gâché la fête, et de mettre en péril sa victoire ; ce qu’elle a fait en se cadavérisant le 23 juin, en pleine compétition ! Bingo ! Ginette Deschamps est crevée à 89 ans à Bassussarry (PyrénéesAtlantiques) ! On se rappelle qu’à Alain Orsoni, la mort de sa mère avait coûté la vie ; à Deschamps, c’est son triomphe que ça lui a coûté. Sa daronne morte a rempli son office : la France est virée ! Le fils rentre à la maison, la tricolore queue de paon basse, et en plus, ça a permis au public de voir son vrai visage, au Didier : fini, le « Trois Pommes » (dixit Aimé Jacquet) sympa plouc authentique pas snob. On a eu droit soudain à un visage de haine, de rancœur, de dépit, de laideur disonsle, celui de vieille gargouille d’ex-champion du monde 98, furax, véner, mauvais perdant, déformé par la foirade ; la tronche de celui qui a tout perdu : sa mère, la Coupe (la coupe est pleine en effet !), sa réput’. Ça a même déteint sur Zidane qui avait le seum lui aussi que sa future équipe perde si lamentablement, et qu’il doive commencer son boulot de grand remplaçant de Deschamps sur un échec aussi cuisant. Il faut toujours se méfier du 14 juillet, surtout quand une mère met son grain de mort dedans !

Anecdotes sur Raymond Roussel. Roussel voulait voir les Indes. Pour y aller, il a loué un yacht. Et quand il a vu la cote indienne de loin, Raymond a dit : « C’est ça, les Indes ? Repartons. » Sauf que c’est faux – et pas « apocryphe » (j’aime pas cette confusion qu’on fait entre le faux et l’apocryphe). C’est Jacques Prévert (pour ne pas dire « Pervers »), se croyant drôle d’attribuer à d’autres ses propres bons mots, qui a résumé ainsi un voyage aux Indes que Roussel avait effectivement effectué avec sa mère, une parano qui ne voyageait jamais sans son cercueil au cas où elle mourrait en route. Ce qui est exact, c’est qu’un peu plus tard, au début des années 20, lors de son tour du monde en paquebot, Roussel préférait s’enfermer dans sa cabine pour écrire plutôt que jouir des particularités du paysage et des mœurs des pays qu’il y avait à visiter… Il ne pouvait pas supporter la réalité. Roussel, c’est la négation du réel, mais pas par négationnisme, par imagination. Les révisionnistes, c’est le manque d’imagination remplacé par le refus de la réalité, tandis que Roussel, c’est le surplus d’imagination qui ne veut pas se laisser bouffer par la réalité. Sur sa « prétention » : il est à rapprocher de Django Reinhardt qui partait en tournée en Amérique sans sa guitare parce que d’abord, ça le faisait chier de la transporter, et ensuite, se sachant le meilleur, il était persuadé qu’on lui en offrirait une là-bas. Roussel croyait également que le monde lui devait tout parce qu’il était génial. Si génial qu’il estimait qu’il lui fallait circonscrire l’incendie de sa génialité. Voilà pourquoi il fermait sa fenêtre quand il écrivait, pensant que son soleil intérieur ne pouvait qu’illuminer dangereusement l’humanité, et risquer de la cramer. C’était un réchauffement climatique à lui tout seul, Roussel ! Bévue du génie : c’est l’obscurité de l’Extérieur qui met toute son énergie négative à tenter d’éteindre la lumière d’un créateur, toujours. Mais ça revient au même car d’une certaine manière, Roussel avait bien raison de s’enfermer pour empêcher que la sombre réalité inartistique de la société et des autres « humains » entre par effraction chez lui, et cherche à étouffer son feu de dieu… Ses échecs successifs : à mettre en relation avec son goût pour le jeu d’échecs. Un seul critique lui a fait une seule bonne critique sur un de ses livres. Roussel lui a envoyé alors un macaron, mais dans un petit coffret d’or.

Kafka. Comme disait Borges : « Il était juif mais le mot juif ne figure pas, s’il m’en souvient, dans ses écrits qui sont intemporels et, de ce fait, éternels. » Très bien, en dehors du petit relent d’antisémitisme de Jorge Luis, insinuant que si on est juif on n’est pas éternel (les convaincus, à tort, par le philosémitisme louche de l’Argentin apprécieront)… En effet, Kafka n’a jamais écrit le mot « juif » et, malgré ça, la postérité, aussi bien faite de Juifs que de goys zélés, l’a intronisé de force « représentant » en littérature du peuple juif, de la mentalité juive, de la pensée juive, de l’écriture juive, alors que non ! Ils ont beau essayer de tout métaphoriser judaïquement chez lui, c’est pas vrai, et, en plus, on connaît l’ambiguïté dans laquelle Kafka tenait sa propre judéité, lui qui disait, on le sait : « Qu’ai-je de commun avec les Juifs ? C’est à peine si j’ai quelque chose de commun avec moimême. » Kafka a déjudaïsé son œuvre, et la trahison des autres, c’est de l’avoir rejudaïsée pour pouvoir faire de lui une espèce de grand prophète de leur cause, voilà, avec Proust, qui, lui aussi, essayait de se détacher de ça. Ce sont des Juifs qui se seraient voulus « ajuifs » parce qu’ils avaient compris que sinon, ça les folklorisait, et ils ne voulaient surtout pas ça ! Faire de Kafka et de Proust des « écrivains juifs », ce serait comme cantonner Django Reinhardt à être un « guitariste manouche ». Ça les priverait d’atteindre l’éternité. Et c’est là qu’on rejoint Borges. Ce serait les contraindre, surtout Kafka, que de les enfermer dans le camp de la judéité, de leur judéité. D’ailleurs, les interprétations dans ce sens sont toujours sujettes à caution. La Métamorphose, est-ce que c’est Gregor qui se transforme en vermine juive, parce qu’à l’époque où Franz a écrit sa nouvelle, il s’intéressait au théâtre yiddish et que toute sa famille était contre, ou est-ce que Gregor est un Juif qui se transforme en goy, c’est-à-dire en un insecte qu’il faut absolument tuer ? Le Rapport à une Académie : est-ce qu’un singe, c’est un type qui était juif et qui est devenu humain, en se convertissant au catholicisme ou au protestantisme, ou est-ce le contraire ? Est-ce que c’était, à la base, un singe, c’estàdire quelqu’un de chrétien qui a fini par devenir humain, c’est-à-dire enfin juif ?

Dans Le Château, est-ce un Juif qui arpente les abords d’un château dans lequel il n’arrivera jamais à être reçu parce qu’il est juif ou est-ce un goy (ou un mauvais Juif) qui ne parvient pas à entrer dans ce château qui est une sorte de synagogue dans laquelle il aimerait bien être admis ? Et Le Terrier alors, c’est quoi ? C’est l’histoire d’un blaireau juif qui se cache dans son labyrinthe souterrain pour se protéger des vilains goys qui sont autour de lui et qui veulent sa mort, c’est ça ? Et Le Procès ? Joseph K. est coupable, mais de quoi ? Coupable d’être juif ou coupable d’ignorer qu’il l’est ? Il se croit innocent, mais n’est-il pas coupable de ne pas être assez juif dans son milieu, ce qui va entraîner sa condamnation, et faire qu’il va finalement être exécuté comme un chien ? Etc., etc… Vous voyez, on pourrait prendre chaque grande allégorie kafkaïenne et l’interpréter judaïquement, mais on voit bien qu’on se prend les pieds dedans ! La Métamorphose — j’y reviens —, c’est un type qui se réveille (ou qui continue à rêver), transformé en une « véritable vermine », c’estàdire en un cancrelat géant, mais ce qui est intéressant, c’est le rapport de sa famille à lui qui s’est métamorphosé. La drôlerie réside dans le fait que ses parents et sa sœur le considèrent toujours comme leur fils et frère, ce qui met en valeur tous les problèmes qu’il peut y avoir entre un enfant et les siens dès qu’il change, voilà : rien à voir avec les Juifs. Pareil pour L’Amérique, aussi ! L’Amérique, c’est quoi le rapport avec les Juifs ? C’est parce que son oncle d’Amérique s’appelle Jacob que tout le roman doit se teinter de judéité ? Pas du tout, c’est juste le parcours d’un émigré, Karl Rossmann, qui vit l’exil, porté par l’espoir de conquérir un autre pays, et qui tombe dans la déception, voilà. Quant au Procès, c’est un livre sur la sensation que chacun peut éprouver en lui d’être innocent ou coupable de quelque chose, ou les deux à la fois (comme Kafka qui a dit qu’il était deux personnes et que, finalement, il mettait sur le dos d’une d’elles la victoire de la tuberculose qui allait l’emporter). Dans sa « vraie vie », il est intéressant d’apprendre que cette tuberculose, Kafka l’a contractée en recevant des blessés de la guerre de 14 dont il s’est occupé, et qui peuplaient l’escalier de son office des assurances à Prague où il était chargé d’aider les mutilés et les malades, avec qui il était en contact permanent, leur dispensant beaucoup de sa générosité et de conscience professionnelle.

Pas un moment dans La Métamorphose, les parents de Gregor ne se demandent si ce ne sont pas eux, les monstres (alors qu’ils ne peuvent que l’être aussi puisqu’ils en ont engendré un). Au contraire, ils s’en désolidarisent lorsque Gregor devient une vermine, un cloporte… C’est ça, la signification ; toute la nouvelle est une charge antiparentale, c’est évident, c’est biblique mais d’une façon inversée, c’est-à-dire que c’est les parents qui sont coupables, et l’enfant qui est innocent, révélant, par sa nature de néo-animal, la monstruosité de ses procréateurs qui, dans le récit kafkaïen, sont prêts à n’importe quoi ; qui font n’importe quoi ; et qui vont finir par le tuer parce qu’il prend de la place, qu’ il grossit et fait fuir les sous-locataires. Gregor fout la merde par sa persistance à exister encore comme fils, car tout mi-scarabée mi-cafard soit-il, ainsi il reste leur fils. C’est même à se demander si ce ne sont pas les parents qui le voient comme un immonde insecte et que lui demeure normal tout en se croyant devenu monstrueux à travers leur regard hostile… C’est la façon dont Kafka raconte les choses qui peut amener à cette conclusion : tous les pères et mères voient toujours leur fils comme un monstre, et c’est pour cela qu’ils sont impardonnables… La Métamorphose, c’est une attaque radicale contre les parents, contre le regard que les parents portent sur leur enfant, voilà, c’est ça qu’il faut dire.

Faute grammaticale dans la chanson de Georges Brassens : « les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux » ; non : « qu’on suive une autre route que la leur. »

Cinéma. Un Vadim à la fois glauque et clair. La Curée, sorti en 1966, est très en avance et préfigure complètement l’histoire de Raphaël Enthoven qui a piqué la meuf de son père Jean-Paul (c.-à-d. Carla Bruni) ; avec Jane Fonda dans le rôle de Carla Bruni, Michel Piccoli dans celui de Jean-Paul Enthoven et Peter McEnery dans celui de Raphaël ; et un petit rôle pour Tina Aumont (rencontrée une seule fois) qui, dans le générique final, s’appelle Tina Marquand parce qu’à ce moment-là elle était mariée avec Christian Marquand. Très bon film d’ambiance sexy, dans un cadre tordu bourgeois destructeur hyper bien photographié. D’après La Curée d’Émile Zola, mais Vadim ne garde presque plus rien du roman, tout l’aspect social frauduleux escroc du porc d’affaires Saccard est occulté ; ne reste que l’histoire de trahison et d’inceste entre le père et le fils. Prendre un Zola et l’essorer jusqu’à la dernière goutte pour en faire une nouvelle du Marquis de Sade, c’est fort ! La bellemère et le beaufils, laissés seuls par le maripère, s’amusent d’abord comme des gosses, multipliant chatouillis et chamaillages, et puis ça bascule… Ils deviennent des fauves de désir. La scène de baise dans les miroirs déformants est exemplaire parce que c’est de l’art. À noter un Michel Piccoli sousemployé exprès, dont on peut dire que dans ce film, il ne fait que le tempo, comme dans certains disques de Jimmy Smith, Art Blakey, habituellement tonitruant, se contente d’assurer l’accompagnement sobre à la cymbale ride cloutée, ce qui n’en est pas moins extatique. Ah, j’arrête là, car « Vadim et le jazz », ça ferait l’objet de bien plus qu’un paragraphe !

Hegel parlait davantage de la ruse de la raison que de sa rose. Mon royaume pour une coquille !

Dieu sait tout Dieu sait où…

« Ton corps nu ne devrait appartenir qu’à ceux qui tombent amoureux de ton âme nue. » Charlie Chaplin à sa fille.

Est-ce que c’est parce qu’il ne se passe plus rien que plus personne ne veut faire quoi que ce soit ou bien c’est parce que plus personne ne veut faire quoi que ce soit qu’il ne se passe plus rien ?

René Urtreger est mort à l’âge de 92 ans. On s’est connus quand j’en avais 23, avant que je publie, et on s’entendait bien ; je crois que je le faisais beaucoup rire et qu’il appréciait ma flamme jazzistico-littéraire. Pour les mauvaises langues, je précise d’avance que « la question juive » n’a jamais été un sujet de conversation entre Urtreger et moi… René était une fontaine d’anecdotes plus juteuses les unes que les autres sur les géants qu’il avait connus, Miles, Monk, Lester, Bud, Kenny, et les moins géants comme Claude François : Urtreger était un des plus intéressants raconteurs et connaisseurs de Cloclo, qu’il avait accompagné dans sa période variét’, après avoir fait une overdose de jazzclubs. Musicalement, René Urtreger était un bon exécutant, un be-bopper érudit mais un peu sec, je trouvais : ce n’était pas le roi du swing et il n’avait pas beaucoup de profondeur dans son toucher. Dans le genre pianiste français des années 5060, compétent sideman et, par instants, soliste inspiré, je préférais Maurice Vander.

Il m’a fallu du temps pour comprendre qu’il n’y a rien de plus effrayant que de raconter doucement et scrupuleusement la vie.

Henri Barbusse

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°80 – 13 juillet 2026

Tante Mainou. Ma dernière tante est morte, et centenaire ! C’était la sœur de ma mère : elle a doublé non seulement sa cadette (91 ans), mais aussi son beauf’ Zanini, mon père Marcel, coiffé au poteau des 100, ayant cassé sa clarinette à 99… Trop forte ! Elle s’appelait Germaine mais on la surnommait « Mainou », comme sa sœur « Suzie » (de Suzanne) et son frère « Dédé » (d’André) : les 3 enfants Taurel de nos grandpère et grand-mère, « Papy » et « Mamy ». Je dis « nos » parce que c’est ma cousine d’Ardèche, Dominique, qui m’a annoncé par téléphone la mort de Mainou. Elle m’a raconté qu’ils avaient fêté joyeusement son centenaire, le 20 juin (Gémeaux), et 12 jours après, elle a dernier-soupiré, un aprèsmidi, dans l’Ehpad où elle avait été installée, juste à côté de chez sa fille. La fin a été difficile pour Mainou : troubles cognitifs ; couches pleines de cacas ; impotence… J’ai connu ça avec le personnage principal de mon prochain roman. J’ai consolé ma cousine ; elle n’avait pas l’air de saisir l’héroïsme de sa mère qui avait tenu jusque-là. Je crois bien que son corps a décroché après l’anniversaire fatal : « 100 ans ? Basta ! ». Mainou est donc morte, et le 2 juillet, la date de la mort de son propre père, Marcel Taurel, en 1974. Dominique n’avait pas fait le rapprochement ; moi si. Quand tout n’est pas lié, tout est en boucle. Mainou était une pimpante et coquette Marseillaise bien roulée, et qui avait beaucoup de succès : c’était la plus sexy des deux sœurs ; ma mère en était jalouse évidemment. Limite allumeuse, Mainou était toujours dans les bons coups pour en tirer un. Elle fréquentait des groupes de jeunes des années 50, et avait la générosité d’embarquer sa sœurette dans ses week-ends calanqueux, goudifs… C’est comme ça qu’elles se sont retrouvées un jour en 1950 à Cassis, avec de jeunes déconneurs et marrants, dont mon père… C’est grâce à Mainou que Suzie a rencontré Marcel et donc indirectement que je suis là ! Même Suzie lui en était reconnaissante, puis ça s’est gâté : Dominique est née et Mainou a insisté pour que sa sœur Suzie soit la marraine de la petite ; mais lorsque moi je suis né, Mainou a refusé de devenir ma marraine : elle a cassé la symétrie. La raison (d’après ma mère) ? C’est que ça obligeait ma tante à me faire des cadeaux chaque année en tant que marraine… La radinerie était ancrée comme un vieux rafiot dans le port de cette famille ; ça venait de mon Papy, ex-poilu, corse et vendeur de bas DD dans son magasin L’Art du Bas, rue des Trois-Mages (tous mes lecteurs conséquents savent ça)… Pourtant, ma tante pouvait être affectueuse : elle était venue me voir quand j’avais 4 ans, à l’Œuvre Grancher, comme elle viendrait voir plus tard Alexandre au Pavillon des enfants malades quand il avait 3 mois. Le cœur de Mainou se sera bougé le cul pour le père et pour le fils ! Ça ne s’oublie pas… Mainou n’avait pas eu une enfance facile, elle avait vécu la fin de la guerre à Arles, avec ma mère, dans la grande propriété Sainte-Anne, chez leur tantine Fayet, où, au milieu des Gauguin et des Redon, elles étaient plutôt considérées comme des servantes que comme des nièces (j’ai transposé tout cela dans Le Bonheur, et j’en parle pas mal dans les tomes de mon Journal intime). En effet, mes grands-parents avaient envoyé leurs filles à la campagne pour échapper aux bombardements de Marseille, car il y avait déjà eu celui, costaud, du 27 mai 1944… Et finalement, c’était bien la peine car il y en eut un aussi, de bombardement, en plein Arles : ces enculés d’alliés ont détruit la maison jaune de Van Gogh ! Mais surtout, dans sa jeunesse, Mainou avait fait une autre rencontre, plus intéressante que les autres, celle de René Allio, qui lui aussi faisait partie de la bande des jeunes Marseillais excentriques (Lindenmeyer, Molinetti, Missir, Maïoli, Felicès, Sabater…). Elle a été alors la maîtresse attitrée de René Allio, un grand maigre à grosses lunettes, grand ami de Marcel, qui écrivait des paroles de chansons à ses heures. Allio n’était pas encore cinéaste, mais peintre dans le goût de Rouault ; Mainou, après leur rupture, ne savait plus où les foutre, ses « croûtes ». On sait dans quelle estime je tiens ce cinéaste crypto-bressonien, nouvelle vaguesque à lui tout seul, brechteur distancié et distingué, qui a construit une œuvre cinématographique dans laquelle les vrais cinéphiles comme moi plongent encore : La Vieille Dame indigne ; Rude journée pour la reine ; Les Camisards ; et surtout Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… Mainou n’est pas devenue « Madame Allio ». Dommage, ça m’aurait plu, à moi, d’avoir comme oncle René Allio !… Les obsèques de ma tante ont eu lieu cette semaine en Ardèche donc, terre protestante, pas loin de là où on allait en vacances avec Dominique, enfants, chez nos grandsparents, à Joyeuse… C’est d’ailleurs très tard que j’ai appris que ce village même avait été visité en 1926 par mon cher C. F. Ramuz ! Mainou, catholique, avait été accueillie chaleureusement depuis des décennies par la belle-famille de sa fille Dominique, c’estàdire celle de Denis, son mari, tous protestants de souche comme il y en a dans cette région huguenote à se damner… La cérémonie a été célébrée par un pasteur, et ma cousine a voulu diffuser un morceau de Marcel en souvenir : elle a choisi Tout le monde aime ma baby, un de ses meilleurs titres, tiré de son premier 45 tours (1966)… J’aurais bien voulu être là, mais j’étais en voyage à l’étranger, alors j’ai envoyé un bouquet (moi, si loin des fleurs !), Mainou et sa fille Dominique l’avaient bien fait, et à deux reprises, en 2021 et 2023, pour ma mère et mon père quand ils ont « disparu » (aucun mort ne disparaît jamais, bananes d’êtres humains !). J’ai eu un peu de mal à dicter à la fleuriste des pompes funèbres de VallonPontd’Arc le libellé du ruban que j’ai composé pour la corbeille, mais la préposée ardéchoise a fini par comprendre, et à part quelques majuscules, n’a fait aucune faute : « À ma Tante ‘‘Mainou’’ tant aimée (et pas qu’un peu mon neveu !) Son Neveu Alain. »

Vous voulez avoir l’explication de la bêtise et de la médiocrité de la plupart de mes contemporains ? C’est qu’ils se contentent de peu, ils s’extasient vite pour n’importe quoi, contrairement à l’idée reçue qu’ils ne s’enthousiasment pour rien…

Drame vénitien. Un type riche se charge de ses lingots d’or et va se noyer dans la lagune.

Pas de temps à perdre avec the rotten yesterdays (« les hiers pourris ») comme disait Ralph Waldo Emerson.

Je porte mon costume « Intemporel » Dior comme un bleu de travail.

Haineternet.

Au bord de la piscine. Une fille qui se recoiffe quand elle remarque qu’on la regarde, vous pouvez être sûr qu’elle est en train de se branler dans sa tête. Se toucher les cheveux est le geste qui correspond à la prise en main des poils pubiens de sa toison dont elle écarte, en pensée, les lèvres, avant de se presser, sans se presser, le clito dégainé et enfin de toucher du doigt ses meilleurs morceaux choisis à l’intérieur des parois troglodytiques de son aine moite.

Sans l’avoir vraiment voulu, je réunis tous les artistes que j’ai adorés, et auxquels je n’imaginais pas ressembler par tel ou tel point. Par exemple, je voyage à la façon d’un nomade comme D. H. Lawrence ; je suis maudit pour antisémitisme comme Céline ; je suis multi-terrains et j’écris des essais sur plein de choses de la vie comme Suarès ; je suis pamphlétaire religieux violent comme Léon Bloy, et j’ai tenu un journal intime comme lui et Léautaud ; j’ai créé ma propre édition et mes revues Patience et Nabe’s News, ce qui correspond aujourd’hui à ce que faisait Péguy avec ses Cahiers de la Quinzaine ou Karl Kraus avec son Flambeau… Je rédige chaque semaine une Feuille, rendant compte littérairement de l’actualité comme Dostoïevski le faisait avec son Journal d’un écrivain… Quoi encore ? J’ai choisi comme terres d’exil des pays bon marché comme Bernanos ; je suis peintre et écrivain comme Witkiewicz… Je fais aussi des gros livres et romans comme John Cowper Powys ; pour mes récits de voyage, « il y a du Morand en vous » m’avait dit Sollers, et pour le cosmopolitisme, qui se voit également dans mes contes, je dois beaucoup à Pierre Loti, capricorne, turcophile et protestant comme moi. D’ailleurs, si je me suis converti au protestantisme, ce n’est pas pour faire comme Karl Marx, Otto Weininger ou Bob Dylan (qui étaient juifs) ! ni comme Alessandro Manzoni (qui s’est marié selon le rite calviniste avant de redevenir catho), Wim Wenders ou Kanye West ! mais pour être plus proche de Ramuz, Barbusse, Melville et Hawthorne. Je suis anti-israélien et pro-Arabes comme Jean Genet, et j’ai indubitablement quelque chose de son côté bad boy. Pour la langue, je place dans mes textes des chausse-trappes grammaticales et syntaxiques comme Verlaine et Mallarmé, deux de mes supermen de jeunesse qui ressortent au fur et à mesure dans l’écriture de mes livres ; pour le côté exotique ou latin de mon « baroquisme » scriptural, il y a Gadda et Lezama Lima qui ne sont pas loin. Journalistiquement, j’ai intégré l’énergie et la vaillance destructrice d’un Rebatet et, avant lui, de Jules Vallès. On retrouvera Romain Rolland dans la radicalité de mon pacifisme ; ainsi que Bakounine pour le goût de la révolution, et Kropotkine juste derrière lui ; Marius Jacob est en moi en tant que hors-la-loi et philosophe. Quant à ma « misogynie », il faut la chercher du côté de Strindberg, de Sacha Guitry, d’Oscar Wilde, et avec l’humour qui les caractérise. Tous, je vous dis. Toutes mes idoles, je les ai fusionnées dans ce creuset qu’a été ma vie et j’en ai versé l’or bouillant dans le moule de mon travail… C’est un peu alambiqué, mais c’est tout à fait ça !

Dans le groupe de Frédéric de Towarnicki, parti en équipée pour aller visiter Martin Heidegger à FribourgenBrisgau en 1945, il y avait Alain Resnais, le futur réalisateur, et… Marcel Marceau, qui avait été résistant. J’aurais rêvé de voir Marceau faire un numéro de mime devant Heidegger, et d’assister ensuite à l’analyse « das-seineuse » que n’aurait pas manqué de lui fournir le génial ontologicien de la Forêt Noire. Ce que le mutique rescapé de la Shoah était, par des gestes, capable de faire de son être dans le temps aurait sans aucun doute été interprété d’une façon passionnante par le philosophe silencieux sur la même Shoah.

Titre : Jamais un coup d’épée n’abolira l’eau dans laquelle des dés n’ont pas été jetés au hasard.

La fuite en œuvrant.

Il ne faut pas oublier que les bourgeois du XIXe siècle se tordaient de rire en voyant les tableaux de Cézanne, Gauguin, Van Gogh… Pour eux, c’était déjà de l’art « dégénéré », sauf que les spectateurs (aussi cons) de l’exposition organisée par Goebbels en 1937, eux, au moins, ne riront pas face aux toiles de Nolde, Kirchner, Beckmann, Grosz et Cie. Encore une supériorité du bourgeois allemand de l’entredeuxguerres (fût-il nazi) sur le bon gros pépère français pâteux et satisfait de sa République à la fin du siècle dernier. Attention, les autres bourges immondes qui avaient approché personnellement les géants de la peinture de leur époque n’ont pas été plus clairvoyants ! Par exemple, le beauf aixois qui jetait par sa fenêtre à Ambroise Vollard des tableaux que Cézanne lui avait offerts à l’apéro aux Deux Garçons, et qu’il avait oublié de refiler au marchand venu chez lui en acheter pour trois fois rien (ce que l’abruti provençal pensait que ça valait)… Et même le docteur Rey, qui avait soigné pourtant si consciencieusement l’oreille mutilée de Van Gogh, se servait de son portrait fait par Vincent comme porte pour son clapier à lapins, voyant pendant des années sans sourciller sa gueule chef-d’œuvrisée par le Hollandais suicidaire se couvrir chaque jour un peu plus de crottes de poules et de guanos divers… Vous avez aussi l’accoucheur de la femme de Renoir qui refusa le tableau que le velouté brosseur de pulpeuses dondons rosées voulait lui offrir pour être intervenu si bien et si vite, et qui lui dit qu’il préférait que le peintre, puisqu’il était « peintre », vienne un de ces jours lui repeindre son garage ! Aujourd’hui, les bourgeois qui font des queues interminables devant les musées en se foutant de la gueule des anciens bourgeois qui se moquaient des grands peintres de jadis sont exactement les mêmes, et n’ont donc aucune raison de se moquer de leurs prédécesseurs.

Les chats ne sont pas sentimentaux ; ils sont affectueux, et c’est là leur force.

Le propre des lâches, c’est qu’ils choisissent toujours l’amitié et la camaraderie contre la vérité et la justice. Ils préfèrent garder leurs amis et le petit milieu où ils grenouillent — même s’ils savent qu’ils ont tort et que c’est de la collaboration — plutôt que d’aller vers des choses nouvelles et vraies qui les éloigneraient de leur monde de copains. C’est horrible.

Anecdotes sur Herbert von Karajan. Furtwängler le détestait, le jugeant comme un jeune arriviste. Il ne l’appelait jamais par son nom, mais toujours « Monsieur K. ». Karajan fermait toujours les yeux en dirigeant et les musiciens le comprenaient très bien, surtout les Allemands, mais quand Karajan a commencé à se produire en France, les Français, toujours mesquins, ont vu ça comme une provocation et une insulte, et ont fermé les yeux aussi, pendant ses concerts. Un jour, Ozawa, un disciple de Karajan, dirigeait le Philharmonique lorsqu’il sentit à un moment donné que l’orchestre jouait vraiment très, très bien, avec une qualité supplémentaire. Il se retourne, et il s’aperçoit que Karajan était entré dans la pièce. Les musiciens, voir seulement Karajan avait suffi à les faire monter d’un niveau. Dès que le CD est arrivé, Karajan s’y est mis. Il a tout voulu réenregistrer en CD. Il était pour toute technologie nouvelle. Le contraire d’un réac. C’était un très grand technicien de la gestique. Il disait que l’orchestre était son bras prolongé. Karajan jouait de l’orchestre, exactement comme Duke Ellington, d’ailleurs. Pour bien se faire comprendre, Karajan prenait comme exemple les envolées d’oiseaux coordonnés qui ne forment qu’un seul bloc dans le ciel. C’est comme ça qu’il voulait que le morceau sonne. Il fondait tout l’orchestre en une seule masse, ainsi que le public. Tous réunis en un seul être. Quoi de plus intelligent et généreux ? Lorsque son chauffeur lui demandait : « Où je vous emmène, maître ? », Karajan répondait : « N’importe où. On m’attend partout. » Les symphonies de Brahms ; La Valse de Ravel ; La Mer de Debussy. Et surtout le Boléro de Ravel qu’on oublie de vanter à sa juste mesure : personne ne l’a conduit de cette façon ; grâce à quoi ? Au tempo choisi par Karajan aussi subtilement et parfaitement que Basie choisissait les siens. On ne peut plus écouter une autre version du Boléro. Hitler le trouvait arrogant. Pour impressionner le Führer, Karajan dirigeait toujours sans partition. Et malheureusement, un jour, un chanteur s’est trompé, et le chef n’a pas pu rattraper son erreur. Hitler l’en a rendu responsable. Et ce fut la rupture. Mal au dos en permanence. Il s’était fait opérer par un chirurgien turc, mais Karajan conservait son mal. Il disait : « Si je m’assois, je ne me relèverai plus, et je ne pourrai plus diriger ».

Qu’ils disparaissent donc tous, ces prophètes qui disent au peuple de Christ « Paix, paix ! », et il n’y a pas de paix ! Il faut exhorter les chrétiens à s’appliquer à suivre Christ, leur chef, à travers les peines, la mort et l’enfer. Et à entrer au ciel par beaucoup de tribulations plutôt que de se reposer sur la sécurité d’une fausse paix.

Luther

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°79 – 6 juillet 2026

Nouvelles mésaventures parisiennes. À chacun de mes passages, la vie à Paris est plus intenable ; ça monte d’un cran dans le craignos cracra. Et pas seulement à cause du décor et de l’organisation anti-fluide de leur société dont ils sont si fiers, les Franglaouis, mais de leur mentalité même, totalement ravagée par une sorte d’incivisme agressif et désespéré… On est au-delà du « grand remplacement » puisque même les petits bourges bien mis des quartiers chics se comportent comme des racailles, influencés en cela par les réseaux sociaux dont ils sont traversés également comme par un courant d’électricité malfaisante : un jeune minet du 7e fout un coup de sac à dos à Alexandra : non seulement il ne s’excuse pas, mais quand elle lui dit qu’il lui a fait mal, il rigole ! Et quand elle lui rétorque « ça vous fait rire ? », il répond « oui », tout réjoui… Moi, c’est de mes propres yeux que j’ai vu une grosse Beurasse dans le métro qui a foncé pour vite asseoir son cul immonde et qui, avec son sac elle aussi, en passant, a écorché quasiment l’œil d’un petit garçon de 2 ans qui était sur les genoux de son père : n’étant pas le père (qui n’a pas bougé), je me suis cantonné à darder la grosse de regards menaçants, mais ça n’a servi à rien, elle s’en foutait. Le petit se frottait l’œil… Qui sait si elle ne lui avait pas rayé la cornée, au petit, cette salope ? J’ai tout fait pour distraire le bambin, lui faisant de grands sourires, lui envoyant des baisers, le réconfortant à ma manière et dans la foulée, sa mère assise sur un strapontin à côté, une Asiatique consternée… Une autre fois, toujours dans le métro, il y a un Noir, devant moi, qui saute par-dessus le tourniquet ; je lui demande de ne pas partir tout de suite et de m’ouvrir l’une des portes par lesquelles les passagers sortent, mais dans l’autre sens pour que je puisse passer ; il le fait mais il le fait mal, et ça sonne, il me faut reculer… À ce moment-là, sort de son bocal le Beur de service préposé à la vente des tickets qui trépignait à son guichet ! Ça se bouscule au portillon, c’est le cas de le dire, car derrière moi, un Arabe, qui aurait bien voulu me suivre, est baisé lui aussi. Le zélé petit larbineux de la RATP, me hurle qu’il faut que je valide un ticket, il me fait la leçon alors que le Noir, de l’autre côté des portes, s’en va. Je me retourne vers le caissier et je lui hurle à mon tour : « ‘‘Vive la société !’’ » Je fais demi-tour et l’Arabe me rattrape dans les couloirs, puis me talonne jusque dans la rue, mais pour donner raison à son « frère » employé, car il se sent fautif d’avoir cherché à frauder avec moi, un Blanc qui, en plus, lui a montré le mauvais exemple. Il me dit que c’est à cause de moi qu’il a mal agi, il me tient pour responsable, il essuie ses pieds sales de culpabilité sur le paillasson que je représente dans son esprit !… Un autre porc maghrébin, d’un certain âge, videur à l’entrée de la Fnac, est chargé de vérifier si un voleur ne sort pas du magasin en embarquant des produits… Il m’a dans le pif au point que les deux fois où j’ai eu le malheur de retourner, après des décennies, dans ce magasin qui est devenu un supermarché abject, le connarabe a fouillé dans mon sac au moment où je m’apprêtais à quitter la Fnaquerie, pour s’assurer que je n’avais pas piqué un DVD, jusqu’à ce que j’explose ! « Pourquoi moi ? Pourquoi vous fouillez pas les autres ? Faitesvous flic, ça ira plus vite ! » Le type, de marron passe à rouge, il me poursuit jusque sur le trottoir pour me menacer physiquement en m’interdisant à jamais l’entrée de la Fnac… Je suis interdit de Fnac par un vigile arabeur soupçonneux !… Je ne vous raconte pas la brutalité du serveur (blanc) des Deux Magots qui va tellement vite, pressé d’assouvir les demandes des clients, qu’il a fait tournoyer la porte tambour jusqu’à me coincer le bras dedans… À peine une excuse, et c’est reparti dans la frénésie !

Passons aux « grands magasins ». Aux Galeries Lafayette, il faut payer 1€ pour pisser ; une fois dans les toilettes, pas de papier, tout est sale et déglingué. Au Bon Marché, le logisticien qui est engagé pour clipser des antivols sur les maillots de bain, par exemple, est un jeune rustaud qui fixe n’importe comment les pastilles de sécurité, si bien qu’il bousille chaque maillot, car lorsqu’on enlève l’antivol, on ne peut alors qu’en trouer le tissu… Quant aux vendeuses, elles ne savent rien de rien, c’est la première rabzouille venue qui est désormais « conseillère de clientèle » ; c’est toute la banlieue qui s’est déversée dans le BM ; un personnel à bon marché, en effet. Les vigiles africains, eux, ignorent tout à fait où ils se trouvent : on voit à leur regard absent qu’ils sont encore dans la brousse… D’une façon générale, dans les magasins, le client gêne le vendeur : c’est « poussez-vous ! mettez-vous là ! », comme dans les restaurants et les bars, et le service est inexistant dans le meilleur des cas ; hostile dans le pire. Il faut tout faire refaire deux fois pour avoir juste ce qu’on a commandé, ce qu’on a voulu … J’avais acheté une chemise mais je me suis aperçu qu’elle était trop longue derrière quand je l’ai mise : le temps de revenir au Bon Marché (ça prend 1/4 d’heure), je montre le problème à la retoucheuse qui convient en effet que la chemise est trop longue (ça me faisait une jupette de Romain sur le cul !) ; la couseuse me met les épingles mais lorsqu’elle comprend que je suis venu avec la chemise sur moi, elle se renfrogne et me dit qu’elle ne peut pas retoucher une chemise « déjà portée ! Elle m’objecte que c’est « le protocole » qui veut ça ; il aurait fallu que je lui mente, me dit-elle, en précisant que je l’avais essayée seulement dans le magasin ; je réponds qu’étant donné que j’ai attendu une demi-heure qu’elle descende de son atelier, j’avais le temps de la « salir » aussi ici, non ? « C’est une question d’hygiène, me réplique-t-elle sèchement, depuis le Covid on n’a plus le droit. » « Mais c’est ma transpiration, madame, c’est ma puanteur, c’est mon ADN ! Qu’est-ce que ça peut vous foutre ? » Affolée par mon ire, dare-dare elle appelle deux autres « responsables » : je me retrouve devant 3 sorcières macbethiennes et débectantes, totalement hystériques, qui essaient de justifier ces lois absurdes. Est-ce que je lui demande, moi, si, pour retoucher ma chemise, elle aurait eu la chatte propre et les doigts pas pleins de sa merde après qu’elle a chié et s’est mal nettoyé les mains ? « C’est comme ça, c’est la loi, c’est la direction qui l’exige. » Et l’autre pédé de la boutique, celui qui m’avait déjà raccourci les manches, n’a pas voulu se mouiller, il refuse de se mêler de la longueur du pan de la chemise. « Le pan, c’est pas mon truc. Moi, je ne m’occupe que de la manche. La manche, la manche, la manche ! » « Ah oui, j’ai compris : la Manche et donc pas la Méditerranée, ni l’Adriatique, ni la mer Égée, ni la mer du Nord ! » C’est quoi, cette société segmentée et éduquée dans l’obstruction ? Chacun reste dans son couloir avec des œillères, sans rien savoir de ce qui ne le concerne pas, c’est-à-dire ce pourquoi il n’est pas payé : tout le reste sombre dans le manque total de curiosité et d’imagination. C’est pas possible ! Et le plus fort de décaféiné, c’est que lorsqu’on leur dit qu’on ne reviendra plus jamais dans leur échoppe à la con, ça ne leur fait aucun effet, à ces aphasiques… Je repars du rayon avec ma chemise « y’a comme un défaut » (je la ferai retoucher par quelqu’un d’autre) et mes épingles partout, telles les épines d’un hérisson ou d’un oursin, car je ne veux même pas que la pute de Bourrienne me les enlève. Ce sera un jeune homme de la marque d’à côté qui le fera, de bonne volonté et en tentant de me calmer.

Mais tout ça n’est encore rien. C’est à l’aéroport, pour fuir ce pays fini, que j’ai pris conscience de l’upgradation, si je puis dire, de la dégradation française, par un nouvel élément de dysfonctionnement général, ou plutôt par l’installation d’un nouveau fonctionnement qui m’est apparu lumineusement dans son évidence. C’est lié à l’opération de désertification du pays par ses Blancs. Je reviens à mon dada du « grand désistement » qui remplace avantageusement la notion bébête et camuse (pléo) de « grand remplacement » (voir mon Mickey Moïse dans Nabe’s News 32 du 14 oct. 2022). J’en rappelle la thèse aux ignorants fainéants peu curieux et autres fans négligeurs : il n’y a pas de grand remplacement, il y a un grand désistement, c’estàdire que les immigrés n’ont pas eu besoin de venir remplacer les « bons Blancs », parce qu’ils sont déjà partis, les Blancs, donc personne ne remplace personne : la place est libre et c’est les Blancs qui l’ont laissée. Depuis le Covid, et l’avènement du télétravail et les perspectives de reconversion professionnelle, les Blancs se sont désistés de tous les postes les uns après les autres et y ont imposé des Noirs et des Arabes qui sont évidemment désinformés, incompétents, et qui sont chargés, malgré tout, de diriger les clients vers l’automatisation généralisée en cours.

Et c’est ça qui est nouveau depuis 2022 : tout est en train de se mécaniser, le but étant qu’il n’y ait finalement plus d’êtres humains réels qui soient employés et qui coûtent cher. Les derniers humains qui sont exploités par le capitalisme, ce sont les immigrés. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce sont des Noirs à 99 % qui accomplissent ces tâches, car dans l’inconscient de la société capitalistique, il fallait enrôler ceux qui ressemblaient le plus à des singes pour que la boucle darwinienne soit bouclée… Et bouclez-la, ceux qui trouvent que ma phrase précédente est « raciste » ! Les plus racistes désormais, ce sont les flics noirs, les vigiles noirs, les caissières noires, les serveurs noirs (ou arabes, c’est pareil), sous-payés pour servir de derniers guides vers la mécanisation… Qu’est devenu l’ancien fonctionnaire blancot ? Eh bien, il s’est mis à son compte, il a compris, il s’est recyclé et peutêtre même a-t-il réussi à monter sa boîte et il la dirige, loin de la France pourrissante et n’enchantant plus grand-monde… Le plus triste, c’est que ces « issus de l’immigration » qui travaillent pour l’automatisation programmée du libéralisme ne sont pas au courant qu’on les gruge, ils imaginent, parce qu’on leur a troqué leur pagne contre un costard, qu’ils ne sont plus tributaires d’une vie tribale et que, ça y est, ils ont réussi à s’intégrer à un système qui n’existe de toute façon plus ! Ces pauvres couillons sont persuadés d’avoir été acceptés par un dispositif social alors que celui-ci est devenu caduc. Voilà, c’est comme ça qu’ils se retrouvent encore esclaves, mais sans le savoir : c’est la seule différence avec l’époque où ils étaient colonisés et où le bruit de leurs chaînes leur rappelait leur condition ; aujourd’hui, les chaînes ne font pas de bruit, pas plus que des voitures électriques roulant dans votre dos. Pour abattre le travail de finition de la déshumanisation de l’organisation commerciale blanche dans tous les domaines, ces soi-disant remplaceurs ne sont que la dernière génération avant les machines ; voilà pourquoi ils acceptent le taf : parce qu’on leur fait croire qu’ils sont utiles, alors qu’ils sont utilisés. Des exemples ? Allez dans un Monoprix et vous constaterez qu’il y a désormais 10 caisses automatiques pour une seule caissière humaine, et noire bien sûr, une rescapée du grand désistement. 10 caisses pour 1 ou 2 guideurs (noirs encore) dont le boulot est d’aider les vieilles dames et les jeunes étourdis à scanner leurs victuailles codebarrisées sur un robot anti-bernanosien… À Orly, c’est bourré d’« aides » (toujours noirs, j’insiste) qui expliquent en petit français (dire « en petit nègre », ça aurait été raciste) comment le clampin moyen doit lui-même imprimer avec une autre machine les étiquettes qu’il doit coller, toujours lui-même, sur ses valises qu’il n’a d’ailleurs pas le droit de laisser sur un chariot roulant jusqu’à la borne d’enregistrement tenue par une Arabe, cette fois-ci (ça change), qui, elle, a la haine de tout, et d’elle-même d’abord. Ça se prolonge à l’intérieur du zinc : observez les nouveaux stewards et hôtesses qui sillonnent de leurs pas lourds les travées de sièges dans les boeings ou des A320. Vous verrez : bientôt, les avions seront pilotés par des commandants Gen’ Z qui vivent dans leur tête et le nez dans leur iPhone ; et les hôtesses seront toutes des Beures obèses qui parlent comme des racailles, parce que c’est un métier qui ne fait plus rêver. Avant, on castait les hôtesses de l’air et elles étaient flattées d’appartenir à Air France, tandis qu’aujourd’hui, elles sont obligées de faire ce job sinon elles crèvent. L’hôtesse de base française n’est plus la petite blonde bien roulée et pimpante au minois joliment maquillé, multipliant ses sourires les plus sexy… Non, aujourd’hui, l’hôtesse de l’air est une grasse caillera qui tire la tronche et dont la présence dans l’avion, à défaut d’inspirer la douceur et le réconfort, fait flipper. Que ce soit pour les consignes de sécurité ou pour les annonces au micro saturé nous demandant de nous rasseoir et de remettre notre ceinture, les hôtesses ont désormais une voix et un accent de meuf de cité… On dirait qu’elles menacent le céfran qui oserait s’aventurer dans des halls de barres du 93 ! C’est ça, l’hôtesse aujourd’hui : une poufiasse rebeu qui panique les passagers ; c’est tout juste si elle dit pas « nique ta mère » et « fils de pute ». Elle prévient qu’on va traverser une zone de turbulence comme si on allait traverser une cage d’escalier où des frères — wesh ! — ne veulent pas être dérangés pour vendre leur shit !

Terrasses. La seule raison de vivre des parigots, c’est, en sortant du bureau, d’aller s’installer en terrasse et boire des canons avec des collègues ou des potes. Le Français n’est tenu que par ça ; c’est par cela que le Pouvoir le soumet : lui laisser la fausse liberté de se détendre après une bonne journée d’esclavage au service de la société, pour vider des verres, en parlant de rien en compagnie d’autres aussi pigeonnés qu’eux. Regardez : toutes les terrasses de Paris sont pleines de ces terrassés par le vide de leur vie et qui s’octroient un break, et même pas pour refaire le monde, pour juste s’égosiller, se gargariser, s’engalziner d’inepties, soudés dans l’inconsciente ivresse d’un pauvre instant passé ensemble.

À cette société barbare en fin de parcours, on ne peut qu’opposer l’ancestralité de peuples méconnus et réellement civilisés… J’ai eu l’occasion de dire tout le bien que je pensais de certaines organisations africaines, les trouvant à la pointe de l’intelligence et rivalisant d’ingéniosité pour trouver des solutions psychologiques entre membres de la collectivité et de la famille. Là, je viens d’en découvrir une, pas en Afrique, mais en Nouvelle-Guinée : les Asmat… Beaucoup de leçons à apprendre d’eux… Déjà, chaque fois qu’ils abattent un arbre, ils lui demandent pardon. Dans le village, le père est dévolu à la tendresse pendant que la mère accomplit les corvées quotidiennes. Donc l’enfant n’attend de sa mère aucun attachement particulier, ce qui empêche toute névrose dans les deux sens, et c’est ça, le but. C’est elle qui se tape tout pour que le père, qui ne fout rien, puisse déployer démonstrativement son affection pour son enfant. Ça vaut le « congé de paternité », non ? Dès qu’ils ont l’âge, c’est-à-dire huit ou neuf ans, les gosses sont chassés de la cellule familiale pour devenir chasseurs, on les envoie dans la forêt, pour qu’eux-mêmes trouvent leur propre nourriture. Chasser, c’est mieux qu’un jeu, car il est utile et crucial. Le jeu est une survie. Les ornements nasaux en os sont les résultats de la chasse. On perfore les cloisons du nez, et on enfonce dedans des ossements de plus en plus gros. L’un des sports favoris des Asmat, c’est la chasse aux têtes. Il s’agit de voler, dans un autre village, après les combats, la tête d’une victime. Pour prendre sa force, il faut posséder sa tête. Ça se fait déjà dans la famille même. Le sommet pour un enfant, c’est de pouvoir dormir sur un oreiller en forme des deux crânes de ses parents. C’est pour ça que les cadavres sont soigneusement nettoyés. Le fils qui dort chaque nuit sur les têtes de sa mère et de son père n’aura pas besoin de psy… Puisqu’on parle de la mort, ça aussi, c’est les femmes qui s’en chargent, ou plutôt qui en déchargent les autres. Elles sont des médiums entre les vivants et les morts. C’est pour ça qu’elles sont vénérées et en même temps considérées comme des terreurs. La femme n’est plus une terreur à cause de sa sexualité, comme dans la religion musulmane, elle est une terreur parce qu’elle seule est en relation directe avec la mort. Chaque fois qu’on a besoin de parler aux morts, on passe par les femmes. Ça veut tout dire… Mieux : quand il y a une tension trop forte entre deux villages, pour éviter de se battre encore et encore, on opte pour… l’adoption ! Un guerrier ennemi, plutôt que de le faire prisonnier ou de le tuer, est adopté par le village opposé, tout homme mûr qu’il soit. Il y a tout un cérémonial qui ressemble à celui d’un accouchement. L’heureux adopté est mis à nu et se couche par terre, et une « mère » se met au-dessus de lui, nue également, les jambes écartées, et le nouveau nouveau-né rampe et se contorsionne en hurlant entre les jambes de la femme hurlante elle aussi, comme pour simuler une sortie d’utérus. Ensuite, l’homme suce, autant de temps qu’il veut, le sein de sa nouvelle mère, qu’il a choisie (ou qui l’a choisi), et qui peut être plus jeune que lui. On le voit toute la journée, le gros bébé de 75 kilos, sur les genoux de sa mère, qui lui aspire le gros téton noirâtre et suintant. New Pieta ! Et quand il y a six ou huit adoptés d’une tribu par une autre, il n’y a plus de tension. Ça lie les deux villages à la vie à la mort ! Pour apprendre à être maître de soi, on fait également des « séances d’injures ». Et chacun doit rester stoïque. Un groupe insulte une seule personne, un enfant, un adolescent, un vieillard, au cours d’un long rituel. Il y a aussi des simulacres de batailles, où les gamins se frappent avec des bâtons mous ; tout cela, c’est pour faire tomber l’agressivité, noble souci qui devrait être primordial dans nos misérables sociétés parisiennes ou autres… Chez les Asmat, il n’y a pas du tout de côté moyenâgeux ou primitif. Ça a beaucoup évolué, leur civilisation, pendant des siècles, mais évidemment, on ne la voit pas, cette évolution, parce que pour nous, des types qui vivent à poil avec des slibards en raphia, et qui sont occupés à se frapper les uns les autres, ou à chasser une tête, ou alors à accoucher d’adultes, c’est des sauvages ! Il faut voir comment ils ouvragent leurs proues de pirogues ! Des vraies œuvres d’art évidemment, et qui n’en sont pas. Avec des fleurs et des plantes, ils font de ces couleurs ! La cérémonie du « retour des morts » est magnifique. Chacun invoque un mort « appelé » par une femme, et l’incarne ensuite. Il se déguise en mort ! Et tous sont effrayés par lui. Et encore une fois, ça dissout les tensions. Quant à l’amour, l’amitié et le sentimentalisme, l’Asmat ignore toutes ces conneries. Les papous s’empapaoutent dans la plus franche copulation… On est loin du féminisme #MeToo ; là-bas, c’est #MePapou ! Ah, j’oubliais : les Asmat sont anthropophages, of course. Miam, miam ! Par ici, le gigot, en particulier de Blanc ! Michael Rockefeller, le fils de Nelson, en a fait la triste pour lui et hilarante pour les autres expérience… Fan des Asmats, Rockefeller est allé les faire chier sur place pour les taxer de leurs masques, armes et autres sculptures… En 1961, le connard rouquin s’est fait choper par une tribu qui l’a bouffé jusqu’au dernier petit osselet… Il paraît qu’un seul Asmat a mal digéré Michael et est allé le dégueuler derrière un arbre, sous le ricanement hoquetant d’un cacatoès perché dessus.

Il est inconcevable que, dans ce siècle de calculateurs, il n’y en ait pas un qui sache voir que la France serait beaucoup plus puissante si Paris était anéanti.

Jean-Jacques Rousseau

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°78 – 29 juin 2026

Une cuisson en enfer. C’est la nuit surtout. Le corps est plein du soleil emmagasiné dans la journée, et n’arrive pas à le faire sortir. C’est pas le soleil « aux 1 000 rayons » que Picasso disait avoir dans son ventre, pour métaphoriser son enthousiasme créatif… Non ! Là, il ne s’agit plus de création mais de destruction. On a beau se mettre des linges mouillés sur les pieds, sur les mollets, autour du cou, sur les poignets, dans les aines, prendre 15 douches par jour, ça ne sert à rien… Je ne parviens qu’à ressembler à un vieux Christ au tombeau, enveloppé dans son suaire en sueur, coincé dans le littiroir du studio que me prête Anthoine Carton quand je passe à Paris. C’est sympa mais son minibouge est inhabitable et, en plus, cet abruti de Carton nous a enlevé Internet ! On parlait des fans : il est où, le fan friqué qui m’aurait payé une semaine d’hôtel climatisé pour que je puisse écrire au frais et à ses frais cette Feuille ? C’est pas Miss Weaver qui aurait laissé son James Joyce crever de chaud dans Paris, ou ailleurs, dans un appart de 14 m² d’un immeuble totalement pourri… Juste quand j’arrive dans la capitale, la température monte à 40 degrés !… J’encanicule mon expatrie ! La France se retrouve le pays le plus chaud du monde en cette saison ; d’un coup, Paris, c’est SaharasurSeine ! Rien à voir avec la canicule d’août 2003 ; il faut dire que j’étais plus jeune, je l’avais beaucoup mieux supportée ; il y avait une espèce de brume qui flottait dans l’atmosphère, une vapeur de feu, même la nuit sur les ChampsÉlysées où j’errais jusqu’à 7, 8 h du matin à la recherche d’une pute… C’était féerique ! Mais là, dès que vous sortez dans la rue, vous avez affaire à un mur de fer jaune chauffé à blanc contre lequel vous vous cognez, et qui, fondant aussitôt, entre en vous par tous les pores de votre pauvre petite peau : c’est cette chaleur — tout sauf humaine — qui, de l’intérieur, vous brûle les joues, le front, les membres, les cuisses, jusqu’au fin fond du trouduc bouillant… Le problème avec la canicule, c’est pas qu’il fasse chaud dehors, c’est que le dehors entre dans le dedans ; ce sont les contenants (aussi bien les corps que les habitations et les habitacles) qui gardent une chaleur intense, les transformant en fours en fusion. Danger ! Il y en a qui préfèrent tomber dans le coma plutôt que de supporter ça ! Et ce n’est qu’un début : on fait des pointes à 42, 43°, mais bientôt ce sera 50 ! La tour Eiffel fondra comme une bougie dont la cire métallique dégoulinera sur les monticules de cadavres en masse en bas… Tous les parcs seront consumés ; de la cendre d’arbres formera un brouillard asphyxiant qui écrasera avenues et boulevards dont le goudron, en état d’ébullition, explosera de mille et une grosses bulles noires puantes… Tiens ! Je prends soudain des accents de Mélanie de La Salette qui rapporta les menaces proférées par la Vierge en pleurs qu’elle s’était vue voir apparaître à elle en 1846 ! « Si la face de la terre ne change pas, Dieu va se venger contre le peuple ingrat et esclave du démon. Mon fils va faire éclater sa puissance. Paris, cette ville souillée de toutes sortes de crimes, périra infailliblement. Marseille sera détruite en peu de temps. » Tout à fait ! Ça va chier, ça doit chier ! Ces hommes sont allés trop loin dans le salopage… J’ai l’air exagérément prophétique comme ça, mais je suis loin d’être le premier à prédire et souhaiter les pires punitions justifiées qui s’abattront sur l’homme, ce chien de l’enfer ! Isaïe, ça vous parle ? « Voici, ils sont comme de la paille, le feu les consume, Ils ne sauveront pas leur vie des flammes : Ce ne sera pas du charbon dont on se chauffe, ni un feu auprès duquel on s’assied. » (Le Livre d’Isaïe 47 : 14)… Et chez mon cher Jean, on lit : « Le quatrième ange versa sa coupe sur le soleil. Et il lui fut donné de brûler les hommes par le feu ; et les hommes furent brûlés par une chaleur torride. Et ils blasphémèrent le nom de Dieu qui a l’autorité sur ces fléaux, et ils ne se repentirent point pour lui donner gloire » (Apocalypse 16 : 8-9)… Pour ceux qui ne croient pas que Dieu est le mari de la Nature, sachez que ce sera la même facture pour tous les humains… La facture de Dame Nature ! La somme vous paraît astronomique, mais regardez bien, cette canicule se trouve sur la note salée. La France entière (un peu le reste de l’Europe aussi) est en train de payer cher pour ses conneries. Les climatologues n’arrêtent pas de se succéder à la barre d’accusation contre l’impréparation, le manque d’anticipation, d’adaptation, la bêtise des décisions prises, la fainéantise et la procrastination, la négligence (également flagrante dans le monde de la Justice), qui fait que le Français est devenu le champion de l’assassinat collectif par indifférence brutale. C’est ça qui caractérise la nation aujourd’hui : l’indifférence brutale d’un vieil hexagone qui se croit civilisé et qui n’est que barbarité. On dit que, ça y est, la France est désormais le Tiers‑Monde, mais au Tiers-Monde, au moins, il y a la climatisation ! Dans tous les pays développés d’Arabie, d’Asie, d’Amérique, de Grèce, tout est climatisé ; ici, c’est un cauchemar déclimatisé ! Ils sont pas cons les « métèques » chez eux, ils ne sont pas comme ces sales Blancots arrogants qui, depuis 23 ans, n’ont absolument pas tiré les leçons de la précédente canic’ historique, ni prévu de quoi contrer une telle « catastrophe naturelle » (tu parles !). Actuellement, à Paris — tenez-vous bien —, aucun restaurant n’a de climatisation, même dans le 7e, le 16e, le 8e arrondissements. À La Terrasse, il y a un misérable ventilateur en ferraille pour 250 personnes dont Michel‑Édouard Leclerc en chemise à manches longues (« même pas chaud, moi je suis riche ! ») attablé, et qui s’égosille à faire son numéro comme à la télé pour un couple de teubés bourges qui le regardent sans dire un mot. Au Café de la Paix ? La clim’ est cassée. À l’hôtel Lutétia, la clim’ ne marche plus, monsieur, désolé, me dit-on. Et quand par miracle, il y a la clim’ quelque part, elle ne tient pas longtemps… Dans les tours de la Défense, elle a claqué. Personne n’avait pensé à en fabriquer des suffisamment solides pour affronter les épreuves du chaud présentes et à venir, car le chaud must go on ! Lacanienne, la canicule ! Les magasins, c’est pas mieux. Des enfers successifs. Au Bon Marché, la clim’ est tombée en panne évidemment, et quand ils l’ont remise en marche, ils se sont trompés de bouton et la machine a envoyé de l’air chaud ! Les gens étouffaient et finalement, ils ont réussi à la réparer mais la clim’ remarche à très faible rendement depuis qu’elle a soufflé le chaud au lieu du froid… Il n’y a guère qu’au Ritz que la clim’ fonctionne, et on se dit que ça vaut peut-être le coup de payer 18€ un jus de fruit pour être tranquille dans cet antre cossu et velouté, et rutilant, là où Proust et Paul Morand (mort de la canicule 1976) venaient se réfugier en 1920, et déjà fuir la vulgarité de cette France qui n’a fait que croître… Un frigo gros comme le Ritz ! J’y suis, à la fraîche, enfin ! pour sculpter mes paragraphes. Au bar Vendôme, personne ne me fait chier. Il n’y a qu’un seul serveur (beur of course) qui a profité que j’étais allé pisser pour me retirer ma chaise. Sinon, élégance et discrétion, et musique de fond parfaite : Billie Holiday, Chet Baker, Stanley Turrentine, et dans les chiottes, Ahmad Jamal dans But Not for Me au Pershing en 1958… C’est le Paraditz ! Hélas, je ne me suis pas encore mis dans la poche le grand patron de l’hôtel qui m’offrirait une suite à l’année, à l’étage, là où j’ai rencontré une seule fois Woody Allen en 1999… Le Ritz est le dernier endroit de Paris à la fois encore vivant et doux (un peu Le Peninsula aussi). Le Plaza Athénée, c’est un couloir arpenté par de grandes filles, tiges maigres qui font la gueule, jeunes girafes toisantes, ocellées de sequins, en minijupe et hauts talons ; elles se prennent pour des stars alors que ce sont des putes qui, à les voir marcher, semblent chacune pressées de pécho le premier benêt de compétition venu qui saura faire d’elles un trophée… Les serveuses (toutes africaines) sont sans classe et trop antipathiques… J’ai passé ainsi quelques journées à me traîner de bar de Palace en bar de Palace, mais je me suis ancré au Ritz. Ici, passé la porte tambour, je sens encore la présence de Monsieur Paul, le responsable de l’accident de Lady Di, le chauffeur pochetron breton : Monsieur Paul est enterré tout à côté d’Ernest Hello au cimetière de Lorient. Hello, le maître‑ami de Léon Bloy… Dans son recueil posthume de textes écrits dans les années 1880, Le Siècle, Hello parle de Paris comme de la ville où l’on n’a pas le temps. « Paris présente l’aspect d’une fourmilière, où chaque fourmi porte son fardeau. On se rudoye, on se heurte, on parle, on ne se voit pas. On est empêtré dans la multitude des relations, dans la multitude des personnes, dans la multitude des choses, dans la multitude des contradictions ; des chocs, des difficultés, des mécontentements, dans la multitude aussi des ménagements ; c’est d’entrecroisement, c’est la complication. La multitude change à chaque instant de costumes et de forme. Mais c’est toujours la multitude, multipliée par la multitude ! » Superbe, non ? Je poursuis Hello, 150 ans après ! Cette canicule est la conséquence logique et méritée du laisser-aller technique et urbanistique de la France, de sa culture entretenue (si on peut dire) de la déglingure généralisée, de sa perpétuelle inefficacité et de sa prétentieuse incompétence à tous les niveaux, cherchant à masquer son écroulement par des béquilles de lois, de contraintes, de restrictions, et par un protocole de méfiance systématique et de suspicion hypocrite, sans oublier un goût prononcé pour les procès d’intention quand ce ne sont pas des intentions de procès… Le Français n’avait pas prévu un truc pareil, il n’avait pas pensé, n’avait pas réfléchi, et maintenant il faudrait le plaindre ?

Il n’en a rien à foutre, le Français, il fonce dans le court terme, puis se prélasse dessus comme sur une bouée gonflable de piscine en forme de général de Gaulle rose, tout en donnant des leçons au reste du monde ! Les promoteurs ont tout bétonné dans la ville : plus de verdure pour rafraîchir l’étouffoir, et comme point d’eau, il n’y a que la Seine glauque, imbuvable et innageable… Et quelle ambiance mortifère ! Il suffit de la voir la nuit, la Ville lumière : rien n’est allumé, il fait sombre. « C’est tout noir comme un cul » comme le constatait Kersuzon dans le Voyage… À propos de Céline, il avait déjà dit que Paris était devenu une poubelle dans Bagatelles pour un massacre, en 1937… « C’est une ville qu’a fait toute sa vie, qu’est devenue maintenant toute nuisible, mortelle pour ceux qui l’habitent. Le mieux c’est qu’elle reste croupir en retrait définitif, en ‘‘touchant’’ musée, avec tourniquets si l’on veut, une exposition permanente, en arrière des événements, comme Aigues-Mortes, Bruges ou Florence. Faut la démembrer tout à fait, lui laisser juste les parties mortes, tout le faisandé qui lui convient. » C’est « la ville la plus malsaine du monde, la plus emboîtée, la plus encastrée, infestée, confinée, irrémédiable c’est Paris ! dans son carcan de collines. Un cul-de-sac pris dans un égout, tout mijotant de charognes, de millions de latrines, de torrents de mazout et pétrole bien brûlants, une gageure de pourriture, une catastrophe physiologique, préconçue, entretenue, enthousiaste. » Après Jean‑Jacques Rousseau (encore un protestant !), LouisFerdinand Céline s’avère être le précurseur des écologistes réels, et regorgeant d’idées : par exemple, il voulait « tripler la Seine jusqu’à la mer » et lancer « vingt autostrades vers les falaises, vers les plages, vers le grand air », ou alors que les grandes industries et les usines s’exportent à la campagne. Les masses d’ouvriers vinasseux, ça les forcerait alors à s’« arracher du bistrot, les remettre un peu dans les prairies avec leurs écoles et leurs vaches, pour qu’ils réfléchissent un peu mieux, voir s’ils seraient un peu moins cons, les femmes un peu moins hystériques, une fois moins empoisonnés… » Il faudrait tout citer : « C’est pas difficile de comprendre que Paris est plus habitable. Regardez un peu les gens riches, ils y habitent presque plus. Quand ils y passent deux mois par an, c’est le bout du monde !… Paris manque à présent de tout, ils le savent bien les michés, tout ce qui peut permettre à l’homme une vie à peu près supportable, pas trop asthénique : l’eau claire, le vent, les poumons, les fleurs, les espaces, les jardins, les globules rouges, le silence. On a enlevé tout ça aux masses, sournoisement. C’est la plus vilaine manigance, la plus dégueulasse escroquerie qu’une administration sinistre de rapaces vendus assassins ait jamais commise, en pleine connaissance de cause. » Qui aura été plus « à gauche » que Céline ? Certainement pas le successeur d’Hidalgo, cet Emmanuel Grégoire qui veut installer des couloirs pour trottinettes et vélos sur le périphérique au nom du combat contre la pollution, alors que les conducteurs leur balanceront des gaz toxiques dans la gueule, aux vélocipédistes et trottinettistes inconscients mais à la conscience tranquille… La ministre de la Transition écologique et de la Biodiversité et gnagnagna (un boudin nommé Barbut) ne vaut pas mieux, elle a dit qu’elle était contre les climatiseurs car ils ne feront pas avancer la défense de l’environnement. « Très bien, on va mettre la clim’ partout… Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ? » Non, mais un feu de connasses comme toi, oui ! À l’instar des autres écologauchistes, Madame Barbut préfère voir loin pour ne rien voir de ce qui se passe de dramatique aujourd’hui. Toute idéologie est toujours un déni de tragédie. Il faut arrêter de laisser la gauche s’approprier l’Écologie ; son créateur Pierre Fournier (made in Hara-Kiri), bien qu’œuvrant dans Charlie Hebdo dans les seventies, n’était pas de gauche. Fournier (mort en 73) aurait un second arrêt cardiaque s’il revenait aujourd’hui, lui qui disait déjà dans son anthologie posthume Y’en a plus pour longtemps : « L’écologie devait intégrer (on en revient toujours là) le désir de révolution qui lui manquait (entre la non-violence apolitique du vieux militant catho et la non-violence contestataire d’un transfuge du gauchisme, il y a toute la distance qui sépare l’acceptation du refus). Le régime il risque rien, parce que la civilisation a besoin de lui. L’un soutenant l’autre, ils tiendront jusqu’au bout, jusqu’au suicide collectif. La pollution ne menace pas plus la civilisation que la corruption ne menace le régime. » C’est parce qu’il était de la bande à Cavanna (c’était autre chose que Cavanna !) qu’on ne prend pas Fournier au sérieux comme référence ? C’est une honte que les écolos de ce temps ne citent pas les sentences fourniéristes : « On croit qu’on fout la merde, on est la merde. Entassements, stress, rupture des rythmes biologiques, dérèglements des échanges électro‑magnétiques, carences nutritionnelles et cocktails d’intoxications à n’en plus finir, résultat : 80% d’impuissants partiels. Et qui réclament le droit au plaisir et la libre disposition de leur corps, sur un sol bitume, entre quatre murs de béton ! » Fournier aussi était un disciple du Céline pré-écolo, il l’a défendu dans ses pages de Charlie où il pouvait citer aussi bien Alexandre Grothendieck que le docteur Paul Carton ! « Il ne s’agit pas de protéger la nature, mais de sauvegarder la vie. » « On n’a pas les moyens de faire la guerre à la société de destruction. Mais la guérilla, oui. » « Libérez-vous, avant de prétendre libérer les autres. » « L’homme descend du singe et le singe descend de l’arbre, mais l’homme ne remontera pas sur l’arbre. » « Avant d’être révolutionnaire il faut être subversif. » Ça, c’est de la punchline ! Servez‑vous‑en, ignorants ! J’ai assez beuglé partout, la gueule ouverte, mon attachement à Fournier, jusqu’à ce que ça sonne aux oreilles de Bruno Solo qui devrait prendre de la graine de son grand-cousin… Je crois d’ailleurs que je vais prélever un morceau de Fournier pour faire ma citation finale de cette Feuille qui, tout compte fait, ne sera composée, une fois de plus, que d’un seul grand paragraphe… « Faut pas prendre le pouvoir ni le contrer, faut le narguer. Ce sont des structures de non-pouvoir qu’il faut mettre en place. « La crise écologique c’est bien autre chose que ‘‘la pollution’’, problème marginal appelant des solutions appropriées (croit-on), c’est la soudaine et brutale révélation de l’échec de la raison. » Fournier aussi, on l’a traité de « nazi » parce qu’il y a, en effet, des points communs entre l’idéologie du végétarien Hitler et l’anti-idéologie des vrais écolos de combat comme Fournier ou Paul-Émile Victor dont il aimait reprendre le mot d’ordre : « Ces jours-ci, Paul-Émile Victor parlant à la radio a répondu (à peu près textuellement) au speaker qui l’interrogeait sur les moyens d’action à employer pour lutter contre la pollution :‘‘Il faut former des commandos et faire la guerre, je dis bien la guerre, une vraie guerre avec tout ce que cela implique’’. » Les nazis n’ont pas attaqué la Nature, que je sache ; ils n’attaquaient que l’homme qui de toute façon est une merde ; juif ou pas. Jamais le Reich n’a organisé industriellement une technologie faite sciemment, et pour gagner du fric, dans le but de détruire le macrocosme, les bienfaits de la Terre, sans parler des animaux… Pas de pogrom d’arbres ; pas d’extermination des rivières et des fleuves ; pas de Shoah par balles dans la nuque des montagnes ; pas de gazage de la mer avec versements de cargos entiers pleins de Zyklon B ! Les écolos nazis n’étaient pas de gauche, si je ne m’abuse, et pourtant ce sont les écologistes radicaux qui sont nazifiés… Le changement climatique n’a pas fait fondre la banquise des clivages. Désormais, vous avez à choisir entre les climatosceptiques de droite et les anticlims de gauche… J’ai pensé passer la canicule en dormant à l’hôtel, tellement le réduit hideux de dépannage de Carton est une étuve dangereuse (il y fait 30° à 3h du mat’), mais aucun hôtel, même modeste, n’avait une chambre de libre en continu sur la semaine, et la plupart ne possédaient pas la clim’… Ou alors, ceux qui en avaient une ne l’avaient que dans les chambres et à faible dose, parce que c’est trop cher pour eux de l’installer dans le bar en bas où j’aurais pu travailler… Une nuit, vers minuit, je suis entré au hasard dans un hôtel où il faisait bien frais : j’ai demandé au réceptionniste si je pouvais rester là un quart d’heure, le temps de reprendre mon souffle avant de me réenfermer dans le taudis crématoire de Carton, le type, mi-arabe mi-noir, m’a demandé de sortir : « L’air conditionné, c’est uniquement pour les clients ! » Si personne en 2026 à Paris n’est équipé de climatisation, c’est qu’elle a été annulée de tout projet politique depuis longtemps. Comme ils ont honte de dire que c’est pour des raisons financières, ils mettent tout sur le bon dos de l’écologie ! On a fait le même coup avec le chauffage central : même cette truffe d’Alain Madelin l’a dit sur Cnews : le chauffage individuel dans chaque maison avait été rejeté « parce que ça allait ramollir les gens et que c’était un truc de riche »… La climatisation est indispensable, c’est une protection, comme le masque pour le Covid. C’est incroyable la façon dont les restaurateurs se contentent d’un petit ventilateur de merde pour 200 personnes dans une salle, et ils trouvent ça normal ! À ma Poste dans le 15e, quand ils ont dû rénover leurs bureaux, le syndic a refusé d’aménager une clim’ parce que ça faisait du bruit et que ça gênerait les riverains qui habitent dans le même immeuble à la con ! Les hôpitaux qui se construisent sont déjà prévus sans climatisation, sauf aux blocs opératoires… Cette politique, ce ne serait encore rien de la traiter de « wokiste » (il y en a même qui disent que le ventilateur est de gauche et que la clim’ est de droite !), c’est surtout que le Français est avant tout un arriéré. Avec Shéhérazade, à Bagdad, en août 2002, on avait un climatiseur énorme dans notre chambre et on restait du matin au soir face à ce souffleur salvateur, cet Éole en lutte contre Hélios, attendant 22 h pour sortir dans les rues où tout était ouvert… Tu parles d’une dictature ! Jusqu’aux jardins d’enfants à 5h du matin, regorgeant de monde en joie… J’ai déjà eu l’occasion de le raconter ça, ou pas ? Je ne sais plus… Mon cerveau est en surchauffe et la vague de chaleur ne m’a pas arrangé, moi qui au naturel bouillais déjà suffisamment comme ça ! La sainte Canicule de juin 2026 (que la pleine Lune dite « des Fraises » en Capricorne va balayer en apothéose le 30) va s’achever. Il fallait y être, dût-on y laisser sa propre carne cramée ! Tant pis pour le risque de décompensation qui peut arriver plus tard et vous faire mourir, ça valait le coup de vivre ça. Malgré la chaleur, c’était glaçant de constater pour la dernière fois que la France, et en particulier Paris, c’est terminé, c’est un pays foutu jusqu’à la moelle‑mord‑le‑nœud, et je pense que les Français et leurs immigrés le savent. Ces 8 jours de fournaise étaient à l’évidence un avantdégoût du véritable enfer, que je vais visiter bientôt, car contrairement à ce qu’en dit Dante, l’Enfer, c’est chaud.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, sans doute, les problèmes qui se posent à la société sont des problèmes de survie, et cette société n’est pas plus mûre que les précédentes pour les affronter. Dans ces conditions la révolution n’est plus un luxe, c’est une nécessité. Ce n’est plus la société seule qu’il faut réformer, c’est le tout de la civilisation. La révolution désormais nécessaire est d’un type entièrement nouveau. Elle n’a de chance d’être non violente que si elle est totale.

Fournier

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°77 – 22 juin 2026

Chaque chose en mon temps.

Les clins d’yeux de Dieu.

Différence entre les Protestants. Jean-Luc Godard, le Suisse sans couilles, et Mark Twain, l’Américain avec une paire énorme. Voilà ce qu’écrit Mark Twain en ouverture de son roman Les Aventures d’Huckleberry Finn publié en 1884, déclaration qui aurait très bien pu convenir à tous les films de Jean-Luc Godard si celui-ci avait eu l’audace d’annoncer ainsi la couleur : Avertissement – Quiconque essaiera de trouver un sens à ce récit sera poursuivi ; quiconque essaiera d’y trouver une morale sera banni ; quiconque essaiera d’y trouver une intrigue sera fusillé. Par ordre de l’auteur.

N’oublions pas que la première fugue que Rimbaud a faite (en 1870), et qui s’est soldée par son arrestation à la gare du Nord puis son appel à l’aide à son prof Izambard, n’a rien de romantique et n’est pas du tout inspirée par une soif de liberté, d’absolu, de détachement ; il n’a pas « fui » pour aller s’amuser ou pour se balader, c’était pour se faire publier : dès le début, dès quatorze, quinze ans, il veut qu’on lui publie ses poèmes, il veut aller à Paris pour ça ; c’est ça, son but.

Je rêve de chattes qui ressembleraient à la moustache de Nietzsche… Atchoum !

Une franche mascaramaraderie

La chanson de Francis Cabrel revisitée à la mode euthanasique d’aujourd’hui : Je l’aide à mourir.

Roman à faire sur la Vierge « vénèr » contre son Fils : L’Éternelle Marrie.

Urgent. Il faut donner à Bolloré une leçon d’extrême droite, histoire qu’il sache une fois pour toutes ce que c’est, la vraie extrême droite. L’extrême droite, c’était là où il y avait le plus de grands écrivains, de grands artistes… Aujourd’hui, dans ce qui se fait passer pour l’extrême droite, ou que les autres fantasment comme étant l’extrême droite, il n’y a « culturellement », en gros, que le Puy du Fou de Philippe de Villiers et le cinéma franchouillard des années 70 de Pascal Praud… Vincent Bolloré n’a pas de goût, et cet agglomérat de contrefaçons surannées qui n’a rien à voir avec la véritable extrême droite et qu’incarnent politiquement Marine Le Pen, Marion Maréchal ou Jordan Bardella est coincé dans le néant. Ils veulent faire de l’entrisme « gramscien », mais avec qui ? La misère de la pseudo-extrême droite, c’est qu’elle n’a personne à opposer aux « artistes » de gauche… Aucun penseur, aucun écrivain, aucun cinéaste, aucun acteur, pas même un dessinateur ! Que les adhérents ou sympathisants du Rassemblement national aillent un peu farfouiller dans les « poubelles de l’Histoire », depuis la fin du XIXe siècle, du côté de l’Action française, des Croix-de-Feu, des Camelots du roi qui voulaient renverser l’Assemblée le 6 février 1934, bref, dans le grand esprit fasciste des années 30-40, et ils comprendront qu’il n’y a aucun rapport entre Éric Zemmour et Pierre Drieu La Rochelle, entre Louis Aliot et Léon Daudet, entre Éric Ciotti et Charles Maurras… Et je ne parle même pas de Céline, Rebatet, Ezra Pound pour l’Amérique, Wyndham Lewis pour l’Angleterre, Marinetti pour l’Italie… Ça, c’était l’extrême droite, et comme par hasard, ils étaient tous antijuifs, alors que les falsificateurs de CNews sont tellement pro-Israël qu’ils feraient se retourner Jules Guérin dans son Fort Chabrol ! Ça devrait faire réfléchir. On ne peut pas être d’extrême droite si on est philosémite.

10 ans après sa mort. Maurice G. (ridiculement yankee, ce « G. ») Dantec rejoint Philippe Muray en tant que feu figure tutélalalaire chère aux droitêtards en mal de messies faux défenseurs du faux Occident (Dantec, épaississant, en plus, son catholicisme dix-neuvièmiste de sauce SF !), et surtout bien anti-arabes, comme ils les aiment… J’ai tout écrit sur Dantec, il ne reste rien à dire et pourtant, dans ce rien pataugent les petits dandydentitaires aux cheveux longuets et à la bouche tordue qui prônent, avec trente ans de retard, un nouveau conservatisme pour islamophobeaufs !

Traité de Versailles, mon cul ! Baissage de froc des deux côtés ! J’avais bien raison de renvoyer dos à dos, cul à cul, ces « puissances » débandeuses américano-iraniennes… Les Yankees capitulent sans rien avoir obtenu de concret ni abattu le régime des mollahs. Quant à Téhéran, il s’est coucouche-panié… Je le savais, je vous l’avais dit, qu’ils se dégonfleraient, les Iraniens ! Il fallait tenir bon, ne jamais rouvrir le détroit d’Ormuz et mettre économiquement la planète au tapis, c’était tout simple ! Et même, sur le plan écologique, ç’aurait été fantastique, comme conséquences ! Et non : au lieu de ça, après trois mois et demi de guerre inutile (pléonasme), dans la fin de soirée du 17 juin, un « mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran a finalement été signé lors du dîner d’État organisé mercredi soir à Versailles par Emmanuel Macron » ! Quelle connerie !

Pour épater la galerie des Glaces, au dîner royal, il n’est même pas allé jusqu’à l’apéritif, il a craqué avant : le gros ours Trump a pris tout le monde par surprise, et dans sa patte, son gros stylo feutre pour signer de son paraphe stalagmitique le deal de Paix… Et ce con de Macron qui lance les applaudissements : « Bravo ! » Au début, le raout au château brillant avec son faste et ses ors était prévu pour fêter les 250 ans de l’Indépendance américaine (et puis quoi, encore ?) et ça a tourné au torchage du protocole d’accord fatal… Je dis fatal pour les Iraniens qui, en échange de l’arrêt des bombardements sur leurs tronches (à voir), acceptent donc de rouvrir leur verrou, exactement le contraire du libertin, dans le tableau de Fragonard qui, lui, le ferme, le verrou, pour mieux garder avec lui la pute qu’il a séduite, qui fait semblant de vouloir sortir, et qu’il va pouvoir baiser dans la chambre dans laquelle les amateurs de peinture et autres voyeurs sont enfermés avec eux ! Donald n’a pas pu attendre Genève, 2 jours plus tard, pour conclure avec l’Iran… À la sortie de la sauterie, il s’est pavané jusqu’à sa voiture : « It’s signed, yeah ! We signed it in Versailles… I just signed. » Le traité de Versailles 2026, c’est pas celui de 1919 ; c’est pour 60 jours, et encore : ça ouvre les négociations, rien n’est décidé sur le nucléaire, c’est juste pour permettre au plus vite au détroit de redevenir fonctionnel. Une preuve de plus que c’était la seule chose qui les intéressait tous, les alliés, ce passage, vu comme plus crucial et miraculeux que celui auquel Moïse avait procédé à travers la mer Rouge. Sans péage ! Parce que ce n’était pas autre chose qu’une guerre pour le détroit, cette iranerie de printemps. Pour que le pétrole recoule à flot. Ce pétrole, qui est le nouveau sang du pauvre (Bloy l’aurait dit), tout ça pour récupérer du fric ; ne plus en perdre surtout ! Et c’était ça, la vraie bombe des Iraniens ! C’était le détroit d’Ormuz, leur bombe de dissuasion, plus que nucléaire ! Et ils y ont renoncé… Les Occidentaux ont eu tellement peur et maintenant, c’est fini, tout le monde respire : « Enfin, on peut passer ! » La guerre du détroit a eu lieu.

À propos de Giraudoux… Pourquoi on n’est pas près de voir sortir le tome des Essais de Jean Giraudoux dans la Pléiade ? Parce qu’on pourrait y lire, entre autres, ceci : « Je ne parle pas de ce qu’ils prennent à notre pays, mais, en tout cas, ils ne lui ajoutent rien. Ils le dénaturent par leur présence et leur action. Ils l’embellissent rarement par leur apparence personnelle. Nous les trouvons grouillants sur chacun de nos arts ou de nos industries nouvelles et anciennes, dans une génération spontanée qui rappelle celle des puces sur un chien à peine né… Sont entrés chez nous, par une infiltration dont j’ai essayé en vain de trouver le secret, des centaines de mille Askenasis, échappés des ghettos polonais ou roumains, dont ils rejettent les règles spirituelles, mais non le particularisme, entraînés depuis des siècles à travailler dans les pires conditions, qui éliminent nos compatriotes, tout en détruisant leurs usages professionnels et leurs traditions, de tous les métiers du petit artisanat : confection, chaussure, fourrure, maroquinerie, et, entassés par dizaines dans des chambres, échappent à toute investigation du recensement, du fisc et du travail… Tous ces émigrés, habitués à vivre en marge de l’État et à en éluder les lois, habitués à esquiver toutes les charges de la tyrannie, n’ont aucune peine à esquiver celles de la liberté ; ils apportent là où ils passent l’à-peu-près, l’action clandestine, la concussion, la corruption, et sont des menaces constantes à l’esprit de précision, de bonne foi, de perfection qui était celui de l’artisanat français. Horde qui s’arrange pour être déchue de ses droits nationaux et braver ainsi toutes les expulsions, et que sa constitution physique, précaire et anormale, amène par milliers dans nos hôpitaux qu’elle encombre. » (Pleins Pouvoirs, 1939.)

Merveilleux Dazai ! Dans son premier livre publié à l’âge de 27 ans, et intitulé déjà drôlement Mes dernières années (1936), il y a un récit, plus qu’une nouvelle, presque un petit roman, qui s’appelle La fine fleur des bouffons et qu’il avait écrit trois ans avant : c’est l’histoire, à peine transposée, d’une tentative de suicide par noyade de Dazai avec sa copine. Le héros, qui s’appelle Yōzō, s’en est sorti mais sa Sono est morte et finalement, on apprend qu’elle a été sauvée aussi… Enfin, c’est pas clair… Et il y a d’autres personnages : Hida et son compagnon Kosuge, et l’infirmière Mano, sans grand intérêt… Ils sont tous dans un sanatorium où Yōzō a été recueilli et soigné. Dès le début, Dazai s’interroge sur le nom qu’il donne à son héros, puis il continue son histoire à la troisième personne… Au bout de quelques pages, il examine ce qui lui plaît et ce qui ne lui plaît pas dans son roman en cours. C’est la grande trouvaille du texte, et Dazai dit qu’il avait écrit tout ça tout droit, puis il s’est aperçu que c’était pas bon, ce qui est vrai ! Pas beaucoup d’action ; les dialogues, bof ; la psychologie, pas terrible non plus, et il a eu l’idée d’entrecouper son récit par des interventions à la première personne de l’écrivain lui-même ; et, là, le ton est absolument parfait. L’écrivain commente ce qu’il vient ou est en train d’écrire, ou s’adresse au lecteur, ou à lui-même (il se tutoie). Toutes les deux-trois pages, il s’arrête et il inclut, dans le drame de Yōzō qui continue à se développer, des remarques extrêmement sardoniques sur son talent de conteur. Il promet de faire mieux, il a eu tort de s’obstiner, il s’est laissé entraîner… Finalement, c’est comme des notes dans la marge d’une copie et qui sont intégrées au texte, Dazai fait son autocritique d’écrivain qui n’arrive pas à faire avancer sa narration, il parle de ses personnages, il parle de ses amis dans la vie, comment ils le conseillent… La fluidité est telle que la lecture ne pâtit pas des collures entre les différents passages puisque ce monologue est interrompu chaque fois au bon moment par le récit qui reprend. Dazai essaye de donner à l’action une impulsion par les rires de Yōzō, les anecdotes de Mano, mais ça retombe toujours, et on attend avec impatience le retour du monologueur qui, lui, a les bonnes idées, les bonnes appréciations sur son texte, et aussi les réflexions que pourrait avoir un lecteur idéal qui trouverait, à juste titre, que toutes ces critiques sont justifiées. Évidemment, c’est là que résident les meilleures phrases sur l’écriture de Dazai et sur sa vision très noire et très comique de l’existence, beaucoup mieux que dans les dialogues et les descriptions. On est d’abord surpris par les propos d’un « je » auquel on ne s’attend pas, mais très vite, on se laisse emporter par cette double voix. Quelquefois, Dazai met en scène son intrusion. Par exemple, il dit : « J’avoue tout. En réalité, si j’ai fait apparaître entre chaque description de ce roman le visage d’un homme nommé ‘‘je’’, et que je lui ai fait tenir de grands discours creux, c’est parce que j’avais une intention sournoise. Je voulais que grâce à ce ‘‘je’’, sans que le lecteur y prenne garde, mon œuvre soit imprégnée de nuances réellement singulières. J’aurais pu me vanter d’un genre nouveau encore jamais vu au Japon. Mais j’ai échoué. » Il fustige sa vanité à avoir tenté un nouveau genre, et il conclut ce passage par : « Ah ! ne me croyez plus ! Ne croyez pas un mot de ce que je dis ! » Dazai concède qu’il n’écrit ce roman que par « vengeance » et il le traite de « confession prétentieuse » : « J’ai été idiot d’avoir anticipé moi-même sur les faits produits par ma propre œuvre. » « Pour dire les choses clairement, j’ai pour le moment perdu toute confiance en moi », et hop, il continue malgré tout : « On venait d’allumer la lumière quand Kosuge pénétra seul dans sa chambre. À peine entré, il se pencha… » Etc. Plus loin, au milieu des conversations entre ses héros pitoyables, Dazai est en plein désarroi : « Je trébuche moi-même. Je ne savais plus quoi faire de Yōzō pas plus que de Kosuge ou de Hida. Ils se sont impatientés de mon pinceau maladroit et se sont envolés chacun de leur côté. Je m’accroche à leurs chaussures boueuses et leur hurle de m’attendre. Si je n’élabore pas un nouveau plan de bataille, c’est moi qui vais perdre souffle le premier. » Il reconnaît que son roman n’est sans doute qu’un « roman de gare », qu’il « n’est pas très drôle », qu’il n’est fait « que de poses », et que son style est « puant et bavard »… « En admettant que mon roman devienne un classique — ai-je perdu la raison ? —, tous ces commentaires doivent au contraire beaucoup vous gêner. » « Ah ! quelle chance ont les grands écrivains déjà disparus ! » « Je ne serai jamais un bon écrivain. Je le savais bien, je suis un naïf. » « La prétendue fleur des bouffons s’est finalement flétrie ici. En outre, cette fleur fanée est minable, laide et sale. » « Ça suffit, créateur miraculeux ! Toi ! » C’est alors le moment où le jour se lève et où Yōzō doit quitter la clinique. On dirait que Dazai assiste à la scène plutôt qu’il ne la crée. « Je redoutais l’approche de ce jour. Cela tenait sans doute à mon sentimentalisme béat d’auteur idiot. » Enfin, l’écrivain dit que ce roman est un « échec ». « Aucun élan, aucune transcendance. » « J’ai dit un tas de choses en trop. Et, au contraire, j’ai l’impression de ne pas avoir dit un tas de choses beaucoup plus importantes. » « Maintenant, je n’ai pas le courage de relire ce que je viens d’écrire. » « Est-ce que je dois recommencer depuis le début ? Toi, dis-moi par quel bout reprendre. » « Écrirai-je ? Oui, j’écrirai sur ce dernier matin… » et là, il écrit la fin — sublime — de son court roman grandiose : Yōzō regarde la mer qui s’agite doucement. « Puis… non, c’est tout. » achève-t-il, renonçant à aller plus loin. Voilà. Bravo, Osamu Dazai ! Et ça fonctionne, parce qu’il n’est pas con, le Dazai, il savait que son récit initial était faiblard, et c’est pour ça qu’il l’a fragmenté et qu’il en a fait un nouveau genre réussi… Ce qui serait à tenter, ce serait de faire la même chose, mais avec un roman très bon au contraire, et palpitant, et où il y aurait plus d’interactions encore, et dans les deux sens. À la fois le raconteur (ou narrateur, pourquoi pas ?) arrêterait l’intrigue pour disserter sur ce qu’il vient d’écrire (ou va écrire) et sur ce qui vient de se passer dans son histoire, et aussi les personnages de cette même histoire seraient tellement perturbés par la présence de ce je incongru qu’ils pourraient décider d’entrer eux-mêmes dans son discours, comme le je, lui aussi, pourrait pénétrer, en tant que personnage à part entière, dans le récit qu’il est en train d’élaborer, un peu comme dans Sherlock Junior, Buster Keaton monte dans l’écran de cinéma de la salle dont il est le projectionniste pour intervenir dans l’action en cours.

La perfection n’est pas une petite chose mais elle est faite de petites choses.

Michel-Ange

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°76 – 15 juin 2026

Différence entre les Juifs. Ce que les gnangnantisémites ne comprennent pas, c’est que les Juifs sont tous différents, ils ne constituent pas une caste en soi solidaire et fermée, tout d’un bloc et homogène. Par exemple, Arthur, qui n’a aucun talent en rien, est sans doute le plus abject parce que le plus arrogant et larmoyant sioniste en activité alors qu’Ary Abittan a du talent comme imitateur et acteur et ne ramène pas sa gueule sur Sion. Les frères Lellouche ne sont pas jumeaux : Gilles est bon acteur et ne tient pas à se positionner franchement pour Israël contrairement à Philippe, qui joue comme une patate, qui est obsédé par ça et n’hésite pas, comme Gérard Darmon ou Michel Boujenah, à professer un soutien débectable et indéfectible à l’ignoble État hébreu. Ce qui n’empêche pas Darmon d’être drôle et Boujenah pas. Comme Élie Semoun, qui est mauvais acteur et qui n’est pas drôle mais qui, vous en conviendrez, est loyal en conservant plus ou moins intacte son amitié avec Dieudonné. Richard Berry montrait sa bite à sa fille mais il a donné un rein à sa sœur. À propos, oui, c’est vrai, il y a beaucoup de ces Juifs-là qui ont des emmerdes à cause de leur bite, mais pas tous. Pour l’instant, Boujenah, Semoun et les Frères Lellouche sont passés entre les gouttes de leur propre sperme. Ce n’est pas le cas de Patrick Bruel, qui est au passage un excellent acteur tout en étant un exécrable chanteur ; il n’est pas une ordure pour avoir profité de ses groupies, mais il l’est par son tsahalisme ardent. Tout ça, les antisémites basiques sont trop bêtes ou trop fainéants pour le remarquer car ils ne savent pas distinguer les nuances qui existent entre Juifs. Pourtant Céline avait montré la voie en tant que haut psychologue descriptif des personnages juifs de ses livres, que ce soit dans Bagatelles, Gutman et Yubelblat (rien à voir), ou dans Guignol’s Band, Clodovitz (qui est aussi le Yugenbitz de Londres) ou Titus Van Claben… Ou encore dans L’Église, Yudenzweck, Mosaïc, Moïse… Tout ces Juifs ont chacun leur particularité et aujourd’hui, on a la chance qu’ils soient déjà tout faits (ready made), et mis à nu par la réalité, même, comme des personnages de fiction tellement ils sont caricaturaux (la caricature n’empêche pas la subtilité). Allez, mettez-vous au boulot, clampins goys de l’Antisémite’s Band !

Bruel encore ! On n’a pas fini d’en bouffer, du Patrick. On le cite toute la journée ; d’ailleurs à force de répéter son nom, les journalistes s’emmêlent dans les syllabes ; ça devient : Patirck Buel ; Pratrick Burel ; Partick Bullel… Ils ne savent plus le dire. Et tout le monde fourche sur les mots qui reviennent sans cesse dans les médias en litanie chaotique : « Pédateur sexuel » ; « Acouillé de fiole » ; « Enculé de viole (de gambe ?) » ; « Pas de trique, brute d’elles ! » ; « Garde à vous, prolongées ! » ; « Il m’a prise sur le Parquet entre deux plinthes » ; « J’ai senti la trique à Pat’ au garde à vue ! » ; « Soutien-gorge inconditionnel aux femmes ! » ; « Rappelons-le : il est prépucé innocent… » Ça, c’est pour les antisémites qui sont plutôt devenus des zombiesémites, complètement à la ramasse, et qui croient que c’est à cause d’Ariane de Rothschild que Bruel a échappé à la détention provisoire ; mais non, c’est peut-être qu’il y a un juge-homme qui a estimé qu’en attendant le procès, un contrôle judiciaire suffisait, et avec une caution de 500 000 €. Les juges ne sont pas tous des femmes (sujet à creuser, mais c’est trop tôt). En attendant, Bruel fuit, non la justice mais les paparazzis. À cheval sur une moto, bien accroché derrière son motard privé, et caché par un casque, on le reconnaît quand même… À quoi ? À ses cuisses voyons, les cuisses de Bruel ! Inconfondables avec 1 000 autres : deux gros cuissots serrés dans leur pantalon comme on enveloppe le jambon à l’os dans du torchon pour ceux qui l’aiment très sec, ça le protège des mouches et autres insectesAttention de ne pas le laisser sécher trop longtemps car il pourrait devenir difficile à trancher ensuite. Tout condamné à mort par la justice médiatique pour violences sexuelles aura le jambon tranché !

Les Plaignantes (on dirait le titre d’une pièce d’Eschyle !). Ce n’est pas qu’elles ne voulaient pas baiser avec Bruel à l’époque, c’est que, réflexions faites (oui, une femme peut avoir des réflexions, même si la plupart du temps elles sont purement dégueulasses !), ce qu’elles ne voulaient pas, c’est que Bruel se contente de les baiser alors que le pauvre Patrick ne pouvait donner que ce qu’il avait, c’est-à-dire, en gros, sa grosse bite et ses couilles pleines et c’est déjà pas mal. Mais de là à se mettre à la colle avec une femme, vivre avec et être fidèle, nein ! Les femmes se croient suffisamment intéressantes pour qu’on se fasse chier avec elles toute une vie après les avoir baisées ; elles ne peuvent pas admettre qu’on a juste envie de les tirer quand ça nous prend, et c’est bon. On en a vite fait le tour, d’une femme : 90-60-90. Patrick ne voulait pas s’éterniser dans un vagin ; d’ailleurs, aucun homme ne veut vivre avec une femme, à part moi… J’ai fait ça avec toutes, j’ai formé couple sur couple, même si chacun ne durait qu’un temps : je crois que Patrick n’a pas le sens du couple ; de toute façon, avoir le sens du couple plus que moi, c’est difficile !

Si on creuse l’affaire Patrick Bruel, au fond du fond, c’est très simple : les femmes qui sont contre lui, c’est parce qu’elles auraient voulu être baisées par lui ; les hommes qui sont contre lui, c’est parce qu’ils auraient voulu baiser autant de femmes que lui… C’est tellement facile à comprendre !

Il fallait qu’un hommage soit rendu ici à ceux qui m’ont acheté des tableaux, et ils sont nombreux… Attention ! Pas de vexation, je vous prie : je vais en oublier forcément depuis tant d’années, mais voilà les plus fidèles et les plus récents ; je n’inclus pas ceux qui sont déjà cités (voir Feuille 75) dans le premier ou le second cercle. Ils cumulent ! Voici donc les noms des valeureux chevaliers acquéreurs de mes dessins et peintures, tous thèmes confondus, et qui m’ont suivi de la galerie Vies d’Artistes de Stéphane Bachot (2007) jusqu’à la galerie Planète Rouge (2024), en passant par l’Office du tourisme du Liban, Aix-en-Provence, et les expositions rues Daru et Sauton ! Gloire à eux ! Elies Driss, Marc Vedana, Thibaut van Geersdaele, Rayan Abdelrahman, Hugo How-Choong, Laurent Debain, Pierre Fraisse, Guillaume Ribollet, Hugo Verit, Thibaud Garnier, Florian Dell’oste, Laurent Mut, Gilles Barneaud, Gabriel Rondeau du Noyer, Séverine Celerier, Laurent James, Alexis Lucchesi, Malo Chevilotte, Adrien Weber, Alexis Fleury, Guillaume Grenier, Mickaël Baillet, François Negroni, Guillaume Sire, Anny Longo, Anne-Marie Dalmas et Anthony Level, Thomas Vassal, Rafaël Goldoni, David Mathieu, Denis Giacomoni, Pascal Galland, Pierre Marquand Gairard, Antonin Bihr, Dominique Gaultier, Lucine Hamard, Nicolas Mercat, Jean-Baptiste Caron, Guillaume Okalla, Myriam Meski, Vincent Tomasso, Nicolas Mitran, Sarah Ortscheit, Jean-Charles Martini, Franck Goudezeune, Alexis Michelat, Laura Antonietto, Quentin Garrigos, Paul Millerat, Amrane Hadj Hamou, Xavier Divet, Aurélien Lederer, Fayçal Ferroukhi, Lucien Michel, Thibaut Paul Marie… En revanche, honte à Adrien Wallet et à Jacques Sicard… Heureusement, il s’agit de cas rares de muflerie mais ces deux-là se sont comportés d’une façon suffisamment minable pour être rappelés à l’ordre. Le premier, Wallet, a tourné pendant des mois autour d’un dessin représentant Rimbaud et Verlaine à 1 000 €… Que de complications pour finir par nous faire croire qu’il allait se déplacer de Saint-Brieuc (où ce plouc crèche) à Paris, où je n’habite plus mais où un de mon équipe s’était dérangé pour retrouver le dessin au fond de mes trésors entreposés, afin de le remettre à Wallet en mains propres (propres, il faut le dire vite) ! Après plusieurs rendez-vous non honorés, Wallet en avait fixé un et a fini par nous poser un lapin… 

Mais le pire, c’est ce Jacques Sicard, « écrivain et poète français », et critique « cinéphile » (Murnau, Godard, Chris Marker…). Plus ils sont cultivés, plus ils sont grossiers… Sicard est de la bande à Guillaume Basquin, sinistre ex-fan reconverti dans le complotisme et qui m’avait acheté un portrait de Joyce et un d’Artaud dans la seule intention de les publier dans sa revue sous-nabo-sollersienne Tinbad (pas question !). Sicard s’y est repris à plusieurs fois pour faire échouer son achat en ligne de, tenez-vous bien, 5 tableaux d’un coup pour 6 700 € ! et avec un très bon choix, en plus (Pasolini, Ezra Pound et Joyce, Marcel Aymé, Rimbaud, Proust). Résultat : zéro ! Je l’ai même appelé un jour chez lui, le Sicard, en surprise, pour le secouer ; rien n’y a fait : aucun répondant, aucune fantaisie, aucun panache et surtout aucune face, aucun honneur… En 2024, le type commande des tableaux (et donc les bloque) et deux ans plus tard, il ne les a toujours pas achetés… Comme si je pouvais me payer le luxe de me passer de 6 700 € ! Un gougnafier reste un gougnafier ! Fût-il fan d’Ozu !

On vit désormais dans un monde binaire décomplexé : A croit avoir raison sur B et B croit avoir raison sur A, et les deux sont soi-disant irréconciliables parce qu’ils se présentent comme opposés, sauf que c’est pas vrai, ils sont pareils, et c’est peut-être parce qu’ils savent qu’ils sont identiques qu’ils prennent des positions antagonistes. Eurêka ! A = B ! Suis-je le seul à énoncer cette équation et à logiquement renvoyer dos à dos (et dans les choux) les pseudo-antinomiques ? Oui, en tant qu’anti-rock rabique, je détruis la binarisation de notre époque, car je prouve que A et B sont à écarter en raison même de l’arnaque de leur dissemblance. Quand chacun des partis antithétiques entre eux trouve que vous avez tort, vous pouvez être sûr que c’est vous qui avez raison !

J’avais raison contre ces salauds de flics qui éborgnaient les manifestants mais aussi contre les cons de Gilets jaunes qui se révoltaient pour des peanuts et qui n’ont rien apporté comme évolution (encore moins de révolution)… J’avais raison de démontrer que Mélenchon n’est pas une bonne alternative à la bardellisation des esprits et que tous ceux qui le suivent pour son pro-palestinisme, son anticapitalisme de façade, son pro-immigrationnisme (alors que c’est un gros pied-noir bourgeois descendant de colons anti-Arabes en Algérie et au Maroc) sont des merdes… J’avais raison sur Rima Hassan qui est une petite opportuniste menteuse de très petite envergure, bachariste et conspi, antisioniste mais uniquement par rage de prendre sa revanche sexuelle sur les Juifs qui, au fond, sont les seuls qui l’ont fait mouiller dans sa vie… J’avais raison sur Epstein, évidemment, qui ne roulait que pour lui, c’était pour sa pomme rouge comme un gland qu’il voulait baiser des petites ; et raison également de dire qu’il s’était vraiment suicidé puisqu’on vient de révéler une lettre de sa main qui spécifiait cette intention. Pas de réseaux dans cette affaire, pas plus que dans celle de Marc Dutroux sur qui j’avais raison là encore : actuellement toujours en prison, on a retrouvé dans sa cellule des centaines d’images pédopornographiques, ce qui prouve que c’était bien pour son seul usage que le pédo-belge procédait à ses kidnappings jouissifs de fillettes forcées à pénétrer dans sa baignoire de Marcinelle pour leur faire prendre un bain et lui, son pied. Et, pour continuer à remuer le couteau de la Raison dans la croix du Fantasme (Paf, dans ton pif, Hegel !), je ne parle même pas de Bérégovoy qui s’est vraiment flingué ; ni du 11-Septembre made in al-Qaïda ; ni de la Lune où les Ricains sont réellement allés ; ni de Ben Laden qui n’a jamais travaillé pour la CIA ; ni de Mohammed Merah qui n’était pas un indic de la police, tout autant de thèses reprises depuis 20 ans par une multitude de crétineuneux ânonnant « Soral a (presque) toujours raison » dès que celui-ci aboie, de sa voix de clebs poutinien castré, contre Israël, alors qu’il a toujours eu tort sur tout et que ses béats bêtas et butés sont trop ignorants ou flemmards (pléonasme) pour dresser la liste exhaustive de ses bévues systématiques… Bref, j’avais raison, pour finir ici, sur le Covid ! Et la menace de l’Hantavirus n’a fait que consolider ma version de toujours…

L’Hantavirus, un virus qui a fait pschitt. On l’a pas vu passer ! Un gros con de Néerlandais qui, avant d’embarquer pour une croisière en Amérique du Sud, était allé, avec sa bobonne pleine d’eau — autant dire une gourde — regarder des oiseaux rares picorer dans une décharge argentine à Ushuaïa (pas Ushoahia ; ça, c’est en terre de feu Moix) est tombé malade à peine monté dans le bateau pour y crever (sa femme ce sera plus tard), ainsi qu’une Allemande que l’ornithocon avait contaminée… SOS Hantavirus ! Paquebot en quarantaine ! Panique avant pandémie ! Puis, non : c’était pas si grave finalement : l’hantavirus des Andes se transmet d’animal à animal, surtout par les urines du rat, la bave de la souris sylvestre ou les excréments des rongeurs sauvages. C’est pas de pot s’il a touché un homme (si on peut appeler ça un homme) : l’objectif des virus n’est pas de dézinguer des humains. L’hanta est bien moins contagieux que le Covid, mais il est beaucoup plus mortel pour l’homme, cet « hôte accidentel » (quelle meilleure définition pour l’être humain en général, sachant que les animaux, eux, sont les hôtes d’exception de la Nature ?)… La physiopathologie par les capillaires de l’hantavirus a été découverte dans les années 90, et c’est un casse-tête pour les infectiologues et épidémiologistes, mais pas pour les vétérinaires, qui auraient leur mot à dire pour le détecter et même le soigner. Je rappelle qu’on n’a pas vu un seul véto sur les plateaux de télévision pendant la crise Covid, alors que son origine, comme celle de l’Hantavirus, est d’abord animale. Cette « séquence » a au moins le mérite de remettre, non l’église au centre du village mais le pangolin au centre du Covid ! Ou le chien-renard, si ça vous fait plaisir (c’est comme pour le petit Émile : si vraiment vous êtes contre ma thèse du Ganymède soulevé dans les airs par l’aigle royal des Alpes-de-Haute-Provence, je veux bien entendre que ç’aurait pu être aussi un loup qui soit venu choper l’enfant de deux ans et demi, même si le fait de n’avoir retrouvé aucune goutte de sang à l’endroit où il a disparu rend difficilement concevable cette hypothèse, mais bon), en tous cas, un animal qui s’est roulé dans la pisse de chauve-souris, et qui s’est retrouvé en 2019 sur le marché de Wuhan en contact avec un laborantin qui prenait sa pause-déjeuner avant de retourner bosser au P4… Allez vous refaire foutre, ceux qui croient encore bêtement qu’il s’agit d’une erreur humaine, ou pire, de la malveillance intentionnelle d’un médecin fou qui aurait fait exprès de fabriquer un virus mondial ; n’importe quoi ! Grâce à l’hantavirus, on est revenu quelques jours sur le Covid, et malgré les interventions raisonnables des docteurs Blachier, Lacombe, Pialoux et Buzyn, on a pu constater que le refus, le reflux complotiste n’avait pas régressé d’un poil de blaireau, infect plus qu’infecté, depuis 5 ans… La preuve : Raoult, furieux d’être invité chez Morillot à égalité avec Perronne, vient de redoubler, retripler d’arrogance méprisante et de mégalomanie paranoïaquisante !

« Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles. » William Shakespeare.

Ces Bernanos d’eau douce qui n’osent pas dire les mots, et qui se revendiquent du grand Georges qui lui les cherchait, les trouvait, et les ramenait à la surface… Petits « lettrés » droitards dont pas un ne serait capable d’écrire le livre, « à la Bernanos », qu’ils fantasment tous de lire : La France contre les rebeux.

La vie conçue comme une salle d’attente d’un médecin. Exactement la même tension, le même stress. Ou alors comme un hall d’aéroport, ou de gare, avant d’embarquer en avion ou en train… « Personne suivante ! » ou « Attention au départ ! », c’est sans doute ce qu’on doit entendre au fond de soi lorsqu’on meurt.

J’ai pas de sentiments parce que ma sensibilité a pris toute la place dans mon cœur.

N’expliquez pas votre philosophie, incarnez-la.

Epictète

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°75 – 8 juin 2026

Trois connards. J’ai encore vexé des fans dans leur ego, et c’est pour la vie ! Hourra ! Un seul « Connards ! » — avec lequel, dans une vidéo, j’ai traité 3 lecteurs-admirateurs assez anciens et que j’ai fait ainsi se révéler — a suffi. Et pour prouver qu’ils n’étaient pas les connards que je disais, les trois connards en question (et qui ne s’en posent aucune sur eux-mêmes) m’ont répondu sur X et Facebook et en SMS… À propos du mot, je me rappelle que Laurent James, que j’avais traité également un jour en pleine face de « connard » parce qu’il avait amené avec lui, lors d’une de mes expositions, d’autres connards d’extrême droite (pléonasme), avait accusé le coup mais n’a pas changé pour autant son admiration et sa fidélité à mon égard ; il a même dit que la façon dont je lui ai dit ce « connard ! » était beaucoup plus sincèrement affectueuse que n’importe quel compliment d’un de ses amis. Tout ça est parfaitement dans mon sujet et dans mon projet de livre sur les fans… J’ai tiré mon insulte comme une balle magique qui a atteint chacun des trois dans sa chair, pour qu’ils s’écroulent d’un coup. Qui se comporte comme un con, un oublieux, un fainéant, un hypocrite, un pharisien, un scribe pour tout dire, mérite l’application de cette sanction christique : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. » (Matthieu 12:30). Certains lecteurs dépassent leurs petits mois chatouilleux et cherchent à se rédimer, on l’a vu récemment (il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que les Blondins qui prennent !) ; d’autres pas.
ANTHONY ROBERT. Il doit avoir une trentaine d’années, c’est un petit Chti. La première fois, il est venu me voir à la sortie de la librairie Yvinec ; il s’était fait chaperonner par Nicole Mercadier avec qui, plus tard, il se comportera très mal, du propre aveu de Nicole : « J’ai toujours senti quelque chose de faux chez ce garçon. » Très actif au début sur X, il reprenait des extraits de mes textes en les illustrant de tableaux (très bien), mais, m’ayant pris pour un « passeur » (encore un), Robert a basculé dans la mise en ligne d’œuvres d’artistes qu’il avait connus grâce à moi, en me faisant disparaître peu à peu sous les Proust, Céline, Pasolini, Matisse, Duvivier, Fritz Lang, Pierre Loti, etc. !…, alors qu’il y avait une actualité pressante à relayer concernant mes nouveaux textes et les sujets que je traitais. Repéré par David et Julien Vesper comme petit nabien plumitivement vespérisable pour leur Playboy, voilà l’Anthony Robert tout content d’aller à ses frais au festival de cinéma de Locarno pour visionner le dernier film d’Abdellatif Kechiche, Mektoub, My Love : Canto due, et en rapporter un compte rendu indigeste pour le torchon glacé des frères Vesper. Ils savent très bien, David et Julien, ce que je pense de leur magazine ; c’est pas eux qui vont se vexer pour si peu ! Ma loi, c’est : les lecteurs font ce qu’ils veulent de leur côté s’ils continuent à faire ce qu’il faut pour moi. Elle est pourtant simple ! J’ai une autre expérience de rencontre avec Anthony Robert, et antérieure à sa collaboration playboyesque : il était venu le 1er février 2023, au club de jazz Le Petit Journal, pour l’hommage à mon père Marcel Zanini incinéré quelques heures plus tôt au Père-Lachaise ; avec un pote, Anthony avait pris place pour cette soirée unique dont on a dans Nabe’s News 33, le film complet de 4 h intitulée Thank’s a million !… Eh bien, au beau milieu de ma conférence de presse et des témoignages bouleversants sur feu Zanini, Monsieur Anthony s’est barré parce qu’il avait faim ! Les amuse-gueules turcs posés sur les tables ne suffisaient pas à ce galavard : ce grossier personnage est allé se taper un hamburger au Burger King du coin ! C’est ça, un fan ? Infâme fan affamé, oui ! Plus tard, on lui avait demandé avec Alexandra d’être plus fin et judicieux dans ses interventions sur X : il a essayé, le pauvre, mais il est nul… Après l’avoir traité de connard avec les 2 autres, j’ai reçu d’Anthony un texto d’excuses qui va un peu dans le sens d’une rédemption, mais c’est trop tard.
BASTIEN MONTES. Lui, il est un peu plus âgé, il habite en Belgique, c’est un comédien, et il est très concerné par les conflits au Moyen-Orient… Il est venu nous voir, Alexandra et moi, avec sa copine, à Lugano ; c’est le seul qui pourra témoigner de notre vie là-bas à ce moment précis de mon épopée (2022). Bastien m’avait acheté un Chet Baker et s’est beaucoup donné pour confectionner des vidéos de mise en ondes de mes contes tirés de mon volume K.-O. et autres contes (1999) : avec des sons, des musiques, des changements de voix, c’était vraiment très réussi, et je l’ai encouragé, lui suggérant juste quelques contresens à dissiper, quelques rectifications à opérer, et avec la délicatesse et le tact qui me caractérisent (ici ne peuvent rire que les ignorants de ma nature)… Il a ensuite enchaîné sur le même modèle avec des illustrations visuelles et récitatoires de mes Éphémérides : c’était de véritables œuvres de création ; bravo, Bastien ! Montes est celui que je regretterai le plus car c’est vrai qu’il a agi, et je l’avais intégré amicalement dans l’équipe. Il était prévu que tout ce qu’il avait fait se retrouverait sur ma plateforme en cours de rénovation, à la disposition du public et avec une visibilité optimale, Alas… Montes a également monté des heures et des heures d’archivage présentées chronologiquement avec des points de vue intéressants sur la « guerre » à Gaza depuis le 7-Octobre ; document évidemment destiné à Nabe’s News pour accompagner les textes que je prépare depuis des années sur la question. Seulement, un Nabe’s News sur Israël, ça ne se fait pas en un coup de cuillère tordue par Uri Geller à pot, il faut le temps, désolé ! Patience ! Mais de patience, Montes est dépourvu. La preuve : il a tout foutu en l’air en prélevant son dernier conte de Nabe’s News 34 pour le mettre vite en ligne tout seul sur YT… Je n’ai pas apprécié non plus la menace voilée de Montes de me confisquer son archivage pro-Gazaouis parce que je traînais à le mettre sur Nabe’s News ! Car pour Bastien, apparemment, être publié dans Nabe’s, ce n’est pas être publié… Il n’a absolument rien compris à l’antisystème auquel il participait. Et pour couronner le tout, gonflé par sa victoire au « concours de lecture Marcel Proust » qui lui a été décerné et attribué à l’Hôtel Swann (8e), Bastien s’est fait lui aussi vespérisé (comme on dit « vampirisé » : c’est vrai qu’ils ont un petit côté vampire, les deux frères que j’adore !) en postant sur le blog Playboy des lectures de grands morts qui n’apportent rien à personne : Sade, Anaïs Nin, La Fontaine, Boccace, Dominique Aury… N’est-ce pas tout cela qui fait de Bastien Montes un connard ? Ah oui, encore une chose : en 2024, lors de mon exposition des 90 pastels sur Gaza à la galerie Duvivier, on lui avait fait réciter pour un TikTok un morceau de mon Gourdin des bois, mais comme Montes avait du mal à se mettre le texte dans la tête, je l’ai « obligé » (pour son bien) à répéter à la cave plusieurs fois, et il m’a traité de « saligaud » (pour rire bien sûr)…
MATTHIEU GOUET. Alors, lui, c’est le pire ! Le vrai sale mec du trio ; pas du tout le même genre de connard que Montes et Robert. Gouet a réussi à publier (en anti-édition, évidemment) son premier roman. Mirage de la rade, ça s’appelle… Qu’est-ce que c’est mauvais ! David Vesper m’a dit que c’était l’autobiographie d’un petit Blanc de province qui partait en Angleterre, cela ne pouvait que plaire à L’Incorrect et à tous ces droitards « littéraires » comme ce Marc Obregon, un de mes tristes vomisseurs cloué dans Nabe’s News par nos soins, et dont Matthieu, croyant naïvement que ça n’avait aucun rapport, était très flatté qu’il ait apprécié son ouvrage en lui consacrant deux pages entières, cette ordurette… Comment des lecteurs soi-disant sérieux de mes romans peuvent-ils prendre à ce même sérieux les balbutiements d’un bébé mongoloïdo-cro-magnonesque tel que Gouet (qui en a si fort la tête) ? Il n’avait même pas 22 ans quand il est venu me voir à la galerie Sauton où je l’ai accueilli comme un de ces enfants que Jésus voulait qu’on laisse venir à lui… Trop sympa ! Gouet s’est installé et a lu Le Bonheur page par page sur une chaise pendant des jours et des jours, s’est fait copain avec Valentin, est allé avec lui me soutenir devant chez Drouant pour le prix Goncourt 2015 (mais c’est Julien le Belge qui a fait le coup d’éclat), où il aurait pu se faire casser la gueule, comme il tient à le souligner dans sa lettre ouverte à moi adressée sur https://www.editionstorr.com/lettre-a-nabe, interminable tartine (sur une vidéo de 2 min !), à classer dans les études négatives de WikiNabia ! Toujours à se faire mousser pour le peu qu’il a fait pour moi, le Gouet… Il ironise sur mes reproches de passivité à son encontre, en mouillant Valentin au passage, comme si Matthieu pouvait se comparer à Valentin, cet ange qui après 15 ans continue à travailler pour moi, et qui ne s’est jamais pris pour un « écrivain », contrairement au petit Gouet qui nourrissait en cachette l’ambition de publier sa première merde crypto-powysienne pour exister ! Je parle d’ambition, mais c’est plutôt de la prétention, comme Montes de devenir acteur, et peut-être Robert de devenir critique cinéphile… Mais ils ne sont pas faits pour l’écriture, ni pour être acteur : ils sont mauvais ! Alors, au moins, en étant mauvais, soyez lucides et faites les choses en grand. En gros : rendez-moi ce que je vous ai donné au lieu de vous rétracter, au premier « Connards ! » venu, comme des vorticelles… Vous ne savez pas ce que c’est ? Le protozoaire cillé, ça ne vous dit rien ? Cherchez sur Internet !

Comme Montes, Gouet croit que je lui reproche de ne pas parler en bien de mes dernières Feuilles, mais pas du tout, c’est son inaction de fond que je réprouve, et son exploitation d’une partie de ce qu’il a appris de moi, pour son propre compte, voilà : c’est contre ça que je me bats ! Il faut tout leur expliquer, à ces amateuristes de ma littérature ! C’est scandaleux que des soi-disant fins lecteurs, qui ont leurs petites réserves en plus, les lâches ! ne se mettent pas au boulot pour nous aider à me maintenir vivant, car pas besoin d’être parano pour reconnaître que tous les vautours autour de moi veulent me dévorer comme si j’étais déjà mort. Si Montes et Gouet n’ont pas compris ça, en effet ils ne sont bons qu’à faire des lectures bourgeoises de Sacha Guitry ou scribouiller laborieusement des romans copiés sur les frères Powys. Il y a une liste longue comme le bras de Popeye de petites tâches à accomplir ; pourquoi d’autres s’y sont mis et pas eux ? Faut-il qu’ils s’estiment supérieurs en se fantasmant d’appartenir à une sorte d’aristocratie du nabisme où eux, les « artistes », n’ont pas  à s’abaisser à faire les « petites mains » !… Dire que dans mon esprit, Gouet et Montes faisaient partie du premier cercle des actifs concrets ! Celui des Antoine Rosselet, Laurent Bosc, Alexandre Poirier, Anthoine Carton, David et Julien Vesper, Rania, Daniel Adam, François Poirson, Nicolas Crozet, Valentin Ribolla, Pierre Issen, Aziz Larab, Julien le Belge, Constant Candelara, Thomas Codaccioni, Ludovic Mergen, Trafalgar, Mustafa Obaly… Il y a un deuxième cercle, très important aussi, constitué par tous ceux qui interviennent sur les réseaux pour riposter aux attaques que je subis et pour donner leur point de vue en toute liberté : Thomas Tribout, Sébastien Lamarre, Leny Gatineau, Valère Tirejda, Maxime Gratpanche, Yanko Souchitch, Lou et Robin Blondin, E.Merckx, InnovativeVeille, Paul Harsh, APBMS, Jiri, Gregory Briens, Georges Bendemann, Mark Lahore, Aurélien Delatour, Isaac Garcia, Madrone, Jules, germainarfeux, Sylvain Lout, florianzufferey, juliettedantes, Zweebedee, Georges Gabet, Nicole Mercadier, Pierre Robin, Raphael Lambert, Stef Duchesne, Gabriel, Pasko, Ruffiano Lambretta, Maeki Maii, b.lostexplorer, Vincent Letemplé, Pierre Adema, Federico Midi, Clara Lamy, Nicolasb Palaszuk, Romain Magnan, Eva Kafka, Jacqueline Kalousdian… Pardon d’avance pour ceux que j’oublie… Et je ne parle pas du troisième cercle des acheteurs de tableaux (j’y reviendrai)… Toujours dantesquement, il y a enfin un dernier cercle dans lequel les trois connards se sont rangés, et volontairement, au milieu de mes ennemis et faux amis, renégats et traitres mélangés, les 3 connards… Bravo, les mecs ! Vous êtes pour l’éternité avec les Algoud, L’Yvonnet, Angelier, Laïbi, Loffredo, Pajak, Protsche, Obalk, Zagdanski, Moix, Blanrue et cent autres, vous pouvez être fiers de vous… C’est à David qu’il faut en vouloir, imbéciles ! Vesper aurait dû vous prévenir que ça allait mal tourner, il n’aurait pas dû vous laisser vous enferrer dans cette voie. La plus mauvaise attitude des 3 étant évidemment celle de Matthieu Gouet… Qu’est-ce qu’il vient me donner des leçons ? Il ne pique que lui en croyant m’atteindre avec son dard sans art (c’est-à-dire sans venin). C’est pas un scorpion pour rien ! Comme tous les ennemis de la Vérité, il cherche un détail inexact pour prendre en défaut celui qui la travaille. Par exemple, il me reproche de revendiquer à tort la priorité du sujet des attentats de Charlie sur Virginie Despentes sur laquelle les bien-pensants tombent depuis plus de dix ans parce qu’elle avait parlé des frères Kouachi. Matthieu Gouet est-il assez minable pour ne pas prendre en considération que même si mon Patience 2 est sorti après les interventions de Virginie, mon antériorité sur la question du terrorisme arabe ne fait pas de doute, et il faut être sacrément aveuglé par son sentiment d’avoir été blessé pour ignorer que Despentes me lit et m’écoute avec attention depuis toujours. De plus, tous les nabiens, y compris Charles Branco, qui tenait la caméra, savent que dès le soir du 7 janvier 2015 a été tourné une longue vidéo de mes réactions sardoniques aux attentats… Autre mesquinerie de Gouet : j’aurais noté (comme si je notais les propos de table de Monsieur Gouet !) une info sur D.H Lawrence, inexacte en plus, qu’il m’a dite, un jour dans une pizzeria et qui est ressortie dans une des Feuille, ce qui prouverait ma propension au plagiat… On rêve, de la part de celui qui se confectionna un clip en IA pour la sortie de son roman calqué sur le teaser du Nabe’s News 34, quoi qu’il en dise ! Même son conseiller littéraire (et employeur, car Gouet aussi participe à Playboy…) David Vesper l’a reconnu. Gouet et Montes sont pareils. Ils croient qu’ils m’ont apporté quelque chose et que c’est moi l’ingrat, alors que c’est eux qui sont ingrats : ils ont complètement oublié tout ce qu’ils me doivent, c’est moi qui leur ai fait un cadeau en les laissant, l’un réciter mes contes, l’autre se nourrir de littérature, de musique et de peinture à mes côtés après avoir été accueilli comme un roi dans ma galerie… Hop, tout ça disparaît à la première vexation, et ces connards se retournent contre ce que je fais au lieu de se retourner contre mon caractère. Il faut voir comme Monsieur Gouet joue les méprisants… Car Matthieu, contrairement à Bastien, tenez-vous bien, comme il le dit dans sa lettre, « ben, ça ne m’excite pas plus que ça », cette Feuille !… Comme si un nabien conséquent pouvait passer à côté de ce miracle dont je ne suis moi-même que le témoin, et qui se passe chaque semaine : parvenir à écrire sur le motif du temps, et avec quelles innovations stylistiques (je ne me lance pas de fleurs, j’en ai assez avec celles dont d’autres m’ont déjà recouvert) ! Dans la ponctuation (parenthèses ; points-virgules ; tirets) ; les renversements lexicaux ; les incises en appel ; les guillemets multiprises, et bien entendu les descriptions cinématographiques de faits et de personnages de l’actualité, le tout criblé de pensées en mouvement héraclitéen… Le problème, c’est que Gouet est déjà d’une ancienne génération ; il ne peut pas comprendre ce que je fais aujourd’hui ; c’est dur pour lui de l’admettre… Devant tant de modernité, un Gouet est tout simplement largué, alors que de nouveaux lecteurs de 20 ans sont tout à fait à l’aise dans mon langage in progress. Ça montre une grande impotence d’esprit que de dédaigner mes récentes modulations en action dans la Feuille ! Gouet trouve que je relaie des fake news et que mes aphorismes sont bofs… Mais il se fout de nous, le Gouet ? Il est qui pour se prendre pour quelqu’un ? Encore un qui croit que parce qu’il « aime » beaucoup la littérature et un peu la mienne, il s’est métamorphosé, un beau matin, en cancrelat-écrivain ? Il se ridiculise avec ses bons et mauvais points à me distribuer. Ça ne me dérange pas qu’on me tire la gueule, mais qu’on fasse la fine bouche, si ! Si La Feuille ne lui plaît pas, pourquoi n’a-t-on jamais vu Monsieur Gouet écrire des commentaires pertinents sur mes Éphémérides, sur mes TikToks, mes Pèlerinages ou mes fresques orales dans les 34 numéros de Nabe’s News ? Et a-t-il fait quelque chose des nombreuses notes qu’il prenait lors de ses visites de mon expo Gaza ? Rien, il l’avoue lui-même… Je parle des Nabe’s News, Gouet, comme Montes, y a participé, et Matthieu en traduisant des articles à mon sujet. Comme traducteur, Gouet n’est d’ailleurs pas très bon, et têtu. Il l’est devenu par amour pour des auteurs « à moi » (il le niera aujourd’hui, of course) : les frères Powys, Thomas Wolfe, D.H Lawrence, Wyndham Lewis… Après avoir traduit, sur mon conseil, L’Histoire d’un roman de Wolfe, Gouet s’est mis à un roman de Llewelyn Powys Apples be ripe qu’il a autopublié sous le titre Les Pommes sont mûres. Non, c’est : Que les pommes soient mûres ! Il se serait permis de rajouter un point d’exclamation, le frère cadet de John Cowper en eût été moins trahi. Pareil pour l’autre frère, Theodore Powys, dont Matthieu a sorti un roman Black bryony traduit par Le Navet du diable. Loupé, Gouet ! C’est la bryone blanche, plante hypertoxique, qui est appelée « le navet du diable », alors que dans le titre, Théodore spécifie bien qu’il veut parler de la noire, comme c’est indiqué dans un des dialogues du récit. C’est donc bien Bryone noire qu’il fallait appeler, d’une façon plus juste, le roman (comme Mark Only qu’il faudrait traduire par Mark tout court ou Seulement Mark), et pas Le Navet du diable, banane qui me donne des leçons ! C’est toi qui fais des navets, diablotin de Troyes ! Rien que pour l’avoir ouvert aux Powys qui ont changé sa vie, Gouet aurait dû s’abstenir de publier sur son blog sa riposte pleine de ressentiments et mijotés depuis Dieu sait quand… Il fallait me le dire avant, qu’il y avait plein de côtés de moi qui le débectaient, et en face, quand il était dans l’intimité absolue de la galerie… Toujours la sournoiserie du scorpion : Gouet voit bien que plus aucune contestation ou mise au point n’est crédible puisqu’il les énonce maintenant qu’il a été vexé. Au fond, Gouet (et là je le distingue de Montes) ne m’aime pas et choisit dans ce que je fais ce qui arrange son petit goût de sous-romancier anglais frustré. C’est un petit merdeux provincial sans envergure ni humour. On a bien compris avec Alexandra qu’on avait affaire à un merdeux lorsqu’à Montmartre, une nuit, il nous a raconté en détail (il a toujours des anecdotes sur les écrivains) que Powys se faisait faire un lavement tous les jours par sa femme Phyllis Playter… Pour une fois, c’était pas moi, le « scatophile » !… Voilà ce qu’est devenu Matthieu Gouet : une vieille petite ordure pincée qui balance les copains (Carton), qui croit lever des lièvres (Claudine Duvivier), qui cherche à injecter le doute sur la qualité de mon travail, exactement comme l’ont fait mes anciens contempteurs des années 80 dont il pourrait être le petit-fils, parlant de mes clichés et autres contradictions, se targuant d’être, lui, un courageux critique face aux taiseux naboïsés qui n’osent pas me dire mes quatre vérités, à moi le connard en chef ! Merci bien… Je n’en veux plus ! Désormais, Matthieu Gouet a 32 ans et est père de famille, c’est Vesper qui me l’a dit. C’est ça qu’il va enseigner à son gosse ? Le reniement de sa jeunesse, l’« art » de la délation, la susceptibilité, l’étroitesse d’esprit, l’orgueil blessé ? On ne peut pas être et avoir été Gouet : je ne parle pas de « Summer » Gouet (alias Louise), sa femme, une Anglaise qui en a bavé avec sa césarienne pour mettre au monde leur petit Pierre (Pierre ou les ambiguïtés ?) âgé de 9 mois maintenant. À propos de Summer, je terminerai par la seule vision de Matthieu Gouet qui me restera, et qui résume bien le minus qui s’est fixé des limites morales, celles de tout le monde. Le vendredi 13 novembre 2015, au soir des attentats du Bataclan et des terrasses, on était tous à la galerie Sauton, et Matthieu a été pris d’une crise de tremblements irrépressibles parce que sa Summer était dans Paris à ce moment-là et qu’il craignait égoïstement qu’elle fasse partie des victimes… Il transpirait, grimaçait quasi sanglotant, les mains et les bras secoués de spasmes, et même après qu’il eut été rassuré par elle au téléphone, ça continuait… Je n’ai pas été le seul à être surpris par la réaction de petit Blanc, en effet, de Gouet, qui sans doute désapprouvait mes « prises de position consternantes » sur la politique depuis longtemps, et qui s’était bien gardé de le dire pendant tout ce temps où il fréquentait notre groupe. Dommage, Summer n’a pas vu son Matthieu dans cet état-là : peut-être ne l’aurait-elle pas épousé, car aucune femme ne peut prendre ça pour une preuve d’amour, mais plutôt pour une attitude dégoûtante de petite larve chiant dans son froc pour rien. C’est ça, l’adepte de Wyndham Lewis ?

Si ton roman à venir Marcel s’avère très bon, ce que je pense probable, je le dirai sans problème.

Matthieu Gouet

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°74 – 01 juin 2026

Sonny Rollins. Il était né le même jour que mon père et la même année que ma mère, mais il n’est mort ni à l’âge du premier (99) ni à l’âge de la seconde (91), plutôt à mi-chemin, à 95 ans ; c’est quand même pas mal. Rollins, Rollins… D’accord, mais difficile de pleurer et difficile de s’extasier aussi. J’ai déjà dit ailleurs que ce n’était pas un de mes saxophonistes ténor préférés ; il y a de la concurrence ! D’ailleurs, lui-même le disait : « Je ne me considère pas comme un géant. » Tout juste ! Sonny avait plusieurs points communs avec John Coltrane dont celui d’être absolument merveilleux entouré de vrais géants, en tant que sideman… Écoutez Rollins avec Miles, avec Monk (1954), et surtout avec Max et Clifford (1955)… Tout seul ensuite, il est lâché dans la propre jungle de sa confusion, comme Coltrane qui n’a jamais mieux excellé qu’avec Miles et Monk également, et avec Duke… Autre point commun avec Coltrane : tous les deux, Rollins et Trane, ont été littéralement soufflés par l’arrivée du free jazz à la fin des années 50, mais ils avaient déjà trop de racines enfoncées trop profondément dans le bop pour se libérer de celui-ci et partir en flamboyances célestes, comme les dragons Ornette, Cecil Taylor, Don Cherry (c’est avec Don — et Billy Higgins —, en 62, que Rollins constituera son meilleur quartet) en avaient montré la voie pas du tout lactée, mais nigrescente ! Dernier point commun : les pères Coltrane et Rollins, qui l’étaient par l’ancienneté, se sont fait dépasser par le fils, c’est-à-dire par Albert Ayler qui, on le sait, empêchait de dormir Coltrane mais aussi Rollins, d’autant plus qu’Ayler s’était beaucoup inspiré de Rollins au tout début (il faut réécouter ses premiers enregistrements I’ll Remember April, Summertime et même un Rollins Tune, où Albert fait du Rollins déchiqueté) et que d’emblée, alors qu’il était encore un petit nouveau, Ayler était en surpassement de tout ce que Rollins avait fait et de tout ce qu’il pourra faire… Pourquoi ? Eh bien, c’est très simple, et je rejoins là Lester Young qui avait fait cette critique à Sonny Stitt (encore un grand ténor, mais limité) en lui disant : « C’est très bien ce que tu joues, mais je ne t’entends pas raconter une histoire… » Tout est là, et c’est un des grands secrets du jazz : les génies des génies sont ceux qui racontent une histoire en jouant, ou si vous préférez qui ont quelque chose à dire, et quel que soit le style : Johnny Hodges avait quelque chose à dire ; Pete Brown avait quelque chose à dire ; Parker avait quelque chose à dire (n’en parlons pas) ; Lester, bien sûr au-delà de tous, pour rester dans les saxos ; mais aussi, Armstrong, Django, Ahmad Jamal, Charlie Mingus, pour en sortir. Voilà la grande tragédie de Sonny Rollins : malgré son romantisme, son exubérance, sa virtuosité de danseur caribéen dégommant, pour ne pas dire dégammant, les accords, il n’a rien à dire. Au bout de quelques chorus, vous vous ennuyez, il faut être honnête, Rollins bouffe tout l’espace, il vous saoule, « l’éléphant fou » (voir mon texte dans Oui) ! Beaucoup de bavardage, et du tronçonnage de morceaux comme des bouts de viande sonores : d’ailleurs, mon mentor Jean-Pierre Lindenmeyer appelait Rollins « le boucher »… Rollins découpe trop, à la scie, au tranchelard, au couteau à désosser, à la « feuille » ! Il a massacré notre balade My One and Only Love, à Diane et moi… Est-ce qu’un seul solo de Rollins est entré dans l’Histoire du jazz au point d’être chantable, comme un thème ? Non. Au moins, Coltrane avait son Giant Steps, et il a composé Naïma… Le changement de look permanent de Rollins ne dénote pas non plus une réelle stabilité dans sa musique. Crâne rasé, avec ou sans crête d’Iroquois, coiffé d’un béret, d’une casquette, avec la barbe, pas la barbe, les cheveux tout blancs en afro, des lunettes de soleil, aux montures blanches, en chemisette, à fleurs, pas à fleurs… J’ai vu plein de fois Rollins, à Antibes, à Nice, à Paris, avec un tromboniste, un guitariste, une cornemuse… Son hymne Saint Thomas apporte de la joie, oui, mais une joie vide qui tient éloigné tout sens tragique ! Au lieu de jouer le zouave solitaire sur le Williamsburg Bridge, Rollins aurait mieux fait de travailler ses ponts dans l’anatole ! Ça ne suffit pas de donner sans arrêt des leçons de sagesse, d’altruisme, d’amour… La musique d’Ayler, c’était un Love Cry. Chez Rollins, il y avait le love, OK, mais le cry manquait.

Anecdote personnelle. Je l’ai racontée souvent sur plusieurs supports, mais ici je la précise : en 1959 (je venais de naître), Rollins s’était produit avec son trio à Marseille : mon père Marcel était allé l’écouter et l’avait suivi ensuite à Aix-en-Provence où le grand manitou du jazz provençal, Roger Luccioni, avait entraîné Sonny et ses musiciens dans une cave pour faire le bœuf en after. C’était Kenny Clarke qui tenait la batterie et Henry Grimes la basse, ils ont joué trois morceaux superbes, Rollins stimulé par le drumming exceptionnel de Klook. Cette jam au débotté a été enregistrée et c’est Marcel qui a récupéré la bande magnétique, l’échangeant contre une vierge remise à celui qui avait procédé à la captation : j’ai donc écouté ce concert toute mon enfance, en boucle, je le connais par cœur… Tenez-vous bien : au lieu de me laisser en héritage ce petit bijou de famille, Marcel l’a refourgué 40 ans après (et sans me demander mon avis) au producteur de jazz Gérard Terronès, cauteleux ruffian shooté et chapeauté, qui a produit pas mal de stars du free dans les années 70. Terronès avait promis à Marcel qu’en contrepartie de cette bande de Rollins inédite, il offrirait au Zanini’s band une séance d’enregistrement gratos dans un studio, et mon père, ce con (tout père est un con), a cédé (c’est le cas de le dire)… Immédiatement, Terronès s’est empressé de monnayer la bande et de la refiler à une firme danoise qui a sorti le CD (je vous l’avais pas dit ?) au nez (pas creux) de Zanini et à la barbe (lésée d’une touffe) de Sonny Rollins, et n’a jamais rien organisé pour Marcel… J’étais furax de ce vol caractérisé et de cette promesse non tenue ; même Gemini le souligne, tout en généralisant un peu… Dans les écrits de Marc-Édouard Nabe (le fils de Marcel Zanini), Terronès est dépeint avec une amertume féroce, précisément à cause de l’affaire de la bande de Sonny Rollins. Pour la famille Zanini, le procédé relevait de la trahison pure et simple. Dans ces pamphlets parlés et écrits, Nabe revient sur les figures marquantes de sa jeunesse et fustige régulièrement les profils de producteurs ou d’éditeurs qu’il considère comme des « voleurs de génie », prenant souvent l’exemple de Terronès avec la bande de Rollins comme le cas d’école de l’entourloupe artistique. Nabe utilise cette histoire familiale comme une métaphore de la manière dont les intermédiaires de l’art (producteurs, éditeurs) finissent par déposséder les artistes de leurs propres trésors. Je devais retrouver Terronès en 2017, quelques semaines avant sa mort, par hasard, dans un bar du Châtelet… Il a été avec moi d’autant plus affectueux qu’il se sentait coupable. Fin de l’anecdote ; on passe au sujet suivant qui n’a rien à voir.

Indubitablement, la vraie star du Festival de Cannes 2026 aura été Gilles Lellouche, palme d’or de la gaffe ! Il ne s’est pas méfié, mais en fin de conf’ de presse, un Beur envoyé par la bande à Bouteldja/Boussoumah, de « Paroles D’Honneur », lui a posé une question en lui demandant s’il faisait bien le rapport entre l’extrême droite des années 30-40 à laquelle avait résisté Jean Moulin, qu’il venait d’incarner au cinéma, et le RN d’aujourd’hui, « fondé par certains des collaborateurs de Klaus Barbie » qui avait torturé à mort Moulin, et contre lequel évidemment il faudrait résister aujourd’hui en votant La France Insoumise. « Elle est pas un tout petit peu orientée, votre question, non ? J’ai pas de réponse à ça, monsieur » lui a décoché Lellouche sans même savoir à quel point elle était plus qu’« orientée », la question de ce petit sidi séide de Mélenchon… Résultat : des tornades de merde sur le pauvre Gilles rebaptisé « Gilles Lellâche ». Ce n’est pas ici que je raconterai mon lien avec les frères Lellouche, surtout avec Gilles, mais ç’a été à mon tour d’en recevoir plein la gueule, des paquets de diarrhée réseautesque pour avoir pris sa défense sur Instabook et Facegram, parce qu’il avait totalement le droit de ne pas se prononcer dans le climat dictatorial de binarité d’aujourd’hui où si on ne dit rien contre le RN, on est forcément de son côté ; avec son corollaire : si on ne dit rien pour LFI, c’est qu’on est forcément contre… Marre ! Le fait de ne pas réagir contre l’extrême droite fait de vous quelqu’un d’extrême droite ! 

En plus, tout ça ne sert à rien puisqu’aucun des deux partis « extrémistes » ne gagnera, et c’est ce qu’ils appellent « l’extrême centre » (pas mal trouvé) qui remportera le pompon des élections 2027, c’est-à-dire n’importe quel représentant d’un mix insipide de républicain et de socialiste : en gros, un macroniste de plus ; pas de quoi s’affoler ! Oui, la lelloucherie était malencontreuse, mais l’acteur de Moulin a eu complètement raison de botter en touche, quitte à ce qu’on juge nazies ces bottes… Imaginons que Lellouche ait plutôt répondu : « Oui, je suis d’accord avec vous, et d’ailleurs Jean Moulin nous renvoie tous à notre devoir qui est de lutter contre le fascisme en marche qui est un risque aujourd’hui pour notre pays », tout le monde aurait trouvé ça génial. Lellouche aurait été encensé comme l’acteur incarnant au mieux Jean Moulin personne d’autre que lui ne pouvant être aussi proche du grand « Max » (son pseudo dans la Résistance), qui était, à sa façon, résistant au RN de son époque… Même les petits jeunes hommes bien proprets de France Culture en remettent une louche sur Lellouche qui aurait dû prendre position, faisant presque (et malgré lui) de Gilles un héros de Drieu la Rochelle ! « Les films sur la Seconde Guerre mondiale sont évidemment traversés par les enjeux du temps présent et ils l’ont toujours été d’une certaine manière. » Ah bon ? C’était quoi « les enjeux du temps présent » en 1974, quand sont sortis les excellents films Lacombe Lucien et Portier de nuit ? Est-ce que Le Pen était aux portes du pouvoir ? Est-ce que CNews était la première chaîne d’information propagandiste de l’extrême droite ? Bien sûr que non ! On passait de Pompidou à Giscard, c’est tout, et Le Pen était à 0,75 %… C’est maintenant, en 2026, qu’on veut absolument faire coller ce qui se passe en France aux mythes héroïques ou infamants du passé historique du pays (résistants et collabos). Jean Moulin devient le symbole de la résistance à Bardella, et même celui de la résistance à toute oppression ! Non, Jean Moulin n’était pas que l’admirable couillu de Caluire, sanctifié, panthéonisé, intouchable, mais aussi un petit arriviste communiste bourgeois, mondain politicard bureaucrate, trafiquant de tableaux et peintre raté… Et pédé ! Après avoir été avant-guerre le giton de Max Jacob, il y a de fortes chances que Jean Moulin, en 42, se soit tapé son petit secrétaire de 22 ans (qui ne s’outa homo qu’une fois vieillard), Daniel Cordier… Voilà pourquoi c’est d’autant plus hypocrite et malhonnête de la part des Indigènes incultes de PdH de faire de Moulin un maître-étalon de l’héroïsme antifasciste, alors que pour ces Arabes pudibonds et moralisateurs, Moulin est avant tout un sale préfet blanc et céfranc qui a poussé les troupes sénégalaises coloniales à se battre pour la France… De toute façon, comme d’habitude, c’est l’avis de Céline qui tranche : quand Moulin et Destouches se sont retrouvés chez un ami commun en Bretagne au début des années 30, le récent auteur du Voyage, n’a éprouvé aucune sympathie pour ce coq idéaliste républicain, futur héros de la Résistance. Sors d’ici, Jean Moulin !

Nouvelles plaintes contre Patrick Bruel. Sa mère, Madame Benguigui, quand elle lui donnait le sein, bébé, l’accuse de lui avoir pompé trop fort un téton pour en extraire plus de lait que la normale et s’est décidée, à l’âge de 94 ans, à aller au commissariat car, avant, elle était en état de sidération. Sa maîtresse d’école en CP a également déposé une plainte pour harcèlement à l’encontre de celui qui avait été le petit Patrick et qui avait lancé une cocotte en papier en direction de son décolleté. Sur l’insistance de Marine Turchi de Mediapart, une ancienne petite amie à lui, qui en 1973 avait accepté de dépuceler Patrick, a témoigné qu’elle l’avait aussitôt regretté 35 ans plus tard et a exigé du Parquet qu’il ouvre une enquête. Une comédienne de la génération de Bruel, dans le même élan de libération de la parole des femmes, a rapporté le récit glaçant selon lequel de nombreuses fois, bien que consentante à chacune, Patrick n’a pas hésité à la violer sans jamais la toucher ni la pénétrer. Une chanteuse, âgée aujourd’hui de 58 ans, se souvient dans des propos recueillis par Le Parisien que, très amoureuse du chanteur-acteur dans sa jeunesse, elle lui avait dit, après la fellation qu’elle lui avait elle-même proposé de lui faire dans sa loge, et malgré sa difficulté à parler, qu’elle conserverait son sperme « éternellement ». Sauf qu’ayant été obligée de le recracher 28 ans plus tard, et dans le lavabo de la salle de bain de sa mère qui l’avait envoyée s’offrir à Bruel à la sortie d’un concert de l’interprète de Place des Grands Hommes, la demandeuse estime avoir été à l’époque sous emprise, et réclame désormais des dommages-intérêts. Une maquilleuse de l’équipe des Enfoirés vient de révéler, pour le site https://onetaitdaccordmaisonnelestplus, son aventure consentie avec Patrick intitulée J’ai branlé Bruel : « Je me suis sentie ensuite dépossédée de mon corps lorsqu’il m’a demandé pendant la masturbation que je lui prodiguais de lui mettre un doigt dans le cul, ce que j’ai fait avec plaisir sur le moment mais qui me revient chaque nuit comme un cauchemar, malgré les 14 ans écoulés »… Une groupie handicapée moteur et mentale, après avoir imploré, il y a plus de 20 ans, le chanteur de lui donner un peu d’amour, avait supplié qu’il la sodomise sur son fauteuil roulant. Celle-ci estime avoir été abusée lorsque l’artiste, ayant constaté, en se retirant du rectum de son admiratrice, que son membre avait été souillé par de l’excrément issu de la pénétration anale, se montra très excité par la vision d’un peu de cette crotte féminine sur son gland, et décida de déféquer sur la figure de sa fan, puis de lui badigeonner avec ses propres déjections le pourtour de sa bouche en béance labiale. Poussée par son entourage, et par la multiplication des accusations contre Patrick Bruel, la victime dénonce aujourd’hui un comportement inapproprié, promettant d’apporter au tribunal, comme preuves, les restes de selles de Bruel conservées pieusement par elle dans un bocal de confiture (vide) Bonne Maman, afin qu’on puisse déterminer, par des tests ADN, si celles-ci sont bien le fruit du célèbre people dans la merde, et qui depuis ne cesse de clamer son innocence jusqu’à se casser la voix…

C’est très curieux qu’on n’entende pas venir à la rescousse de Patrick ses copains…. On leur a recoupé la langue ou quoi, aux Richard Berry, Élie Chouraqui, Timsit, Claude Lelouch, Élie Semoun ?… Si on suit Soral, qui a (toujours) tort, la communauté soudée est plus forte que tout, et ces gars-là, bien qu’accusés de viol, d’inceste ou de pédophilie, sauront toujours s’entre-protéger pour réussir à « s’en sortir »… Bien sûr que non ! En ce sens aussi, l’époque a changé, antisémitiquement parlant. La terreur MeToo est tellement puissante que la solidarité judaïque est rendue quasi inexistante. Sur un autre sujet, tous les potes juifs de Bruel l’auraient soutenu pour qu’il ne soit pas traité en martyr : aujourd’hui, même eux gardent leur distance parce qu’ils sont terrorisés par les hordes de femmes revancharderesses, déchaînées et brutales, comme on en voit dans la bande dessinée La Révolte des ratés de Guido Buzzelli.

Ils disent tous la même chose : « Il faut respecter les victimes » (alors que ce sont des plaignantes) ; « il faut tenir compte de la présomption d’innocence » (alors que l’accusé est considéré comme coupable toute la journée par les médias) et « il faut laisser la Justice faire son travail » alors qu’elle ne le fait jamais… L’argument qui se croit massue aussi, c’est de dire que toutes les femmes qui se plaignent de Bruel ne peuvent pas mentir puisqu’elles racontent toutes la même chose alors qu’elles ne se connaissaient pas. Mais c’est pas parce qu’elles ne se connaissent pas que ça prouve qu’elles disent la vérité ; c’est parce que toutes les femmes se ressemblent qu’elles disent la même chose. Comme ma femme me dit : « Bien dit ! Mais allez faire comprendre ça… »

On va me dire (on le dit déjà) que je ne défends que des Juifs et que je suis donc devenu un sioniste invétéré ! Mais non, mecs ! Je suis juste juste. Vous vous rendez compte que le « bon côté » est devenu tellement laid, tellement faux, tellement scandaleusement ignoble qu’on en arrive à trouver un Patrick Bruel plus « propre » que ses ex-saute-au-paf qui l’accusent ? Qu’on est forcé de constater que le piégeur de pédophiles est plus dégueulasse que les pédophiles eux-mêmes (voir Feuille nabienne 73) ? Que face à la veulerie des 600 signataires acteurs et réalisateurs bobo-pensants de la tribune anti-Bolloré, qui tenaient à s’opposer à la mainmise du magnat judéo-breton jugé « fasciste » sur le Cinéma, on ne peut qu’estimer logique et digne l’attitude du DG de Canal + Maxime Saada (encore un Juif !), qui a annoncé ne plus vouloir servir la soupe à ces intermittents du crachage dedans. Que penser encore de soi lorsqu’on préfère la pine de Patrick Sébastien à la tronche de Delphine Ernotte, cheftaine de France Télévisions, tellement elle est ridicule avec son air de clown blanc mal démaquillé ? Et comment supporter, pour rester dans les clownesses, d’avoir toujours envie de dégueuler en voyant partout Gisèle Pelicot, avec sa tête d’Auguste peint par Bernard Buffet, afficher avec indécence sa satisfaction que son mari soit entaulé pour 20 ans à cause d’elle, et qu’à 73 ans, elle ait retrouvé « l’amour » ?… Ce sont toutes ces questions qu’il faut se poser, et qui tournent autour de la centrale, celle qui rayonne à notre époque : pourquoi on ne peut pas faire autrement que d’être du « mauvais côté » ?

Il y a peu de gens qui comprennent, et quand tout le monde vous admire, il y en a encore si peu qui comprennent… presque aussi peu qu’auparavant.

Picasso

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°73 – 25 mai 2026

Pierre Kone. Ça se prononce « Koné » (son père est de Côte d’Ivoire), et on peut s’amuser à déconner sur son nom à la con, à ce petit con que maintenant tout le monde connaît. C’est un jeune activiste TikTokeur de 21 ans, un « streameur » qui se fait appeler « Finnyzyy », il adore dénoncer les autres et révéler leur identité, mais il tire la gueule quand on dévoile la sienne. Ce sombre métis pas clair passe son temps dans sa chambre à piéger les « pédo-criminels » : il a fabriqué pour cela, avec l’IA, une fausse fille de 14 ans (il a fait bien exprès de choisir un âge juste avant la majorité sexuelle de 15), « Léa », dont il publie le profil, et avec, il harponne les « gros poissons » pour les filmer en direct devant des milliers et des milliers de lâches pékins planqués qui jubilent de voir un gars, en toute « confiance », exprimer face à sa cam son goût pour la juvénilité, aidé en cela par les questions insidieuses posées par Kone alias « Léa », une brunette assez insignifiante… Une fois que le type s’est bien fait griller, Kone l’affiche et envoie sa fiche à la police, car monsieur travaille avec la police, main moite dans la main sale… Super, comme nouveau boulot pour jeunes : délateur de pédos, indic’ pour flics ! Kone est tellement fier qu’il en exulte comme un hystéro cocaïné, incapable d’aligner deux mots à la suite !… Kone a explosé récemment en tant que « chasseur de pédophiles » médiatisé en coinçant un vieux beauf de 66 ans, moustachu, en train de draguer sa poupée bidon à qui le piégeur donne « vie » par écran interposé, utilisant un filtre qui lui permet de se faire passer pour elle… Kone a déposé la petite « Léa » comme un morceau de fromage (de faux fromage) dans une tapette à ressort, afin que le vieux rat s’approche et le bouffe. Tout son public d’internautes est à genoux d’admiration… Il faut lire les commentaires ! Dans le tas, énormément de puceaux frustros et de mémères MeTooïsées, mais surtout des Beurs moralisateurs et menaçants à qui le live antipédocriminel de Kone donne du grain à moudre (j’ai pas dit « de la graine à Mouloud », ce serait raciste !), et qui montent sur leurs grands chevaux (j’ai pas dit non plus « sur leurs grands chameaux, avec leur gros cul coincé entre les deux bosses » !), comme si ces donneurs de leçons outragés, indignés pleins de nobles sentiments, décidés à remettre ce monde à l’envers à l’endroit, étaient irréprochables (surtout avec les femmes) : évidemment que non ! 44 000, ils étaient, à assister à l’auto-engloutissement d’un « salopard » qui croyait parler à une petite alors que c’était Kone derrière qui faisait la voix et tous les mouvements de sa marionnette virtuelle… En plus, ça se voyait tout de suite qu’elle était figée, la fillette, avec son poing dans la manche de son pyjama et perpétuellement sur son menton pour cacher le petit bouc du noiraud pervers… Car qui est le plus pervers des deux ? Le pauvre sexagénaire tentant sa chance auprès de la gaminette ou le vingtenaire qui s’autorise à le montrer du doigt pour qu’il se fasse lyncher ? Un petit Kone a piégé un gros connaud ! Au début, c’est la nubile aguicheuse qui tient absolument à voir la tronche du pédo en visiophone, pour que Kone puisse l’enregistrer, et c’est lui-elle-« Léa »-l’IA qui mène le dialogue. Dès le départ, elle demande au vieux mec : « T’as quel âge ? ». Il répond très honnêtement : « Bah justement, je vais dire que j’ai 66 ans. Si c’est trop, si ça te dérange, je comprends. » Et plutôt que de lui dire : « Ah oui, en effet, on va en rester là, salut ! », elle continue à le titiller « C’est à toi de voir si ça te dérange, moi j’ai 14 ans… » Comme il se méfie, il dit qu’il ne sera certain qu’elle est « vraie » qu’après qu’elle lui aura montré un bout de son épaule… Kone s’exécute. À chaque fois que le « préda » tente un truc, « Qu’est-ce que ça veut dire ? » « Comment ça ? » « C’est toi qui vois » lui répond cette fausse petite salope, mais petite salope tout de même. Et quand il l’invite à l’accompagner un de ces jours pour voir un match de foot au Parc des Princes, « Léa » lui demande : « Qu’est-ce que tu vas dire à ta femme ?… » Plus tard, lorsque le vieux proposeur ose : « Ça te plairait qu’on s’embrasse tous les deux par exemple ? », cette Kone de « Léa » lui rétorque : « Les gens, ils vont dire quoi dehors ? » Si le relou monte au craignos, «  T‘as envie de voir quelque chose de moi ? », elle ne dit pas qu’elle ne veut pas, mais qu’elle a peur d’aller en prison ! Alors, l’autre, évidemment, revient à la charge : « Tu penses à quelque chose ?… Oui, bah, forcément, moi, j’y pense, donc toi aussi t’y penses. » « Je pense à quoi ? » « À mon sexe, par exemple » lui répond celui qui vient de signer son arrêt de mort. « Mais j’ai 14 ans… » « Et alors ? À 14 ans, t’as des filles qui ont déjà fait l’amour, même avant… » À un moment, il dit quand même qu’il va arrêter parce qu’il ne veut pas insister, et c’est elle qui le relance : « Tu as dit que tu voulais m’embrasser… » « Est-ce que ça te ferait envie ? » « Je peux pas prédire le futur. » Ça veut pas dire non, ça ! Pour se voir, « Léa » lui dit enfin qu’elle sera disponible dès le lendemain après-midi. Et soudain, c’est lui qui la bloque. Au bout de 40 minutes, le moustachu a enfin pigé l’arnaque. Trop tard ! Quelqu’un l’a prévenu qu’il était en train de se faire niquer, et il a été reconnu. Kone signale qu’un de ses viewers vient d’écrire le nom du pépère (en caractères majuscules) : il s’appelle Dominique et est de Vesoul. C’est Brel revisité ! J’aurais voulu te faire voir ma bite et on a vu Vesoul ! Bref (et pas Brel), le « pointeur » est un ancien professeur de sport et directeur de l’UNSS en Haute-Saône… Illico, Kone est passé de l’obscurité à la pleine lumière, et c’est bien grâce à ce retraité de fédération sportive scolaire ! Kone n’a même pas eu besoin de le donner aux flics car l’ex-moniteur vésulien concupiscent est allé dès le lendemain se dénoncer comme un gland à la police, lui qui proposait la veille de montrer le sien à une miochette qui n’existait pas !… D’ailleurs, si j’étais Dominique, pour ma défense, je dirais aux juges que j’avais vu que c’était une fille issue de l’intelligence artificielle, mais que j’ai joué le jeu pour voir jusqu’où irait cette petite crapule qui avait essayé de me piéger. « Provocation à commettre une infraction », ça s’appelle. C’est pas du jeu !… Étant donné que ce n’est pas une véritable jeune fille, il est fort possible que l’accusation pour corruption de mineure ne s’applique pas sur une virtuelle. Ça se plaide, ça… Le problème, c’est que le pédominique avait déjà été condamné en 2025 à 18 mois de sursis probatoire parce qu’on avait retrouvé des images pédo-pornos dans son ordi. OK, mais où sont ses actes, où sont les filles qui se plaignent qu’il leur a sauté dessus ? Nulle part… Les gens croient que le spectacle le plus révoltant, c’est de voir un pédo dragouiller de la minette ; moi, je dis que c’est celui de voir Kone pousser sa proie à la faute…  Il faut se les taper, ses vidéos ! Ça vaut les films sélectionnés à Cannes… Dans une autre, j’ai vu un autre innocent dupé se faire piéger également par Kone. Un pauvre mec, très sensible, chauffeur-livreur chauve, d’une cinquantaine d’année et d’1,60 m, avec sa croix du Christ pectorale sur son torse nu. Il s’appelle Gilles : un croisement entre Christian Hecq et Jacques Dufilho… Et pas si con, le Gilles : pendant 1 h, il a tenu bon, sans faire un seul faux pas, sans émettre un seul mot déplacé, juste des compliments very soft sur les yeux et le sourire de « Léa » Kone qui n’a pas arrêté, elle, de le motiver, de lui faire entrevoir une possibilité de rencontre, mais Gilles n’a pas bougé : on sentait seulement le type esseulé et étonné qu’une jeune fille accepte de discuter tendrement avec lui un soir de déprime. Bien sûr, tous ses propos sont interprétés sur le champ sur le tchat comme les déjections graveleuses d’un soi-disant « détraqué », alors qu’ils ne sont que l’expression du désarroi d’un petit papy paumé qui cherchait juste un peu de conversation nocturne. D’ailleurs, après la diffusion de la vidéo, quelques commentaires sur YouTube montrent que certains ont vu clair dans les objectifs du pousse-au-crime Kone visant le pauvre Gilles… @mymy.007 : « Je pensais être la seule à trouver ce monsieur plutôt sympathique et niais. Il abuse de fou finnizy ». @Richard-us8wz : « Il y’a beaucoup de personnes seules en misère affective surtout et qui n’ont pas eu d enfants. Peut être que ca lui manque d avoir une compagnie la solitude ça te bouffe de l intérieur. il n a pas été irrespectueux même si il a l air tebe ». @CARTEUH : « arrêter avec votre paranoïa a deux balles c’est insupportable a force tu n a pas vu grand chose de ta vie je t assure »… Dans une un peu plus ancienne vidéo, c’est au tour de « 16 cm avant JC » (pas mal) de passer à la moulinette du pédophilophage… Lui, c’est un Corse d’Ajaccio, 46 ans, ancien plongeur au chômage, qui dit à « Léa » : « T’es belle, t’es sexy », et elle lui demande avant qu’il ne se montre : « T’as une photo de toi ? » On le voit ensuite torse nu, lui aussi, mais châtain, avec ses grandes oreilles : « 46 ans, ça te gêne pas ? » « Ça dépend de toi… » « T’es une fille et une femme quand même… » « Tu voudrais faire quoi avec moi ? » Toujours ses relances… Quel salope ! Finalement, Kone craque encore et se démasque. En voyant un maure apparaître sur son écran à la place de la petite fille, « 16 cm avant JC » explose : « T’es justicier ? T’as des couilles ? Donne-moi ton adresse ! Va te mêler de ton cul ! Tu crois que je vais me justifier ? Arrête de jouer au héros, mange tes morts, je t’attends en Corse avec un fusil à pompe ! Enculé ! » Kone s’écrase : « Je voulais juste discuter… » Tu parles ! Kone dit que tout est entre les mains de la police et que son but est de faire emprisonner tous les pédos du monde… Deux derniers exemples pour que vous compreniez bien l’infect « système Kone », sa mentalité dénonciatrice et sa puérilité ontologique qui confinent à une nouvelle barbarie, celle du « bon côté », et qui illustre parfaitement cette époque particulièrement ignoble.

Bruno est un sexagénaire rocker à banane, à la voix chantante : en une heure, il n’a osé demander à « Léa » que : « Est-ce que tu as déjà fait l’amour ? », et là, le Kone est obligé de simuler un bug pour reprendre son souffle auprès de ses auditeurs. Il fait souvent ça, c’est comme des apartés à ses fans ; il met le « monstre » en pause tellement c’est dur pour lui, si pur, d’entendre tout cela : « C’est une dinguerie, frères, ce fou malade ! C’est un détraqué mental ! » « Détraqué mental » parce que Bruno, tout à fait inoffensif, demande à « Léa » si elle a déjà vu le loup ? Hou ! Hou ! Pierre Kone, élevé comme il l’a été dans une ambiance de moralisation étriquée d’immigré blanchi dépourvu de toute connaissance des rapports humains, décide donc qu’aucune fille ne doit baiser avant quel âge au fait ? Reprise de la discussion : Kone refait sa pute en harcelant Bruno d’interrogations enfantines « Ben c’est-à-dire ? », « Mais où ? » « C’est toi qui dis »pour que celui-ci explicite son « envie ». Et c’est là qu’une fois encore, l’ado attardé café au lait tombe le masque (ou plutôt le filtre) et s’adresse à Bruno directement en le tançant. Monsieur Kone le menace et lui fait si peur que le « criminel » s’excuse, et jure qu’il ne recommencera pas… Tout juste si le coupable de 60 ans ne pleure pas et demande pardon… Pardon de s’être fait blouser par un petit Noir qui l’a chauffé à blanc à travers un fantôme de jeune femme ?… Enfin, il y a Nicolas, qui est celui qui m’a le plus touché : quadragénaire père célibataire parisien qui vit avec sa gosse de 12 ans, il est sincèrement et d’emblée en crush pour la « Léa » qu’il ne connait que par la fausse photo que Kone lui a envoyée. Nico monte très vite et très haut dans l’amour ! Un « amour caché » comme il dit et qu’il envisage sérieusement au bout d’une heure et demie de convers’ avec l’allumeuse… Nicolas attendra qu’elle grandisse pour déclarer sa flamme au monde entier ! Kone lui demande si ça ne lui pose pas de problème que sa fille n’ait que deux ans de moins que « Léa ». Pas du tout, c’est un très bon père et il « gère » parfaitement sa petite fille adorée. Il dit qu’il présentera sa nouvelle femme à sa fille, comme il se chargera de parler aux parents de « Léa » quand elle partagera officiellement sa vie. Vite, un faux bug pour que Pierre soulage sa haine : « Je vais péter un câble, frères ! » Pour lui qui n’a rien vécu, on ne doit pas faire de plans sur la fillette de 14 ans quand on est père d’une de 12. C’est sa loi… Nicolas confirme qu’il est un « vrai homme », « sérieux, respectueux », qui prendra soin de sa petite amoureuse, qui la protégera, la sécurisera. Tout ce dont toute femme rêve, quel que soit son âge ! Nicolas l’aidera même à ouvrir son salon de coiffure comme c’est son souhait. Il se projette, il dit qu’il veut la « garder », peu importe les obstacles… Tout ça sans un mot porno, ni même cru, ni vicelard. « Léa » le complimente, à son tour, et lorsque cette petite fumière lui dit « j’aime trop », ça frappe Bruno en plein cœur. Puis elle le met au défi de sortir immédiatement et de crier « Je l’aime ! » pour lui prouver son amour. Il le fait ! Par son téléphone, on voit la rue, de nuit, déserte, et Nicolas crie son amour… Magnifique ! Qui osera dire que ce sont les femmes, la race la plus romantique ? Le premier rencard est pris pour le lendemain, 16 h 30, au parc Monceau… Mais Nicolas ne viendra pas car entre-temps, il a compris qu’il s’était fait rouler : on imagine dans quel état il a dû être de voir son rêve s’effondrer comme un échafaudage balayé par un coup de vent. Ça n’empêche pas Kone, à qui son gibier de potence a échappé, de le traiter de « fils de chien ! » sous les applaudissements de ses followers acquis à la cause antipédophilique… Allez, un petit dernier… « L’homme au costume gris »… Cette fois-ci, le piège n’est plus en visio, mais par messages. Après avoir fait en sorte qu’un type « ajoute » sur Snap un nom de fille (du genre « Louna012laplusbelle » comme il est arrivé à Kone d’utiliser de pareils pseudonymes sur MovieStarPlanet), la demoiselle engage une conversation jusqu’à lui écrire : « J’ai 14 ans la j’me fait chier à république » « Moi, je vais vouloir te baiser » lui répond le vilain corbeau par cette petite meuf alléché… « Ah bon. Mais tu viens quand » « Quand tu m’auras fait une photo de toi place de la repu. Et je suis là dans 20mn. » Alors, Kone et son gang de racailles agitées y vont direct et lui envoient une photo vite fait du plus mignonnet du groupe, métamorphosé par filtre instantané en jeune fille lisse de 14 ans !… L’homme répond qu’il la trouve « très jolie » et dit qu’il portera un costume gris pour qu’elle le reconnaisse. Tous les petits puceaux frustrés sont émoustillés de chercher « un type en costard gris », et finissent par en repérer un sous un abribus qui regarde son iPhone… C’est certain, c’est lui ! Il n’y a plus qu’à aller le cueillir, en horde de gnomes gluants, expectorant des « en fait, en fait », au milieu du magma de borborygmes qui fait office de langage chez cette Gen Z de merde… Ah, on n’imaginait pas la nouvelle Gestapo comme ça ! Ils apostrophent le mec gaulé (en fin de trentaine, et assez handsome somme toute), et le coursent en pleine rue en lui disant que c’est eux, la fillette, et que lui, c’est un prédateur, qu’il n’assume pas, et qu’il a été cramé, et ils lui font la leçon : « Monsieur, vous avez pas honte ? C’est un crime, monsieur ! On va appeler la police ! » Le type continue à marcher, d’un pas vif, agacé, il se dirige vers un café, entre dedans et va se cacher aux toilettes… Les petits morveux en meute continuent à le harceler jusque dans les chiottes. Kone avertit le patron du bar en disant qu’il y a « le prédateur d’une petite fille » dans ses WC. « Où est la petite fille ? » demande logiquement le patron, un quinquagénaire encore de l’ancien monde. « Il n’y a pas de petite fille » répond Kone, c’était juste un piège, mais sous la pression, le patron appelle la BAC. Pendant ce temps, les jojos vont dans les chiottes et alpaguent le coupable qui dit qu’il a rendez-vous avec quelqu’un ici et qu’il n’a rien à voir avec cette histoire. En effet, il est bientôt rejoint par un collègue que Kone et sa bande soupçonnent d’être lui aussi un pédophile, car peut-être voulaient-ils se prendre à deux la petite de 14 ! La BAC arrive et, sur les « ordres » de Kone, interpelle le gars en gris et lui demande des explications. Résultat : garde à vue puis perquisition à son domicile. Kone trouve tout à fait normal ce genre d’expédition punitive, de « pédonnade », pourrait-on dire, et menée par ces Dupont Lajoie basanés… Pour le traqueur de pédos, c’est une question de principe : quand on est un adulte, on ne cherche pas à connaître une fille de 13 ou 14 ans ! Dans un autre temps, ce genre de sale con n’aurait pas hésité à piéger et à faire tomber Claude Debussy, Egon Schiele, ou plus près de nous Prince qui, tous les trois, se sont mis en couple avec des filles de 16 ans… Pas un poil d’une des nattes huileuses de Kone ne se demande si ce n’est pas plus crédible que scandaleux qu’une jolie jeune fille trop mûre pour son adolescence préfère sortir avec un mec de 30 ou 40 ans plutôt qu’avec des racaillettes de son âge, fœtus de porcelets sur pattes, les mêmes qui entourent Kone en ricanant, larves crades mi-blacks mi-beurs qui constituent sa brigade anti-pédos qui pue le pipi de Tchat, et surtout la connerie, la délation, la lâcheté et la bien-pensance ! Car Kone and Co ne connaissent rien d’autre que la Bien-pensance et le Buzz, qui sont liés d’ailleurs… Mais moi, la question qui me parait essentielle, c’est : qu’est-ce qui peut bien se mijoter dans la sexualité d’une petite frappe balance moralisatrice comme Pierre Kone pour s’être lancée depuis l’âge de 17 ans dans une croisade pareille qui, au fond, ne le concerne en rien ? Personne ne l’interroge là-dessus, le Finnyzyy… Comment Kone arrive-t-il à « faire » si bien la fille ? La facilité avec laquelle il se glisse dans la peau d’une éphébette dénote au minimum une certaine féminité chez ce garçon, non ? Ça le fait kiffer à ce point de se faire draguer par des lourdauds salauds ? Déjà, son vocabulaire le trahit. En plein match de foot, Kone a posté sur X : « MBAPPE TROUE MOI L’ANUS ». Une autre fois, il dit qu’il aimerait bien être une meuf pour « galocher les babines » de son keum. Il parle beaucoup de « sucer », d’« arrêter de sucer » et quand il insulte, il dit facilement « suce ma bite, bouffon ! ». Il appelle un pote « bb » et un autre « bg », il a posté des photos de deux hommes asiatiques qui s’embrassent… Il a aussi relayé une loi malgache qui tend à castrer chimiquement ou chirurgicalement les violeurs d’enfants. Quant à son pseudo, « Finnyzyy », moi j’y entends : « Fini, le zizi ! »… Mais t’as à peine commencé, mec ! Bien sûr, Kone a une copine, mais depuis peu, le 19 janvier : Ilona, une Genevoise métisse aussi (Cameroun) de 23 ans, et elle aussi streameuse sur Twitch, et gameuse de Valorant. Mademoiselle est étudiante en droit, elle veut devenir avocate, comme, le rêve de Kone, c’est d’être enquêteur. Ils se sont rencontrés en stream, il lui a envoyé un DM, puis Ilona est venue le chercher à la gare de Genève, et ils ont flirté au bord du lac, bénis par le jet d’eau… Elle est scorpion, lui est taureau. Elle l’appelle « Finny ». Chacun habite chez sa mère… Celle de Kone est bretonne, et son nom est (en caractères majuscules) MARINETTE ALLENET… C’est en décembre 2022, que Kone, stimulé par « l’affaire Pelicot » (quel rapport ?), est devenu partenaire de l’association 211 Organisation (@AlertesPed0) et a pris le goût d’organiser de véritables chasses à l’homme tous les soirs sur internet, en rentrant de son boulot d’esclave (longtemps au McDo ; depuis, il y a Twitch qui subvient à ses besoins : prout !), dans le seul but d’envoyer les fachos, pédos, blancots (tout ça va ensemble dans son esprit) en taule ! Car pour Kone, « le fascisme est aux portes du pouvoir en France ». Il est LFI of course. Il a fêté la mort de Le Pen à la Bastille. Et il voulait participer à Koh Lanta. Il est évidemment soralien et on attend qu’il nous parle un peu du 11-Septembre, pour voir… Déjà qu’il retweete des photos truquées d’Emmanuel et Brigitte Macron… Kone est un « bon garçon » bien dans son temps, et c’est pas d’hier qu’il est à fond dans la délation (haro sur Abittan, sur Morandini !). Faire tomber les « pointeurs » est « le combat de sa vie »… Il rêvait d’être médiatisé. C’est fait ! Ça a été trop éjaculatoire pour son jogging de passer à la télé, d’être reconnu enfin de salubrité publique… Finnyzyy-Zorro a été reçu, mais froidement, par Barthès à Quotidien et par Fogiel à RTL… Ce que ces deux pédés lui reprochent, en gros, c’est de ne pas faire les choses d’une façon orthodoxe, selon les règles, de désigner à la vindicte des « délinquants sexuels » sans laisser la police faire son travail, et donc d’entraver la justice, et de permettre peut-être ainsi aux suspectés de détruire des preuves… C’est vrai que le travail de Kone est « contreproductif », mais pas dans le sens qu’on croit ; il est contreproductif parce qu’en le voyant agir, on ne peut qu’éprouver, sinon de la sympathie, de l’empathie pour ces pédophiles… La fameuse empathie ! « Ça y est, maman, je suis empathique !… » « C’est bien, chéri, et pour qui ? » « Pour les pédophiles ! »… Tout piégeur est en soi détestable. C’est ça qui est tellement moche : lancer la curée contre un pauvre type attiré par les nymphettes (c’est pas des enfants de 5 ans non plus !) et avec l’autosatisfaction de travailler pour le Bien… Ah, ça me dégoûte : évidemment que les prédateurs sont répugnants, mais ce qui me débecte le plus, c’est le procédé purement abject de ce vingtenaire noiraud jamaïqueux de mes couilles qui s’auto-décrète « chasseur de pédophiles » comme d’autres jadis étaient des « chasseurs de nazis » ! Facile ! Toute la société est avec lui ! Rien que ça prouve que c’est une ordure ! Compatir avec des pédophiles, voilà où on en est arrivés ! Et pas en leur trouvant des excuses ; en étant lucide sur ceux qui les chassent. Aujourd’hui, on est obligé de défendre ces gens-là, vu qu’en face c’est tellement dégueulasse.

Si vous ressentez de la douleur, vous êtes vivant. Si vous ressentez la douleur des autres, vous êtes un être humain.

Léon Tolstoï

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°72 – 18 mai 2026

Renaud. Je n’apprendrai rien à personne en disant que j’ai jamais pu encadrer Renaud et ses chansons à texte de borné à gauche, sa gouaille gavrochienne de petit parigot bourgeois soi-disant révolté et sa musique country insupportable à base d’harmonica, d’accordéon, de banjo, de balais sur caisse claire et de guitare au steel bar vomitif !… L’avoir aperçu en vrai une ou deux fois, à la fin des années 80, le nez dans son pastis, en terrasse de la Closerie des Lilas, m’avait suffi. On ne se rend pas compte aujourd’hui que les « consciences » sous Mitterrand, c’était Gainsbourg, Coluche, Balavoine, Michel Berger, Guy Bedos, Desproges et donc Renaud… Et qu’on ne me dise pas que c’était mieux que maintenant ! Renaud m’apparaissait déjà à l’époque comme une escroquerie politique, poétique et musicale, sur pattes grêles, et dont je pensais avoir fait le tour, mais j’avoue que j’ai appris 2, 3 trucs intéressants dans Renaud, à cœur perdu, un documentaire hagiographique de 2 h, supervisé par sa fille Lolita, avec de rares archives et de nombreux témoins dont son ex-femme, son frère jumeau, ses copains, et qui a été diffusé sur France 2 pour célébrer ses 74 ans et ses 50 ans de carrière… Le doc est là pour aller plus loin dans la connaissance de ce « génie », pondant des « chefs-d’œuvre », qui a tant « souffert » à combattre ses « démons », et qui est déjà au « panthéon » de la chanson française (ce sont les mots de la voix off)… Je ne savais pas par exemple que l’innommable Renaud avait piqué la femme de Gérard Lanvin, carrément ; pas gêné, le petit freluquet geignard blondinet à gâpette et bandana rouge autour du cou, et l’autre connasse de Dominique (elle le démontre à chacune de ses interventions) avoue qu’elle a « craqué » en voyant Renaud chatouiller sa gratte, assis sur son dictionnaire de rimes. Pour la décider à choisir entre Lanvin et lui, Renaud a emmené Dominique où ça en vacances ? Je me le donne en mille : à Patmos ! Le documentaire dit que c’est dans les Cyclades ; non, c’est pas dans les Cyclades… On apprend aussi qu’Olivier Séchan, le père de Renaud, était un protestant capricorne frustré austère et sévère (et qui aura 8 enfants en tout), et surtout, que c’était un écrivain raté. Traducteur d’allemand, Olivier se serait voulu romancier et il a fini à la Bibliothèque Rose et Verte, et bien sûr a été jaloux de son fils… Dans ses carnets intimes que Renaud, le petit curieux, a consultés, son père avait écrit cette phrase : « Le succès de mon fils me tue. » Ç’a été la première culpabilité du Renaud. C’est à partir de là qu’il s’est senti un « imposteur », il pensait que « le doigt de Dieu » était sur lui et il attendait le moment où Il allait le lui retirer. « Un jour, je vais payer. » Ça, c’est sûr ! Ça a commencé en 1980 avec la naissance de sa fille Lolita (drôle de prénom à donner à son enfant pour laquelle il composera 24 chansons, ce qui n’a rien à voir avec de l’inceste bien sûr… ). Complexé en littérature comme l’a toujours été ce soixante-huitard de mauvais goût (pléonasme), Renaud n’a rien trouvé de mieux pour annoncer sa paternité que d’envoyer à ses amis un faire-part en imitant la couverture d’un roman policier chez Gallimard, Lolita, en jaune sur fond noir, et texte débile en quatrième… Deux qui l’ont très mal pris, c’est Guy Debord, qui espérait beaucoup en Renaud (Debord, en voilà encore un qui avait mauvais goût !), et surtout Gérard Lebovici qui, lui, avait reniflé la minablerie de ce chanteur à succès pseudo-révolutionnaire et ne le lui a pas envoyé dire par une lettre de rupture impitoyable. Lebo était d’autant plus déçu par le gnangnantisme petit-bourgeois de Séchan que c’est lui qui lui avait publié un recueil de ses chansons, Sans Zikmu, bien que Renaud ait manqué à sa promesse d’en écrire une sur Mesrine. « J’ai senti qu’il y avait chez vous quelque chose de faible et de factice dès l’instant où vous avez refusé de faire une chanson en faveur de Mesrine, quand il était encore traqué ; et même sa mort n’a pas ému votre indifférence. » Pour essayer de rattraper le coup, Renaud dédiera au Grand Jacques son album Marche à l’ombre, qui sera aussi un film avec Gérard Lanvin (le retour !), mais c’était insuffisant pour le promoteur du situationnisme bientôt assassiné Lebovici… Et pour finir de se couler aux yeux des boss de Champ libre, en 1981, Renaud adhère totalement à la personne et à la politique de Mitterrand comme un santon ravi de trouver sa place dans la crèche socialo… Abruti par le gauchisme, Renaud multiplie les chansons « humanistes » d’indignation gaucharde et les récits indécents et vulgaires de sa vie de mouton des modes… Tu m’étonnes que ça plaise ! D’enragé, il est devenu engagé. Et allez, toutes ces conneries consensuelles pour l’« Éthiopie » qui se meurt peu à peu, pour les Beurs pour qui il faut marcher, pour « les femmes » et pour la « nature », la « paix » et l’enfance… Dominique trouvait tellement beau Mistral gagnant qu’elle lui avait dit : « Si tu l’enregistres pas, je te quitte ! » Merde, raté ! Tubes sur tubes ! Enfin, vedette ! En 1983, pour fuir une gloire montante qu’il a toujours su imméritée, Renaud s’est alors pris pour Antoine ou pour Brel et a fait construire un bateau, et sans rien connaître à la navigation, y a embarqué sa femme, sa fille et leur chien pour une longue traversée qui s’avèrera finalement très courte car tout le monde a eu le mal de mer, le chien compris… Ils reviennent piteusement au port : « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme ! » C’est pas toi qui donnes des torgnoles à Dieu, c’est Dieu qui te les donne… Et sur le cucul : pan, pan ! Figurez-vous que Renaud avait « oublié » les Juifs parmi les génocidés cités dans sa chanson Miss Maggie (1985), entre les Arméniens et les Palestiniens… Oups (comment on dit « oups » en hébreu ?) ! Renaud, le grand ami de la Palestine libre, a alors dare-dare (comment on dit « dare-dare » en arabe ?) modifié ses paroles dans le « bon » sens… Autre concession, et qu’on apprend dans le doc, c’est qu’en 1986, il a la bêtise d’accepter d’être le maître de cérémonie des « Victoires de la Musique » alors qu’il est en lice et le voilà en train de remettre des trophées à tous les autres chanteurs, sauf à lui. Au lieu de s’en vouloir, il en veut aux autres et, pour cacher son ressentiment, décide de fuir, encore, toujours fuir… L’occasion d’aller à Moscou lui est offerte et il y court car ce scrogneuneu naïf estime que sous Gorbatchev, ça va bouger, et en même temps Renaud veut rendre hommage au communisme et à la révolution de 1917 qui l’ont tant fait rêver… Quand on pense à tous les grands esprits qui sont allés à Moscou, Gide, Robin, Roland, Barbusse (qui y est mort), Céline, pour en rapporter des textes et des témoignages capitaux ! Mais Renaud y va pour aboyer ses chansons de gauchiot !… Le voici débarquant avec ses musicos pour un concert au Parc géant Gorki, mais comme c’était assez loin dans la ville, que tout le monde venait en bus et que la sécurité a mis du temps pour soigneusement fouiller chaque sac, ça a pris 1 h 30 de plus que prévu pour installer les 10 000 spectateurs… Le concert a donc commencé vers 21 h 30 : au début, les Russes étaient un peu froids mais ils ont vite eu l’air d’aimer le tour de chant de Renaud. Sauf qu’arrivé à sa version du Déserteur, ils se sont tous levés et sont partis ! « Les autorités expliqueront par la suite que ce départ précipité était dû au retard pris par le concert et au car qui devait ramener le public vers le centre-ville. » Logique, mais ce con de Renaud a cru que la foule s’était retournée contre lui parce qu’il avait chanté « Quand les Russes, les Ricains, feront péter la planète »… Il était persuadé que c’était un « complot » des chefs russes ! Pourquoi ils lui en auraient voulu puisqu’il était de gauche ?… Voilà comment Renaud est entré dans sa première grande parano… Et c’est là l’une des révélations fortes du documentaire : s’il s’est senti mal en Russie, c’est qu’en 1931, son grand-père maternel, Oscar, un hyper communiste était déjà allé à Moscou avant d’en rentrer si dégoûté qu’il passa aussitôt à l’extrême droite et se colla à Doriot (qui avait fait le même chemin que lui), entra au PPF, puis, quand la collaboration arriva, Oscar en fut. Mais il fallait le dire ! Ça explique tout Renaud, ça : un papy collabo… Ne cherchez pas ailleurs l’origine du militantisme à gauche de compensation du chanteur. Et attendez, c’est pas fini ! Il y a aussi directement son père, Olivier, le beau-fils d’Oscar qui, pendant l’Occup’, a travaillé à Radio-Paris, c’est même dans leurs bureaux qu’il a rencontré qui ? Sa femme, Solange, la future mère de Renaud, oui, une petite secrétaire, elle aussi au PPF, collaborette sur les bords ! C’est donc grâce au PPF et à Radio-Paris que Renaud et ses frères et sœurs sont nés ! Une bonne famille bien française. C’est trop mignon. Le voilà, le secret de famille ! Bien que sa fille Lolita tente encore de le dissimuler lorsqu’elle parle en interview, le documentaire l’explicite : « N’est-il pas possible qu’à Moscou, ce passé effectivement enfoui ait pu soudain refaire surface et causer une déflagration à même d’ébranler l’édifice de la personnalité de Renaud ? Dans le silence fait autour de cette histoire familiale complexe, Renaud n’aurait-il pas pu intérioriser les errements de ses aînés et endosser inconsciemment des responsabilités qui n’étaient pas les siennes ? De là, probablement, cette peur que l’on découvre son imposture ; de là, peut-être, cette angoisse que les foules passent de l’amour à la haine ; de là sans doute, enfin, cette terreur qu’à Moscou on veuille l’assassiner parce qu’il mènerait un double jeu, aux deux sens du signifiant : qu’il jouerait jeu double mais aussi que son je pourrait être autre… » Bingo ! C’est exactement ça ! Renaud s’est vu la cible des cocos en tant que renégat, comme pépé Oscar ! C’est cette peur d’être démasqué comme agent double et dans tous les domaines finalement (Lebo l’avait senti) qui a transformé le chanteur mitterrandien (on comprend mieux pourquoi il adorait tellement Mitterrand, figure paternelle de collabo) en un froussard ravagé psychotique, tremblant à l’idée qu’on lui ferait payer les fautes de son grand-père et de son père et de sa mère, et sur le terrain même où ils avaient trahi, au sens idéologique et topographique du terme : en Russie même !

À peine revenu de Moscou, Renaud se prend le coup de grâce que fut la mort de son ami Coluche, toujours en 1986, le 19 juin. Hop ! Une chanson : Putain de camion… Il n’avait plus qu’à monter dans celui des putains du showbiz et de SOS Racisme, de l’anti-lepénisme et de l’écologisme fastoches… On continue ? On arrive à juillet 1989, au moment des célébrations du bicentenaire de la Révolution française, Mitterrand, le tonton-papa de Renaud, organise le G7 des plus grands richards de ce monde à Paris. Renaud renaude et lance un contre-sommet à la Bastille où il gueule et chante, avec ses potes auxquels il ne faut pas toucher, déguisé en sans-culotte propret tricolore ridic. Son slogan c’est : « Ça suffat comme ci ! » que Siné d’ailleurs arborera en badge dans l’émission consacrée à Marcel, Zanini, par Mitterrand, l’autre, le neveu, Frédéric… Renaud va ensuite en Irlande mais pour défendre les catholiques contre les protestants… Toujours en révolte contre papa Olivier ? Il donnera aussi quelques notules à L’Idiot (j’étais contre), jouant sur la faiblesse d’Hallier et sur le fait que dans le journal, il y avait déjà son frère Thierry (aussi con et raté que lui), puis, sans surprise, Renaud se glissera dans l’équipe de La Grosse Bertha de Philippe Val et dans la contrefaçon de Charlie Hebdo qui s’en suivit… Super, le début de ses années 90 ! C’est dans ces eaux-là que Renaud est choisi par Claude Berri pour jouer Lantier dans son Germinal (1993) ; seulement, comme en tant qu’acteur, il est mauvais comme une patate cramée — et ça tout le monde le sait depuis le Café de la Gare — pour donner le change, lors du tournage, Renaud essaie de monter les figurants mineurs contre la production et exige que leur paye soit augmentée. On est loin de Van Gogh au Borinage : ça, c’était un protestant qui descendait avec les exploités dans la mine, la vraie ! Tout est bidon chez Renaud, je vous le dis… Pire encore, et c’est là où on arrive au deuxième tournant de sa « maladie mentale » comme c’est matraqué à longueur de séquences dans le documentaire : en 1997, monsieur part pour Cuba, il s’est pris de passion pour Che Guevara parce que ce sont les trente ans de la liquidation de celui-ci ; Renaud l’imite en fumant des cigares, en portant le treillis, et sur place. Peuh ! Pauvre touriste de Paname en pleine projection ! Comme il voit qu’il ne se passe rien à Cuba et que même à ce rien il ne comprend rien, Renaud se fabrique dans sa petite cuisine psychique une nouvelle crise de parano… Persuadé qu’on va le débusquer et s’apercevoir qu’en vérité il est un agent peut-être des Américains, ou en tout cas un anti-cubain. Décidément, chaque fois qu’il se trouve dans un pays communiste, Renaud croit qu’on veut le tuer ! Cette fois-ci, ce sont les services secrets qui cherchent à l’éliminer et ça recommence : il se cache, ne sort plus de l’hôtel, fait goûter ses sandwichs à son larbin ; jusqu’à son retour en avion, Renaud est convaincu que celui-ci va exploser en vol ! Les Cubains deviennent son obsession et même une fois à Paris, il fait chier tout son entourage avec ça, il voit des Cubains partout, comme les collabos voyaient des Juifs partout… C’est à ce moment-là qu’il commence à boire vraiment. Qu’on ne croie pas que c’est par goût qu’il devient alcoolique, c’est pour se soigner : l’alcool est son « médicament » pour vaincre ses « démons intérieurs » ; on nous le serine suffisamment dans le docu. Ce ne serait pas plutôt lui, le démon, celui de la connerie et de la lâcheté, tout simplement ? Le démon qu’il était déjà dans sa jeunesse, maigrichon de la fratrie, chouchou à sa maman, et secrètement celui qui aimait le plus son père, complètement soumis à lui, et qu’il voulait copier, tout faire comme papa… Renaud c’était le fils à tout faire comme papa ! Je vous en fais, moi, de la psychanalyse, et ni de bazar ni à la petite semaine. Père et grand-père collabos donc lui gauchiste ; père écrivain nul et inconnu donc lui chanteur à succès. Il n’a juste pas pu supporter en pleine gueule, et en vrai, la Russie et Cuba, et par phobie coupable du communisme trahi par ses pères. Une destinée cousue de fils blanc… Il y avait de quoi boire comme une éponge au fond d’un trou !… Son ex-femme témoigne qu’à l’aube des années 2000, ils vont voir chacun des psys, et finalement Dominique le quitte après 22 ans. C’est là qu’il a sa victoire de la musique d’honneur… Puis en 2003, nouvelle résurrection par sa chanson sur le 11-Septembre Manhattan-Kaboul chantée avec Axel Red… Ah, elle est gratinée celle-là… C’est quoi ? Une sirupeuse complainte (plainte très con) pour le « petit Portoricain bien intégré » qui était dans une tour du World Trade Center et pour la « petite fille afghane » qui était sous les bombes de Bush en Afghanistan… « Deux étrangers au bout du monde, si différents / Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant / Pulvérisés sur l’autel de la violence éternelle… » Le pire passage étant celui-là : « So long, adieu mon rêve américain / Moi, plus jamais esclave des chiens / Ils t’imposaient l’islam des tyrans / Ceux-là ont-ils jamais lu le Coran ? » Moralité : les vrais grands méchants, c’est donc les talibans, qui ne savent pas lire, qui tyrannisent les fillettes et qui sont responsables d’avoir détruit le rêve américain des bobos franchouillards à la Renaud si reconnaissants aux Yankees d’avoir libéré l’Europe du nazisme… C’est-à-dire que pour Renaud, renvoyant Bush et Ben Laden dos-à-dos, il n’y a eu de victimes qu’à Manhattan et en Afghanistan. Jamais il ne va essayer de comprendre les attentats, ni même penser à ce que ce qu’ils signifient, il fait un tube, c’est tout. C’est tout ? T’oublies personne parmi les « pulvérisés sur l’autel de la violence éternelle » ? Les Arabes, par exemple, vrais persécutés par l’impérialisme et dont 19 d’entre eux, encouragés par Ben Laden, ont décidé de riposter une bonne fois pour toutes en frappant au cœur du système dégueulasse des capitalistiquards que tu prétends combattre, imbécile ! Et ça se dit guévariste ! Ce « pas un mot » pour les kamikazes a fini de ranger Renaud parmi les gros beaufs bourgeois blancos anti-orientaux et anti-révolutionnaires… Ta cause est entendue ! Tais-toi, titi ! Laisse béton la Révolution ! Reste dans ta sensiblerie de haut-le-cœur d’artichaut, de poétinet aux mots de guimauve, de misérable épave de faux rebelle, de rabâcheur et mâcheur de cerveau malabar ou, si tu préfères, d’aspirateur poussif de cette coke pour gosses, le Mistral gagnant… Prout perdant de foireux de gauche, oui ! En 2006, boursouflé, déformé, tremblotant, vaseux, Renaud parvient quand même à rebander : il rencontre Romane Serda. Et recommence tout exactement pareil avec elle (sympa pour Dominique !) : il l’emmène même à Patmos, la Romane. Il lui écrit une chanson et lui fait un enfant (c’est Lolita qui a dû être contente), né huit jours avant la mort de son père Olivier… Un fils que Renaud a appelé Malone en hommage à un quartier dans le sud de Belfast, un quartier « mixte » et « neutre », où catholiques et protestants cohabitent pacifiquement. Toute la politique de Renaud dans le prénom de son fils ! Soi-disant qu’il était fier de sa lignée huguenote, le Séchan… C’est évidemment le sujet qui m’intéresse le plus. Comme il y a des Juifs honteux, il y a des protestants honteux et dans le sens aussi où ils font honte au protestantisme. J’ai gratté un peu : le père Séchan, Olivier, descend d’une famille de pasteurs, mais bien que d’origine cévenole, ils sont tous partis se cacher en Suisse. Un d’eux a même voyagé dans une charrette de fumier jusqu’à Genève… Ils n’étaient pas dans les groupes de résistants, les vrais, les fameux camisards des Cévennes sur lesquels mon cher René Allio a fait un film atone mais génial… Renaud, lui, préférait jouer tout seul au « nouveau camisard » quand il allait petit en vacances dans la région, pour plus tard colporter le bobard que ses ancêtres étaient des camisards alors que c’était des Frères moraves. Rien à voir avec les paysans pourchassés par les dragons du roi, mais plutôt des profs pasteurisés… Tout ça, c’est pas dans le doc non plus ! Même là, Renaud triche, il brode : ses aïeux n’étaient pas des camisards insurgés, armés, qui menaient le combat, mais juste des huguenots drômois persécutés et qui, comme son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père, Jean Laurent Bost, vers 1720, qui en avait marre de se planquer dans le « Désert », ont choisi la solution du « Refuge », c’est-à-dire fuir la France… Renaud s’est bien gardé toute sa life de rappeler qu’aucun de ses Bost n’a participé à l’insurrection ; c’est après la bagarre qu’ils sont revenus s’installer dans les Cévennes et ont été les historiens des camisards… Ça n’en fait pas pour autant des combattants, mais des scribouilleurs… En 2011, Romane demande le divorce. Renaud resombre… Sa Lolita a un enfant à son tour. Papy Renaud reste sans voix et ça s’entend. Il n’est même plus l’ombre de lui-même car son ombre le méprise encore plus que lui-même ne se méprise. Ce sont les attentats à Charlie en 2015 qui le réveillent, Renaud se remet dans la danse et invente même un nouveau slogan « Même pas peur »… Sauf qu’il déçoit son public avec une chanson suscitée par son attendrissement sur les Je suis Charlie (lisez « les antiarabes ») de tous bords côtoyés à la grande manif solidaire : J’ai embrassé un flic. En 2016, comme il n’y avait plus de place ailleurs, Renaud s’est fait tatouer dans le dos une énorme figure du Christ avec sa couronne d’épines, et l’inscription suivante : « Comme lui j’ai aimé – Comme lui j’ai souffert ». Et puis quoi encore ? En 2017, Renaud finira de se vautrer avec son vote promis à François Fillon au cas où celui-ci se retrouverait face à Marine Le Pen ! Tout le gauchisme est là : fausse Tendresse et infecte Sentimentalité ; avec leur revers, flagrante Bêtise et scandaleuse Inconséquence… Bien que violemment hostile à la violence des Black blocs, Renaud, l’anti-casseurs, apporte son soutien au mouvement des Gilets jaunes en 2019. Mais il était tellement saoul qu’il a cru sans doute qu’il se mobilisait pour les jus jaunes qu’il sirotait au rythme d’une bouteille par jour. En 2020, c’est le Covid, et en tant que complotiste, il ne pouvait pas le louper, celui-là… Voici Corona song (2020), sa chanson la plus mauvaise depuis longtemps, sans honte ni surprise. Extrait : « Ce brave docteur Raoult / Conchié par les confrères jaloux »… En 2024, Renaud épouse une nouvelle femme qu’il a chopée miraculeusement : une « Cerise », c’était le temps, et il ne manquait plus qu’elle sur le gâteau pour son anniversaire fêté ces jours-ci… Fin du documentaire ! Épilogue en forme d’apothéose : au Zénith de la Villette, un concert géant en trois dates (14-15-16 mai) a eu lieu ce week-end même… Complet ! Les plus grands déchets de la chanson française ont répondu présents pour venir reprendre ses titres les plus célèbres que chacun s’ingénie à massacrer pire que lui-même aurait pu le faire, devant un public de tarés en extase. Sur scène, une vieille personne jaunâtre de 150 ans, en blouson noir, maillot rayé et jean déchiqueté, regarde et écoute les chanteurs vitreusement… C’est Renaud, à la ramasse, un micro à sa main grelottante, flageolant sur ses jambes, et accompagnant parfois ses disciples de sa voix chevrotante. Il passe d’un banc à un guéridon, dans ce décor de bistrot parisien reconstitué, pour se faire servir ses anciens tubes rouillés, bourrés de merde, que déversent à ses pieds ses benjamins et ses cadets qui lui doivent tant, et même ses aînés qui font moins vieux que lui ! Francis Cabrel, Alain Souchon, Ours Souchon, Pierre Souchon, Pascal Obispo, Jean-Louis Aubert, Cali, Élodie Frégé, Julien Clerc, Vianney, Nicolas Sirkis, Bénabar, Olivia Ruiz, Benoît Dorémus, Axelle Red, Renan Luce, Mentissa, Hugues Aufray, Hoshi, Gauvain Sers, Renan Luce, Émily Loiseau, Jean-Paul Rouve… Renaud est déjà un héros ; quand il mourra, ça aura été un saint. Excusez-moi, je dois aller vomir…

En dehors de l’anarchie, il n’y a pas de révolution.

Pierre Kropotkine

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°71 – 11 mai 2026

Molières. Avec un « s », mais pas comme dans Venises parce qu’il y aurait plusieurs Molières ; non, « Molières », comme la cérémonie de remise des prix du théâtre français, et qui, cette année, s’est déroulée aux Folies Bergère (sans « s »)… « Une pénible soirée de wokisme et d’entre-soi, financée par l’argent du contribuable à la gloire d’un service public trônant dans son temple avec ses comédiens subventionnés, récompensés d’avance, qui se servent de la scène comme d’une tribune politique d’extrême gauche où ils peuvent faire entendre leurs ricanements envers tout ce qui leur est opposé, ou comme d’un tremplin pour humoristes vulgaires et immigrés quasiment islamistes, trop flattés de se produire devant le trio extasié Dumontet-Pégard-Ernotte, c’est-à-dire le président des Molières, la ministre de la Culture et la patronne de France Télévisions… » Voilà, en gros, la critique de droite qui a été faite de la 37e Nuit des Molières. Eh bien, c’est insuffisant ! C’est pas comme ça qu’il faut rendre compte de cette cérémonouille ! Pour bien le faire, il faut revenir à Molière lui-même… Tous les protagonistes de ce raout de guindés répugnants sont persuadés de rendre un hommage à Molière, surtout lorsqu’on leur décerne le trophée qui porte son nom, alors que Molière a été pris en otage pour qu’on fasse des statuettes à son effigie. Ces cabotineurs imaginent qu’ils sont de la grande famille du Poquelin car, quel que soit leur genre de spectacles, ils estiment que ceux-là vont obligatoirement dans le sens des pièces de Molière d’il y a 400 ans, c’est-à-dire celui d’une brocarderie féroce des bigots franchouillards, des bobeaufs avant l’heure, dont il est salvateur de moquer les travers, alors que pas du tout : ce sont eux, les gens du Théâtre de 2026, qui seraient aujourd’hui les cibles de J.-B. Molière ! Dites-vous bien que les dévots et faux dévots de la Bien-pensance actuelle, les charlatans et autres petits marquis et courtisans du Spectacle qui étaient aux Folies Bergère ne sont en rien les complices du Molière d’antan. Sans le savoir, ils sont, le temps d’une soirée et même au-delà, des personnages moliéresques. C’était en effet du pur Molière de les voir s’agiter entre larmes et rires risibles tellement ils étaient totalement grotesques… Quoi de plus grotesque en effet que Muriel Robin habillée en zèbre, collée contre son « épouse », pleurnichant toutes les deux, pendant et après le discours de Vincent Dedienne, l’Arabo-pédale chargée de sculpter la statue de Muriel avec ses mots si « émouvants », avant qu’une standing ovation ne déferle sur elle une fois montée sur scène pour recevoir, bouleversée, son « Molière d’honneur ». Le public applaudissait à pleines paumes, non le talent de comédienne de la Robin (elle n’en a pratiquement aucun), mais sa lesbiennerie qui est en passe de devenir la norme de toute artiste, et pour laquelle elle sera félicitée comme il se doigte !… Il a fallu, en plus, que « Mumu » achève son laïus de remerciement par une diatribette contre le projet de loi du ministre de la justice Darmanin en faveur du plaider-coupable en cas de viol (j’y reviendrai)… À vomir également, l’arrivée de Laurent Lafitte, de plus en plus pute, au sourire plus factice désormais que des facettes dentaires, qui joue dans une énième resucée de La Cage aux folles, et qui, après avoir reçu son Molière du « comédien dans un spectacle de théâtre public », a prout-prouté un blabla gazeux contre l’homophobie, avant que Paloma, un trav’ tatoué sur les bras et en robe à paillettes, maquillée comme un camionneur violé, vienne ironiser détestablement sur l’hétérocentrisme, et remette le bronze à un certain Jérôme Kircher pour un Amadeus de plus (au secours, c’est Mozart qu’on assassine !) et qui l’a dédié à sa maman « partie hier »… Sans oublier Alex Lutz, ému aux larmes lui aussi de se prendre sa statue-godemiché doré pour avoir rendu, « avec poésie » dans son dernier spectacle, un hommage à son père qui est mort sans jamais avoir compris — qui sait ? — que son fils était totalement pédé… Cette apologie militante de l’homosexualité revendiquée comme nouveau mètre étalon de la bourgeoisie culturelle, je la dénonçais déjà dans mon Au régal des vermines en 1985… Elle s’est institutionnalisée depuis. Ça va tellement vite qu’on est passé de la transphobie à la phobie de ne pas être trans’. Ce n’est plus la féminisation des esprits, mais l’homosexualisation des esprits. L’arnaque vient du fait qu’on fait croire que pour défendre la femme et ses droits, il est de bon ton d’afficher sa « différence », c’est-à-dire de participer à la propagande pédalière généralisée… Mais non : c’est une haine des femmes qui habite tous ces transformistes, soyez-en sûrs. En voilà un, de grand remplacement ! Remplacer les femmes par des gays assumés, construire un second ghetto, un gaytto de tantouzes, de folles… C’est pas pour rien qu’on raffole de La Cage aux folles, le fantasme étant d’enfermer les non-homos avec elles, dans leur cage… Des dés sont pipés. Au lieu d’engager de belles filles danseuses pour faire le show d’ouverture, on a pris 10 immondes travelos à perruques blondes qui singent les femmes, car un pédé c’est quoi d’autre qu’un singe de la femme ? L’homme descend du singe mais le pédé descend de la singerie de la femme ; on ne m’enlèvera pas ça du cul ! Pour ces Molières, c’était dans la charte châtreuse et dans la doxa toxique d’imposer tout un tas de tantes chantant et dansant de façon forcée, en se foutant de la gueule de la Féminité, avec leurs faux soutiens-gorge rembourrés et leurs faux cils de fausses femmes. Tout faux !… Ô l’offense à Molière ! C’est toute son œuvre qui a été bousculée, regenrée ce soir-là… La Tartuffeuse ; Les Précieux ridicules ; Les Hommes savantes ; L’École des tantes ; Les Fourberies de Scapine ; La Ménopausée imaginaire ; Amphitropconne ; La Misanthropine ; L’Homo malgré lui ; La Bourgeoise méchantefemme ; L’Avarette… On ne peut même pas dire que Molière se serait retourné dans sa tombe de voir cette cérémonie puisqu’il a failli ne pas en avoir une, de tombe… Sans l’intervention de Louis XIV (ça, c’était un homme de pouvoir qui protégeait ses artistes !), le dramathaumaturge aurait fini dans une fosse commune comme un chien plutôt qu’au cimetière Saint-Joseph… Et il a fallu attendre 1817 ! pour que ses restes soient transférés au Père-Lachaise où ils reposent désormais ! « Reposent », c’est vite dit car si Jean-Baptiste, même en cadavre, débarquait dans la salle des Folies, les lauréats et organisateurs des Molières seraient les premiers à le lyncher, exactement comme les pédants et les précieuses rêvaient de le faire à son époque… Pas très MeToo comme mec, Molière (il va falloir qu’un de ces jours je m’occupe de son cas à lui aussi, pour le réhabiliter dans son masculinisme intensif)… On l’accusa d’inceste ou du moins de bel-inceste avec la Béjart : soit il avait baisé sa belle-sœur ; soit il avait baisé sa belle-fille, voire sa fille… C’est de tout ça qu’on aurait aimé entendre parler les minables primés de la cérémonie. Hélas, il a fallu supporter les présentations ultraplates du maître de cérémonie, le Belge rondouillard Alex Vizorek, à la permanente de mouton bouclée sur les côtés, petit cocher de fiacre XIXe métamorphosé en comique pseudo-sardonique vissé à son prompteur… Il a fallu supporter de voir deux fois Josiane Balasko soulever sa grosse carcasse de vieille Bronzée jusque sur la scène pour se choper deux Molières. Puis ce fut au tour de l’« inoubliable » interprète de M. Jourdain, Christian Hecq, montré dans la salle avec les ongles vernis (lui aussi se met le doigt dans l’œil, pour ne pas dire dans l’anus !) de devoir supporter l’extrait d’une nouvelle version du Bourgeois gentilhomme où on a vu débouler sur le plateau un groupe de Noirs et d’Arabes, balourds banlieusards en jogging-casquettes-baskets, s’agitant tels des supporters de foot, tout en massacrant en toute impunité le texte de Momo… Vous en voulez encore ? Le pire speech a été celui de Jean-Marc Dumontet (la voix de Dumontet dans les aigus !), lèche-cul en chef, qui balança des « chers » à tout le monde, à son employé Vizorek comme à la ministresse de la Culture, sans oublier l’Ernotte qui avait encore sous le bras la pine de Pat’ Sébastien. À Dumontet, il ne lui manquait plus à dire que « chers Israéliens », vu que ce salopard organise annuellement depuis 2017 un « festival de théâtre français » itinérant dans tout Israël… Jean-Marc a parlé de « comprendre l’autre », a cité Camus et Sartre, ce culot ! Sartre, qui avec Les Mouches, en effet, « représentait bien le théâtre », mais sous l’Occupation et avec l’autorisation des Allemands… Un collabo dissimulé qui attaquait les autres ! Dumontet a parlé aussi de « la révolte en conscience et pas en rage », et de la joie de ne pas avoir peur… Il en avait plein la bouche sèche, de son « ode à la joie » ! Et de ses bonnes vieilles revendications pour « le patrimoine vivant » contre celui des ruines (une pierre dans le jardin de Stéphane Bern, qui au moins a réussi à faire restaurer la maison de Pierre Loti à Rochefort)… Ensuite, ce fut le surgissement d’une femme horrible, la comédienne et metteuse en scène (rires) Anne Bouvier, présidente du conseil d’administration de la Société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes (beurk !), qui prit la parole pour faire pleurer dans les chômages avec les 590 € par mois perçus en moyenne, par intermittence ou RSA (snif…), par comédien… D’autres innommables nommés sont venus lancer des alertes contre le « fascisme » et des appels à la tolérance, à l’« amour »…

Dans la salle, la Paloma et Clémentine Célarié assises à côté étaient en pleurs. Gardez-en un peu pour les disparus de l’année ! Sur fond de chanson chiantée par une Noire, en l’occurrence Le Moribond de Jacques Brel américacanisé en Seasons in the Sun, on a vu défiler les portraits de Brion, BB, CC, Croisille, Florence Delay (rencontrée une seule fois, Jeanne d’Arc oblige), Valère Novarina, dans un diaporama de deuil… Mais aussi les trépassés Baye, Farès, Chinois marrant, Mergault, Salomone… On se serait cru dans une Feuille nabienne !… On a eu droit également à plusieurs numéros de music-hall : un imitateur de Trump ; un sketch-parodie sur le rapport Alloncle (basse vengeance ernottienne) et de faux tableaux de cabaret sous-jazzy avec Shy’m… Et avec ceci ? Un pseudo-rap soupiré par le très grossi MC Solaar accompagnant une revisitation du Cid par des conmédiens… Puis une dame d’Iran est venue sensibiliser les spectateurs aux douleurs des opprimées de Téhéran, comme pour les préparer à la diffusion d’un clip « contre les violences sexuelles » suivi de la projection d’une myriade de photos de visages de victimes, acteurs, actrices, techniciens, ciennes, et de célébrités concernées par ce fléau, comme Bruno Solo ou Corinne Masiero, le tout formant à la fin une mosaïque géante avec ces slogans-ci : « Vous n’êtes pas seul.e.s » et « STOP violences sexistes sexuelles ». Tous les sujets du jour ont donc été « respectueusement » abordés. À un moment, j’ai cru qu’il y avait un dérapage puisqu’ils ont fêté, comme meilleur spectacle dans le privé, Le Procès d’une vie, une pièce sur Gisèle Halimi, mais attention : pas l’Halimi qui a défendu toute sa vie les Arabes et la Palestine ; non, l’Halimi qui avait soutenu une fois une avortée en 1972. Pas d’erreur ! Le producteur du navet est alors venu remercier… son mari (sic), et on a vu dans son fauteuil rouge l’épouvantable époux et sa tête de nœud pap’ en train de sangloter… Le Molière du théâtre public a été attribué à I will survive (ah, que sont les Bleus blancs-blacks-beurs 98 devenus ?), un spectacle tiré d’une histoire vraie : une femme qui a assassiné son mari après des abus sexuels !… Un grand type dans le public en bandait sous son kilt. C’était pire que les Césars, ces Molières ! « Un plaidoyer pour la diversité des identités », voilà comment on a présenté leur show bouillant avec, en renfort, les Gallienne, Morel et Benlazar, tous les fonctionnaires de la dérision sur France Inter, les « dérisionnaires » comme eût dit Péguy… Ils ont même récupéré Chantal Goya ! C’est ça, le théâtre ? Et Jean Bois, mort dans le mépris et le silence après 40 ans de merveilles dramatiques données dans des salles confidentielles alors que c’était le plus grand auteur et acteur de théâtre de la fin du XXe siècle en France ?… Ce lundi 4 mai 2026, il fallait se frotter les oreilles pour en croire ses yeux ! Ça n’a été qu’un festival de démagogie qui s’est fait passer pendant 2 h 47 pour des convictions. Comme l’a dit Balasko dans son baratin final, toutes les cases ont été cochées : celle de la Justice, celle des femmes iraniennes et celle du viol « et tout ça », et on a bien fait car « des tribunes, il y en aura peut-être pas forcément beaucoup »… Plan sur sa fille trop fière… Au passage, pas les dernières, toutes les deux, pour accabler leur beau-frère et oncle respectifs Richard Berry… Ce qui est sûr, c’est que Richard n’aurait jamais pu faire le « jeu de la trompette » avec sa bite dans la gueule de sa nièce Marilou Berry, qui s’est exhibée aux photographes après la cérémonie des Molières dans une tenue qui a fait couler beaucoup, non d’encre, mais de mazout, tellement elle en avait la couleur !… On a parlé sur YouTube de « sac poubelle en caoutchouc » ou de « combinaison de plongée sous-marine », mais c’est le corps qui était dedans, le problème, bien sûr. L’habit ne fait pas le moine ; c’est le moine qui fait l’habit. Sophie Rain fringuée ainsi aurait fait triquer jusqu’à des martiens ! mais là, il y avait quelque chose d’obscène. Même Josiane, qui posait auprès de sa fille, était gênée. Marilou, moulée dans cette espèce de fourreau noir en simili-latex brillant, ressemblait à un étron géant luisant d’urine, cagué récemment par le gros cul de sa daronne, et se dandinant à son bras. Thon sur thon. Les boudins ne font pas des déesses, il n’y a pas de miracle… Sans surprise non plus, vu l’orientation sexuelle de toute la soirée, c’est La Cage aux folles qui a été récompensée « Molière du spectacle musical » ! Apothéose téléphonée avec, quasiment porté en triomphe, le metteur en scène Olivier Py, casquette et barbe de vieillard, méconnaissable, devenu le soulier des putains… Py, consacré, qui s’est lâché complètement en hurlant pour conclure : « Vive les folles ! »

Il y en a qui me reprochent de faire payer « un simple blog »… Un blog, La Feuille nabienne ? Ces retardataires n’ont aucune conscience de la façon dont on peut se servir des outils numériques à l’avantage de l’art. Pourtant les canaux traditionnels de la culture conventionnelle et bourgeoise ont fait la preuve de leur nullité et leur extinction progressive est patente ; mais non, les largués continuent de ne voir dans ma maîtrise, je dirais « marxiste » sur le plan économique, d’un Internet détourné au profit de mes productions qu’un succédané des moyens pourtant désormais totalement démodés et inefficients qu’aujourd’hui un artiste devrait se contenter d’avoir à sa disposition s’il restait bêtement dans le système de l’édition, de la galerie de peinture, du journalisme, de la télévision et de la radio, et de tout autre média dit « classique » et qui sont morts, définitivement morts !… D’une façon plus générale, ils vont faire la gueule dans un an ou deux quand ils vont se retrouver sans boulot, tous ces gens qui méprisent les réseaux sociaux et les sites de création de contenus payants, qui croient pouvoir s’en sortir dans une réalité qui n’est plus la réalité, et qui vont être aussi cruellement licenciés à vie qu’au chômage à mort… Aujourd’hui, Big Brother c’est l’IA. Le « grand remplacement », c’est pas les Arabes et les Noirs loquedus qui traîgnassent dans la rue, tels de pauvres volatiles déplumés, et qui soi-disant vont « remplacer » les derniers dignes Blancs prêts à sortir griffes et crocs pour garder intacte leur civilisation sacrée que ces sales métèques spolieraient, non ! C’est l’IA qui va remplacer le Grand Remplacement : peu à peu, ce sont tous les métiers et en particulier les métiers de parasitisme absolu (et avant tous, les professeurs) qui ont osé être florissants pendant des décennies, si ce n’est des siècles, et qui vont, comme je le prophétisais déjà dans mon premier livre, à ma grande joie, disparaître.

Au lieu de questionner ChatGPT ou GROK pour obtenir des renseignements précis ou des confirmations de connaissances, ou des dissipations d’approximations, ou encore des concassages de contresens, la plupart des utilisateurs sollicitent leur avis sur tel ou tel sujet ! C’est là où il y a bévue et c’est la catastrophe ; surtout GROK qui puise aux mauvaises sources et au final répond n’importe quoi pour faire plaisir à ceux qui l’interrogent… ChatGPT aussi a ce travers. Et en plus, il se croit psychologue : une fois, Alexandra a demandé à ChatGPT ce qu’il pensait de moi, en l’orientant négativement évidemment, et on s’est retrouvé avec exactement le même genre de procès que tout le monde me fait depuis 45 ans. Et quand elle lui a répondu que j’avais dit que ce ChatGPT était un « con », « monsieur » s’est vexé… Authentique, si je puis dire ! ChatGPT est moralisateur ; GROK est conspi. Je ne connais pas encore Claude, mais pour l’instant je ne vois que Gemini pour me donner des informations fiables, et sans ramener sa fraise artificielle.

Souvenirs du Covid. Tous ces humanistes frustrés d’altruisme qui souffraient tellement de ne pas pouvoir se serrer les mains les uns aux autres ! Qu’est-ce que j’en avais à foutre, moi, ma main droite ayant serré celle d’Art Blakey, de Thelonious Monk, de Lee Konitz, Sam Woodyard, Gébé, Choron, Wolinski, Reiser, Siné, Fred, Alexis, Giraud, Mandryka, Willem, Buzzelli, Hanna Schygulla, Pierre Clémenti, Jean-Pierre Léaud, Jean-Jacques Schuhl, Philippe Sollers, Jean-Edern Hallier, Dino Risi, Ahmad Jamal, Jean-Claude Brisseau, Édouard Pignon, Pascale Petit, Inès Clouzot, George Bernstein Gruber, Lucette Destouches, Dina Vierny, Alain Cuny, Jacques Dutronc, Pierre Repp, etc., etc., pour ne parler que des mains célèbres… Famous hands !

Mieux vaut queutard que jamais ! Meuf, si à 50 ans, t’as pas fait ton MeToo, c’est que t’as raté ta vie ! La nouvelle morale, c’est qu’un homme qui plaît n’en a plus le droit. S’il séduit, c’est un criminel. Même si les femmes viennent à lui, il lui est interdit de les baiser. Toute femme amoureuse, aimée puis larguée (parce que devenue plus chiante que bandante) est encouragée à aller porter plainte au commissariat, avec la recommandation de bien s’essuyer les pieds sur la moustache d’Edwy Plenel avant d’entrer… Plenel, l’inspecteur des braguettes !

Question. Est-ce que les boudins qui ont porté plainte contre Patrick Bruel pour viol, et qui décrètent avoir été « en état de sidération » lorsqu’il les sodomisait, n’étaient pas plutôt sidérées d’avoir réussi à se le taper ?

Parfois la vérité sonne comme de la haine pour ceux qui haïssent la vérité.

Malcolm X

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°70 – 4 mai 2026

Texto (27/04/26). « Bonjour Marc-Édouard, Nous avons lu la Feuille d’aujourd’hui, et nous voulions vous présenter nos excuses. Nous appartenons à la catégorie des lecteurs bêtes/fainéants. Nous étions trop concentrés sur des urgences qui nous concernaient (et qui n’ont rien à voir avec l’affaire, ni même avec les éditions), pour prendre en considération les vôtres, ce que nous aurions dû faire. Sachez toutefois que nous avons bien l’intention de parler de vous, et que nous cherchons l’occasion de le faire en longueur, avec le développement que le sujet mérite. Nous pensions avoir du temps, peut-être même une stratégie, mais nous n’avons pas envisagé ce moment selon votre timing, ce qui est parfaitement idiot de notre part puisque vous êtes le premier concerné. Nous regrettons amèrement cette erreur. Nous pourrions avoir des explications à vous donner sur les raisons pour lesquelles nous avons agi ainsi, mais je ne suis pas sûr qu’elles changeraient grand chose à votre perspective. Quoiqu’il advienne par la suite, nous voulions vous dire que nous continuerons à défendre votre œuvre auprès des libraires, éditeurs et lecteurs que nous rencontrerons. Que cela vous paraisse timide est compréhensible, mais c’est ce que nous faisons depuis des mois, et nous pensons (peut-être à tort) que c’est par notre travail d’artisans-éditeurs, en vous citant dans nos livres, en conquérant des plateformes d’expression plus larges, que nous serons le plus capables d’accomplir cette tâche efficacement. Nous regrettons profondément cette situation, nous aurions aimé avoir plus de temps. Nous espérons que nos actes à venir donneront une nouvelle perspective à ceux passés. Robin & Lou Blondin »

Récupération de Gramsci (« hégémonie culturelle ») par les droitards, comme ils ont essayé de récupérer Ellul, avec sa « Trahison de l’Occident ». Pour eux, cette trahison est celle de l’Occident qui, par masochisme, s’est laissé en gros envahir par les Arabes et les Noirs. Le contresens est total : l’Occident aurait trahi les siens en renonçant au colonialisme ! Alors que pour Ellul, l’Occident a failli à sa mission qui était d’être un « ferment créateur » de liberté, de raison et d’individualisme. Et surtout de « remise en question de lui-même ». Hélas — et c’est sa honte — , l’Occident a choisi « l’expansion contre la prospection ». Tant pis pour lui. Il a perdu son histoire et son seul espoir, celui que les vrais Occidentaux nourrissaient encore en vain : « Redonner le goût de vivre à l’homme occidental ».

Les extrémistes de droite croient que l’Occident était pur et fort et que c’est d’avoir laissé ses terres et ses peuples se faire envahir par des étrangers qui l’a corrompu, mais c’est le mouvement contraire : c’est l’envahissement par lui d’autres terres et d’autres peuples qui a corrompu l’Occident. C’est en cherchant à faire de « grands remplacements » de métèques par des Blancs et sur place que l’Occident s’est dégradé et sali. Le colonialisme, c’était déjà du grand remplacement, à l’envers et raté d’avance.

Tout ce foin fait autour du 1er mai ! Est-ce qu’il faut ou pas travailler ?… Les droitistes disent qu’il faut travailler, surtout que les gens vont être payés le double (super motivation !), ne serait-ce que pour faire opposition à cette célébration du 1er mai « marxiste ». C’est le discours type du bourgeois rebelle : « La gauchisation de la France, qui est pourtant de plus en plus à droite, est en marche ? Stoppons-la en travaillant le 1er mai ! ». À l’inverse, le discours gauchiste est de dire que c’est une date intouchable, elle doit rester fériée comme le jour de l’an ou Noël. Il n’y a pas de raison que la religion soit plus sacrée que le travail car le travail, c’est pas seulement la santé, c’est aussi le sacré. Ce serait faire injure à tous les ouvriers et à tous les salariés qui ont trimé pour rien et qui demandent juste un jour-symbole pour se reposer !… Les deux évidemment se trompent. Pour aller vite, avec le 1er mai, les premiers croient rendre hommage à Jeanne d’Arc et les seconds à Fourmies, mais tous n’en ont rien à foutre de la Pucelle d’Orléans ou des fusillés de la manif-carnage du 1er mai 1891 (voir mon chapitre CXL dans Les Porcs 1). C’est que du bluff ! Le plus drôle, c’est que ceux qui auront instauré le 1er mai comme « Fête du travail », ce sont les ministres droito-gauchards vichyssois, sous les ordres de Pétain en 1941 (entre parenthèses, année de la sortie des Beaux Draps où Céline expose son « communisme Labiche »). Tout ça n’a pas l’air de se tenir et pourtant, si. La République n’a fait que copier le régime de Vichy en intronisant le 1er mai comme — tenez-vous bien — « jour férié chômé non travaillé et payé »… Cette propension à vouloir absolument travailler ou ne pas travailler, c’est la même chose puisque l’enjeu est celui d’un « travail » social à visée bassement commerciale, conçu pour le seul morlingue du pékin moyen… Répugnant ! Lutter pour travailler le 1er mai quand on est boulanger, boucher ou fleuriste n’est fondé que sur la trouillasse d’un manque à gagner. C’est le 1er mai que les fleuristes font le plus de chiffre d’affaires (ô muguet, la plus toxique des plantes !), avec la fête des mères (œillets pour vieilles salopes) et la Saint-Valentin (roses rouges comme des glands couverts de muguet)… Travailler quand même ce jour-là est aussi ignoble que lutter pour manifester dans la rue son droit à ne pas travailler. Dans les deux cas, on avoue qu’on n’est que de bons petits soldats de plomb de la société. Merci bien.

C’est pour une bonne part sa lecture éblouie du Mariage de Loti par Pierre Loti qui décida Gauguin à s’embarquer en 1891 pour Papeete…

Sydney Sweeney. Pourquoi je retweete frénétiquement sur X toutes les images trouvées dans toutes les positions et dans toutes les tenues d’elle ? Parce qu’elle me fait bander, tout simplement ; elle est faite pour ça, non ? Pourtant, elle n’est pas parfaite. Elle est bien jusqu’au nombril : pas de hanche, un cul plutôt plat, mais de gros seins comme j’adore, et en plus ils changent selon les époques. C’est la typique petite Américaine assez fade sans intérêt. J’ai mieux à la maison, mais Sydney a quelque chose dans ses yeux qui fait triper les connaisseurs : deux yeux magnifiques de vache, une vache qu’on a envie de gifler !

Gibert… Fontaine… De moins en moins de librairies, tant mieux ! Ça fait des années que je le répète : il faut supprimer les librairies de la surface des villes, et même faire en sorte que le métier de libraire soit enfin vu pour ce qu’il est : une honteuse arnaque, une ruffianerie supplémentaire de la Cuculture imposée pour détrousser les créateurs. Ça va venir, vous verrez : plus un seul libraire dans Paris, et que des bouquinistes ! Ce sont les seuls qui devraient avoir le droit de vendre des livres anciens et en solde. Toute librairie de neuf est à faire exploser, à la Corse !

La nouvelle tentative d’assassinat de Trump au gala annuel des correspondants de la Maison-Blanche à l’hôtel Hilton de Washington fut encore l’occasion d’une grande scène digne d’un numéro de cirque… Avec ce mentaliste debout sur la tribune au milieu des officiels, en train de présenter à Donald et Melania un tour de magie… Et tout d’un coup, l’agitation dans le public en smoking et en robes de soirée, la musique de big band blanc, un peu de foire, soudain mixée à des bruits de vaisselle qui tombe, se casse… Les regards de tous d’abord intrigués par les détonations, puis affolés, tout le monde sous les tables ou se barrant, les cris… Empoignade brutale par les gardes du corps du vice-président JD Vance pour le sortir comme un sac poubelle ; bondissement leste sur la scène de policiers armés enjambeurs… La petite Asiatique à côté de Donald s’enfuit à quatre pattes comme une rate jaune bleue de peur… Une telle interruption de la vie normale et bourgeoise est toujours un ravissement pour celui qui croit en la réalité. Et Trump n’a jamais fait autant éléphant, de cirque justement, que ce soir-là où on l’a évacué, ou plutôt où il a rechigné à l’être jusqu’à trébucher par terre, et se relever sur ses grosses pattes, dodelinant de sa trompe grise et de la tête sous sa chevelure blonde… Le tueur raté (et rateur) avait surgi, comme le montrent les images des caméras de surveillance, devant l’entrée pourtant bien gardée, et fonça comme un avion dans le Pentagone que des cons avaient pris pour un missile tellement il allait vite le 11/09/01, perçant le poste de contrôle pour pénétrer dans la salle, avant d’être plaqué au sol, mis torse nu, menotté, la tête écrasée. C’était un jeune trentenaire très bien, diplômé, un peu noir, et qui a fait tout ça pour rien… Aussitôt, la machine conspie se met en branle… La discussion se porte d’abord sur les raisons pour lesquelles on a exfiltré Vance avant Trump… Mais très vite, le sujet, c’est d’accuser un convive (conseiller à la sécurité intérieure), qu’on a vu se précipiter derrière sa femme enceinte pour la protéger, de s’être servi de cette même femme en cloque comme « bouclier humain » !… Rien que ça ! Le type aurait eu, parce que c’est un Américain, la peur de sa vie, la peur pour sa vie, en mettant en avant une femme au gros ventre dans sa robe rouge en première ligne des tirs éventuels de l’assaillant ! Ce n’importe quoi anti-yankee par pavlovisme a été assez relayé pour convaincre Houria Bouteldja, au point qu’elle a posté illico l’« info » sur son mur Facebook, avec ce commentaire « Je ne commente pas. C’est trop. », sous-entendu, ce sont tellement des ordures, ces Américains, qu’ils sont capables de ça… C’est tout à fait typique, comme réaction, de ces décoloniaux anti-impérialistes qui ne voient pas plus loin que le bout de la bite de Frantz Fanon et qui marchent dans la moindre combine complotiste. Même si elle s’en défend, Bouteldja l’est, d’instinct, comme sa copine Rima Hassan… Elles ne peuvent pas mener un combat franc et juste contre leurs ennemis sans leur rajouter des intentions fantasmatiquement maléfiques… 24 heures après, Bouteldja, s’apercevant de la grotesquerie de l’accusation, a d’ailleurs retiré son post, mais moi, j’ai eu le temps de le capturer… Ça avait circulé déjà pas mal sur les réseaux, sur X en particulier, de Beurs en Beurs débiles et soraloïdes, parce que dès qu’une femme enceinte apparaît, ils pensent tout de suite au satanisme obligé qui va avec. Pour les conspis, désormais psychiatriquement atteints, montrer une femme enceinte, c’est déjà satanique car ils imaginent tout de suite des types autour qui font des messes noires et qui l’éventrent et sacrifient le fœtus de maman à Mammon !… Tout ça vient évidemment du meurtre de Sharon Tate par Charles Manson, le fait divers sanglant des années 1970 qui a créé chez des Américains ce traumatisme qui s’est répercuté chez les Beurs abrutis (pléonasme) d’ici qui voient des satanistes pédophiles partout. Pour eux, une femme qui attend un enfant, c’est avant tout la mort promise de cet enfant qui sera sacrifié. Ça rappelle, en moins poétique, la tirade écrite par Prévert pour Le Vigan dans Le Quai des brumes : « Un nageur, pour moi, c’est déjà un noyé… »

« Si l’homme pouvait être croisé avec le chat, cela améliorerait l’homme mais détériorerait le chat. » a dit excellemment Mark Twain. Exactement comme les « Beurs » : c’est la partie française qui gâche leur arabité. Je l’ai assez dit.

Aquarheil ! Un cliché veut que le nazisme soit advenu parce qu’Hitler, artiste raté, a été refusé aux Beaux-Arts de Munich, et ça s’arrête là. Mais si ce n’est pas entièrement faux, ce n’est pas complètement vrai non plus. Une vérité ça se prolonge… Lorsque Goebbels embrassa de grandes ambitions pour l’art de son époque dans son pays, il repéra très logiquement que la plupart des grands peintres allemands (plus quelques Juifs) étaient expressionnistes. Goebbels a toujours eu très bon goût en art, le beau était son pied, il était passionné par Dostoïevski et Tolstoï, il avait écrit lui-même un roman, Michaël, et il voulut faire de l’expressionnisme allemand le plus violent, le plus torturé, le plus exécuté à coups de peinture giclée, s’enivrant de déformations physiques et paysagères outrancières totalitairement post-vangoghiennes, l’Art officiel allemand des années 30 ! On imagine ce que ça aurait été ! Ce qui est remarquable, c’est que Goebbels avait envisagé sérieusement que toute la culture allemande nazie soit désormais pétrie d’expressionnisme, en peinture comme en cinéma… Sauf qu’un jour, patatras, Hitler est venu prendre le thé chez son ministre de la Propagande et son épouse, dans leur nouvel appartement, dont Speer s’était chargé de la décoration, et le Führer a vu qu’il y avait au mur des aquarelles partout de Nolde… Il a piqué une crise et exigé que Goebbels enlève tout ça et même les détruise… Par obéissance, celui-ci s’est couché et s’est plié au mauvais goût de son chef… Il a mis son intérêt pictural pour les « modernes » et son intention révolutionnaire artistique sous le tapis de Magda, et la tendance qui a finalement été adoptée, comme on sait, sera celle d’un académisme pseudo-sous-hellénique de sous-merdes rigides en tous les domaines, y compris en sculpture. La vraie opposition Goebbels / Hitler, c’est Nolde ! À partir du moment où Hitler n’aimait pas Nolde, Goebbels a lâché un des génies de la peinture allemande, bien que d’origine nordique (un petit côté Hamsun), nazi, antisémite, convaincu d’incarner la pureté aryenne par ses mixtures peu pures de couleurs torgnolées sur ses toiles débordantes de personnages aux masques grimaçants, de Christs caricaturalement (caricaturallemands ?) juifs et de femmes hystériques à poil de pinceaux hérissés… C’est à partir de ce moment-là que Nolde, qui pourtant avait pris sa carte du parti dès 1934, fut banni. C’est le seul peintre qui était à la fois nazi et dégénéré ! Et c’est comme ça que Goebbels a monté l’exposition d’« Art dégénéré » en 37, avec tous les artistes que secrètement il admirait… Connaissant bien la psychologie de ce scorpion de Joseph, je me demande même s’il n’y avait pas chez lui une intention perverse de faire croire à Hitler que c’était une exhibition au premier degré pour se moquer et désigner les « hideux » artistes de l’expressionnisme, et les rendre dérisoires auprès d’un public nombreux, alors qu’au second degré, il avait tout simplement organisé la meilleure exposition de son époque, avec les meilleurs artistes présentés a contrario comme des croûteux : Kirchner, Kokoschka, Picasso, Beckmann, Dix, Klee, Kandinsky, Pechstein, Heckel, et donc Nolde… Ce qui est évident à dire encore, c’est que c’est la puissance des aquarelles de Nolde qui a profondément blessé Hitler qui lui aussi se voulait aquarelliste. En effet, quand on voit les essais minables du jeune Adolf, ils sont risibles comme ceux d’un mongolien braunauois à côté des splendeurs de mers déchaînées, de nuages écumant d’orage, de montagnes renversantes enneigées d’or et de fleurs baveuses telles des omelettes de chair aux pétales magnifiquement absorbés par de la couleur liquide comme issue du Déluge, et qu’aura produites cet Emil Nolde, véritable déflagration tragique pour l’orgueil d’Hitler. Le nazisme ? Une jalousie d’aquarelliste !

Sur Nolde encore un peu. Pendant la guerre, on lui a même interdit de peindre. Alors, pour continuer quand même et ne pas éveiller les soupçons en allant acheter du matériel (toiles, châssis, tubes, vernis, siccatifs), Nolde a multiplié les aquarelles (1 300) de petits formats dans une cabane de son jardin. Ainsi, si la Gestapo venait le contrôler, ça ne sentirait pas la térébenthine. C’est ce qu’il appelait ses « tableaux non-peints » puisqu’ils étaient censés ne pas exister. C’est devenu le cœur de son œuvre mondialement encensée, notamment par les Allemands post-Reich, en particulier les chanceliers Helmut Schmidt puis Angela Merkel qui en étaient dingues et collectionnaient les Nolde ; ça leur a été reproché d’ailleurs. Pas mal d’esprits moralisateurs antinazis ont vu d’un mauvais œil que Nolde soit réhabilité dans les années 50 comme « peintre reconnu et célébré » et même médaillé par la République fédérale d’Allemagne. On a soupçonné Nolde, ce protestant paysan du Schleswig-Holstein, buté et matois, de s’être fait passer exprès pour une victime parce qu’on l’avait empêché de peindre… Il en aurait profité pour se présenter comme un clandestin héroïque, quasiment un résistant au nazisme ! à qui il suffisait d’attendre quelque temps pour ressortir de son trou, et atténuer ainsi son implication nationale-socialiste d’antan… Tout cela ne tient pas : contraint sans doute, Nolde était d’abord un grand artiste au travail in progress incessant, et il n’a pas peint autant d’aquarelles dans le secret par je ne sais quel calcul, lorgnant une reconnaissance a posteriori, mais parce qu’il avait envie de faire des aquarelles, et quelles aquarelles ! Les plus belles du monde !

L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. L’indifférence est le poids mort de l’histoire. C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers, parce qu’elle engloutit dans ses remous limoneux les assaillants, les décime et les décourage et quelquefois les fait renoncer à l’entreprise héroïque.

Antonio Gramsci

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°69 – 27 avril 2026

Personne ne peut savoir à quel point je vois les choses en noir.

Il y en a qui écoutent ChatGPT ; moi j’écoute Chet répéter.

La philosophie de l’homme banal, même s’il est en contact avec des esprits supérieurs, c’est de ne pas se dépasser, ne pas s’élever, ne pas atteindre un autre lui-même qui serait son vrai « je » ; surtout ne pas s’intéresser aux choses essentielles de l’existence mais patauger dans la lambdaderie courante et pâteuse dont il ne pourra jamais s’envoler à cause de sa propre fainéantise et sa volonté de rester peureusement statique, dans un état de végétation pour tout dire repoussante et ultra méprisable aux yeux de Dieu.

Tiens, petit travail pour les petites mains nabiennes : un truc qui n’a jamais été fait, je crois, c’est trier dans les Poésies II de Ducasse ce qui est vraiment de lui, puisque la plupart des aphorismes sont des pensées et des maximes détournées d’autres auteurs comme Pascal, La Rochefoucauld, Vauvenargues… Donc, il faudrait pouvoir lire uniquement à la suite les paragraphes qui sont du cru ducassien, et là, j’en suis sûr, on va découvrir encore de nouvelles choses de sa psychologie, et de sa rhétorique va se révéler alors tout un pan de la pensée d’Isidore de Maldoror !

Nathalie Baye. Qu’est-ce qui diable lui chatouillait le vagin pour ne s’être tapée que des alcoolos ou des monstres ? Philippe Léotard, Johnny Hallyday, Pierre Lescure, Jean-Louis Borloo ?…

C’est si ridicule, ces enterrements de peoples ! Toujours le même cérémonial avec des types en noir qui sortent le cercueil du fourgon et qui le portent ensuite à quatre, chacun sur une épaule, avec une main gantée de blanc dans le dos, tel un lourd paquet pénible jusque dans l’église pour l’en ressortir une heure après comme s’ils y avaient emmené le défunt pour qu’il y fasse ses besoins. Les curetons avancent comme des escargots avec leur écharpe violette comme celle de Jack Lang… Quand les célébrités arrivent incognito, c’est toutes avec des lunettes noires. Les lunettes noires, c’est pour faire star ou bien parce qu’il y a trop de soleil, ou encore pour cacher ses larmes ? Oui, chacun cache ses larmes, mais elles sont de rage, la rage de ne pas être une vraie star comme l’est le soleil ! Puis les showbizzeux se congratulent, se tapent dans le dos, se frottent les omoplates, s’étreignent les uns les autres. Ils font passer ça pour de l’amitié alors que c’est du networking, rien de plus. Ensuite, ils se pressent pour entrer dans l’église comme si c’étaient eux qui étaient morts et qu’ils avaient hâte de voir Dieu. C’est la même attitude partout, quelles que soient les obsèques. C’est à pleurer en effet, mais de rire ou nerveusement de mépris. Heureusement, il y a les dispensés pour cause de scandale… Les ostracisés, les maudits et autres cancelés pour différentes raisons ne sont pas souhaités là. À aucune de ces funérailles, il aurait été concevable de voir se radiner Pierre Palmade, Patrick Poivre d’Arvor, Gérard Depardieu, Philippe Caubère, Ary Abittan, Benoît Jacquot, Jacques Doillon, Gérard Miller, Nicolas Bedos, Gabriel Matzneff, Dieudonné ou Alain Soral !… Et pourtant, c’est la seule chose qui sauverait la grotesquerie d’un enterrement, c’est que quelqu’un de très mal vu se glisse dans le groupe des invités, ce qui mouillerait le cadavre, si j’ose dire. J’aurais donné cher pour voir à l’enterrement de Nathalie Baye débouler… Patrick Sébastien, par exemple ! Avec sa fameuse chemise hawaïenne, mais en noir et blanc pour les circonstances ! Tout le monde se serait demandé : « Mais qu’est-ce qu’il fout là, lui ? Quel rapport ? Il a dû baiser Nathalie Baye, c’est pas possible ! » Et si Patrick avait olé osé entonner son nouveau tube Delphine si t’avais connu ma pine, il aurait pu boire éternellement à ma gourde ! Salir le recueillement bidon par une seule présence incongrue, j’adore ! Persona non gratin ! Ça aurait été moins pitoyable que d’avoir vu venir se faire voir place Saint-Sulpice toute la peopolaille bien gentille de gauche, les Xavier Dolan, Chiara Mastroianni, Patrick Chesnais, Jean-Michel Ribes, François Ozon, Jean-Pierre Kalfon, Valérie Lemercier, etc. comme à un défilé de prêt-à-pleurer, passant devant un troupeau de beaufs et de beaufesses retenus par des barrières comme au zoo, bêtes même pas sauvages, avides de selfies, qui, à la fin de la cérémonie voulaient absolument que Laura Smet, orpheline de Nathalie Baye et Johnny Hallyday, se plonge dans un bain de foule, comme si la pauvre Laura, présidente de la République des « fils et filles de… », complètement voûtée (et pas seulement par le malheur), et qui n’aura jamais été aussi « touchante » que ce jour-là, pouvait, en leur imposant les mains, les guérir tous de toutes leurs écrouelles.

Raillons les funérailles ! Après celles de Bruno Salomone où il y avait Jean Dujardin, Bruno Solo et Jean-Luc Reichmann, il y a eu celles d’Isabelle Mergault où il y avait toute la bande à Ruquier et encore Jean-Luc Reichmann qui n’était pas à celles de Loana où il y avait Steevy qui était aussi à celles de Mergault, mais qui n’était pas à celles de Nathalie Baye où il y avait Michel Drucker qui était aussi à celles de Mergault où il n’y avait pas Jack Lang qui était à celles de Lionel Jospin et à celles de Nathalie Baye où il y avait Benjamin Biolay, Dominique Besnehard, Eddy Mitchell, Fanny Ardant, Catherine Deneuve, Frédéric Beigbeder (dont Nathalie Baye était l’ex-belle-mère), Mathilde Seigner et Guillaume Canet qui n’était ni à celles de Salomone, ni à celles de Mergault, ni à celles de Loana, mais à celles de Nadia Farès (qui ont eu lieu le même jour que celles de Nathalie Baye) où il n’y avait toujours pas Jean-Luc Reichmann, mais en revanche Raphaël Mezrahi qui était aussi à celles de Mergault, et Læticia Hallyday qui n’était pas à celles de Nathalie Baye, contrairement à Sylvie Vartan, autre femme de Johnny, qui y était, comme Claire Chazal et Samuel Le Bihan qui étaient aussi à celles de Nadia Farès, où il n’y avait pas Brigitte Macron qui était à celles de Nathalie Baye, mais Nagui et Benoît Magimel qui ne sont pas venus à celles de Nathalie Baye, alors que Stomy Bugsy était aussi bien à celles d’Isabelle Mergault qu’à celles de Nadia Farès, comme Antoine Duléry qui était également aux deux, alors que Josiane Balasko et son Indien étaient à celles de Nathalie Baye puis à celles de Nadia Farès où il y avait François Vincentelli, François Berléand (qui auraient très bien pu être présents à celles de Nathalie Baye mais pas à celles de Loana) en compagnie de Pascal Elbé, Claude Lelouch, Elsa Zylberstein, Élie Chouraqui, Gad Elmaleh, David et Jonathan, Jonathan Cohen, Mathilda May, tous, comme on sait, grands amis du Maroc…

« Mieux vaut avoir tort avec Sartre que raison avec Aron »… Non, je corrige : « Mieux vaut avoir du tartre avec Jean-Paul Tort que des caries avec Jean-Paul Raison. » Ou : « Mieux vaut mettre une tarte à Michèle Torr que de se taper l’opéra Moïse et Aaron. » Ou encore : « Mieux vaut avoir une martre qui se tord que se faire une raison d’être un héron. » « Mieux vaut vivre à Montmartre qu’avoir une maison au Thor. » « Mieux vaut avoir un castor à Chartres qu’un daron qui croit avoir raison. » « Mieux vaut faire des étrons à tort qu’en avoir plus que de raison »… Trouvez en d’autres vous-même, c’est facile (attention, comme ceux-là : avec des allusions à Céline, Schoenberg, Kafka, Heidegger, Simone de Beauvoir et Charles Péguy) !

Titre d’un recueil de poèmes à faire sur les femmes, à la Roger Gilbert-Lecomte : Le Cul les Seins la Chatte la Bouche et l’Anus.

On me demande souvent pourquoi je ne cite jamais Ionesco… D’abord, j’aime pas les Roumains (à part Brancusi) : ce sont tous de gros hypocrites langues de pute lâches sales délateurs et menteurs (j’adore généraliser). Les artistes roumains ? Peuh ! Escrocs en poésie (Paul Celan) ; en aphorismes (Cioran) ; en religion (Mircea Eliade) ; en subversion (Tristan Tzara) ; en tout (Isidore Isou). Et en théâtre, donc… Eugène Ionesco était un mauvais auteur de théâtre et aussi un con. Pour preuve, sa réponse à un intervieweur qui lui demandait : « Et au théâtre, avez-vous des maîtres ? On évoque souvent Labiche à votre sujet. » Ionesco : « Je n’aime pas Labiche. Avec Feydeau, j’ai été étonné de voir qu’il y avait une grande ressemblance… Pas dans les thèmes, pas dans les sujets, mais dans le rythme. Dans l’ordonnancement d’une pièce comme La Puce à l’oreille par exemple, il y a une sorte d’accélération du mouvement, une progression, une sorte de folie. On pourrait peut-être découvrir là l’essence du théâtre, ou au moins l’essence du comique… Parce que si Feydeau plaît, ce n’est pas pour les idées qu’il a (puisqu’il n’en a pas), ni pour les histoires de ses personnages (qui sont sottes), c’est cette folie, c’est ce mécanisme apparemment réglé, mais qui se dérègle par sa progression et par son accélération mêmes. Finalement, on doit concilier le contenu avec la forme : si Feydeau n’est pas un grand écrivain, c’est parce qu’il ne reste de lui que le schéma, abstrait en quelque sorte. Mais les pièces qui ne veulent rien dire peuvent être parfaitement amusantes. Je ne suis pas sectaire. » Qu’est-ce que je vous avais dit ?

Avant, la Vérité était représentée, selon la vision géniale de Démocrite, par une femme au fond d’un puits dont on ne sait rien et qu’il faudrait remonter à la surface. La Vérité sortirait alors du puits, toute nue, car elle n’a rien à cacher, avec un miroir dans une main pour refléter la réalité et un martinet dans l’autre pour punir ceux qui ne croient pas en elle… Eh bien, je persiste à penser qu’il faut revenir à cette vision de la Vérité, seule, unique, exhibo et menaçante, qui seule peut faire peut-être encore un peu peur aux conspis constipés qui, déjà, trembleraient de voir une femme nue (« La femme nue, c’est la femme armée » comme disait Victor Hugo) et qui mériteraient leurs coups de martinet (l’instrument maternel s’il en est) pour les fustiger de proférer impunément tant de conneries ! Je rajouterais que la Vérité allégorisée ainsi puerait d’être restée si longtemps au fond du puits à l’eau croupie, et son odeur ferait décamper les petites natures conspirationnistes aux couilles coincées, tous petits soldats du Mensonge engagés volontaires dans les fake news et la désinformation.

Sur mes fans encore. Mon raisonnement est très simple : il y en a bien, et beaucoup, qui font le boulot, c’est-à-dire qui répondent quand on m’attaque, qui établissent des liens avec ce que j’ai déjà accompli pour en rappeler les effets bénéfiques, qui n’hésitent pas à entrer en conflit avec des anonymes ou même des alliés lorsque ceux-ci portent atteinte à mon travail (mon honneur, je m’en fous), bref, qui me citent sans aucun problème (je dresserai précisément un de ces jours la liste de ces vaillants camisards), alors pourquoi d’autres « nabiens » jouent-ils les timorés ou les oublieux ? Céline s’est plaint de ça pendant toute sa correspondance, à partir du Danemark, et dans les livres de son retour, aussi bien Féerie que D’un château l’autre ou Nord, sans parler du fameux incipit de Rigodon : « Je vois bien que Poulet me boude ». Les « lecteurs fidèles » sont ou perversement égoïstes (ils ne pensent qu’à mettre en valeur leur propre sous-nabisme copié) ou alors très bêtes et fainéants, estimant, toujours par égoïsme, que ce n’est pas la peine de prendre les armes pour entrer dans cette guerre, car il s’agit d’une guerre, et celle qui se mène sur les réseaux sociaux n’est pas moindre que l’autre, c’est-à-dire celle qui se mène au niveau des publications et expositions. Se sont-ils seulement interrogés sur ce que ça demande comme générosité morale et physique de parvenir à faire ce que je fais dans les conditions où je le fais ? Ils ne tiendraient pas deux minutes, ceux qui dégustent passivement la moindre de mes interventions en se cantonnant à me retweeter ou à me liker, et qui croient ainsi s’en sortir avec un coup de pouce bleu ou de petites mains jaunes qui bénissent ou un smiley qui m’envoie une bise ! Poster un cœur, c’est nul ; j’en n’ai rien à battre de leurs cœurs ! On dit qu’il ne faut pas trop s’approcher de son idole au risque d’être déçu, mais moi je dis qu’en tant qu’idole, il ne faut pas trop s’approcher de ses fans car, à coup sûr, on le sera (pas fan, déçu !). Ces nabiens d’eau douce n’ont toujours pas compris que me lire, c’est comme s’embarquer dans la même galère avec la promesse d’essuyer de sacrées tempêtes salées… Ils préfèrent rester entre petits. Ils jugent mon travail et gardent le silence quand on me crache dessus. En cachette, ils exploitent mon énergie et ma connaissance pour faire les chefs de leur côté. Ils me copient tout en m’occultant ou en me reniant. Ils n’ont rien à dire sur ce que j’écris. Ils ne s’intéressent à rien. Ils n’écoutent pas quand je leur parle et quand ils s’expliquent, on ne comprend pas ce qu’ils disent. Attention, je ne leur demande pas de me sacrifier leur existence ou leurs ambitions (quoique… ) : ils peuvent avoir la vie qu’ils veulent, aussi merdique soit-elle d’ailleurs, mais lorsque le gong sonne et qu’il s’agit de monter sur le ring pour me défendre ou pour faire la pub de mes productions scripturales, picturales ou vidéographiques, la moindre des choses, c’est de se retrousser les manches et pas de se vautrer dans une admiration pour la plupart secrètement jalouse et prétentieuse, et profiter de la bonne aubaine que « ça barde » pour ne pas me rendre grâce dans leurs propres travaux minuscules qui me doivent tant… On a besoin d’eux, quand je dis on, c’est tous ceux qui travaillent avec moi et en premier, ou plutôt en dernier, moi-même qui ne suis qu’un des ouvriers de ma propre œuvre, je l’ai assez dit… Il faut que les nabiens « en retrait » et autres zanninistes absents se débusquent sans craindre de se recevoir une remarque ou de faire mal ou de gaffer. Des « remarques », j’en prends bien, moi, tous les jours depuis 45 ans, c’est pas grave ! Ils ne devraient pas s’arrêter à ça, et privilégier le temps, relativement court en plus, que va leur coûter l’effort de participer à la bataille plutôt que de rester planqués en disant : « Je préfère garder mes distances avec le monstre de Nabenstein… » Ou : « Bah, je peux pas… j’ai pas le temps… maintenant, j’ai un bébé… je dois aller à mon boulot… » Ou variante : « De toute façon, je ne serais pas capable de faire bien, alors autant ne rien faire, j’ai des complexes. » Ben voyons ! Et mon cul, qui est déjà du poulet, ce ne serait pas de la dinde par hasard ? Sinon du dindon, puisque c’est toujours moi qui, à la fin, me retrouve celui de la farce, si on peut dire, car ça ne me fait pas rire de m’apercevoir qu’un couple de grands fans éditeurs installés à La Chaise-Dieu (Haute-Loire), et qui y fabriquent artisanalement de jolis petits reprints bleus de Jules Vallès, d’Artaud ou d’Unamuno (tous morts, vous remarquerez), me coupant l’herbe sous les pieds, la veille de la publication de mon pamphlet contre l’édition traditionnelle (« Le Grand fumier et les petites ordures » in La Feuille nabienne 68), ont sorti une première tribune plus qu’inspirée par ma langue « vulgaire » et mes idées, pour la doubler quelques jours plus tard, et même la tripler, ciblant cette fois Virginie Despentes dont ils auraient pu développer le rôle conséquent qu’elle a eu dans le cours de mon destin éditorial des années 2010 (ce qui aurait intéressé leurs lecteurs, tant ce rodéo à deux sur un Renaudot était représentatif du milieu littéraire) plutôt que de recueillir facilement les suffrages d’ignorants plus ou moins LFI de FB et d’amateurs de rébellion à la petite semaine auprès desquels les deux Casadéens super-lettrés n’ont pas oublié d’omettre de me citer… Plus fort de café encore, ils ont négligé de renvoyer de nouveaux veaux brouter ces pâturages à l’herbe plus savoureuse que la leur que sont les Feuilles signées par celui qui en a marre d’être leur serviteur. Je m’en fous qu’on se contente de me « respecter » ! Lou Blondin et Robin Schönfeld ont d’autant moins d’excuses de faire semblant de ne pas avoir compris tout ça que c’est écrit en toutes lettres dans bien de mes paragraphes, et encore une fois dans celui que j’achève ici par un point — hélas ! — final.

La musique lave la poussière de la vie de tous les jours.

Art Blakey

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°68 – 20 avril 2026

Le Grand fumier et les petites ordures. J’attaque l’hypocrisie et la bonne conscience en meute et à peu de frais de ces « écrivains » qui « se cassent » de chez Grasset parce que leur « saint » patron Olivier Nora vient d’être viré par Vincent Bolloré, son actionnaire « prédateur »… Ce n’est pas moi qui vais défendre Bolloré ; je suis même le seul « pamphlétaire » aujourd’hui à avoir criblé régulièrement de mes flèches au curare argumentées le pseudo-conservateur judéo-chrétien (il est pire que ça), aussi bien dans ces Feuille que dans mes TikTok… Qu’on me trouve un de ces tocards grassettement vendus depuis des lustres, et ayant claqué ce 14 avril 2026 la porte du bouge croulant de la rue des Saints-Pères, qui aurait fait le millième de mon boulot salvateur de lucidité destructrice contre CNews, Praud, et Cie ! Le spectacle est répugnant : 200 petites ordures se drapent dans leur « dignité » à cause d’un grand fumier qui les a bien baisées… Non, la dignité, ce n’est pas de se barrer d’une maison déjà pourrie depuis toujours. Et c’est de l’auto-héroïsme à bon compte que de suivre Nora « où qu’il aille »… Ils pleurent tous son éviction comme s’il était mort ! Sa photo de vieux germanorapratin handsome et sérieux diffusée partout en noir et blanc. Qu’est-ce que ça aurait été s’il avait clamsé ! Séphora Pondi (?), Didier Pourquery (?), Évelyne Bloch-Dano (?), Paul Preciado (?), Hubert Prolongeau (?), Charlotte Pudlowski (?), Sonia Rachline (?), Léonor de Recondo (?), Patricia Reznikov (?), Jennifer Richard (?), Patrick Roegiers (?), Baptiste Rossi (?), Éric Sadin (?), Jean de Saint-Cheron (?), Mathilde Saliou (?) sont en deuil mais pas d’Olivier Nora ; d’eux-mêmes ! C’est tout ce ramassis de faux écrivains stipendiés et corrompus, ces puent-du-cul qui se sont faits seppuku en se virant en quelque sorte avec leur Nora, et qui en sont morts, et ils le savent ; d’où les larmes… Comme celles de cette salope d’Abnousse (ce prénom est d’une laideur, on dirait de l’hébreu !) Shalmani qui ose pleurnicher sur le plateau de David Pujadas et de Ruth Elkrief sur le licenciement de Nora alors qu’elle n’a pas versé une seule goutte salée comme la mer Morte de ses yeux perses pour les 75 000 bombardés et déchiquetés de Gaza : évidemment, Shalmani est une Iranienne progressiste et modérée… D’ailleurs, je les ai vus une fois à midi, tous les trois, et avec François Lenglet en plus, en train de s’égosiller pendant qu’ils déjeunaient au restau La Terrasse (il ne manquait plus que Caroline Fourest !). Ils étaient à une encablure de mon mépris : la brochette des pensants-bien d’LCI qui, même à la pause, restaient entre eux. Un qui a été également au bord du sanglot après l’annonce tragique faite à Nora, c’est ce sans-talent (comme on dit un « sans-dent ») de Sorj Chalandon, vieille tête de rascasse gauchiste encore emballée dans ses anciens papiers de journal jauni (Libération). Ça fait 40 ans qu’il court après le prix Goncourt (tu ne l’auras jamais, barbu puant !)… C’est peut-être lui qui a sorti les plus grosses énormités sur Grasset, sur l’édition, sur « le métier », « l’indépendance », cette « grande maison », « un vrai éditeur »… Vous avez aussi l’obèse sentimental LFI David Dufresne et ses pantalons orange, à deux doigts de chialer lui aussi, et qui avait apporté sur le plateau de C ce soir, entièrement acquis à la cause Grasset, son contrat d’édition pour sa future daube qu’il a déchiré en public spectaculairement, tellement il était colère. Quel courage ! Lui aussi n’en finit pas de vanter le père Nora pour l’« excellence de son travail » ; sa « liberté » ; son départ qui est comme « la fin d’un monde », alors que Nora, disons-le, ne publiait que des merdes ! Au fait, on ne connaît pas la raison officielle ou officieuse du jartage de Nora par Bolloré. Il y en a plusieurs qui circulent mais la principale tourne autour de Boualem Sansal : je vous l’avais pas dit que c’était un sale mec ? Et là, il l’est doublement sinon triplement… Boualem Sansal, changement d’image ! Sansal était un traître à l’Algérie, un traître à la France, et désormais il est considéré comme un traître à Gallimard pour avoir accepté une bourse de 30 millions de deniers, offerte en échange de son passage chez Bolloré (go-between : Sarkozy) qu’il estime l’avoir mieux défendu lorsqu’il était en prison qu’Antoine… Nora, qui n’était pas fan de Sansal, a été vexé de ne pas avoir été consulté pour que soit publiée « chez lui » La Ballade de la geôle d’El Koléa du Franco-algérien revanchard, mais Nora, lui, préconisait d’attendre septembre (pour le prix Gonc’ ?) alors que Bolloré était partisan d’une sortie au plus vite, en juin, pour en faire le livre de l’été, car il s’en fout, du vieillot concept de « rentrée littéraire » auquel le monde des Lettres et du néant tient tant afin de pouvoir agiter pendant 2 mois sa puissance délétère de corruption. Nora « rechignait » ? Résultat : « Débarrassez- moi de ce con ! » aurait dit Bollo… Je crois bien que le milliardaire avait raison : qu’est-ce que c’était au fond, Nora, si ce n’est un employé dans un mini-milieu, qui n’a jamais eu aucune curiosité réellement littéraire, qui n’a fait accoucher personne d’aucun talent… Un employé, pas un patron comme Bolloré qui, dans sa monstruosité démoniaque, dans son satanisme miltonien, est autrement plus intéressant à combattre… Au moins, Bolloré fait et défait les choses ; les autres ne font qu’en être (des choses). En plus, les révoltés de la rue des Saints-Pères professent d’être contre toutes les idées de Bolloré mais au fond, ils ont les mêmes : ils sont en gros tous des bourgeois judéo-chrétiens qui ne peuvent pas piffer les Arabes, qui lèchent le cul d’Israël, qui sont contre toute révolution, qui ne rêvent que de gagner du fric et de passer dans les médias ou d’y avoir une influence… Le seul truc qui embêtait les auteurs de chez Grasset, c’est que Bolloré n’est pas de gauche, alors qu’eux ont le culot d’en avoir l’air… Leur argument c’est de dire que Nora avait réuni « des gens qui pensaient différemment », et que c’est ça, le vrai pluralisme… Ce qu’ils ne disent pas, c’est que ce « pluralisme », c’est surtout qu’il y avait des écrivains en effet pluriels, mais au sens où ils émargeaient dans plusieurs réseaux médiatiques indispensables à la propagande lucrative de la maison. Par exemple, si Jean-René Van der Plaetsen était publié par Grasset, c’est parce qu’il était en même temps au Figaro. C’est pratique pour obtenir des articles et des prix, d’avoir dans sa main le plus possible de journalistes qui se prennent pour des écrivains ! Et en avant, les petites enveloppes, les chantages déguisés en coups de pouce… Privilèges promis et navets promus ! Quitter Grasset à cause du « limogeage brutal » de Nora, ça ne prouve pas la grandeur de résistance des auteurs choqués ; ça prouve leur moutonnerie, et surtout ça prouve qu’ils savent passer par-dessus leur propre idéologie pour rester dans cette famille, qui n’est pas politique mais qui est celle de la mauvaise littérature ! Pour le reste, ne vous y trompez pas : ils ne sont pas si regardants. La preuve ? Ça fait trois ans que la maison a été rachetée par Bolloré et ils ont tous accepté de continuer à y publier, et c’est maintenant que Nora est viré qu’ils font la gueule ! Le vingt-cinquième-heurisme est ancré de tout temps dans la trogne du Français, comme en 1944 où tant de pétainistes sont entrés dans la résistance le jour même du débarquement ! Si ces intègres poltrons ne pouvaient pas blairer Bolloré, qu’est-ce qui les empêchait de s’exclure de chez Grasset dès 2023 ? C’est simple : la peur qu’on ne verse plus dans leur entonnoir d’oies plus très blanches des à-valoir à vomir ; la peur de ne pas retrouver d’autres papa-mamans éditeurs qui les conseillent dans leur « écriture » ; la peur de ne plus avoir de prétexte pour discutailler des heures de leurs « projets » « littéraires » aux cafés du coin ; la peur de ne plus pouvoir courir se consoler sous les jupes de leur attachée de pression ; la peur de ne plus être invités à venir présenter leur cul de bébé pour se le faire talquer deux minutes vite fait dans un talk-show sur France Télévisions ! Mais putain, c’est fini, l’édition, putains ! Vous avez attendu 2026 pour comprendre ça ? Vous n’aviez qu’à faire comme moi en 2005 quand j’ai été viré du Rocher. Pourquoi les pauvres petits chéris, orphelins de Nora, ne se reconvertissent pas dans l’autoédition (certainement pas dans l’anti-édition), s’ils en sont capables ?… Pas assez individualistes pour ça ! Et surtout, ils ne tiennent pas du tout à être totalement indépendants, à reprendre leurs droits pour que leurs titres leur reviennent, ils persistent à marcher au pas dans la combine des 8 à 10 %… Ils ont une mentalité d’esclaves et ils ont besoin d’un niaisditeur avec qui ils peuvent tripatouiller leur texte, et perdre ainsi un temps précieux pour écrire vraiment. Ils préfèrent se justifier et se faire cocooner, les cons ! Ces moutons des Lettres se berçaient les uns les autres dans l’illusion que leur chef et patron, c’était Nora et pas Bolloré. Même si les plus bêtes pensaient que Grasset était « la vitrine littéraire du groupe », c’était pas une excuse, et si c’était vrai, c’était pire : ils acceptaient donc de servir de couverture (et pas de vitrine) à Bolloré ? Beurk ! Argument : Nora les « protégeait » de Bolloré comme Carcassonne les protègent encore chez Stock, et ils se seraient bien gardés de partir avant que leur patron ne soit chassé « comme un laquais » par l’actionnaire. Nora, c’était pas leur paratonnerre ni leur sentinelle, mais leur alibi pour rester et en croquer quand même sur CNews, aller dédicacer leurs livres à L’Écume des Pages, ou être en tête de nœud de gondole dans les Relay : « On peut y aller puisque de toute façon c’est Nora qui nous édite ! » Bah non, c’était pas Nora qui vous éditait, les mecs ! Ils sont encore plus collabos qu’ils ne le pensaient eux-mêmes… Grasset « maison de gauche » ? Peuh ! Quand on sait qui était Bernard Grasset, c’est quasiment normal que Bolloré la dirige maintenant… Retour aux sources ! Grasset était furieusement de droite : dans les années 30, il a publié Hitler (Principes d’action, 1936, j’en ai montré un exemplaire dans mon Patience 3) et pendant l’Occup’,

Drieu, Chardonne, Doriot : moi, je m’en fous bien sûr, je fais pas la morale, mais depuis 70 ans, ça n’a gêné aucune des « belles âmes » du catalogue de publier chez un Vichyssois frappé d’indignité nationale en 48… Et comme « amoureux de la littérature », Grasset, le moustachu lustré dépressif, toujours fourré à Garches, se posait un peu là : au début des années 20, il a fait cracher Proust au bassinet pour qu’il se publie chez lui à compte d’auteur, et en 1924 a fait chier Ramuz sur les hétérodoxies de sa langue helvète (voir la fameuse lettre que Charles Ferdinand lui a adressée)… Même en chopant Le Diable au corps de Radiguet, Grasset s’est comporté avec « le plus jeune romancier de France » comme un gougnafier, revendiquant de le lancer comme une lessive : vous le voyez bien dans le petit film publicitaire qu’ils ont tourné (ah, la gueule de maquereau de Grasset, et celle d’enfant abusé de Raymond !)… Les directeurs littéraires qui ont suivi n’étaient pas mieux : quand on pense qu’il a fallu pour ces putes-auteurs se coltiner pendant 40 ans un patapouf flasque et magouilleur comme Fasquelle, un plouc pro-Yankees comme Yves Berger ou un vieux coq en carton-pâte comme Jean-Paul Enthoven… « Nora des pâquerettes », comme on l’appelait n’a jamais eu aucune vision, aucun amour pour les écritures qui chient dans la colle, et encore moins pour l’art de faire swinguer le français. En vérité, je vous le dis, ils sont tous pareils, les éditeurs : une mafia de margoulins et de ruffians conformistes et sectaires… Sans panache, courant après les modes, ne débordant jamais de la Société et faisant mijoter leurs peu ragoûtants ragoûts d’immoralité dans leurs cuisines secrètes… La preuve : après les 200 auteurs, c’est maintenant 200 éditeurs qui viennent protester  dans une tribune contre l’éjectage sans ménagement d’Olivier Nora, plus sinistres inconnus les uns que les autres, sauf une pléiade de Gallimard (Antoine, Isabelle, Charlotte, Laure, Margot), Françoise Nyssen (ex-ministre de la Culture anthroposophique et des Conflits d’intérêts), Teresa Cremisi (ma boycotteuse acharnée chez Gallimard et J’ai lu-Flammarion), Sophie de Closets (une ex-cheftaine de chez Fayard), Denis Olivennes (boss d’Éditis que Bolloré a failli racheter aussi), Olivier Frébourg (un con ébahi), Betty Mialet (la veuve Barrault), Jean-Marie Laclavetine (l’ex-petit ami largué de Boualem sans pitié) et s’il avait été vivant, soyez-en sûr, Sollers, qui aurait signé, car toujours partant pour les mauvaises causes… On en arriverait presque à féliciter Bolloré d’avoir envoyé indirectement un autre coup de pied, dans une deuxième ruche, éditoriale celle-là, où finalement il n’y a jamais eu de véritables abeilles, à part Denoël, Pauvert, Barbezat, Bertrand, Gaultier et quelques autres, mais que des mouches à merde qui, de surcroît, font croire qu’elles font du miel ! Bolloré m’a venger ! Parmi les écrivouin-ouins déserteurs de Grasset, et qui en un clic ont pris la claque de leur vie, il y en avait trois sortes dans cette maison d’édition infâme (pléonasme)… 1) Les jurés pour les prix (Frédéric Beigbeder, Pascal Bruckner, Dominique Bona, Georges-Olivier Châteaureynaud) ; 2) les agents d’influence dans l’édition, la presse et la télé (Bernard-Henri Lévy, Anne Sinclair, Christophe Ono-dit-Biot, Laure Adler, Anna Cabana, Nadia Daam, Nelly Kaprièlian, Abnousse Shalmani, Annette Lévy-Willard, Caroline Fourest, Vincent Jaury, Thierry Frémaux, Jean-Luc Barré ) ; 3) la valetaille de « prestige », histoire de faire genre « littérature » (Virginie Despentes, Cécile Guilbert, Vanessa Springora, Anne Berest, Laurent Binet, Pauline Dreyfus, Claire Castillon, Gaël Faye, Dan Franck, Anne Goscinny, Élisabeth Barillé, Simon Liberati, Laurent de Wilde)… Sans oublier une dernière liste évidente (j’adore les listes moi, comme Rabelais !) qui prouve que Nora était autant « sioniste » que Bolloré : Éliette Abécassis, Laure Adler, Myriam Anissimov, Metin Arditi, Claude Askolovitch, Nathan Devers, Pauline Dreyfus, Marc Weitzmann, Michèle Fitoussi, Delphine Horvilleur, Olivier Guez, Elizabeth Gouslan, Philippe Grimbert, David Haziza, Alain Minc, Michael Prazan, Rudy Reichstadt, Anne Rosencher, Adèle Rosenfeld, Jérôme Clément, Laure Sibony, Carole Zalberg, Sandrine Treiner, Martin Untersinger, Anne Sibran, et celui qui traverse toutes les listes, qui est partout : Bernard-Henri Lévy !… Ah, une fois l’euphorie d’avoir cru posséder un instant des couilles passée, tous ces castrés-nés vont commencer à comprendre que s’ils ne publient plus chez Grasset, leurs anciens livres vont continuer à vivoter sans leur appartenir… Ils ne leur appartenaient déjà pas quand Nora les avaient « signés », pardon, saignés… Bolloré va les achever, les écraser, pire que s’il les mettait au pilon ; c’est plus vicieux, c’est plus chinois, plus supplice chinois ! Finies, les mises en poche ; finies, les traductions ; finies, les relances ! Le magnat breton a quand même enterré là des dizaines et des dizaines de livres nuls de scribavassouilleurs achetés (à bas prix en plus) qui paraissaient (paressaient ?) chez Grasset uniquement par intérêt commercial ou système de renvois d’ascenseur. Je crois que pour ça, on peut lui donner une médaille, à Bolloré ! C’est le plus gros coup contre, dit-il lui-même, « une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous et qui se coopte et se soutient, et qui, grâce à sa capacité de fracas médiatique, fait peur à beaucoup. N’ayons pas peur ! Grasset continuera et ceux qui partent vont permettre à de nouveaux auteurs d’être publiés, promus, reconnus et appréciés ». Le mot d’ordre désormais des pétitiognagnagnières, c’est d’appeler le public à ne surtout pas boycotter les livres de septembre car ils sont encore l’œuvre de Nora, et ce sera donc un acte de résistance de les acheter… Qu’est-ce qu’ils croient ? Que Bolloré va promouvoir les dernières drouilles invendables sous la célèbre couverture jaune pisse des fuyards, tout ça parce qu’ils ont déjà été mis dans les tuyaux par Nora ? Cette blague ! Mais il va les laisser crever, Monsieur Vincent, et si certains marchent quand même, il en empochera les bénéfices… Pour la première fois dans l’histoire des rentrées littéraires, l’écurie Grasset va brûler avec ses chevaux dedans : ses poulains comme ces vieilles haridelles… Il devrait les empêcher de sortir, voilà ce que je ferais, si j’étais Bolloré, pour le simple plaisir sadique de les punir… Arthur Essebag est plus malin et plus cohérent que les autres car s’il a débarqué chez Grasset (via Fourest et Christophe Bataille), c’est justement parce qu’il y avait Bolloré derrière, ou plutôt au-dessus. L’animateur, lui, ne part pas mais retarde la sortie de son nouveau livre, au titre aussi aberrant que le premier : Même la nuit ne veut pas de moi… Oui, Arthur suspend son navet au bout d’une ficelle comme une carotte accrochée à une branche d’olivier de Cisjordanie ! Ah, les écrivaillards, ça va être un délice de vous voir faire la manche pour publier ailleurs ! Et d’abord, comment Nora va-t-il pouvoir récupérer les droits de ses ouailles et les transférer dans une maison à lui, si tant est qu’il ait l’intention d’en ouvrir une ?… D’ailleurs, s’il ne peut pas créer une nouvelle boîte, il s’engagera dans une ancienne. Il est prêt à toutes les collaborations, on l’a vu dans sa carrière précédente chez Fayard, et particulièrement de 2023 à 2026 chez Grasset. Bolloré, dans sa réponse aux accusations d’avoir provoqué un « séisme », a révélé que les « performances économiques de la Maison Grasset » étaient » très décevantes ». Il a même balancé que, pour mener sa barque pleine de rats à l’abysse, et alors qu’elle prenait l’eau, Nora était payé annuellement 830 000 euros puis est monté en trois ans à 1,017 million… L’acte bolloréen de dénoratisation de Grasset n’est rien d’autre qu’un acte de cost-killer… Il n’y a pas de petites économies, même pour un professionnel de la finance. Bolloré n’allait pas éternellement perdre de l’argent avec des petits littérateurs inutiles alors qu’il a des locomotives à best-sellers en les personnes de Bardella, Zemmour, de Villiers, Goldnadel, tous nuls en littérature évidemment mais au moins qui ne prétendent pas y toucher leur bille… Oh, je ne m’inquiète pas pour Nora, il n’aura pas de problèmes à se vendre à un autre milliardaire, un Bolloré de gauche ; il y en a : Pigasse, Niel, par exemple… Au passage, dans la Commission d’enquête à l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public, les fliqueurs avaient tous les suspects de saloperies à leur merci pendant des mois, et ils ne leur ont rien fait avouer de notable : en dépit de leur morgue et de leur air supérieur, et de leurs multiples piques inquisitrices et insidieuses, ils n’ont pas su tirer tout ce qui aurait pu l’être des crapules qu’ils ont reçues venant du cinéma, de la télé, de la production… Le fameux petit rapporteur Charles-Henri Alloncle, avec sa tête de Riquet à la houppe de Neandertal, il est bien gentil (en vérité, méchant) mais il n’a coincé personne. Seuls Dominique Besnehard et Xavier Niel ont montré réellement les dents face à lui et à Sandrine Rousseau ; tous les autres se sont couchés, de Yann Barthès à Patrick Sébastien, de Léa Salamé à Nagui, de Serge Toubiana à Pio Marmaï… Puisqu’on parle de Bolloré, ces jugeaillons moralisateurs et mesquins auraient pu lui poser un tas de questions en trois heures d’interrogatoire, et non. Le Faites entrer le Bolloré s’est vite transformé en conseil d’administration avec la voix soporifique du patron de CNews, décontract’ élégant démocrate-chrétien revendiqué, qui ne déteste personne, qui n’a pas d’adversaires et pardonne à ses ennemis, qui est « libre », qui ne fait pas de « politique », qui croit dans le Christ, qui estime que son JDD, son Europe 1, son Canal + etc. sont des « espaces de liberté »… Entre parenthèses, ce qu’a fait Bolloré, c’est-à-dire dénaturer des marques hyperconnues et bankables, c’est exactement ce qu’avait fait Philippe Val avec Charlie Hebdo en 1993… Qu’est-ce qu’ils auraient voulu, les bien-pensifs ? Que Bolloré rachète Minute et Rivarol ou Valeurs actuelles ? Rayon cinéma, vous avouerez que, pour avoir à sa botte tous les quémandeurs de financement pour leurs nanards, c’est plus amusant de détourner le label Canal +, et pour l’édition, de faire de Grasset, enfin, et au grand jour, une maison d’inédition ! Hélas, jamais, lors de la séance de Bolloré à l’Assemblée, n’a été abordé le vrai sujet qui fâche pour ne pas dire qui fachiste : son matraquage propagandiste et permanent en faveur d’Israël sur tous ses supports, et dont l’obsession missionnaire, et même messianique, lui vient de son ascendance goldschmidtienne militante avérée… Moi, quand j’en veux à mort à Bolloré, ce n’est pas parce qu’il a foutu à la porte un « grand éditeur », c’est pour de meilleures raisons : parce que Bolloré est un immonde catho-sioniste crypto-complotiste, qui active en permanence ses relais de transmission pernicieux pour bourrer des millions de crânes d’œufs à plat de néo-francemoisisme, d’excrément-droite et d’enfoiro-fanatisme pro-israélien ! Bolloré, lui, au moins, en a, des convictions ! Même si elles sont hideuses. Pour résumer, l’ennemi de Bolloré, c’est la vérité, mais celui de Grasset, ç’a été la beauté. Il faut se battre contre les deux fronts : celui du mensonge et celui de la laideur. C’est ça qu’on ne comprend pas dans cette affaire micro-colossale du prestidigitateur Bolloré faisant disparaître son Nora d’un seul coup de knout magique : on peut toujours vomir sur Bolloré tout en crachant sur Grasset ; ou mieux : c’est pas parce qu’on doit continuer à vomir Bolloré qu’on doit soudain s’arrêter de cracher sur Grasset !

Je ne suis pas là pour Grasset, je suis là pour Nora, parce que c’est un homme intègre, parce que c’est un homme pur, parce que c’est un homme droit et parce que ces éditions, sous sa direction, sont des éditions qui sont belles, qui sont honnêtes et qui sont notre fierté. Dès qu’il s’en va, il y a plus rien, il y a un titre, « Grasset-rue des Saints-Pères », terminé, pour moi,  c’est terminé !

Sorj Chalandon

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°67 – 13 avril 2026

Mea Luna. « Ça y est, maintenant on peut le dire : la Lune est plus belle que la Terre, je m’en doutais ! 2026, c’est la révélation. On ne se rend pas compte qu’on est contemporain de ça : la découverte, grâce aux différents progrès télescopiques, des vraies couleurs de la Lune : bleu, jaune, vert, violet, alors qu’on la croyait grise et terne comme une planète morte ; pas du tout ! On dirait un calot, ce genre de bille que j’utilisais à l’école du Racati, dans la cour, à la récré, pour jouer… » Voilà ce que j’avais commencé à écrire pour ce paragraphe… Une fois n’est pas coutume, je me suis fait avoir comme un bleu, c’est le cas de le dire ! Toutes ces photos relayées sur X, TikTok, Facebook, etc., étaient fake… C’est un ami vérificateur hors pair qui m’a décillé. Pourtant, il y avait un indice : aucun des médias officiels mainstream, si moqués par les complotistes, n’avait diffusé une seule de ces vues magnifiques en effet de la Lune irisée par morceaux. Autre signe : le site de la Nasa n’en avait pas publié non plus, pas plus que celui de la mission Artemis II lancée le 1er avril avec à l’intérieur quatre benêts yankees scaphandrisés en orange. L’objectif, c’était d’emmener ces astronautes au plus près de la Lune, de s’approcher de la face cachée comme jamais, afin de programmer un réalunissage pour 2028. Ils ont survolé les canyons, les cirques, les impacts de météorites et autres cratères… Les clichés sont remarquables de précision, mais quelques photos, prises soi-disant par eux depuis leur capsule, ont été facilement identifiables comme générées par l’IA à cause de la forme des hublots ou de la visibilité globale de la Terre au loin… Pour celles-là, c’était vite réglé, mais d’autres sont apparues également, et elles montraient la Lune en couleurs ! Jamais l’expression « trop beau pour être vrai » n’aura, dans les périodes récentes, mieux été portée… Ces photos étaient les œuvres de deux astrophotographes, Andrew McCarthy (américain) et Ildar Ibatullin (ukrainien), qui, sur d’anciennes images de la lune, et pour signaler la présence invisible à l’œil nu de différents minéraux enfouis sous la croûte lunienne, avaient colorisé les endroits où ils savaient qu’il y en avait, alors qu’il suffisait de les pointer par de grosses flèches rouges sur le gris monotone du satellite monochrome !… L’un voulait montrer « à quoi pourrait ressembler la Lune si nos yeux et notre cerveau étaient beaucoup plus sensibles à la couleur » (Andrew), et l’autre a avoué avoir « volontairement exagéré la saturation des mers lunaires ; les teintes rouge-rose indiquent l’oxyde de fer et les teintes bleues représentent l’oxyde de titane » (Ildar)… C’était pas le bon timing pour ressortir ça, les mecs… En pleine mission spatiale ! C’était couru que des cons ou des conspis (un des deux mots est compris dans l’autre ; sauras-tu le trouver ?) s’empareraient de ce ballon bariolé et le lanceraient sur le terrain des réseaux sociaux pour que tout le monde tape dedans et se le passe… « Superbes images de la Lune en haute résolution prises par Artemis II », « La mer lunaire est étonnamment colorée »… Mon cul ! Toutes ces descriptions étaient bidon, et les photos correspondantes avaient été capturées depuis la Terre à l’aide d’un simple appareil photo performant puis colorisées ! Moi qui ai toujours eu horreur de la colorisation de certains bouts de film de jazz ou, n’en parlons même pas, de classiques du cinéma, je suis rouge de honte… Il faut s’y résoudre : la Lune est bel et bien grise, partout, aussi bien à l’époque de Jules Laforgue qu’à celle d’Artemis II… Même sur la Lune, il n’y a pas de zone d’ombre. La face cachée n’a rien à cacher. Pardon !

Les neuneus ouin-ouin à la Beigbeder, qui croient que le Covid a été « une répétition générale de la dictature à venir » à cause d’une acceptation de « la disparition de toutes nos valeurs, de toutes nos libertés avec une obéissance effrayante », ont non seulement une vision minimisatrice du Covid, mais aussi de la dictature ! Prendre pour des restrictions insupportables le fait de porter un masque, de s’éloigner des gens par méfiance d’être contaminé par eux (ou de les contaminer), de se faire vacciner au plus vite pour ralentir la pandémie, et, pauvres petits chéris, de ne plus pouvoir aller au cinéma, en discothèque, au resto, le temps que le virus soit jugulé, c’est évidemment le signe de petites natures, de petites couilles, de petits esprits, surtout que ceux qui se disent « rebelles » le sont a posteriori, car pendant le Covid, tout le monde fermait bien sa gueule et obéissait. Avant et après le Covid, ils sont les plus soumis à une autre dictature, réelle celle-là : celle de la putasserie showbiznique, médiatico-centriste, entre-soitesque, bourrage-de-crânante, hyperconsensusteuse, bien-pensantienne ; pour tout dire : répugnante.

Quand je réagis à des propos infects contre les Noirs, je ne le fais pas par antiracisme, évidemment. Je m’en fous, de l’antiracisme et du racisme ; c’est pas mon critère. C’est comme le fascisme et l’antifascisme : ce sont les deux revers de la même merdaille ! Ce que je sais, c’est que les mêmes qui traitent à demi-mot le nouveau maire de Saint-Denis de « singe » et qui n’osent pas dire qu’ils ont une aversion pour les petits Noirs français feraient exactement pareil avec des grands Noirs (comme on dit des grands singes) américains, c’est-à-dire les musiciens de jazz. Moi, si je m’insurge contre ceux qui s’insurgent que le maire de Saint-Denis soit un Noir qui bouge bien lorsqu’il fête son élection, c’est parce que je sais que les racistes sont avant tout des insensibles handicapés de tout swing qui auraient été tout aussi mal à l’aise s’ils avaient eu les Nicholas Brothers en train de danser devant eux ! Ils auraient eu le même dégoût et la même incompréhension… En commentant la prise de guerre par un Malien de la mairie dionysienne, cet agent de la circulation des Blancs qu’est Michel Onfray a eu, peu ou praud, le même genre de réaction que le flic new-yorkais qui avait tabassé Sa Majesté Miles Davis parce qu’il le prenait pour un traînoir fumant une cigarette devant le club de jazz alors que c’en était la vedette ce soir-là, qu’il y jouait et que c’était la pause du concert !… La véritable ignominie de Pascal Praud et de ses amis, c’est qu’ils ne feraient aucune différence entre un « black » banlieusard sans intérêt qui a décroché un petit poste tricolore républicain et un génie universel de la musique. CNews et Cie aurait traité Monk, Albert Ayler ou Charlie Parker de la même façon qu’ils traitent aujourd’hui Bally Bagayoko, Mohamed Gnabaly ou Yahaya Soukouna… Et à l’inverse, Edwy Plenel, lorsqu’il qui défend Bagayoko parce qu’il est noir, et derrière lui tous les Noirs par principe antiraciste, est aussi dans une forme de saleté. Je ne suis pas certain que Mediapart ou RSF, et les David Perrotin, Dominique Sopo, Danièle Obono, qui parlent sans arrêt de « racisés », seraient capables de distinguer un vigile congolais complètement débile et ignoble à l’entrée d’une boîte de nuit ou d’un grand magasin et Earl Hines ou James P. Johnson ! Pour tous, il faut adorer les Noirs ou les détester, quels qu’ils soient. Eh bien, non !

Ce qui manque surtout aujourd’hui, c’est la solidarité. Attention, pas dans le sens de l’entraide avec un arrière-goût de catéchisme et de fausse charité ; non. Être solidaire avec quelqu’un, ce n’est pas se contenter de le défendre mais attaquer ceux qui l’attaquent. Tout le monde a besoin de solidarité. Par exemple, ce que les Iraniens reprochent aux pays voisins, Koweït, Arabie saoudite, Qatar, c’est qu’ils ne sont pas solidaires avec eux dans leur anti-américanisme, et c’est pour ça qu’ils les punissent… Et Trump, ce qu’il reproche aux Européens, notamment à la France, c’est de ne pas être solidaire avec lui pour débloquer le détroit d’Ormuz. Vous voyez, ça se situe à tous les niveaux, aussi bien chez les « grands de ce monde » que chez les tout-petits de l’autre monde, c’est-à-dire celui des réseaux sociaux.

Je n’ai pas besoin d’emprunter sa lampe à mon copain Diogène pour « chercher l’homme » ; je l’ai trouvé ! Il ne pense qu’à lui parce qu’il est enfermé dans lui. Il ne voit que ce qu’il croit voir. Il ne ressent que ce qu’il croit ressentir alors que c’est ce qu’on lui a appris à ressentir. Il ne peut pas imaginer une autre vision sur le monde et sur lui-même que la sienne. Il ne se remet jamais en question. Il ne s’impose aucun effort ni souffrance pour s’approfondir et s’élargir. Il manque d’ambition par goût du confort. Il pense non seulement qu’il est lui-même mais qu’il est également le reste du monde : le monde, c’est lui ! Pire que Louis XIV qui disait que l’État, c’était lui, et pire que Flaubert aussi puisque Madame Bovary n’existe pas alors que l’homme, lui, si. Pourtant, il se vit comme un personnage de fiction alors qu’il est bien réel, et horriblement réel ; bref, il ne comprend rien à rien, croit savoir, juge sans savoir et ne veut rien savoir : le mot « savoir » est inscrit, inséré, serti dans son esprit uniquement à l’occasion de ces expressions-là. Le vrai savoir lui échappe parce qu’il n’en veut pas, et cette ignorance entretenue vient, non de sa peur de la mort, mais de sa peur de la vie. On dit souvent que l’homme ne pense pas à la mort et que c’est pour ça qu’il se croit immortel ; mais non : toute la journée, toute sa vie, il ne pense qu’à la mort au lieu de penser à la vie, et c’est justement ça qui le rend mortel. Les vrais immortels, eux, sont ceux qui savent que leur mort ne changera rien à leur vie si elle est ratée aussi bien que si elle a été réussie, ou mieux : gagnée.

Il ne suffit pas de comprendre pourquoi certaines choses sont mauvaises, il faut aussi savoir expliquer pourquoi d’autres sont bonnes.

Conneries. J’entends dire quelquefois par des donneurs de leçons que j’ai fait des « conneries », j’ai raté ma carrière, je me suis perdu, c’est du gâchis, ma vieillesse est un naufrage, etc… Mais on a tous fait ça ! Je dis « on » car je suis obligé de citer de grands noms, désolé… Déjà, pour commencer, Rimbaud, il a pas raté sa « carrière » de poète pour se la jouer plus tard marchand d’armes ? À 17 ans, il n’a pas tout foutu en l’air, alors que le Tout-Paris des lettres de 1870 lui était ouvert et qu’il a préféré claquer la porte, entraînant dans sa fuite Verlaine qui, lui aussi, a multiplié les « conneries », abandonnant femme et enfant, jusqu’à se faire jeter en prison puis à l’hôpital, et enfin à crever en vieux catho alcoolo oublié et méprisé de tous ?… Et Strindberg, n’a-t-il pas accumulé les positions misogynes dans une Suède en plein essor de féminisme, ce qui a nui désastreusement à ses différents couples, et surtout à son activité d’auteur de pièces de théâtre et de romancier ? Et quand il s’est lancé dans l’occultisme et l’alchimie, ses expériences de brêle en la matière ne l’ont-elles pas amené à se brûler gravement les mains ?… Dostoïevski, c’est pas mieux : après avoir participé à de petites réunions secrètes entre fomenteurs pseudo-révolutionnaires contre le Tsar, il a été envoyé, quasi exécuté, au bagne en Sibérie… Des dettes contractées à cause d’un vœu stupide fait à son frère avant la mort de celui-ci, et la charge d’un beau-fils encombrant qu’il s’était mis sur le dos, ont fini par obliger l’auteur de L’Idiot à s’exiler interminablement dans toute l’Europe, sans parler de ce qui contribuera à le ruiner : son addiction à la roulette… Si tout ça, c’est pas des « conneries », ou considéré comme tel par les jamais-déconnants !… Ou alors Melville, qui, après la publication des récits de ses voyages dans des îles, qui eurent beaucoup de succès, change complètement de direction d’écriture et pond d’énormes romans imbitables même pour ses fans où il raconte de nouveaux voyages, mais fictifs et fouillés fantasmatiquement d’une façon aberrante et qui, de four en four, le feront se retrouver, à soixante-cinq ans, petit douanier à New York… On pourrait détailler chacune de ces « conneries » d’artistes pourtant loin d’être cons, mais qui répondaient chez eux à des choses beaucoup plus profondes que de la simple maladresse, de la malchance ou du masochisme… Souvent, les erreurs de stratégie, même inspirées par la plus totale sincérité, sont interprétées par la société culturelle et moralisatrice des bien-pensants comme des conneries, ou comme pire quand ça touche le domaine politique… L’exemple le plus frappant étant celui de Céline qui, grâce au Voyage et même à Mort à crédit, avait un boulevard de rénovateur du langage et de Super Zola, nouveau chantre du Peuple exploité, qui s’offrait à lui, et qui est devenu antisémite pour finir enfermé au Danemark, puis clochard pas du tout céleste à Meudon… Il faudrait plutôt faire la liste des écrivains qui n’ont pas fait de « conneries » ! Car il y a chez l’écrivain, porté par son caractère irascible et excessif, le goût vicelard d’aller chercher, au détriment de sa réussite personnelle, dans l’horreur du monde et dans la dégueulasserie des hommes, le matériau nécessaire au façonnage d’une œuvre le plus en accord possible avec sa pureté sacrifiée… Regardez Oscar Wilde, pour finir dans les conneries, qui attaqua en justice le Marquis de Queensbury parce que ce con-là l’accusait d’être pédé avec son fils Lord Douglas (ce qui était parfaitement exact) et en retour et à son tour, il enclencha un procès contre Wilde, se soldant pour Oscar par deux ans en geôle de Reading d’où il sortit avec une réputation d’homo notoire, ce qui finit de le détruire, lui laissant juste le temps de mourir, à 39 ans…

À propos d’Oscar Wilde, ceux qui me reprochent de faire des TikToks, des Instagrams, et de m’exprimer sur les « réseaux sociaux » Facebook, X et Cie, comme si, par soumission à la technologie moderne, je trahissais mon style et versais dans une incongruité narcissique qui m’éloignerait de tout ce que j’ai déjà pu écrire et de tout ce que j’ai à écrire encore, sont tout simplement des cons… Qu’ils réfléchissent ! Wilde en faisait toute la journée, des TikToks et des Instas, même si ça n’existait pas… Des punchlines d’Oscar Wilde, beaucoup n’ont jamais été écrites. Quelle différence entre les témoins de Wilde l’entendant dans des soirées en Angleterre envoyer oralement des saillies percutantes et les recueillant, et certains de mes amateurs qui prennent soin de retranscrire mes « Punchnabe » improvisées au gré de mes pérégrinations devant la caméra de mon iPhone ? Il n’y a que les ringards qui croient que la littérature, en 2026, ça ne fait que s’écrire, et dans des livres en papier madame, et puis quoi encore ? Pourquoi pas en vente dans des librairies, tant que vous y êtes !

Une des plus belles phrases d’une mère au sujet de son fils, Suzanne Valadon sur Utrillo : « Mon fils peint des chefs-d’œuvre à partir de cartes postales quand d’autres, pensant faire des chefs-d’œuvre, ne font que des cartes postales ».

Titre d’une nouvelle grossophobe à faire (à la Paul Morand) : L’Énorme Européenne.

Ils veulent tous être écrivains comme si c’était donné par Dieu à tout le monde !

Je répète que je ne suis pas contre le principe d’attaquer les Perses. Les Grecs l’ont fait et ce serait aux Grecs de le refaire un jour si les circonstances les y poussaient, mais remplacer les Grecs par des Américains et des Israéliens — deux peuples issus de pays ni faits ni à faire —, non !… L’Occident n’a pas à être représenté aujourd’hui, d’un côté par des assassins d’Indiens mâtinés d’Allemands et d’Irlandais, des pionniers chercheurs d’or et chercheurs de noises ; et de l’autre, par des Russo-yiddish expulsés d’Union Soviétique ou des rescapés shohatiques mélangés à des sépharades trouillards, tous moins sémites que les Arabes sur place, et qui sont venus impudemment envahir une terre qui, de toute façon et à la base, ne leur appartenait pas (Philistine), quoi qu’ils en disent ! La voilà, la décadence occidentale : arriver à faire croire à la masse que les nouveaux « Grecs », ceux qui défendent la Civilisation, la vraie, celle qui part de Minos jusqu’à Constantin en passant par Périclès, et qui existe toujours, par exemple en Crète ou dans certaines villes de l’Attique, ce sont les Yankees et les Kibboutniks !

Échantillons de cons ! Je ne suis pas fou, je suis alcoolique !

Maurice Utrillo

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°66 – 6 avril 2026

C’est dans les Ardennes — encore et toujours terre des drames âpres et hard ! — que vient d’avoir lieu un nouveau crime d’envergure. Un double crime ! Un vrai fait divers, et difficile à transformer en « fait de société », malgré les efforts vains de Pascal Praud… Ça s’est passé à Villers-Semeuse : une jeune fille de 16 ans, que sa mère (encore une sacrée bouche d’ombre, celle-là !) avait abandonnée à ses parents à elle depuis plusieurs années, est tombée amoureuse d’un copain d’école de 15 ans, mais ses grands-parents chez qui elle vivait ne l’entendaient pas de cette oreille qui ne voulait rien entendre. « Je les connais bien. Ils sont gentils comme tout. C’est des anges » ont dit les voisins de ces ex-ouvriers d’usine Danièle et François. « Ils avaient le cœur sur la main » et étaient « investis dans le social ». La grand-mère surtout, une « sainte » femme qui travaillait dans l’associatif, qui aidait les pauvres à remplir leurs paperasses administratives, et qui, pour Noël, donnait un coup de main à la vendeuse du magasin d’à-côté pour emballer les cadeaux… Bref, des retraités bien tranquilles mais qui avaient une « morale » et qui, tous les jours, allaient prélever à la cave dans leur fagot diabolique de quoi faire les meilleurs bâtons possibles à mettre dans les roues du tandem enflammé des deux ados in love… Faut-il être complètement con pour vouloir éteindre un feu en l’embrasant davantage jusqu’à risquer de s’y consumer soi-même ! Pour l’intransigeante petite amoureuse, rien ni personne ne devait entraver leur passion. Au lycée, les deux mineurs étaient connus pour cela. La fille est logique et radicale : les grands-parents s’opposent à cet amour ? Supprimons les grands-parents ! Les préméditeurs ont caché des couteaux dans la chambre de la gamine, sous le lit, et quand la grand-mère a surpris le petit caché sous ce même lit (avec les couteaux), elle n’a rien trouvé de mieux que d’insulter sa petite fille, et de vouloir la rosser… Et ce qui aurait pu être écrit dans le Journal d’un écrivain de Dostoïevski en 1873 arriva… Voici le temps de devenir des assassins ! Les jeunes sortirent les couteaux et la fille poignarda sa grand-mère (« ça t’apprendra ! ») à deux reprises… Le grand-père, entendant les cris, s’apprêtait à monter à l’étage quand sa femme, dévalant les escaliers pour prendre la fuite, lui est tombée dessus. Rattrapé par le jeune homme, il se fit à son tour larder sa vieille viande de surveilleur, de punisseur. C’est fait ! Les grand-parricide et grand-matricide ont été accomplis. Il n’y avait plus qu’à jeter les cadavres à la cave, et à les cacher plus ou moins sous les fameux fagots… Puis les deux amants sont allés baiser dans un hangar désaffecté de Sedan pour fêter ça, avant d’être chopés par la police… Je parlais de Dostoïevski… Influencé par ses expériences épileptiques déjà, Fiodor Mikhaïlovitch, encore à l’armée, avait su expliquer ce qu’était un crime au baron Wrangel, son copain procureur très impressionné par sa vision. Pour Dosto, commettre un crime, c’était avoir « une sorte de chute de la volonté » remplacée par « une sorte de phénoménale frivolité infantile » ; c’est au moment où il faudrait être le plus raisonnable et le plus prudent que se produit cette « éclipse de la raison » qui, disait-il, saisit l’homme « comme une maladie », et qui croît jusqu’à un « point suprême juste avant l’accomplissement du crime » ; elle se prolonge pendant le crime et même un peu après… C’est exactement la sensation de l’épilepsie qu’éprouvait celui qui n’avait pas encore écrit Crime et châtiment ni les Karamazov : il avait compris que « le crime est provoqué par une fièvre mystérieuse impérieuse qui atteint son paroxysme juste avant que le crime ne soit commis et dure jusqu’à ce que le criminel ait vu le sang ». Oui ! C’est la vue du sang de la grand-mère et du grand-père qui a fait que la jeune fille ardennaise et son petit copain ont été comme soulagés, guéris, se voyant eux-mêmes sortis de la crise de fièvre criminelle. Le besoin de voir le sang de l’autre ! C’est le sang qui lave en quelque sorte l’offense dont s’étaient rendus coupables les grands-parents car les criminels, ce sont d’abord eux : c’est à ce premier couple de vieux qu’a répondu en écho le second couple de jeunes, et par une action violente, à la hauteur de celle que pratiquaient les grands-parents butés en voulant les empêcher de s’aimer… C’est cette pure violence de défense qui est transformée en ce que la société et les médias appellent de la « haine ». Mais la vraie haine, elle, vient toujours de la volonté de tuer un amour… Pas très malin de la part de ces papy et mamy de vouloir interdire un amour de jeunesse ; ça me rappelle ma mère, débarquant comme une hystérique dans ma chambre pour m’interrompre dans mon approche de la première femme que je tenais dans mes bras afin de nous séparer au moment précis où j’allais enfin baiser pour la première fois à l’âge de 17 ans !… Defloratio interrupta ! Maman aussi aurait mérité un beau coup de couteau dans le ventre, salope ! Un jour j’écrirai un livre : Les Crimes de ma mère… C’est peut-être ça, le plus grand péché : croquer dans son enfant au moment où il est sur le point de ne plus être vierge !

Guerre en Iran. Alors, ces capitulations de part et d’autre, ces déroutes en rase campagne, ces traités secrets, ces deals en cours, ces promesses de dépôts d’armes, ces cessez-le-feu oiseux, ces accords et autres négos, ça vient ?… Au bout d’un mois, les uns (amerloques et israéloques) n’ont pas réussi à renverser le régime des mollahs ni à détruire toutes les infrastructures nucléaires, ni à débloquer le détroit d’Ormuz ; et les autres (iranloques) ne sont pas parvenus à liquider Netanyahou ni à faire des dégâts considérables sur Tel Aviv, ni des dommages collatéraux humains conséquents, ni même à former une coalition anti-américaine et anti-israélienne dans les pays du Golfe alentour. Échecs à tous les étages.

Fascisme/Antifascisme. Les fascistes aujourd’hui ressemblent à des antifascistes, et inversement. Prenez le LFIste Raphaël Arnault (« La Jeune Garde ») : c’est une caricature de nazillon post-vérité aux cheveux rasés, avec petite boucle d’oreille et tatouages sur le gros bras, alors que l’extrême droitard Raphaël Ayma (from « Academia Christiana ») a le look d’un bobo chevelu barbu souriant, exactement celui d’un chroniqueur de Quotidien ou Mediapart… Si on ne peut plus se fier aux apparences !… Ces pseudo-fascistes et pseudo-antifascistes (car ils ne sont pas plus vraiment fascistes qu’antifascistes) sont interchangeables. Quant à leurs idées politiques, elles s’apparentent plutôt à des mouches collées sur leur cervelle gluante à cause de ce que leur ont mis dans la tête, en gros, Mélenchon d’un côté et Marine Le Pen de l’autre. Ça a tout désaxé en eux… Les premiers (les « fas ») bêlent que l’ennemi, c’est l’extrême gauche qu’il faut abattre parce qu’elle détruit le pays et on ne s’aperçoit pas à quel point les immigrés et les insoumis qui les défendent jouent contre la France éternelle ; et en face, les « antifas », eux, blatèrent qu’il faut des unités de sections d’assaut, que c’est tout à fait normal qu’il y ait des bagarres de rue pour cogner les fascistes et défendre les vraies valeurs de la République progressiste pour offrir au peuple une France ouverte à l’humanisme, au non-racisme, et à la lutte pour la Palestine… Dans les deux camps ils ont tort, parce qu’au fond, ce sont les mêmes gentils garçons tout mous, tout lénifiants, comme l’était le « SS » Quentin Deranque tabassé à mort par les amis du « révolutionnaire » Raphaël Arnault, avec sa doudoune sans manche et sa voix faible qui dérape dans les aigus… Raphaël Arnault ! Il suffisait de le voir réapparaître sous les sunlights policiers de Blast et de l’entendre raconter sa petite version du drame de Lyon (dont d’ailleurs il n’a rien dit de factuel)… Lui aussi a montré par son discours que dedans il n’y avait rien d’autre que la liberté, l’égalité, la fraternité (ça vaut travail, famille, patrie) ; c’est ça, ses soi-disant « valeurs » dont il se plaint qu’elles soient aujourd’hui inversées ?… « L’inversion des valeurs » pour lui, c’est qu’on considère les antifascistes comme des fascistes alors que les fascistes sont, eux, considérés comme des antifascistes ! Raphaël ne voit donc pas que c’est une volonté des « grandes personnes » d’attiser ce genre de confusion dans le seul intérêt que les deux camps se fassent la guéguerre ?

Arnault, en cherchant à lyncher des « fachos » (ce mot n’est plus supportable, surtout quand il sort du museau cartilagineux de la truie Mathilde Panot), est persuadé de faire de la résistance contre un monde qui part « à la vau-l’eau », comme il dit. En vérité, je vous l’écris, ils ne savent pas parler, ces « jeunes cons-là », « ce sont des petits ânes qu’on nourrit, c’est très bien, et qu’ils ferment leur gueule ! » (on retrouve Choron qui attaquait les lycéens en 82 !). Ils ne résistent à rien non plus, et ils ne connaissent rien. Exemple ? Raphaël Arnault a affirmé, pour dénoncer la violence extrême des extrémistes de droite, que l’assassinat en 2022 du rugbyman « antiraciste » Federico Martín Aramburú, perpétré par Romain Bouvier et Loïk Le Priol (made in GUD), a été l’aboutissement d’une « chasse à l’homme » dans les rues de Paris, alors qu’il s’agissait d’une bagarre déclenchée (par Aramburú) sans aucune préméditation, à 4 h du matin, dans un bar de Saint-Germain, et qui a mal tourné.

Morts de mars. Lionel Jospin, Loana, Marinella… Des morts comme s’il en pleurait ! OK, Bruno Salomone faisait bien les accents et Isabelle Mergault n’avait pas sa langue (sur laquelle il y avait plus qu’un cheveu) dans sa poche ; c’est bien triste pour eux qu’ils soient morts si cancéreusement jeunes, mais l’avalanche d’hommages, la prise au sérieux de leurs « œuvres », et les réactions d’effondrement que leur disparition a suscitées de la part des ignorants en art et en humour qui n’en finissent pas d’encenser leur apport inestimable à l’Histoire de l’Humanité, c’est trop… On en arrive à dérouler des tapis rouges bordés de noir aux plus insignifiantes conneries que des « comiques » ont pu faire dans les domaines du showbiz, du cinéma, du stand-up, de la télé, ou de la radio, mais ce n’est rien tout ça ; c’est des bêtises qui n’ont aucune valeur, aucune portée, sans parler de leur putasserie et de leur compromission de bien-pensants congénitaux qui serait à creuser (pas le temps). Il est honteux que ces morts soient tant honorés alors qu’ils n’ont rien construit de réel et qu’ils n’ont laissé sur leur chemin que des peccadilles toute leur vie. Au même moment, un grand dessinateur de bandes dessinées belge (il y en a !) vient de mourir lui aussi. Hermann, c’était pas Gir mais quand même ! Bernard Prince, c’est quelque chose… Tout le monde s’en fout, personne n’a déploré ni même remarqué le décès d’Hermann (bande décédée !), alors que lui, il a donné quelque chose au monde, vous voyez jusqu’où je vais ?…

Quel régal que ces funérailles d’Isabelle Mergault au Père-Lachaise avec tout le showbeurk de la marrance ! Le gratin cramé de la gaudriole, les clouclowns qui n’ont fait que se fendre la gueule pendant des années et qui, ici, tirent une tête d’enterrement sous prétexte que c’en est un ! On sentait là tout le corporatisme des stipendiés de la bonne humeur sur commande. Toutes les Grosses Têtes d’RTL, les « Grosses-Têtes-Molles de notre époque », aurait dit Isidore Ducasse (à propos de Ducasse, j’espère qu’on comprend ce que je fais sur X quand je cite des philosophes : je ne détourne pas leurs citations mais je les commente, c’est encore plus offensant ; fermez la parenthèse), étaient là comme au bureau. Tous ceux qui sont payés à la vanne tous les après-midis pour hurler de rire dans le vide (2 millions d’auditeurs, c’est quand même du vide) ont répondu « présents ! ». Baffie en blouson de motard et casquette, un vrai pédé… Jean-Luc Reichmann pareil, en tenue funèbre de sport… Que des casquettes partout, et des survêts, comme pour signifier : « On enterre notre pote, mais entre deux joggings »… Et Michèle Bernier aux cernes crevassés comme deux cirques de Gavarnie autour des yeux, qui joue à la maîtresse de cérémonie !… Christine Bravo en larmes au bras de son mari Stéphane Bachot, plus faux-cul que jamais… Bachot, avec 20 ans de moins dans le coco, je l’ai connu, lui ! Ç’a été le galeriste de ma première expo qui a compté, en 2007, mais un sacré opportuniste qui m’a pris 50 % sur chaque tableau, l’enculé, alors qu’il n’en a pas vendu un seul, tous les clients venaient de moi… À ce moment-là, il était avec « Laurence la pute », comme l’appelait Audrey… Stéphane Bachot, toujours avide de monter en grade, a finalement embarqué la Bravo (les vieilles peaux ne lui font pas peur) dans sa péniche… Mairesse, Mezrahi, Titoff (méconnaissable), Ferrari, Isabelle Alonso, Annie Lemoine, Arielle Dombasle, c’était la plus classe, tout en noir avec un grand bouquet de roses blanches… Anne Roumanoff, Danièle Évenou, et Ruquier évidemment avec ses bajoues de hamster havrais navré… Laurent Ruquier : toute une vie à se forcer à rire pour rien ! Finie, la rigolade !… Il fallait entendre les textos privés pathétiques que la Mergault lui a envoyés jusqu’au bout et qui, lus par Ruquier dans la salle funéraire du Père-Lachaise, tombaient tous à plat : aucun rire. Il s’attendait à quoi ? À faire un triomphe de one-man-show… One mergault show ? Je le soupçonne de lui avoir fait ce dernier mauvais coup, à la Isabelle, pour démontrer qu’elle n’était pas si drôle que ça… C’est jamais mieux qu’aux obsèques d’un des leurs qu’on voit à quel point les fonctionnaires de la grande famille des rieurs sont morts eux-mêmes, et même morts à eux-mêmes… Yves Lecoq, François Rollin… La particularité de ces monstres du showbiz, c’est qu’ils sont à la fois le docteur Frankenstein et sa propre créature : c’est comme si le docteur s’était lui-même rapiécé des bouts de chair morte d’un autre. Les fonctionnaires-humoristes se rafistolent de préférence avec les restes de comiques défunts (Coluche, Devos, Le Luron, Desproges) pour devenir en quelque sorte des vivants crédibles, histoire de cacher qu’ils sont déjà morts et qu’ils se baladent comme des arlequins patchworkés de morceaux de macchabées… Caroline Loeb, Dumontet, Orlinski, Barbier, Dominique Besnehard, Fogiel… Que de peoples ! Ah, aucun de ces gens n’était là pour l’enterrement de Marcel au même endroit le 1er février 2023 ; j’espère que pour le mien, il y aura encore moins de gens que pour mon père, et ma mère incinérée là aussi ! À propos de parents, la mère Mergault (c’est le cas de le dire) n’a pas pu se retenir : on ne sait pas si c’est parce qu’elle était stérile (c’est peut-être pour ça qu’elle baisait à tire-larigot, à tire-la-mergault), en tout cas, officiellement, n’ayant pas ressenti très tôt le besoin d’être mère, elle s’y est mise sur le tard : Isabelle a adopté deux petites Nigériennes, Maya et Iris. C’est Roselyne Cachalot qui a facilité les adoptions. La comédienne a appris à ses « négrillonnes » (comme aurait dit Quentin Deranque) comment bien se tenir dans la société blanche. Il faut croire que l’handicapée dyslalique avait ça en elle, le goût des rapports biaisés à base de sentiments dégueulasses. Ça transparaît dans les scénarios de ses navets… Regardez les pitchs pitkchl » dikxlit Isabelle Mergault !) de ses films en tant que réalisatrice… C’est la même thématique partout, à commencer par Je vous trouve très beau (2005) avec un Michel Blanc horrible : un plouc veuf se prend comme nouvelle femme une Roumaine pour la faire bosser dans sa ferme et la baise. Ensuite Enfin veuve (2008), l’histoire d’une salope qui trompe son mari avec un mec qui restaure des bateaux ; le mari meurt, elle est toute contente parce qu’elle va pouvoir partir en Chine avec son amant mais toute la famille de son mari tient à l’entourer dans son deuil et elle ne peut pas accomplir sa forfanterie. Charmant ! Vous avez aussi Donnant donnant (2010) : un type a commis un meurtre, il s’évade de l’hôpital psychiatrique et rencontre une femme qui le fait chanter en lui demandant d’assassiner sa mère adoptive dont elle convoite l’héritage, sinon elle le balancera à la police, et finalement au lieu de tuer la mère, il la sauve, et à la fin c’est cette mère qui le balancera… Sympa ! Enfin, le dernier, Des mains en or (2023) : un écrivain grand bourgeois qui a très mal au dos va entrer à l’Académie française, sa femme est chirurgienne et lui arrange des séances de magnétisme avec une guérisseuse qui tombe amoureuse de lui mais que lui chasse de sa caste parce qu’elle est d’une extraction sociale trop basse. Il est reçu à l’Académie et il s’aperçoit qu’il peut à nouveau se baisser pour nouer des chaussures ; il a donc été remis sur pied par celle qu’il a humiliée… Tous ces « chefs-d’œuvre » d’humanité et d’empathie sont servis par une pléiade d’acteurs à la fois « marrants » et « tendres », avec le cœur bien caché à l’intérieur de leur portefeuille en peau de veau et situé à gauche… Moralisatrice sur les femmes, l’alcool, la drogue (comment elle crachait sur le cadavre de Philippe Léotard !), n’oublions pas qu’Isabelle Mergault a fini en admirant Mélenchon ! Et ça se disait disciple de Sacha Guitry ! Peuh ! Psychanalyse orthophonique : est-ce que Mergault adorait Sacha Guitry parce que dans le nom de celui-ci il y avait un ch qu’elle ne pouvait pas prononcer, ou bien est-ce parce qu’elle avait son défaut de prononciation qu’elle a choisi Sacha Guitry pour être certaine de se faire remarquer à chaque fois qu’elle le citerait ? C’est la seule question qui comptera sur Isabelle Mergault. D’ailleurs, son admiration pour Guitry est allée jusqu’à vouloir se faire enterrer dans son cimetière à Montmartre (« Gsze veux être kchlez Sakchla ! ») plutôt qu’au Père-Lachaise où pourtant a été organisée la cérémonie des funérailles d’Isabelle, parce que c’était plus grand et qu’on était sûr de bien y voir les personnalités arriver en rang d’oignons en pleurs jusqu’à son cercueil qu’on a applaudi à la sortie du corbillard, comme si Isabelle sortait de scène ou entrait en scène, ce qui revient au même puisqu’il s’agit des planches de la mort !

En effet, dès que l’on s’avise de dire la vérité, ça ressemble, pour tout le monde, aux versets de la Bible ! Pourquoi ? Et pourquoi, dans notre siècle est-on obligé de recourir à l’humour, à l’ironie, à la satire, quand on veut dire une chose vraie ? — À notre avis, un honnête homme ne doit pas rougir de ses convictions, même si elles sont conformes aux idées de la Bible. Est-il donc nécessaire de masquer le goût de la vérité, de la sucrer comme si elle était une pilule amère ?

Dostoïevski

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°65 – 30 mars 2026

PARIS, NOTES D’UN CRÉTOIS. Alors là, ç’a été un choc ! J’en reviens à peine et je n’en reviens pas et n’y reviendrai plus, j’espère, en tous cas, le moins possible : cette ville est devenue non une poubelle (ce serait encore trop d’honneur), mais un cloaque avec des bulles de merde qui éclatent à chaque instant tellement ça bout de saloperies comme dans une casserole géante mijotant sur un feu d’inhumanité : tout est laid, sale et puant : je ne parle pas seulement du décor mais des gens qui sont carrément des monstres physiquement. Chaque fois que je remets le nez là-bas, ne serait-ce que quelques jours à peine, après 6 mois, je vois la différence avec le séjour précédent. On a encore rayé de la carte plusieurs lieux désormais inabordables : La Rotonde où on est reçu comme des chiens alors que ce sont les serveurs, les chiens (chiens en nœud pap’ et tablier blanc !) ; La Closerie des Lilas au vin dégueu (et au service négligé, à la fois heurté et lent) ; Le Flore et son champagne cher et tiède (j’en ai fait un TikTok) ; mais aussi, à Montmartre, ce mythique bar qui s’appelle Au Rêve, dans lequel on est tenté d’aller boire un verre à la santé de Gen Paul, Céline, Marcel Aymé, Le Vigan, Simenon et de Jacques Brel car il y aurait écrit Ne me quitte pas… C’est Au Rêve qu’il faut quitter, et au plus vite, tellement ç’a été repris par un groupe de bobos déguisés en vert qui se prennent pour qui !… Ah, il est loin le temps où, grâce à Dimitri Kornilov, on réservait l’arrière-salle à la patronne Elyette pour un bon pot-au-feu de disputes avec Moix, Jauffret, Monestier etc. Encore un endroit à fermer dans son cœur et dans sa mémoire. Ne parlons pas des grands magasins (si !) : aux Galeries Lafayette, l’escalator principal est cassé : par le vigile (un grand Nègre parlant petit), on apprend qu’il ne sera réparé « peut-être » qu’au mois de juin ; et chez Dior, il n’y a aucune couturière pour stopper un accroc à votre pantalon… Dans l’immeuble plus que modeste où on me prête un 14 m² lorsque je passe à Paris, après quelques cris tout à fait banals d’Alexandra à 2 h du matin contre moi (« Espèce d’ordure ! Niquez votre mère, sale porc, je vais vous tuer ! »), les voisins de palier sortent, mais pas pour voir ce qui se passe, pour appeler la police (« le 17 ! »), et il ne s’agit pas de vieux incommodés, mais de Gen Z, bien sûr : la fille, petit boudin sans doute MeToo qui n’a jamais dit « bonjour » quand on la croise dans l’escalier et qui est restée pétrifiée de peur en murmurant dans sa moustache : « Ce n’est pas seulement ses cris qui sont horribles, mais c’est ce qu’elle dit ! » Quant à son petit copain, un écolo-woke barbu falot tremblant livide de rage, il m’a menacé : « Dernier avertissement ! » S’il y a encore un bruit dans le couloir, qu’est-ce qu’il va faire ? Me frapper ? C’est leur propriétaire qu’ils devraient frapper, sinon eux-mêmes, pour consentir à vivre dans un mini-bouge payant pareil : mais non, c’est tellement difficile de trouver un logement à Paris que ces méprisables esclaves tiennent à leur cage à lapins, et à leur petite tranquillité de prisonniers acceptants, d’ados attardés salariés pépères… Le métro, c’est maintenant peut-être le pire des égouts : assis, je gênais par mes jambes un grand type qui a déboulé avec son fils de 7 ans, et celui-ci (je parle du père) m’a écrasé volontairement le pied de ses 1m90 et ses 150 kilos ! J’ai dû aller dare-dare voir ma podologue pour qu’elle vérifie s’il n’y avait rien de cassé parmi mes métatarsiens ! L’enculé était une sorte d’Eric Campbell : d’ailleurs je réfléchissais pendant que le métro traçait à ce qu’aurait fait Charlot dans une telle situation… Mon intention, c’était de lui piquer (je suis assez souple pour cela) ses sacs qu’il avait déposés à ses pieds en s’asseyant après son forfait devant moi pour discuter avec son fiston, et de sortir en vitesse à la prochaine station : hop, il n’aurait rien pu faire, la porte se serait refermée sur lui et sur moi sur le quai où je n’avais plus qu’à écraser ses affaires de merde ! Hélas, j’étais avec Alexandra qui m’a retenu au dernier moment de passer à l’action, et qui, de toute façon, pas aussi rapide que moi, serait restée coincée dans la rame avec le colosse ignoble ; c’est à des trucs comme ça qu’on regrette d’être en couple… Le lendemain, dans le métro toujours, mais là je n’y étais pas, c’est Hélène qui, elle, y était et m’a raconté : un type blanc s’est touché un petit peu, mais sans sortir sa bite bien sûr, par-dessus son pantalon, en admirant une belle fille… À ce moment-là, une nuée de Noirs et d’Arabes en casquette s’est jetée sur lui pour le lyncher, il a fallu qu’un passager appelle la police pour venir le sauver (et l’emmener au poste). C’est pas le monde à l’envers, c’est le monde d’aujourd’hui en France, et à Paris en particulier ! Les immigrés se sentent plus de souche que les souchiens et ont tellement été abîmés, métissés par l’esprit petit-bourgeois moralisateur français surveilleur punisseur étriqué que ce sont eux maintenant qui, formatés par la société post-sexuelle, jouent les héros gros bras, non pour défendre la veuve et l’orphelin, mais pour attaquer la veuve poignet qu’un orphelin des femmes à l’évidence n’a pas réussi à se retenir d’épouser… OK, ça se fait pas de se caresser la braguette, même discrètement, devant une fille bien roulée face à vous dans le métro, mais ça se fait encore moins d’être tabassé presque à mort par des racailles pour cela… Les boîtes de nuit sont définitivement infréquentables : elles utilisent des rayons laser, en particulier verts, qui criblent la piste de danse et sont extrêmement dangereux pour les yeux : on peut sortir aveugle d’un club en croyant s’être bien amusé ! Et les connards de patrons savent très bien que ce sont des rayons nocifs sur le plan oculaire. Après m’être plaint deux jours plus tard, car je voyais des lueurs vertes persister sur mes rétines, le « responsable » d’une boîte m’a répondu qu’il n’était pas « vendeur de laser » et que tant pis pour ma gueule et tant pis pour mes yeux… Pour finir, dans l’immeuble en face de celui que j’ai habité pendant vingt ans, enfin, dans la cour à droite, plus exactement, dans la continuité de là ou créchait Houellebecq, dans le 15e, il y a eu tout simplement, un samedi soir, un feu énorme qui a pris sur deux de ce dix-étages ! Les pompiers sont venus secourir une famille de Noirs ; un d’eux avait empoigné un enfant pour le descendre lentement de l’échelle afin de ne pas l’effrayer. Toute la nuit en a été embrasée et un panache de fourrure fumant lovait toute la bâtisse. Les sapeurs ont eu beaucoup de mal à éteindre l’incendie ; résultat : une femme est morte à l’étage d’en dessous. L’enflammeur ? Un immigré désespéré qui vivait là depuis plusieurs années, dans cet HLM, et contre lequel ses voisins, petits Blancs d’œufs pourris, petits beaufs de quartier, avaient signé une pétition pour l’expulser, lui et ses gosses ; alors, il est devenu fou et a foutu le feu à son appart’. On appelle ça sur internet « le syndrome de Diogène », c’est-à-dire que le type avait accumulé beaucoup de choses dans un espace réduit, et c’est pour ça que tout a pris feu rapidement… N’importe quoi ! Diogène, c’était pas ça : il n’avait rien dans sa jarre, ou quasiment rien, juste une lampe avec laquelle, quand il sortait, il essayait de chercher, comme il disait, « un homme », même en plein jour… Révisez vos « classiques », surtout que c’en sont pas !

Paris toujours. C’est Emmanuel Grégoire, un vélocipédiste socialiste, qui a été élu maire de Paris : il va continuer le sale boulot d’Hidalgo. Les deux femmes arabes qui l’encadraient et qu’il ne pouvait pas encadrer lors du fameux débat à trois pré-dominical ont bien été baisées. Sophia Chikirou et Rachida Dati : qu’est-ce qu’elles croyaient, l’une à son extrême gauche, l’autre à son extrême droite ? Pour l’électeur parisien, ce sont deux mêmes « crouillasses », « rabzouilles », « bicotes », et puis c’est tout… Regardez comment a été reçu le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko… C’est parti de Darius Rochebin sur LCI pour continuer avec Gilbert Collard, Jean Messiha, Renaud Camus et enfin, Apolline de Malherbe… Rochebin a dit, le soir de sa victoire, à Bally : « Saint-Denis c’était la ville des rois. » Rien que dans cet imparfait, il y a tout son racisme de Suisse iranien, et Bally a rectifié : « C’est la ville des rois… et du peuple vivant. » Les extrêmes droitards ont entendu « la ville des Noirs ». C’est même pas volontaire chez eux de changer les mots, c’est qu’ils n’ont pas écouté : pour eux, ce blackos était obligatoirement en train de dire « ville des Noirs » puisqu’il était noir ! « Roi » et « noir » c’est presqu’une anagramme, et un roi est automatiquement remplacé par un Noir à notre époque. Après, c’est facile à Madame de Malherbe de dire sur X qu’elle n’avait pas bien capté… Ils sont tous choqués parce qu’au fond, un « renoi » ne peut que salir la « cité des rois de France ». Comme si Saint-Denis, c’était encore la cité des rois ! C’est maintenant les dealeurs qui sont les rois des cités… En plus, les RN et consorts devraient être contents et au contraire dire : « Puisque Saint-Denis est devenu une poubelle, c’est normal que ce soit un éboueur qui en soit le maire ! » Ce à quoi, l’heureux élu Bagayoko, un Malien très élégant d’allure, a répondu en avance par un bras d’honneur en montant l’escalier de sa mairie !

Les Français n’iront jamais dans les extrêmes, ni Mélenchon ni Bardella. Ça leur fait peur : ils veulent rester au milieu, dans une sorte de centre mou de gauche mais d’une gauche qui s’est adaptée au libéralisme, à une certaine droite modérée bien sûr. Tout dans le mou de chat ; c’est ça qui leur plaît, c’est dans ce jus-là qu’ils entendent mariner toute leur vie et pour toute l’éternité… Il ne se passera jamais rien en France, voilà, avant la révolution. Les Français — pour ne pas dire les froncés — n’aiment rien mieux que de s’enfoncer avec complaisance dans les sables mouvants du centrisme gaucho-droitier.

Patrick Cohen peut être content : son copain Thomas Legrand avait dit qu’à eux deux, ils feraient « ce qu’il faut » pour Rachida Dati : elle s’est fait éliminer comme un déchet de « droite »… On savait déjà de quoi Cohen était, non seulement le nom, mais aussi capable puisque lorsqu’après avoir désigné en 2013 les « quatre cerveaux malades » à ne jamais inviter, on ne nous a plus jamais revus, Alain, Tariq, Dieudo et moi. Et c’est pas parce que Cohen est le grand Juif qui tire les ficelles de tous les médias grâce à sa judéité (vision bassement antisémite)… Non, c’est plutôt parce que c’est un travailleur. Patrick Cohen n’est pas seulement un marionnettiste, il est fabricant de marionnettes, il prend soin de ses marionnettes, il les lave, les astique, les habille, il en change les fils usés, il est toute la journée dans son théâtre, dans les coulisses, pour préparer le spectacle du soir où il manipule de ses propres mains les poupées et pantins dont il a besoin pour faire du spectacle, c’est-à-dire pour effrayer ou amuser la populace bien-pensante… Il l’a même acheté, son petit théâtre de Guignol, qui est de plus en plus en vue, et Cohen cogite pour celui-là chaque jour infatigablement des scénarios réfléchis travaillés étudiés et peaufinés pour arriver à ses fins.

Paris encore. Chaque fois que je passe par le pont des Arts, je regrette qu’il n’y ait plus de cadenas sur la rambarde, ces cadenas qui avaient été accrochés par des amoureux pendant des années ; maintenant, ils sont sur les grillages de protection des buissons autour de Notre-Dame, pas parce que c’était un peu concon de superposer ce genre original de bijoux dorés sur le pont des Arts, mais parce qu’à la mairie de Paris, ils ont décidé de les enlever de là car ils alourdissaient de plusieurs tonnes de ferraille amoureuse le pont qui menaçait de s’écrouler. Et c’est ça que je regrette, car ç’aurait été un accident magnifiquement tragique et symbolique que le pont des Arts s’effondre avec les gens dessus, et que tout le monde se noie dans la Seine, au milieu des tourbillons d’eau d’amour, comme dans un déluge fatal… Tous victimes des lourdeurs de l’amour !… Les Lourdeurs de l’amour. Il y avait bien l’Autre qui avait écrit Les Déserts de l’amour

Loana, la conne brisée. Horribles, tous ces gens qui chialent depuis l’annonce de sa mort en avouant qu’ils ont participé à son « autodestruction » ! Benjamin Castaldi fait son mea loana, et derrière lui, tous les nases de l’équipe d’Hanouna, qui se foutaient de sa gueule jusqu’à étouffer leurs fous-rires lorsqu’ils invitaient la bimbo déglinguée à ânonner ses borborygmes de détresse en morse, pleurent maintenant toutes les larmes de leur corps qu’ils n’ont plus… Pourquoi donc ? Mais parce que leur sale âme a pris toute la place de leur corps… À propos de corps, c’est bien celui de leur Loana chérie mais pas assez aimée qu’on a découvert « en état de décomposition avancé » (ce qui est tout un symbole) dans son appartement de l’immeuble Vega devant la gare de Nice… On lit partout que Loana a été broyée par le système : truisme pour une truite qui leur a filé à tous entre les mains et à travers l’eau. Enfin, réveillez-vous ! C’est elle qui a broyé le fameux « système », et par un triomphe final total, elle a réussi à devenir quelqu’un alors qu’elle savait qu’elle n’était personne. Loana sera considérée pour l’éternité comme une « star » à la Marilyn Monroe, sans la vraie beauté, sans le vrai sexy, sans le vrai talent de chanteuse, d’actrice, de mythe… En étant juste insupportable pendant 25 ans, refusant de se redresser, mordant toutes les mains tendues, pataugeant dans la merdouille de Loft Story depuis 2001, et en prenant autant de médicaments que de kilos. Plus qu’une icône, une conne ! Imposture d’un jour, imposture toujours ! Elle n’a pas été la victime du système médiatique, il n’y a donc pas lieu de la plaindre ; c’est le système médiatique qu’il faut plaindre car il a été sa victime. La quasi-quinquagénaire en train de pourrir a empuanti tout le showbiz, la pourriture répondant à la pourriture. Oui, les méchants ont abusé d’elle mais c’est elle qui a gagné ; sa sortie est réussie ! La preuve : on glose sur l’universalité (sic) de son destin sur France Culture comme à la télé publique, on arrondit les angles de son parcours pas très carré par des tables rondes. Je n’ai pas connu personnellement Loana, mais j’ai bien connu son nègre Jean-François Kervéan (qui a été aussi celui de Michel Drucker), et monsieur me donnait des leçons de littérature ! Leur daube s’intitulait Elle m’appelait… Miette (Pauvert, 2000). C’était sur son rapport à sa mère ; je ne vais pas revenir ici sur la néfastitude de ces salopes de mamans… Tout le monde parlotte mais un seul connaissait vraiment Loana, c’était son chien qui est resté avec elle jusqu’au bout. Trois semaines avant sa mort, un copain à elle a sonné à sa porte et il entendit le chien aboyer mais ce connard (je parle de Laurent Amar, pas du chien chinois à crête de Loana) n’a pas détecté un aboiement de panique pourtant typique quand on connaît les clébards. On la disait très mal entourée, mais c’est sa faute encore une fois : il faut savoir choisir ses amis, et quand on s’aperçoit qu’on n’a aucune jugeote pour ça, il faut éliminer les amis… D’ailleurs, même quand on en a (de la jugeote)… Regardez moi : 67 ans et aucun ami ! Qui dit mieux ? Loanulle n’a été ni victime ni innocente, les autocastrés en font une égérie pré-MeToo, une pauvresse incestée, une paumée fragile, etc., symbole du combat des femmes ! Mon cul ! Ou plutôt le sien dont elle n’a jamais su très bien quoi foutre. Avant le Loft, elle était déjà glauque, la vie de cette cagole niçoise multipliant les salades, cette côtelette d’Azur prélevée sur n’importe quel torse bronzé de quidam d’Adam à la pomme en compote, frimant sur la promenade des Anglais. Chaque fois qu’elle tirait un coup avec n’importe qui, cette Ève gogo-danseuse se chassait elle-même du Paradis. Vous connaissez son histoire… Elle a couché avec le meilleur ami de son copain qui l’a mise enceinte ; et une fois la gosse née, elle a dit au père biologique que le bébé était mort à la naissance avant d’aller abandonner sa petite fille Mindy à la DDASS… C’est quand même plus grave que les coups de couteau portés par Nabilla à son mec Thomas ! On estime que Loana a été l’ancêtre des influenceuses, il faut le dire vite, et c’est l’effet de génération qui induit en erreur, mais la différence est que Nabilla, issue de la téléréalité elle aussi, ne s’est pas contentée de ne rien faire : elle est devenue une chef d’entreprise, elle s’est bougé le cul, elle est pas passée des Anges de la téléréalité aux Démons de la réalité, elle est devenue une réalité elle-même, c’est plus méritoire… Pareil pour Zahia : elle a commencé pute dribblant les balls de ses clients footeux, mais après, elle a su se reconvertir dans le mannequinat et dans la vente de lingerie, alors que Loana, rien. On disait qu’elle ne voulait rien faire, mais elle ne pouvait rien faire. Il suffit de regarder un autre Petrucciani, Michel, qui a réussi à devenir un excellent pianiste de jazz alors qu’à la base, il était plus handicapé que son homonyme Loana, non ?… Loana, Nabilla, Zahia : rien à voir : un seul point commun : elles ont toutes les 3 de faux seins ! Ça ne suffit pas pour les comparer. Une qui en a, de beaux gros vrais, c’est mon Alexandra (« Les plus beaux seins du monde ! Viens maintenant te régaler. -20 % avec le code promo : lily en cliquant sur le lien👉https://mym.fans/Ladateparlante »). Même si elle était soi-disant un peu trop âgée, Loana aurait très bien pu devenir une modèle MYM ou une influenceuse de 40 ans (il y en a !). Sauf que c’est un boulot de 15 h par jour, entre la création de contenu, le personal branding, et ensuite le travail sur ses reels relatable, les montages, les postages, le chatting, le marketing… Gros travail de forçate que de montrer son cul ou ses seins à un aussi grand troupeau de porcs ! Loana était indécrottablement vide, c’est pas étonnant qu’aujourd’hui tous vantent ou pleurent son vide, puisque tous ces gens du showbiz et même de l’anti-showbiz sont vides eux-mêmes : à longueur de plateaux et d’Instagram et de TikTok, on analyse le saint vide de Loana ! C’est pas pour rien… Ils se sentent tous coupables. Voilà pourquoi ils en font trop, ne sachant plus quoi mettre en avant pour célébrer cette « belle personne »… Malgré ses 140 de QI (pas parce qu’elle était intelligente mais parce qu’elle était la reine des manipulatrices et des menteuses), Loana était une connasse qui n’a pas su exploiter sa « célébrièveté » (copyright Jérôme Béglé, Plon, 2003). Loana préférait se bourrer la gueule de médocs, de gnôle, et se faire des tartines de cocaïne à tremper dans sa chicorée tous les matins… L’anti-Loana, c’est Célyne Durand : alors elle, je l’ai connue en revanche… On l’a même draguée avec Leïla ! Une belle blonde pulpeuse du Sud qui a fait un peu de téléréalité et qui a gagné sûrement moins que Loana mais qui s’en est très bien sortie : elle a acheté un appartement à 600 000 € de 60 m² à Cannes, à 30 mètres de la mer où elle va se baigner tous les jours avec son petit chien… On ne risque pas de retrouver Célyne morte décomposée après 15 jours comme « Miette », avec son clebs Titi qui peut-être, détail délicieux, a été obligé de manger sa maîtresse tellement il était mort de faim… Ouah ! Ouah !

Je ressens souvent, et je le réalise de plus en plus profondément, que le destin et le caractère sont une seule et même chose.

Novalis

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N°64 – 23 mars 2026

Bilan stratégique. Ce n’est pas moi qui suis l’actualité ; c’est l’actualité qui suit ma ligne que pour l’instant rien ne dément… Non, les Iraniens ne sont pas bons militairement, politiquement et même antisionistement. Ils ont fait quelques dégâts à coups de drones et de Sejil « destructeurs », mais rien de sensationnel. Même à Dimona… Les morts se comptent sur les doigts d’une main de gosse amputée à Gaza… Et parmi les chefs, où est l’équivalent d’un Khamenei en cadavre sous les décombres ? Pas plus d’huiles que de beurre en branche, puisque personne d’important du côté israélien n’a péri sous les assauts persans… En revanche, eux, les Iraniens enrichis chiites et ramenards (khamenei ?), ils ont pris cher : Israël a dégommé toutes leurs principales têtes de pipes comme dans un jeu de massacre à la foire… Jusqu’à Ali Larijani, officier des Gardiens de la Révolution ! Il avait mon âge ; encore un mec de 58… Larijani était une preuve vivante, si j’ose dire, du degré de corruption et d’infiltration de l’Iran : le soir de sa liquidation, au lieu de rentrer chez lui, comme il se méfiait, Larijani a préféré au dernier moment aller dormir chez sa fille, et c’est là qu’il s’est pris un missile sur la gueule, ce qui veut dire qu’il était tracé minute par minute, mètre après mètre, par des agents irano-mossadiens ! Larijani, « l’homme le plus puissant d’Iran » ? Des clous ! Tu parles d’un stratège ! Ça lui a pas servi à grand-chose, d’être un spécialiste de la philosophie kantienne… Il aurait mieux fait de troquer Kant contre un certain quant-à-soi… C’est-à-dire rester toujours distant et vif vis-à-vis de ses hommes de confiance qui n’étaient rien d’autre que des courroies de transmission pro-israéliennes… Larijani ! Encore une victime de l’idéalisme transcendantal ! Lui qui croyait que faire 38 000 morts parmi les manifestants en janvier était un impératif catégorique… Ah, Kant, sacré creuseur d’un sillon de perversion de la morale dans le champ de la Pensée, et dans lequel, à sa suite, se sont embourbés ces gros lourds d’Hölderlin, d’Husserl, de Sartre et consorts ! La philosophie de Kant, c’est vraiment la charrue avant les bœufs…

Puisqu’on parle de philosophie, ça commence à bien faire qu’on mette sur le dos de Michel Foucault, au bas duquel il y avait son cul offert à Hervé Guibert (entre autres), toute la faute d’avoir cru en 1978 dans le régime récemment révolutionnaire instauré par l’ayatollah Khomeini… Haro sur le Foucault ! Stop ! On lui a rajouté d’ailleurs aussi Sartre et Beauvoir qui n’ont rien à voir là-dedans. Ni le Crapaud ni sa Grenouille (il ferait beau voir !) ne sont allés prendre le thé à Téhéran, pas plus qu’ils n’ont bondi de leur nénuphar de Saint-Germain-des-Prés à Neauphle-le-Château (Yvelines) chez Khomeini, alors que Foucault, si ! Même s’il ne l’a vu que de loin, comme au zoo… Pour le Corriere della Sera, le grand pédé chauve du Collège de France s’était rendu en reporter-philosophe en Iran pour raconter ce qu’il avait vu : il avait le droit d’y croire à ce moment-là, surtout que l’ayatollah, c’était pas n’importe qui. On connaît l’histoire : Chirac avait conseillé à Giscard de ne pas accueillir ce dissident sur le territoire français, mais « Tête de Nœud président » (voir couverture de Charlie Hebdo par Gébé en 74) a désobéi, rien que pour faire chier le grand Jacques ; résultat : protégé par la France, agenouillé toute la sainte journée dans le jardin de sa bicoque, l’ayatollah est parvenu, par quelques cassettes audio, à renverser le Shah… Il simulait très bien le vieux sage anti-impérialiste, et c’est ça qui a séduit Foucault… Arrêtez d’accabler le pauvre philosophe : c’est quand même dingue que ce soit moi, en 2026, qui sois obligé de défendre Michel Foucault à qui je m’oppose sur presque tout, et pas que par de petits riens. Aujourd’hui, après tout son travail accompli sur la psychiatrie, le pouvoir, la sexualité, la société, la prison, la punition, le crime et la famille, Michel Foucault est réduit à un seul truc : son soutien de quelques semaines à l’ayatollah Khomeini !… Le cliché d’un Foucault partisan éperdu de la Révolution islamique est martelé sans cesse par la droite instrumentalisatrice, comme elle martèle l’absurde thèse d’un Pasolini anti-antifas (j’y reviendrai). S’il y a eu bévue chez Foucault, elle a été avant tout causée par une incompréhension religieuse : à la même époque (années 60-70), vous aviez d’un côté, Jean Genet qui était super pro-sunnite et Foucault qui était super pro-chiite ; c’est ça, sa principale erreur, à Foucault, erreur de vision qu’on retrouve d’ailleurs dans sa façon d’avoir (mal) regardé Les Ménines de Vélasquez !… Préférer les Perses aux Arabes de Palestine, de Jordanie et du Maghreb comme l’autre pédé bagnard qui, lui, ne s’y est pas trompé en matière révolutionnaire, la voilà, la gaffe de Foucault. Gaffe de focale ! Si Foucault a pu dire des conneries, c’est qu’il a été ébloui par l’aspect marxiste de Khomeini et par sa façon radicale de prendre le pouvoir, croyant que l’ayatollah allait donner de la spiritualité à cet État complètement vérolé par l’américanisation. Hélas, Foucault a confondu spiritualité et cléricalisation, car ce n’était pas un groupe de religieux qui allait s’emparer du pays, mais un clergé de politiques pragmatiques oppresseurs : Foucault aurait dû savoir que tout clergé n’a que deux objectifs : surveiller et punir. Si on se penche sérieusement sur les Dits et écrits de Foucault à propos de la question iranienne, on s’aperçoit qu’il a été un des plus lucides sur les Pahlavi, pourritures de père en fils, depuis le premier qui avait été mis en place par les Anglais jusqu’au second par les Américains et qui, par antiarabisme, voulait faire croire aux Iraniens qu’ils étaient de purs aryens… Et encore, Foucault n’a pas connu l’héritier-fils, cette espèce de bubon planqué à Washington et qui ronge son frein, le frein de son gland dont il a la tête, espérant être la troisième génération de Pahlavi à trôner en Iran afin d’y rétablir la vassalité de son père et de son grand-père envers les USA. Dans ces textes, Foucault démonte également tous les clichés (repris sempiternellement par les extrêmes-droitards qui n’aiment les Perses que parce qu’ils ne sont pas arabes) selon lesquels les islamistes sont ataviquement attirés par la mort alors que les Occidentaux le seraient par la vie… Vieille scie ! C’est le contraire : pour les islamistes, les Occidentaux voient la Mort comme une manière de renoncement à la vie dans toute son ampleur, alors que la mort doit faire partie intégrante de la vie. Ce n’est pas la mort qui préoccupe les islamistes, ce sont les morts, et leur survie par la mémoire dans la société des hommes vivants, et en premier lieu, les martyrs, bien sûr.

Les mollahs n’auront bientôt plus que leur verrou d’Ormuz pour faire chanter leurs agresseurs et vous verrez qu’ils finiront par le débloquer, ça commence déjà pour les Chinois et les Indiens… En vérité, je vous le dis, c’est miser sur un mauvais numéro que de croire les chiites iraniens, mollahs ou pas (je continue à mettre le peuple, en majorité pro-régime, dans la boucle), capables de détruire Israël mieux que Dieu (relire Isaïe), et de vaincre les Américains. La stratégie de bombarder leurs États voisins qui collaborent avec les Américains n’était pas si mauvaise, mais c’était à coup sûr s’en faire des ennemis en plus au lieu de réussir à les entraîner dans cette contre-croisade. Résultat : les pays du Golfe ont officiellement menacé de se joindre aux États-Unis et à Israël dans la guerre contre l’Iran ! Le pilonnage du Liban, c’est aussi leur faute, aux Irantanplans : le peu qui restait du Hezbollah n’avait pas à provoquer Israël alors que celui-ci était déjà en pleine offensive contre l’Iran… C’était écrit que Tsahal allait se venger sur une pauvre terre arabe de plus, découpée par les accords Sykes-Picot en 1916, morceau de tapisserie tombé du démembrement de l’Empire ottoman et glissé, en poussière déjà, sous le tapis du mandat français, que dis-je, de la mandale française infligée par le général Gouraud (une ordure) en 1920 à cette terre de Phéniciens… Ô « Grand Liban », pays de chagrin désormais de l’autre côté du fleuve Litani, écoute ma litanie ! Comme si la frontière allait dissuader Netanyahou de bombarder (mille et un morts déjà)… Je vous le répète, ils sont insuffisants, ces Iraniens en rage. Bref, pour un vrai antisioniste comme moi, je suis désolé, l’Iran ne me fait pas bander, même pas une demi-molle ; même pas une demi-mollah…

Je viens de parler de Netanyahou, mais c’est lui qui a pris la place en quelque sorte de « l’imam caché », le Bibi caché ! Ça a duré une semaine, ce colin-maillard… Disparu, le Netanyahou, introuvable… Les supputations sur ce fils de pute sont allées bon train : on a dit qu’il avait été frappé vers le 8 mars par un bon gros missile iranos dans sa sale tronche à Tel Aviv, et que le Mossad avait caché son ciblage réussi ; on raconta même que blessé, on l’avait transporté en Allemagne dans un hôpital où il avait fini par crever… Tout ça a ouvert évidemment une vanne gigantesque de comms conspis à se damner, plusieurs déluges de n’importe quoi bouillonnants, avec analyses débiles de vidéos à l’appui… Quelles vidéos ? Mais celles qui ont été diffusées, voyons ! Dans la première, où Netanyahou faisait une conférence de presse en costard et cravate bleue, les Sherlock (chères loques ?) Holmes 2.0 ont cru voir 6 doigts sur une main et 3 dents en moins dans le fond de sa bouche !… On a eu droit ensuite à une deuxième vidéo, où, d’après les merdeux des yeux, on voyait un Netanyahou cireux comme une statue du musée Ben Grévin, dans un café, le Sataf à Jérusalem, se prenant un cappuccino dans un gobelet débordant qui ne descendait pas malgré les gorgées qu’il s’avalait. En plus, il y avait à côté de lui un type bizarrement masqué (ce qui prouvait que ç’avait été tourné à l’époque du Covid). Quant à la caisse enregistreuse, elle affichait la date de « 2024 », ce qui indiquait que la séquence était ancienne. Ça ne pouvait donc être que NetanIAhou pour exhiber ainsi sa main et montrer qu’elle avait bien 5 doigts !… Et preuve supplémentaire de la supercherie sioniste, il était clair que pour marquer son retour, Bibi ne serait pas allé se balader comme ça, en blouson cool, dans un bar de quartier : c’était donc forcément des images trafiquées ! Ensuite, dans une troisième vidéo, « Netanyahou » discutait sur une colline avec des filles et en compagnie d’un chien : là, c’était son alliance qui apparaissait et disparaissait selon l’angle du filmage. Sur une quatrième vidéo, un énième Netanyahou, toujours aussi peu ressemblant, plaisantait avec quelqu’un dans un couloir sur le nombre de vizirs iraniens rayés de sa fiche… La complosphère, à qui on ne la fait pas (alors qu’au contraire, on la lui fait toujours), repéra cette fois que Bibi avait deux conduits auditifs à une oreille, ce qui démontrait qu’on avait affaire à nouveau à des images créées par l’intelligence artificielle mais démontées par de grands intelligents tombés du ciel… Tout cela avait des explications : principalement la compression des vidéos originales, reprises et reprises maintes fois, ce qui avait amoindri la qualité des images et flouté plusieurs contours, et pouvait donner une impression de factice. Quant au mec masqué, il s’agissait tout simplement d’un garde du corps qui dissimulait son identité… Mais les convaincus (en deux mots) n’en démordaient pas : l’État d’Israël avait produit des fakes pour gagner du temps et essayer de convaincre en vain le monde entier que Netanyahou était toujours vivant ! Même Grok, le chatbot IA de X, confirmait le « deepfake »… Évidemment, la plupart des propagateurs étaient des Beurs sûrs d’eux (et pas du tout dominateurs), qui palabraient et brayaient comme des ânes pendant des TikToks et des Instagrams entiers, et qui fantasmaient tellement l’exécution de Netanyahou qu’ils en arrivaient à s’en persuader jusqu’à arborer les pop-corns et la bouteille de Champomy (zéro alcool) qu’ils allaient « faire péter » en prévision du grand jour où la nouvelle serait officiellement annoncée, car il n’y a qu’un abruti comme un conspi pour attendre religieusement qu’un média officiel confirme ses « certitudes »… C’était sans compter avec les Russes, les Indiens, les Chinois et en premier lieu les Iraniens quipar la voie de l’agence de presse Tasnim, multiplièrent les articles dénonçant ces « fausses » vidéos. Il n’est pas impossible d’autre part que les Iraniens eux-mêmes aient retouché les vidéos authentiques pour les rendre grossièrement fake afin que tous les cons gobent le bobard. Les complochiites sont prêts à tout pour faire croire que Netanyahou est mort.

Enfin arriva une dernière vidéo, la bonne, celle du 19 mars : une véritable conférence de presse où on a vu Belphégor Netanyahou réapparaître en toute majesté, costume bleu nickel, cravate rouge, encadré par deux drapeaux étoilés de David… Ça n’empêcha pas des benêts agressifs de continuer à prétendre que cette vidéo aussi était bidon parce qu’un bout de chemise de Bibi surgissait de sa manche gauche quand il s’appuyait à la tribune, ou que le revers droit de sa veste se fondait dans le tissu… Il suffit de visionner cette conférence dans sa version parfaitement télévisée par Government Press Office ou diffusée par France 24 pour l’authentifier en un clin d’œil… Netanyahou a commencé par un prologue de 8 min en hébreu, puis il est passé à l’anglais pour 30 min d’un véritable festival ! Il en avait des choses à dire depuis qu’il était « mort » … Après avoir précisé que c’était bien lui et qu’il était vivant, il a tenu à donner aux journalistes des nouvelles de l’opération « Lion rugissant ». Pour lui, les forces armées iraniennes ont été complètement décimées, tout est détruit, les américano-israéliens ont éliminé les stocks et toute l’infrastructure nucléaire, et maintenant il leur faut casser les usines. Bibi a constaté des « fissures » dans ce « morceau de bois » qu’est devenu l’Iran, qui a l’air normal à l’extérieur mais qui, à l’intérieur, est en train de pourrir. Un signe ? Les mollahs ont peur parce qu’« ils ne sont pas tous suicidaires », il ne faut pas croire. Netanyahou s’est félicité d’avoir liquidé Khamenei auquel son fils a succédé, mais plus pour longtemps, car lui aussi a disparu et de toute façon, il est nul et non avenu. Ne jamais hésiter à couper la première tête : Nasrallah n’a jamais été remplacé dans le Hezbollah… Cette guerre d’Iran a dévoilé la « folie » et le « fanatisme » des Iraniens : « Nous avons vu comment ils ont balayé leur peuple en deux jours… » Netanyahou-le-vrai a fait aussi la comparaison avec les années 30 où les gens se disaient que c’était pas grave, Hitler, et que ça ne concernait que les Juifs. Netanyahou a rappelé ensuite que s’il s’attaquait à l’Iran, c’était parce que c’était existentiel car depuis longtemps l’Iran veut détruire Israël et l’Amérique. Il est faux de penser que les Iraniens n’allaient pas attaquer : ils étaient quasiment prêts… Agir était moins un risque que de ne pas agir parce que si on les avait laissé faire, en se disant qu’ils n’avaient plus la possibilité d’envoyer des missiles sur l’Amérique, la Floride, le Texas, la Californie, etc., eh bien, ils auraient été capables de reconfectionner en douce un nouveau programme nucléaire et d’enfouir encore plus profond leur uranium dans la terre, et ni les Américains ni les Israéliens auraient été en mesure à ce moment-là de les atteindre… Le détroit d’Ormuz ? Aucun problème ! Si ça traîne, Bibi a proposé de construire des oléoducs et des gazoducs traversant l’Arabie saoudite pour arriver à acheminer directement le pétrole et le gaz sans passer par le détroit ; alors, les Iraniens seront bien baisés. La guerre va durer beaucoup moins de temps que les gens le croient… Netanyahou a bien insisté également, et ça a été le leitmotiv de son discours, pour dire que ce n’est pas Israël qui a entraîné l’Amérique dans ce conflit, c’est cette dernière qui l’a décidé : « Trump est le leader et moi je suis son allié ; Israël est l’allié modèle ! » Dès son premier mandat, Trump s’était retiré de l’accord nucléaire avec l’Iran, et il a toujours été conscient que pour les Iraniens, l’Amérique était le grand Satan et que leur but est de démolir la civilisation occidentale, car ce sont des « voyous » des « fanatiques » des « lunatiques » des « fous furieux ». « L’Amérique ne se bat pas pour Israël, elle se bat aux côtés d’Israël ». La coordination est parfaite entre eux, c’est pour ça que tout va à une vitesse fulgurante. Sur le peuple iranien, Netanyahou a dit que, pour l’aider, les Israéliens et les Américains ont fait ce qu’il fallait par les airs parce qu’on peut faire beaucoup par les airs, mais que c’était aux populations, au sol, d’exploiter la situation, « de profiter des conditions que nous créons pour affaiblir ce régime et le remplacer ». Après, il a cité Churchill qui disait que la démocratie était toujours en sommeil et qu’elle ne se réveillait jamais qu’au son du « gong strident du danger », et que là, c’était pire que le gong strident du danger, c’était une véritable « apocalypse » qu’il ne fallait pas laisser se produire… « Ou on se bat ou on s’enfuit ». « Nous sommes arrivés à temps, et pas trop tard. » « Le danger ne rôde pas, il émerge de la boue, c’est sur nos yeux, ça nous éclabousse de sang. » Des dizaines et des dizaines de dirigeants mondiaux auxquels Bibi a parlé sont d’accord, ils pensent la même chose mais ils n’ont pas osé suivre l’Amérique et Israël, par peur des médias qui leur seraient hostiles, car ils ne sont pas assez audacieux… Tout ça, ce sont les mots de Netanyahou… Mais le cœur de cette conférence a été le passage suivant et essentiel avec LA phrase (je la mettrai en italiques, ne vous inquiétez pas) : « Vous savez, si les gens sont naïfs, ils refusent de voir le monde dans lequel nous vivons. La moralité ne suffit pas. Être juste ne suffit plus. Avoir raison ne suffit pas. Vous savez, l’un des plus grands écrivains du XXe siècle, quelqu’un que j’admire beaucoup, était l’historien Will Durant qui a écrit de nombreux ouvrages, j’en ai lu la plupart, il a également écrit Les Leçons de l’Histoire, un très bref livre de 100 pages, dans lequel il disait que l’Histoire prouve que malheureusement, Jésus Christ n’a aucun avantage sur Gengis Khan, car si vous êtes suffisamment fort, suffisamment impitoyable, suffisamment puissant, le mal l’emportera sur le bien, l’agression sur la modération. » Pour conclure, Netanyahou a reparlé en hébreu, et c’était fini. Trop tard ! La sentence, tombée dans l’oreille de sourds, a été reprise en boucle, et même tordue en boucle, par une multitude de conspis mondiaux qui, évidemment, n’ont pas écouté ni compris un mot de ce que Netanyahou a dit, mettant dans sa bouche à lui, et pas sous la plume de ce Will Durant (et en occultant l’« unfortunately » crucial que Bibi avait pris soin d’émettre avant de paraphraser l’historien américain catholique), ce qui a été aussitôt considéré comme une attaque en règle de tout le christianisme, un blasphème contre Jésus-Christ effrontément méprisé par Netanyahou comme seul un antichrist pouvait le faire, jusqu’à Le comparer négativement à Gengis Khan admiré sans retenue pour le mal qu’il représente !… Le niqueur niqué ! Après avoir blousé tout le monde en laissant croire qu’il était mort, Netanyahou subit à son tour les foudres du Faux ! Depuis cette conférence de presse, on lui attribue une phrase qui n’est pas de lui et qu’il n’a pas prononcée dans ce sens-là. On lui renvoie dans sa face un truc qu’il n’a pas voulu dire, un contresens dont il n’a pas fini de payer la facture… Eh oui Bibi, il y a une justice,  mais elle est divine, et s’il y en a bien un qui aurait dû le savoir, c’est toi !

Je suis le châtiment de Dieu. Si vous n’aviez pas commis de grands péchés, Dieu ne vous aurait pas envoyé un châtiment comme moi.

Gengis Khan

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°63 – 16 mars 2026

La Feuille, déjà pleine avant de la remplir…

Je le dis autrement : l’indécence de ceux qui se sont indignés de la charge non héroïque d’Israël et des USA contre l’Iran des mollahs réside dans le fait qu’ils mélangent la guerre en Iran et celle à Gaza ; ça n’a rien à voir. En Palestine, c’est une armée israélo-américaine qui décime des populations civiles et désarmées. En Iran, c’est la même armée, à quelque chose près, qui bombarde un pays qui, lui, a une armée, et qui, plus résistante qu’on ne le croyait, riposte. Confondre les deux au nom d’une haine (justifiée) pour Israël et l’Amérique est une faute et trahit une incompréhension de ce qui se déroule en ce moment aux Moyen et Proche-Orients.

Misère du journalisme (d’investigation). Quel intérêt de dépêcher un Iranien dont on change le nom, la voix, l’apparence, pour qu’il aille, complètement flouté, se balader dans Téhéran et filmer au ras des guéridons des bocks de bière Istak avec trois pelés dans un bar, en évitant de se faire repérer par la police ? Il est censé rapporter quoi ? Des images volées comme on en a vu un milliard de fois ?… Les « images volées » deviennent un genre en soi et se caractérisent par le fait d’être mal filmées ! Si encore c’était William Klein ou Jean Rouch qui étaient derrière la caméra… En plus, le procédé est auto-justifié par les rédactions de la Télé en affirmant qu’il s’agit de témoigner de la « propagande » des gardiens de la révolution… Mais les reporters ne montrent pas grand-chose ! Ils se font peur, c’est tout ! Des plans vides, la nuit, et qui ne disent rien, ni du climat ni de la politique ni de ce qui se prépare ou même de ce qui se passe dans les rues iraniennes… Et Élise Lucet se la joue reine d’Envoyé spécial, seul magazine en prime time international nécessaire pour informer ! Informer… Quelle différence entre les informateurs du régime et les informateurs du journalisme ? Elle est reçue par ses copains de C à vous comme une résistante, une journaliste intègre qui prend des risques, ou plutôt qui en fait prendre à d’autres : son correspondant iranien, comment l’appeler autrement que traître ou espion ? Son pays est en guerre et il pique des images pour France Télévisions ? Mourir pour Dantzig, c’était déjà très con, mais mourir pour Élise Lucet !

Les vautours du Bien n’attendent qu’une bonne nouvelle : que le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui a déjà perdu dans l’offensive son père, sa mère, sa femme, son fils, sa nièce, son neveu, sa sœur et son beau-frère, soit à son tour assassiné. Surtout qu’il a dit : « Chaque martyr de cette nation, qu’il s’agisse du grand Guide ou de tout autre membre du peuple, est le point de départ d’une vengeance distincte. Une partie de cette vengeance a déjà été mise en œuvre, mais tant qu’elle ne sera pas complète, ce dossier restera ouvert. Nous serons particulièrement sensibles au sang des enfants, comme le crime délibéré commis contre l’école Shajareh Tayyebeh de Minab. » Et paf !

Une rampouille de Chammal, engagée volontaire pour des « opérations extérieures » (entendez « ratonnades sur place ») au Tchad, Mali, Afghanistan, du nom d’Arnaud Frion, a été tuée lors d’une attaque en Irak kurde par la milice djihadiste irakienne et pro-iranienne Ashab al-Kahf. N’oublions pas que l’Irak a été entièrement placé, par vieille haine anti-Saddam, sous domination chiite par les Américains eux-mêmes. Certains en ont eu marre et se révoltent. Ainsi s’est formé le groupe Ashab al-Kahf, ce qui veut dire « gens de la grotte ». Quelle grotte ? Celle des 7 Dormants d’Éphèse bien sûr ! Légende syriaque et chrétienne dont on retrouve la trace dans le Coran à la sourate 18… C’est peut-être ce qui est le plus scandaleux, d’avoir détourné ce merveilleux récit pour servir les intérêts de l’Iran chiite. Vous voyez qu’on est loin de Daesh (sunnite) à qui, pavloviennement, les journalistes avaient attribué l’assaut qui a coûté la vie à Frion, un soldat abruti de plus qui était du côté d’Erbil pour « défendre des intérêts de la France » (en vérité, former militairement des Arabes pour dessouder d’autres Arabes). Quelle France ? Quels intérêts ? Ce que Frion a payé en tout cas, c’est le déplacement du gros cul Charles-de-Gaulle, je parle du porte-avions poussé comme sur un bassin de jardin public par le vent jusqu’en Méditerranée, « au large de la Crète » comme ils disent… Pas mal comme troc : un navire de guerre contre un adjudant-chef zélé ! Revenons aux Sept Dormants… En 250 apr. J.-C., sept chrétiens persécutés avaient été enfermés dans une caverne avec leur chien Kitmir et se sont réveillés plusieurs siècles plus tard, s’apercevant qu’ils avaient basculé dans une autre époque. Par délicatesse pour votre ignorance, je ne vais pas rappeler ici tout mon travail passionné accompli dans les années 90 autour des Sept Dormants ni ma visite en Bretagne où Louis Massignon avait instauré une cérémonie de fraternité islamo-chrétienne ni en 2001 mon séjour à Éphèse, lieu sacré à bien des endroits, au moment même où 19 « dormants » en Amérique, dont Mohamed Atta et Ziad Jarrah, préparaient leur 11 septembre à venir…

Jusqu’où les Occidentaux bientôt privés de pétrole sont-ils capables d’aller dans leur volonté morale et politique de renverser la république islamique tyrannique d’Iran ? À longueur de plateaux, ils s’insurgent contre les mollahs et ne souhaitent qu’une seule chose : la chute du régime provoquée par Israël et les USA, mais si demain les mollahs arrêtent leurs représailles en disant : « OK, on a perdu mais si vous nous laissez notre nouveau Khamenei à la tête de notre pays, on vous rouvre le détroit d’Ormuz et on remet en circulation normalement l’énergie pétrolière… », tout le monde sera d’accord pour ne plus toucher à la théocratie iraneuse, ni à la répression sanguinaire ayatollesque sur son propre peuple… Ou même pire : si les mollahs disaient : « Si vous renoncez à tuer notre guide suprême récemment élu, on vous redonne l’accès au pétrole ! », le monde occidental applaudirait et protégerait la vie de Khamenei bis à la tête de l’Iran, uniquement pour sauver le carburant mondial. Ah, on les a vues à l’œuvre, les nations opportunistes… En France, ç’a été Pétain en 40 suivi par l’Épuration en 44. Le carburant de ce monde, c’est la collaboration instantanée.

Le but de l’Amérique et d’Israël, c’est aussi de casser ce lien peut-être unique dans l’histoire de l’Islam, ce rapprochement, cette entr’aide entre les chiites et les sunnites puisque l’Iran a soutenu le Hamas pour le 7-Octobre. C’est donc le 7-Octobre qui a marqué cette association tout à fait ponctuelle mais qui a suffi à déclencher la volonté de frapper l’Iran, d’une façon encore plus injuste que la croisade qu’avait lancée Bush en attaquant l’Afghanistan parce qu’il croyait que Ben Laden y était resté caché, puis en tombant sur l’Irak de Saddam qui possédait soi-disant des armes de destruction massive et qui n’avait rien à voir avec les attentats du 11-Septembre.

Le point commun entre Soral et Zagdanski, ce n’est pas seulement moi, mais c’est aussi l’idée que ces deux merdes se font d’Israël : pour l’un (Soral) c’est le Diable : les Juifs sont des paranoïaques génocidaires et suicidaires à la fois, toujours à l’origine et la cause de tout le Mal sur la Terre (de mai 68 au Covid, c’est eux !) ; pour l’autre (Zag), Israël, c’est le Dieu, c’est le Bien absolu qui doit triompher parce qu’il est dans le juste et le bon et tous ceux qui le combattent sont des paranoïaques génocidaires et suicidaires à la fois également… Qui ne se ressemble pas s’assemble quand même ! Ils sont ennemis, alors qu’ils ignorent tous deux qu’ils sont des alliés coulés dans le même moule en fusion : le fantasme d’Israël… Ils fantasment tous les deux deux Israëls qui sont faux par rapport à ce qu’est le véritable Israël qui est, bien sûr, celui de la théologie, et pas celui du territoire : il faut passer par la théologie pour le comprendre, et ça ne doit pas être un vain mot. La guerre actuelle qui oppose l’Amérique protestante et l’Israël juif à l’Iran chiite est un révélateur de la méconnaissance théologique des deux visions à angle mort d’un tandem d’aveuglés, persuadés de se positionner aux extrêmes dans l’analyse de la situation. Le premier, puisqu’il est allé faire la pute en Russie en se faisant passer pour un exilé politique, ressort la vieille solution du Birobidjan (où il aurait mieux valu placer les Juifs qu’en Palestine) ; et l’autre, de son mini-kibboutz de Rouen (là où a été brûlée Jeanne d’Arc, mais c’est encore un coup de dé du hasard sans doute) où il s’est réfugié parce qu’il y avait trop d’Arabes à Marseille, estime que si, avec l’aide des Américains, Israël parvenait à éradiquer tout islamisme fanatique et hostile aux Juifs dans toute la région, il y aurait une pacification généralisée et une démocratie dont Israël serait à la fois l’exemple et le modèle. On est dans le n’importe quoi d’un ridicule duo de doux rêveurs, ou plutôt de mous rêvasseurs qui jouent les durs d’oreiller ! À force d’endormir leurs fans sur YouTube (38 vues pour le Juif ; des centaines de milliers pour l’antisémite), Alain Zagdanski et Stéphane Soral se sont endormis eux-mêmes.

Je répète que ce n’est pas le chiisme des mollahs qui dérange Israël ; au contraire, Israël aime bien le chiisme, il le préfère au sunnisme, et les chiites ne sont pas foncièrement ennemis d’Israël. On a même soupçonné à une époque Bachar al-Assad d’être un peu trop indulgent envers Israël justement parce qu’il était chiite. C’est comme les mollahs iraniens, pourquoi n’ont-ils pas attaqué Israël avant cette guerre, et beaucoup plus fort, comme Bachar et Nasrallah d’ailleurs qui ne l’ont jamais fait ? Pour moi, tous ceux-là sont douteux dans leur antisionisme parce qu’ils ne sont pas sunnites. Oui, je mets ça sur le dos de la religion. Il y en a marre de cette espèce de complexe de supériorité de chiites qui toisent les sunnites, ils sont bien contents que des sunnites sacrifient des dizaines de milliers de Gazaouis à la Cause. En couvrant Bachar al-Assad, les mollahs chiites, en principe exécrateurs de sionistes, ont préféré participer à des tueries d’Arabes sunnites (défendus si noblement par Al-Qaïda et l’État islamique) plutôt que de tuer des Israéliens. Finalement, je vous le redis, il aura fallu cette guerre en Iran pour que les mollahs du genou juif s’en prennent directement à Israël à coups de missiles et de drones… Mais tout cela a une histoire… La voici, bébés baveux ignorants !

Comme le dit Aïssam Aït-Yahya dans son essai remarquable Théologie du complotisme musulman (2014), il y a quelque chose de profondément complotiste dans le chiisme, mais là, je vais prolonger ce qu’Aïssam a découvert, et dire qu’il y a quelque chose, plus profondément encore, de judaïque dans le chiisme. Des signes théologiques permettent d’affirmer que bien que les mollahs au pouvoir soient dans la détestation d’Israël et qu’Ahmadinejad (pas « Ahmad Jamal en jazz ») ait exprimé jadis son désir qu’Israël « disparaisse de la page du Temps », les chiites sont les plus mal placés pour être hostiles fondamentalement à Israël. Sur le fond, les chiites, et en particulier l’Iran, sont des proxys (si je puis dire) d’Israël et des Juifs : il y a bien sûr le fait que Cyrus les ait sauvés de Babylone et les ait ramenés pour construire leur temple à Jérusalem, ça ne s’oublie pas, mais surtout il y a une analogie à faire entre le Mahdi chiite duodécimain et le Mashiach juif : deux figures de sauveurs providentiels, charismatiques et attendus pour la fin des temps, l’un descendant du roi David, l’autre du prophète Mahomet… Le Mahdi, c’est le 12e imam caché dont l’occultation a commencé à Samarra en Irak, j’y suis allé en 2002… Je suis même monté à pied tout seul jusqu’en haut (52 mètres) du minaret Malwiya en colimaçon, « hélicoïdal » ils appellent ça ; ma copine de l’époque m’a pris des photos d’en bas mais en tremblant, car elle avait peur que je tombe… Quelle formidable finition ça aurait été pour moi que de m’écraser là d’où le « bien-guidé » s’est escapé ! Ce Mahdi est l’exact pendant du messie juif qui n’est pas Jésus évidemment. Les deux traditions ont l’air différentes alors qu’elles sont semblables, les deux croyant dur comme fer à souder au retour du Mahdi d’un côté et à celui du Messiah de l’autre, sortes de Zorros et pas forcément astriens, qui vont apporter la Justice et l’Ordre. Les différences, il y en a : les chiites sont un peu moins fanatiques que les Juifs puisqu’ils imaginent Jésus alias Isa comme une espèce d’ambassadeur du Mahdi qui descendra avec lui sur Terre et qui priera à ses côtés… Il sera une sorte de ministre pour le Mahdi des chiites. Pour ces derniers, Jésus est un Messager d’Allah, et ils ont de toute façon plus de considération pour Jésus que n’en ont les Juifs pour le Christ qu’ils détestent alors qu’il est juif. La mécréance qui est apposée sur les Juifs vient de ce que ceux-ci ne croient pas en Jésus comme prophète, encore moins comme fils de Dieu. Dans la mystique chiite, le Mahdi et Jésus sont potes, et quand Jésus mourra, c’est le Mahdi qui s’occupera de ses funérailles… Le messie et le Mahdi se présentent comme installateurs définitifs, l’un d’un Israël triomphant ; l’autre d’un Islam triomphant. En vérité, la vision chiite est inspirée directement des apocalypses juives qu’on peut lire notamment dans les Apocryphes (mes bibles !) qui regorgent de trésors à la fois eschatologiques et poétiques. On tiendra compte aussi des Houthis (chiites), car le Yémen est le seul pays où les deux communautés (juive et chiite) attendent ensemble leur roi messianique, descendant chacun d’une lignée prophétique, et censé venir les rédempter un jour ou l’autre, ils cultivent en chœur la vertu de l’Espérance. Je pense que Péguy (qui n’était pas le philosémite qu’on croit, et je le démontrerai bientôt), dans son projet de livre qu’il voulait faire avant de partir connement à la guerre de 14 se faire tuer et qui devait s’appeler Propre de l’Espérance, nous aurait appris beaucoup de choses sur cette notion. C’est en effet l’espérance qui est le point commun entre les croyances chiite et judaïque. Sur ce point biblique, les chiites sont plus zélés que les Juifs m’aiment (« mêmes » ! il est sourdingue, ce micro d’ordi ou quoi ?)… Dans la période pré-pahlavique, aux ères safavide puis qadjare, les Juifs d’Iran, appelés aussi « les enfants d’Esther », et qui n’avaient pas voulu rentrer à Jérusalem avec Cyrus, préférant rester en Perse auprès de leurs bienfaiteurs, étaient discriminés, ils étaient obligés de porter des brassards (jaunes déjà), et ils étaient punis… Pourquoi ? Parce que les Iraniens chiites estimaient que le Mahdi allait faire mieux que leur Mashiach pour les Juifs eux-mêmes, et en ce sens, ça rejoint les tirades menaçantes et punitives d’Ézéchiel et d’Isaïe dans l’Ancien Testament. Les chiites, ayant donc trouvé de quoi confirmer leur attente du Mahdi dans les écrits apocalyptiques juifs, jugeaient que les Juifs avaient manqué à leur mission d’espérance messianique et qu’ils n’étaient pas assez purs vis-à-vis de leur messie. C’est la raison pour laquelle les Iraniens leur ont mené la vie dure : pour leur faire comprendre que c’était le Mahdi, le véritable messie en quelque sorte, celui qui allait tenir toutes les promesses de la Bible… Si, au niveau social, les Iraniens ont persécuté leurs Juifs, au niveau religieux, ils observaient la plus grande révérence pour leur messie espéré. En gros, les chiites adeptes du Mahdi faisaient la leçon biblique aux Juifs qui, selon eux, n’étaient pas authentiquement sincères dans l’attente de leur messie. Ils pouvaient très bien reconnaître d’un côté la grande valeur prophétique de ces gens qui comme eux attendaient un sauveur, et de l’autre les discriminer en tant que sous-citoyens parasites. De même que les protestants, on le sait, aident Israël dans l’espoir de convertir tous les Juifs au christianisme ; de même, les chiites islamistes espèrent qu’un vrai grand jour, les Juifs se rallieront au véritable messie qui compte, c’est-à-dire le Mahdi. C’est de tout ça qu’est née la réputation des chiites persécuteurs de Juifs alors qu’ils en sont des cousins en théologie eschatologique. D’ailleurs, historiquement, ça avait évolué dans la période du Shah où les Juifs, contrairement à ce qui est dit, n’ont plus été persécutés mais choyés. Et si vous êtes amateurs de nuances, même pendant la période des ayatollahs, c’est Israël qui a été la bête noire du régime et pas vraiment les Juifs en eux-mêmes. L’Iran est certainement le pays du Moyen-Orient qui est le moins hostile aux Juifs, celui qui éprouve le moins de dégoût physique et moral pour le Juif… Dire que je suis en train d’apprendre certaines choses à certains qui n’ont jamais eu la curiosité de se pencher sur ces questions-là ! Il faut être vraiment « con comme un Zagdanski à Rouen » (nouveau proverbe) pour persister à croire que les chiites attendent le retour du Mahdi dans le but que celui-ci bute tous les Juifs, alors qu’il a à venger le supplice d’Hussein à Kerbala (entre parenthèses, tué par les Omeyyades et pas par les Juifs) : c’est méconnaître l’alliance apocalyptique qu’il y a entre le Mahdi et le messie, je vous dis, et qui lie les chiites aux Juifs, et on peut même le dire l’Iran à Israël… Voilà pourquoi aujourd’hui les Juifs et les Israéliens tiennent tant à ce que le régime mollahtique tombe et que les Iraniens en masse puissent recollaborer avec eux comme au bon vieux temps du Shah… Je vous laisse là-dessus… Feuille suivante !

Ce sont toujours les faibles qui perdent. Longtemps nous avons été les plus forts. Maintenant, nous sommes les plus faibles. Nous serons battus et nous mourrons. Après en avoir fini avec nous, vous vous tournerez vers d’autres peuples. Je suis certain que vous ne cesserez jamais de vous battre contre ces peuples qui sont sur des terres lointaines, de l’autre côté des océans et qui parlent des langues incompréhensibles. Serez-vous plus forts qu’eux ? Vous écraseront-ils ? Peu importe.

Cochise

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°62 – 9 mars 2026

Je vous l’avais pas dit ? Vous vous souvenez, vous, de cet Epstein ?… Et de cette Janine ou Gisèle Pelicot, je ne sais même plus ?… C’était qui déjà ? On les a complètement oubliés, en moins de temps qu’il n’en faut pour lire une Feuille nabienne ! Bien l’air con désormais ceux qui s’imaginaient que le « scandale Epstein » allait inonder la planète et que le monde entier conviendrait que les Juifs tirent toutes les ficelles ; et plus abrutis encore, ceux qui étaient persuadés qu’Ariane de Rothschild était responsable du blacklistage du « meilleur humoriste français » ! Tout ça a fait « pschitt » avant de partir en fumée… Tout ça a été balayé par la guerre en Iran…

On sait que je suis pour toutes les révolutions quelles qu’elles soient, à condition qu’elles viennent de l’intérieur. Si le peuple iranien veut renverser ses dirigeants dictatoriaux et tyranniques, je suis d’accord bien sûr, allez-y, démerdez-vous ; comment ils ont fait les Français en 89, comment ils ont fait les Russes en 1917, et comment ils ont fait les Chinois, les Mexicains, les Cubains ?… À toutes les époques, il y a eu des peuples qui se sont soulevés contre leurs chefs, mais là, on n’a aucunement affaire à une révolution autonome du peuple iranien anti-mollahs ; il s’agit d’une guerre déclarée par des étrangers, et lesquels — l’Amérique et Israël — ! et ni Trump ni Netanyahou n’ont l’intention de libérer la masse iranienne du joug féodal des ayatollahs. Et leur but est encore moins de désarmer l’Iran, de lui faire ravaler ses objectifs nucléaires (ç’a été fait au mois de juin pendant la guerre des 12 jours) ou même de lui piquer son pétrole… Les Israéliens se foutent et du pétrole et de la bombe, ils se sont associés aux Ricains pour punir l’Iran, that’s all. Ou plutôt l’inverse, car comme toujours ce sont les Américains qui se sont joints à l’expédition punitive des Israéliens. Pourquoi ? Il faut être « con comme un Soral en Russie » (nouveau proverbe) pour croire que Bibi tient Donald par les couilles avec de sombres affaires de pédophilie epsteinienne, mais non évidemment ! Si Trump a marché avec Netanyahou pour attaquer l’Iran, c’est qu’il y voit lui aussi son intérêt, c’est-à-dire couper les pattes, dans un élan tout thucydidien, d’une puissance qui l’inquiète et le gênera dans son futur conflit. Quelle puissance ? Il faut vraiment tout vous expliquer ! L’Iran, enfin, qui est pro-chinois et même déjà aidé et armé par Xi Jinping… Et quel conflit futur ? Mais celui des USA contre la Chine, voyons ! Pour les uns (les Américains), il s’agit d’une guerre préventive et pour les autres (les Israéliens) d’une guerre punitive car oui, Israël profite de cette volonté trumpiste d’affaiblir un allié des Chinetoques pour poursuivre sa campagne de punition internationale de tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l’attentat (car ce n’était rien d’autre qu’un attentat) du 7 octobre 2023. C’est ça la vraie raison pour Israël : mener jusqu’au bout (tant que les lâches autres nations le laissent faire) une vaste opération mondiale de liquidation de toute personne ou groupe ou pays qui a soutenu le Hamas ou qui ne s’est pas assez insurgé contre son assaut. Tous ceux qui n’ont pas pu être étouffés dans l’œuf doivent être décapités comme des poussins. Le Hamas, décapité ; le Hezbollah, décapité ; les Houthis, décapités… Toutes ces têtes d’hydre coupées !… Il ne restait plus que celles de Khamenei et de ses barbouzes barbues… Celui qui l’a compris, c’est le Marine américain qui a hurlé qu’il ne voulait pas faire la guerre pour Israël avant de se faire expulser de la salle du Sénat à Washington où il protestait, jusqu’à s’agripper à une porte et se faire carrément casser le bras par une brute… Une scène qui est le pendant esthétique d’une autre aussi forte, car les deux images étaient très belles et tout aussi violemment chrétiennes : on est passé d’une sorte de tabassage christique d’un révolté qui voulait chasser les marchands du temple à une véritable cène dans le bureau ovale de Trump où un collectif de pasteurs évangéliques s’est tenu autour de saint Donald, immobile et pénétré, toutes leurs mains sur ses épaules, et priant pour la bonne avancée biblique des opérations militaires en Perse ciblée… Magnifique comme un tableau de Pontormo reconstitué dans un film de P.P. Pasolini !…

Évidemment, Israël a poussé à cette énième guerre pour faire payer aux Iraniens d’avoir trempé dans les préparatifs du 7-Octobre qui a déclenché ce tsunami d’antisémitisme mondial. Mais ce qui a décidé Israël à partir en cette croisade anti-iranienne, c’est aussi que c’est la première fois depuis très longtemps (qu’on me trouve un autre exemple) que des chiites se sont acoquinés à des sunnites (le Hamas) pour accomplir un acte antisioniste d’envergure. Avant, les Israéliens chouchoutaient, choyaient un certain chiisme avec lequel ils auraient pu pactiser, et voilà que ce chiisme se met à la colle avec des sunnites ! Il y a dans le chiisme quelque chose qui n’est pas incompatible avec le judaïsme, comme il y a quelque chose de profondément chiite encore dans le complotisme (j’y reviendrai…). Bien sûr, ça ne fait pas de tous les Iraniens des supporters d’Israël, mais j’aimerais bien savoir quelle est la proportion, parmi la population iranienne, des chiites qui sont pro-Israël pour d’autres motifs que celui, assez dégueulasse je dois dire, d’être débarrassés de leurs mollahs.

L’arnaque est de faire croire qu’il s’agit d’une guerre « juste » (dixit BHL et Cie) menée par l’Occident pour empêcher que des Orientaux aussi butés qu’obscurantistes et répressifs utilisent la bombe atomique, alors qu’il s’agit d’une guerre contre tous ceux qui sont contre Israël. Il y a du boulot, mais les Juifs ne sont pas des fainéants quand il s’agit de protéger ce qu’ils estiment être leur terre. Les Israéliens étaient déjà fous, hystériques, frénétiques, fanatiques, mais là, depuis le 7-Octobre, le fait qu’au lieu de les plaindre on les ait accablés à cause de la disproportion de leur riposte, et que leur détestation soit devenue virale et mondiale, les a rendus littéralement délirants. Pour eux, il y a une pieuvre qui s’appelle l’Iran dont les tentacules se glissent un peu partout dans le Proche-Orient et le Moyen-Orient et il faut crever la tête de la pieuvre. Ils ne se rendent pas compte que la pieuvre, c’est eux, c’est Israël, Israël-la-pieuvre dont les tentacules sont autant de relais, autant dire d’antennes, qui s’insinuent dans le monde médiatique occidental pour alerter la tête qu’il y a un foyer d’antisémitisme qui naît quelque part ou qui perdure… Il s’agit pour la pieuvre israélienne d’étrangler du bout de ses tentacules déployés la moindre velléité de critiquer ou de remettre en question l’existence même de sa pieuvrité… C’est tellement simple, la géopolitique !

Bravo d’ores et déjà aux Espagnols qui, comme à l’époque de la guerre en Irak (voir mon texte dans J’enfonce le clou, 2004), ont refusé d’envoyer leurs taureaux droit dans le mur de l’arène internationale pour faire la guerre en Iran ! Ça change des petits Français qui n’ont peur que pour leur pétrole empêché d’être approvisionné, et qui n’ont d’yeux que pour le détroit d’Ormuz. Tout à coup, ça devient le détroit d’orgasme, le canal vers le paradis, le saint boyau anal… Relire le Sonnet du trou de cul écrit à deux bites par Rimbaud et Verlaine en 1871 (les tercets sont de la Rimbe) :  

C’est le tube où descend la céleste praline :
    Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !

Comment mieux définir le détroit d’Ormuz ? Que d’œuvres à faire, romans, peintures sur cette actualité : Le bal du comte d’Ormuz, L’Enterrement du comte d’Ormuz ! 

Ils nous font chier avec leur détroit d’Ormuz ; déjà autour de 2015, un vieil ami russe à moi devenu comploto-poutinien me justifiait le soutien de Poutine à Bachar par la sauvegarde à tout prix du détroit indispensable à l’acheminement du pétrole russkoff ; maintenant que Téhéran a bloqué le passage, c’est tous les autres exportateurs qui sont baisés : Arabie Saoudite, Irak, Émirats, Koweït, Qatar, Bahreïn, et même l’Inde… Jusqu’à l’Iran lui-même qui se constipe de sa céleste praline qui devait aussi s’écouler par là, sinon pas de salut ! Peuh !

Je résume : ce n’est pas une guerre mais une association de deux malfaiteurs, l’Amérique et Israël, qui agissent par convergence d’intérêts : l’un pour affaiblir par avance de futurs Chinois visés, et l’autre pour punir les chiites d’Iran qui, à travers le Hezbollah, ont épaulé les sunnites du Hamas pour aider ceux-là dans leur mission du 7-Octobre… C’est d’ailleurs la raison de l’élimination de Nasrallah en 2024 et des re-bombardements au Liban actuellement. Ah, cette déclaration de guerre laisse trop de monde ébahi, stupéfait, infoutu d’en comprendre les ressorts. Y compris les Arabœufs barbares de France…

C’est quoi le problème des Indigènes de la place de la République ? Les Beurs teubés de Paroles d’Honneur protestent-ils contre la guerre en Iran parce que les boss de l’USraël qui bombardent l’Iran sont des gros cons qui violent le droit international, ou bien parce que Trump et Neta veulent abattre un régime tyrannique qui tue son peuple ? On peut se poser la question, car là-dessus, les décoloniais ne sont pas clairs et ne reçoivent que le retour du bâton de leur incohérence et de leur lâcheté intellectuelle depuis vingt ans, en ayant mis leur tête d’autruche beure dans le sable syrien, et maintenant iranien. Manque de logique : en désapprouvant le principe d’attaquer un pays souverain, ils approuvent les actes des dictatures. Ça dure depuis l’Irak, la Tunisie, l’Égypte, la Syrie, la Libye, etc., leur petit manège. Fouillons les archives de PdH. Où sont les prises de position pour Bouazizi ? Les apologies ou les encouragements de la révolution syrienne ? Les vidéos anticomplotistes au moment fort des bobards soralo-dieudonnistes des années 2010 ? Rien. Walou. Nada. Que dalle… Le silence sur Bachar a maudit à jamais Bouteldja et Rima, et elles le savent… Elles et leur poignée de crados qui déblablatèrent de tout sans rien connaître, aussi bien le Boussoumah et sa tignasse en poil de queue de dromadaire que la Louisa aux yeux luisants et écarquillés d’auto-extase qui a écrit un « roman » et qui se prend pour la George Sand de Pantin (93)… Tous fœtus avortés, flottant dans ce bocal de formol qu’est leur studio d’enregistrement pour leurs émissions puantes, comme dans l’antichambre du véritable Enfer miltonien qui les attend… En étant contre Trump et Netanyahou, et à la fois contre la révolution, Houria et Rima sont donc pour les mollahs, et en général pour les dictatures et pas pour les peuples qui veulent la révolution. Binaires comme une rythmique de rock, les connasses ! J’ai toujours des scrupules à me répéter, mais il y a des choses qu’on peut marteler, puisqu’en face ils beuglent bien en permanence. L’antisionisme des suceurs et suceuses de Mélenchon (en particulier arabes) est caduc parce qu’il ne se répercute pas sur la liberté des peuples arabes en soi. Pour les décoloneuneus, la seule libération valable des Arabes serait celle qui les délivrerait des Blancs, des Juifs et d’Israël. Oui, mais le peuple arabe en tant que tel, ça ne les intéresse pas. Pourquoi ? Parce qu’au fond, toute la bande, Houria, Louisa, Rima méprisent les Arabes ; les Arabes les dégoûtent en tant que femmes, elles ne rêvent que de se faire baiser par des Blancs, voire des Juifs, mais leur racisme les empêche de le formuler ainsi ; alors, défendre tout un peuple d’Arabes, vous imaginez ! Il n’y a que des concepts abstraits qui circulent dans leur tête, petits aquariums d’eau sale et contre la vitre desquels se cogne tout un tas de petits poissons rouges de honte… D’ailleurs, on le sait puisque Rima Assad, pardon Hassan, dont le père était mouillé dans la répression sanguinaire de Bachar, très proche dans le genre de celle de Khamenei, reste antisyrienne (voilà aussi pourquoi elle se revendique sans arrêt et mensongèrement comme Palestinienne). Les zinzindigènes prennent toujours l’axe chiite comme le seul « résistant » qu’ils valident en y intégrant la Russie aussi ; c’est une vision qui a 20 ans de retard ; qui date même d’avant le World Trade Center car comme le rôle de Daesh, ils n’ont rien compris à celui de Ben Laden non plus en ce début de siècle. Selon ces Beurs incultes, rien n’a bougé depuis Frantz Fanon, l’anti-impérialisme, Angela Davis, etc. L’axe du Mal des autres est aussi inamovible que leur axe du Bien. Mais enfin, ça ne marche plus évidemment : les vieilles lunes ont toutes été crevées… La guerre du 11-Septembre a eu lieu, et 25 ans après, les Arabo-Rebeux revendicateurs rechigneurs, rabâcheurs, l’ignorent.

Attention, qu’on ne me croie pas le moins du monde attendri ou indulgent envers le peuple, la masse, la populace en soi. J’ai autant de mépris pour les Israéliens qui étaient soi-disant hostiles à Netanyahou à cause de ce qu’il faisait à Gaza et qui aujourd’hui sont tous pour ce qu’il fait en Iran, effaçant toutes les critiques et faisant en sorte que leur sale Bibi fasse désormais l’unanimité dans son pays (la foule de Tel Aviv a été préparée pendant de longues semaines pour ne plus rien avoir à reprocher à Netanyahou, mais tout à Khamenei… ), que pour le peuple iranien qui ose arborer dans ses rues les drapeaux de l’Amérique (grand Satan) et celui d’Israël (petit Satan) parce qu’il espère que ces deux saloperies mondiales vont les libérer de la théocratie islamique !…

Leçon d’antisémitisme. Ceux qui reprochent à Mélenchon d’être antisémite disent qu’il l’a prouvé en disant qu’on ne dit pas « Epstine » mais Epstein, comme on ne dit pas « Frankenstine » mais Frankenstein… En plus, c’est une vanne qu’il a piquée à Delépine dans un TikTok, comme Mélench’ s’est approprié, via Chikirou, mon « Je ne suis pas facho, je suis fâché » (Petits riens sur presque tout, 1992)… Ce n’est pas moi qui vais reprocher à Mélenchon de faire de l’antisémitisme (surtout en ces temps de veulerie israéophile à vomir de toute la classe politique française), mais il le fait mal : je veux dire, il se montre antisémite comme un colon pied-noir du Maroc beaufement basique. Sa sortie sur Frankenstein est surtout une preuve de sa médiocrité intellectuelle de soi-disant « cultivé » : d’abord, il laisse entendre que Frankenstein est un nom juif, alors que le docteur Frankenstein n’est pas du tout juif, il est originaire de Genève, et sa créature encore moins (il la fabrique en Allemagne), et l’histoire inventée merveilleusement par Mary Shelley se situe en Suisse, dans les Alpes et même au pôle Nord ! Ensuite — et c’est là où réside son antisémitisme résiduel qu’il n’assume pas et qu’il aurait pu dévoiler et développer jusqu’à la drôlerie grotesque—, Mélenchon, au lieu d’ironiser sur « Frankenstine », aurait gagné, tout en mettant les rieurs de son côté (y compris juifs), à poursuivre son discours dans la dénégation : « Et qu’on ne me dise pas que lorsque je prononce Frankenstine, c’est que dans ma tête j’imagine tous les Juifs sous la forme de monstres de Frankenstein, c’est-à-dire des non-êtres menaçants, fabriqués avec des lambeaux de chair volés à des morts, et cousus les uns aux autres ! » Hélas (pour lui), c’est là où s’arrêtent à la fois le courage, l’humour et l’intelligence stratégique de Jean-Luc Molasson…

Nouvelles images : les derniers instants de Quentin, après la bagarre contre les antifas, sonné mais debout, en doudoune cagoule, les mains en sang ; et ceux de Cyane, casquée sur les épaules de son collègue, allumant du bout de sa bouteille enflammée le plafond mousseux du Constellation. Ce qui frappe, c’est la douceur, le calme, la nonchalance, l’inconscience de ces ultimes minutes de vie avant que les deux ne meurent…

« Masturbation, masturbation… » Vous parlez toujours de votre sturbation, mais de la mienne, de sturbation, on en parle ?
Ma sturbation, essai.

Houellebecq interviewé par Taddeï pour Marianne : un des spectacles les plus répugnants qu’il m’ait été donné de voir ces dernières semaines…

Il existe trois catégories de personnes : celles qui voient, celles qui voient lorsqu’on leur montre, et celles qui ne voient pas.

Léonard de Vinci

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°61 – 2 mars 2026

La honte sur mes fans. Par exemple, Eliès, le financier arabe, grand lecteur et collectionneur qui m’achète beaucoup de tableaux : l’autre fois, il m’annonce, en baissant la tête, parce qu’en même temps, il n’était pas content et sentait que c’était pas terrible de sa part, que, vu qu’il a des « moyens conséquents », il est devenu « contributeur » d’un film de Pierre Carles sur Georges Ibrahim Abdallah, sous-entendu : « je ne peux pas vous acheter des tableaux en ce moment parce que je donne déjà beaucoup d’argent à Pierre Carles ». Alors là, je ne suis pas d’accord, c’est quand même un peu gros, pour ne pas dire grossier : influencé par mes sujets, Eliès préfère distribuer de l’argent à un documentariste antisioniste (mon œil !) de la Gauche Mermet-Schneidermann-Monde-Diplo ? C’est grave : Eliès « contribue » à un film sur une cause qui est aussi la mienne, mais portée par des baltringues… Je connais bien Carles, c’est quand même un gauchiste insupportable à œillères, et c’est un arnaqueur aussi, comment Eliès a-t-il pu croire qu’en filant cet argent à Pierre Carles (à hauteur, j’imagine, de pas moins de 25 000 euros ; c’est ce qui manquait à la production pour atteindre les 98 000 escomptés et atteints désormais), il allait participer à une œuvre qui, d’une certaine façon, serait cohérente avec la mienne ? Mais non ! Ça va être un film à « participation financière » avec Gilles Perrault (qui s’est gouré sur Ranucci), Rima Hassan (qui a pour gourou Mélenchon), Georges Malbrunot (otage du Figarourou), et avec la thèse suivante et fausse : « Abdallah, tout sauf terroriste »… Donc Eliès estime que quelqu’un d’autre a désormais plus besoin de l’argent de mes tableaux que moi ! Il trouve que maintenant ça suffit, on va pas tout donner à Nabe, il faut aider aussi les autres qui font la même chose finalement que lui… Ainsi il me rabaisse au niveau d’un Pierre Carles ! Attention, rafale de questions : en quoi Carles s’y connaît-il en georges-ibrahim-abdallahteries ? Qu’est-ce qu’il a fait pour lui à part une BD et un docu bricolé qui finira aux oubliettes ? Comment pourrait-il produire autre chose, vu son parcours, qu’une gentille daube consensuelle, un acte de bonne conscience par rapport à la cause pro-palestinienne à laquelle il a été acquis comme par hasard depuis le 7-Octobre ? A-t-il suivi G. I. A. comme moi depuis 1986 ? Non. C’est comme Choron : Carles ne s’y est vraiment intéressé, de son propre aveu, qu’en lisant Nabe’s Dream (mon journal intime 1983-1985)… Et Eliès est sans doute venu à Carles par moi aussi… C’est encore un système de ricochets : j’ai toujours trouvé ça très con, le jeu du ricochet : lancer une pierre (Carles ?) au ras de l’eau pour qu’elle rebondisse et finisse par faire des ronds avant de couler… C’est un jeu au ras de l’eau comme il y en a au ras des pâquerettes… J’en fais pas assez pour la « Cause », c’est ça ? Ce qu’Eliès aurait pu exiger, c’est de me mettre dans le coup, il aurait pu dire à Pierre Carles : « Moi je veux bien vous aider pour votre film mais à condition que vous interviewiez Nabe dedans. » Rien que pour tester le curseur de « subversion » de Carles… Ou alors me dire à moi : « Écoutez, Marc-Édouard, je voudrais qu’il y ait dans ce film un grand tableau de vous représentant Abdallah comme vous avez fait celui de Ben Laden », et je l’aurais fait puisque je suis à fond avec Georges Ibrahim, comme avec Carlos dont j’ai déjà peint plusieurs portraits. Eliès l’aurait acheté et il l’aurait prêté à Carles pour son film, voilà. Mais ce qui se passe dans le corps d’Eliès, c’est que mes tableaux ne le comblent plus… Il n’a plus l’impression de se les payer si c’est à moi seul qu’il les paye : pourquoi ? Parce qu’il se dit que c’est une habitude et comme c’est une habitude, il a besoin de renouvellement car il va mal et se dit : « Je donne à Marc-Édouard depuis longtemps mais je vais toujours mal, peut-être qu’en donnant à un autre j’aurais moins mal, ça changera ! » Comment pourrait-il aller mieux en ne donnant que pour aller mieux ? C’est comme Rafaël, il ne va pas bien lui non plus : qu’est-ce que je fais donc à mes fans ? Rafaël est également un de mes lecteurs-collectionneurs, je viens de le voir là, tout à l’heure : il m’a aidé à porter des cartons de livres tout en me glissant qu’il part après-demain pour la Suisse avec sa copine qui avait refusé de me connaître après qu’il lui avait offert un de mes portraits de Bernanos (quel rapport avec ce qu’elle lit, c’est-à-dire des auteurs « Minuit » ?). Rafaël, qui est à la tête d’une somme « conséquente » (lui aussi) héritée de son père mort, était en train de se réjouir devant moi d’aller avec sa meuf à Sils-Maria et à Saint-Moritz alors que nous, Alexandra et moi, y sommes allés il y a trois mois, lors de notre long voyage épique de Paris à la Crète ! Et quand on est passés par Sils et par Saint-Moritz, c’était pour Nietzsche, et c’était justifié par ce que j’ai écrit sur lui, et en plus, c’était dur de voyager ainsi dans notre petite voiture, c’était pas des « vacances ». Pour Rafaël et Angèle, ce sont des vacances, c’est du tourisme : ils vont prendre l’avion jusqu’à Zurich, puis vont louer une voiture (une Mercedes ?) pour monter jusqu’à la maison de Friedrich… Pour quel autre intérêt que de se faire plaisir ? Indécence bourgeoise ! Un petit voyage en amoureux pour les vacances scolaires (ils sont profs tous les deux) qui va coûter à Rafaël 4-5 mille balles minimum, et encore une fois conçu pour me copier parce que je l’ai faite avant lui, la visite en Engadine ! C’est de la photocopie d’existence. Si encore, il allait sur les traces de Nietzsche ; non : c’est sur mes traces à moi qui suis allé sur les traces de Nietzsche… Rafaël, qui n’en rapportera rien, n’a eu ni l’idée ni l’élégance de me proposer : « Tiens, comme j’y vais, je vais te prendre un portrait de Nietzsche à 1 500 ou 2000 euros et je vais l’emmener là-haut pour faire des photos avec, sur place ! » Non, il préfère aller nietzschéer en égoïste ! Je deviens secondaire… C’est le crépuscule de l’idole… Je suis désolé, il y a des rapprochements à faire avec Eliès… Ils n’appliquent pas dans leur vie ce qu’ils prétendent avoir compris dans mes écrits. Ils sont bien gentils mais ils n’ont rien dans la nénette, il faut tout leur expliquer… Arrêtez de me copier ! Ne refaites pas en petit ce que je fais de grand ! Rendez-moi la vie plus facile ! Participez à l’œuvre ! Apportez votre pierre à l’édifice plutôt que de tirer, pour vous seuls, les marrons du feu, vos marrons de mon feu ! Troisième et dernier cas pour aujourd’hui, celui de Nicole, une auxiliaire de vie et vieille lectrice collectionneuse depuis des décennies, et que j’avais trouvée un peu ralentie ces derniers temps… Tu m’étonnes ! Je la retrouve un peu gênée elle aussi, parce qu’ils savent bien, tous ces « nabiens » blessants, que c’est mal ce qu’ils ont fait derrière mon dos : l’un qui a financé Pierre Carles pour un doc pro-pal plan-plan ; l’autre qui se barre en vacances chez Nietzsche sans me rétribuer, sous la forme d’un tableau, pour ce qu’il me doit de sa compréhension du philosophe zarathoustrien ; et Nicole, vous allez voir… J’étais étonné que ça fasse deux ans qu’elle ne m’avait pas pris de tableau, ni un seul dessin, même si je sais qu’elle n’a pas beaucoup d’argent… Eh bien, vous savez pourquoi ? Parce que depuis un an et demi, madame donne 300 à 600 € par mois pour Gaza ! 600 € pour Gaza, et vous savez à qui ? À un médecin marron qui est un roublard évidemment, qui lui a fait des WhatsApp de « preuves » du bon acheminement de ses « pépètes » (comme elle dit), en lui montrant qu’il y avait des petites filles dans les décombres derrière lui en train de crever de faim et que lui les soignait grâce à l’argent de ma collectionneuse… En outre, ce docteur maintenant s’est barré de Gaza mais lui demande de continuer à lui envoyer de l’argent parce qu’il veut poursuivre ses études en Irlande (ce qui prouve que déjà sur le terrain de Palestine, il s’en fourrait plein les poches), et c’est à ce moment-là que Nicole a dit stop, qu’elle a compris que c’était une arnaque… « Toutes mes économies y sont passées » ose-t-elle me dire ; un manque à gagner pour moi d’environ 8 000 euros, peut-être plus ! Et elle aussi copie ce que j’ai fait : donner à Gaza de l’argent prélevé sur les gains de mes tableaux sur Gaza ! Et le plus fort de la gaffe, c’est qu’elle l’a fait aussi pour me plaire… Moi, je ne l’ai pas encore donné, cet argent, car je me méfie de toutes les associations qui d’ailleurs me l’ont toutes refusé ; j’attends d’être certain qu’il arrivera à bon port, mon fric pur ! Et là, je le balancerai… En plus, Nicole devait payer une commission à Israël pour que « son » argent passe et atteigne son toubib véreux dans l’enclave !… D’après Alexandra, la raison, ce sont les réseaux sociaux : c’est qu’ils nous voient tous sur TikTok et Instagram : elle, qui dépasse les 2,5 M de vues en pissant contre un arbre ; et moi qui bois une coupe de champ’ tiède au Flore en râlant (274 K vues en 24 h), mais c’est pas parce que vous commencez à faire des vues que vous êtes riches ! Ils croient qu’on est successful, que tout va bien et que finalement on n’a plus besoin d’eux et que je leur donne suffisamment désormais, ils se nourrissent de moi sur mes réseaux, ce qui rend facultatif un contact réel et réaliste avec « leur » Nabe… C’est vrai que les réseaux sociaux offrent une proximité et que des fans de base, pour certains les piliers de ma société, rechignent à donner ou de leur personne ou de leur argent parce qu’ils estiment que je suis sorti d’affaire, que je suis dans le bonheur ! Mais où est le bonheur de me taper une assiette de spaghettis tout seul dans la cuisine le jour de l’an pendant que ma femme fait la gueule dans sa chambre après m’avoir menacé de me poignarder ? C’est moi qui ai transformé ça en quelque chose de « marrant ».

Bref, les clients de mes tableaux s’effritent… Bah, il y en aura d’autres ! Maintenant, je préfère les spontanés et improvisés, par exemple le type qui voulait m’acheter une Thérèse de Lisieux en noir et blanc, et qui s’apprêtait à me faire un virement ; je lui ai dit que je préférais du liquide, alors il a pris sa voiture et il est monté direct de Clermont-Ferrand ; j’ai bu un verre avec lui, il m’a passé l’argent et est reparti avec sa Thérèse… Ou alors celui que j’ai rencontré par hasard sur les quais, et que je voyais pour la première fois, mais qui m’avait acheté un grand Hendrix au fusain, et qui m’a suivi dans ma réserve pour choisir un Artaud (toujours en noir et blanc) en Marat poignardé par sa Charlotte Corday qui ne supportait pas qu’il bouffe en feuj dans sa baignoire son plat de spaghettis (ça me dit quelque chose… ) ; il m’a sorti 1 000 € d’un distributeur avant de retourner en Haute-Loire, enchanté, et moi aussi… Ça, c’est la classe ! Et à côté, vous avez de vieux fans qui, semblant oublier ce que j’écris et ce que je vis, préfèrent verser de l’argent dans des causes parallèles aux miennes, mais en moins bien. Georges Ibrahim Abdallah, la Palestine, Nietzsche n’ont pas besoin de soutiens nabiens, mais de Nabe himself ! Je n’apprécie pas qu’on me vole mes sujets pour se faire plais’ ou en faire profiter des opportunistes bas de gamme… Il y a également le truc de culpabilité/déculpabilisation qui joue : en vérité, ce ne sont pas des acheteurs ; ce sont des racheteurs. En quête de rachat, ils s’achetaient un salut à travers moi et maintenant ils pensent qu’ils vont pouvoir s’en acheter un autre à travers d’autres… C’est un profil de gens qui compensent plus qu’ils ne dépensent. Pour se laver d’être des salariés dans leur milieu, il leur faut presque se débarrasser de leur argent ; avant, c’était pour ma pomme, désormais c’est pour n’importe quel petit pot de compote (à consommer jusqu’à la Saint-Glinglin). Merde ! Je n’aurais pas dû les lâcher d’un fil ! C’est mon exil aussi qui veut ça : je ne peux tout de même pas rester à Paris pour maintenir mes fans à flot afin qu’ils ne se noient pas dans un verre d’eau ! L’argent qu’on ne me donne pas, ou plutôt qu’on donne aux autres alors qu’il m’appartenait, m’appartient toujours et on me le doit. Ceux qui s’estiment lecteurs de Léon Bloy mais qui ne voient pas que ma sainteté ne fait qu’appliquer le précepte « bloyen » qu’a recommandé toute sa vie l’ogre moustachu de Bourg-la-Reine ne devraient plus avoir le droit de le lire, de nous lire… Il y a de quoi se sentir un « Dépossédé » comme a dit de moi David Vesper, non ?

Césars. La particularité de cette année, c’est que tout le monde est persuadé que c’était mieux que les années précédentes… Parce que c’était Jim Carrey l’invité d’honneur, et le maître de cérémonie Benjamin Lavernhe, dont j’aurais aimé ne jamais connaître l’existence tellement il est inexistant lui-même ; je crois même que ses parents étaient inexistants, sans parler de ses grands-parents… C’est comme cela — s’il y avait vraiment eu de l’humour, du rythme, de la fantaisie, de la drôlerie et de la générosité dans ces Césars, comme ils l’ont tous prétendu — qu’il aurait dû se présenter : « Je tiens à remercier mes parents et mes grands-parents sans qui j’aurais pu être quelque chose ! » Mais non, fini de rire… Lavernhe et ses petits copains ne savent absolument pas rythmer un spectacle ; il a dû se marrer intérieurement, Jim Carrey, malgré sa bonne figure affichée, de voir ces frenchiants si nuls. Évidemment, Jim ne peut pas imaginer à quel point ce ramassis d’intermittents rancis, congestionnés, sclérosés et imbuvables est représentatif d’une absence totale en France de sens du show… Pas une tête ne peut être retenue quand ils s’avancent sur la scène, pas une voix dissonante. En outre, comble de la prétention, ces coqs sont idéologisés jusqu’à leur croupion de sots qui lassent lorsqu’ils se mettent en avant pour jouer les gros moralisateurs, se dressant sur leurs ergots d’égo de gogos. Vous vous rendez compte où en est le Cinéma pour être occupé, et depuis un sacré bail ! comme une zone pas libre par ces faux acteurs et réalisateurs, plus insignifiants les uns les autres ? C’est minable : il semble que le seul critère pour faire l’acteur désormais, c’est de s’extasier soi-même sur son manque de charisme. Parce qu’ils ne font que ça, parler, la gorge serrée, de la grandeur de leur métier, de l’abnégation métaphysique de leur sacerdoce de comédiens voués à l’art d’être quelqu’un d’autre que soi, en permanence en équilibre risqué entre le soi et le non-soi, tout en restant dans l’entre-soi, bien sûr ! En plus, ils regorgent de complaisance envers leur subventionite entretenue (maladie dont crève leur cinoche). Lavernhe veut nous faire croire qu’il était vraiment au bord des larmes de nous présenter son idole Carrey alors que toute son émotion est jouée, et très mal ! Benjamin croit rendre « hommage » à Jim Carrey qui aura été le dernier à faire éclater de rire Jerry Lewis peu avant sa mort en lui disant à l’oreille : « Si je suis là, c’est que tu as baisé ma mère ! » (en voilà un, de vrai bel hommage drôle et signifiant sur la filialité non usurpée de Jim vis-à-vis de Jerry), mais les parodies du Mask et d’Ace Ventura par l’interprète de l’abbé Pierre (oui, Lavernhe a joué ça !) ont été piteuses. C’en était gênant : Lavernhe n’a aucun timing aucun humour aucune grâce aucune force aucune intelligence et en plus, aucune couille, car c’est un châtré ! La preuve : après le clip d’hommage nécrologique à Brigitte Bardot, sous forme d’une compil d’images où elle était plus resplendissante et belle que jamais et à jamais, suivi aussitôt des huées des ordures en smoking présentes dans la salle et le cri d’une sale femme (on aurait dit la voix de Corinne Masiero) hurlant : « Raciste ! », le minus Lavernhe n’a même pas eu les roustons, en reprenant la parole, de dire quelque chose en faveur de Brigitte et de fustiger la salope jalouse lâche planquée qui a gueulé dans le noir ; non, il a continué the-show-must-go-onement… Lamentable ! Et voici le grand moment de l’entrée solennelle de l’Adjani, arrivée en grande prêtresse… Elle avait déjà fait le coup il y a 37 ans pour Salman Rushdie, et maintenant c’est pour l’Iran, mais elle est surtout venue aux Césars 2026 pour défendre les femmes iraniennes et a demandé (tenez-vous bien ou plutôt restez assis… ) à ce que tous les hommes se lèvent en soutien aux femmes en général ! Oui, standing ovulation ! On en est là aussi. Liftée à quatre épingles, Isa-ex-belle Adjani, grosse bonbonne snobo-bobo, ferma ensuite les yeux tellement elle était empreinte de sa mission féministe… Les gens ne réalisent pas que ces comédiens jouent tous la comédie, c’est comme les avocats, ils ne sont jamais sincères puisque c’est leur métier de ne pas l’être… On se souvient d’Annie Girardot à la 21e cérémonie, il y a trente ans, se fendant de sa fameuse tirade « bouleversante » (« Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma français, mais snif, etc. ») et qui ce soir-là avait montré, avec tant d’authenticité dans la sanglotance, sa détresse de grande actrice inemployée. Tu parles ! En sortant de là, Girardot a fait un clin d’œil à Claude Lelouch, son ami, en lui disant : « Je les ai bien eus, hein ? » Ça, évidemment, personne ne le sait… En ce soir du 26 février 2026 (jour des 70 ans de Michel Houellebecq et de la condamnation à 2 ans de prison ferme d’Alain Soral, deux comédiens ratés aussi à leur façon), les Césars ont vomi un palmarès qu’il est inutile de commenter puisque les transparents lauréats, venus recevoir, chacun dans leur catégorie, leur étron doré (jamais la statuette ridic de ce mauvais sculpteur de César ne m’était apparue davantage comme un colombin aurifié) ont été oubliés 15 secondes après leur « victoire », comme les petits couplets plaintifs sur l’IA et l’Iran prononcés par plusieurs tartignoles et qui ne méritent pas qu’on s’y attarde plus que pour finir cette phrase. Ce qui est notable, en revanche, c’est que la foule des endives endimanchées, ou plutôt cette fois-là enjeudifiées, dans cette fausse salle de l’Olympia se targuait ostensiblement d’être unanimement contre l’extrême droite, voyant des « fachos » partout, alors qu’ils sont aussi racornis que les réacs puisque comme eux, ils veulent rester dans leur pré carré ou « pré Carrey » (je ne rigole pas : c’était de ce niveau ; vérifiez) pour empêcher de tourner en rond ceux qui chercheraient à les envahir ou à les remplacer ; ce sont les mêmes ! En principe, ces Césars-là auraient dû être tout ce que déteste Pascal Praud, cette pute qui a tellement peur de perdre sa place… Pourquoi alors a-t-il fait dès le lendemain l’apologie inconditionnelle de cette soirée totalement sinistre et idéologiquement de gauche à hurler ? Tout simplement parce que ça se passait à l’Olympia et que c’était diffusé sur Canal +, c’est-à-dire la salle et la chaîne de son patron Bolloré, et que Praud ne peut pas en dire du mal ; bien au contraire : il faut qu’il en fasse le lèche-cul. Oubliée, à ce moment-là, sa nostalgie du cinéma des années 70 ! Par pertes et profits, les acteurs prestigieux et machos d’antan et les actrices bandantes pré-MeToo du Ciné-club d’Antenne 2 ! Le Praud a même osé passer très vite sur l’insulte et les huées contre BB : il a juste dit que c’était « une fausse note » et que « c’était pas adapté »… C’est tout ?

L’opinion mondiale était mûre ! Voilà pourquoi soudainement Netanyahou et Trump ont pu décapiter le gouvernement des mollahs de Téhéran, faisant tomber comme une poire bien avancée la tête d’Ali Khamenei. À force d’appeler les foules à secouer l’arbre de l’Iran-pire-dictature-assassine-sur-terre depuis des mois et des mois, l’arbre Israël s’est trouvé, lui, beaucoup moins secoué, autant dire quasiment plus du tout… Alors que Tsahal avait repris les frappes sur Gaza à peine le traité de paix signé et violé, une diversion généralisée s’est mise en place pour occulter les massacres de ces Palestiniens sunnites clochardisés sans intérêt au profit de ceux des Perses chiites, de ce grand peuple civilisé que sont les Iraniens et surtout les Iraniennes… J’avais déjà commencé, mais on va continuer, à creuser cette question comme une tombe, comme plusieurs tombes : tombe de la République islamique, d’accord, mais aussi tombe du chiisme, tombe du judaïsme… Fossoyons tout ça ! Ça fait longtemps que j’ai compris que ce n’était pas le chiisme qui gênait les Israéliens et les Américains chez les mollahs, parce que la population iranienne qui se révolte contre ce gouvernement est aussi chiite que lui : il n’y a donc rien qui indispose les Juifs dans la religion du Guide suprême et de ses barbus ; c’est juste leur anti-israélisme qui les débecte et qu’ils veulent éliminer.

Ceux qui font leur devoir n’ont rien à craindre.

William Blake

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°60 – 23 fevrier 2026

Mort d’Epstein. Pourtant, ça sent fort le suicide comme l’adjudant Chanal avant son procès pour s’éviter d’avoir à parler et à se justifier au tribunal, et pas l’assassinat commandité par des impliqués tremblants ayant voulu empêcher Epstein de les balancer. Son frère ne croit pas plus au suicide que celui de Hallier à la rupture d’anévrisme de Jean-Edern sur son vélo un dimanche matin de janvier 1997 à Deauville. C’est le frère de Jeffrey qui a délégué Michael Baden, vieux médecin légiste de JFK, constatant « des fractures sur les os du cou qui ne surviennent pas quand quelqu’un se pend, car la corde est en dessous du menton et il n’y a pas de fracture à ce niveau-là. Par contre, si c’est un meurtre par strangulation avec des mains, un lien, une corde ou un drap, comme c’est le cas ici, alors les fractures sont plutôt au milieu du cou, donc ça ressemble plus à un homicide qu’à un suicide… » OK, Baden, mais cette analyse est contestée par d’autres légistes sollicités sur place juste après la mort d’Epstein et qui eux ont conclu à un suicide, bien que les images des caméras de surveillance ont disparu (peut-être n’ont-elles jamais existé), et que les gardiens s’étaient absentés de leur poste : on sait qu’ils étaient occupés à s’acheter des trucs en ligne ou qu’ils dormaient (entre parenthèses, on en a vu d’autres qui dormaient au jardin de Gethsémani alors que leur Rabbi vivait ses derniers moments de Fils de Dieu libre…). Des matons étrangleurs alors ? Peuh ! C’est parce qu’Epstein avait remarqué que leur vigilance s’était relâchée qu’il en a profité pour se suicider. Personne n’aurait pu pénétrer dans sa cellule pour le stranguler à la main ou avec le fameux drap, parlons-en ! C’est justement parce que les draps de sa cellule n’étaient pas assez solides et qu’ils se déchiraient, et que par conséquent, il ne pourrait pas procéder à son auto-strangulation qu’Epstein en a demandé de nouveaux peu avant sa mort… Pour moi, c’est la preuve n° 1 : la commande de draps supplémentaires. Oui, Epstein ne s’est pas « pendu » ; voilà pourquoi on n’a pas retrouvé de traces sous le menton mais au milieu du cou. Au passage, un qui était persuadé également qu’Epstein s’était supprimé, c’est son cher rabatteur français Jean-Luc Brunel puisque lui-même s’est donné la mort en prison, trois ans après : s’il avait cru qu’on avait assassiné son pote, il ne se serait pas flingué ensuite… Les signes qui montrent dans le cas d’Epstein qu’il n’y a pas eu pendaison (pomme d’Adam écrasée) ne signifient pas qu’on l’a assassiné. Il s’est tout bonnement étranglé avec un bout de drap orange, allongé, et en se serrant très fort le kiki, ce qui dénote une certaine force physique et surtout un sacré courage, un peu comme celui qu’il a fallu à Bernard Buffet pour s’asphyxier avec un sac en plastique dans son atelier du Tourtour (Var) début octobre 1999. 

CNews. Qu’est-ce qu’on me dit ? Sonia Mabrouk, enceinte du magistrat Bilger, l’a surpris dans un bureau en train de se faire pomper le nœud par Jean-Marc Morandini, ils ont été virés tous les trois et sont allés se réfugier à la Mamounia de Marrakech où ils ont retrouvé Jack Lang et sa momie ? 

Béatrice Ardisson. Ça commence à se dire que Béatrice finalement n’était pas à l’enterrement de Thierry. Les médias ont tellement affirmé le contraire lors de ses funérailles ridicules à Saint-Roch en juillet 2025, et maintenant ils conviennent du bout des lèvres gercées que la première femme d’Ardisson n’était pas là ; ils mettent ça sur le dos de son cancer : elle était trop malade pour se montrer… C’est surtout qu’elle ne voulait pas cautionner cette mascarade orchestrée par la veuve officielle Audrey Crespo-Mara. En tout cas, Béatrice, elle, est morte à 62 ans sept mois après son mari – parce que c’était quand même resté son mari. C’est pas la Crispante-pas-Marante qui serait crevée moins d’un an après l’amour de sa vie soi-disant. Dans le style investissement minimum, elle s’est fendu d’un simple cœur blanc sous une photo de feu Béatrice Ardisson sur son Insta : bel aveu d’hypocrisie sous prétexte de sobriété… Quel mauvais stratège cet Ardisson ! Si à la soixantaine, il voulait changer de femme, pourquoi ne pas être allé s’en taper plusieurs plus ou moins jeunes plutôt que de se remettre en couple avec une vieille bourgeoise moche de téloche ? C’est le syndrome du parvenu ; comme me le disait Léo Scheer : « Il aura beau faire tous les efforts qu’il voudra, Thierry ne sera jamais un bourgeois… » C’est en quittant Béatrice que son cancer à lui s’est déclenché, et c’est quand Thierry est mort que celui de Béatrice s’est aggravé ; elle aurait pu profiter de ses enfants, de ses petits-enfants mais non, son corps a préféré la faire mourir… Ah, ils n’ont pas l’air con, les deux Ardisson : lui à Ménerbes dans une tombe gothico-craignos loin de Paris, et sa DJ de Béatrice qui sera enterrée je sais pas où… Sur sa tombe, d’ailleurs, moi je propose de ne pas inscrire « RIP Béatrice » mais « REPLAY Béatrice ». 

Quentin. « C’était une personne discrète, très humble, qui portait très profondément les valeurs du catholicisme » a dit un ami à lui, alors que c’était un natio gudard allobroge action française catho tradi, celtique nazillot, et violent lui aussi… Pur hasard que ce coup-ci un faf fut lynché par des antifas d’LFI… Ça aurait été un « islamogauchiste » tué par des lepénistes, ce serait le même discours : « C’était un jeune homme pur et généreux, plein d’humanisme et qui s’est sacrifié courageusement pour ses nobles idées. » Quel que soit leur camp, les militants victimes de la brutalité de leurs adversaires sont considérés immédiatement comme des saints alors que ce sont tous des cons.

Gisèle Pelicot. On lui donne du « Madame » long comme le bras à longueur d’interviews… Enfin, elle se sent « respectée ». Comment les gens parviennent à se retenir de rire en entendant cette vieille bique bourge pomponnée (brushing et teinture auburn, petit col de dentelle, foulard de soie, petit bouledogue « Lancôme »…) chouigner « dignement » sur tous les plateaux de télé, avec sa tête enfarinée comme si elle ne s’était jamais vraiment réveillée de ses séances de baise inconsciente ? Dans le couple Pelicot, il y a quelque chose de clownesque avec elle en clown blanc et son mari en Auguste… Moi, je n’arrive pas à m’empêcher d’exploser de rire quand je vois la septuagénaire au petit cheveu (« seveu »), ou plutôt au poil pubien, celui sans doute qu’un des « salopards » a oublié sur sa langue lorsqu’il se faisait bouffer les couilles pendant qu’elle dormait… La Gisèle est autant soporifique quand elle raconte son histoire que les tisanes augmentées d’un sédatif que son mari s’arrangeait pour lui faire avaler les soirs de viols en réunion… Ou que les bonnes purées que Dominique l’incitait à manger le soir, et qu’il lui préparait après y avoir écrasé auparavant 10 cachets de Temesta et de Zolpidem : une purée de cheval ! La promo du livre de la Pelicot est à dégueuler. Quel narcissisme épouvantable ! Selon elle, la lire est avant tout « une manière d’apprendre à me connaitre », la prétentieuse littéraire n’hésitant pas à qualifier sa daubette de « livre universel ». Et la joie de vivre chez Flammarion, ça s’appelle… Un TGV en pleine figure aurait été mieux comme titre parce que c’est toujours l’expression qu’elle emploie pour exprimer ce qu’elle a ressenti lorsque les flics lui ont montré des photos d’elle endormie et qu’ils lui ont appris que son mari avait lancé un salon sur internet (autant dire un boudoir) pour recruter 50 baiseurs à venir en tapinois chez eux lorsque madame pionçait afin de lui défoncer la chatte, la bouche et l’anus « à l’insu de son plein gré »… 50 nuances de gré !

Ces partouzes sous soumission chimique, c’est du Labiche, Les voyages de Monsieur Pelicot ! car dans sa tête, il a dû en faire du chemin, le Dominique, pour en arriver là… Rien que dans son prénom, il y a tout : Dominique = nique à domicile… Et ce n’est pas seulement du Lacan à la petite semaine : en vérité, je vous le dis : on est dans du Labiche et aussi dans du Feydeau : Le Système Ribadier, vous ne connaissez pas bien sûr (ô Google, vite !)… Labiche, Feydeau mais surtout le marquis de Sade. Pourquoi le marquis de Sade ? Parce que ça se passait à Mazan bien sûr ! Mazan, Mazan… Mais oui ! C’est le deuxième château du Marquis : après Lacoste dans le Vaucluse… Tout proche du mont Ventoux que grimpait Pétrarque à défaut de grimper sa muse Laure de Noves, aïeule de Sade… D’ailleurs, lors de sa fuite en 1775 en Italie, Donatien se faisait appeler le « Comte de Mazan »… Pelicot, lui, se disait le « Loup de Mazan ». Comme Sade qui montait des pièces dans son château, Pelicot dans sa maison mettait en scène un cérémonial précis, toujours le même, où les participants étaient sommés de se déshabiller dès l’entrée et de bien rassembler leurs affaires pliées, de se réchauffer les mains, de ne pas fumer ni avoir mis de parfum avant de débarquer pour peloter et fourrer sa Pelicot dans le silence et l’ordonnance voulus par Dominique pour son dispositif… Étant donné que Gisèle était contre l’échangisme, qu’elle disait niet à la sodomie et à la fellation que lui prisait, le « pervers psychopathe » s’est dit qu’elle s’en taperait désormais, des enculades et des suçages de bites dans son sommeil, la « salope » ! Le candauliste ira même jusqu’à dire à son psychiatre que c’était pour elle qu’il la mettait pendant des heures et trois fois par semaine hors d’état de réagir car, grâce aux médocs amnésiants et décontracteurs de muscles, tout se faisait sans douleur : « J’avais le désir de la voir prise par d’autres hommes et ça me permettait de vivre ce désir sans le lui imposer ». Dominique avait instauré aussi des jours spéciaux pour ceux qu’il appelait « mes blacks, mes arabes » (« parce qu’elle était raciste » et que ça le faisait jouir d’assister aux saillies de sa jument par ses bêtes noires) et même ses « homos » puisqu’un de ses péchés mignons, c’était de forcer un pédé à baiser sa femme, et ça lui arrivait aussi de sucer un mec pendant que celui-ci doigtait sa femme ou bien de se faire lécher l’anus pendant qu’il prenait Gisèle avec un autre… Il était comme ça, Dominique Pelicot ! Question : son bouledogue, à Gisèle, certains de ses violeurs se le tapaient-ils aussi, en apéro ? En outre, pour trouver de bonnes excuses d’avoir ensuqué sa femme et de la filmer, Pelicot disait à ses hôtes amants (je repense à cette chanson merveilleuse de Bernard Dimey Les Amants de ma femme) qu’elle était consentante, que c’était un jeu sexuel entre eux : elle se faisait vidéosauter, inerte, en gang bang pour que le lendemain ils visionnent ensemble les images, se branlent et baisent à deux… « C’est notre délire ! » Imparable et déculpabilisant pour ces « hommes ordinaires » (menuisier, informaticien, journaliste, chômeur, plombier, chauffeur routier…) et pour la plupart jeunes, qui l’ont cru sur parole… Dominique les a transformés en sex-toys charnels, leur donnant tous les droits de pénétrer sa femme cadavérisée par tous les trous, dont ceux de mémoire dont elle se plaignait le lendemain, sans creuser plus loin, et que les chibrés avaient été invités la veille à combler (sans préservatif bien entendu)… Bien foutu, le système Pelicot ! Gisèle s’est fait niquer ainsi 300 fois : aujourd’hui, il n’y a aucun problème pour elle, et les autres sont en taule… Mais c’est pas du viol, ça ! Les types étaient persuadés que c’était une fantaisie porno entre deux vieux boomers crades. Voilà pourquoi ils acceptaient. Et évidemment, c’étaient des gros cons, des beaufs, des camionneurs qui de toute façon sont prêts à bourrer n’importe quoi, et il jouait sur ça, le Pelicot, fin psychologue !

Dominique Pelicot était un père et un mari insoupçonnable tellement il était gentil… Gisèle a avoué n’avoir jamais été « sous emprise » pendant 50 ans de vie commune. Elle a déclaré qu’elle avait toujours été heureuse et épanouie avec ce type-là sauf qu’elle l’a trompé (« un coup de canif dans le contrat » dit-elle) et elle s’étonne après que Dominique ait organisé une vengeance inspirée par les ondes sadiennes du château de Mazan. Être trompé, évidemment ça a détruit Monsieur Pelicot (elle s’est fait dépuceler par lui, et inversement, mais elle appelle désormais son mari « Monsieur Pelicot » pour créer une « distance »). Les femmes ignorent (comme mille autres choses qui leur passent par-dessus leur tête vide) à quel point les hommes peuvent être annihilés par la tromperie d’une femme, alors que le contraire (aller baiser une autre femme que la sienne) est considéré comme le plus grand crime qu’un être humain puisse commettre vis-à-vis d’un autre ! Pour Dominique, ç’a été de l’ordre d’être chassé du paradis (la Chatte), et il fallait qu’il trouve une vengeance symétrique. « J’ai soumis une femme insoumise » (dixit Dom). Et attention, l’adultère de Gisèle n’est pas plus anodin que le passé familial, plein d’incestes et de coups, vécu par son mari. Parce que Gisèle n’a pas couché vite-fait avec un autre homme, Didier, elle a voulu partir avec lui et quitter Dominique, et ça a duré trois ans !… Pas très surprenant que son époux trahi, en souffrance sadique, se soit adonné à partir de là à ses pratiques sournoises de gros porc.

Devant les photos que lui montrent les enquêquetteurs où on la voit dans les bras de Morphée et dans les bras des morfales, Madame Gisèle ne se reconnaît pas : elle ne veut pas admettre que c’est bien elle qui est là, abusée par les partouzeurs. Elle se décrit comme « une poupée de chiffon », ce qui rappelle la poupée grossière et ridicule que Kokoschka avait fait fabriquer à l’effigie ratée de sa maîtresse Alma Mahler quand elle l’avait quitté, et qu’il transportait partout dans les endroits où ils avaient été heureux ensemble (j’y reviendrai dans Patience 5). « C’est pas moi ! » clame Gisèle. Pourtant, il y a des gros plans sur la main de Dominique ornée de l’alliance de leur mariage qui est en train de guider la bite d’un mec dans la pachole molle de son épouse inanimée… La sédatée, baisée sans le savoir, et oubliant tout de ses débuts de soirée, croyait à juste titre qu’elle avait la maladie d’Alzheimer, mais de là à ne remarquer aucune vibration post-coïtale dans son bas ventre, il y a un monde !… De l’avis de ma femme qui, 24h après une baise avec moi, ressent encore dans sa chatte ma pénétration (voilà une belle chanson pour Michel Berger et France Gall : Ma pénétration), Madame Pelicot se fout de la gueule de toutes les femmes en prétendant qu’elle n’a jamais rien senti au niveau de son vagin violé suite à ses démontages fantomatiques. Alexandra a 40 balais, pas 60, et ça lui fait encore un peu mal au lendemain d’un soir de niquage nabien. « Que la Pelicot arrête son cinéma ! » Qu’elle ne se soit aperçue de rien pendant toutes ces années auprès de son mari-menteur dénote avant tout un énorme égoïsme. Gisèle ou Les Infortunes de l’indifférence. Comment ne s’est-elle pas rendu compte de la double personnalité, comme elle dit : « la face B » de son « Doumé » ? Comment passer à côté d’un type qui lui avait raconté sa jeunesse sexuellement tourmentée et qui a fini par se faire choper dans un Leclerc de Carpentras en train de photographier sous les jupes des clientes, à l’âge de 68 ans… Encore une pièce de Feydeau, mais celle-là, il faut lui retravailler le titre : Pas de puce à l’oreille.

En plus, Madame a refait sa vie depuis le procès. Et grâce à qui ? Mais grâce à Dominique Pelicot encore, et à sa starisation à elle, à son iconolâtrie dans laquelle tant de femmes paumées se reconnaissent. Comment accepte-t-elle, la Gynécot, pardon la Pelicot, de servir de figure de prout pour toutes les pouffiasses vieillissantes qui ont des comptes à régler avec la quiquasse de leur mâle dont elles rongeaient le frein pendant des décennies d’acceptation de tous les caprices de monsieur, avant de cracher le morceau, le morceau de pomme bien sûr qu’Eve Adam (pas Kev Adams) n’a pas réussi à avaler avant de se faire jarter de l’Éden avec son pauvre premier homme cocufié par un serpent… Gisèle a retrouvé l’amour à 73 ans avec « Jean-Loup », et l’autre il est en prison pour 20 ans, traité comme la dernière des ordures, ses enfants ne veulent plus parler à leur père, bravo, faites des enfants, pour que, lorsqu’ils apprennent que vous avez baisé leur mère de la façon que vous estimiez devoir le faire, ils vous répudient ! Sa fille, ses fils, tous font comme si Dominique était mort : ils en parlent au passé, tout ça parce qu’il est mort dans leur cœur, leur petit cœur pourri comme un porte-monnaie où ils ont mis toutes leurs pièces jaunes, leurs misérables deniers, comme dans la bourse de Judas, qu’ils ont gagnés en vendant Ecce Papa aux Romains féministes, deniers de la célébrité pour le lâcher, le jeter en hallali à la meute… Haro sur le coupable ! Un bouc émissaire n’est pas coupable, même s’il finit par le devenir, mais un coupable peut être un coupable émissaire et payer pour tous les hommes. C’est ce qui est arrivé. Elles n’ont pas honte, ces gerces, de considérer leur père et leur mari comme mort alors qu’il est vivant ? Elles ont la chance d’avoir un père et un mari qui n’est pas dans la tombe, donc tout espoir est permis, toute vie existe encore et toujours, il n’est pas rayé de la surface de la Terre, connasses, alors allez le voir en prison ou soutenez-le, et pas pour votre gueule, pas pour aller mieux vous-même et surtout, ne me ramenez pas la question catholique dont vous devez être empreintes, parce que s’il y a bien quelque chose que vous ne connaissez pas, c’est le pardon, espèce de putes !

Il existe en moi de l’amour comme vous n’en avez jamais vu. Il existe en moi une telle rage qu’elle ne devrait jamais se manifester.

Mary Shelley

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°59 – 16 fevrier 2026

L’affaire Epstein est une machine à fantasmes. Même quand les autres 3 millions de documents sur les 6 seront déclassifiés aussi, on s’apercevra qu’on est loin de ce que les faux prudes et les vrais envieux ont imaginé, car la plupart de ceux qui s’offusquent des saloperies qu’a faites ou aurait pu faire Epstein sont à l’évidence des vicelards rentrés, des pervers par procuration, des bien gentils en surface sous laquelle des myriades de désirs inavoués grouillent… Pour l’instant, on attend toujours les images des sacrifices d’enfants et les petites filles crucifiées sur des autels à la gloire du Malin, et les ados nus à quatre pattes en train de manger de la merde comme dans le film de Pasolini… Oui, Epstein était un héros de romans de Sade, au pire un des notables qu’on peut voir dans Salo. Mais d’abord, une fois qu’on a dit ça, on n’a rien dit ; ensuite, comment s’étonner ? Il faut tenir l’Élite en haute estime pour avoir cru qu’il ne se passait rien dans le dos du bon peuple qui ne se gênerait pas lui non plus, s’il en avait les moyens, pour se jeter à corps pourri perdu dans des partouzeries avec des gamines de 13 à 21 ans, et pour se taper de jeunes mannequins paumés comme celles qui venaient d’elles-mêmes chez Epstein se jeter dans la gueule du loup riche ! Ce « bon peuple » n’est qu’un ramassis de pauvres connards de gilets jaunes, tellement prolos, ploucs, CGTistes qu’ils sont ébahis par un homme d’affaires, héros moral à l’envers, mû par sa pulsion de fric et de baise ! Ce sont ces minables impressionnés qui en font le chef d’un complot mondial en cheville avec les « grands de ce monde » alors que ceux-ci n’en sont que les nains…

Ça veut dire quoi, « les complotistes avaient raison » ? Parce qu’ils croient que les élites sont corrompues et qu’elles s’amusent à mettre des nymphettes en cage, organiser des cérémonies gothico-kubrickiennes pour des plans cul à 120 avec rituels sacrificiels, ou bien, pour changer, chasser le nègre dans la forêt le dimanche matin et autres menus plaisirs, tout en tirant toutes les ficelles à tous les moments, en exerçant une puissance dingue de nuisance sur la Terre entière et peut-être même sur les autres planètes ?… C’est ça ? Eh bien non, les conspis, une nouvelle fois, n’ont pas raison. À les en croire, Epstein c’était Gilles de Rais, Juif de Rais ! « Epstine », pardon… Ceux qui le prononcent comme ça, c’est pour ne pas avoir l’air antisémite, et les autres, c’est pour ne pas avoir l’air trop juif. C’est pareil ! Considérer les Juifs comme une secte de richissimes salauds porcins qui niquent des mineures et qui exploitent les pauvres non-Juifs, c’est ne rien connaître aux Juifs ! Les Juifs sont bien pires que ça ! L’ignorance historique et religieuse en matière de judaïsme fait que même avec une affaire comme celle d’Epstein, beaucoup passent à côté de la spécificité judaïque, à laquelle d’ailleurs Hitler avait répondu par une autre spécificité, sa fameuse contre-attaque exterminatrice. Pendant que les cons de Beurs ou de pro-Pals, en France ou ailleurs, se focalisent sur la clique d’Epstein, imaginant qu’elle pratique des démembrements de gosses sur des yachts après les avoir baisés, d’autres gosses (gazaouis) se retrouvent tous les jours réellement en charpie sous les shrapnells de Netanyahou.

Epstein n’était pas seulement un financier souleveur de fonds, jonglant avec les commissions. C’était surtout un réseauteur. Jeffrey faisait exactement ce que tout influenceur rêve de faire, c’est-à-dire développer un réseau exponentiel par matraquages incessants de mails afin de toucher le maximum de monde dans tous les domaines (finance, show-biz, art, journalisme, université, science… ) et pour que le plus possible soit informé, c’était tout à fait intelligent. Epstein était un maître qui nous enseigne comment utiliser le principe de relance à grande échelle et à niveau mondial. Il réduisait les « degrés de séparation » entre les individus en demandant à chacun des contactés d’établir de nouveaux liens, de poster des messages à des gens qu’il ne connaissait pas, pour accroître le nombre de relations, non seulement les siennes mais celles de personnes qui ne seraient jamais entrées en contact sans lui. Élargir le monde, n’est-ce pas ce que préconisait Ramuz ? Même les accusateurs du multimillionnaire multivitaminé de Palm Beach jugent le protocole « très astucieux ». Toute la journée, Epstein plongeait dans son carnet noir d’adresses (et carnet d’adresses noires) pour établir des branchements, pouvant aller jusqu’aux courts-circuits relationnels. Epstein, à lui tout seul, était un vrai standard central comme celui vers quoi tendait Jean-Jacques Schuhl… Voici l’explication des connexions epsteiniennes qui font que ceux qui sont cités se retrouvent plus tard, à cause de la parano collective, complices potentiels des crimes ou des magouilles commis par Epstein himself. Il y a un côté programmatique. Voilà pourquoi il y a une équivalence à faire entre les « Carnets noirs » d’Epstein et les « Cahiers noirs » d’Heidegger : ce sont deux bombes à retardement : les types sont morts et ils foutent le bordel et détruisent des réputations… Dans le premier cas, celle des richards délurés qui avaient un goût pour la viande fraîche et dans l’autre celle des professeurs heideggeriens pas assez aguerris qui cherchaient à enfouir dans le sable de leur charabia le nazisme pourtant patent du petit roublard de la Forêt-Noire… « C’est une bombe à fragmentation narrative » ai-je entendu préciser, au sujet du système Epstein, un analyste un peu moins stupidos que les autres. En effet, ça « crée des histoires », à tous les sens du terme : celui qui a reçu un mail pour aller boire un café, même s’il n’y va pas, est soupçonné d’avoir eu un rapport avec celui qui lui avait envoyé l’invitation de la part d’un autre encore qui connaissait quelqu’un à qui Epstein avait posé un jour une simple question. Ainsi, plusieurs grappes d’inconnus d’Epstein, et aussi inconnus entre eux, sont embarquées dans l’aventure sans l’avoir voulu, et sans le savoir ! Ils se piègent dans un système pervers de « relations » virtuelles démoniaques. Seuls les Nazis avaient été aussi ingénieux. C’est ça qui est intéressant chez Epstein : sa technique, pas pour partouzer de jeunes meufs (quoique moi, ça m’intéresse aussi !) mais pour tisser une toile, ça fait même de beaux tableaux… Scrollez les Epstein files, et tous ces petits rectangles noirs de caviardage flottant dans l’espace de votre écran parsemant les listes, ça ne vous rappelle rien ?… Vous obtenez des Malevitch suprématistes !

En collant exprès des photos de peoples à côté de posters de filles nues dans son appartement de 857 m² avenue Foch, Epstein constituait à la vue de tous une sorte de patchwork de people mouillés par leur image accolée à celles de demi-putes en rut, créant ainsi des montages suggestifs… Ça devait certainement le faire marrer. On se demande pourquoi on se demande pour qui Epstein travaillait… Pour qui tous ces renseignements ? Pour Poutine ? Pour le Mossad ? Mais non. Il travaillait pour lui ! Toutes ces juxtapositions de clichés divers et d’informations n’apportent pas les preuves de quelque intention criminelle d’organiser des trafics d’êtres humains en prostituant ceux-ci à des blindés mondains que ce soit… C’est un peu comme dans son hôtel particulier new-yorkais, sauf qu’il y avait là-bas des caméras en plus, car monsieur adorait filmer tout le temps tout le monde pour stocker des archives au cas où il aurait des problèmes. Il a eu des problèmes et n’a pas eu le temps de sortir tous ces documents pour faire chuter avec lui dans l’abîme de l’enfer ses complices plus ou moins involontaires, qui étaient légion, légion d’anges rebelles à Dieu. Car tout est une question d’anges, de chute, d’enfer et de Dieu dans cette histoire… Pour bien le comprendre, il faut avoir vu l’interview qu’Epstein a donnée 3 mois avant son arrestation en 2019 à un des conseillers stratégiques de Donald Trump, Steve Bannon. Hyper conservateur pro-Le Pen, fan de Jean Raspail, ce catho irlandais a donc interviewé Jeffrey Epstein pendant 15 heures pour un documentaire. 

Les deux heures mises en ligne sur YouTube depuis le déclenchement de l’affaire ont fait en 3 jours 464 vues avec 3 commentaires, et sur un autre compte 21 K avec 76 coms (un peu mieux mais ça pisse pas loin), alors qu’elle est absolument capitale, cette interview : ça en dit long sur la vantardise des conspis qui se glorifient de faire des centaines de milliers de vues qui prouveraient qu’ils avaient vues justes… D’ailleurs, les médias officiels non plus n’ont pas su capter l’intérêt qu’avait ce dialogue, l’apothéose étant, comme son nom l’indique, à la fin, dans les dernières minutes.
BANNON : Qui êtes-vous, un prédateur sexuel de catégorie 3 ?
EPSTEIN : Niveau 1.
BANNON : Le niveau 1, c’est le plus élevé et le pire ?
EPSTEIN : Non, je suis au plus bas.
BANNON : Vous êtes au plus bas. Niveau 1, vous êtes au plus bas. Mais un criminel.
EPSTEIN : Oui.
BANNON : Vous pensez être le diable en personne ?
EPSTEIN : Non, mais j’ai un bon miroir.
BANNON : C’est une question sérieuse.
EPSTEIN : Je suis désolé.
BANNON : Vous pensez être le diable en personne ?
EPSTEIN : Je ne sais pas. Pourquoi dites-vous cela ?
BANNON : Parce que vous avez toutes les qualités. Vous êtes incroyablement intelligent. N’oubliez pas, le diable est celui qui sait…
EPSTEIN : Le diable est quoi ?
BANNON : Le diable est brillant. Vous avez lu Milton, vous avez lu Le Paradis perdu de Milton…
EPSTEIN : Non, le diable me fait peur.
BANNON : Satan est le premier ou le deuxième archange. Et s’il descend en enfer et mène la rébellion, c’est parce qu’il ne peut pas être le chef. Son principe, c’est : « Je préfère régner en enfer que servir au paradis. »
EPSTEIN : J’ai vu ça une fois dans un film intitulé American Dharma. Je ne me souviens plus qui disait ça… Allez, il faut qu’on y aille !
Et Ep’ éclate de rire en se levant de sa chaise… Pourquoi est-il si rigolard pour boucler l’entretien ? Parce qu’il vient de mettre mal à l’aise Bannon qui croyait le piéger en faisant un documentaire contre lui, alors qu’on lui en avait consacré un d’hostile sur ses agissements d’extrémiste de droite, et que dans ce doc, American Dharma, on le qualifiait, lui, Bannon, de « diable » ! Trop fort, l’Epstein ! En effet, dans American Dharma, le réalisateur Errol Morris joue son Bannon en demandant à celui-ci : « Je lisais des passages sur Lucifer dans Le Paradis perdu de Milton. Et je dois dire que Lucifer m’a paru avoir des traits similaires à ceux de Bannon. » Steve Bannon éclate de rire (à son tour) et dit que le diable lui semble « le personnage le plus intéressant du Paradis perdu ». Et Bannon de déjà citer Satan : « Plutôt régner en enfer que servir au paradis. J’adore cette phrase. Je l’utilise tout le temps ! Il y a beaucoup de vrai là-dedans… »

Bannon, Epstein… On a là deux beaux spécimens de diables qui se taquinent ensemble. C’est encore une des bévues du catholicisme des néo-chrétiens, soi-disant admirateurs de Bernanos, les débiles d’extrême droite de CNews à la Charlotte d’Ornellas ou à la Richard Millet qui voient le Mal partout, comme une sorte d’entité qui plane et souvent prend la forme des islamistes, et qu’il faudrait éradiquer de la société occidentale pure et innocente à la base… Quelle petite vision ! Le mal n’est le mal que lorsqu’il est incarné et grâce —  je dis bien « grâce » — à Epstein, on en a une conception plus claire et limpide : comme il s’est métamorphosé en serpent dans l’Éden, le diable se transforme en certains individus à des époques données ; et là, en effet, Bannon, même si ça lui est revenu en boomerang, avait raison de faire cette allusion cruciale au diable de Milton, qui lui rappelait furieusement la figure diabolique d’Epstein. Mais un Juif (Epstein) désigné par un catholique (Bannon) comme étant le diable ne peut pas l’assumer, et pas par morale, non : par humilité coupable… Eh oui, les gars, Epstein ne se sent pas à la hauteur du diable, bien qu’il en ait les attributs, dixit Bannon. Très bien vu : il suffit d’ouvrir Le Paradis perdu qu’Epstein est censé avoir lu pour découvrir que Satan, recréé par le grand poète épique Milton à la fin du dix-septième siècle, a trouvé l’une de ses copies les plus conformes au début de ce vingt-et-unième. 

Quand Steve Bannon « complimente » Epstein en le comparant au diable made in Milton, c’est-à-dire un Satan homme de la Renaissance, beau, intelligent, fier, énergique, inventif, éloquent, entreprenant, indomptable, indépendant, chef de guerre, respecté, admiré pour sa force et à la fois dévoré d’orgueil, ambitieux, défiant Dieu, cherchant à le vaincre, rebelle malfaisant, jaloux du Christ, vénérant l’impureté, souillant l’innocence, rancunier, querelleur, résolu, menteur et d’une grande personnalité, presqu’héroïque, comment des milliers de personnes enmailées par Epstein n’auraient-elles pas succombé sous son charme ?

Ô Milton, le Homère des Puritains ! Révélé, resurgi du fin fond de l’histoire littéraire grâce à Bannon et Epstein ; je ne les en remercierai jamais assez car Milton est une figure essentielle de la littérature hautement protestante… Le Paradis perdu (1667) a été tiré à 1 500 exemplaires. Milton en a vendu 1 300 en 2 ans… Les trois premiers chants se passent en enfer puis les 4 et 5 au Paradis… Encore un qui réhabilite le puritanisme, et bien avant Hawthorne : ça casse l’idée du cliché des puritains pudibonds, étriqués, square, car Le Paradis perdu est une œuvre baroque et excessive, démesurée, profondément anticonventionnelle, tout en étant très morale par le réalisme qu’elle convoque pour donner une nouvelle épaisseur à la charnalité de Dieu. C’est l’apothéose du puritanisme au XVIIe siècle : ceux qui ne connaissent rien aux puritains seront bien obligés d’admettre que Milton était tout sauf un coincé du cul. Il s’est marié trois fois et quasiment uniquement pour baiser. Il adorait les femmes, sa première avait 17 ans alors qu’il en avait 36. Epsteinnerie de bon aloi, et bien pardonnable ! Rien ne mettait plus en colère Milton que l’incitation à la chasteté. Les doctrines, très peu pour lui : la trinité, le baptême, l’immortalité de l’âme, au panier… Il a écrit beaucoup de libelles qui le faisaient considérer par le clergé ulcéré de son temps comme un « pamphlétaire puritain ». Voilà un vrai dissident, comme Calvin dans un autre genre, il rejetait l’Église, l’État, et les anglicans encore plus que les catholiques. À la fin, vieux et aveugle, Milton emmerdait tout le monde pour qu’on l’aide sur les corrections de son Paradis qu’il a entièrement dicté de tête, de mémoire, de vision ! Cinq ans de travail. Milton a mélangé l’Ancien Testament avec la mythologie grecque. Qui l’avait fait avant lui (à part Dante, bien sûr), et surtout qui va le faire après ? Moi, sans doute. 

Qui d’autre que Milton a rajouté des épisodes à la Bible, jusqu’à faire intervenir Satan dès la Genèse ? Qui a fait de Lucifer à la fois un « Léviathan » du Livre de Job et un titan de chez Hésiode ? Qui a trouvé que la rébellion de Satan, ex-ange vis-à-vis de Dieu, relevait de la jalousie que celui-là et sa cohorte d’anges déchus éprouvaient envers le Christ, ce second fils de Dieu qu’évidemment Dieu a préféré à son ange satanique, ce qui a entraîné un tiers des Anges déchus à se battre avec Satan contre le Père pour Le chasser de son trône ?  Finalement, c’est la révolte d’un premier fils contre un frère apparu plus tard, alors qu’à la base il était le seul (« au commencement était le fils ») dans le cœur de Dieu-Jéhovah. Encore une victoire moderne sur Freud-la-salope, et avec deux siècles d’avance : la volonté de tuer le père est engendrée par la jalousie du fils n° 1 à l’encontre du n° 2. Et c’est parce que Satan refuse de se soumettre à l’amour paternel pour ce second fils que Lucifer-Epstein a changé de camp (le Mal), d’où sa chute sur terre puis en enfer…

Il souleva au Ciel une guerre impie et un combat orgueilleux en une vaine tentative. Le Tout-Puissant le jeta, flamboyant, la tête en bas, du firmament éthéré, ruine hideuse et brûlante jusque dans la perdition sans fond, pour y rester chargé de chaînes de diamant, dans le feu qui punit.

John Milton 

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°58 – 9 fevrier 2026

Au moment où j’apprends qu’une prof d’arts plastiques s’est fait poignarder par un élève de 14 ans parce que celui-ci n’a pas apprécié qu’elle ait rédigé plusieurs rapports contre lui, dénonçant son comportement en classe, j’étais en train de réattaquer la trilogie de Jacques Vingtras ! dont la dédicace du premier volet L’Enfant (1879) est la suivante : « À TOUS CEUX qui crevèrent d’ennui au collège ou qu’on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents je dédie ce livre. JULES VALLÈS. »

 Je n’ai jamais mangé une clémentine sans pépins en 67 ans d’existence… À quoi ça a servi de vivre ?

Il y a des lois chez les haters des RS… Avant toute chose, éteindre en soi tout humour, toute curiosité ; ne rien savoir ; ne faire aucun effort ; gober tous les bobards ; insulter d’abord, ricaner ensuite ; affirmer sans vérifier, même un minimum. Et dès que ça sent le vrai, effacer ses messages, et s’enfuir.

Elle est éternelle et elle se fait du souci pour son avenir !

Attention avec les réseaux sociaux, parce que si on les écoutait, c’est toute la journée qu’on posterait. C’est la fameuse tirade de Céline : « C’est un peu la chansonnette : “Donne-nous-en, encore une ! J’en veux une, j’en veux une bonne”. » Non, bien sûr que non : il ne faut tweeter, poster, publier que si ça dit quelque chose et, de préférence, que ça se raccroche à vos précédents fils et se raccorde à vos thématiques habituelles. À ces seules conditions, l’écriture sur ces nouveaux supports s’intègre à l’œuvre.

Les commentateurs FB, X, Insta, Thread, etc. sont d’un conformisme datant de plusieurs siècles et plus ils sont jeunes, plus ils sont conformes aux vieux dont on se moquait à mon époque (c’est-à-dire en 1970) : les réacs conventionnels moralisateurs bourgeois dans l’âme, perclus de bien-pensance et de soumission à l’opinion publique, façonnés dans une étroitesse d’esprit méprisable, et bien dans les clous et bien dans les cases…. C’est exactement ce modèle qui s’est perpétué malgré toutes les évolutions sociétales et de mœurs qui ont déferlé sur le monde depuis des décennies… Elle a de beaux jours devant elle, la Connerie, et a trouvé son parfait canal d’expression dans les réseaux sociaux, véritables viviers renouvelés en permanence d’anonymes et de lâches donneurs de leçons au nom de la Morale, du Respect, des petites idées qu’ils se font de la vie et que leur ont inculquées leurs connards de parents, leurs amis, leurs professeurs, leurs femmes…

C’est ça, les commentateurs : dès qu’ils ont fait leur crotte, ils s’en vont en courant. Ils ne connaissent pas l’admiration ; pour eux c’est du suçage. Dans les commentaires, les types parlent toujours de leur relation au sujet qu’on propose, mais jamais de ce que le posteur dit de ce sujet. Ils estiment qu’eux aussi ont des choses à en dire. Et en mieux !

« On ne peut pas être et tant avoir tété » comme disait Heidegger quand il était bébé.

La mort de Saïf al-Islam Kadhafi ce mardi 3 février, fils de Mouammar assassiné en 2011, est évidemment l’objet de toutes les spéculations conspies : ça tombe trop bien puisque Saïf a été le premier à révéler le financement par son père de la campagne électorale de Sarkozy de 2007. Seulement, les neuneus du complot sont assez bêtes pour ne pas comprendre que Sarkozy n’a pas pu organiser de France un commando d’exécution de Kadhafi Junior sur son fauteuil de jardin dans sa résidence à Zintan pour l’empêcher de reparler du pacte de corruption que l’ancien président français a passé avec le dictateur de Tripoli… C’est évidemment un règlement de comptes inter-libyen par des milices qui ne voulaient surtout pas que Saïf reprenne du poil de cette bête qu’était son papa et qu’il ait une seule chance d’être élu à la tête de la Libye. En revanche, ce qui est légitime et pas moins dégueulasse comme question à se poser, c’est : quelle marque de champagne les trois brutes « républicaines » Sarko, Brice Hortefeux (pigeon bagué de son bracelet) et Claude Guéant (malade du cœur lourd) ont-elles sabrée en apprenant la nouvelle ? Du Ruinart ? De la Veuve Clicquot ou du Dom Pérignon ?… Tout le reste n’est que bulles.

Qu’est-ce que vous regardez en premier chez une femme ?
— Son cameltoe.
Et si elle n’en a pas ?
— Le bout de ses tétons durcis qui pointent à travers son pull, ou mieux, son tee-shirt.

Le pervers narcissique. Mais c’est justement ça qui attire les femmes ! Comme si les femmes n’étaient ni perverses ni narcissiques ! C’est le genre d’homme préféré des femmes. Pourquoi ? Parce que c’est leur modèle ! « Le pervers narcissique coupe sa femme de son environnement » ? Mais c’est ce qu’elles veulent fondamentalement : qu’est-ce que les femmes en ont à foutre, de leur « environnement » ? « Quelqu’un qui cherche à la dévaloriser » ? Elles ne font que ça toute la journée, se dévaloriser elles-mêmes, c’est là qu’elles trouvent leur kif profond (et plus la femme est belle, plus elle se dévalorise). « Le pervers ne pense qu’à lui, ne ressent rien ; rien n’existe en dehors de lui » ? C’est exactement ce que les femmes sont et cachent (mal), alors que le pervers, lui, l’affiche. Et surtout, le pervers narcissique est quelqu’un qui possède la grande qualité secrète dont la femme aimerait tellement être pourvue, c’est-à-dire : être débarrassée de la fameuse empathie, au lieu de continuer d’y patauger et de s’empêtrer dans le pathos qui va avec. Bref, le pervers narcissique renvoie à la femme le miroir de ce dont elle rêve (ou plutôt de ce dont elle rêvasse), de ce qu’elle voudrait être mais que, manquant de couilles, elle n’ose pas devenir parce que les impératifs patriarcaux, dit-elle, l’empêchent de s’exhiber (la femme étant avant tout une exhibitionniste) dans ce sens et au grand jour.

Le Grand Rantanplacement. Je sais, j’abuse métaphoriquement en ce moment de ce personnage de chien stupide dans Lucky Luke, mais je n’y peux rien. Il colle trop bien aux imbéciles qui soudain s’intéressent à la fois à l’Iran et à la thèse de ce pauvre Renaud Camus qui bénéficie d’un regain de respect notable… « Notable », c’est le mot, quand on voit la considération nouvelle dans laquelle on tient le beauf châtelain Camus, avec sa barbe à la Victor Hugo : on le consulte comme un sage, la Bécassine Bastié le bade, Finkielkraut le place très haut dans la pensée et la littérature (sic x 2)… Bientôt, la couverture du Figaro Magazine ?… On finira par lui donner la Légion d’honneur, à Renaud Camus !… On oublie complètement son affaire d’antisémitisme de 2000 parce que cette « infamie » a été remplacée, si j’ose dire, par son racisme anti-immigrés qui, lui, fait l’unanimité… Trouver qu’il y avait trop de Juifs à France Culture, c’est de la gnognote de fiotte à côté du fait de trouver qu’il y a trop d’Arabes dans la France et sa culture… Le grand pardon est en route, et grâce au grand remplacement. Le racisme des Blancs contre leurs anciens colonisés, ça lave Camus de son antisémitisme, surtout que celui-ci est accompagné d’un sionisme pur et dur… Rien n’a changé, c’est pour ça qu’on ne peut pas parler du tout de « grand remplacement » de la civilisation blanche par l’arabe et la noire. Dernier exemple en date : à 8 h du matin, le type chargé de l’entretien de l’immeuble où j’habite à Paris passe l’aspirateur dans l’escalier en cognant contre toutes les portes et en nous réveillant. C’est un Noir, évidemment. Le grand remplacement, ça serait que ce soit son patron qui soit noir et que le type qui passe l’aspirateur soit un Blanc ; là on pourrait parler éventuellement de « grand remplacement », mais pour l’instant, le patron blanc lui a dit : « Bah, tu le passes à n’importe quelle heure, l’aspirateur, quand ça t’arrange ! » Comme ça, le boss peut cacher son racisme intrinsèque d’esclavagiseur de Nègres, et en face, le nettoyeur exploité peut s’autoriser à faire n’importe quoi et penser qu’il est « libre » parce qu’il peut faire chier les sales Blancs qui osent ne pas se lever tôt pour aller travailler en tant que salariés comme lui… La seule chose que les Noirs ont gagnée depuis la décolonisation, c’est la permission de l’arrogance. Quand Alexandra, furieuse, se lève, ouvre la porte et dit au type : « Mais, putain, pourquoi vous passez l’aspirateur à cette heure ? », il lui répond « pourquoi pas ? » et enchaîne : « D’abord, c’est pas 7 h, vous n’avez pas de montre ? », avant de continuer son petit boulot de merde (comme tous les autres boulots d’ailleurs) dans lequel il ne se sent plus esclave alors qu’évidemment il l’est toujours, puisque c’est quand même lui qui passe l’aspirateur, exactement comme son ancêtre éventait avec une grande palme le colon en casque couleur beurre frais lorsqu’il faisait trop chaud en Afrique.

Epstein files. Donald Trump, Bill Gates, Elon Musk, Mick Jagger, Naomi Campbell, Dustin Hoffman, mais aussi Bruno Le Maire, la future reine de Norvège, Dieudonné, Mélenchon, Moscovici, Michel Hazanavicius, Céline Dion, Jack Lang sont présents dans le mailing du Multimillionnaire américain « pédocriminel » mort en prison Jeffrey Epstein, qu’on découvre aujourd’hui. Demain, ce sera Chantal Goya, Popeck, Jacques Vendroux, Philippe Bilger, Jean-Michel Aphatie, Clara Morgane, Karine Viard, Vincent Macaigne, Tex, Éric Judor, Gilbert Montagné, Line Renaud, José Garcia, Léon XIV et personne ne sera ni plus étonné ni surtout ne rigolera davantage. Pourtant, il y aura de quoi !

Rien que cette liste d’« impliqués » prouve qu’il n’y a pas de complot puisque c’est n’importe quoi ! C’est uniquement parce que des tiers ont parlé de Dieudonné, Mélenchon et Moscovici à Epstein qu’ils apparaissent dans ses files. Céline Dion, c’est juste pour se procurer des places pour un de ses concerts qu’elle est citée. Dans la plupart des cas, c’est aussi dérisoire. On est loin d’un réseau de pédocriminalité organisé au niveau mondial. Hazanavicius est « dans la sauce » parce qu’Epstein lui a demandé un jour s’il avait « des idées pour trouver une fille très belle et intelligente » pour l’accompagner à une soirée de Woody Allen à Paris, et à ce moment-là, Bérénice Bejo, femme de Haza’, a pris la mouche : « Il faut fuir ce type ! »  Tout le monde parle de son instinct féminin qui a senti qu’Epstein était un prédateur, alors que non, Bejo s’est juste dit : « Mon mari n’a pas à connaître de belles filles intelligentes, même pour Epstein ! » Pure jalousie préventive de la part d’une actrice vieillissante qui a peur de se faire tromper (il va pas plus loin que ça, le « 6e sens » des femmes). Le très mauvais réalisateur oscarisé s’est vu ordonner par sa Bejo de couper court à sa relation avec Epstein, et ils font passer ça pour une grande lucidité sur la « glauquerie » supputée du Yankriminel blindé ! Mais où est la glauquerie de demander à un copain s’il connaît une belle fille pour se rendre dans un raout sélect ? Est-ce que ça fait de lui un « prédateur sexuel » et d’Hazanavicius un complice potentiel à d’autres yeux que ceux de sa conne de femme ?

C’est une catastrophe ! On a beau leur dire que c’est juste des gens qui s’entraident et se protègent, qui ont un super carnet d’adresses et qu’il n’y a aucun « complot » là-dedans, les complotistes disent qu’ils étaient en vérité des visionnaires et que maintenant on y voit clair, et que ces gens que sont les Jack Lang, Frédéric Mitterrand, Cohn-Bendit et Cie (tous « pédophiles » sans distinction !) étaient des dieux de l’Olympe, et qu’Epstein était leur Zeus, alors qu’ils ne sont absolument pas de l’Olympe… « Zeus-Epstein », c’était un petit Juif malin financier au bras long qui aimait baiser des belles filles bandantes (de 13 à 25 ans) et en faire profiter ses amis et clients (c’est pareil). Il y en a plein, des comme ça qui sont friqués et ne savent pas quoi foutre de leur flouze. Ils établissent des liens entre des hommes connus ou d’influence, pour le fun de se mettre dans toutes les boucles, d’accroître leur réputation, de simuler un pouvoir qui est en vérité très limité ; ils jouent au billard avec, en guise de billes, des personnalités. Observez bien. Analysez mieux, comprenez les infos au lieu de les subir… C’est que de la parano montée en neige ! Mais ça suffit pour que les ininformés du Complot avalent tout sans mâcher, et montent au créneau craignos d’un triomphalisme grotesque. En ce sens, je vous le disais : c’est une catastrophe interplanétaire ; là, c’est terminé, c’est irrattrapable… Les conspis croient que l’affaire Epstein sonne le glas du système pourri des élites corrompues soudain démasquées, mais c’est plutôt le glas de toute critique anticonspirationniste qui retentit funèbrement. Toute épine de la Raison (la rose de la Raison !) qui s’essaierait à piquer au vif le délirisme des complotistes (désormais fiers de l’être) sera jetée au panier avec le bouquet entier d’arguments, même s’ils sentent bon, surtout s’ils sentent bon ! On est déjà raillé, plus que raillé : mais celui qui ose encore dire que la Vérité est déformée conjointement par les médias et les conspis en connivence subliminale finira mal. Ça c’est sûr, on mettra bientôt en prison un type qui n’est pas complotiste. Et il y a de fortes chances qu’il finisse par être exécuté.

Combien de millions d’âmes futures nous sauverions de l’infection et de l’illusion, si la race actuelle des Esprits Empoisonnés était purgée de la face du pays !

Daniel Defoe

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°57 – 2 fevrier 2026
Je suis passé de « bébé laid » (ma mère) à « vieux beau » (Facebook).
À côté de mon humour, le noir de Soulages, il est blanc comme neige !
Finalement, je suis un artiste qui dit au monde ses quatre vérités… « L’artiste des quatre vérités », voilà mon titre, voilà ma gloire !

Vive Jean-Marc Morandini ! Putain, c’est lui le premier qui aura ébranlé l’empire Bolloré : je veux pas le croire ! Le grand dadais marseillais ex-gras néo-maigri au sourire faux, l’endive tarlatatouze éberluée quotidiennement… Le santon couvert de glaviots, Lou Ravi de la crache !… Ce serait trop beau si l’affaire Morandini pouvait fendiller un tant soit peu le bloc bolloréen ! Condamné définitivement pour corruption de mineurs, beaucoup ne comprennent pas pourquoi Bolloré ne le vire pas de CNews (passons sur les conspis qui imaginent que Jean-Marc possède des dossiers sur le patron). Sous le choc, les autres stars de la chaîne s’écrasent… Regardez Sonia Mabrouk s’en-va-pas-t-en-guerre, qui n’a pas osé dire franco (-tunisienne) qu’elle n’était pas d’accord pour le maintien à l’antenne de l’animateur condamné, tout en passant une langue de lèche-majesté à sa direction à qui la décision appartient, et qu’elle respecte au plus haut niveau (surtout le plus haut niveau !). Pour Serge Nedjar, c’est déjà trop : ça le fait redoubler ses tics de rage. Pascal Praud, lui, tellement œuf à cheval sur les questions de « morale » sexuelle, prompt à vouloir mettre en prison pendant 30 ans un type de 45 ans qui ose sortir avec une fille de 15 (une peine de leur différence d’âge), se contente de faire la gueule à Morandini en direct chaque matin quand il lui passe le relais pour son émission plutôt que de donner son avis sur le pervers phocéen (il finira par lâcher quatre jours après une foireuse approbation des propos de Sonia)… Laurence Ferrari aussi, en tant que « mère de famille » et toujours « du côté des victimes », se dit « interpellée » par la mansuétude dont profite le gay larron qui, même crucifié, fait de l’audience, mais elle aussi se range par loyauté à la volonté de ses employeurs… Ils sont tous mal à l’aise, et bottent en touche (-pipi ?), cette botte que Morandini proposait aux boutonneux dont il fantasmait de peloter le chibron… Il n’y a que Philippe de Villiers qui a osé toquer à la porte de Bolloré pour bafouiller un vague mécontentement, mais il faut dire qu’il est mal placé : au fond de son puits, il y a un fou, son fils Guillaume qui, à 17 ans, violait son petit frère Laurent de six ans et demi de moins. L’immeuble tremble dans le 15e je vous dis, et c’est Morandini qui a initié tout ça ; lui, il se prend 2 ans avec sursis et 20 000 euros d’amende, et dans une autre affaire 18 mois avec sursis et 10 000 euros d’amende : c’est rien : qu’est-ce qu’il en a à foutre ? Il emmerde tout le monde, voilà, et il peut continuer ses live haïssables. Morandini, encore un Corse ! En ce moment, les Corses bénéficient d’une certaine indulgence de la Justice : après Moretti, Morandini (qui lui aussi a mis le feu !). C’est les autres qui payent les pots de chambre cassés ! Car c’est quand même indirectement à cause de Morandini et de la nervosité qui règne dans le bunker Bolloré que le juge zozoteur Philippe Bilger vient d’être remercié parce qu’il a commis à plusieurs reprises des crimes de lèse-Sarkozy et qu’il est allé crachouiller dans la soupe aux laids du Monde qui menaient une enquête sur Praud, en disant en plus qu’il n’en pouvait plus de cette inconditionnalité autour d’Israël. Il faut dire que le gros Bilger est protestant, et qu’à un moment donné, évidemment, Luther, ça craque avec Sion… Tout le monde est susceptible d’être foutu à la porte, réprimandé ou au minimum admonesté par CNews (l’ignoble Céline Pina qui se réjouissait des enfants massacrés à Gaza ; le prof Kevin Bossuet, ce trisomickey…), tous, sauf un ! « Pourquoi ? » C’est pourtant simple… Il n’y a que Mediapart pour s’interroger pendant des heures sur ce qui fait que Bolloré estime qu’il n’y a aucune raison d’éloigner de l’antenne Morandini. Simple ! Si Bolloré le protège et le soutient, c’est parce qu’étant judéo-chrétien (surtout judéo), il sait que le Jean-Bouc Morandini est le mal incarné, qu’il représente le péché dans sa boîte, c’est pour ça qu’il faut le garder. Bolloré considère Morandini comme un personnage totalement pourri mais qu’il est nécessaire de préserver, comme une de ces vaches sacrées, bovines intouchables (Jean-Marc a des yeux de vaches !) pleines de salissures, auréolées de mouches, qu’on ne doit surtout pas changer de place, qu’on ne dérange pas, qu’on contourne sur la route, dans la rue, en Inde… Ce n’est pas par « charité chrétienne », chrétienne, mon œil de cyclope borgne ! que Bolloré choie Morandini, c’est par zoolâtrie hindouiste ! Jean-Marc, c’est comme un dieu, une déesse plutôt, une vache mère et pas une vache maigre, bien qu’il le soit de plus en plus. Morandini est sacré pour Vincent Bolloré je vous dis, parce que c’est lui qui a donné naissance à CNews ! Ça ne s’oublie pas ; ça se sacralise. Bolloré a racheté le groupe Canal et en 2016 a imposé Jean-Marc en bonne place à I-Télé… Émoi de tous les journaleux aux mains moites (l’émoi moite) qui ont fait grève contre la morandinisation de leur chaîchaîne chérie (qui était pourtant déjà bien répugnante), contestataires par « pure » moralisation, car ils ne supportaient pas de cohabiter avec le kéké du Vieux-Port au kiki de vieux porc (à l’époque il était juste mis en examen), alors qu’il devait y en avoir un paquet, parmi le troupeau de journalistes manifestant devant les locaux d’I-Télé avec leurs pancartes à la con, des « délinquants sexuels » en puissance, sinon pire… Et il aurait fallu à l’époque soutenir ces petits esclaves salariés (pléonasme) qui se prenaient pour des dignes en démissionnant ? Peuh ! C’est grâce à Morandini que Bolloré a pu créer C8 (ex-Direct 8) et CNews, en partant de sa polémique. Le 27 février 2017, I-Télé devient CNews et, malgré les accusations qui pleuvent sur son chouchou, le boss s’engage, au nom du respect du principe de présomption d’innocence, à conserver Jean-Marc tout en promettant de le chasser sans indemnités en cas de condamnation… Bien qu’il se soit défendu virulemment dans une conf’ de presse ridic’, où il contredit l’article des Incracrarockuptibles qui l’avait dénoncé, en supputant un complot du couple de putes médiatiques Delormeau et Fogiel, Morandini n’a rien d’un cow-boy ; c’est une cow tout court ! Interdiction de manger la vénérée vache, interdiction de lui faire du mal, interdiction de la blesser, de la harceler ! La vache se prélasse où elle veut, quand elle veut, on doit tout lui offrir, des guirlandes de fleurs, de l’eau, de la nourriture… C’est mieux que le veau d’or, la vache sacrée, et c’est toujours elle qui provoque les émeutes ! Elle veille sur le sanctuaire, elle est dorlotée, elle est libre ! En Inde, dans les védas, c’est la vache sacrée qui fait vivre les dieux et qui fait vivre les hommes, et ne parlons pas de son lait, autant dire de son sperme, dont tous font leur beurre… N’oublions pas qu’avec ses bouses, Bolloré a pu faire des émissions de merde, excellent engrais censé désinfecter tout alentour… Sa pisse aussi est super ! Morandini déculpabilise tout le monde, ils ont tous besoin de lui pour paraître propres à côté. Par sa pourriture, ils se refont une virginité à peu de frais. Facile !

Maintenant, le fond de la tinette. C’est-à-dire la Gauche… Autant la Droite protège Morandini et joue les tartuffes pour sauver son animateur, autant la Gauche, à l’inverse, le charge, et d’une façon tout aussi dégueulasse. Pour les journalisteurs de « délinquants » sexuels, Morandini est coupable de « faits extrêmement graves » et c’est une affaire qui relève de la « protection des enfants »… Mais quels faits « extrêmement graves » ? Et de quels « enfants » parlent-ils ? Aujourd’hui, aucun pubère ou prépubère n’a le droit de faire frissonner un homme, ou de frissonner lui-même de faire frissonner celui-ci, sans être automatiquement rejeté dans le camp des enfants, c’est-à-dire, pour les gendarmes de la Pudeur, le camp de la mort du sexe… Selon Mediapart, qui va toujours chercher ses infos à la police et à la Justice et qui se comporte ensuite comme des anonymes d’X, Morandini a été condamné pour « violences sexuelles sur des personnes mineures ». Quelles « violences » ? C’était pas plutôt de l’énergie douce (NRJ 12) ? Et quelle hypocrisie ! Des « personnes » mineures… Pour bien montrer qu’on est déjà une personne quand on est mineur… Où cette saloperie de respect va-t-elle se nicher, tout de même !… Dans d’autres supports gauchieurs encore, vous avez les « victimes » présentées comme des « comédiens ». Des « comédiens » ? En effet quand on les voit témoigner, c’est le cas. Mais au départ, il s’agit surtout de pèquenots arrivistes en mal de gloire glaireuse et, en les entendant parler dans l’ombre, on ne peut que constater qu’ils sont tous sur le même modèle : de petits cons qui adoraient Morandini comme présentateur (sic) : comment les respecter, les plaindre ? Ces pigeonneaux, qui se rêvaient stars de ciné, s’inscrivaient sur un site de casting qui leur annonçait que « Monsieur Morandini » préparait un remake du film Ken Park interdit au moins de 18 ans, où il y avait une scène d’auto-strangulation masturbatoire, et qu’il souhaitait auditionner tel ou tel jeune homme à qui il payait les billets de train pour venir à Paris. C’est arrivé à un ado de 16 ans qui, lorsqu’il déboula dans les bureaux de Morandini dans le 8e arrondissement, tapissés de Polaroïds d’Ignudi pas très michelangelesques, s’est entendu dire par Jean-Marc que tous les autres pressentis pour le rôle du héros qui s’étrangle tout en se branlant avaient accepté de se foutre à poil devant lui… Alors, il commença à se déloquer timidement, puis quand Morandini le pria de se peigner la girafe sous son nez, en un éclair de jugeote, il réalisa le piège, remonta son calebar et prit sa bite à ses couilles à son cou pour se barrer fissa de là… Morandini réitèrera l’expérience bandante plusieurs fois avec des « attirés par les médias » qui rêvaient d’un stage à la télé (c’est comme Rimbaud qui, « attiré » par les poètes Parnassiens, rêvait d’un « stage » à Paris chez Verlaine), ou de décrocher un rôle dans une série. Par exemple, un mecton de 19 ans à qui Morandini a demandé de se dénuder entièrement et c’est tout. Pour le deuxième rendez-vous où il lui avait fait passer le message qu’il aimerait bien qu’il le suce, le minet s’est radiné mais sur place il ne s’est pas exécuté… Avec un Belge de 17 ans, ça a mieux marché : Morandini a réussi à le convaincre de se laisser embrasser, tripoter et même griffer. Il est certainement allé plus loin avec d’autres… Tout est possible, comme disait Morandini quand il faisait de la télé trash sur TF1. Notamment, un à peine majeur qui avait été envoyé par le site internet generationgay.fr (géré par Morandini), et qui a fini par lui faire une pipe d’écume terrorisée (et qui est même revenu le voir après). De toute façon, ce n’est pas vraiment passer à l’acte qui branche Morandini. Pour ça, il avait son collaborateur qu’il poussait à se taper son petit filleul qui avait une bonne bite, pour le pomper sec et le faire « cracher » et « gémir »… La procuration lui va comme un gland. Non, son grand truc, au Jean-Marc, c’est d’envoyer des SMS ou des messages sur Facebook à des jeunes éphèbes convoités car il n’est pas pédophile pour deux dessous (encore un qui préfère les slips kangourous aux Petit Bateau !) : il est éphébophile. Morandini adore demander, puis supplier ses kiffés de lui envoyer une photo de leur queue… Et les mecs continuent la conversation ; c’est ça, le plus fort ! À chaque texto, ils sculptent le pied que Morandini veut prendre à se rincer l’œil (mon œil, pas que l’œil !) sur des jeunes types nus, la quéquette à l’air (a l’air de quoi ?). D’ailleurs, Morandini est voyeur mais pas regardant : un des jeunes, auprès de qui il insiste pour recevoir une capture de son zgeg, cède et finalement lui en envoie une, mais d’un autre que le sien, et qui tape aussitôt dans l’œil (une nouvelle histoire d’œil) de Jean-Marc ! « Tu étais excité ou c’est juste énorme ? » lui textote aussitôt fébrilement l’animateur mateur… Les queues de jeunes font bander Morandini (OK, banal), mais la vraie question, c’est : pourquoi le jeune homme a prélevé sur Internet une pine de cheval qui ne pouvait que faire surbander un pédé (ou une femme) ; pourquoi n’a-t-il pas pris un micropénis pour justement voir la réaction de Morandini super déçu qui l’aurait lâché illico à ce moment-là ? Bref, pourquoi ce jeune homme a-t-il choisi une bite valorisante, aussi bien à ses yeux qu’à ceux de Jean-Marc ? Voilà la véritable enquête à faire. Au lieu de ça, les propres et probes journaleux de la Gauche couvrent Morandini d’opprobre. Ils parlent, pour les pauvres victimes, de « cauchemars » permanents, de « traumatismes » à vie, mais personne ne songe à dire qu’elles sont toutes pédées, leurs victimes. « En tant que victime, je suis très inquiète » a d’ailleurs lâché un des plaignangnans, un certain Alex, dans un charmant lapsus qui aurait ravi Cocteau ou Julien Green… Qu’Alex soit tombé sur une grosse pédale comme Morandini n’est pas totalement dû au hasard. On n’a pas d’exemple d’un hétéro pur et dur, même adolescent, qui se soit refusé à jouer le jeu de Jean-Marc et qui l’aie immédiatement envoyé chier ; non, ils ont tous marché, et, en plus, ils ont un mauvais goût total puisqu’ils sont allés vers lui par intérêt parce qu’ils l’admiraient, ainsi que Cyril Hanouna que Monsieur Morandini promettait en carotte à ces ânes de leur présenter. Non seulement, ils adoraient C8 et CNews, mais depuis leur plus tendre enfance, ils avaient tous une tendance très forte à l’homosexualité : voilà un tabou qui n’est pas levé. Pourquoi ? Parce que ceux qui mettent Morandini plus bas que terre alors qu’il est déjà à terre sont eux-mêmes homos. Ça pince, hein ? Tous ces pédés de Mediapart et de Quotidien à boucles d’oreille et tatouages l’accablent alors que c’est leur rêve d’avoir assez d’aura médiatique pour attirer des jeunes. Tu parles s’ils se gêneraient d’abuser de leur droit de cuissage s’ils flashaient sur un quelconque quidam à quiquette, quel que soit son âge ! Donc d’un côté, il y a les bons pédés qui travaillent dans un média de gauche à dénoncer les turpitudes de la « Télé-facho » et qui, s’ils ne l’ont pas déjà fait, aspirent secrètement à se taper des jeunes gens bien montés ; et de l’autre, un des piliers du paf faf de Bolloré qui, lui, a vraiment pris des risques pour abreuver ses fantasmes et qu’au lieu d’admirer, ils incendient ouvertement ; c’est pas plus joli-joli !… Je le répète : le plus remarquable dans cette affaire Morandini, c’est de tenter de comprendre le fonctionnement perversif de Jean-Marc. C’est quoi la libido de Jean-Marc Morandini ? Je ne vois pas d’autres sujets plus sympas, si on peut dire, à traiter. Un des points cruciaux, c’est que dans ses faux messages aux jeunes, il se déguisait en femme (il n’y a pas que lui : d’autres présentateurs télé célèbres ont pris des prénoms féminins pour draguer des jeunes mecs sur Facebook ou Instagram — suivez mon regard du côté de la Suisse — et ont été également maintenu à l’antenne et carrément promus, même si pour cela ils ont dû changer de pays)… Morandini se faisait passer pour « Catherine Leclerc » ; mais mieux — et ça s’inscrit parfaitement dans mes divagations mallarméennes sur l’inceste (voir Nabe’s News 34), cette fausse femme, Catherine Leclerc, signait parfois « maman » pour rassurer les jeunes types à qui elle demandait : « Est-ce que tu as déjà fait une fellation à ton petit frère ? » et le jeune répondait : « Non», et ajoutait « Attention, ma mère a vu nos messages et elle n’est pas du tout d’accord » ; alors Morandini alias Catherine Leclerc remettait le jeune homme dans le pas droit chemin : « Profite que ta mère ne soit pas là, fais-le quand même, fais-en un film, et envoie-moi les images, ! »… Se glisser dans la peau d’une femme, c’est ce que beaucoup font sur les RS, mais dans celle d’une mère de famille, et pas morte comme celle de Norman Bates mais qui n’existe pas, vicieuse et même incestueuse, il faut le faire ! Comme argument pour convaincre le jeune homme de passer outre les réticences de sa mère, Morandini/Leclerc lui confiait : « Tu sais, moi, mon propre fils, qui s’appelle Valentin, je l’ai toujours vu tout nu et même en érection, et ça nous fait beaucoup rire, il n’y a aucun problème, il ne faut pas avoir de tabou comme ça, mon petit ! » On n’est pas très loin de Rosa von Praunheim ! Ce combat entre les deux mères : une mère fictive et une mère réelle, c’est très très intéressant, c’est ça qu’il faudrait creuser, c’est ces questions-là qu’il aurait fallu poser à Morandini : « Où as-tu trouvé dans ton enfance de fils cette jouissance fantasmatique de te faire passer pour une mère de famille qui demande aux jeunes gens de l’âge de son fils de se masturber, et qui implore par 41 textos successifs de recevoir des photos de leur bite en vue d’un casting imaginaire ? » Pas de réponse. À vous les studios !

Si l’on me demandait quel est le plus vicieux de tous les peuples, je répondrais sans hésiter que c’est celui qui a le plus de lois. La volonté de bien faire supplée à tout, et celui qui sait écouter la loi de sa conscience n’en a guère besoin d’autres, mais la multitude des lois annonce deux choses également dangereuses et qui marchent presque toujours ensemble, savoir que les lois sont mauvaises et qu’elles sont sans vigueur. Si la loi était assez claire elle n’aurait pas besoin sans cesse de nouvelles interprétations, ou de nouvelles modifications si elle était assez sage ; et si elle était aimée et respectée on ne verrait pas ces funestes et odieuses contentions entre les citoyens pour l’éluder et le souverain pour la maintenir. Ces multitudes effroyables d’édits et de déclarations qu’on voit émaner journellement de certaines cours ne font qu’apprendre à tous que le peuple méprise avec raison la volonté de son souverain et l’exciter à la mépriser encore davantage en voyant qu’il ne sait lui-même ce qu’il veut. Le premier précepte de la loi doit être de faire aimer tous les autres : mais ce n’est ni le fer ni le feu ni le fouet des pédants de cours qui font observer celui-là, et pourtant sans celui-là, tous les autres servent de peu ; car on prêche inutilement celui qui n’a nul désir de bien faire.

Jean-Jacques Rousseau

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°56 – 26 janvier 2026

L’actualité du Groenland rouvre une plaie en moi, attention, une plaie littéraire… J’ai vécu toutes mes années 90 dans la fascination et l’étude des explorations polaires, aussi bien au nord qu’au sud ; je passais de l’Arctique à l’Antarctique selon les moments, j’alternais six mois de nuit polaire au sud, puis six autres au nord. Ma documentation était énorme, j’en ai plein ma cave à Paris, des livres sur le pôle Nord et sur le pôle Sud, des essais, des albums de photos, des biographies de tous mes héros, que ce soit pour le nord, Cook, Amundsen, Nobile, ou pour le sud, encore Amundsen, Scott, Byrd, et Shackleton sur son Endurance (c’est la couverture de mon Vingt-septième livre)… Alors, vous pensez si le Groenland me concerne ! Ne m’en parlez pas, please… Je souffre suffisamment de pas avoir eu le temps d’écrire mon grand roman polaire dont j’avais le titre, le scénario, le découpage, les noms propres… Mes brouillons sont d’une poésie que vous n’imaginez pas… Tout ça à cause des Arabes, j’ai mis sur le côté les Esquimaux pour m’embarquer dans la défense des opprimés et des révoltés du Proche et du Moyen-Orient empapaoutés depuis trop longtemps par l’Occident décadent… Pour ce que j’en ai tiré, comme reconnaissance : des milliers de crachats de Beurs conspis depuis plus de 20 ans maintenant… En plus, j’ai failli y aller, au pôle Nord, physiquement je parle, dans une véritable expédition, et grâce à la fille de Jean Anouilh, figurez-vous ; on en reparlera… Je dis « expédition » ou exploration, mais soyons clairs : qu’on ne voie aucune contradiction entre mon dégoût total de toute colonisation et mon goût pour les explorateurs polaires : les courageux aventuriers qui sont allés aux pôles Nord et Sud ne l’ont pas fait dans un esprit de « colonisateurs » ; c’était avant tout des découvreurs. Même ceux du début du XXe siècle : le Groenland n’a pas été colonisé mais atteint par le Norvégien Nansen ; le Yankee Peary ; les Danois Rasmussen, Mylius-Erichsen et Mikkelsen ; le Français Charcot et surtout évidemment Paul-Émile Victor dont je suivais la série d’émissions extraordinaires sur France 3… « PEV », qui s’était embarqué sur le Pourquoi pas ? de Charcot et qui est tombé in love d’Amassalik, était un conteur merveilleux, avec sa veste polaire à carreaux rouges et sa voix qui sonnait comme le saxo baryton de Gerry Mulligan !… Voilà de vrais connaisseurs du Groenland : ce n’est ni Trump, ni Poutine, ni Xi Jinping, ni Macron, eux ne comprennent rien, aveuglés par leurs intérêts financiers, miniers ou stratégiques, tous au fond insignifiants… Car c’est quoi d’autre, cette guéguerre des boutonneux ? Tout à coup, le Groenland devient un « objectif politique majeur » ! L’Amérique parano veut installer des bases militaires pour être là à la place de la Russie et de la Chine qui trépignent également. La Chine est aussi infantile que les deux autres quand elle zieute du côté de Nuuk, espérant contrer de là-bas l’influence des États-Unis sur Taïwan… Vous voyez un peu le niveau… On est dans des procès d’intention géopolitiques à tire-larigot. Quant à la Russie, c’est une histoire de contrôle et de projet de vol de minerai qui la motive, cette grosse salope en fourrure ! Il faut arrêter de croire que les « grands » de ce monde sont très sérieux et adultes : ce sont de sales gosses insupportables qui méritent des calottes de Dieu, des calottes glaciaires en l’occurrence… En outre, la plupart ajoutent à leurs intérêts économico-militaires des soi-disant préoccupations écologiques, alors que le réchauffement climatique ne les intéresse que s’ils peuvent en tirer un profit juteux. Ils se foutent de la fonte de la calotte glaciaire comme de la première fois où leur mère les a fait se décalotter le gland pour éviter un phimosis. La montée du niveau des mers ne les empêche pas de ronfler, ils s’arc-boutent en rêve sur l’Arctique, et l’Europe, la petite Europe qui, juste par orgueil, ne veut pas que quelque chose lui échappe, défend le Danemark qui s’est rendu maître du Groenland. Les Européeux ne savent d’ailleurs pas pourquoi, mais ils sont pour le Danemark qui doit résister aux convoitises américano-sino-slaves, parce que le Danemark est membre de l’UE et de l’OTAN… Autant en emporte le blizzard ! Moi je dis qu’aucune des puissances, le pied sur le starting-block congelé et prêtes à se lancer dans la course au Groenland, n’est vraiment captivée par les Esquimaux (Paul-Émile Victor ne disait pas « Inuits », ça fait condescendant, ça fait mec qui ne veut pas paraitre raciste, comme « Blacks » pour « Noirs »). Foutez-leur la paix, aux Esquimaux… Le Groenland, c’est chez eux. Enfin, plus ou moins, car les Esquimaux n’ont pas été les premiers habitants du Groenland, ils sont arrivés vers 1250 depuis le Canada et l’Alaska… Deux siècles et demi avant eux, il y avait eu un Norvégien, Thorvaldsson, dit « Érik le Rouge », c’est lui qui a véritablement découvert le Groenland à notre ère. Cette brute pas si épaisse, les mains écarlates de sang pour bien aller avec sa longue barbe rousse, avait dû fuir la Norvège et l’Islande car il avait laissé derrière lui plusieurs cadavres de voisins qu’il avait dessoudés, et débarqua par hasard sur la côte de l’île qu’il a surnommée Greenland puis Groenland ; vous ne savez rien. Il y a les Inuits d’un côté et les Ignorants de l’autre. Érik est revenu ensuite avec ses drakkars chargés de 500 puis de 5 000 personnes sur la terre arctique, mais il n’y avait pas d’Esquimaux à ce moment-là, je vous l’ai dit. Selon Jean Malaurie, il y en avait un peu mais sur une autre partie du Groenland… Jean Malaurie ! Une autre sommité polaire que j’aurais rêvé de rencontrer ! Au début des années 50, il était parti en traîneau à chiens, avait vécu à Thulé, puis il a créé la collection Terre humaine chez Plon, et est mort à 101 ans, en 2024 (le froid, ça conserve) !… En l’an mille donc, l’implantation d’Érik le Rouge n’a rien donné. Tout gens du Nord qu’ils furent, les Nordiques, ces petites choses, en ont eu marre de subir le froid, car ça caillait sec à l’excès, c’était trop aglagla ! Alors, les Vikings d’Érik ont jeté l’éponge glacée dans la neige et se sont barrés… C’est au XVIIIe siècle que d’autres Scandinaves (les Danois) ont repris la main. Là, on peut parler de colonisation, voilà pourquoi le Danemark n’a rien à dire contre la soif de conquête de cette terre ardue qui perdure jusqu’à aujourd’hui chez les Américains, les Russes et les Chinois, car elle n’est pas plus la leur que celle d’autres voraces qui se mettent en pole (nord) position… Le Groenland est leur pré glacé, aux Danois, ils ont estimé que c’était à eux, ils ont même flanqué un ours polaire sur leur drapeau… Quel rapport avec La petite Sirène d’Andersen à Copenhague ? C’est les Danois surtout qui ont fait chier les Esquimaux. Le vrai premier colon fut le pasteur Hans Egede en 1721 qui fonda un comptoir pour son roi Frédérik IV du Danemark, et qui installa sur l’île des églises luthériennes… En terre catholique, je suis à fond pour bien sûr, mais l’édification de temples protestants entre deux igloos sur la banquise, je suis contre ! Il faut être complètement buté comme un de ces Danois qui ont persécuté Gauguin, Léon Bloy et Céline pour persister à légitimer la souveraineté du Danemark sur le Groenland qui n’est pas davantage la propriété des Américains, des Russes, des Canadiens et Cie… S’il devait y avoir un pays qui pourrait revendiquer éventuellement le Groenland, ce serait la Norvège vu que c’est Érik le Rouge qui y a mis le premier le pied en 982… Si les Esquimaux avaient besoin d’un cadre nordique, ça reviendrait plus à la Norvège de s’occuper à nouveau du Groenland, et s’ils souhaitaient un soutien scandinabe, pardon, scandinave, ce serait aux Norvégiens de le leur assurer. C’est sur cela que devrait jouer Trump : sur la maltraitance notoire et ancestrale des Inuits par les Danois, il pourrait même promettre de redonner aux Esquimaux une autonomie et de favoriser la perpétuation de leurs coutumes sans évidemment les chasser, engageant là une sorte de rattrapage sur ce que les cowboys ont fait aux Indiens du Far West… « Pourquoi pas ? » comme aurait dit Charcot…

Ah ! Trump et le Groenland ; Trump et le Venezuela ; Trump et l’Ukraine ; Trump et Gaza ; Trump et Israël ; Trump et la Syrie ; Trump et la France ; Trump et le Canada ; Trump et l’Iran… Il fout un bordel pas possible ! En ce sens, c’est un grand Gémeaux, erroné à chaque fois, grande gueule, marrant, qui ne va jamais jusqu’au bout de ce qu’il dit, qui fait des coups d’éclat, puis après qui laisse tout en plan, pour ne pas dire en Rantanplan ! La gauche et l’extrême gauche l’exècrent ; la droite et l’extrême droite le vomissent ; Macron en a peur ; Poutine le surveille et il fait écarquiller les yeux plissés de Xi Jinping… Comme disait Brigitte Bardot à sa bonne au sujet de Jean Gabin dans En cas de malheur : « Je-l’a-dore ! » Et en cas de malheur, Trump va continuer ! Champagne (taxé à 200 %, bien sûr) !

Finkielkraut ou la banalité de la pensée. Il est pour l’école contre les loisirs ; pour la civilisation contre le wokisme ; pour Zelensky contre Trump ; et il agite depuis quarante ans la même crécelle : celle de la décadence de la France, des immigrés en trop, des jeunes qui sont cons, de la défense de la culture, de la gauche qui n’est plus à gauche, de l’extrême droite qui n’est pas vraiment d’extrême droite, de la Culture qui seule peut vaincre la Barbarie ; et toujours avec ses références judéo-polonaises inconnues au bataillon de la vraie intelligence… Finkie avait touché un temps à Péguy ; heureusement, il l’a lâché pour Boualem Sansal et Jacques Julliard. Ce chouchou des bourgeois Figaro, interrogé dans son dernier livre Le Cœur lourd (Gallimard) par un gros lèche-cul du canard vieux de 200 ans (ah, il fallait voir la fête anniversaire du Figaro au Grand Palais transformé pour la circonstance en aquarium géant pour squales édentés et délavés !), tient désormais à faire savoir qu’il est avant tout un défenseur de la langue française en danger… Finkielkraut, gardien du temple du langage ! Ce culot de se poser en détenteur de la finesse et du respect du français alors qu’il n’a jamais su mettre un mot en place, et qu’il ne connaît rien de la littérature. Il n’a pas « le cœur lourd », il est lourd tout court… Et cerise sur le gâteux : « Je ne supporte pas que certains dans la communauté brandissent l’antisémitisme pour faire échapper Israël à toute critique. »  Bingo ! Même les débilo-décoloniaux se laissent prendre à ce panneau ! Ils croient que Finkielkraut, comme par miracle, a « viré sa cuti », comme ils disent… N’importe quoi ! Ces Beurs ramollis du bulbe ne voient pas que c’est encore une ruse, une takya juive (ça existe), c’est-à-dire que Finkielkraut (Finkielkraut !), qui a pris, je le rappelle, des positions ignoblement pro-israéliennes depuis des lustres (et pas ceux en cristal dont on fait les nuits), essaie, le salaud, de se glisser dans le mouvement de l’Histoire pour ne pas être largué, et surtout —  et ça, je l’ai dit souvent —, il fait partie de ces Juifs sionistissimes qui se décident à mettre de l’eau dans leur vin, autant dire les larmes qu’eux n’ont jamais été capables de verser sur la Palestine depuis le 7-Octobre dans le vin, autant dire dans les flots du sang du Christ, et qu’ils font ça uniquement parce qu’ils ont peur qu’Israël conserve une image trop mauvaise dans les décennies, si ce n’est pas dans les siècles à venir… C’est encore une fois pour protéger leur pays trop sali par Netanyahou qu’ils simulent la compassion pour les Pales’… C’est ça, leur calcul. Il n’y a qu’une Bouteldja (« bouteille de Jack » écrit mon ordi sous ma dictée mal comprise) pour y voir « l’entrisme des décoloniaux dans le cœur de Finkielkraut. » Et elle rajoute : « C’est pas bô ? ». Non, c’est pas « bô », espèce de naïve ! Toi et tes mongolos d’honneur sans parole n’avez pas réussi du tout à vous introduire dans l’esprit d’un Finkielkraut pour qu’il exprime enfin un peu d’empathie envers les martyrs de Gaza ! Bande d’abeurtis, vous ne voyez pas que c’est une bonne blague que vous fait un Juif de plus ? Et juive, la bonne blague, pas palestinienne ; évidemment !

Personne ne s’interroge suffisamment sur le lien que font font font les petites féministes entre la défense des femmes et celle des transgenres. Celles qui vantent les lilivres d’« autrices » hyper hostiles au patriarcat, les vidéos virulentes de lutteuses pour le droit des femmes ou les posts fulmineux de porte-plaignardes contre les souffrances conjugales sont les mêmes qui s’extasient sur les récits de transitions, les témoignages de genrées et autres non-binaires qui se grattent pour savoir si finalement ils ne vont pas changer de sexe ; bref : sur tout ce qui relève de l’homophilie en général et qui trahit le fond de leur pensée. Car pour les féministes, défendre les trans et défendre les femmes, c’est pareil ! Voilà qui ne fera pas se retourner Otto Weininger dans sa tombe à Vienne pour offrir son cul, car tout cela, il l’avait prévu, ce génial pédé ! Les féminottes qui combattent la transphobie, l’homophobie et l’hétéro-fascisme n’ont pas l’air de saisir qu’il ne va pas de soi de confondre la lutte des femmes et celle des hommes devenus femmes ou des femmes devenues hommes, c’est-à-dire des monstres qui se croient autorisés à passer, sans l’avis de Dieu, d’un sexe à l’autre, en toute impunité mystique… À creuser, comme le trou artificiel que les chirurgiens opèrent sur un ex-homme châtré afin de lui fabriquer une sorte de cavité qui fera office de pseudo-vagin entre ses cuisses viriles et épilées à la cire (« C’est une révolte anti-masculiniste ? » – « Non, cire, c’est une épilation ! »).

Idée de nouvelle. Un petit mari avec sa petite famille arrive en voiture dans une ville au bord de la mer qu’ils ne connaissent pas : tout y est lumineux, coloré, vivant, les magasins, les restos sont ouverts, ils sont très contents, ils débarquent en fin d’après-midi, c’est trop bien, ils s’installent dans leur Airbnb, le soir tombe, puis ils sortent pour aller faire des courses et là, ils s’aperçoivent que tout est fermé. Un type tout seul dans la rue leur dit : « Oui, mais c’est normal, c’est dimanche. » OK, ils sont un peu déçus, rentrent dans leur appartement et se couchent. Le lendemain, c’est lundi et tout est fermé également. « Ah, c’est lundi, et le lundi, c’est comme ça », leur dit une femme sous un porche avant de disparaître. Tous les commerces, et les banques où le père voulait aller retirer de l’argent, sont fermés, il commence à râler, et le mardi matin, il se dit « c’est bon », il sort pour voir, et là c’est encore fermé, les rideaux de fer sont baissés, les portes sont closes, c’est la Fête nationale du pays. C’est écrit partout sur des banderoles, ça pavoise de drapeaux sur tous les immeubles, mais personne n’est présent nulle part dans la ville pour la célébrer… Ils n’ont toujours pas pu faire les courses, ils ont fini des bouts de biscuits qui restaient du goûter des enfants qui sont désormais très nerveux, la femme n’arrête pas de pleurer. Le lendemain mercredi, c’est encore fermé et là, c’est parce que c’est une autre fête, religieuse, c’est la Saint-Machin, c’est férié. Puis on arrive au jeudi, la famille se dit que tout va s’ouvrir évidemment pour le week-end, et non, parce que ça tombe pendant les dates des vacances et les habitants sont partis et ont fermé leurs boutiques. La femme veut repartir, le mari voudrait bien aussi mais il n’y a plus d’essence dans leur voiture et pas de station ouverte, ils sont coincés. Et tous les jours, c’est pareil : il y a à chaque fois de bonnes raisons qui font que toute la ville est totalement morte, il ne se passe absolument rien. Au début, il y avait quelques traînards dans la rue, mais là, vraiment plus personne. Au bout de trois semaines, la famille se met à dépérir, ça va très mal, le petit garçon est malade, la petite fille hurle sans cesse, et la femme n’en peut plus, c’est des engueulades à répétition. Finalement, les enfants crèvent de faim. La femme devient folle, elle part un soir en courant se jeter du haut d’une falaise. Le mari enterre sa femme et ses enfants au cimetière, unique endroit dont la grille est ouverte… Totalement désespéré, le veuf s’en va, à pied… Et c’est en traversant la ville qu’il remarque que tout reprend vie dans son dos, avec plein de magasins ouverts, de la musique, de l’animation, les gens dansent de joie, comme si les habitants fêtaient le départ de celui qui finit par se demander si ce n’est pas à cause de lui que, dès son arrivée, la ville a été complètement immobilisée. Il passe devant tous les restaurants, ça foisonne de touristes et il y a de la vie partout, des enfants, des femmes, tout est ouvert, mais c’est trop tard. On le voit partir tout triste sur la route avec sa valise… J’appellerai ça : Tout est fermé.

Je travaille à nous venger.

Villiers de l’Isle-Adam

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°55 – 19 janvier 2026

Shitstorms (suite). Après les agriculteurs que j’ai insultés en disant que parmi eux, les éleveurs étaient la pire espèce de paysans, qu’ils se comportaient très mal avec les animaux (il n’existe pas encore de délit de harcèlement animalier ?) et que je les trouvais mous du gnou (animal auquel la plupart de ces ploucs charbonneux ressemblent) de se contenter de garer leurs tracteurs à trois cent cinquante mille euros à côté de l’Arc de Triomphe au lieu de foncer avec dans le palais de l’Élysée pour se faire entendre, j’ai évidemment reçu un nouveau déluge de commentaires vomis du plus profond des sacs d’incompréhension que sont les estomacs de ces culs-terreux et pro-culs-terreux… Mais le plus grand déluge de merde, évidemment c’est celui que j’ai déclenché (oui, je suis un déclencheur de déluges !) en attaquant les Suisses ! Les Suisses, c’est pire que les agriculteurs ou les Juifs, les pro-Palestiniens ou les humoristes : pas touche aux Suisses ! L’argument qu’on m’a opposé quand j’ai dit que tous les Suisses étaient, par leur mentalité d’inertes nés, ou plutôt mort-nés, impliqués dans la catastrophe du Constellation, pour n’avoir rien contrôlé et peut-être pour avoir mis pas mal de poussière de danger sous le tapis du fermer-les-yeux fédéral, on a cru clouer mon bec inclouable en me répondant que les propriétaires du bar de Crans-Montana étaient des Français, et que donc on ferait mieux de balayer devant notre porte, nous les « bobets »… Un énorme manque de curiosité fondamental ayant franchi les Alpes comme le plus gros éléphant d’Hannibal, aucun Suisse et pro-Suisse n’a pris la peine de se renseigner sur le fait que je suis plus anti-français qu’eux, et qu’en cette circonstance, je ne me suis jamais senti plus insulté à ce point qu’en étant pris pour un Français, moi si grec, turc, italien et… corse (aïe !) ! Je ne reproche pas aux Suisses d’être anti-français, mais de l’être par complexe d’infériorité ; moi, je le suis par décomplexe de supériorité ! Ce que ne comprennent pas, ou ne veulent admettre, mes rageux fromageux, c’est que les patrons minables du bar, Jacques et Jessica Moretti, sont devenus Suisses en travaillant là-bas, ils ont pris des manières suisses pour être autant ruffians ! Qui sait si les techniques de cupidité de Jacques et Jessica n’ont pas été inspirées par le suissisme ambiant ? En tout cas, il est sûr que la commune n’a rien fait pour empêcher les Moretti de piéger les jeunes fêtards dans leur bar-boîte de nuit. Certains m’ont objecté qu’on ne doit pas généraliser l’attitude âpre au gain et fermée à tous les Suisses, que c’est surtout typique du Valais (je le dis et redis : il faut lire et relire les romans de Ramuz et les portraits qu’il fait de ses personnages, tous des brutes valaisannes). D’autres encore osent me vanter la noblesse et l’ouverture d’esprit qui règnent plutôt dans le canton de Vaud où c’est « super » (peuh…) ; ou mieux, dans le Tessin (tu parles !) : j’ai fait les deux et j’y ai trouvé les mêmes caractères butés et toiseurs… Pour l’instant, je pense que ce sont les Grisons qui sont le meilleur canton : Saint-Moritz, Sils-Maria où Nietzsche allait panser (ses plaies) ; c’est de là que vient le cinéaste Daniel Schmid… Et encore, il faudra mieux approfondir mon impression : j’avais quand même remarqué qu’à l’hôtel de Sils, ils étaient très cons… Avec « l’incident », comme on l’appelle à Crans-Montana, c’est la xénophobie anti-française qui est ressortie flagrantement des réactions de ces Suisses qui se sentent outragés lorsqu’on les accuse d’être, avec les deux tauliers du « Consté », responsables sinon coupables de cette immolation festive… Ça, les Helvètes bêtes (ne dit-on pas couramment « bête comme un Helvète » ?), ne supportent pas, ils voudraient que d’un côté, il y n’ait que ces deux vilains Français qui sont les seuls fautifs de ce massacre des innocents sacrifiés à la Fête, et de l’autre, eux, les Suisses, qui sont des gens très gentils, scrupuleux, désintéressés, généreux, qui font tout bien dans les normes, dans les règles ! Les « Frouzes », comme ils « nous » appellent, sont tous des ordures venues dans leur pays pour leur ôter les croûtons de pain de leur bouche d’anges scintillant avec une auréole de gruyère derrière la tête et accueillant toujours tout le monde à ailes ouvertes… Mon œil, oui ! Ce serait plutôt Frouzes contre flouze !… Il n’y a que l’argent qui compte en Suisse : on aimerait bien savoir comment les Moretti ont acheté leurs trois établissements dans la station ; et que dire des sommes de caution proposées par la Justice suisse pour la remise en liberté de Jacques (200 000 CHF) et pour le non-emprisonnement de sa femme Jessica (idem) ?… Ah, on n’en a pas fini dans la sordidité !… En vérité, comme me le dit mon assuisstant : « L’incendie de Crans-Montana, c’est le 11-Septembre des Suisses. » Alors pour une fois qu’il leur arrive quelque chose de conséquent, ils y tiennent, ils en sont fiers dans une certaine mesure : la Terre entière les regarde, les plaint, les fait exister enfin ! L’incendie ne les a pas rallumés à une vitalité quelconque (impossible), mais il les a allumés aux yeux du monde, les a éclairés, les a réchauffés même, et a eu le bénéfice, pensent-ils, ces cons, d’avoir réduit en cendres le préjugé international (et pourtant si justifié) qu’ils ont de tout temps été des êtres pétrifiés, par immonde complaisance, dans la plus dégoûtante léthargie ontologique. Hélas pour ces connards-là, personne ne changera d’avis. Les Suisses sont ridicules et semblent ne pas s’en apercevoir. Mais si on les fréquente bien, on se rend compte qu’en vérité, ils savent qu’ils sont ridicules, et c’est parce qu’ils savent qu’ils sont immédiatement identifiés comme étant ridicules que, par orgueil et prétention, ils en rajoutent dans la connerie… Mais merde ! Je spoile mon futur livre de souvenirs sur ma longue période passée chez ces crétins gratinés ! Il ferait beau voir ! Pardon… Il est interdit de salir cet événement, et moi je l’ai sali en disant que ça entachait tous les Suisses. Ils devraient être contents puisque je reporte la paternité de ce drama sur eux, si solidaires ! Et non, au contraire, alors que l’Empathie universelle est au chevet de l’Antipathie suisse, je casse l’ambiance de recueillement, j’obscurcis la visibilité de leur douleur de victimes, l’unanimisme de cette visibilité… Quand on regarde les commentaires à mes interventions TikToko-Facebooko-Instagrammeuses, on s’aperçoit que j’ai touché un nerf pour que les chauvins réagissent aussi violemment aussitôt. Il ne suffisait pas, comme Charlie Hebdo l’a fait par un dessin, de se foutre de la gueule des jeunes carbonisés, rien que pour faire un jeu de mots, Les Brûlés font du ski avec ce sous-titre « La comédie de l’année »… Il fallait agresser, sans rire, les autres protagonistes de cette apocalypse helvétique, j’ai nommé les Suisses officiels qu’on a vus rechigner à ce qu’on leur mette le nez dans leur caca moit’-moit’ bouillonnant dans leur caquelon de contrition, et pleurant crocodilesquement sur l’événement qu’ils ont contribué à faire advenir par goût du rendement, négligence, hypocrisie, et magouilleries cantonales… Les gens sentent bien que le dessin dans Charlie signé Salch (un plagiaire de Reiser) n’est pas bon, mais ils ne savent pas expliquer pourquoi, alors ils le jugent par le petit bout de la lorgnette moralisatrice : « On ne rit pas avec des enfants morts. » Pour les anti-Charlie, le crobard bâclé est mauvais, mais dans le sens méchant, pas dans celui de contraire à bon. Il aurait fallu que Charlie ne se cantonne pas à se gausser des jeunes cramés en les imaginant sur des pistes de ski, mais en les montrant comme ils étaient, infantilement en train de faire la fête (faire la Faute), le Premier de l’an dans un bouge suisso-corse, sur fond de rap, avec feux de Bengale sur les bouteilles et iPhonisation systématique de l’instant vécu… Car tout cela était ridicule, et en effet, il fallait en rire, et sans forcément se focaliser sur les gosses consons, mais plutôt en faisant tout pour étendre l’incendie scandaleux à tous les autres protagonistes du Valais : administratifs, flics, contrôleurs, jusqu’aux clients et employés qui fréquentaient ce piège à rats avant le drame, et qui, pourtant délateurs comme le sont tous les Suisses, n’en ont pas dénoncé la dangerosité !… Ou alors, en s’axant sur le couple Moretti : avec leur allure de Thénardiers de l’île de Beauté rendue par eux soudain très laide — lui en figatellu barbichu, et elle, avec sa tête entièrement refaite de chèvre pleurnicheuse à la peau en brucciu plus très frais, luisant et visqueux dans sa faisselle en plastique —, il y avait de quoi faire !

Le dessinateur aurait pu les montrer également en train de se réchauffer les mains ou de se les frotter devant le brasier, ou alors elle, partant avec la caisse en luge, ou lui, fabricant une barricade avec des coucous à l’extérieur de la porte de secours, ou encore se servant d’un extincteur d’où sortirait du fromage fondu pour éteindre le feu, si jamais… Je ne fais plus de dessin d’humour depuis plus de 50 ans (ça va, j’ai donné, d’Hara-Kiri 1974 à Satirix 2017 !), mais j’ai proposé dans une Feuille précédente cette une possible si Charlie avait été toujours Charlie : « Bal tragique à Saint-Tropez = une morte » : ça, c’était parfait. En plus, c’était un ricochet par rapport à L’Hebdo Hara-Kiri de 1970. Ça gardait l’esprit Choron, ça s’adaptait à 2026 et, je suis désolé, c’était drôle. Sans compter, pour finir, que ça voulait dire que Brigitte Bardot était du niveau de la stature de de Gaulle, ce qui était, de l’avis même du Général, vrai !

Deux images. Zinédine Zidane, le 14 janvier 2026, bonnet sur la tête, descendant prestement l’escalier de l’église de la Madeleine après la messe d’enterrement du coach Rolland Courbis, et assailli par une foule de « selfie made men » qui pressent Zizou de poser avec eux… Et Marcel Proust, dans le seul film existant montrant vivant l’auteur d’À la Recherche du temps perdu retrouvé en février 2017, le 14 novembre 1904, redingote gris pâle et chapeau melon enfoncé sur la tête, sortant de la même Madeleine après la messe du mariage de ses amis Armand de Guiche et Élaine Greffulhe, et dévalant au pas de course ces mêmes marches, au milieu de la foule d’invités. On a cru longtemps qu’il portait un brassard de deuil au bras gauche mais c’est le bout du chapeau noir d’une dame passant un instant devant la caméra qui l’a fait croire, y compris aux spécialistes de Proust. D’ailleurs, de quel deuil se serait-il agi ? Pas de celui de sa mère puisqu’elle ne mourra qu’en 1905, et pas celui de son père, le docteur Adrien Proust, mort le 26 novembre 1903, un an plus tôt, ce qui aurait fait un peu longuet comme deuil. 

Pères, fils, frères (et mère). Le nationaliste autonomiste et président du club de foot d’Ajaccio Alain Orsoni a été tué dans l’enceinte du cimetière, en Corse, où se déroulaient les obsèques de sa mère… Mourir, tué, le jour de l’enterrement de sa mère quand on est corse ! Après bien des brinquebales et tirs de balles qui l’avaient amené jusqu’à s’exiler au Nicaragua, Orsoni est tombé en bon fils tenant à assister à l’inhumation de sa maman. Pour une fois qu’il ne mettait pas de gilet pare-balles ! Stupéfaction, offuscation, suffocation générales. Mais comme le raconte l’avocat Pascal-Pierre Garbarini : « La Corse, c’est également des larmes et du sang parce que dans les valeurs, il y a l’amitié et quand dans l’amitié, il y a des trahisons, les trahisons, on les paie cher, on les paie par le sang. Attention, il n’y a aucun lien entre ce que je dis et avec l’assassinat de Monsieur Orsoni. Je parle d’une manière générale. Vous savez moi j’avais rencontré quelqu’un qui était très impliqué, et qui disait la chose suivante, il m’a dit : “Mais Maître, la vengeance n’est pas un plat qui se mange froid, il se mange congelé.” C’est-à-dire que les trahisons d’un jour, et si en plus vous avez touché le sang, eh bien, vous les payez, c’est comme ça, voilà. Alors, j’aime pas être fataliste mais c’est un peuple rude, le peuple corse, c’est un peuple qui a souffert, qui souffre encore, on ne sait pas encore ce qui se passe dans les villages. D’accord, l’été on vient, c’est une carte postale, il fait très très beau, les gens sont accueillants, on se sent chez soi, etc., mais ensuite, il y a la dureté de la vie et les trahisons, ça passe pas, parce que le sens de l’amitié, il est tellement fort… » D’acc ! Message envoyé aux gens choqués car on ne peut pas dire à la fois que le code de l’honneur est dans la culture corse qui ne venge le sang que par le sang et en même temps trouver que l’assassinat d’Orsoni est d’une bassesse sans nom qui transgresse toutes les lois du respect de la famille et des endroits saints qu’on ne doit pas bafouer ainsi. Il faut choisir. Il est évident que la symbolique réfléchie de l’acte d’exécution d’un Orsoni, en postant un sniper (mi-Lee Harvey Oswald,  mi-Tyler Robinson) qui, en une seule balle tirée de loin au fusil de chasse, a atteint en plein cœur l’orphelin qui était en train de se recueillir sur la tombe de sa mère, le jour de l’enterrement de celle-ci, n’est pas dépourvue de signification métaphysique, surtout quand on apprend que cet assassinat a été perpétré dans le but de punir Alain Orsoni parce que les vendetteurs, pour ne pas dire vendettueurs, ne pouvaient pas punir son fils Guy qui est en prison pour avoir tenté d’assassiner un du clan adverse qui voulait l’assassiner lui. Et si on adopte — le temps d’une phrase — le point de vue de Guy Orsoni, 41 ans, dans sa geôle, à qui on a annoncé que son père a été tué à sa place, et à l’endroit même où sa grand-mère était en train d’être enterrée, tout en sachant que ce Guy s’appelle « Guy » en hommage à son oncle, le frère de son père qui avait été assassiné un an avant sa naissance par un commando, et lui aussi en substitution d’Alain, en vengeance de quoi d’ailleurs des membres de ce commando arrêtés avaient été assassinés à leur tour alors qu’ils étaient en prison également, on ne peut qu’être impressionné par tous ces coups de billard dans tous les sens ! En outre, en ce qui concerne Alain Orsoni, ramener un fils, non dans le ventre de sa mère, mais dans sa tombe, disons au pied de cette tombe, est une façon de boucler l’existence de quelqu’un à qui le Destin avait donné un rendez-vous absolu auquel il ne pouvait pas se soustraire.

Comment lire l’actualité. Ma mère, cette fée d’hiver, morte un 24 décembre, je l’avais déjà senti et dit dans des Feuilles précédentes, a plané, comme un de ces aigles provençaux qui, peut-être, a enlevé le petit Émile (fin de la parenthèse) sur cette fin d’année 2025/début d’année 2026. L’ample vol de la rapace maternelle a commencé le 28 décembre 2025 par la mort de Brigitte Bardot chez qui j’étais allé, avec mon fils, à la Madrague, le soir même où ma mère, déjà, devait mourir en 2006, souci pesant que BB a fait en sorte d’alléger, et qui meurt comme elle, à 91 ans, avant d’être enterrée (Suzanne , incinérée) un 7 janvier, date également de la liquidation des dessinateurs de Charlie Hebdo par les frères Kouachi en 2015, sur laquelle j’ai écrit beaucoup de textes qui ont suscité, entre autres, la réprobation de ma cousine, filleule de ma mère qui prit violemment ma défense sans rien connaître des enjeux politiques de l’attentat, mais en tant que maman corse défendant bec d’aigle et ongles d’ourse son fils ; corse bien sûr comme les deux gérants du Constellation à Crans-Montana qui ont laissé brûler en holocauste 40 adolescents sans que ceux-là aient pu emprunter la seule issue de secours (obstruée exprès pour que des clients malintentionnés ne puissent pas quitter l’établissement sans payer), comme leur soi-disant chouchoute, la serveuse Cyane, qui, casquée et juchée sur les épaules d’un autre serveur, telle la Mort au casque noir et à la natte blonde, apporta le désastre au bout du goulot enflammé de sa bouteille de champ’ en mettant le feu au plafond mousseux, et qui a essayé de fuir par-là sans réussir à ouvrir cette satanée porte derrière laquelle Jacques Moretti a découvert son corps mort calciné, ainsi que ceux de quatre autres jeunes empêchés de sauver leur peau brûlée,  tout ça par pure radinerie comme lorsque le Moretti faisait verser des breuvages bouchonnés dans des cocktails vendus chers, car les Moretti étaient radins comme ma mère l’était, radine ; et corse aussi comme Alain (Alain !) Orsoni qui, pour une fois n’a pas mis son gilet pare-balles alors que sa maman lui disait toujours de bien mettre son gilet quand il était petit pour ne pas attraper froid mais là, ce fut pour ne pas attraper une balle, qu’il s’est par conséquent prise, une seule tirée par un tireur à longue distance pendant l’enterrement de sa mère, au cimetière, non de Saint-Tropez comme celui de Brigitte Bardot, mais de Vero (Corse-du-Sud), le 12 janvier 2026, sans oublier l’axe Corse/Suisse qui évidemment me concerne au plus haut degré (800 à 900 °C) de chaleur intense, pour ne rien dire du feu lui-même, élément essentiel dans ma littérature. Je mélange tout ? Pas du tout ! Entortillement de coïncidences ? Mon cul ! Exégèse lucide. Oui, c’est comme ça que doivent être lus et écrits les faits divers : sans ça, ça ne vaut pas le coup de se pencher sur l’actualité comme une fée sur un berceau, ou sur un cercueil.

Le malheur vous va comme un gant. Vous en êtes nourris et abreuvés. Avouez-le, avouez-le. Il y a un pacte entre le malheur et vous. Un accord secret, une amère, une mystérieuse convenance intérieure ; une convention. Un accord, une résonance, une consonance mystérieuse. Avouez-le, avouez-le. Vous êtes les plus malheureux des hommes.

Charles Péguy

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°54 – 12 janvier 2026

Brigitte Bardot (The end). C’est bien ce que j’avais dit : son mari Bernard d’Ormale l’a confirmé : la Madrague, devenue la propriété de la Fondation Bardot, ne sera pas un « musée », il y a juste un vague projet pour des visites sur rendez-vous… Gêné flou évasif, le Bernard… Vous verrez que les directeurs de la « Fonda » finiront par le chasser de la maison, si ce n’est pas déjà fait ; ils la revendront très cher à un Japonais ou à un Américain et on verra si l’argent servira uniquement pour les animaux, si personne ne se sucrera au passage… Au sujet de la cérémonie du 7 janvier, en l’église de Notre-Dame-de-l’Assomption de Saint-Tropez, que j’ai commentée en direct sur BFM (si je puis dire) puisque j’en ai tiré une vidéo postée sur Facebook (certains demeurés croyant que j’étais le speaker attitré de la chaîne et s’insurgeant contre mes propos irrespectueux et anticatholiques !), il est à noter qu’aucun people conséquent, ni personne du monde du cinéma, n’était présent. C’est pas beau ça ? Non, c’est pas beau : tout le monde a eu peur de se compromettre avec la sale raciste Bardot ! La haine anti-RN a rejailli sur BB… Alors que tout le cinéma aurait dû être là : réalisateurs, scénaristes, photographes, opérateurs, acteurs et actrices plus ou moins jeunes, plus ou moins connes, plus ou moins sexy, tous en foule pour accompagner l’idole absolue dans les rues de Saint-Tropez ; pas seulement les Gipsy Kings à leurs guitares ! Honteux ! Ça s’est terminé comme ça, au cimetière marin, avec ce cercueil en osier, autant dire cette panière pour chat, descendu en tombe, cette tombe comme un blockhaus gris où elle passera l’éternité avec ses parents et ses grands-parents, avec tous les noms de sa famille gravés dessus… Retour au bercail, au bercail funèbre, dans la plus grande traditionnelle bêtise sociale funéraire conventionnelle : le contraire de Bardot. Et toutes ces gerbes de fleurs champêtres comme déversées plutôt que déposées au pied du calme bloc, ici-bas chu de ce désastre obscur : avoir été rattrapée par la patrouille de la bourgeoisie… La mort a tout fait rentrer dans l’ordre, hélas. Le plus triste, c’est que tout cela était prévisible. C’est peu dire que Brigitte, si sauvage et révoltée toute sa vie, a été remise in extremis sur le droit chemin. Même sur celui de la maternité acceptée : son fils, Nicolas (65 ans), renié, fâché puis réconcilié avec sa mère, est venu de Norvège pour l’occasion. Ainsi et désormais, la méchante Brigitte sera à jamais une bonne fille, une bonne mère, une bonne enterrée. Elle sera également tout près d’Eddy Mitchell (sic) qui, lui aussi, a décidé d’être inhumé un jour (le plus tôt possible) dans le cimetière de Saint-Trop’, et pas pour Brigitte, ni pour Vadim, ni pour Pierre Bachelet, mais pour être aux côtés d’un autre Eddie (ça s’écrit pas pareil) : Barclay… Devant la tombe, Nicolas, qui s’était retenu pendant toute la messe, a craqué, alors qu’un Gipsy, derrière lui, chantait a cappella un dernier Ave Maria… Le fils unique a fondu comme une banquise devant sa maman emmurée. Ce fut le seul moment vraiment émouvant de cette journée : lorsque Bernard a consolé le fils unique en larmes, d’un très beau geste de la main, apposé comme une bénédiction sur son visage ruisselant de pluie filiale.

Maduro. Un complotiste est allé capturer un autre complotiste et des complotistes plaignent le complotiste capturé pendant que d’autres complotistes félicitent le complotiste captureur… Il faut évidemment les renvoyer tous dos à dos ! Que ce soient les anti-impérialistes à la Mélenchon, Bouteldja et leurs tocards gauchards qui s’insurgent contre l’Amérique qui s’en prend aux nations d’Amérique latine, ou bien les néo-impérialo-colonialistes droitards qui crient haro sur Maduro et sont tout à fait d’accord pour que Trump aille spolier l’oil du Venezuela et qu’il fasse la police dans ces pays de métèques en mettant fin au narcotrafic qui, comme à Marseille, pourrit « notre jeunesse », ils ont tout faux bien sûr ! C’est encore Trump le plus juste. En plus, il n’intervient qu’une seule fois : le gendarme de Saint-Trumpez procède toujours par des actions ponctuelles. C’est Mister one shot ! Comme en 2017, quand il était allé punir Bachar al-Assad lorsque cet enculé avait commencé à gazer au sarin son propre peuple. Trump aurait dû à ce moment-là capturer Bachar, comme Maduro, ça aurait eu encore beaucoup plus d’effet, et le gros blond à l’oreille cassée aurait sauvé ainsi beaucoup de vies syriennes. Donald a transgressé le droit international ? Et alors ? Le droit international, c’est comme la Justice, plus personne ne peut y croire encore. Voilà pourquoi le principe même de kidnapping d’un dictateur, je dirais même de kidnapping tout court, quand il s’agit d’une ordure, ne me choque pas, bien au contraire. La méthode est bonne ; moi, je suis pour le Far West. Vous savez pourquoi ? Parce que le « Far West », c’est mieux que la Justice d’aujourd’hui. Au moins, c’est plus franc, moins visqueux, moins sournois. Trump n’a jamais eu l’intention d’envahir le Venezuela, ni même de renverser Maduro. Il a pris le chef, et c’est tout. Trump ne veut pas « installer la démocratie » au Venezuela. Moins con que Bush qui aurait mieux fait d’enlever Saddam à Bagdad en 2003 (ça aurait évité la guerre en Irak). C’est comme ça que tout le monde devrait faire, pas seulement Trump ! Pourquoi Poutine ne fait pas pareil avec Zelensky, ou Zelensky avec Poutine ? J’ai une sacrée liste, moi, sous le petit Juif (je veux dire sous le coude), de personnalités dégueulasses, ne serait-ce qu’en France, qu’il faudrait en effet rapter puis exhiber en vidéo dans une cave sombre, en leur faisant dégorger aux yeux de tous toutes leurs saloperies… C’est ce que voulait faire Action Directe avec Yves Montand, et Mesrine avec Philippe Bouvard. Tout le monde a trouvé normal que les Israéliens soient venus en Argentine en 1960 enlever Eichmann ou que les Klarsfeld aient organisé l’enlèvement de Klaus Barbie en Bolivie pour les ramener, l’un à Jérusalem, l’autre en France… Carlos aussi a fait l’objet d’un kidnappage par la DST en 1994 au Soudan, mais c’est le seul « rapt » que je désapprouve pour la bonne raison que Carlos n’est pas une ordure ! Et personne ne pense à lui demander ce qu’il pense de la capture de Maduro !… Misère du journalisme et journalisme de la misère… On sait juste qu’Ilich s’est félicité que la mise à prix de la tête de Maduro avait été estimée moins cher que la sienne lorsque lui-même était recherché par les services secrets du monde entier… À gauche, les réactions sont risibles. On a vu Mélenchon sortir immédiatement, en plein hiver et en pleine rue, la nuit, avec sa troupe de députés dépités frigorifiés affublés de leur écharpe tricolore en bandoulière sur leur pyjama, et, très grave, dire qu’aller capturer au Venezuela « le président Nicolás Maduro » (comme il l’appelle avec une obséquiosité répugnante et démago) est un signe de plus de l’impérialisme américain qui s’exprime en toute impunité et en toute arrogance et qui ne respecte pas la souveraineté… La « souveraineté » ! Marre de cet argument… La souveraineté, c’est encore du nationalisme. Qu’on arrête de considérer Maduro comme un grand rebelle à la Che Guevara contre les États-Unis ! Maduro, c’est juste un mauvais sosie de Saddam Hussein, un bachariste épouvantable et un archiconspi (selon lui, les Américains avaient inoculé le cancer à Chávez ainsi que le Covid à toute la population mondiale, et la chloroquine était le médicament miracle), ce qui ne gêne absolument pas l’extrême-gauche en France, mais qui est beaucoup plus grave pour moi que d’avoir fraudé son élection en 2024… Mélenchon sur son trottoir : « C’est une fois de plus le pétrole qui est la cause réelle de cette intervention, la lutte contre le narcotrafic n’étant qu’un prétexte »… T’es sûr, Pied-noir grotesque obsédé par l’or noir ?

Quant à endiguer le narcotrafic, évidemment Trump n’en a rien à foutre… En matière de came, l’Amérique est suffisamment achalandée par d’autres pays fournisseurs dont elle ne risque pas d’enlever les dirigeants. C’est de la poudre au nez que de faire croire le contraire !… Des tonnes et des tonnes de cocaïne sont enfoncées chaque minute dans les narines du continent américain qui finit par ressembler à un grand pif tuméfié (regardez la carte !)… Et de voler le pétrole vénézuélien non plus, l’Amérique n’a rien à branler ! Mélenconcon et ses petits canards boiteux suiveurs (LFI, PDH, L’Huma…) ne réagissent que par clichés seventies : Amérique = pétrole  alors que s’ils étaient vraiment « de gauche », Pétrole devrait égaler Pasolini, d’après le titre de son dernier roman colossal et inachevé (ah, mais c’est vrai, ils croient que Pier Paolo a été assassiné par l’État italien !). Rien à voir avec une histoire de barils. Fondamentalement, Trump n’a pas besoin du pétrole du Venezuela car l’Amérique a le sien et celui de l’Arabie Saoudite, il ne fantasme pas sur celui qu’exploitent couci-couça les cra-cra de Caracas. En plus, on oublie toujours un truc, c’est que Trump s’estimerait dans son bon droit en récupérant le pétrole de son pays car le Venezuela est son pays ; c’est lui, le Yankee du Nord, qui en a fait une richesse pétrolière, donc elle lui appartient : sans les Américains, les Vénézuéliens n’auraient pas pu s’enrichir avec un pétrole qui, au dire même d’un écolo, est devenu la principale cause de la corruption et est considéré comme « l’excrément du diable »… Pour Trump, Maduro est un Américain comme lui, sauf qu’il est du Sud ; l’Amérique latine c’est toujours l’Amérique, comme l’Ukraine, c’est toujours la Russie. La situation n’est plus celle du temps où les USA attaquaient l’Afghanistan et l’Irak alors qu’ils n’avaient rien à voir avec ces pays. En plus, l’Amérique n’attaque pas le Venezuela alors que la Russie fait la guerre à l’Ukraine pour se la réaccaparer parce qu’elle estime qu’elle fait partie de son empire (c’est criminel peut-être mais logique). Il fallait faire passer à Maduro le goût de trahir son pays, l’Amérique, en l’humiliant au passage en tant que grande gueule qui voulait rivaliser avec celle, plus grande encore, de Trump le dominateur. Pour Trump, tout traître aux USA doit être châtié, c’est sa politique de protestant, il fallait faire un exemple ! En aucun cas, il ne veut coloniser le Véné ; calmez-vous, les gauchieurs… C’est assez clair, ou je rajoute un peu d’eau ?… Il n’y a pas la moindre once de velléité colonialiste dans cette action des Américains. Avec la capture de Maduro, on est loin de l’impérialisme tel que le conçoit le retardataire Mélenchon. Les Américains se sont sentis floués parce que ce sont eux qui avaient raffiné le pétrole du Venezuela, qui s’étaient occupés de l’extraire et d’en faire une richesse (les Venezueliens s’étant montrés incapables d’exploiter correctement leur pétrole), et c’est une fois la chose faite que les dictateurs successifs socialo-tiers-mondistes, Chávez puis Maduro, ont dit aux Yankees : « Non, non, maintenant on le récupère, on vous vole vos structures pour exploiter notre pétrole, car c’est notre pétrole parce que c’est notre sol, donc : ‘‘Bye bye !’’». En vérité, les Américains se sont aperçus que les Venezuelards passaient entre les mailles de l’embargo pour fourguer à bas prix leur pétrole aux Chinois qui, c’est bien connu, adorent ça… C’est à ce moment-là que Trump s’est mis en rogne ! Non seulement Maduro s’est servi du savoir-faire américain, mais il a voulu garder tout le pétrole pour le vendre à des Chinois dont le fric touché bien entendu ne bénéficiait jamais à son peuple réprimé et appauvri par sa faute… Trop facile de crier à « l’impérialisme » après ça. C’est comme ces sales cons de Boliviens qui contestent le coup de force de Trump au nom de l’anti-impérialisme alors qu’en 1967, ils ont fait appel au soutien de la CIA pour liquider le Che qui venait justement chez eux pour les libérer de l’impérialisme des Amerloques, réel celui-là à l’époque… Ah, l’anti-impérialisme à la papa, il a bon dos ! Il faut le revoir de fond en comble, il n’a plus rien à voir avec celui des années 70. Aujourd’hui, pour lutter contre l’impérialisme, il faut lutter contre trois impérialismes à la fois, c’est-à-dire le chinois, l’américain et le russe. Frantz Fanon ne suffit plus, c’est une vieille lune toute noircie, au clair de laquelle il est ridicule de persister à vouloir faire d’une sérénade. En voyant Trump comme le seul rempart contre la Russie et la Chine, les dangereux naïfs des deux côtés, c’est-à-dire les extrêmes gauchistes qui voient l’Amérique toute seule contre le Venezuela et les extrêmes droitistes qui voient Trump tout seul contre la Chine et la Russie, ne comprennent pas que les trois impérialismes sont soudés, sont en liaison bien sûr et feront des affaires ensemble. C’est là que s’impose une expression que j’ai entendue et qui est très bonne : « Quand on n’est pas autour de la table, on est dans l’assiette », et c’est bien ça : l’Europe sera bouffée ! L’Europe, avec ses problèmes de Blancs et d’immigrés, n’aura plus aucune importance près des manips extrêmement vicieuses et machiavéliques des trois impérialismes qui finiront par s’entendre. D’ailleurs, la guerre d’Ukraine ne se résoudra que grâce à une entente entre Poutine et Trump, c’est tout, voilà. C’est comme la Chine et la Russie : ce sera par leur entente que sera réglé le problème de Taïwan…

Les shitstorms sont bibliques, les hate streams sont de l’ordre apocalyptique. Les nuées de hannetons, de sauterelles, les voilà ! Les criquets calamiteux sont là ! Voici quelques exemples pris dans mes dernières interventions sur les réseaux sociaux au sujet de thèmes d’actualité, et qui ont déclenché de véritables déluges merdoyants. J’ai dit que Blanche Gardin n’était pas une antisioniste sincère et qu’elle avait un drôle de culot de se plaindre d’être boycottée alors qu’une bonne partie de son manque de propositions vient de son manque de talent au cinéma. Déluge : je suis un partisan d’Israël, un sioniste et même un Juif qui ne mérite que ça, le déchaînement d’antisionistes, d’antisémites, de Beurs remontés à bloc contre moi, pour prendre la défense de sainte Blanche, excellente actrice en plus… J’ai dit que Brigitte Bardot avait toujours souhaité se faire enterrer chez elle à la Madrague et que de concéder en fin de parcours des funérailles banales pour se retrouver, après toute une vie sauvage de rupture, au sein de son caveau familial, sur fond de sombres histoires de récupération par sa Fondation de sa maison qui aurait pu être un refuge pour les animaux, était une déception quand on aimait et qu’on avait connu Brigitte, comme moi. Déluge : je suis un monstre qui manque de respect à Brigitte, de quoi je me mêle, elle a bien raison de se faire enterrer avec ses vieux après une messe catholique super émouvante, je n’ai pas d’empathie ni de véritable amour pour Bardot, et de toute façon c’était une salope raciste homophobe qui ne méritait que de crever… J’ai dit que Jean Dujardin était un mauvais comédien, juste un comique de groupe pour série télé, et qu’en plus, il était stupide et que ça se voyait, que c’était un sale mec franchouillard pro-flic qui s’y croyait et d’ailleurs, Alain Delon était d’accord avec moi. Déluge : Jean Dujardin est un très grand acteur, je n’y comprends rien, qu’est-ce que j’ai fait moi à côté de lui, je suis une merde et d’ailleurs Alain Delon aussi, qui n’arrive pas à la cheville de Jean Dujardin, l’a bafoué parce que c’était un vieil aigri qui en plus était pédé, et violent avec ses enfants etc. Tout cela sans que ne cesse depuis près de 20 ans les tombereaux d’attaques quasi-quotidiennes de la part des complotistes parce que j’ai dit que le 11-Septembre a été l’œuvre d’Al-Qaïda menée par Ben Laden contre l’Amérique, et que les thèses conspirationnistes inspirées par le corrupteur d’esprits Alain Soral avaient détruit les cerveaux de maintenant deux générations. Déluge : je suis un débile buté qui ne veut pas accepter la réalité, à savoir qu’il s’agissait d’un complot d’Israël et des États-Unis pour réprimer des pays arabes, Soral est un grand homme qui a tout compris à côté de moi et si je persiste dans mon erreur, c’est que je suis un agent satanique sioniste, sinon juif, en tout cas ayant basculé complètement dans le camp des traitres, et pour cela je dois être puni, moqué, exécuté… On en est là … Tant qu’on n’intègrera pas ces nouvelles falsifications de la vérité dans l’étude philosophique et psychologique de l’époque, on ne comprendra rien à la misère de ce temps.

Irantanplan. Il y a quelque chose d’aussi significatif que dégoûtant à voir tant de Juifs sionistes et imbéciles espérer, à grands coups de « hourra ! », qu’advienne une révolution iranienne… Pourtant, la haine des Israéliens envers les mollahs ne m’empêchera pas d’affirmer qu’il existe bel et bien une accointance (pas si secrète) entre le chiisme et le judaïsme… Est-ce que ça suffira pour que les Arabes comprennent qu’il n’y a rien à attendre des chiites qui sont les ennemis de la Palestine, de tout combat anticolonialiste, et même de toute action dite « terroriste » contre l’impérialisme, — impérialisme que la plupart des sunnites intégrés exècrent, mais d’une façon si ringarde ? Je crains que non.

Pourquoi devriez-vous renoncer à votre droit de traverser les déserts étoilés de la vérité ?

R.W. Emerson

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°53 – 5 janvier 2026

Je savais ce que je disais en disant que la démocratie, c’était de l’eau de vaisselle, du jus de merde et que ça finirait mal, ça ne pouvait que capoter à plus ou moins long terme… Regardez ce que sont les réseaux sociaux, et la permission que se donnent à eux-mêmes des demeurés pour dire n’importe quoi sur n’importe qui, pour mentir et proférer avec une arrogance impunie des choses désinformées dans tous les sens. Ils le font au nom de la démocratie, qu’ils appellent maintenant « liberté d’expression », voilà l’aboutissement… On est parti de Clisthène à la fin du VIe siècle avant JC pour s’épanouir à l’âge d’or athénien sous Périclès pendant tout le Ve si loué, mais je suis persuadé, en creusant bien le siècle de Périclès, qu’on pourrait déjà trouver les germes des réseaux sociaux… C’était un démago de première, Périclès, et sa démocratie était une arnaque : il laissait parler les citoyens mais dans une iségorie déjà très « réseau social », où l’Assemblée finalement n’était qu’une préfiguration d’Internet. Thucydide lui léchait le cul, à son Périclès. Et en donnant des droits un peu à n’importe qui, il a encouragé une vomissure narcissique qu’on retrouve aujourd’hui et qui gicle à chaque instant dans les réseaux. Oui ! Je le dis et le redis : l’apothéose dégueuse de la démocratie, ce sont les commentaires sur Twitter-Facebook-TikTok-Instagram-Threads, etc., qui sont l’expression achevée de l’idéal démocratique même. Les réseaux sociaux sont l’exact prolongement de la démocratie, donc il ne faut pas s’en plaindre, ou alors il ne faut pas être démocrate. C’est mon cas. Voilà pourquoi, lorsque dans les années 80, je disais que j’étais contre la démocratie, sans le savoir, en avance, j’étais contre ces réseaux sociaux. Et qu’on ne vienne pas me reprocher de m’en servir moi-même, car quand je le fais, c’est toujours en les utilisant comme des armes de destruction artistique contre le principe même de « démocratie » martelée, matraquée toute la journée par la Société, qui — et c’est l’évidence — a trouvé dans les commentateurs des réseaux un nouveau vivier d’esclaves volontaires, qui croient, en plus, les cons, se révolter contre elle !

C’est difficile de résumer un esprit génial en une seule formule, mais quand on étudie la question, on s’aperçoit qu’un grand artiste est tout le temps génial, et que tout son génie peut se trouver aussi bien dans une grande œuvre travaillée que dans une simple formule, un bon mot, une pirouette verbale. Exemple : l’interlocuteur britannique n° 1 de Douglas Sirk, Jon Halliday, raconte qu’à Lugano, en visite chez le grand cinéaste où celui-ci vivait avec sa femme, celle-ci demanda à Halliday comment s’orthographiait une adresse en Angleterre, « Stanhope ». Halliday répondit à Madame Sirk : « Stan comme dans Stan Laurel et hope comme dans hope » (« espoir » en français)… Alors, de l’autre pièce, ils entendirent Sirk, de sa voix grave, rectifier en disant : « No, hope as in despair ! » Ce qui veut dire « espoir comme dans désespoir ». Ce qui ne veut rien dire puisque dans despair, il n’y a pas le son hope, mais Sirk en avait tiré un sens, et même une philosophie, la sienne… L’espoir est dans le désespoir ! Il y a même un type qui en a fait le titre de son documentaire sur Sirk : Hope as in despair… N’est-ce pas merveilleux ? Sans parler de tout ce que ça dit sur le langage et sur les mots contenus dans d’autres ! Fassbinder, qui appela un de ses films Despair, devait sans doute ignorer cette anecdote.

Crans-Montana. C’est la fête, la fête faite enfer, l’enfer-fête ! 31 décembre 2025 : on fête quoi ? La fin de 2025 ou le début de 2026 ? De toute façon, ce passage pue toujours la mort puisqu’il pue la naissance. Des jeunes entassés au sous-sol d’un bar qui se fait passer pour une boîte de nuit. Ils chantent, ils s’agitent sous une musique débile, ils sont ivres de joie et d’insouciance (l’insouciance est toujours punie) ; on commence à apporter des bouteilles de champagne décorées sur le goulot par des feux de Bengale, dont moi — clubbeur à mes heures — je me gare toujours quand elles approchent à cause de mes yeux. Une jeune serveuse casquée se met sur les épaules de son collègue masqué « anonymous » et brandit comme la statue de la Liberté (ce sera son dernier geste de liberté) son flambeau sur une boutanche, et même deux, car elle en avait une dans chaque main, avec bougie pétillant de feu d’artifice à sa cime. Assassine ! Car c’est elle qui a foutu le feu, c’est cette petite connasse qui a enflammé, comme une botte de paille, la mousse pas du tout ignifuge qui recouvre les plafonds du bouge festif. Ça y est, ça s’embrase ; en une fraction, les flammes bouffent la protection acoustique (parce que si on capitonne les boîtes avec cette merde en polyuréthane, dites-vous bien que c’est uniquement pour atténuer le bruit et ne pas déranger les voisins du dessus : de gros vieux bourgeois suissos qui se couchent à 18 h 30 tous les jours), puis gagnent tout le reste. La fumée se régale à s’épaissir, c’est la panique ! Et d’autres jeunes encore continuent à filmer, à trouver que c’est une « dinguerie », tu vas voir si c’est une dinguerie, connard… Ils filment parce que filmer, quoi qu’il se passe, c’est mieux que de comprendre ce qui se passe… Ils ne sortent pas du selfisme, et ne voient la vie qu’à travers un iPhone : on la connaît, la mentalité du premier quart de ce siècle de ce troisième millénaire ! La mousse, elle est dans leur tête, elle s’est enflammée tout de suite au contact de leur connerie… Ils n’arrivent même plus à accéder à leur instinct de survie le plus élémentaire, ça se situe trop loin, ce truc-là, ça demanderait trop d’efforts pour aller le chercher, il faudrait lâcher un instant les réseaux sociaux pour l’atteindre… Renoncer à une mini petite story, louper un like ? Pas question ! Ça brûle ? Wallah, wesh, le DJ n’arrête pas sa crécelle pour si peu, les paroles de la chanson continuent à tourner… Nouvelle caisse, nouvelle liasse/Rolls-Royce, pétasse/Grosse table, Vingt bouteilles !… Un type avec son T-shirt essaie d’éteindre les flammes : c’est trop sympa, un plafond qui brûle, c’est le show pyrotechnique de la boîte ou quoi ? Ils se marrent tous des flammes qui tombent sur eux… Manne fatale de l’esprit Saint-Sylvestre… N’oublions pas qu’on est en pleine Gen Z… Enfin, ils finissent par s’apercevoir qu’ils ont mis eux-mêmes le feu à leur destin. Faut sortir. Mais par où ? La seule issue de secours est bouchée par un tronc d’arbre pour pas que les gosses partent sans payer (ordre du gérant, un Corse qui s’en fout). Ils sont pris au piège dans la cave de la mort, essayant de monter par un petit escalier, mais ils sont 400… La cohue est cuite. Alcool + feu = explosion. Boum ! Malgré la fumée aveuglante et étouffante, certains arrivent jusqu’au rez-de-chaussée, cassent les vitres en plexiglas pour s’extraire, d’autres, asphyxiés, restent sur place, terrassés par les vapeurs toxiques. Témoins et secours grouillent dehors face au Constellation… Appeler un bar à vin de nuit « Le Constellation » ! L’Outre-club, moi je l’aurais intitulé. Certains badauds parlent de cauchemar, trouvent que tout ce feu, ça fait « froid dans le dos »… C’est de là qu’on voit des types bondir du bar en hurlant, les cheveux crépus d’avoir été cramés, toutes les veines de leur corps, quand il en reste encore, palpitantes et noires comme des tuyaux de pétrole. On ne peut plus distinguer les vêtements de la peau puisque la peau est devenue une sorte de vêtement en haillons, des haillons de peau. Les autres exsudent de leur propre substance. Le feu infernal les a fait fondre, ils ont le visage comme ceux des personnages de Soutine ou de Bacon, et d’ailleurs ils sentent le bacon grillé. Il y a de tout : des Suisses, des Belges, des Serbes, des Français, des Italiens. La plupart n’ont pas 20 ans, ils s’en souviendront du Nouvel an ; non, ils ne s’en souviendront plus… Les survivants, c’est comme si Dieu avait mis le feu à quelque chose en eux, pour que plus jamais ils ne se disent « réveillonnons ! », mais « réveillons-nous ! ». Annulez en vous cette funeste avidité de « faire la fête ». Et foutez-vous ces maudites bougies étincelantes au cul incandescent !…

Les Suisses ont bien raison de reprocher aux Français d’être « un peuple de haine » en voyant sur les réseaux sociaux des commentaires aberrants d’envieux prolos sur le sinistre… Quand ce n’est pas un complot des banques suisses, c’est la moralisation sur l’âge des victimes qui les excitent, ou alors la prétendue richesse des familles, ou encore le maquillage trop sexy d’une mère en pleurs à la recherche de son fils… Alors que ce sont les journalistes plutôt qu’il faudrait fustiger pour leurs expressions indélicates ; exemple : « J’imagine, madame, que dans ce drame, ça vous fait chaud au cœur de voir tous ces gens qui sont empathiques avec vous… » Chaud au cœur, c’est le mot ! Et tout le monde trouve normal qu’on vienne se recueillir devant le bar dès le lendemain de l’accident pour y déposer et allumer des… bougies ! OK, mais il ne faut pas oublier non plus que de l’autre côté, les Suisses sont tous des cons. Encore un exemple ? Comme les victimes, morts (40) et blessés (119), sont devenues méconnaissables, des « humains non identifiés », afin de ne pas donner de « faux espoirs » à leurs parents et protéger ceux-là du spectacle morbide de leurs progénitures défigurées, les autorités helvétiques refusent de donner des infos sur qui est qui et où est qui !… Les grands brûlés dispatchés anonymement dans plusieurs hôpitaux d’Europe peuvent crever tout seuls, la pudeur est sauve… À un père qui insistait trop, la police a finalement envoyé une photo d’un orteil pour qu’il reconnaisse son fils… Tous les Suisses sont très cons, je vous le disais, sauf un : Charles Ferdinand Ramuz, qui a écrit les plus beaux romans, notamment sur le Valais qui n’était pas sa région, et je le soupçonne en tant que protestant de s’y être intéressé perversement parce que les catholiques étaient d’excellents spécimens à propulser dans ses épopées lyriques de pathétiques paysans torturés. Ramuz, définitivement l’un des plus grands écrivains au monde, a écrit beaucoup de livres sur le canton… Récemment, la Suisse a d’ailleurs connu une catastrophe ramuzienne, à Blatten, pas loin de Crans, qui a rappelé le craquement du glacier dans La Grande Peur dans la montagne (1926), plus encore que l’éboulement dans Derborence (1934) : le 28 mai 2025, le Birch s’est effondré, lâchant une coulée de boue et des tonnes de pierres qui ont pratiquement enseveli tout le village de Blatten ; il a fallu sauver les bêtes : on a vu des vaches hélitreuillées monter jusqu’au au ciel !… En parlant de ciel, je ne saurais mieux conseiller aux familles de feu leurs enfants disparus au Constellation de lire, pour tenter de se consoler un peu, un roman de Ramuz qui s’appelle Terre du ciel (1921) : ça se déroule dans le coin encore, à Lens, entre Sion et Crans-sur-Sierre. Incipit : « Alors ceux qui furent appelés se mirent debout hors du tombeau. » 300 morts ressuscités débarquent de « la vie d’avant ». Ils découvrent un monde parfait, chacun reprend son métier mais en hobby ; les amoureux empêchés jadis se marient ; les bébés noyés respirent à nouveau ; l’aveugle voit ; tous revivent dans un bonheur parfait où il n’y a ni peur ni regretmais où on se fait un peu chier… Un chasseur, à la poursuite d’une chèvre dans un gouffre, découvre d’autres anciens morts, mais ceux-là sont des damnés, des « punis » au corps peint en noir et rouge. Ça fout la trouille aux élus qui prennent conscience de leur chance de revivre en bienheureux…

Un des péchés mignons de Ramuz, c’était de déclencher des incendies, surtout à la fin de ses histoires. Dans la nouvelle Le Feu à Cheyseron (1912) devenue La Séparation des races (1923), mais aussi à la fin de Jean-Luc persécuté (1908) où le héros, pour se venger de sa femme qui l’a fait cocu, par jalousie, l’enferme dans une grange avec son nouvel enfant et y fout le feu… Ah, ils sont sympas, ces Valaisans cathos ! Quelques lignes suffisent pour comprendre à quel point Ramuz est immense : Elle se mit à sangloter, elle embrassait l’enfant parmi ses larmes. Jean-Luc n’écoutait point. Le feu montait ; Christine se roula par terre, elle se tordait de douleur. La flamme était déjà plus grande ; le vent l’attisait maintenant, elle s’élança vers le toit, elle claquait, recourbée vers le bout. Puis, à un nouveau coup de vent, on vit le brasier rougir par-dessous, et soudain gagner en largeur. Une fumée blanche montait, bientôt rabattue, courant sur le toit, puis s’éparpillant ; elle bleuit et s’amincit, la flamme toucha le bord du toit ; les brindilles qui dépassaient s’enflammèrent l’une après l’autre. Et Jean-Luc fut content et se mit à sourire. Les cris diminuaient, devenus sourds, comme épuisés ; les cris cessèrent. Car, s’étant reculée et roulée dans le foin, à présent elle ne luttait plus ; — les genoux remontés, cachant l’enfant dans le creux de sa jupe, elle regardait avec des grands yeux la mort venir, et attendait. Une poutre déjà consumée s’abattit sous le poids du toit, et le vent creusait dans le tas de foin mis à nu, faisant comme une grotte rouge ; il examina encore son œuvre, vit qu’elle était bonne, puis partit en courant. Et, arrivé au bois, il se retourna : le feu gagnait toujours, droit comme une colonne, au-dessus du fenil ; l’odeur de la fumée se… 

Évidemment, ce à quoi fait penser l’incendie du Constellation à Crans-Montana pour ce réveillon tragique, c’est à celui du Bazar de la Charité en 1897 que Léon Bloy a immortalisé — a commencé à immortaliser je dirais plutôt, vu ce qui va suivre derrière… Dans un article inséré dans son Journal intime, Bloy exégèse ce fait divers dans lequel il voit un signe eschatologique des derniers temps. C’était un bâtiment installé dans le 8e arrondissement de Paris pour assouvir la bonne conscience des richards de l’époque, une fête aussi, de bienfaisance, qui a été gâchée par un embrasement intempestif dont Bloy s’est réjoui, car les victimes étaient presque uniquement des dames (110 mortes) « carbonisées hier soir en moins d’une heure », punies d’avoir voulu faire l’aumône si bassement, si vulgairement. Le belluaire s’ulcérait que le mot de bazar pût être accolé à celui de charité… Pour lui, ce qu’il y a « d’affolant, de détraquant, de désespérant », ce n’est pas l’incendie :  « Non, c’est le spectacle véritablement monstrueux de l’hypocrisie universelle. C’est de voir tout ce qui tient une plume mentir effrontément aux autres et à soi-même. Enfin, et surtout, c’est le mépris immense et tranquille de tous à peu près sans exception, pour ce que Dieu dit et ce que Dieu fait. Le caractère spécial et les circonstances de cet événement, sa promptitude foudroyante, presque inconcevable, qui a rendu impossible tout secours et dont il y a peu d’exemples depuis le Feu du Ciel, l’aspect uniforme des cadavres sur qui le Symbole de la Charité s’est acharné avec une sorte de rage divine, comme s’il s’agissait de venger une prévarication sans nom, tout cela pourtant était assez clair. Tout cela avait la marque bien indéniable d’un châtiment et d’autant plus que des innocents étaient frappés avec des coupables, ce qui est l’empreinte biblique des Cinq Doigts de la Main Divine. Cette pensée si naturelle : Dieu frappe, donc il frappe avec justice, ne s’est présentée à l’esprit de personne, ou, si elle s’est présentée, elle a été écartée immédiatement avec horreur. Ah ! s’il s’était agi d’une population de mineurs, gens aux mains sales, on aurait peut-être vu plus clair, les yeux étant beaucoup moins remplis de larmes. Mais, des duchesses ou des banquières qui ‘‘s’étaient réunies pour faire le bien’’, comme l’a positivement dit le généreux gaga François Coppée, songez donc, chère Madame ! » 

Mais le  pompon royal vainqueur des écrivains écrivant sur les incendies revient largement, et sur le même sujet que Bloy (c’est ça qui est drôle), à Paul Morand… J’étais parti pour reproduire ici quelques phrases, à la limite un ou deux paragraphes, je veux bien en sacrifier plusieurs des miens dans l’espace de ma Feuille, les sacrifier, les jeter au bûcher pour pouvoir citer Paul plus amplement, mais c’est impossible : c’est toute la deuxième moitié de la nouvelle Le Bazar de la Charité (dans le recueil Fin de siècle, 1944) qui serait non seulement à citer intégralement, mais à apprendre par cœur tellement c’est un sommet d’écriture incendiaire ! La description que Paul Morand fait de l’incendie du Bazar de la Charité, avec tous les détails sur les vêtements qui brûlent de ces grandes bourgeoises et aristos consumées, est une véritable mise en scène lexicale qui lui sert à faire un film mieux qu’un film de cette catastrophe (d’ailleurs due à l’enflammement d’un appareil cinématographique qui incitera les frères Lumière à améliorer leurs machines). C’est comme si Paul Morand y était… Mais il y était, enfant ! Il n’avait pas pu ressentir tout ça à 9 ans (quoique…), mais ce qu’il en fera plus tard est prodigieux. Je me contenterai de recopier ce qu’il a dit dans Archives du XXe siècle au micro de Pierre-André Boutang en 1970 en se remémorant ce souvenir : « Je revenais justement de la rue de Monceau, j’habitais à ce moment-là rue Marignan, chez ma grand-mère, et on a vu beaucoup de fumée rue Jean-Goujon. Il était 5 h du soir et avec la gouvernante qui m’accompagnait, j’ai couru rue Jean-Goujon et je me rappelle très bien avoir vu les gens qu’on emportait sur des civières, toute la société qui avait plus ou moins grillé parce qu’un cinéma avait pris feu, et il y avait un grand hôtel en face qui s’appelait l’hôtel Porgès, je vois encore toutes les portes, la peinture toute pleine, dégoulinante de cloques, parce que la chaleur était telle que les maisons d’en face commençaient à rôtir elles aussi. »

Résistez beaucoup, obéissez peu.

Walt Whitman

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°52 – 29 décembre 2025

Martin Parr est mort, et assez jeune quand même (73 ans). Le célèbre photographe british trimbalait son cancer qui ne l’a pas empêché de travailler jusqu’au bout : on le voyait en chandail bariolé, chapeau cabossé, et sandales de Gémeaux ringard, poussant son déambulateur (en vérité, un fauteuil roulant replié) avec son appareil photo pendu à son cou ou fixé à sa machine qui l’aidait à marcher, pour continuer à photographier le monde, comme Renoir qui, à la fin, handicapé, peignait avec ses pinceaux fixés par des élastiques à ses mains atrophiées, ou comme Degas et Monet qui, malgré leurs dégénérescence maculaire et cataracte respectives, persistaient à faire sortir de leur brouillard tutus et nénuphars… Parr disait que ces dernières années, sentant son temps compté, il avait redoublé le pain qu’il se mettait sur la planche avant de finir entre quatre autres… C’était évidemment le plus grand photographe contemporain avec David Hamilton. Les photographes vraiment artistes se comptent sur les doigts de la main du XXe siècle : Man Ray, William Klein, Rodtchenko, Gjon Mili, qui sont dans l’art, et pas dans l’esthétique… Sans parler, toutes époques confondues, des deux meilleurs, et pour une seule photo chacun, et qui se ressemblent (je parle de leurs sujets) : Carjat et Korda… Surcotés, les Lartigue, Doisneau ou Cartier-Bresson ! Doisneau, c’est sentimental et Lartigue, ça a beaucoup vieilli. Cartier-Bresson, qui avait tout fait pour barrer l’entrée de Martin Parr à l’agence Magnum, tellement il était soi-disant choqué par ses couleurs… Jaloux, oui ! Par la suite, c’est toute l’agence Magnum qui reposait sur Martin Parr ! Cartier et Cie sont dans le joli, ils font attention que tout rentre bien proprement dans leurs cadres avec de « superbes » noir et blanc qui témoignent parfaitement de « leur » temps… Mais c’est zéro à côté de Parr qui, lui, a fait un véritable boulot anthropologique et de documentariste. Un seul cliché, et on sait que c’est lui (c’est la marque des stylistes) : couleurs flashy, compositions ready-made en quelque sorte, sans rien toucher de ce qu’il a devant lui, et sans que personne quasiment ne pose pour ses photos… Carreaux, pois, rayures ; dès qu’il y avait un panneau coloré, un pull qui fait mal aux yeux, un papier peint criard, une toile cirée kitsch, Martin dégainait son Canon… Couples en train de bouffer, doughnuts, hot-dogs, hamburgers, et même mouettes se tapant des frites, en gros plan, comme ce pied aux ongles faits, ou cette guêpe dans une coupe de confiture de fraise bas de gamme ou encore cette tête de cygne ahuri… D’ailleurs, beaucoup d’analogies entre gens et animaux, dans des scènes chopées au vol par l’œil du hasard parrien… Chaussettes, canettes, pantoufles, casquettes, lunettes, chiens-chiens, mémères, gâteaux, déchets, familles, poubelles, pancartes,  sandwiches… Martin Parr était un pamphlétaire par la photographie ; il n’a pas arrêté de se foutre de la gueule (et quelquefois avec compassion) des résultats de la société de consommation alimentée par les connards d’êtres humains agglutinés en masse dans des garden-partys, des dancings, des salles de gym, ou bien glandant devant des self-services et autres stations d’essence… Queues au supermarché, enfants sur des manèges, dans des poussettes, des caddies… Indiens en train de se faire des selfies, Japonais qui piquent du nez dans le métro… Mais son grand truc, c’était les plages ! Là, parasols, chaises longues, slips de bain, serviettes, jeux dans le sable, ballons, bouées, vieille bronzée roupillant avec coques bleues sur les yeux… Et tous ces corps en foule balnéaire ! Moi je pense que son goût pour les couleurs vives vient de son protestantisme, il n’y a que ça dans les villages protestants, aussi bien en Amérique que dans le nord : en Norvège, chez les puritains, les volets et les portes que tous les habitants laissent ouverts à l’envi sont peints en couleurs éclatantes. Le grand-père de Parr était pasteur méthodiste ; c’est des kermesses d’après cènes dans les temples que lui est venu le goût de photographier des groupes… Au début, pendant quinze ans, il fixait en noir et blanc des « célébrations », ou ses propres incursions dans des communautés agricoles, des hôpitaux psychiatriques, des manifs de mineurs en Irlande, etc., car il était « social », mais avec la couleur, il est passé à la critique acide et donc acidulée ! Attention, Martin avait une sacrée technique ! Pour saturer ses couleurs, il utilisait le flash en plein jour, « annulaire », à éclairage circulaire, pour éliminer les ombres… Et pour les détails en très gros plans, avec une mise au point sur l’infiniment petit, son instrument préféré était l’objectif « macro »… Grâce à celui-ci, Parr le disait lui-même : il obtenait « un premier plan très net et coloré tandis que l’arrière-plan flou reste lisible ». Le téléobjectif, c’était pour les plages justement, pour ne pas être trop près et risquer d’être traité de pédophile lorsqu’il immortalisait des gosses léchant leurs ice creams (aujourd’hui on l’obligerait à flouter les visages des kids). Enfin, Parr a créé une fondation à Bristol (MPF) rassemblant toutes ses archives… Atelier de numérisation et d’impression de ses clichés, posters, affiches, cartes postales… Laboratoire où il faisait ses tirages qu’il vendait aussi. Et une bibliothèque énorme de ses livres de photos et de ceux d’autres, que les gens peuvent venir consulter aujourd’hui encore. C’était aussi l’endroit où on pouvait venir voir ses œuvres accrochées dans une galerie incorporée ! Mon rêve ! Et pour couronner ce tout vivant, une collection d’objets bizarres autour des présidents, des dictateurs, des terroristes, des chiens envoyés dans l’espace : assiettes, mugs, jouets, montres, tout ça en vitrine dans une salle exprès et qui se visite aussi… Le Monde a titré à sa mort : Martin Parr, extraordinaire photographe de la banalité, mais pas du tout ! Aucune banalité ; il n’y a pas plus une banalité du bien qu’il y a une banalité du mal. Martin Parr voulait dévoiler « les ambiguïtés et les contradictions » de ce monde occidental détruit depuis 50 ans par la pollution et la baffrerie tous azimuts ; il faisait de la fiction instantanée en chopant le réel bien vu. Martin Parr se considérait comme un « photographe documentaire ». Ne rien toucher à la réalité : la voir.

Agriculteurs. Les veaux et les moutons qui sont pour la vaccination des bêtes sont les mêmes que ceux qui étaient contre la vaccination des humains du temps du Covid. Meuh !… Bêêê… 

On vit dans un monde mi-Franz Kafka mi-Jacques Tati pour le fonctionnement, et pour les personnages, ce sont des monstres entre Otto Dix et Georges Grosz, au mieux ; sinon c’est du James Ensor…

Ça y est ! Eurêka ! J’ai trouvé ce qui constitue l’être humain (rien que ça). C’est un mélange de bêtise, d’inconscience, d’ignorance, d’orgueil, de lâcheté et de limite mentale. Avec la Superficialité et l’Approximation en mamelles ! 

Tous ces « de gauche » qui croyaient que ce n’était pas grave d’être soupçonné d’antisémitisme : Gaccio, Chikirou, Blanche Gardin, Guillaume Meurice, et le dernier en date : Julien Théry… Maintenant qu’ils en sont carrément accusés, ils comprennent peut-être qu’ils ne s’en relèveront jamais. C’est une étoile qui rit jaune cousue sur leur poitrine pour la vie… C’est normal qu’au moment de la charge contre eux, je sois toujours cité par leurs ennemis pour mieux les enfoncer, car je suis le maître étalon de l’antisémitisme ! Mes « bienvenus au club » mesurent ainsi ce que moi j’ai enduré depuis 1985 ; on verra si dans 40 ans, ils auront tenu le coup aussi fort, aussi bien.

« La beauté, c’est l’harmonie du hasard et du bien ». Un des rares aphorismes de Simone Weil (que j’adore) qui est faux. Pourquoi ? Parce qu’elle était laide et pas artiste : raisons pour lesquelles elle ne pouvait pas comprendre ce qu’était la beauté qui n’a rien à voir ni avec l’harmonie (voir Soutine), encore moins avec le hasard (voir Mallarmé), et au-delà de tout avec le bien (voir le marquis de Sade, mon frère !).

Gaston Modot dans L’Âge d’or qui se fait manger les doigts par une femme excitée avant de lui caresser les joues avec son moignon, puis qui a soudain son visage qui ruisselle de sang en lui disant « mon amour mon amour mon amour ! », ou alors Pierre Batcheff dans Un Chien Andalou qui caresse des seins qui se transforment en cul, et qui bave du sang d’extase parce que toucher des seins, c’est au-delà de tout : c’est exactement ce qu’il faut ressentir, sinon la vie ne vaut absolument pas la peine d’être vécue, ou mieux : elle vaut absolument la peine de ne pas être vécue !

L’une des preuves de la bêtise, du manque de curiosité et de l’inculture crasse des acteurs, c’est qu’avant qu’on leur propose le rôle de quelqu’un de connu pour en faire le biopic, ils ne savaient rien, absolument rien du personnage. Dans toute leur putain de vivoterie narcissico-people, ces fainéants d’âme n’ont jamais eu assez d’amour ni de curiosité pour s’intéresser d’eux-mêmes à l’artiste en question, comment voulez-vous qu’il le joue bien ensuite ? J’aimerais bien savoir ce que représentait Rodin pour Vincent Lindon quand il a décroché le rôle ; et sa femme, Sandrine Kiberlain, lorsqu’elle fut choisie pour interpréter Sarah Bernhardt, que connaissait-elle de la grande amie de Sacha Guitry ? Pire encore : Louis Garrel et Vincent Cassel, au moment où on les a engagés pour tourner dans un navet sur Saint-Exupéry et Guillaumet, qu’est-ce qu’ils pouvaient bien connaître des deux aviateurs ? Nothing, of course ! 

Pascal aujourd’hui ne parlerait plus de « roseau pensant », mais de réseaux non pensants.

Le problème avec Olivier Messiaen, c’est qu’il veut imiter le son des oiseaux et quand il le refait lui-même avec la bouche, c’est édulcoré. Déjà, c’est faux : il n’a pas tant d’oreille que ça, et après, il le transpose au piano, alors que ce n’est pas du tout l’instrument pour… Pour commencer, il aurait fallu que Messiaen montre qu’il ait compris les chants des oiseaux en les sifflant parfaitement, puis qu’il les reproduise avec un instrument à anche au minimum, peut-être un hautbois, un soprano, un alto, quelque chose comme ça, mais pas le piano ! De grâce ! 

Callas devait tourner Médée, mais avec Dreyer.

Napoléon : 1,68 m.
Charlie Chaplin, Buster Keaton, Audie Murphy : 1,65 m.
Mozart : 1,63 m. 
Heidegger (plus petit encore).

Je suis pour l’Éternuement qui détruira tout… Par l’expulsion, le salut viendra de l’Atchoum mondial ! Voir la fantastique bande dessinée de Winsor McCay, Le petit Sammy éternue (Little Sammy Sneeze), 1904. 

Kazantzaki n’était pas content de la traduction française du titre de son roman Le Capétan Mikhális (1953) retraçant la révolte des Crétois contre les Turcs à la fin du XIXe siècle : La Liberté ou la Mort (Plon, 1956)… En effet, lui il voulait que ce soit La Liberté et la Mort (ce qui a été corrigé dans les éditions suivantes) ; ça, c’est un vrai programme politique : on libère son pays et on meurt ! C’est pas la liberté contre le risque de mourir ; c’est la certitude de mourir qui n’empêche pas de gagner sa liberté, c’est-à-dire une seconde vie… Toujours ces histoires de traduction… Ça rappelle celle du fameux livre de Dostoïevski qui s’est longtemps intitulé Souvenirs de la maison des morts. Pour une fois, André Markowicz a eu raison : il l’a modifié en « maison morte » car ce ne sont pas les co-détenus de Dosto qui étaient morts, mais le bagne lui-même où ils étaient tous enfermés. Il est donc plus juste de titrer Les Carnets de la maison morte, sauf que Записки из Мёртвого дома en russe sonne encore plus sec, plus coupant et violent. Il n’y a ni « souvenirs » ni « carnets », et une inversion qui fait bizarre mais qui passe en français… Attention, les yeux… Zapiski iz Mortvogo doma, ça veut dire littéralement : Remarques de la morte maison.

Ma mère n’a pas réussi à me mater, ce n’est pas la société qui va y arriver.

Mon Nabe, comment peux-tu penser que je puisse t’oublier ? Jamais tu entends !

                                                                                                                              Brigitte Bardot

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°51 – 22 décembre 2025

Attentat de Sydney. Des fusillades à l’aveugle sur des communautés, pas seulement juives, il y en a déjà eu plein (celle d’Anders Breivik à Utøya en 2011), mais celle sur la plage de Bondi en Australie qui vient d’avoir lieu est une démonstration de plus de la profondeur de l’enracinement du complotisme dans ce début de siècle (déjà 25 ans…). Deux musulmans pakistanais, père et fils, dont l’un made in Daesh, tirent à ciel ouvert à la carabine et au fusil sur des plagistes juifs en train de fêter Hanouka, et ils tuent 15 personnes. Un Syrien saute par derrière au cou d’un des terroristes, le père, le désarme, le fait tomber au sol, le tient en joue plutôt que de le tuer (car il ne savait pas se servir d’un fusil), avant que ne s’en charge la police qui, elle, donc, abat le terro. Son fils, pour venger son père, vise le sauveteur héroïque : deux balles atteindront celui-ci, une dans la main, une dans le bras. Le fils est arrêté sans être abattu. Ça, c’est les faits. Mais très vite, c’est la « thèse » conspie, sur les réseaux, qui les écrase largement : ça ne peut pas être un musulman qui a sauvé des Juifs, c’est donc un Juif déguisé en musulman qui a désarmé l’un des deux musulmans pseudo-terroristes dont l’un se réclame de Daesh, mais comme Daesh, c’est Israël, les deux tueurs sont en vérité des Israéliens déguisés en musulmans et qui ont tiré sur d’autres Juifs pour faire croire que les musulmans sont tous des assassins ontologiquement ! Le Mossad n’en est pas à 15 morts près, les Israéliens ont délibérément tué leurs propres frères pour que la lutte contre l’antisémitisme, et donc contre la Palestine, soit encore plus accrue … Résultat : tueurs, victimes, héros : tout le monde est juif ! C’est si simple, la vie… Le cap franchi avec Sydney, c’est qu’il n’y a même plus l’obligation d’avoir un minimum de logique dans la connerie conspirationniste. Il suffit de dérouler son bobard préétabli sans faire l’effort de le rendre intelligible puisque nous sommes dans le monde de la « post-Vérité » (où entre parenthèses, on accuse les anticonspis d’être d’obéissants employés du ministère de la Vérité orwellien !). Et comme toujours, les abrutis du Komplot sont bloqués : ils ne peuvent pas aller plus loin, c’est-à-dire expliquer comment, si des Juifs, sous faux drapeau de Daesh, avaient été pilotés pour tuer à bout portant d’autres Juifs sur une plage lors de la fête d’Hanouka, le Mossad aurait pu organiser en amont un tel truc, et à quel niveau d’implications la police australienne, puis la justice y seraient mouillées… C’est à ce moment-là que, n’ayant aucune réponse à fournir, et ne voulant pas prendre le risque de se mélanger les pinceaux dans le tapis et d’être démasqués en tant que pauvres gros connards, ils arrêtent, et puis c’est bon ! Hop, on passe à autre chose… Non, on ne va pas passer à autre chose ! À délirer pour délirer, moi aussi, je peux en inventer une, de thèse conspie : le père et le fils tueurs de Bondi étaient des descendants de Séleucides, ces Grecs qui, à Jérusalem, en 167 avant Jésus-Christ, sous les ordres du roi Antiochos, avaient profané le temple des Juifs dominés en Judée et qui rechignaient à l’hellénisation de toute la large région (Alexandre le Grand ayant auparavant tout conquis, de l’Anatolie à l’Indus). Et c’est à ce titre que les guerriers néo-Hellènes (pas du tout pakis) d’Australie ont tiré dans le tas des Juifs bronzant à Bondi beach. L’attentat est une revanche grecque sur la révolte des Maccabées qui s’étaient rebellés… C’est bon ? Voilà au moins un n’importe quoi qui se tient ! Et qu’on ne peut comprendre que si on a un minimum de connaissances historiques sur le point crucial de cet attentat à Sydney, que personne ne semble vouloir développer, et qui est qu’il a eu lieu pendant Hanouka, je dirais même pour Hanouka. Mais késako, Hanouka ? Pour cette tête de gland exsangue d’Alain Soral, Hanouka c’est la trahison de Juifs qui avaient été les hôtes des Grecs et qui ont attaqué sournoisement ceux-là dans une révolte dégueulasse que les Juifs d’aujourd’hui fêtent avec indécence… Soral a encore perdu une belle occasion de ne pas montrer l’ampleur ridicule de son ignorance péremptoire lorsqu’il a tweeté ; je cite : « Puisque les fêtes d’Hanouka arrivent, rappelons qu’elles célèbrent la victoire des Maccabées sur les Grecs. Soit, une fois de plus, le séparatisme agressif des juifs envers la civilisation hôte qu’est notre civilisation grecque humaniste et universaliste ! » J’aime bien le « notre », alors que ce Savoyard au cerveau fondu dans son caquelon de crâne n’a rien à voir avec la grécité… Encore une fois, le corrupteur d’âmes montre son inculture et sa torsion des faits, et il ne se l’est pas envoyé dire dans les choux ! Par des Juifs évidemment, qui, sur ce coup, comme sur beaucoup d’autres, ont raison, mais pas que : « Euh… non, ils fêtent la reprise du temple de Jérusalem (donc… leur temple) occupés par les dits-Grecs qui l’occupaient en imposant un culte helléniste. En gros, les juifs ont lutté contre leur colon 2 siècles avec J-C. » Ou encore : « Les Maccabées luttaient contre les Séleucides qui leur imposaient idoles et culture (certes brillante). Autant condamner Arminius ou Vercingétorix. Soyons moins cons et globalisant qu’eux. » Ou alors, dans un style plus franchement anti-hellénique : « Mais espèce de tocard pourquoi les grecs nous ont clc à Jérusalem on leurs a rien demandé ils se sont mangé une raclée monumentale eux et leurs Hercules de mes c… ». Toujours porté cahin-caha (pour ne pas dire Caïn Caca) par sa binarité habituelle, Soral, dans son piteux post, a exposé sa grande lacune biblique : il ignore complètement qu’il n’y avait pas d’un côté les Grecs « hôtes » sympas, et de l’autre côté les Juifs « séparatistes agressifs »… D’ailleurs, ceux qui l’ont mouché sur X occultent eux aussi un troisième élément… Tous ignorent ou font semblant d’ignorer ce que signifie la fête d’Hanouka. Un Soral a tout faux lorsqu’il dit qu’il s’agissait de la vengeance des Juifs contre les Grecs qui les avaient gentiment accueillis, mais les sionistes, qui ne savent que proférer que ce sont les Grecs qui étaient venus envahir spécialement la Judée, et que tous les Juifs se sont défendus contre eux, et que c’est pour ça qu’ils fêtent ce jour-là une de leurs rares victoires bien antérieures à la Guerre des 6 jours en 1967, à celle du Kippour en 1973 et à la dernière en date : la « guerre » de Gaza en 2023, ont faux aussi… La vérité est encore ailleurs… À ce niveau, un petit paragraphe historique s’impose dans cette Feuille nabienne… 

Il y avait deux tendances chez les Juifs : les adeptes conservateurs du ioudaïsmós qui voulaient imposer la Loi juive et poursuivre ses rites, et les partisans de l’hellênísmos, qui, eux, voulaient profiter à la civilisation grecque et fuir le judaïsme. Les conflits étant si incessants et insupportables entre Juifs hellénisants et Juifs judaïsants qui se disputaient devant tout le monde d’une façon dégoûtante qu’Antiochos s’est dit : « Puisque ces cons s’empoignent tous à cause de la Loi, je supprime la Loi. » Il a donc interdit la circoncision, les holocaustes, le sabbat, et tout le toutim azyme, et forcé les Juifs tradis à bouffer des barbaques dites impures et hors-la-Loi. C’est alors que les Maccabées se révoltèrent et prirent les armes. C’est ce qu’on appelle « la révolte des Maccabées », signalée dans les Livres des Maccabées 1 et 2 (jetés aux orties du canon protestant par Luther !), et qui n’a pas fait se confronter seulement les forces séleucides aux Juifs unis contre le paganisme grec, mais de grands prêtres collabos du Temple qui, avant même la révolte, cherchaient à s’ouvrir à la Grèce, et ceux qui s’y opposaient formellement, c’est-à-dire les tenants de l’identité juive pure porc, si je puis dire… Concentrés sur leurs fioles d’huile et aveuglés par les petites lumières de leurs candélabres à neuf vieilles branches, les fiestateurs d’Hanouka ne disent jamais que ce ne sont pas seulement les Grecs qui voulaient helléniser les Juifs ; ce sont d’autres Juifs, fans de ce qu’on appelle la déjudaïsation, qui désiraient ardemment, pour ne pas dire violemment, laisser tomber ce « zèle pour la Loi » arriéré ! Les commentateurs qui ne tiennent pas compte de ces fractures inter-juives ne sont pas sérieux. Ça a commencé par de la guérilla rurale avant que les Maccab’s ne se disciplinent et s’attaquent aux Grecs à proprement parler. C’est parce que les Grecs étaient les plus armés et qu’ils ont résisté le plus spectaculairement à cette mutinerie maccabéenne, plus religieuse que nationaliste, qu’on a cru que les Juifs, pour le coup « agressifs », n’avaient eu à se battre que contre les hommes d’Antiochos…

La révolte des Maccabées fut inspirée avant tout par une bagarre entre Juifs mal arbitrée par Antiochos…C’était un provo, cet Antiochos : pour bien faire chier les Juifs, il est allé sacrifier un porc à Zeus dans le Temple, ce qui a été vu comme une « abomination de la désolation » par les Juifs aussi effrayés par cet animal que le seront les musulmans. Mais le véritable déclencheur de la « Révolte » maccabéenne est un autre sacrifice — autant dire un meurtre — , non d’un porc mais d’un Juif hellénisé que les judaïsants ont liquidé pour cause de trahison de la Torah. Ce fut le signal de départ à la baston, d’abord entre Juifs divisés puis entre Maccabées et Séleucides. Et hard dans les deux sens, attention ! Les Maccabées eux aussi ont procédé à des destructions de temples, païens ceux-là… Il faudra trois ans aux Judéens fanatiques de la Loi ancestrale pour nettoyer leur putain de Temple, y rétablir le culte juif, et encore vingt ans de plus pour qu’ils se déshellénisent, et pas entièrement car les Maccabées eux-mêmes finirent par céder et accepter que leur nouveau grand prêtre soit nommé par un consistoire grec , si je puis dire bis, ce qui ouvrait la porte à l’accession de Jérusalem au statut de vraie capitale sacrée en plein royaume séleucide… Tout ça pour sale…  Les fameux Maccabées avaient enfin compris que le salut d’Israël était à ce prix. De toute façon, rejeter la Grèce était une grosse connerie de leur part : ça leur fit perdre plusieurs siècles de civilisation.

Alexandre rêvait de faire fusionner l’Orient et l’Occident, mais les Juifs paranos et orgueilleux ont cru que ça s’adressait à eux et ne tenaient pas du tout à ce que le judaïsme se fonde dans l’hellénisme ; pourquoi ? Eux, pourtant si colons dans l’âme, disaient vouloir se libérer du joug grec « colonialiste » alors qu’à cette époque-là, ça faisait déjà presque 1000 ans qu’eux-mêmes occupaient le terrain pseudo-promis de Canaan après en avoir chassé (« ôte-toi de là que je te mette ! ») les peuplades qui y vivaient : Amorites, Jébuséens, Perizzites, Hivvites, Hittites, Girgashites ; bref, l’ensemble des Cananéens… À colon, colon et demi… Les Grecs n’étaient pas de gros beaufs colonisateurs destructeurs ayant particulièrement les Juifs dans le nez (c’est quoi, cet imaginaire victimaire rétroprojeté ?), comme le seront les Romains 70 ans après Jésus-Christ, qui ont détruit, et pas seulement « sali », le second temple (ce qui entraînera une nouvelle révolte de la part des Juifs occupés)… Et, contrairement à ce que prétendent les Juifs sionistissimes d’aujourd’hui qui célèbrent Hanouka, la victoire des Maccabées n’est pas une préfiguration de toutes celles des Juifs qui combattront l’envahisseur arabe plus tard ; certains fils de putes osant même dire que finalement, les Israéliens de 2023-2025, qui ne font que se défendre depuis le 7-Octobre (on connait la chanson), sont des sortes de Maccabées en uniforme de Tsahal chargés d’éliminer à Gaza les descendants des Arabes qui les avaient envahis comme les Séleucides (seuls lucides ?) l’avaient fait au IIe siècle avant Machin !… Tout ça pour dire que c’est le crime des crimes, anti-judaïque beaucoup plus qu’antisémite, qu’ont perpétré les deux terroristes père et fils (rien que ça, c’est biblique) à Sydney le 14 décembre 2025, en s’attaquant à Hanouka (pas à Hanouna : stop à l’antihanounamitisme !), grand symbole de la reprise de la tradition juive contre les méchants Grecs colonisateurs… Allons, allons… L’intention d’Alexandre n’était pas de « coloniser » « Israël » — quelle vision égocentrée ! — car ce n’était pas ce lopin de terre pris dans les phares de la voiture de Dieu qui intéressait le Macédonien : le « royaume d’Israël » n’était qu’un point de détail de la conquête alexandrine. Il ne comptait pour rien dans sa politique d’expansion. Israël, ça n’existait pas (Alexandre, antisémite !), c’était à peine une province paumée en territoire hellénistique. Alex n’en avait rien à foutre d’helléniser les Juifs, il avait d’autres élites à fouetter. Il n’aurait même pas pu imaginer que dans cette région pourrie, les larves juives se métamorphosassent un jour en papillons grecs. Pourtant c’est ce qui arrivera deux siècles plus tard puisque évangélistes et apôtres juifs parleront et écriront en grec, et donneront ce qu’on appelle le christianisme, un des plus cuisants échecs du judaïsme, mais aussi hélas de l’hellénisme… Et qu’on ne me dise pas que l’hellénisme a été naturellement absorbé par le christianisme, et qu’il s’est en quelque sorte transformé sans disparaître… Il suffit de voir ce qui reste des Grecs dans la civilisation judéo-chrétienne : en gros, Platon, Socrate et Aristote ; tous les génies présocratiques à la trappe !

Voilà pourquoi pour moi, la seule chose à reprocher à Alexandre le Grand, c’est qu’en cherchant à faire copuler Occident et Orient pour que les deux civilisations s’enrichissent, il a foiré son coup puisque ces deux montagnes s’entrechoquant n’ont accouché que d’une souris, le judéo-christianisme qui a démontré depuis 2 000 ans qu’une « synthèse gréco-orientale » n’était qu’un fantasme… Maudite et tenace petite souris, puisqu’elle continue aujourd’hui encore à grignoter le fromage humain déjà très troué !… J’espère que vous faites la différence entre le colonialisme des Blanchards du XIXe siècle qui se sont fait passer pour des héros civilisateurs de pays arabes et noirs, alors que c’était fait au nom d’une civilisation française (« petite imitation de la civilisation grecque » comme disait Céline), c’est-à-dire d’une civilisation de rien du tout, et la volonté cosmopolitaniste, universaliste, presque à la Anacharsis Cloots, d’un Alexandre le Grand au IVe siècle avant JC, qui romantiquement voulait tout unir, tout mélanger, jusqu’à parvenir à l’unité du genre humain. En ce sens, il était un véritable révolutionnaire, n’hésitant pas évidemment à dégommer sur son passage les fariboles zoroastriennes, les hérésies perses et les velléités pseudo-autonomiques de peuples débiles qui, après sa mort et la dissolution de son empire, se sont sentis assez forts pour créer les leurs, d’empires, en minables… C’est ainsi que partout, de siècles en siècles, une myriade de mini-puissances impérialistes à la petite semaine, de nations chauvines et belliqueuses, puant le renfermé et coagulées entre elles, ont vu le jour, jusqu’à celles, plus récentes, menées par des imbéciles dangereux ou par des politicards sociaux-démocratico-mafieux, comme l’Union européenne et autres États-Unis merdiques !

Commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Après les acteurs de cinéma Jean Dujardin, Pierre Niney, Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Pio Marmaï ; les influenceurs AD Laurent et Alex Hitchens ; les animateurs Yann Barthès et Cyril Hanouna, et bien d’autres figures encore de la « culture », voici les donneurs de leçons radiophoniques et télévisées du service public, France Inter, France Culture, France Télévisions, les Patrick Cohen, Thomas Legrand, Laurent Goumarre, Sibyle Veil, Adèle Van Reeth, qui sont convoqués par l’Assemblée nationale pour s’expliquer (on attend Pierre-Antoine Capton, Nagui, Léa Salamé, Élise Lucet, Nathalie Saint-Cricq prévus pour bientôt)… N’en jetez plus ! C’est comme à l’école en conseil de discipline, tous finiront par y passer ! Trois heures de tortures chacun sur un segment de phrase, et ils jouent le jeu en acceptant de répondre tout en restant polis et calmes, et en étant enjoints toutes les deux minutes à rester à leur place qui est celle de « personnes auditionnées ». Les questions sont posées par de petits juges, des jugillons, rigides pinailleurs susceptibles arcboutés sur leurs principes appris à l’école ou chez leurs parents (c’est pareil), et qui n’ont même pas 35 ans pour la plupart !… Tant d’ennui mêlé à tant d’intimidation à base de « respect », de bienséance, de soumission à des règles de gosses… Quel goût pour la mesquinerie il faut avoir pour faire ce boulot-là ! La scolarité, avec ses devoirs, ses exposés, ses colles et ses bons points a de belles heures devant elle dans la vie d’adulte. Ah, ils n’en mènent pas large, tous ces ex-gauchistes, ces libertaires-libéraux, ces post-mitterrandiens reconvertis dans le macronisme, et qui commencent à comprendre que c’est foutu pour eux. Dans cette commission qui est loin d’avoir le panache d’un tribunal révolutionnaire, ils touchent du doigt le nouvel esprit qui règne désormais, le triomphe de la nouvelle hégémonie, pas culturelle ni politique puisqu’il n’y a pas plus de culture à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche, mais de l’hégémonie éthique qui s’est installée, ça y est, et c’est beaucoup plus grave… Là, les anciens du monde d’avant voient ce que c’est que d’avoir empêché des esprits libres dans les années 80-90 de s’exprimer en les traitant de « fascistes » pour se retrouver trente ans après face à des fascistes réels qui leur parlent comme à de petits vieux garçons sommés de rendre des comptes. Ils ne les ont pas vus venir. Maintenant c’est vous, les mis en cause ! Démerdez-vous avec vos tentatives pour faire passer du second degré, de la distance, un peu d’humour face à la justicerie de ces sinistres inquisiteurs en costume-cravate, ces jeunes chauves lunetteux ou rouquins à houppe… Horreur ! Trentenaires choqués. Extorqueurs de regrets, corsetés dans leur fonction de rapporteurs (les bien nommés), de présidents ! Ce n’est pas du Kafka car ce n’est pas drôle.… Assister à ces séances où des bourgeois de gauche, qui se sont pris toute leur vie pour des « consciences », chient dans leur froc, pourrait être réjouissant mais si c’est pour les voir se faire tancer par de tels petits magistrats en herbe, procureurs proprets qui se croient les « représentants du peuple », et qui sont juste les incarnations contemporaines de la répression moralisatrice absolue sur tous les sujets, je dis : non !

La désobéissance, aux yeux de quiconque a lu l’Histoire, est la vertu originelle de l’homme. C’est par la désobéissance que le progrès a été accompli, par la désobéissance et par la rébellion.

Oscar Wilde

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°50 – 15 décembre 2025

Brigitte Macron a perdu tout le bénéfice de la sympathie qu’elle avait obtenue après le démasquage procédurier de ses persécuteurs qui avaient lancé une campagne complotiste pour faire croire qu’elle était un homme. Ça s’est passé très vite dans un couloir de loge des Folies Bergère. Sur la vidéo, on voit l’ancienne victime de la chasse à la sorcière qui s’adresse à Ary Abittan, qu’elle était venue soutenir avant son spectacle (« on est avec toi »), et, après qu’Ary lui a dit qu’il avait « peur », Madame la première présidente de France lui sort : « S’il y a des sales connes, on va les foutre dehors ! », « tu crois ? » lui demande, toujours apeuré, Abittan, et elle rit, et lui, il danse, il plaisante, et ils posent pour des photos, pour Closer, avec les autres soutiens d’Ary présents : Bernard Montiel, Yamina Benguigui, Manuel Valls (en pull-over), Tiphaine, la fille de Brigitte (et nana d’Hanouna)… Ils se serrent tous bien pour être sûrs d’être dans le champ du photographe, ça rigole, ça se congratule… Au diable, les « sales connes » !… Le lendemain : tollé ! La Macron a traité de « sales connes » des militantes qui hurlaient « Abittan, violeur ! » parce qu’elles estimaient qu’un non-lieu n’est pas un acquittement… L’argument du clan des MeToo girls, c’est qu’Ary n’est pas innocent ; et l’argument du clan Macron, c’est qu’étant donné qu’il a été innocenté, il a le droit de ré-exercer son métier. Tout le monde sait qu’Abittan est coupable, mais coupable de quoi ? D’avoir un peu forcé sa copine à se laisser enculer, ce dont elle le priait instamment quelques minutes avant de se raviser, en pointant sa pine contondante vers l’anus de sa jeune maîtresse avec qui il trompait sa femme ? C’est ainsi que la Macronne s’est foutue à dos d’un coup toutes les féministes qui l’avaient défendue contre ceux qui la traitaient de trans-homme… Évidemment, ce sont des sales connes, ces militantes aigries revanchardes anti-hommes, etc. ; la question n’est pas là ! Que Brigitte ait immédiatement eu à l’esprit et à la bouche l’expression « sales connes » pour les définir ne trahit pas la vulgarité de la Première dame de France mais sa propension à la répression immédiate lorsque le bon déroulement d’une réunion bourgeoise d’entre-soiïques est menacé. Ça ne fait pas trop l’ombre d’un doute qu’elle a inculqué cette « politique » à son élève de mari quand il était encore pubère : surtout pas de vague, aucune expression de révolte nulle part, sinon c’est illico la police et les coups. D’ailleurs, c’est ce qu’ont reçu les féminardes qui se sont retrouvées expulsées manu Macron militari de la salle de spectacle, au grand plaisir d’Abittan… Une preuve de plus que Brigitte Macron est bien une femme : il n’y a qu’une femme pour être à ce point misogyne d’emblée ! Pour finir, on n’ira pas sur le terrain sioniste. Car certains disent que ce n’est pas le violeur Ary qui a bénéficié d’un non-lieu que Brigitte est venue soutenir, mais le pauvre Juif Abittan, dont, au passage, on voudrait bien savoir dans le détail ce qu’il pense de ce qui se passe à Gaza depuis deux ans… Manuel Valls ne se comptait pas non plus par hasard ce soir-là dans la brochette de ses fans people… L’homo revendiqué Jean-Philippe Tanguy du RN (qui d’ailleurs veut rouvrir les bordels), lui, va plus loin puisqu’il pense qu’au nom de « la convergence des luttes », ce serait LFI, parti « passionnément antisémite », qui aurait envoyé le collectif féministe « NousToutes » pour gâcher la fête d’Abittan en prenant prétexte de son non-lieu, alors qu’en vérité c’est pour les positions pro-israéliennes supposées de l’humoriste (qui imite à la perfection l’accent turc, ce qui ravit Brigitte : « J’adore le turc ! ») qu’elles ont déboulé pour perturber le seul-en-scène du Pied-noir « hilarant » ! Le discours d’extrême droite, c’est donc de dire qu’Abittan continue à être ostracisé malgré son non-lieu parce qu’il est juif et que ce sont des féministes antisémites qui, au nom de la convergence des luttes, sont venues faire un scandale… En tous cas, ce n’est pas le combat féministe que Brigitte Macron a fait reculer avec son « sales connes », mais le combat masculiniste, celui de reprise, non du pouvoir, mais du désir dont les hommes sont en train de se castrer à cause de MeToo ; c’est ça qu’il faut comprendre. La saillie de Brigitte a enterré plus profond encore la vérité sur la relation homme-femme qu’on cache à notre époque. La levée de boucliers est une levée de boucliers de femmes tout à fait ordinaires — pas de déesses parmi elles (aucune Athéna Parthénos !) — qui ne veulent pas que les vrais hommes, c’est-à-dire avec des couilles et une bite, revendiquent d’aimer profondément pénétrer des chattes sales et connes. Ça ne suffit pas de traiter les néo-féministes de « sales connes », même si elles le sont ontologiquement (mais c’est une autre discussion). Brigitte ferait mieux de pousser son mari à agir contre ce fléau, le deuxième de notre époque avec le complotisme. Pauvre gaffeuse de Brigitte ! Désormais, tout son travail pour se laver de l’accusation d’avoir été traitée de travelo a été balayé par ses quelques propos volés dans les coulisses des Folies Bergère en faveur d’un Ary Abittan, c’est ce qu’on peut appeler la réponse du berger à la folie bergère !

Ô interminable queue des sarkocons qui ont attendu quatre plombes pour se faire signer leur Journal d’un prisonnier (Fayard of course) sous le bras ! Vieux papys clownesques et mémères peinturlurées canalisés par des barrières sur le trottoir de la rue de la Pompe jusqu’à la librairie Lamartine pour voir enfin leur héros sorti de taule… Le jour de parution du livre, Sarkozy en a dédicacé 2 300 ! Et c’est le début de la tournée : après, ce sera Marseille, Menton, etc. Les micros-trottoirs sont éloquents : c’est exactement le genre de bourges cathos 16e de riverains qui ont une très haute idée de l’ordre à la française, qui s’expriment, et c’est pour se mettre les voix de ces gros connards réacs dans la poche que Sarkozy, alors en campagne présidentielle en 2007, a fermé toutes les boîtes et les bars à filles du 8e, qu’il a éteint la ville comme on appuie sèchement sur un interrupteur. C’est lui, le responsable du début de la fin ! Ce sont les mêmes qu’on a vus là, en file indienne de moutons extasiés et qui bêlent : « Oh merci, Président ! » ou « Bravo, Nicolas ! » Je vous avais dit qu’il serait acclamé après sa prison, mais à ce point-là ! Ils sont des centaines, 1 000 et plus, ce 10 décembre, à ovationner en plein Paris le Président délinquant ex-taulard. Elles ont compté pour des prunes blettes, les deux pauvres Femen, moches seins à l’air, en train de hurler : « Casse-toi, Sarko, ta place est en prison ! » Quel rapport avec la lutte féministe ? Encore une intersectionnalité incongrue ! Elles le confondent avec Ary Abittan… C’est là qu’on voit toute la confusion de l’époque. Son livre, je peux en parler, je l’ai lu, en PDF piraté gratos évidemment : pas un centime dans l’escarcelle Bolloré ! C’est pas un livre, ce sont des notes collées les unes aux autres, et où Sarkozy raconte depuis le 21 octobre, jour de son incarcération, ce qui lui arrive. Tout CNews est bouleversé ; « Ça prend aux tripes dès la première ligne » a dit Georges Fenech qui pourtant, bien que n’ayant jamais fait de prison lui-même, en a envoyé, des condamnés en détention, et sans frémir d’un cil ! Les faits égrainés ne suffisent pas, Nico Sarko… Les gens se trompent en se moquant de lui parce qu’il ne bouffe que des yaourts, ne sait pas utiliser un téléphone à l’ancienne ni se faire cuire un œuf (pourtant on l’a envoyé là-bas pour ça). Le ridicule n’est pas dans les petits détails qu’il donne de sa vie quotidienne en détention, c’est la façon dont il les raconte qui est ridicule : il aurait pu faire un genre de nouveau Voyage autour de ma chambre ou s’inspirer d’une page de Kafka ou d’une de Francis Ponge. Mais il ne connaît pas tout ça. C’est le livre de quelqu’un qui n’a jamais lu un seul livre, ou alors que des daubes et bouses. Il en est resté à Alexandre Dumas (sic en 2025 !). C’est bien de raconter des anecdotes vécues, mais si le prisonnier n’en tire rien, c’est qu’il est sans fond. Ou plutôt, c’est que son fond est toujours celui d’un menteur vulgos tricheur insensible… Par exemple, il prie pendant que les autres emplacardés l’insultent de leur cage, la nuit. Il prie pour avoir la force de porter la croix de l’injustice !

Il n’a pas un mot de compréhension pour les autres détenus sauf page 189 (sur 216) où souffle un micro-vent de commisération éphémère. Il trouve injuste que lui soit emprisonné, mais tout à fait normal que les autres le soient. Il ne manque pas de tacler Georges Ibrahim Abdallah qu’il considère comme un terroriste et pas du tout comme un prisonnier politique, et que sous son mandat de Président il n’a jamais cherché à libérer… Boualem Sansal est le seul prisonnier qui mérite sa compassion… Dès la page 55, le Capitaine Sarko part en vrille en s’identifiant une nouvelle fois à Dreyfus, on croyait que c’était une blague, mais pas du tout, il expose les faits, rien que les faits, du parcours de Dreyfus, alors évidemment il trouve des correspondances, mais s’il creusait la question, sans même parler de la judéité, ce serait un gouffre qui s’ouvrirait sous ses pieds à lui, petit enfant finalement très ignorant d’un événement majeur de l’Histoire de sa chair France. Toujours dans l’inconscience de dévoiler dès qu’il peut la bassesse de sa mentalité, tout ce que Sarkozy trouve à faire en prison, c’est l’éloge des matons ! Une véritable ode : « Je veux souligner, parce que cela m’a vraiment frappé, l’humanité du personnel pénitentiaire. Dans cet univers de violence et de désespérance, leur gentillesse, leurs attentions, leur respect tranchaient avec l’atmosphère ambiante. Il y avait même une certaine douceur dans ce qu’ils faisaient et surtout dans la manière dont ils le faisaient. » Et dire qu’il a osé dire un jour qu’il aimait Céline qui, lui, avait dédié son Féerie pour une autre fois (1952) « aux animaux, aux malades, aux prisonniers » ! Pour Sarkozy, les prisonniers, c’est des enculés et c’est très bien qu’on les ait foutus en prison, mais lui qui n’est pas un enculé n’a rien à y faire. Les types peuvent foutre le feu à leur paillasse de désespoir, hurler comme des loups solitaires pris au piège la nuit, ou taper toute la journée avec des cuillères contre leurs barreaux, le Président innocent s’en contrefout si ça ne dérange pas monsieur pour lire Saint-Exupéry ! Au fait, et Monte-Cristo, il ne dit pas jusqu’à quelle page il est allé, ça se lit pas en trois semaines de toute façon ; pas un mot non plus sur la bio du Christ par Petitfils : Nico a dû vite s’endormir dessus, et sur son matelas le plus dur qu’il ait jamais connu, pauvre chouchou… Il n’a de larmes que pour les énormes sacs de courrier enamouré pour sa personne qui s’entassent dans un coin de sa cellule et qui lui ont été apportés sans doute par l’aéropostale de Saint-Ex ! Niveau sentiment, ça vole pas plus haut… Il est au violon : c’est donc naturel qu’il sorte les siens : ne pas voir Carla tous les jours est sa souffrance… Pourtant, il a été gratifié de visites régulières, et protégé par deux gardes du corps payés pour rester dans la cellule voisine de la sienne… Ainsi, il était tranquille, seul à sa table en contreplaqué pour rédiger au bic ce journal inepte. Sarko n’a rien à dire sur son « ressenti » à part des clichés. En revanche, son ressentiment s’exprime : il attaque Macron (parce qu’il lui a retiré sa légion d’honneur), Hollande, Royal, Dupont-Moretti, et même son avocat Herzog… Il balance aussi que les familles de victimes de l’attentat de 89 du DC 10 d’UTA, si plaintes par les ennemis de Sarkozy qui lui reprochent de les mépriser, ont touché un million d’euros chacune d’indemnisation du régime libyen… Il dit qu’il n’a pas d’amertume, pas de haine, pas d’esprit de revanche, il ne se plaint jamais, la prison a fait de lui un être modeste… C’est tout le contraire ! Et de l’autre côté, que d’incessantes bévues de mauvais goût : il vante Giesbert, Barnier, Aphatie, Praud, Darmanin (qui est venu le visiter), les Chirac : tous ceux qui lui ont témoigné de l’affection ; même Patrick Cohen (tiens, tiens… ). Sans omettre Mohammed VI, le roi du Maroc, Alassane Ouattara, le président de la Côte d’Ivoire, et celui du Rwanda, Paul Kagame ! Toutes les crapules opprimeuses d’Afrique le couvrent de fleurs… Il y a aussi Marine Le Pen, Bardella, Sébastien Chenu qui lui envoie une lettre par semaine… Eh bien, voilà, ça y est, on ne pouvait pas l’imaginer mais politiquement, Sarkozy en prison est plus dangereux que Sarkozy à l’extérieur puisque c’est de sa cellule qu’il officialise la fusion entre la droite et l’extrême-droite ! Sarkozy raconte qu’il avait jadis assuré à Marine Le Pen de ne pas vouloir « s’associer » à un front républicain contre le RN. Certains ont dit que si Sarko s’ouvre au RN, c’est qu’il espère une grâce présidentielle lorsque Bardella ou Marine serait au pouvoir ! Avant, on mettait en prison les collabos ; désormais le type devient collabo quand il est en prison ! Un prêtre vient lui donner l’hostie tous les dimanches. Et Sarkozy s’extasie sur ses discussions avec le directeur de la prison ! C’est ça qui lui apprend l’humanité… Vers la fin du livre, après avoir rappelé ses exploits (l’école maternelle de Neuilly, les infirmières bulgares), Supersarko, tout en croquant dans une barre de céréales, retrace toute son histoire avec Kadhafi et réattaque Mediapart. Et puis c’est à peu près tout… Sarkozy fait de la peine, mais pas parce qu’il raconte son malheur d’être à la Santé. Il fait de la peine parce qu’il ne sait absolument pas écrire, ni émouvoir, ni faire rire (son ironie euphémique tombe toujours à plat) ; son livre ne démontre qu’une seule chose : non son innocence mais sa culpabilité, et pas dans les affaires libyenne ou Bismuth ou Bygmalion, sa culpabilité d’être un homme totalement médiocre qui ne ressent rien, qui ne remarque rien, qui ne comprend rien, qui n’a aucune distance avec lui-même ni avec ce qui lui arrive, et c’est ça qui est triste et affligeant : avoir devant soi un type aussi célèbre, aussi star, aussi héroïque pour des connards et aussi méprisable pour d’autres connards, et qui est dans un vide existentiel, métaphysique, mystique et humain tel que c’est là que réside sa seule réelle culpabilité, celle de n’avoir jamais une seule seconde eu la moindre conscience de l’indécence de sa vacuité qui éclate à chaque page… Le passage le plus intéressant est peut-être celui où on voit le mieux la disjonction de son esprit peu fait pour l’analogie et la symétrie : il raconte qu’il a reçu une lettre d’un détenu dont le nom lui disait quelque chose : il s’agissait d’un assassin qui, après avoir tué une femme, avait été arrêté par ses flics en 2005 pendant son mandat de ministre de l’Intérieur, mais comme c’était un récidiviste, Sarkozy avait aussitôt accusé la magistrature d’avoir été trop laxiste en laissant sortir le tueur en liberté conditionnelle. Selon le Nicolas de 2025 (numéro d’écrou 320 535), c’est de là qu’est venue l’hostilité, pour ne pas dire la haine, des juges à son encontre… Il part ensuite dans un mini-réquisitoire contre les magistrats qui ont tous les droits, contrairement aux autres fonctionnaires de l’État, pour enchaîner avec sa propre présomption d’innocence qui a été bafouée ! Si on le suit bien, Sarkozy a dénigré les juges parce qu’il ne les a pas trouvés assez sévères envers un criminel, et maintenant il les fustige encore mais pour l’avoir été trop avec Monsieur Sarkozy, en ayant ordonné son exécution provisoire ! Aucun rapport bien sûr : il se sert des crimes d’un assassin récidiviste pour mieux blâmer les magistrats de l’avoir enfermé, lui, qui est totalement « innocent » ! Qui est le plus logique et le plus humain, quel est celui qui a le plus de panache, qui est le plus droit dans ses chaînes de forçat aux pieds ? Eh bien, c’est l’assassin bien sûr, qui écrit en prison à son ancien ministre impitoyable de l’Intérieur pour lui témoigner tout son soutien en tant que détenu à son tour ! Au lieu de forer en lui-même les enseignements de cet épisode, Sarkozy passe à autre chose : il ne voit que son affaire à lui ; n’est-ce pas encore une preuve de son nanarcissisme ? C’est comme quand il dit : « J’ai beaucoup appris à la Santé, sur les autres comme sur moi-même. » QUOI ? Rien. Il est bouleversé uniquement par les effusions qu’il a reçues dans un restaurant après sa libération. Car c’est déjà la fin de ce pensum qui ne dépasse pas le niveau d’un pense-bête de gosse d’une dizaine d’années qui n’a rien compris à la vie parce qu’il a refusé de grandir avec elle. Sarkozy se décrit en train de quitter la prison et très vite, il se rend à… Lourdes ! C’était un vœu : il avait juré que s’il sortait rapidement, et ça a été le cas (20 jours contre les 60 de Sacha Guitry), le très pieux catholique Sarkozy (rires) irait à Lourdes avec madame. Sarko voulait « rejoindre les fracassés de la vie ». Il dit avoir « été plongé dans l’eau des piscines à 12 degrés » et « assisté à la messe ». Encore de la fanfaronnade de mi-Juif sépharade mi-Hongrois (Sarkozy n’est même pas un Juif hongrois comme Semmelweis). « Il a tellement pensé que sa libération était miraculeuse qu’il est allé exprimer sa reconnaissance à Bernadette Soubirous » a dit un journaliste, soulignant ainsi, sans le vouloir, l’autocentrage permanent et une fois de plus flagrant de l’ex-Président… Rien à secouer des malades immobilisés en quête de guérison !… Seul son petit cas lui importe. Pèlerinage inutile ! Une seule photo a été permise avec Carlita devant l’hôtel Saint Sauveur au pied du sanctuaire, et Sarko s’est cassé… Même la visite de Pascal Praud à Lourdes a été plus justifiée car, comme il l’a révélé, lui aussi y est allé, pas avec les Sarkozy-Bruni hélas (il aurait bien aimé), mais bien avant, lorsqu’il était « vraiment tout petit, très petit », à l’âge de 15 jours, après avoir déjà reçu l’extrême-onction, il était reparti de Lourdes guéri, sinon sauvé… Merde ! Sans cette putain d’eau bénite dont le bébé Pascal a été aspergé il y a 60 ans, on ne subirait pas aujourd’hui L’Heure des Pros ! Mais, au fait, d’où vient cet « amour » pour Lourdes de la part du lourdaud Sarko ? D’Émile Zola bien sûr ! Toujours à côté de la plaque d’eczéma ! Sarkozy a adoré le Lourdes de Zola (1894) qui est une apologie odieuse des hideux idéaux laïcs par le matérialiste Zola, faux-ami de Cézanne, et qui est venu chier sa crotte de bon sens dans la grotte sacrée. Son roman est un foutage de gueule de Bernadette et un crachat à la face de l’idée même de miracle, un livre parfaitement étrillé par Léon Bloy en 1902 dans son recueil Je m’accuse où, on le sait, il traite Émile Zola de « crétin des Pyrénées »…

Les imbéciles eux-mêmes commencent aujourd’hui à entrevoir la magnificence avec laquelle on s’est payé leurs figures, et combien Zola s’est foutu de la Vérité et de la Justice, dont il osa polluer les vocables de sa main merdeuse.

Léon Bloy

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°49 – 8 décembre 2025

Moi, je n’ai pas attendu Libération, Le Nouvel Obs, L’Express, Complément d’enquête pour attaquer Pascal Praud… Je suis sur le dossier depuis plusieurs années avec plein de notations et de souvenirs personnels, d’anecdotes, d’observations précises, et il faut voir le boulot que je fais sur TikTok : c’est par dizaines qu’on compte désormais des extraits de son émission montés et commentés par mes soins… Je crois bien pouvoir me vanter d’avoir été un des premiers à débusquer le danger que représente ce guignol néfaste ; alors ne comptez pas sur moi, ici, pour vous donner autre chose que quelques-unes de mes notes inédites sur Praud.

Praud, c’est le mec qui croit que le Covid n’a jamais existé, que la France est sous domination arabe, que LFI est l’ennemi du genre humain et qu’Israël n’a jamais rien fait de mal.

Petit prof avec ses chroniqueurs. Personne ne moufte, ses « éditos » s’étirent ensuite en monologues devant sa classe de petits élèves qui hochent la tête comme des ânes. Personne ne le contredit vraiment, de peur d’être viré car c’est un punisseur dans l’âme. Aucun n’ose le contester. Quelquefois, on en voit certains qui n’en pensent pas moins mais qui ferment leur gueule pour ne pas perdre leur 240 € par prestation. Si par hasard il y a une phrase intéressante qui sort de la bouche d’un de ses intervenants (Vincent Hervouët, Sarah Saldmann ou André Vallini), il la laisse s’évaporer dans le vide. De toute façon, il est trop occupé à écouter, dans son oreillette, Marine Lançon, son oracle de Delphes ! 

Son programme : « Les gens qui sortent de la norme, je les extrais de la société ! » Il exige de nouvelles lois, des sanctions pénales, des mandats de dépôt, et avec une légèreté !

Ses clichés verbeux : « on marche sur la tête », « il faut changer de logiciel », « vous avez découvert le Pérou à Orléans », « vous me sidérez, vous me fascinez », « pardonnez-moi de le dire comme ça »…

Il trouve beau Alain Delon, évidemment, mais aussi Raphaël Enthoven, Francis Huster, Thomas Isle… Praud porte des cravates et des chemises roses, mauves, des boutons de manchettes, des lunettes rouges ou bleues… Dentition, sourire, tout pue le gay refoulé. Ajoutez son petit bout de langue qu’il sort régulièrement et qu’il coince dans sa bouche, entre les dents de sa mâchoire de prognathe dissimulée par la barbe blanche. Et regardez son regard qui n’est jamais rieur… Typique homo. Tremble d’être dévoilé. Complexe d’insécurité. Les deux choses qu’il cache, mais que son corps dévoile, c’est : son antisémitisme et son homosexualité, les deux rentrés, comme des hémorroïdes honteuses à l’intérieur d’un rectum. 

Sa mère l’a emmené chez le pédiatre jusqu’à l’âge de 16 ans.

Il n’assume jamais, nie tout ce qu’il a dit ou fait, ne reconnaît rien. Accuse par morale bourgeoise-catho tout le monde. Il a peur de tout, voilà pourquoi il ne veut pas qu’on l’alarme. Son idéal dans la vie, c’est d’obtempérer. Les gens n’ont pas à se rebeller. C’est un lèche-flic, un lèche-rampouilles… Matraquage pro-matraques. Il s’indigne contre le moindre hors-la-loi et pleurniche sur les flics blessés. Jamais assez de répression ! Le Praud-flic.

C’est peut-être à l’époque du Covid que Praud a fait le plus sale boulot : il ne voulait pas convenir que c’était grave et contagieux. Il n’aimait pas les toubibs réalistes parce que ceux-ci apportaient sur les plateaux télé de mauvaises nouvelles, ça n’allait pas plus loin que ça. Il critiquait « l’exécutif » qui se laissait « manipuler » par des médecins de mauvais augure. Toujours sur la forme (« comment le gouvernement nous parle, les ministres se contredisent, ils ne nous disent pas la vérité, ils ne pensent qu’au sanitaire, ils avaient dit que, maintenant ils disent que, l’autorité de l’État est dévoyée… »), et jamais sur le fond. L’ennemi pour Praud, c’était le gouvernement, pas le virus. La cible de Praud, c’est toujours l’État, pas la société parce que l’État, c’est l’autre, et la société, c’est lui. Pour les anticommunistes primaires de son genre, vouloir le confinement c’était vouloir envoyer tout le monde au goulag. Alors que ce n’était pas le confinement le problème, c’était le déconfinement. « Les restaus sont fermés mais l’épidémie est là » disait-il. Oui, mais s’ils étaient restés ouverts, l’épidémie aurait encore plus couru. Il confondait le moindre mal et la dictature du pire. Il félicitait les restaurateurs qui ouvraient quand même, et tant pis s’ils allaient être responsables de centaines et de centaines de morts du Covid. Il a propagé sciemment une minimisation sur fond de fausse rébellion afin d’éviter des contraintes qui le concernaient lui seul, petit bourgeois égoïste ! Tout ça pour qu’il puisse aller bouffer à la Rotonde avec Émilie Frèche ! Une fois que l’arnaque de la chloroquine a été dévoilée, Praud, qui avait fait la publicité éhontée de ce produit bidon, ne s’est même pas excusé pour son pro-raoultisme militant pendant des mois et des mois ! Ni pour sa campagne de réouverture des plages et des bars, ni pour son jeu sur la peur du bon peuple macronisé, et ni pour ses indignations théâtralisées au sujet de la mort de l’économie à cause des mesures coercitives. Praud a été également le premier à nier l’arrivée de la « deuxième vague »… On a oublié tout ça. Pas moi. 

Praud a une nostalgie continuelle pour les années 70, « si libres », mais non ! Ce sont quelques rares individus qui étaient libres malgré ces années 70 qui étaient nases, oppressives, répressives, ternes, coincées, exactement comme elles étaient en 80, en 90, et en 2000, 2010… Aujourd’hui, c’est pareil : c’est malgré mon époque que moi que je suis libre ! Ce serait saugrenu d’imaginer que dans trente ans, on dise : « Ces années 2020, quelle liberté ! Regardez, il y avait Nabe ! Aujourd’hui, il ne pourrait plus dire ça. » 

Praud et sa bande de beaufs se revendiquent tous nationalistes, ils sont provincialistes. Ils se croient conservateurs, ils sont conventionnels. Comme dit Herman Melville : « Oh, Conventionalism, what a ninny thou art ! » = « Oh, Conventionnalisme, quel niais tu es ! »Journal, 1849.

Ses chroniqueurs. Xénos, conserviteurs, patriotards. Ronchonneurs, consensuellement révoltés. Scroneuneux, contestateurs en pantoufles. Pépères suffisants, ploutocrates cracras, populistes butés, pratiquant la furibardise forcée, les truismes de « bon sens mais c’est bien sûr ! », le madame-michuisme, le monsieur-glanduisme, et sans aucune remise en question. Laissant ouvert par leur braguette leur robinet à pisser des banalités, des pinaillages, ergotages, radotages, clichés, à flot continu…  Sous les ordres de Praud, ils ciblent pavloviennement une gauche moribonde comme source de toutes les attaques qui leur sont faites. Et surtout, ils ont comme mission obligatoire de porter l’offensive contre toute critique que subit le pauvre Israël (shalom sic). Larmoiements sur les flics blessés et défense hypocrite des petits commerçants, démagogie de bas étage.

La base de Praud, c’est qu’il est contre 68 : entraver le fait jouir.

Macron a joué au con en disant qu’en proposant un « label » de contrôle journalistique, il ne visait pas spécifiquement CNews comme chaîne dont il faut surveiller la véracité des informations, mais Praud aussi a joué au con en répliquant qu’il n’a aucune idéologie particulière, encore moins celle d’extrême droite, qu’il n’est pas complotiste, qu’il ne falsifie aucune information, et qu’il se contente de rapporter « le réel » tel que le pouvoir et l’« espace médiatique » l’occultent. Lui et tous les bons ouvriers de l’usine Bolloré seraient victimes d’une dictature « orwellienne », politiquement correcte, et puis c’est tout… C’est la mise au carré de la mauvaise foi conspirationniste.

Évidemment, la servilité de Pascal Praud et de ses marionnettes devant l’ordre et la loi vient de névroses personnelles. Ils sont tous du même avis, c’est-à-dire qu’il faut de la police partout et de l’obéissance à tout, et de la sévérité exemplaire contre ces pourris de métèques qui perturbent le bon fonctionnement de la sainte France qui serait si pure et si parfaite sans eux… Il est clair qu’une Élisabeth Lévy, un Georges Fenech ou un Joseph Macé-Scaron sont atteints de pathologies psychiques graves, et que Praud leur laisse déverser leurs dégueulasseries intimes sur les sujets d’actualité. À leur comportement d’hystériques, on voit qu’ils expriment, par leur propagande bolloréenne rémunérée, une autre propagande, celle pour leur petite personnalité, inepte au fond, mais qui a beaucoup souffert, et dont les médias aident à évacuer la psychose même. Bref, ils se soignent en direct et on est obligés d’accepter ça ! Leurs frustrations, foirages, lâchetés, désirs larvés, secrets inavouables, complexes narcissiques, ils les foutent sur le dos des victimes et des agresseurs anonymes ou des figures people pris dans les filets des faits divers. Les actualités leur servent d’éponges à ego absorbantes. Les sentinelles médiatiques de Praud, pour ne pas dire les matons, tellement ils adorent la prison (pour les autres), cherchent à l’évidence à se guérir de leur maladie en faisant publiquement leur auto-psychanalyse qui d’ailleurs est toujours ratée puisqu’elle est quotidiennement recommencée et exprimée avec le même langage.

Le convenable roi.

Technique. Comment Praud dévie toutes les questions, comment chaque sujet est immédiatement détourné : on aborde la maltraitance des animaux d’élevage mais pour parler du sectarisme des écolos, on se moque ensuite des robots-gibiers parce que les pauvres chiens de la chasse à courre ont besoin de proies vivantes (dixit d’Ornellas) et qu’on ne peut pas faire griller un robot à la broche (Praud), pour aussitôt brocarder une autre bataille écologiste, celle qui tend à abolir la corrida et à supprimer les animaux des cirques, ce qui entraîne les soldats de Praud à défendre ces pauvres circassiens qu’on ampute ainsi de leur tradition bien française menacée par ailleurs par les immigrés en surnombre. Et le tour est joué ! Ils sont retombés sur leurs pattes. C’est ça, l’art du court-circuit du réel par la rhétorique praudienne, surveillée bien sûr par l’immonde Serge Nedjar, son chef, et plus haut par leur sur-chef à tous, Vincent Bolloré.

Le fond de la pensée de Praud, il le cache : « Tous les Arabes et les Noirs sont à foutre dehors pour que l’ordre re-règne ». Le mot tabou qu’il interdit à ces chroniqueurs de prononcer, c’est : « Arabes ».

Praud croit encore que c’est la gauche qui règne intellectuellement et même politiquement en France. Il pense sincèrement que c’est l’hégémonie 68arde qui continue à régner partout sauf sur son plateau, où on défend la vraie droite, c’est-à-dire le colonialisme, les policiers, la bourgeoisie, la justice. Mais non ! Au contraire ! Et c’est la grande escroquerie de cette droite, ou en tout cas sa bêtise, car il n’est pas sûr qu’elle s’en rende compte : faire croire que la gauche a encore le pouvoir des idées et que la droite doit, d’ailleurs en s’inspirant des théories de Gramsci, construire une nouvelle hégémonie culturelle, c’est devenu une des tartes à la crème de la droite : depuis Sarkozy jusqu’à Marion Maréchal, en passant par Zemmour et Onfray et même Finkielkraut, on sait qu’ils se sont tous réclamés de Gramsci. Mais les droitards sont tellement complexés de constater qu’il n’y a pas de véritable intello dans leur camp qu’ils continuent à se présenter comme des dissidents et des alternatifs qui n’ont pas encore réussi à prendre le pouvoir sur les masses. Ou ils le font exprès ou ils sont tellement cons qu’ils ne s’aperçoivent même pas que le mainstream de la pensée, aujourd’hui, c’est le leur. C’est presque fait ! Oui, il y a une extrême-droitisation de la parole publique, et pas seulement à droite et à gauche. Jusqu’au « bloc central » ! Seulement, Praud et les siens ne font rien de cette victoire, ils ne « transforment » pas cet essai, disons, au sens sportif du terme. Voilà pourquoi ils vont perdre : parce qu’ils ne se décident pas à admettre qu’ils ont gagné. 

Il n’y a guère d’homme assez habile pour connaître tout le mal qu’il fait.

La Rochefoucauld

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°48 – 1er décembre 2025

ATTENTION ! Merde aux lecteurs qui me considèrent comme un « passeur », c’est-à-dire quelqu’un qui leur apprend des choses qu’ils vont ensuite aller fouiller sur internet, et creuser pour leur gloriole personnelle de nouveaux sachants (et sans citer leur source of course) ! Je ne suis pas là pour ça. Je ne suis pas un éducateur ni un professeur. C’est déjà honteux que ce que je révèle dans mes écrits ne soit pas connu de ceux qui se prétendent être mes lecteurs, et depuis longtemps… C’est encore de la culture ! En outre, vous remarquerez que ceux qui me remercient pour le savoir que je leur ai dispensé en tous domaines sont les derniers à parler de la façon dont j’ai parlé de ces nouvelles choses : jamais un seul commentaire sur un passage pour l’analyser dans sa construction, son plan, sa pensée, son écriture, dans ses trouvailles lexicales, grammaticales, sonores, que sais-je… J’attends toujours quelqu’un qui prenne un paragraphe au hasard, quel que soit le sujet (de préférence qui ne l’intéresse pas a priori, c’est encore mieux), et qui nous en fasse l’exégèse littéraire.

Haro sur le Sarko ! Avant même d’avoir pu le lire, tout le monde tombe sur Sarkozy qui va publier son livre Le Journal d’un prisonnier (chez Fayard = Bolloré, sortie le 10 décembre). Évidemment, ça ne peut être qu’une daube, vu l’absence totale de talent du célèbre faux innocent vrai tricheur, mais l’argument de dire qu’on ne peut pas écrire un livre digne de ce nom en 20 jours n’est pas le bon. Dosto en a mis 27 pour expédier Le Joueur, en le dictant à Anna en 1866, et Céline a dû mettre certainement moins de temps encore pour balafrer rageusement les feuillets de son Mea culpa à son retour d’URSS en 1936. Le problème chez Nicolas-Ferdinand Sarkoïevski, c’est que, sans doute (procès d’intention !), il ne va rien dire de profond sur lui ni sur son incarcération. Sur le principe, moi, je ne serais pas contre un livre, même « mal écrit », qui expliquerait minute par minute comment ça se passe la vie en prison aujourd’hui en 2025… En tout cas, arrêtez de le charger : Sarko l’ex-écroué ne peut pas avoir moins de choses à dire que Boualem Sansal (« poème sans salle » selon le micro de mon ordi) qui vient de sortir de taule lui aussi…

Car le voilà, enfin visible ! Réapparition de Boualem Sansal, et à la consternation générale ! Plus de catogan ! Il s’est coupé la queue, après les couilles ! Meilleure mine qu’avant, nouvelles lunettes, grossi, éveillé, souriant, déclochardisé… Il se montre joyeux, les joues pleines, ironisant ! Il est sorti ressuscité de la marmite d’algérité bouillante où l’avait plongé l’empereur Tebboune… Lui n’est pas du tout pressé d’écrire et de publier un livre qui, dit-il lui-même, s’intitulerait La Légende (c’est le surnom qu’il avait en prison en Algérie). Mauvaise symétrie antagoniste à faire entre « la classe » et la « dignité » de Sansal et la bassesse mercantile de Sarko. La juste comparaison serait plutôt entre la vulgarité de Sarkozy et la soumission de Sansal, les deux étant intrinsèques à ces manipulateurs insincères dans l’âme. Aussitôt de retour, Sansal trahit l’extrême droite qui l’a soutenu : il va blablater sur France 2 (chez Delahousse le 23 novembre, interview montée après coupures), puis à France Inter (le 24) face au mulot mal rasé Benjamin Duhamel, et enfin chez Trapenard (le 26). Tournée des popotes ! Partout, Sansal adopte une version gallimardo-macroniste de sa libération. Tout a été possible grâce à la diplomatie française. Il lui a été dit de renier la stratégie Retailleau qui était de durcir le ton contre l’Algérie, et de glisser que passer par l’Allemagne était une idée de Sansal lui-même… Mais en même temps, au JT de Delahousse, il n’a pas pu s’empêcher de dire que Retailleau était son « ami » (qu’est-ce qu’il a dû se faire enguirlander par Gallimard pour cela !). La gaffe ! C’est Boulette Symbol ! On sent que Sansal, dans chacune de ses déclarations, est perclus de consignes afin qu’il recrache bien le discours officiel. Genre : « Moi d’extrême droite ? Qu’Allah m’en garde ! » Il laisse entendre que le RN, par ses philippiques anti-algériennes, a retardé sa remise en liberté… Déception chez les fachos plus très chauds. La crapule Praud, habillée comme un maquereau des années 30 dans un film de Marcel Carné ou de Maurice Tourneur, lui en veut à mort de ne pas être venu directement de la prison de Koléa à Issy-les-Moulineaux, sur son plateau ! Que croyiez-vous, gros beaufards ? On vous l’a déjà dit que Sansal était un traître à la base, pourquoi il ne vous trahirait pas vous, après l’Algérie ? Sansal n’a pas plus rendu hommage à son comité de connards commentés dans ma dernière Feuille… Il habite physiquement chez Antoine Gallimard, rue Gaston-Gallimard, en « résidence surveillée », dit une responsable de son comité, toute marrie que maintenant, en quelque sorte, ce soit Gallimard qui le détienne en otage !… Sansal dit qu’il voudra bien embrasser ses « soutiens » (pourquoi pas ses soutiens-gorge ?), mais dans dix jours… Ingrat ! Et le cocktail en effet a fini par avoir lieu mais réchauffé, le champagne coula à petits flots, et tiède, dans les flûtes brandies à sa santé par de gros notables de l’islamophobie feutrée et de bons musulmans « modérés », c’est-à-dire des collabeurks, tous festoyant tristement et trinquant avec Jean-Michel Blanquer, Georges-Marc Benamou et Alexandre Jardin… Sansal claque la bise à tout le monde, multiplie les selfies… Pour qui sont ces selfies qui sifflent sur vos têtes ? De nœud, les têtes ! Ce vieux bourricot de Boualem (c’est pas au vieil âne qu’on apprend à faire des « Hi ! Han ! ») braie à qui mieux mieux, mais en mezzo voce… Il est clair qu’il doit fermer sa gueule, autant ici que là-bas. Je croyais que l’Algérie c’était la censure et que la France c’était la liberté d’expression ! Lui-même avoue avoir un langage contraint : « On s’habitue à la prison », « J’étais comme un coq en pâte », « Ç’a été une expérience qui m’a beaucoup appris, je tiens à remercier Tebboune », « Je veux retourner en Algérie au plus vite ! »… Avalanche de (sic) ! Durant ses entretiens, Sansal a également sorti énormités sur énormités : « Finalement, la vérité, c’est une abstraction. Ça n’existe pas, on vit sur des légendes. » « En fait, je ne sais pas si réellement écrire existe. Ce qui est, c’est lire. Écrire, c’est répéter ce qu’on a lu sous une autre forme, c’est apporter du sien, mais tout a été écrit, tout, tout, tout ce que vous pouvez penser a été traité dans la littérature. » La pire est celle-ci (qui vient de lui coûter son passeport, immédiatement désactivé par le gouvernement algérien après avoir entendu ça) : « La France est mon pays. Je rappelle tout le temps cela aux gens : ils oublient que quand je suis né, l’Algérie était française, donc je suis né français tout naturellement ! » C’est plus fort que lui : Sansal veut absolument être français ! Heureusement, au sujet de ce con serpentin, il y a des commentateurs lucides sur YouTube : « Sang sale, sans sel ni saveur c’est juste une marionnette, sans vocabulaire à part : le truc où le machin ses mots fétiches ! Un pion sur un échiquier : échec où mout ! Un traitre à l’Algérie comme le régime Français aime et utilise… Sang sale finira dans les poubelles de l’histoire ! Tahya El Djazaïr ! gloire à nos valeureux martyrs ! »  Ou alors : « Un petit piètre écrivain qui a été cadre supérieur pendant plus de 30 ans dans l’administration algérienne et il se dit opposant : quelle blague !!!! » Houria Bouteldja, elle aussi s’est fendue d’un post : « J’aurais vécu assez longtemps pour entendre cette phrase d’un autre monde prononcée par Kamel Daoud : ‘‘Boualem Sansal a été libéré, maintenant il faut libérer l’Algérie ! ’’ Les renégats ça osent tout, même d’ignorer que c’est la France qu’il faut libérer, notamment d’eux, de Bolloré et de la Macronie… » Je rajouterais : « Et de LFI ! », ô toi, renégate aussi à ta façon !

Trump, Trump, Trump ! Donald a reçu trois Musulmans, coup sur coup, à la Maison Blanche. 1) Ahmed al-Charaa, le président syrien, alors que celui-ci était encore récemment sur la liste des ennemis publics pour terrorisme : Trump lui offre du parfum en lui demandant combien de femmes il a pour savoir s’il doit lui donner d’autres flacons (« Avec vous, on sait jamais ») ; 2) Mohammed ben Salmane Al Saoud, le prince d’Arabie saoudite, que Trump couvre pour l’accusation qui est faite à MBS d’avoir fait exécuter le journaliste Khashoggi, en traitant ABC News de « Fake News », ce qui pousse le prince à avouer à moitié que cet assassinat était « une grosse bêtise » ; enfin, 3) Zorhan Mamdami, le maire de New York et ennemi déclaré : quand, dans la salle, une journaliste fouille-shit, demande à Mamdami s’il pense toujours que Trump est un « fasciste », Trump stoppe Zorhan en plein début de réponse :  « C’est bon, vous pouvez juste dire oui… Ce sera plus simple que d’expliquer, ça ne fait rien. »  

Limites du catholicisme : « Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce que l’on possède » dit saint Augustin, alors que la bonne phrase est « L’amour, c’est de continuer à désirer ce que l’on possède. » (saint Nabe). 

Folie des grandeurs de Rabelais dans le prologue de Pantagruel : « Trouvez-moi un livre, en quelque langue, en quelque discipline et science que ce soit, qui ait telles vertus, telles propriétés et prérogatives, et je paierai une chopine de tripes. Non, Messieurs, non. Il est hors pair, incomparable et sans égal. Je le maintiens jusques au feu exclusivement. Et ceux qui voudraient maintenir le contraire, appelez-les dupeurs, prédestinateurs, imposteurs et suborneurs. Les gens ont bien reconnu par expérience infaillible le grand profit et la grande utilité que l’on tire de cette Chronique Gargantuine : car en deux mois il en a été vendu par les imprimeurs plus qu’on n’achètera de Bibles en neuf ans. »

L’ironie, le cure-dent des édentés.

Les gens croient qu’ils ne sont pas seuls parce qu’ils sont entourés, parce qu’ils sont dans un clan, un groupe, et qu’ils s’y sentent au chaud : c’est ce qui leur donne l’illusion qu’ils ne sont pas seuls au monde alors qu’ils le sont absolument — de la naissance à la mort —, et sans se rendre compte qu’il n’y a personne avec soi, jamais.  

On met toujours en valeur les mêmes figures féminines positives ou négatives : Ève ; Nana ; Lolita… Et on oublie la principale bien sûr : Pandora ! Toutes les femmes ne sont pas des èves, des nanas ou des lolitas, d’accord, mais toutes sont des pandoras.

Avant, on disait « Pauvre France ! » ; maintenant il faut dire « France pauvre… ».

Ô Combien j’en ai vu, dans leur jeunesse, s’enthousiasmer à outrance, être prêts à tout donner pour rester dans la Beauté, l’Art, jurer de ne s’intéresser qu’aux grandes choses, tout foufous tout flammes, puis peu à peu, se laisser démolir par la vie sociale et ses obligations… Leurs déceptions, dissoutes en de pitoyables complaisances, les a confortés dans l’idée que finalement, c’est cette beauté qui les avait mal aiguillés et qu’il fallait donc la quitter… Sale beauté ! Allez, hop, au panier, toutes ces lectures géniales, ce goût pour le sublime, ces quêtes d’absolu, ces aspirations au Vrai ! C’est ça, au fond, qui les a empêchés de comprendre que la vraie vie était ailleurs… Mais pas comme Rimbaud l’entendait, dans le sens inverse même. Voilà pourquoi un quadragénaire aujourd’hui n’a plus rien à foutre du jeune homme de 20 ans qu’il avait été, jadis excité par la perspective de voir les choses en beau toute sa vie, promis craché. Au contraire, désormais, il se vautre dans le laid, il prend toute la journée des bains de laid, pour se « purifier » de sa propre jeunesse, en disant que ce n’est pas sa faute, qu’ « il faut bien vivre », etc. Ne jamais quitter la beauté, quels que soient ses soucis et ses problèmes, est une croisade personnelle qu’il faut mener pour ne jamais trahir ses rêves de jeunesse. Qui quitte la beauté ne mérite plus de vivre, mais de survivre. C’est d’ailleurs ce que la plupart font.

Décidément, les « humoristes » de France Inter ou Radio Nova (c’est pareil) n’ont non seulement aucune impertinence, mais aucune pertinence ; ils recrachent la bouillie qu’on leur a mis dans la tête depuis qu’ils sont gosses, exactement comme celle qu’on donnait aux bébés sur leur chaise haute… À l’époque, il y avait une marque, c’était la Blédine : c’est ça : ce qu’ils vomissent en se croyant drôles, c’est de la blédine politique et historique. Guillaume Meurice qui traite de Netanyahou de « nazi sans prépuce » ou Pierre-Emmanuel Barré qui traite la police de « Daech avec la sécurité de l’emploi », c’est de la vanne prémâchée. Ils emploient une comparaison qui est fondée sur l’ignorance de ce qu’est le nazisme et de ce qu’est Daech. Voilà par où le baba blesse, car ils restent des babas cool pour qui le Mal est représenté, avec une « scintillante banalité », comme dit Knut Hamsun dans La Dernière joie traduite par Régis Boyer (« allez, clic clic clic clic, ô internet, renseigne-moi sur ce que M. Nabe vient de me faire découvrir à l’instant !), par Hitler ou l’ÉI… Finalement, les deux copains virés de France Inter qui se retrouvent employés de Matthieu Pigasse veulent insulter la police et Netanyahou, mais ils ont besoin pour ça des clichés bien-pensants les plus élimés. L’humour et la force auraient été de trouver de nouveaux curseurs pour attaquer l’ignoble Bibi de Tel Aviv et les gros cons de flics qui abusent du pouvoir de leur matraque. Mais de ça, toute cette bande de sinistres marrants est incapable.

Ce qu’on peut, ce qu’on doit apprendre de Rimbaud, c’est aussi sa technique romanesque du récit. Par exemple, dans son poème Les Reparties de Nina, pourquoi le titre est au pluriel ? On peut se dire que la raison est très simple : si Arthur avait mis ça au singulier, on se serait attendu à ce qu’il n’y ait qu’une seule repartie et on serait allé vite à la fin du poème pour la comprendre, (quand Nina dit « Et mon bureau ? »). Mais surtout, le pluriel, généralise l’idée que sa copine Nina est complètement débile, et qu’elle ne pense toujours qu’au matérialisme, même après toutes les images de rêves idylliques que son romantique amant lui a projetées. Ça signifie qu’elle en a eu plein d’autres, des « réparties » de ce genre, en dehors du poème qui s’appelle Les Reparties de Nina, et c’est beaucoup mieux. D’ailleurs, l’utilisation du pluriel par Rimbaud est systématiquement impressionnante par sa technicité, je l’ai remarqué souvent, c’est comme Les Déserts de l’amour dont on parlera une prochaine fois.

Nous vivons dans un arc-en-ciel de chaos.

Paul Cézanne

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°47 – 24 novembre 2025

Pourquoi Aymeric Caron est méprisable ? Parce qu’il lui a fallu — il l’avoue lui-même — un « génocide » pour qu’il prenne conscience de la saloperie des gens qu’il côtoyait dans les médias et pour qu’il dise, monsieur, qu’il ne veut plus les voir parce qu’ils ont observé un silence ignominieux depuis deux ans sur Gaza… Espèce de gris con, c’est honteux que tu aies attendu qu’il y ait 70 000 morts en Palestine pour t’apercevoir que tu avais été un poisson mort ballotté dans l’eau pourrie d’un aquarium puant ! Tu as été complice à 100 % de ce milieu horrible dont tu as profité, de cette médiatisation qui t’a fait sortir de l’ombre alors que tu étais juste un obscur reporter de Canal + qui gagnait sa croûte en faisant des reportages insipides sur l’Irak ou le Liban… Oui ! C’est grâce à Ruquier que Caron est devenu « quelqu’un ». On ne fait pas pire cracheur dans la soupe que cet opportuniste qui avoue sa lâcheté en admettant que c’est le 7-Octobre qui lui a fait comprendre qu’il avait été juste un con et une pute qui en avait bien croqué, qui se régalait à se marrer avec ses potes de télé, traitant sans scrupule les autres d’« antisémites », et maintenant, ça lui revient en boomerang dans sa gueule de minable aigri et pleurnichard ! Jamais, Aymeric (quel prénom con !) ne se remet en question et essaye d’analyser pourquoi à l’époque il était avec ces gens-là, et participait à leurs différents hallalis contre les esprits libres. Caron préfère se concentrer sur son « avenir » de député et faire passer le message suivant : « Avant, c’était normal que je sois un connard puisqu’il n’y avait pas eu encore le génocide ! » Le massacre des Gazaouis lui sert à se trouver des excuses pour avoir été une merde humaine condamnable, mais inconsciente, du temps de sa gloire : voilà la vérité.

La seule satisfaction qu’on pourrait retirer de la libération de Boualem Sansal, grâcié après un an d’emprisonnement en Algérie, c’est que la France n’y a été pour rien ! C’est l’Allemagne qui a sorti le traître des geôles de son pays renié ; trop drôle ! Bravo, les boches ! Et très bien joué de la part du Président Tebboune qui a montré qu’il n’était pas contre cette grâce en soi (on peut gracier n’importe qui mais pas à la demande de n’importe qui !)… C’est à Berlin que la collabique chevrotante Sansal a atterri. Macron n’a pas récupéré lui-même le « Franco-Algérien » (rien que le terme !), il n’a pas pu le tirer personnellement par son ridicule catogan gris comme par la queue d’un âne… Pouah, l’âne au sang sale ! C’est donc par la toute petite porte que Boualem Sansal est rentré à Paris. Tout le monde s’en fout sauf La Grande Librairie, l’émission « culturelle » de défense des livres et de haine de la littérature animée par Augustin Chausse-Trapenard qui fait tomber chaque semaine dans son trou de son cul les plus vilaines bestioles des Lettres. Émission spéciale « Mafia Gallimard » pour une nouvelle couche de sanctification de Sansal (la première, c’était quand il était en prison ; la deuxième, c’est quand il en sort ; une troisième viendra quand il mourra)… Il y avait Kamel Daoud, faux prophète propret avec ses formules toutes faites pseudo-imagées ; Abnousse Shalmani, la frisée sans lardons qui vend sa salade laïque à la sauce iranienne, et qui a comparé Boualem à Soljenitsyne et à Sade (sic) ; Daniel Pennac, à la voix si métalliquement professorale, qui, lui, a osé dire : « On a affaire réellement à un écrivain qui sera reconnu un jour comme un écrivain universel »… Jean-Marie Laclavetine a loué « la puissance de son œuvre » comparable à celle de Rabelais ; Florence Aubenas voit en Sansal « un enfant », un Rimbaud… Pour Antoine Gallimard, son auteur-caution arabe dans « la Blanche » est « un roc », et de toute façon (c’est la meilleure) : « On n’enferme pas un écrivain »… Et moi ? Je suis enfermé depuis 40 ans dans la cellule du boycott ! Tous soulignaient la « douceur du visage » de « Boualem »… Une « lumière » pour Trapenard… Avec sa tête de vieille tafiole à lunettes et à la voix sourde qui mange ses mots ?… Putain, mais ils ne savent pas lire un visage humain ou quoi ? Un bon lèche-anus tricolore, judéophile, pro-Kabyle, flicophile, etc., etc. Mais ce qui définit le mieux Boualem Sansal finalement, c’est son comité de soutien… Il faut voir la liste… C’est à s’arracher les poils du pubis ! « Comité de soutien présidé par Catherine Camus, fille d’Albert Camus » (tout est dit)… Avec, par ordre analphabétique : Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre, ancien député-maire de Nantes (insulteur de Depardieu) ; Tristane Banon, écrivaine (allumeuse de DSK) ; Charles Beigbeder (frère de con et con lui-même) ; François-Xavier Bellamy, député européen (pédale catho) ; Georges-Marc Benamou, producteur, écrivain et journaliste (éclateur de la rétine gauche de Marc-Édouard Nabe) ; Georges Bensoussan, historien (grand prêtre du sionisme pied-noir médiatisé) ; Aurore Bergé, députée des Yvelines (coupeuse de couilles des influenceurs sur TikTok et grande copine de Netanyahou) ; Philippe Bilger, essayiste, ancien magistrat (zozoteur envoyeur en prison reconverti en chroniqueur sur CNews) ; Jeannette Bougrab, ancienne secrétaire d’État chargée de la Jeunesse, juriste et essayiste (suceuse de feu Charb) ; José Bové, paysan, ancien syndicaliste agricole et député européen (moustachu qui a toujours sa moustache mais plus ses roustons) ; Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale (« ainsi Sion Sion Sion mes petites marionnettes ! ») ; Élie Chouraqui, cinéaste (balai de chiotte au long manche) ; André Comte-Sponville, philosophe (phraseur à la guimauve débile) ; Alexandre Devecchio, rédacteur en chef du service débats au Figaro (mauvais baiseur de Noémie Halioua) ; Jean-Marc Dumontet, directeur de théâtres (coach de la mouche macroneuse) ; Raphaël Enthoven, philosophe, essayiste (parricide la bonne soupe !) ; Christian Estrosi, maire de Nice, président délégué du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (cocu qui s’est fait piquer sa femme par Sarkozy sans rien dire) ; Luc Ferry, philosophe, essayiste, ancien ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche (stupide partenaire de joute télévisée de Dany Cohn-Bendit) ; François Fillon (costumier tricheur) ; Alain Finkielkraut, philosophe, membre de l’Académie française (extrême sionard borgne sur les nerfs) ; Marcel Gauchet (grabataire intellectuel) ; Franz-Olivier Giesbert, éditorialiste, journaliste, écrivain (complètement retourné) ; Noémie Halioua, journaliste (mal baisée par Devecchio) ; Vincent Hervouët, journaliste (rongeur de son frein jusqu’au sang sur le plateau de Praud) ; Anne Hidalgo, maire de Paris (vandale urbaine) ; François Hollande, ancien président de la République (responsable des attentats du 13 novembre) ; Alexandre Jardin, écrivain (ex-jeune best-seller menteur devenu vieux gros goret démago) ; Gilles Kepel, politologue (incompétent en islamologie) ; Rachel Khan, écrivaine (fausse Noire, fausse Juive, fausse actrice, vraie conne) ; Arno Klarsfeld, conseiller d’État, avocat (« fils de »  « mère de » et de « père de ») ; Beate Klarsfeld, journaliste, militante (« mère de » « fils de » et femme de « père de ») ; Serge Klarsfeld, historien et avocat (« père de » « fils de » et mari de « mère de »… bref, tous merdeux) ; Daniel Leconte, cinéaste (plus « Charlie » que lui, tumeur au cerveau servile) ; Élisabeth Lévy, journaliste, essayiste (vieille petite fille alcoolo-hystéro-sioniste) ; Sonia Mabrouk, journaliste (qui a pris son pied à l’étrier avec Elkabbach) ; Joseph Macé-Scaron, journaliste et essayiste (tata barbue indignée en permanence) ; Richard Malka, avocat (l’homme qui sourit à la mort) ; Éric Marty, écrivain et universitaire (cracheur sur la tombe de Jean Genet) ; Edgar Morin, sociologue et philosophe (ignoble centenaire toujours vivant) ; Michel Onfray, philosophe et essayiste (et pauvre type) ; Natacha Polony, journaliste et essayiste (perruche de droite) ; Michaël Prazan, réalisateur et écrivain (rat anti-Nabe) ; Olivier Rolin, écrivain (ex-soixante-huitard plat comme les non seins de Jane Birkin) ; Nicolas Sarkozy, ancien président de la République (ex-taulard innocent sur les mains, levez la droite et dites : « je le jure ! ») ; Pierre-André Taguieff, philosophe et politologue (anti-Céline pathologique) ; Manuel Valls, ancien Premier ministre (matador m’as-tu-vu archi-pro-Israël)… À votre avis, qu’est-ce qui réunit tout ce beauf monde ? Quel est leur point dégoulinant commun ? Allons ! C’est qu’ils sont tous arabophobes !

Le général Fabien Mandon, face aux maires de France, a lancé une solennelle alerte sur la forte probabilité que Poutine se prépare à déclencher la guerre à la France vers 2030… La rampouille, sans doute avec l’aval de cette couleuvre de Macron, a bien foutu la trouille à tous en exhortant les Français à retrouver leur « force d’âme » (sic) et à accepter de « perdre des enfants » (sic bis) pour combattre la Russie le cas échéant, à courte échéance. Tollé général bien sûr de la part des « de gauche » qui aujourd’hui se prennent pour des pacifistes héritiers d’Henri Barbusse, ou plutôt de Marcel Déat, et tollé presque similaire chez les extrêmes droitards qui, eux aussi, brocardent l’exhortation martiale de Mandon, mais pour cacher qu’au fond ils détestent l’Ukraine et adorent Poutine, et ne veulent pas qu’on le titille jusqu’à ce qu’il se décide à faire panpan cucul, d’abord aux pays baltes, à la Lituanie puis à la Pologne, ce qui « otanement » parlant enclencherait une guerre mondiale du genre de la deuxième… « Allez-vous faire foutre tous ! » a-t-on envie de dire à ces faux pacifistes unifiés ! Le vrai pacifisme, ce n’est pas ça. On doit être contre la guerre pour de bonnes raisons. Pas par peur de l’agresseur ou par peur de devenir son collabo. Bien sûr, Mandon est un va-t-en-guerre, mais quand il parlait des « enfants », il ne songeait pas aux civils à mobiliser pour les conscrire, mais à des engagés volontaires, qui ne méritent aucun respect ni compassion, ces jeunes cons qui choisiront de s’engager comme des larves patriotiques. Et ça tombe juste au moment où Macron signe avec Zelensky une « déclaration d’intention » pour que la France refile des Rafale en rafale (100 zincs), huit systèmes de défense aérienne SAMP-T nouvelle génération, des bombes propulsées (AASM Hammer) et des drones d’observation, d’attaque ou d’interception (et avec ceci ?) à l’Ukrainien cracra… Il s’agit pour l’armée ukrainienne, d’être « en capacité de dissuader toute nouvelle incursion, une fois la paix ou un cessez-le-feu conclu », a ajouté Macron… Après bourrades, embrassades, bisous de tapettes à l’appui, la signature ukraino-macronienne s’est finie en récré au mont Valérien sur presque tout pour évaluer les besoins militaires de cette petite Russie, province éternelle ingrate de l’ours russkoff. Cet accord est beaucoup plus grave que le discours de la ganache fantasmante Mandon qui voulait faire peur aux petits enfants des maires de famille. En plus, huit milliards, ça va coûter, mais l’Ukraine n’a pas d’argent, voyons… Alors, qui va payer ? Dassault veut son fric ? Les descendants de Marcel attendront ! Macron propose un « endettement commun » par l’Union européenne pour réunir la somme que l’Ukraine remboursera après. Les Allemands tirent un peu la gueule, mais OK : « la coalition des volontaires » accepte d’aider les Ukrainiens à repousser militairement les Russes envahisseurs…Volodymyr n’arrête pas de bander : « C’est un accord historique et nous apprécions beaucoup le soutien de la France. » Attention ! Il a bien été dit que cette tractation et le discours de Mandon ne sont que deux projections dans l’avenir. L’armement pour l’Ukraine, c’est pour plus tard, et la guerre, on n’a fait que l’évoquer, rassurez-vous, bonnes gens de merde, enculés du futur ! C’est juste des ‘‘garanties de sécurité’’ »… Mon cul ! La « garantie de sécurité », c’est la parfaite pancarte pour indiquer la direction de la guerre ! C’est par là, c’est tout droit, oui, dans le mur là-bas ! Certains murmurent même que Macron pousse absolument à la guerre pour pouvoir rester Président, ce salaud… Inutile forcing ! La sortie de Mandon pour secouer les Français et leur faire comprendre qu’il faut « préparer la guerre pour maintenir la paix », car « c’est en n’étant pas faibles qu’on se montre forts », était superflue. C’est elle, l’armée et son représentant, qui se sont montrés faibles en cherchant à provoquer un électrochoc de patriotisme, de peur que ça ne suive pas dans les tranchées ensuite… Aucun problème, mon général, les Français, particulièrement les jeunes (61 % des moins de 25 ans), sont déjà tellement cons qu’ils seront immédiatement prêts à s’engager en masse pour défendre leur pays contre les vilains moujiks assoiffés de sang et de vin qui iront à coup sûr fêter leurs exactions dans les endroits qu’ils ont, dit-on, baptisés eux-mêmes jadis : les bistrots ! Tout le monde a envie de perdre ses enfants à la guerre, et les enfants eux-mêmes ont très envie d’être perdus dans cette circonstance ! Ça ne sert à rien de s’indigner de la parole de Mandon qui veut que la France se fasse à l’idée de partir à la guerre, car tout le monde est d’accord pour la faire, sa putain de guerre. Y compris ceux qui disent aujourd’hui qu’il n’y a aucun risque que la Russie attaque la France, compris ? D’ailleurs, même si ça arrivait, qui vous dit que la France le prendrait mal ? En 1814, ça s’était très bien passé…

Vous n’allez quand même pas me dire que vous ne savez pas ce qui s’est passé en France en 1814 ! J’en ai marre de tout vous expliquer ! Napoléon, ça vous dit quelque chose ? Alexandre 1er, rien non plus ? Je ne suis pas votre papa et internet n’est pas votre maman ; on n’est pas en couple avec Google pour vous apprendre la vie et l’Histoire qui va avec ! Bref, après la bataille de Paris du 31 mars 1814, gagnée par les Russes, Napoléon est revenu de Saint-Dizier où il continuait à vouloir guerroyer contre un petit résidu de front russe ; mais trop tard… Coup de génie stratégique d’Alex’ the first : envahir la France plutôt que continuer le combat contre elle à l’est. 60 000 hommes entrent à Paris, et le petit Corse doit abdiquer via Fontainebleau à l’île d’Elbe direct. Pendant ce temps, les alliés anti-Napoléon — Autrichiens, Prussiens, Anglais, Suédois (tous ceux qui l’ont trahi) — se régalent à occuper la capitale, mais c’est surtout les Russes qui impressionnent et, vous le croirez ou non, particulièrement les Cosaques… Késako, les Cosaques ? Contrairement à la réputation qu’ils avaient d’ogres moustacheux en toques de fourrure, bottes rouges et couteau entre les dents, ce sont ces Russes-là qui ont tapé le plus dans l’œil des Français, et surtout des Françaises quand elles les ont vus laver leurs chevaux et eux-mêmes, nus, à dada dans la Seine, musclés et joyeux, déconneurs, ivres avec des bites de 2 km de long et de grosses couilles plus poilues encore que leurs chapkas… Les Françaises ont craqué : ç’a été du viol à l’envers ! Combien de pimbêches et de bourgeoises des beaux quartiers ont sauté au paf de ces Cosaques en rut et même sans doute à celui de leurs chevaux ? On n’a pas le chiffre. Il a fallu réfréner ces salopes. C’était une véritable attraction d’aller voir les Cosaques dans leurs bivouacs installés dans les jardins des Champs-Élysées. C’était comme un zoo de zobs sauvages que leur campement était visité… Les Parisiennes, après avoir fait leur choix, entraînaient les gaillards aux barbes viriles, aux caftans laineux, aux poignards glissés dans les ceintures et aux amples pantalons spécial fourrage de mains diaphanes par la braguette, dans les cafés alentour… Leur grande plume dressée en haut de leur chapeau, les Russes allaient des nuits entières avec ces dames faire la bamboulaski… Vite oublié, le Napoléon et ses grognards frustes et rustres, sales, et rentrés aux bercails la queue entre les jambes après tant de campagnes douloureuses ! Il faut dire aussi que les Russes se sont très bien comportés, les Cosaques de la garde comme les officiers gradés en grande tenue, qui parlaient parfaitement français (ça ne vous rappelle personne ?). « Les Cosaques ne sont méchants que dans les gazettes », on disait. En effet, ce n’étaient pas des bouffeurs d’enfants selon le cliché ; tout au plus des bouffeurs de toutes les carpes géantes du lac de Vincennes !… Ce furent plutôt eux, les Russes, qui étaient choqués par le comportement des Français ; il y en a un qui l’a bien raconté dans ses mémoires : « Les Français d’aujourd’hui ressemblent aux compagnons d’Ulysse transformés en porcs et se plaignent que l’on veut les rendre humains encore »… Excellente définition du Français, et qui, à mon sens, n’a pas pris une ridule : d’anciens humains transformés en porcs mais qui surtout ne veulent pas revenir à leur état primordial !… L’occupant russe a été plus que bienvenu… Et ça n’a duré que six semaines. Un seul printemps, et pas du tout de feu. Un mois et demi, c’est pas la mer de vodka à boire ! Napoléon avait trop appauvri et affamé son peuple, il était haï en 1814. Même les Russes admiraient plus Napoléon que les Français ! Voilà pourquoi les troupes d’Alexandre ont été reçues comme des libérateurs de Napoléon ; les royalistes (mais pas que) les attendaient avec impatience pour qu’ils replacent un Bourbon à la tête du pays. « Restauration des lys » ! Le colla-pied-bot Talleyrand accueille le Tsar et discute avec lui d’une monarchie tempérée. Une fois que Louis XVIII fut installé, les Russes se sont barrés, mais ou le frère de Louis XVI était trop lourd, ou le trône trop fragile, toujours est-il que ça s’est effondré assez vite… Une petite année à peine avant que Napoléon ne s’évade d’Elbe et resurgisse… C’est l’empereur du Loch Ness ! Et ce sont les 100 jours ! Une seule solution s’offre à Napoléon pour essayer de reprendre la main : refaire la guerre. On est en 1815, c’est Waterloo qu’il n’avait pas le choix de faire ou de ne pas faire, toute l’Europe étant à ses trousses. Défaite et re-exil, à Sainte-Hélène cette fois, et c’est à ce moment-là qu’il y a eu le retour de l’armée d’occupation russe. C’était conclu dans le dur traité de Paris : il fallait une force militaire alliée de 150 000 soldats sur son territoire occupé pour 3 ans… Pendant cette seconde période, les Russes devaient servir de surveilleurs, régulateurs, modérateurs, mais ils ne se sont pas comportés aussi bien que la première fois… C’est même dans les Ardennes qu’ils se sont le plus déchaînés, vers Rocroi, Vouziers… Givet, Revin en ont encore mal au cul aujourd’hui… Tout ça pour dire que si les Russes envahissaient la France en 2030, les Français seraient les premiers à collaborer avec enthousiasme et zèle… On connaît la mentalité française qui donc ne date pas de 1940. La différence c’est qu’en 40, ça avait mis Pétain dans un fauteuil alors que demain, ça chasserait Macron du sien. C’est dans ces conditions-là que moi-même serais d’accord pour la présence des Russes à Paris, si, comme en 1814, elle provoquait l’abdication immédiate de son chef (Macronléon)…  Je dis que s’il faut ça pour changer de pouvoir, alors, d’accord pour les Russes ! Venez les Cosaques, on vous attend, et avec le Saint-Esprit comme disait l’autre !

Un jour, la peur frappa à la porte. Le courage se leva et alla lui ouvrir, mais il n’y avait plus personne.

Goethe

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°46 – 17 novembre 2025

Sarko Circus. Il est sorti, ce con ! Et plus tôt que prévu… Pourtant, ce 10 novembre 2025 au matin, personne n’était très optimiste sur sa libération… Carla Bruni, lunettes noires, rarement plus élégante et méprisante, mais digne et hautaine, tirait la gueule alors que tout laissait penser que la cour d’appel allait autoriser la levée d’écrou de son chéri bibi dans la journée… Peut-être que c’est ça qui la contrariait justement : récupérer le gnome. Gnome sweet home ! Premier raté : alors que tous les 11 novembre, en tant qu’ancien Président, Sarkozy va sur les Champs-Élysées rendre hommage aux victimes de la guerre de 14, cette année, il a posé un lapin bleu blanc rouge au Soldat inconnu, pire que s’il avait pissé sur sa flamme ! Soi-disant, il ne voulait pas troubler la cérémonie car on n’y aurait vu que lui… Et mon œil, c’est du poulet ? Comme si c’était la vraie raison ! Il ne rêvait que de ça : être la star de l’Armistice ! Non, si Sarkozy ne s’est pas déplacé, c’est pour marquer sa désapprobation envers cette France à qui il a tant donné et qui n’a fait que lui renvoyer de la merde jusqu’à l’emprisonner. Cet orgueilleux n’a pas vu que c’était son intérêt de se montrer là-bas, au contraire, à visage découvert, un peu fatigué par l’épreuve, mais prouvant ainsi qu’il restait un grand Français et qu’il ne quittait pas son rang pour si peu ! En plus, ça forçait Macron à lui serrer la main au milieu des autres huiles. Il y avait même là-dedans une pointe d’humour vraiment drôle : le type qui sort de prison et qui, dès le lendemain, est sous l’Arc de Triomphe, avec les officiels, comme si de rien n’était ! « Même pas mal ! ». Plus fort que Jean Valjean (plus rapide en tout cas) ! Alas, le bagnard désenchaîné a choisi d’aller courir comme un abruti septuagénaire en short, pour garder la forme. Et garder le fond, tu y as pensé, Nico ?… Second raté : toujours ce 11 novembre, après son footing, il va déjeuner au Flandrin (œuf mayonnaise = 16 €) comme après son élection de 2007 il avait dormi au Fouquet’s !… Que d’erreurs ! C’est donc là, au Flandrin qu’on l’a vu, visiblement mécontent d’être filmé, et ovationné à l’entrée, dedans et à la sortie. « Que justice soit faite ! » criait une vieille bourge en cours de pourriture. « Félicitations ! » clamait sa copine liftée par un boucher du Trocadéro… Félicitations de quoi ? Mauvaise stratégie, Sarko, encore une fois… Lors de son apparition en visiophone devant la cour d’appel du vieux Palais de Justice où il attendait d’apprendre à quelle sauce il allait être mangé, Sarkozy a dit que son séjour à la Santé avait été « éreintant », que c’était un « cauchemar »… Pourquoi n’a-t-il pas, dès sa libération, parlé publiquement et plus longuement de la prison, lui qui était si leste pour y envoyer les autres ? Ça, ç’aurait été la classe ! Une conférence de presse de deux heures où il expliquait très exactement ce qu’il avait vécu, enfermé dans sa cellule, ce qu’étaient les conditions que lui comme les autres prisonniers subissent, concassés par un système moyenâgeux, inhumain, humiliatoire et répressif, à l’encontre totale de la mission de détention à but soi-disant réinsertionnel dont l’administration pénitentiaire fait semblant de s’enorgueillir. Au lieu de ça, Sarkozy remercie les matons d’avoir été sympas avec lui ! En vérité, je vous le dis : ça ne mérite que ça, un être humain : d’être puni.

Autre punition : il y a des punaises de lit à la Cinémathèque française ! J’ai jamais plus blairer cette sous-lecorbusièrerie ratée quasiment sise, sic !, en plein « Jardin Yitzhak-Rabin », dans le 12e… Un déchet sur une pelouse. Rien à voir avec la Cinémathèque de Chaillot, ce bijou encastré dans le Troca pendant 70 ans ! Depuis l’ouverture des portes de la nouvelle à Bercy en 2005, tous les jours, feu le gros Henri Langlois doit se retourner dans la couchette de son train arrivant en gare de La Ciotat… Vingt ans après, les rats cinéphiles sortent de sa salle en panique : « J’ai été totalement bouffé »… « Mon ami qui avait un jean clair a vu des taches se déplacer. Il en a écrasé une et on s’est rendu compte qu’il s’agissait de punaises de lit. Sur les deux premiers rangs, c’était l’hécatombe. Toutes les personnes ont été piquées ». Bravo, elle est belle, l’hygiène culturelle institutionnelle ! Sus à l’infestation ! Il faut désinfecter tout ça, le protocole est lancé, on va envoyer des « chiens détecteurs et un traitement à la vapeur sèche à 180 °C seront effectués chaque semaine »… Alors qu’un punaisé se plaignait de la malpropreté des fauteuils et strapontins, « le directeur de la Cinémathèque » n’a rien trouvé de mieux que de lui tourner le dos (car il avait un lumbago) en lui conseillant seulement d’envoyer un mail de réclamation… Je le connais moi, le directeur de la Cinémathèque, c’est Frédéric Bonnaud, et rien d’étonnant : il ne sait faire que ça, tourner le dos… La dernière fois, c’était lorsque sa maison a été attaquée par d’autres punaises de lit, les pseudo-féministes de la commission d’enquête relative aux violences commises dans le secteur du cinéma à l’Assemblée nationale où il avait été convoqué avec son président, le vieux Costa-Gavras et son programmateur Jean-François Rauger… Avant eux, Serge Toubiana,  à qui Bonnaud a succédé, lui aussi avait dû venir s’expliquer devant ce prétoire ovarien d’inquisitrices (et d’inquisiteurs) pro-MeToo… Serge n’avait pas fait meilleure figure que ses successeurs à la tête de la Cinémathèque, tous paralysés par les injonctions aigres pas douces des maîtresses d’école Sandrine Rousseau et Sarah Legrain, et par les menaces du rapporteur (le bien nommé) Erwan Balanant, un soumis cradingue chargé de raser les derniers poils de couilles autocoupées de ses co-Homo (les bien nommés également) sapiens cités à ces procès insensés d’injustice, d’inculture et d’antiartistisme ! On a même vu cette petite chose si sensible d’Erwann pleurer devant la tapée Judith Godrèche tellement elle l’émouvait en racontant ses malheurs de malmenée par les méchants bonshommes que dans sa jeunesse elle avait allumés avec son clito, tel un petit cierge planté en mémoire de quiqui on sait, et que ceux-là, au bout d’un moment, s’étaient résolus de souffler, ce qui l’avait éteinte entièrement et qu’elle ne leur pardonnait toujours pas 40 ans plus tard… Bref, à l’Assemblée, les punaises de films attendaient au tournant les responsables de la Cinémathèque pour les attaquer, sans que ça ne les démangeât pour autant, vu l’inertie dont ils firent preuve… Il fallait les voir tous les quatre, comme des garçonnets qui n’avaient jamais rien fait de leur vie (alors que ce n’est pas le cas), acceptant de répondre poliment à toutes les mauvaises questions concernant leur métier, essayant de scier les préjugés-pilotis de ces espèces de bungalows mongolos dont avaient l’air leurs accusatrices qui flottaient sur l’estrade devant eux… Ah ! Ils ont eu droit à tout : complices du machisme dans le cinéma, encourageurs d’abus de pouvoir, renforceurs du patriarcat dans une société si évoluée comme la nôtre où les femmes enfin ont la parole pour ne déblatérer évidemment rien d’autre que des vérités au sujet des hommes, ces monstres qui ont systématiquement abusé d’elles depuis Cro-Magnon, c’est-y pas mignon ? Bon. Je reviendrai longuement sur tout cela dans mon Patience 5, mais de voir la Cinémathèque de Toubiana, Bonnaud, Rauger et Costa dévorée par les punaises de lit ne pouvait que me remettre en mémoire leur prestation lamentable de chiens pas du tout détecteurs et couchés devant la vestale d’EELV Sandrine Rousseau, tançant ces pauvres employés culturels payés par l’État qui avaient eu le malheur de programmer fin 2025 Le Dernier Tango à Paris sans le contextualiser, ou bien de maintenir la rétrospective Polanski en 2017 malgré les manifestations des « demi-folles » qui avaient tant effrayé le bouledogue Bonnaud… Peine perdue ! Ces grands défenseurs de l’art cinématographique n’ont même pas été félicités pour avoir annulé lâchement la rétrospective Jean-Claude Brisseau en 2018, ce qui l’a tué ! Du « Je le jure » inaugural aux multiples tentatives oiseuses pour démontrer leur respect de toujours pour les femmes, ces faux-culs (potes de Doillon et Jacquot comme Bonnaud) n’arrêtaient pas de se justifier et de mentir pour sauver je ne sais laquelle de leurs peaux (ils en ont tellement pour couvrir leur servitude), et pour montrer qu’ils n’avaient jamais eu les mains baladeuses et qu’elles étaient désormais moites à force de prendre des gants avec ces punaises d’hallali qui les piquaient à qui mieux mieux, sans qu’ils aient le courage de les écraser, lors de leurs auditions à l’Assemblée diffusées sur YouTube.

« Commémoration des dix ans du 13 novembre. Ça a commencé le matin, par le Stade de France, devant la porte D où il y a eu un premier mort « tué par une bombe ». Ils oublient de dire que la « bombe » était humaine, et que la victime n’a pas été « exécutée » mais soufflée par la force de la ceinture explosive avec laquelle un des terroristes s’est fait sauter : c’est quand même lui qui est mort d’abord ! On distingue déjà Valls, Pécresse, Lecornu, Coquerel, Braun-Pivet, Hollande, Hidalgo, Darmanin… Drapeaux ; écharpes tricolores ; costumes serrés ou boudinant pour Hollande… Au premier rang, Arthur Dénouveaux, le sinistre barbu concon passe-partout chouchou des médias. C’est lui qui a sauvé les membres de l’orchestre de rock qui se produisaient au Bataclan ce soir-là en les faisant s’enfuir avec lui de la salle ; c’est sans doute son plus grand crime ! Arthur Dénouveaux (quel nom ! on y entend désagréablement ceux de Rimbaud et de Germain Nouveau !) ne suit pas le mouvement, c’est lui qui l’a initié… Président de l’association de victimes Life for Paris, il vient de publier Vivre après le Bataclan (moi j’aurais plutôt appelé ça Exister grâce au Bataclan !). Dénouveaux talonne les Macrons, il est leur porte-bouquet-de-fleurs comme d’autres ont été portes-valises… Les voilà maintenant tous arrivés au lieu maudit des « Terrasses », devant les bars Le Carillon et Le Petit Cambodge ; et allez, une minute de silence devant une plaque contre un mur avec les noms des « 13 fauchés en ces lieux ». Après, c’est la détente : on voit Yaël Braun-Pivet hilare avec Darmanin (il y a de quoi rire, en effet) ; Valls, lui, se marre avec Nuñez des bons mots que leur balance Hollande. Et c’est le déplacement de toute la bande à La Bonne Bière… Putain, ils refont tout le parcours des terros, pareil, mais sans les couilles ! Les voici au Comptoir Voltaire ; là, ils se recueillent devant un arbre dans un trou de verdure (revoici Rimbaud). Et une gerbe de fleurs, une ! Nouvelle minute de silence. Ah, ils s’en seront tapé, des minutes de silence, ces huiles de friture insincères… La minute de silence, c’est comme un œuf qu’on casse : toute la glaire et le jaune s’échappent et coule sur le trottoir… Pouah ! pour ne pas dire Beurk !… Après, c’est le tour de La Belle Équipe, et sur un mur, en face, à nouveau une plaque aux noms des victimes. Ça ne dit rien à personne sauf à leurs familles, et encore ! Quel père ou quelle mère peut se targuer de connaître vraiment qui était son fils ou sa fille ? Re-gerbe de fleurs ! Gerbes sur gerbes : c’est à gerber. On place ses mains devant sa bite, on ploie sous le poids de la douleur « ressentie » pour les autres ; Macron et sa femme sourient aux anges (les anges, ce sont les kalachnikovisés ailés !)… Enfin, la colonne atteint le Bataclan, terre promise ! C’est le gros morceau… En ces lieux, 90 personnes sont mortes assassinées, et gnagnagna… On va pas encore se taper toute la liste des noms ? Eh bien, si, les 92, même : Fabrice Machintruc…Thomas Machinchose… Mathias Trucmachin…  Marina Chosetruc… Macron, en pleine fausse empathie, crispe ses maxillaires ornés de ses pattes de rastaquouère toréador pédé qui lui descendent jusque sur les joues, il a l’air de souffrir, mais tout est joué chez lui : il joue à l’humain… Là, Philippe Duperron, le second patron d’associations de victimes, la « 13ONZE15- Fraternité et Vérité » (sic), père con d’un fils con qui adorait le rock et qui en est mort, se met à chialer sans pudeur… Aujourd’hui, c’est ça qui est considéré comme la « vraie » pudeur : oser pleurer en public… Quel cinéma ! Blablataclan ! Tous se régalent, c’est évident, il y a Barnier, Molins, Nuñez… Et le soir, c’est l’apothéose, place Saint-Gervais, derrière l’Hôtel de ville, et devant une ancienne junglette en friche transformée en « Jardin du souvenir » (pourquoi pas des supplices ?). Avant le show froid, Emmanuelle et Brigit vont serrer les pinces de leurs invités-homards. On voit Delphine Ernotte (pourquoi elle est là ?), Francis Szpiner qui se fait embrasser par madame Macron, Raphaël Glucksmann au deuxième rang qui est tout frétillant parce que Macron l’a salué d’un coup de tête ; et Tony Estanguet, le Monsieur Musclor des JO… Il ne manque que Thomas Jolly ! Quel rapport avec Salah Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud ? Ah, les cloches de Notre-Dame sonnent. On se disait bien que c’était religieux tout ça ! Sous prétexte de prosternation devant la sainte Laïcité, Emmanuel Macron aura pendant ses deux quinquennats multiplié les fêtes de l’Être suprême, en changeant chaque fois d’être suprême : une fois, c’est Paty ; une fois, c’est Bernard ; une autre, Simone Veil ; Badinter… Une DJ noire aux grandes orgues synthétisées envoie des nappes… Des larmes bleues et rouges coulent de chaque œil sur le visage dessiné en grand d’une Marianne blanche… C’est vraiment la messe en boîte de nuit à ciel ouvert ! Voici le temps des discours larmoyeux. D’abord le père Duperron. Comme aux Césars, suit la projection des photos en noir et blanc des chers disparus fauchés en pleine jeunesse par le méchant terrorisme. Il y a aussi ce pédé d’Eddy de Pretto qui vient sur scène massacrer une belle chanson de Gilbert Bécaud, L’Absent. Puis c’est le sempiternel chapelet des noms des victimes, encore et encore : plusieurs égreneurs se succèdent à la tribune jusqu’à Dénouveaux qui pousse son discours (rien de nouveau : « Aimons-nous ! »)… Musique again, c’est Yarol Poupaud qui s’y colle ! Il fallait que le rock soit représenté. C’est comme Louis Bertignac qui a fait la musique du énième documentaire sinistros sur le « Vendredi noir » d’un certain Daniel Psenny, journaliste au Monde, qui habitait dans le passage derrière le Bataclan où il a assisté de son balcon à la déroute des survivants et des blessés et qui a filmé la fameuse femme enceinte accrochée connement à un rebord de fenêtre, et qui hurlait « Aidez-moi, je vais lâcher ! », avant de se retrouver ensuite otage. Ce Psenny, tour à tour journaleux, riverain, filmeur, secouriste, victime, et documentariste a chié peut-être le pire doc’ sur le V13, dans lequel, comme dans les autres, tout le monde raconte « son » Bataclan. Pour ces dix ans, les témoins sortent de partout, comme des rats des égouts de leurs égos dégoûtants et se confient par petits cris de souris et chuchotements de chochotte. J’ai vu la vidéo d’un dessinateur nul qui disait : « je me sens sali par le sang du terroriste dont j’ai été aspergé »… C’est comme la femme enceinte qui portait donc la vie dans son bide et qui s’est dit tellement heureuse quand l’un des derniers terroristes du Bataclan s’est fait exploser le ventre devant elle, foutant des bouts de tripes mêlées à des boulons et à des écrous dans le plafond du couloir-boyau où elle était séquestrée… Quelle noblesse !… Retour à la céré : l’actrice algérienne Lyna Khoudri (Madame Benzema) a lu ensuite une tartine de Charlotte Delbo, rescapée des camps (quel rapport entre le Bataclan et Birkenau ?), puis c’est le laïus de la Hidalgo dont on se demande si elle n’a pas fait davantage de mal à Paris que Daech !… Jesse Hughes déboule ! Le chanteur des Eagles of Death Metal surgit un micro au poing, sous-Nietzsche blond qui chante comme une patate et pas seulement : ne pas oublier que ce Jesse, dès novembre 2023, a apporté son soutien inconditionnel à Israël pour les huit ans de l’attentat au Bataclan ; il s’est filmé face caméra, devant un drapeau israélien, les larmes coulant sur sa bacchante de beauf du rock (pléonasme) jusqu’à dire : « Attaquer des gens qui célèbrent la musique, la paix et l’amour dans un lieu aussi beau qu’Israël est l’un des pires maux qui soient. » Ici, il est accompagné par « le chœur des 13 », composé exclusivement de rescapés ! C’est les vieux chanteurs à la « croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer » (c’est fait)… Ah ! Voici enfin le grand prêtre ! L’abbé Macron monte en chaire et déroule son insupportable homélie de cureton pseudo-lyrique, livide, plus vieilli que Sarko après 20 jours de taule (c’est dire !). On est là au cœur même du scoutisme robespierrien. Bisous, bougies, poncifs, être-suprêmerie, conneries… Ça ne pouvait finir que par La Marseillaise entonnée par une Noire of course… La Tour Eiffel elle-même en aurait bien rougi, mais trop tard : une partie d’elle est déjà rouge, ainsi que bleue et blanche : ce sont les couleurs qui l’illuminent cette nuit sacrée-là ! Les quatre plus importants s’avancent, ils se tiennent la main (Dénouveaux, Macron, Hidalgo, Duperron) devant le monument minable : un long bloc gris par terre avec marqué dessus Jardin du 13 novembre 2015 ; ils le caressent comme une tombe et c’est — ne riez pas — une nouvelle minute de silence qui est imposée… Orgues et chorale de survivants. Cons et lumières ! Ça tape dans les mains pour ce gospel blanc rock final : « Mon amour est plus fort que ta haine ne le sera jamais ! » Larmes, embrassades, standing ovation… Puis, pour terminer, congratulations désordonnées et bain de foule pour Macroncron… Se rendent-ils compte, tous, qu’ils n’ont commémoré ni le mauvais souvenir de cette nuit dantesque aux cadavres ensanglantés entassés dans la fosse de l’Enfer bataclanique, ni le bon de ceux qui ont réussi à s’en sortir et qui vivent maintenant entre eux, en « potages », pour servir la soupe d’une République qui sait garder la tête haute et le cœur fort face à la barbarie islamiste ?… Non, sans le savoir, ils ont célébré ce qui a causé leur malheur ce 13 novembre 2015, c’est-à-dire les bombardements décidés par François Hollande en 2014 sur des civils à Raqqa et à Deir ez-Zor !… L’étronne Sophie Aram, sponsorisée par Le Point, est intervenue sur X : « Si on m’avait dit que 10 ans après, nous en serions là aujourd’hui, je ne l’aurais pas cru… Qu’avons-nous fait contre l’islamisme ? Je me demande si nous sommes bien conscients de ce que nous commémorons ce 13 novembre 2025. » Eh bien, moi, je pourrais dire : « Si on m’avait dit que 10 ans plus tard, pour ne pas dire 24 ans plus tard, on en serait encore là, je ne l’aurais pas cru ! » On continue à qualifier d’ « islamisme » des ripostes strictement politiques et évidemment sanguinaires, et on persiste à les mettre sur le dos de la religion musulmane, alors que n’importe quel peuple ciblé et terrorisé comme le sont les Arabes sunnites exaspérés pourrait produire autant de combattants qui, en réaction, seraient prêts à sacrifier leur vie et celles des autres pour faire entendre leurs hurlements de détresse et de révolte contre la barbarie d’un Occident blanc, sourd de lui, et dominateur… Les terroristes ne sont pas « islamistes », ils sont islamistes en plus ; leur motivation pour avoir agi le 13 novembre 2015 n’était pas de convertir des fans de rock à l’islam dans le Bataclan ou d’empêcher des clampins de boire des coups à des terrasses de café, mais de tirer au hasard sur des innocents comme François Hollande a fait bombarder des innocents en Syrie quelques mois auparavant… Je vais le répéter combien de fois ?

Mon âme entière est un cri, et tout mon travail est un commentaire sur ce cri.

 Nikos Kazantzaki

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°45 – 10 novembre 2025

Qu’est-ce qui s’est passé encore ? Eh bien, il s’est passé que l’Orchestre philharmonique d’Israël a eu le culot de se produire à la Philharmonie de Paris pour exécuter (c’est le cas de le dire) un concerto de Beethoven sous la direction d’un chef d’orchestre de Tel-Aviv, Lahav Shani… Comme si un Israélien — on peut même dire un Juif, puisque c’est pareil selon les anti-antisémites — pouvait interpréter correctement Beethoven ! Ça se saurait : même Daniel Barenboim s’est cassé le nez sur le clavier, et pourtant c’est pas un manchot, mais il n’a pas le feeling pour cela : ça fait 60 ans qu’il massacre Ludwig. Ce jeudi soir-là à Paris, après avoir été refusé par les Belges, l’orchestre a trouvé refuge chez les Français soumis à une culpabilité vieille du temps des nazis et de l’Occupation. Quand on pense que Furtwängler et Karajan se sont fait emmerder pour leur germanité, alors que lui, Lahav Shani, n’a eu aucun problème à se produire dans une salle comble et acquise, sauf qu’il y a eu des « fauteurs de troubles » pro-Palestiniens qui se sont manifestés en hurlant d’abord : « Israël assassin ! »… Beethoven était trop sourd pour l’avoir entendu. Ensuite, une activiste a balancé sur les spectateurs des tracts contre la colonisation. Un autre a sorti des fumigènes… Une fumée rouge soudain a envahi quelques gradins. Sacrilège ! Et si les gens présents (dont Laurence Ferrari et l’ambassadeur d’Israël) se sont offusqués, ce n’est pas parce que l’intervention était une marque d’irrespect envers la musique de Beethoven, oh non ! Certains disent que les fumigènes, c’était dangereux, et qu’une banderole aurait suffi, mais je ne pense pas que de simples banderoles auraient fait moins réagir les « mélomanes » qui se sont littéralement jetés sur les quatre militants pro-Gazaouis en les tabassant comme on a rarement vu ça : exactement comme leurs frères colons en Cisjordanie s’occupent des paysans palestiniens qui rechignent à leur laisser leurs terres. Un Judéo-Beethovenien s’est acharné à faire pleuvoir des coups de poing comme d’autres des bombes sur la tête d’un mec qui trouvait très légitimement anormal que la France reçoive l’Orchestre philharmonique d’Israël malgré les images probantes de son armée décimant depuis deux ans plus de 70 000 civils à Gaza. Et c’est lui, l’antisioniste, et ses trois potes qui se sont retrouvés en garde à vue, tout cabossés, alors que les cogneurs pro-Netanyahou ont été acclamés comme des héros par les spectateurs qui les encourageaient à taper plus fort encore… C’est, au sens strict du terme, ignoble. « On aurait pu avoir un second Bataclan » a dit un témoin pour justifier la ratonnade pendant le concert… Dernière couche : après avoir repris son massacre, heureusement pas des Bagatelles de Beethoven, mais de son Concerto pour piano n° 5, le chef d’orchestre a levé une dernière fois sa baguette pour conclure la soirée par l’hymne israélien, carrément, en plein Paris, repris par les voix de plusieurs connasses dans le public émues aux larmes ! Un autre qui l’était, ému et aux larmes, c’est Pascal Praud qui a osé diffuser en entier la séquence de l’hymne pendant son émission L’Heure des pro-Israéliens. En soutien et en réparation à la honte que cela a représenté d’avoir interrompu le concert, alors que la honte, c’est de se mettre au garde-à-vous devant Hatikva, en France, alors que ça continue à carnager à Gaza…

Le Bataclan, reparlons-en cinq minutes ! 10 ans après, dans la ligne des fictions inspirées des « drames humains causés par le terrorisme », voici une série TV sur France 2 intitulée Des vivants et censée rendre hommage, en les mettant en scène, aux victimes représentées par des acteurs, et in situ s’il vous plaît, c’est-à-dire dans le Bataclan même. Énième propagande pro-flics et anti-islamique menée par un salsifis-, ou une endive- (au choix), réalisateur de téléfilms ineptes qui, après avoir longuement interrogé tous les survivants pour nourrir ses comédiens, sort son navet applaudi par tous. Difficile de déterminer qui sont les plus déprimants des deux groupes : les vrais otages du Bataclan qui racontent leur « tragédie » ou les acteurs bobos insipides et compassionnels qui interprètent leur rôle dans la série… Je penche pour les otages, qui sont encore pires que leurs singeurs. Car le plus ridicule n’est pas le film lui-même,  mais la promo sous forme d’interviews à répétition des otages, et qui sont plus ennuyeux les uns que les autres. Pourquoi ennuyeux ? Parce qu’on ne peut pas raconter quelque chose qu’on a vécu quand on n’est pas doué pour le verbe. Tout de suite, ça tombe dans la lassitude et le chiant. Même un voyage : comment raconter un voyage ? Il n’y a qu’une façon de rendre compte d’une expérience, c’est d’en faire une œuvre d’art. Évidemment, de cela très peu sont capables. Les zozotages préfèrent ressasser jusqu’à la gerbe leur « grand moment » dans le couloir avec le terroriste qui a fini par se faire exploser devant eux. Ils n’admirent que la BRI et son  « bouclier Ramsès » qui les a sauvés. Pas un mot évidemment sur la revendication des combattants de Daech et la raison pour laquelle ceux-ci ont monté cette opération le 13 novembre 2015 ; jamais une vision mature et cohérente sur ce qui leur est arrivé ne sort des bouches encore tremblantes de ces fans de rock pris au piège, ça ne les intéresse pas. Pourtant, s’ils avaient un peu de jugeote géopolitique, ils comprendraient que ce qui s’est passé il y a 10 ans en France était une riposte radicale aux bombardements iniques qui ont démarré fin 2014 jusqu’à s’intensifier en septembre-octobre 2015, ordonnés par François Hollande,  contre les positions de l’EI en Syrie et qui ont fait aussi beaucoup de victimes civiles collatérales… Les terros le leur ont dit eux-mêmes pendant l’action, mais les otages n’ont pas percuté, trop occupés à craindre de l’être, percutés, et à compter les flingués entassés dans la fosse de la salle de concert… Je l’ai pourtant assez expliqué dans Nabologie du terrorisme, une vidéo d’une heure tournée au lendemain de l’attentat et qui m’a coûté mon appartement dans le 8e et une reprise, à ma gloire de mécréant, dans le magazine Dar al-Islam, de mes meilleures pages sur l’État islamique tirées de mon Patience 1 ; vidéo qui finit par être supprimée par YouTube, le temps que la chaîne constate qu’elle était trop vue à la frontière syro-irakienne, mais c’est une autre histoire… Non, ce qui intéresse le public et les protagonistes, c’est cette « amitié » que les otages ont tissée entre eux depuis, et qui perdure. Les otages sont tous sur le même modèle de copains tout mous, tout traumatisés, suivis par des psys, ravagés par « la culpabilité du survivant » et qui chouinent sempiternellement d’avoir traversé « l’enfer »… L’enfer, il est à Gaza aujourd’hui ! Ils ont même trouvé un nom pour se définir : puisqu’ils sont à la fois otages et qu’ils sont devenus potes depuis l’attentat, ce sont donc des « potages », et tout le monde prononce ça sérieusement, sans s’apercevoir du grotesque de l’appellation ! Contre toute attente, personne n’a l’air de comprendre ce qu’elle veut dire au fond : les potages sont des otages qui se sont faits potes parce qu’ils étaient dans le même potage et qui maintenant font les potaches… « Des vivants » aux prénoms d’eunuques : Stéphane, Sébastien, Arnaud, Marie, Sylvain… Tous plus morts que s’ils avaient été abattus lors de l’attaque par les terroristes et qui se vautrent désormais dans l’émotion rance, le touillage sympa de souvenirs, les soirées chants et guitares de retrouvailles et tout le bataclan… Et attention, ces connards sont en plus super indemnisés par le Fonds de Garantie des Victimes de l’association inspirée par SOS-attentats de feu Françoise Rudetzki… « J’ai touché pas mal d’argent », dit Maximilien, pour son « préjudice », et dix ans après, il est toujours au chômage. Lui, le soir du 13 novembre, tout en fuyant dans son froc, avait trouvé refuge en sonnant au hasard à une porte d’appart’ chez une vieille dame dans une rue du quartier du Bataclan, et il s’y est… installé ! Oui ! Il a vécu chez elle, dans sa famille. L’Otage adopté : encore une pièce de théâtre à faire…

Shein on you ! Des milliards de pédophiles font la queue à la main devant le BHV, attendant l’ouverture pour se précipiter et acheter des poupées « Shein » à ramener chez eux pour les enculer. Certains ne peuvent pas patienter, et c’est sur place, sur les étals, qu’ils empoignent la petite fille en plastique, lui soulèvent sa robe et enforcent leur gros chibre dans la petite chatte puis dans sa boubouche pour faire comme si elle les suçait. En quelques heures ont été vendues des millions de ces poupées… C’est à peine exagéré quand on entend les appels au boycott lancés par les hypocrites professionnels de l’antipédophilie appuyés par une poignée de mochetés Femen dépoitraillées qui s’exhibent devant le magasin, croyant ainsi lutter contre la pédocriminalité encouragée soi-disant par les poupées chinetoques. « Shame on you ! » Elles manifestent torse nu mais en jean Shein quand même ! Ah, d’ailleurs, quelle allure a pris le Bazar rhabillé à l’enseigne Shein ! En voyant l’affiche maousse à la devanture, montrant le boss chinois Donald Tang et Frédéric Merlin, le boss français, bras d’honneur dessus, bras d’enfant dessous, ça m’a fait penser au film Les Chinois à Paris (1974) de Jean Yanne ! Oui, les Chinois sont à Paris et ça fait chier tout le monde ! Les médias relaient le scandale en pointant de leur doigt plein de caca ces « poupées s*xuelles (avec l’astérisque à vos risques et périls) « à caractère pédopornographique », et qu’on retrouve sur le site du géant chinois de la fast fashion. Tout le monde veut punir très durement les simples reluqueurs du catalogue sur Internet, et on commence à pourchasser les clients repérés pour les emprisonner. En vérité, ces poupées sont surtout sexualisées par le regard qu’on porte sur elles, car elles n’ont rien de poupées gonflables, mais tout des traditionnels poupons pour gosses. Ce sont les descriptions qui sont suggestives : « poupée bébé fille jouet de masturbation masculine (87,38 €) » ; « poupée réaliste pour hommes solitaires (64,98 €) », ou encore « poupée vierge vaginale et anale à poitrine plate pour améliorer le plaisir maximum des hommes et le désir (80 cm, 186,14 €). Ajouter au panier. » Si ce n’était pas marqué dessus, on jurerait des poupées normales. En quoi les poupées Barbie sont moins « sexualisées » ? Qui vous dit qu’il n’y a pas des malades en manteaux qui se tapent des Barbie en s’imaginant baiser Arielle Dombasle ? La pulsion sexuelle envers des enfants n’a pas attendu les poupées Shein pour se déclencher, et en plus ça n’augmentera pas le nombre de pédophiles actifs. Le gros pervers qui aime peloter des poup’s en silicone ne deviendra pas pour autant un Michel Fourniret qui, lui, avait besoin de toucher de vraies jeunes vierges aux vraies peaux et aux vrais hymens à déflorer avant de les enfoncer, bien mortes et bien profond, dans la terre ardennaise… Mais la contre-psychose reste forte : à la douane de Roissy, on éventre déjà tous les colis par milliers venus de Chine pour vérifier comment sont confectionnées les poupées et écarter celles qui ont un anus et un petit vagin explicites… J’ai vu aussi deux gratinés qui sont passés partout à la télé pour dénoncer, dénoncer, toujours dénoncer, le cynisme de Shein, avec un antisinisme non dissimulé : Arnaud Gallais, cofondateur de l’association Mouv’Enfants (sic) et son copain Olivier Dauvers, un journaliste de RTL, spécialiste de la question, avec sa veste à fleurs taillée dans le rideau de sa grand-mère, son collier pour Club Med, et son serre-tête dans ses cheveux gris :  drôle d’allure pour un Père-la-pudeur… Ce ne serait pas plutôt une Tante-la-pudeur ? Bon, je pourrais poursuivre encore ce paragraphe de la Feuille, mais j’ai tout dit sur la pédophilie et l’inceste ancrés dans la psychologie des foules, y compris celle des antipédophiles, dans mon texte J’inceste ! (130 pages dans le dernier Nabe’s News 34), apparemment pas encore lu ni compris. Mettez-vous à ma place (façon de parler puisque je sais que c’est impossible) : pourquoi me ferais-je davantage chier les couilles pour un tas d’autant feignants ?

Prix littéraires. Je sais que certains souffrent réellement de devoir supporter cette imposture cérémoniale annuelle, cette remise scolaire de bons points aux pires élèves de la classe des livres, mais, je vous assure, il faut vraiment essayer d’en rire, tellement c’est ridicule, ce mélange de mensonge, de tricherie et de sérieux. Ce n’est que de l’entre-soi, de l’entre-putes ! Prenez le prix Goncourt attribué cette fois au sinistre Laurent Mauvignier qui semble être un mix entre Jean-Paul Aron et Jean-Yves Tadié, avec sa petite boucle à l’oreille, et qui a fabriqué exprès un gros roman à la con pour avoir le Goncourt, La Maison vide… Est-ce qu’il a pris conscience que c’est la définition même de son « roman » : une maison vide, et qu’on n’a qu’une envie, c’est la remplir : c’est ce qu’ont fait les zombies-jurés fantômes des Lettres de chez Drouant. La victoire en hantant ! Et, au passage, quand on voit une Christine Angot qui a raté tous les grands prix et qui se retrouve jurée Goncourt à 65 ans, ça aussi c’est risible ! Pour le Renaudot, c’est encore plus fort : le président de l’année (sa voix compte double) a réussi à faire couronner son ancienne maîtresse Adélaïde de Clermont-Tonnerre, à la fois par ruse et par vengeance. C’est le prix Renardot ! Bien entendu, dans les prix, pas de conflit d’intérêts puisque tous les jurys sont inféodés à des éditeurs : ici, d’un côté les Éditions de Minuit, c’est-à-dire Gallimard ; de l’autre, Grasset, c’est-à-dire Bolloré… Il y a même le petit Weitzmann qui s’est arcbouté sur la figure de Philip Roth pour qu’on lui en donne enfin un : le « Femina essai » (un prix de pédé). Pourquoi ?  Mais parce qu’il y a une Savigneau dans le jury et qu’elle adore Roth puisqu’il était pote avec son Sollers. Ça se fait ainsi, par billard… Marc Weitzmann… Dire qu’on se foutait de sa gueule, avec Alain Kruger, on l’appelait « celui qui se prend pour un écrivain », quand il était journaliste à 7 à Paris puis dans L’Autre Journal… Marc croit qu’il fait une œuvre, mais il fait surtout beaucoup de fautes d’orthographe que ses différentes équipes éditoriales, depuis qu’il publie, sont obligées de corriger à plein temps tellement il y en a… Et je ne parle pas de sa propagande israélienne, qui évidemment tombe à pic en 2025 où jamais peut-être la France ne s’est vautrée avec autant d’avilissement aux pattes du Veau d’or, ou plutôt du Veau de laiton… Il fallait bien que les prix littéraires suivent, avec ses médailles, en faux or également, et distribuées à tous ceux qui se sont bien prosternés en direction de Sion… Je vous le dis, il vaut (encore veau !) mieux en rire !

Toujours au rayon littérature, Éric Neuhoff vient d’entrer à l’Académie française ! Je ne serai pas aussi sévère qu’avec les autres, d’abord parce qu’Éric à l’Académie, c’était prévu depuis plus de 45 ans, et lui, au moins, n’a jamais pris la place de personne sauf celle du vieux con mort qui lui a laissé son fauteuil, ce qui n’a aucune importance. Ensuite, parce que j’ai toujours bien aimé Éric Neuhoff, bien que tout nous oppose (Le Figaro et François Truffaut en tête), mais c’est un des derniers en France qui ait de l’esprit et de l’humour. On ne se fréquente pas mais on se croise assez irrégulièrement. Par exemple, début janvier 2022, j’étais assis en terrasse au Flore avec Alexandra et une petite vendeuse sexy du Bon Marché que nous avions levée… À deux tables de nous, qui je vois ? Neuhoff ! Il était en grande discussion avec un type. Comme je regardais vers lui, Éric me désigna, « Toi ! », et se leva ; moi aussi, on fit la moitié du chemin tous les deux pour se rejoindre, se serrer la main et revenir à sa table où Neuhoff me présenta son compagnon d’apéro, Thibault de Montaigu. Je leur appris que ma mère venait de mourir, que mon père était dans un Ehpad, et que moi j’habitais en Suisse, comme Paul Morand… Neuhoff me dit que son fils à lui était un grand fan de moi, « tu es son idole ! », le fiston d’Éric était même venu à ma galerie de la rue Frédéric-Sauton mais sans oser m’aborder ; timide comme son père, ce petit. Moi, je lui dis que lorsque le dimanche soir, je commence à écouter Le Masque et la Plume et qu’Éric n’y est pas, je coupe immédiatement l’émission, c’est trop insupportable sans lui. Puis, de loin, je lui présentai les deux meufs fumant à ma table, « Alexandra, ma femme, et une amie… », avant d’aller me rassoir avec elles. Lorsqu’on eut fini nos verres de vin, et après avoir décidé de notre programme de la nuit (aller acheter des robes de putes à Pigalle puis se finir à trois dans un club échangiste), on leva le camp. Je quittais alors la brasserie de Saint-Germain comme un seul homme avec deux femmes, et en ôtant théâtralement mon chapeau, je dis à Éric tout fort :
— Allez, salut ! Nous, on va partouzer !
­— Condoléances ! me répondit alors Neuhoff, très spirituel et délicat à la fois, car c’est le mot qu’il aurait pu (dû ?) me dire après que je lui avais annoncé que ma mère était morte, mais il avait choisi de le décaler plutôt en réponse à l’annonce de ma baise à venir ; et ça, c’était drôle.

La plupart des gens aiment la futilité et l’anesthésie. Quelqu’un qui nous anesthésie pour nous éloigner de nos pensées, et quelqu’un qui nous fait rire avec des futilités, est meilleur que quelqu’un qui nous réveille à la réalité et nous fait mal en disant la vérité. C’est pourquoi la démocratie ne convient pas aux sociétés ignorantes, car c’est la majorité ignorante qui décidera de votre destin.

Anton Tchekhov

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°44 – 3 novembre 2025

Brigitte Macronpénis. Eh bien, voilà, c’était pas plus difficile que ça ! Il suffisait de faire un procès aux principaux complotistes qui ont initié et développé la « théorie » selon laquelle Brigitte Macron était un homme pour que l’odieuse rumeur fasse semblant de s’éteindre. Je dis « semblant » car aucun procès ou condamnation ne convaincra les persuadés qui continueront à exiger des « preuves » de son genre. Quand le virus du complotisme entre dans un corps, c’est pas comme le Covid, c’est à vie qu’il y reste. Les journalistes qui prennent aujourd’hui des positions brigittistes osent dire que s’ils n’avaient jamais parlé de ce bobard viral, c’était exprès pour ne pas l’alimenter alors que les mêmes avaient quand même un doute sur le sexe de Brigitte. « Zoé Sagan » (avatar d’un quadra pubard tête à clics) était suivi par tous sur X, et ces hypocrites se rangent aujourd’hui du côté de la Justice pour dénoncer les complots ! La plupart des médiateurs — et certains haut placés — étaient au moins à demi convaincus que la première dame de France, ou plutôt le premier monsieur de France (la première dame de France étant Macron lui-même), était un trans’ opéré… Je connais bien la question conspie, je l’ai prouvé (Les Porcs tome 1, tome 2 et bientôt 3), et il est évident que, comme pour toutes les thèses complotos, c’est d’abord les médias officiels qui en sont responsables, par leur propagande et politique de désinformation : c’est ensuite que les internautes pavloviens du conspirationnisme s’en donnent à haut-le-cœur joie dans les réseaux zozos. Ce qu’il fallait faire, c’est démentir immédiatement, preuve à l’appui, la connerie avant qu’elle ne se propage trop fort. Ce mépris à expliquer, intrinsèque aux bourgeois offensés qui, en plus, ont le culot a posteriori de s’en vouloir de leur inaction, est le même qui a laissé les thèses révisionnistes sur les chambres à gaz dès la fin des années 40 naître et se développer jusqu’à Faurisson, alors qu’il aurait été facile, le jour même, de les démentir à jamais. C’est donc bien fait pour la bourgeoisie victime des rumeurs de s’en être pris plein la gueule à cause de sa négligence hautaine qui a renforcé la rage des complotistes qui maintenant revendiquent « l’esprit Charlie » et le droit à la liberté d’expression, prenant la démocratie à son propre piège. Zoé se dit l’inventeur de « l’info-fiction », du haut de son « droit à la satire »… Il y avait pourtant un autre axe de défense que les accusés ont commencé à développer mais pas jusqu’au bout, c’était de dire : « Comme le couple Macron est depuis huit ans complètement sourd à toute remarque ou critique, on a bien été obligé d’inventer quelque chose pour les toucher et pour les faire réagir, alors c’était peut-être bête mais c’est comme ça qu’on a pensé. » Et si les avocats de la plaignante rétorquaient : « Mais pourquoi vous avez choisi quelque chose de faux ? », il fallait répondre : « Parce que les Macron n’auraient pas été plus sensibles à quelque chose de vrai puisqu’eux-mêmes nient la réalité, on a donc essayé le faux pour être sûr de faire mal à ce couple démoniaque qui mène la France à sa perte. Voilà pourquoi on a été conspirationnistes, et volontairement ! » Ça, ç’aurait été de la défense ! Hélas, l’orgueil des conspis est du même tonneau que celui de tous les autres. Aucun conspi ne dira qu’il l’est, évidemment, il va le nier… De toute façon, tout le monde ment à ce procès : les diffamateurs qui disent que la campagne délirante pour faire de Brigitte Macron un ancien homme était de l’humour et de la fiction explicite, et les journalistes et éditorialistes « sérieux » et « intègres » qui défendent Brigitte Macron au nom de la décence et de l’anticomplotisme (soudain, ça les intéresse !) qui, eux aussi, mentent, parce qu’ils savent que si c’est elle qui a trinqué, c’était pour protéger son mari d’une autre rumeur, et ça, les conspis autant que les anticonspis ne le disent pas, voilà pourquoi il est impossible de ne pas les regrouper tous dans un box commun : celui des lâches. Ceux qui ont attaqué Brigitte Macron en la traitant d’homme, comme ceux qui la défendent en affirmant aujourd’hui que c’est une femme, ont contourné chacun à sa façon le vrai problème qui est l’homosexualité de son mari couverte par Brigitte, et c’est ça qu’ils ont peur de dire. Tout ça est entièrement sexuel, mais pas comme ils le disent ; ce n’est pas étonnant qu’une Caroline Fourest s’acharne à ce point contre les « ordures » (dixit la chatte à sa mère) qui ont lancé la fake news parce que de faire d’une vraie femme un faux homme, ça la concerne… Elle aussi, Caro Fourest, comme les autres, se garderait bien de faire une allusion quelconque à la pédérastie refoulée du président Macron (alors que c’est l’une des principales raisons qui font d’elle une macroniste de plus en plus à découvert) qui, si elle avait été connue de tous, lui aurait coûté son élection en 2017, bien entendu. Ce soupçon d’homosexualité plane, aussi bien dans l’accusation exagérée de « pédophilie » faite à l’encontre de Brigitte Macron qui s’est tapé son élève de 24 ans et demi (24 ans, 8 mois et 8 jours exactement) de moins qu’elle, que dans la volonté, absurde, de faire croire qu’elle s’appelait « Jean-Michel », qu’elle était son propre frère, que c’était un transsexuel ou un homme coupé, autant de façons farfelues de noyer son poisson de mari. Plouf ! Tous sont en quelque sorte complices, tournant en rond autour du pot, autant dire autour du popo du petit Emmanuel d’Amiens. Mettez-vous bien ça dans la trogne, pour ne pas dire dans la Trogneux !

Alors, papa vous ne l’avait pas dit (Papa, c’est moi !), qu’elle ne valait pas tripette de Palestinien au ventre ouvert au milieu des décombres de Gaza, cette soi-disant paix éternelle gagnée à coups de menton par Donald Trump ? Autant l’appeler « Donald Trompe », dans le sens qu’il se trompe toujours, comme tout bon vieux gros Gémeaux qui ne respecte rien sinon lui-même… Évidemment, la guerre continue ! Israël n’arrête pas de bombarder, notamment à Rafah. Benyamin Netanyahou avoue lui-même avoir largué sur Gaza depuis le cessez-le-feu « 153 tonnes de bombes ». D’après l’ONU, Israël a commis plus de 125 violations du cessez-le-feu depuis son annonce jusqu’à atteindre le bilan de 226 morts et 594 blessés ! L’armée israélienne, elle, a perdu trois soldats, et occupe toujours plus de la moitié de la bande de Gaza (53 %). En Cisjordanie, les colons squattent les villages palestiniens de Sinjil et Burin et canardent systématiquement les récolteurs d’olives qui sont pourtant sur leurs terrains : une olive/une balle ; une olive/une balle… Le sud du Liban n’est pas plus épargné : les frappes de drones israéliens s’y intensifient, comme on dit dans le journalisme. 15 morts plus un responsable du Hezbollah… On en est là, deux semaines après les discours à la Knesset. Trump n’est plus à la fête, il est obligé de faire survoler la bande de Gaza par ses propres drones afin de surveiller si le cessez-le-feu est encore effectif… Quant à l’aide humanitaire, elle est toujours coincée dans le portillon égyptien par Israël : c’est pas demain que j’enverrai ma modeste obole (on a dépassé les 7 000 euros quand même…) pour que quelques martyrs puissent profiter de mes « miettes », comme le dit la faux-cul Rima Hassan qui continue à déblatérer ses conneries complotistes au sujet d’une complicité Daesh/Israël qui favoriserait la création imaginaire d’une guerre civile sur place ! Conneries du genre : « Israël arme ainsi des groupes armés proches de l’État Islamique, une stratégie assumée en personne par Netanyahou » ; « En juin, il a admis avoir armé et soutenu la milice des ‘‘Forces populaires” à Gaza, qui serait proche de l’État islamique. » Et encore : « Depuis le cessez-le-feu, Israël tente de fomenter une guerre civile via des gangs mandataires et criminels pour dire ‘‘nous ne violons pas le cessez-le-feu, ce sont des Palestiniens qui tuent des Palestiniens”. » Clairement, désormais, Hassan est une vraie imbécile, et tous ceux qui la soutiennent dans ce sens le sont aussi, Bouteldja la première, avec ses minables tâcherons du décolonialisme à la noix beure qui croient que diviser les Arabes leur permettra de mieux lutter contre Israël !

Le zizi de Tadzio. Il est mort le soleil, le soleil couchant dans la lagune de Venise, de Veniseconti ! L’« icône » des intellocrades du faux grand cinéma des années 70 ! Tadzio ! Ah, en aura-t-il fait s’inonder, des slips de branlées dans les futals de millions de cinépédophiles qui, abrités derrière le paravent du « chef-d’œuvre » de Visconti, admiraient le petit éphèbe évoluant plein de grâce sur la plage du Lido, dans son mignon maillot de bain rayé orange moulant si bien son petit paquet au zizi de rêve ! Björn Andrésen est mort, et pas à Venise, à Stockholm, quoiqu’il soit quand même mort à Venise puisque c’est là qu’il est né, sorti du gros ventre poilu comme une couille géante de Luchino Visconti… On a les images du casting lorsque Visconti l’aristogay, après avoir longuement reluqué l’ado Björn, l’engage pour son film. La carrière du petit a été brisée dès le départ, un peu comme on raconte que celle de Maria Schneider l’a été à cause du Dernier Tango à Paris : l’une parce que par la suite, on ne lui donnait que des rôles d’enculée (et de force de préférence) ; et l’autre, l’ange blond suédois protestant, parce qu’on voulait absolument faire de lui à l’écran toujours un pédé, alors qu’il ne l’était pas. Après Alain Delon, Helmut Berger, c’est Andrésen que ce Scorpion visqueux de Visconti a cherché à se taper, et qu’on ne me dise pas le contraire ! Gêne à tous les étages. Depuis l’annonce de la mort d’Andrésen, tout à coup la pédophilie n’est plus désignée comme le mal n° 1, elle est totalement, sinon acceptée, en tout cas tolérée si c’est pour en faire une belle œuvre artistique. Là, ils ferment tous leur gueule, les moralisateurs : ils trouvent ça super de montrer les relents pédophiliques d’un compositeur de musique dégoûtant de 60 ans qui tombe amoureux d’un gosse de 14, c’est tellement « beau » sur l’écran. Surtout avec Mahler en fond sonore… Et en plus, c’est chaste et muet ! Le sexa s’empêche ! Matzneff n’aurait pas eu ces scrupules… Et c’est Dirk Bogarde qui incarne le musicos concupiscent, et avec quelle maestria ! Peuh ! Tout est mauvais dans cette histoire : la nouvelle de Thomas Mann est mauvaise ; le film de Visconti est mauvais ; Dirk Bogarde lui-même y est mauvais (on le voit s’ennuyer pendant au moins les 6 premières minutes du film alors qu’il sera génial 7 ans plus tard, en 1978, dans Despair de Fassbinder)… Oui, je le dis : Mort à Venise est un mauvais film : plans lents mal raccordés ; acteurs qui font déguisés ; zooms et dézooms téléphonés : tout sonne faux, même la bande son sonne faux. Faux chef-d’œuvre d’un esthète de nœud… Visconti n’est pas le merveilleux cinéaste qu’on dit mais le moins bon de tous les génies italiens de cette époque. Et dans Mort à Venise, ce n’est ni la mise en scène, ni son acteur incarnant Tadzio qui sont intéressants ; non, celui sur qui il faut mettre l’accent circonspect, c’est Thomas Mann, l’auteur de la nouvelle d’où est tiré le navet. Demandez à ChatGPT si vous ne voulez pas me croire : « Oui, Thomas Mann était homosexuel, bien que cela ait été caché derrière une vie de famille apparemment normale. Son homosexualité est documentée dans ses journaux intimes et ses lettres, qui font état de ses passions homoérotiques, notamment son attirance pour son propre fils, Klaus. » (dixit Chat). Le Prix Nobel 1929 Mann n’étant pas pédophile au sens strict, je n’ai pas pu l’insérer, comme Gide, dans ma liste de médiocres écrivains dans J’inceste ! (voir Nabe’s News n°34 – 23 septembre 2025), mais il n’était pas loin… Thomas Mann était un pédé platonique à tendance incestophile. Il est évident que dans sa nouvelle (même s’il lui est arrivé réellement de zieuter un petit Polonais lors d’un voyage à Venise), Tadzio, c’était son propre fils qui avait le même âge lorsque le lubrique Thomas a commencé à se masturber dessus. Pour lui, gravir la montagne magique de sa pédérastie intime aurait été d’un alpinisme inenvisageable. C’est d’ailleurs ce qui fait de lui un non grand écrivain. Au moins, son rejeton Klaus, lui, a assumé sa propre homosexualité héréditaire, et est devenu homo actif, et en a fait le cœur de ses propres livres qui (entre parenthèses) ne valent pas plus un clou ou, si vous préférez, ne cassent pas plus de pattes (trois) à un canard gay que ceux de son père coincoincé ! Il n’y a que cela de beau dans cette famille Mann : l’espèce de fidélité à l’homosexualité du père reprise par le fils qui en était l’objet, et qui a porté plus loin ce désir (peut-être réciproque) jusqu’à se suicider. Voilà un bon sujet de film !… Bref, le discours réac, c’est de dire qu’à notre époque on ne pourrait pas faire Mort à Venise, à cause de la morale et parce que c’est désormais interdit de montrer des amours entre adultes et enfants, alors que dans le film, il n’y a aucune scène d’« amour » explicite, et en plus c’est pas n’importe quel adulte et n’importe quel enfant, puisque c’est la transposition « sublimée » de la relation de Thomas Mann avait avec son propre fils, et ça, les journalistes en deuil de Tadzio ne le disent pas parce qu’ils ne le savent pas, ils ne savent rien. Olivier Benkemoun (made in CNews) a dit qu’à la fin de Mort à Venise, censée être bouleversante d’émotion alors qu’il n’y en a aucune, Dirk Bogarde a du sang qui coule de sa tête… Non, Benké, c’est pas du sang : c’est de la teinture parce que le vieux pédo, pour paraître plus jeune vis-à-vis du petit, s’était maquillé outrageusement et mis de la teinture noire sur ses cheveux blancs, et que ça dégouline de sous son chapeau quand il transpire tellement il bande pour l’angelot, jusqu’à crever sur son transat.

Un autre qui avait du mal à transmettre de l’émotion dans son art, comme Visconti dans le sien, c’est le batteur de jazz qui vient de disparaître à l’âge de 83 ans : Jack DeJohnette. J’ai jamais été fou de DeJohnette, et je ne vais pas recommencer à égrener mes batteurs préférés, mais lui assurément n’en faisait pas partie. Il était sec, n’avait pas un beau son, et pas beaucoup d’idées non plus. C’était avant tout une marquise de la cymbale, un tapoteur petit bras de la caisse claire, un mauvais ponctueur à la grosse caisse et un trinqueur qui fait tchin-tchin avec sa charleston. Quant à ses tums, ils sonnaient creux. Comme par hasard, Jack DeJohnette n’a accompagné pratiquement que des types qui ne swinguaient pas non plus : Bill Evans, Charles Lloyd, Freddie Hubbard, McCoy Tyner, Chick Corea, John Abercrombie, Pat Metheny, et enfin Keith Jarrett… Je suis désolé, mais le trop célèbre trio qu’il formait avec Keith Jarrett et Gary Peacock, c’est du chiqué. DeJohnette n’a été bon qu’avec Miles Davis, mais avec Miles tout le monde est bon et Miles cherchait à ce moment-là des batteurs qui ne swinguaient pas, justement ! Pour ses nouvelles expériences… Voilà comment DeJohnette s’est retrouvé dans l’album mythique Bitches Brew (1970). DeJohnette se qualifiait lui-même de « penseur abstrait » en matière de solos… Il expliquait qu’en jouant, il entrait « dans un état d’esprit altéré, un état d’esprit différent. Je me connecte à mon moi supérieur, à la bibliothèque cosmique des idées ». Qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Alors qu’il ne faut pas être abstrait quand on joue, encore moins quand on fait un solo : les grands batteurs continuent à passer les barres de mesure dans leur tête ; ça s’entend entre deux coups de leurs baguettes magiques, et c’est ça qui est admirable. Qu’est-ce qu’il y a d’abstrait dans un solo de Max Roach ou d’Art Blakey ? Quant à la « retenue » dont DeJohnette se vantait aussi, elle est hélas manifeste dans son jeu comme dans celui de Jarrett qui a beau mugir de plaisir et se lever de son tabouret tellement il jouit dans son pantalon de revisiter aussi extatiquement les standards, ça ne donne rien. On ne fait pas de grand art avec de la retenue, ou alors c’est du titillement érotique et de l’interruption de coït exprès comme les multiplie Ahmad Jamal. Il suffit de comparer, je n’arrête pas de vous le dire : écoutez le trio de Jamal et ensuite celui de Jarrett, avec donc feu Jack DeJohnette, la batterie pas reconnaissante !

En France, quand la « gen’Z » va prendre vraiment le pouvoir, elle sera secondée par les nouveaux esclaves consentants issus du « grand désistement » (voir mon Mickey Moïse dans Nabe’s News n°32 – 14 octobre 2022), et ça va donner une société où il n’y aura quasiment plus que de jeunes méprisants totalement déculturés de 25 ans emmurés dans la virtualité et des immigrés qui seront montés en grade en se chargeant à la place des Blancs démissionnaires de postes de plus en plus importants qu’ils vont évidemment dégrader et dénaturer au fur et à mesure de leur ascension sociale. Tout le reste, ce sera des retraités. Ça promet.

Le monde est bourré de types qui se disent « masos », mais dès qu’on leur fait du mal, ça ne leur plaît pas du tout !

Les 50 ans de la mort de Pier Paolo Pasolini assassiné. Entre 1000 choses, ce dont cela nous a privé : pas seulement du film Porno-Théo-Kolossal, ni du projet de Pier Paolo de tourner un Saint Paul,  mais de deux autres peu connus : une Vie de Gramsci et un Pinocchio

Ce que nous aimons, nous l’aimons même lorsque nous sommes morts.

Maxime Gorki

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°43 – 27 octobre 2025

Sarko’s news. Après bling-bling, Sing Sing ! Ça y est, Nicolas Sarkozy est au trou, et ça se passe très mal : il fallait s’y attendre… Une telle bêtise, une telle vulgarité ostensiblement déployées le jour même de son incarcération en disent long sur les véritables couches de culpabilité du roi Sarko 1er déchu. C’est cela finalement que Sarkozy paye ; beaucoup plus que ses malversations, ses mensonges et ses magouilleries de petit Sépharade de Salonique. Saloniqueur, oui ! Tout est aveu chez lui : d’abord, se faire accueillir au sortir de son domicile par une foule délirante d’amour dont un Noir hystérique auto-raciste qui pleurait comme un arrosoir, c’est ridicule et fout la honte. Et attention, ceux qui s’insurgent contre Sarkozy parce qu’il a été traité comme un héros par ses fans avant d’entrer en prison seront encore plus estomaqués lorsqu’il va en sortir, car son héroïsation sera décuplée. Ensuite, l’escorte de motards et de voitures traçant, du 16e arrondissement à la prison de la Santé, en toute fanfare parce que c’est un ancien Président était tout aussi grotesque. Tout ça ne pouvait que provoquer de virulentes réactions de la part de prisonniers qui, eux, ne sont pas traités avec de tels égards : autant dire des racailles qui ont hurlé toute la première nuit en direction de la cellule de Sarko en lui criant à travers leurs barreaux qu’ils allaient « venger Kadhafi ! », en lui demandant de rendre « les milliards ! », et en se foutant de sa gueule sur TikTok… Comment ne pas trouver cela réjouissant ? La bourgeoisie n’a toujours que ce qu’elle mérite, surtout quand elle redouble d’arrogance. Le nouveau ministre de l’Intérieur Nuñez, lui, ça ne le fait pas rire : furax, il a sévi et les empêcheurs de dormir de Nico ont été identifiés et mis… en garde à vue ! C’est la prison dans la prison : tourner et diffuser des vidéos comportant des menaces, c’est passible de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende ; détenir un téléphone portable quand on est détenu, c’est passible de 3 ans de prison et 270 000 euros d’amende ! C’est pas Dieu passible ! Où vont-ils les trouver, tout ce temps et tout cet argent, les merles moqueurs pris en flag’ et déjà en cage ? « Le Président Sarkozy », dont le sort fait tant pleurnicher Pascal Praud, a droit à trois parloirs de 45 minutes par semaine. « L’un d’eux a déjà été utilisé par sa femme Carla Bruni-Sarkozy qui s’est rendue à la Santé dès aujourd’hui. » Il ne l’a pas assez vue toute la journée depuis presque 20 ans, sa mannequine narquoise et minaudante ? En vérité, Jésus vous le dirait comme moi : c’est beaucoup trop de voir sa sale et sainte famille trois fois par semaine. Pour une fois qu’on pourrait être tranquille ! Sarko a apporté des photos des siens dont il va tapisser ses murs comme s’ils allaient lui manquer : ses frères, sa femme, ses fils, sa fille, tous élevés au biberon de la fausse innocence de frérot, de « Parrain », de papa et de papy, car deux jours après son incarcération, Louis Sarkozy, la buse pataugeant dans sa bouse, qui sert de serpillière aux « idées » de son père, et qui est aussi le fils de Cécilia Attias (elle a d’ailleurs tenu à apporter son soutien à son ex en le torchant comme un bébé de toute accusation), est devenu papa lui-même d’un petit garçon sorti du ventre d’une Yougo élevée au Congo, histoire de montrer qu’il n’est pas raciste sauf envers les Arabes ! Plus risible encore dans le chouchoutage du condamné trompette et de l’huilage de ses divers pistons : on a collé à Sarko deux flics à lui, 24h/24, armés et payés, dans une cellule voisine à la sienne pour le protéger et l’accompagner dans ses moindres déplacements au cas où… Ce n’est plus le Passe-muraille, c’est le Passe-droit ! Tollé chez les matons humiliés qui, comme tout le monde, sont dans l’orgueil con du travail bien fait… Enfin, le garde des Sceaux Darmanin a dit également qu’il se déplacera en personne pour le voir car Sarkozy est « un justiciable comme les autres »… Comment peut-on faire de telles erreurs psychologiques ?

Jusqu’au bout, le mauvais goût et la banalité. Sarkozy n’a pu emporter en taule que trois livres (à couverture souple), alors il a choisi les 2 tomes du Comte de Monte-Cristo et la biographie de Jean-Christian Petitfils sur Jésus… Jérôme Kerviel a tout dit en se moquant avec drôlerie du grand lecteur Sarko sur X : « Ne vous embêtez pas à alourdir votre sac je les ai laissés à la bibliothèque quand je suis sorti. En revanche, ils sont annotés… » S’il avait eu droit à un quatrième, l’ancien président « cultivé » mon cul aurait certainement embarqué le pavé  d’un énième tâcheron sur l’affaire Dreyfus… En plus, c’est vraiment se positionner comme quelqu’un qui va se venger (Monte-Cristo) et qui se prend pour le Christ ! Aucun humour, aucune distance, aucun raffinement de l’esprit : rien. Putain ! Libère ton âme corrompue avec celles de grands prisonniers qui ont vraiment souffert : prends Féérie pour une autre fois 1 de Céline ; prends Miracle de la rose ou Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet, prends De Profundis ou  mieux, La Ballade de la geôle de Reading d’Oscar Wilde… Un peu d’élévation, merde ! Mais non ! Sarkozy préfère se rêver en Edmond Dantès, qui est d’abord un personnage de fiction et qui est innocent, et en Jésus-Christ qui pour certains abrutis est aussi un personnage de fiction. L’innocence comme fiction : c’est très profond chez les escrocs. Et quel choix ! Sarko en est resté encore à Alexandre Dumas et au XIXe siècle… Et le XXe, mec, c’est pour les chiens ? Dans sa patauderie de beauf m’as-tu vu, Nicolas Sarkozy croit peut-être qu’il va convaincre en affirmant qu’il va se venger du mal injuste qu’il a subi, ce qui suffirait à prouver son innocence… N’importe quoi ! Sarkozy dénonce la vengeance des magistrats à son encontre et annonce donc faire pareil lorsqu’il deviendra Monte-Cristo dehors ? Ô grossièreté ! Et qui sera son abbé Faria à la Santé ? Un Mohamed Ben Faria quelconque, et qui va l’aider à s’évader (si encore il s’évadait, ça aurait un peu de panache !), c’est ça ? En tous cas, pas besoin de lui indiquer où se trouve le trésor à l’extérieur puisque c’est Sarkozy lui-même qui l’y a fourré… Les comptes de Monte-Sarko ! Quant au Jésus de Petitfils, on le connaît, nous autres spécialistes intimes du Christ : sous prétexte d’historicisme, cet ex-banquier déjà biographe de Rimbaud et de Verlaine (sic) est un comploto de première : il milite pour l’existence réelle de Jésus mais en même temps, il s’escrime depuis des années à essayer de démontrer que Jean le disciple que Jésus a connu n’est pas le Jean qui a écrit l’Évangile et encore moins l’Apocalypse parce que c’était un fils de pêcheur qui aurait été incapable d’une telle intellectualité ! On a fait le même coup à Shakespeare. Pour Petitfils, le vrai saint Jean, apôtre-évangéliste, est un prêtre du Temple qui connaissait bien Jérusalem, basta… Et pour couronner son toupet d’épines, on a vu le même Petitfils croire dur comme masque de fer que le linceul de Turin est authentique ! Après des centaines et des centaines d’expertises qui démontrent le contraire et des siècles de controverses et de contestations — à commencer par la meilleure : l’absence totale de référence à cette relique pendant 15 siècles de chrétienté ! — et jusqu’aux perspicaces déductions des protestants qui ont toujours dit que ce linceul n’aurait pas pu être celui du Christ puisqu’il ne comportait pas de mentonnière pour maintenir Sa mâchoire s’affaissant, ce qui était la marque des macchabées empaquetés religieusement par les Juifs de l’époque biblique, rien ne plaide vraiment en faveur des authentiquistes… « Où est passé le pathil ? » s’écrient les néotestamentaires sensés, ce à quoi les sindonologues à la Petitfils rétorquent que ce linge à part a tout simplement été oublié puis perdu depuis que les dépositionnaires du Seigneur INRI l’avaient soigneusement plié, plein de sang, dans le sépulcre à côté du Christ dans son linceul de Turin. Tu parles ! Si Sarkozy voulait absolument retrouver le Christ en cellule, je lui aurais conseillé les lettres et le journal sublimement et platement à la fois mystique de Jacques Fesch, ce jeune bourgeois qui en 1954, après un casse raté, avait tué un gardien de la paix dans sa fuite et qui fut arrêté, tabassé, condamné et guillotiné trois ans après à l’âge de 27 ans, à la prison de la Santé (tiens, tiens…). Fesch (mais Sarkozy connait -il seulement son existence ?) est devenu pendant sa détention un quasi saint en voie de béatification. Le volume s’intitule Dans cinq heures je verrai Jésus… Ça aurait été la moindre des choses qu’en hommage à ce grand pécheur s’étant rédempté là-même où il est emprisonné, Nicolas-le-maquignon le lise !

Sur le fond de l’affaire, les contempteurs de Sarkozy ne valent pas mieux que ses soutiens : ils s’accrochent à la sorte de sophisme suivant : puisqu’il a essayé de se faire financer par Kadhafi, même si on n’a pas retrouvé l’argent, il mérite la plus sévère peine de prison parce que le même Kadhafi est responsable de l’attentat d’un avion d’UTA ayant fait 170 victimes en 1989 et que moralement, c’est indigne de trafiquer des affaires avec de tels individus. Voilà pourquoi les familles des passagers explosés se sont portées parties civiles… On retrouve bien là la technique de raccordement tous azimuts des infos, quitte à ce que ça fasse des courts-circuits entre les différentes sources. Typique analyse gauchiste arnaquante du réel qui vient directement du pré-conspi anti-spectaculaire (il a fini sponsorisé par Canal Plus) Guy Debord. Ce sont les mêmes gauchos qui ergotent tels des coqs bien français et qui se drapent dans le torchon tricolore pour s’insurger : « Sarkozy a trahi la Nation ! » Tout de suite les grands mots qui dénotent la petitesse de pensée de ceux qui les utilisent pour faire semblant d’être choqués ! Dans la bande à Plenel, ils sont nationalistes comme leurs arrière-grands-pères, c’est-à-dire de gros chauvins qui croient encore à l’État de droit et en la Justice. D’un côté, ils soutiennent la probité et la légitimité d’un Pouvoir lorsqu’il châtie de temps en temps ses élites corrompues ; et de l’autre, ils prétendent lutter contre le racisme de ce même pouvoir qui tous les jours ne se gêne pas pour se comporter comme le pire des délinquants avec ses immigrés sous-payés qui font désormais tous les sales boulots abandonnés par les Blancs démissionnaires… Le jugement le dit : « Il s’agit de faits d’une gravité exceptionnelle de nature à altérer la confiance des citoyens dans ceux qui les représentent et sont censés agir dans le sens de l’intérêt général, mais aussi dans les institutions mêmes de la République » Mais non ! C’est pas si grave car les citoyens seraient bien concons d’avoir encore « confiance » en ceux qui les « représentent » (les juges en font partie), et cet « intérêt général » en lequel on essaie de les faire croire encore est une enculerie de plus pour les endormir sous le terme ronflant d’ « institutions » et carrément soporifique de « République » ! Évidemment, on sait que l’argent est sorti de Tripoli par les soins de Hortefeux et de Guéant. Seulement, il n’y a pas de preuve que Sarko s’en soit servi pour sa campagne. Une hypothèse que personne n’envisage, c’est que peut-être qu’une fois qu’il a pris l’argent de Kadhafi, le candidat Sarko a eu peur justement de finir en prison et que ça soit un énorme scandale, et surtout que ça lui coûte son élection de 2007. Il n’a donc pas utilisé cet argent et qu’est-ce qu’il en a fait ? Il l’a peut être renvoyé en Libye, ou alors il l’a caché quelque part, il l’a donné à quelqu’un ? En tous cas, Sarkozy a dû se dire que finalement, il n’avait pas besoin de ce fric cracra parce que ses chances d’être Président étaient très très élevées et qu’il pouvait se passer au dernier moment de 5 millions d’euros. On a dû le conseiller : « Ne le fais pas, parce que si jamais ça se sait, c’est terminé, tu es mort. » Ah ! Si ça avait été l’argent d’un autre pays étranger, du Liechtenstein ou de Monaco, les flics-juges de Mediapart auraient fermé les yeux et Sarkozy aurait eu beaucoup moins d’emmerdements. Mais là, c’est Kadhafi, et à l’époque, Mouammar était considéré comme un terroriste arabe, et pour ces jolis messieurs propres sur eux et pas du tout dedans, il y a une morale qui est qu’un politicien, pour arriver à ses fins, ne doit pas prendre l’argent d’un terroriste. Mais celui d’un marchand d’armes, c’est permis ?… Si on enquêtait sur l’origine de l’argent qui a servi à financer telle ou telle entreprise, on verrait que c’est pas beaucoup plus reluisant que celui que Kadhafi a filé en douce à Sarkozy en échange d’une réhabilitation officielle sur la scène occidentale une fois qu’il serait élu. Il faudrait faire une enquête sur ce que chaque personne a fait dans sa life pour s’assurer que l’argent qu’il a gagné l’a été plus ou moins proprement. Les sarkozystes vous embrouillent mais les antisarkozystes aussi : dans un camp comme dans l’autre, on est toujours dans la morale, la pire, celle qui transforme la faute en innocence, comme l’autre, le vrai Innocent, transformait l’eau en vin… D’ailleurs, en la circonstance, il ne s’agit pas d’un miracle mais plutôt d’un tour de magie qui a transformé le vin en eau, en eau de boudin bien sûr.

Félicitations aux cambrioleurs des bijoux du Louvre ! Astucieux, le coup du monte-charge et du déguisement en ouvriers gilets jaunes et orange pour que les deux voleurs accèdent à une fenêtre du 1er étage, brisent la vitre à l’aide d’une disqueuse et pénètrent, vus mais pas connus, dans la galerie d’Apollon du musée (au passage, musée que je n’ai jamais aimé : parmi ceux que j’ai visités dans le monde, c’est vraiment le plus moche, le plus sombre, le moins bien agencé de tous… ). Les braqueurs, en fracturant les vitrines, ont dérobé 8 708 diamants, 34 saphirs, 38 émeraudes et 212 perles (pour 88 millions d’euros), et sont redescendus calmement par le même moyen, puis se sont enfuis en scooters… Sept minutes, ça a pris, un dimanche matin d’octobre à 9h30… Sans haine, sans armes, sans violence comme disait mon ami Albert Spaggiari. Et du travail bien fait, à la Marius Jacob, mon idole ! Qu’est-ce qu’on a à foutre de toutes ces broches, boucles d’oreilles, colliers de parures des reines Marie-Amélie et Hortense, deux vieilles salopes ? Indécente brocante ! Les casseurs ont même fait tomber, en se barrant, une pièce de choix : la couronne de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, composée de 1 354 diamants et 56 émeraudes et qui a été retrouvée par terre comme une merde aux abords du Louvre… Scandale généralisé ! Comme si le Louvre n’avait rien volé lui-même ! Et ça remonte à loin… Les spoliations napoléoniennes n’ont plus de secret pour personne : des tas de trucs piqués par Napo en Égypte, en Italie, en Syrie : des sculptures, des vases, des bustes, jusqu’à celui d’Homère ; du grec, du romain… La Vénus de Médicis ; Laocoon ; L’Apollon du Belvédère !… L’Écorcheur rustique, ça ne vous dit rien ? Et de la peinture à gogo de génies : des Crivelli ; des Pérugin ; des Lorenzo Lotto ; des Andrea del Castagno ; des Le Guerchin (beaucoup de Le Guerchin)… Tous les duchés y sont passés, la Toscane, Modène, Venise… Des Piero della Francesca, des Raphaël… Sans tout ça, le Louvre ne serait pas le Louvre. Il voulait en faire un « musée Napoléon », monsieur le spoliateur auto-couronné ! Oui, il y a eu pillage, c’est indiscutable, par tous les pouvoirs français, royaux et impériaux, républicains ! Et pas besoin de disqueuse et de monte-charge, ça s’est fait tout seul dans la plus grande « légalité ». Ça, c’était un butin, alors pour 3, 4 bijoux (plutôt des cailloux) subtilisés par des hiboux pour faire joujou avant de les jeter dans les choux, on va pas se mettre à genoux comme des poux ! Pourtant, tous les piteux benêts de la Culture et du Patrimoine prennent la mouche, et pas n’importe laquelle, le scatophage du fumier : « C’est un signe de plus à la déliquescence de l’État qui ne sait pas protéger ses “trésors”, et surtout de Macron qui avait fait son entrée dans la présidence par la pyramide du Louvre et qui en ressort par la petite porte en n’ayant pas bien sécurisé ce musée national ! » La seule question qui préoccupe un anarchiste comme moi, c’est : qu’est-ce que les malfaiteurs (moins que Sarkozy mais quand même) vont faire de tout ça ? Pas grand-chose. Les pièces sont inestimables, c’est-à-dire invendables… À moins de réussir à allécher un collectionneur-fétichiste milliardaire prêt à acheter le tout et à le cacher chez lui, il ne leur restera plus qu’à les démonter chacune puis à les retailler, afin de les transformer en débris méconnaissables, pour les vendre au détail à 200, 300 mille euros pièce, pierre par pierre… Quel boulot ! Mais rien que pour voir la tronche des royalisteux people imaginant tous ces joyaux massacrés ainsi, ça valait le coup de prendre le risque de les chaparder… Toutes les pédales perdent les leurs : Stéphane Bern en berne, et surtout Pierre-Jean Chalençon avec son camée de Napo au cou, disant qu’il vit « un cauchemar », menaçant les voleurs (« Rendez les bijoux de la Couronne, vous avez intérêt à les rendre, bande de crapules ! »), et sanglotant telle la tarlooseuse qu’il est, comme lorsqu’on l’avait accusé d’être antisémite !… On dirait que ce sont ses bijoux à lui, ses bijoux de famille ! Et mon cher Morillot qui voulait que je fasse une émission avec lui, oui, avec Chalençon… Ça va pas, non ? Et mon QI, c’est du poulet ?

J’en veux à Karl Marx parce qu’avec son Capital, il a inventé le capitalisme. En effet, celui-ci est né directement de son exégèse du capital. C’est bien joli d’étudier le capital et de faire comprendre comment ça fonctionne : comment se faire un capital, comment l’État lui-même se fait un capital, comment circulent les marchandises, se créent les plus-values, et tout le toutim mais, plongé dans son colossal labeur, comment se fait-il que Marx n’ait pas vu qu’en expliquant et en théorisant le capital, il donnait les clés pour en faire un système infaillible dont, dans sa pratique mondiale, tous allaient souffrir et souffrent encore aujourd’hui ? Il a montré la voie royale pour aboutir au capitalisme, c’est-à-dire au futur libéralisme, à la mondialisation. Et je vais plus loin : ceux qui ont créé le libéralisme et la mondialisation après lui se sont inspirés directement de son livre Le Capital dans lequel finalement, en critiquant cet état de fait, il offrait gratuitement de très bonnes recettes pour que les riches bourgeois baisent encore plus la gueule du peuple. La dénonciation est devenue un mode d’emploi. C’est donc Marx, en écrivant Le Capital, qui est l’inventeur du capitalisme et indirectement son primordial responsable.

Le vol, c’est la restitution, la reprise de possession. Plutôt que d’être cloîtré dans une usine, comme dans un bagne ; plutôt que mendier ce à quoi j’avais droit, j’ai préféré m’insurger et combattre pied à pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens.

Marius Jacob

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°42 – 20 octobre 2025

Trump à la Knesset. Au début, je pensais que c’était une exagération métaphorique et ironique de ma part de comparer Trump à Cyrus, le libérateur des Juifs de Babylone, et je m’aperçois que la comparaison est prise au sérieux et même arborée au moment où Donald arrive en héros hébraïque à la Knesset pour faire son discours. Partout dans Jérusalem, il y a des panneaux glorifiant Trump : « Cyrus the Great is alive ! » Pour les Israéliens, ce n’est pas pour rigoler ! Ils sont tellement mécaniquement fanatiques qu’ils le prennent pour leur véritable sauveur, alors que, par occultes tractations, le Trumpos n’a pu, après 738 jours, faire sortir que 20 pauvres épouvantails, en effet mis à mal par le Hamas. Ce n’est pas Cyrus mais les Israéliens sont tellement assoiffés de sang et affamés de corps (rien à voir avec du vin et du pain) que même un morceau de barbaque d’un seul mort suffirait à leur joie. Ils font comme si Trump-Cyrus avait réussi à extraire des milliers et des milliers de leurs compatriotes des tunnels islamico-palestiniens, alors que le Hamas redonnent ses captifs au compte-otages. Vingt misérables cadavres ambulants, je vous dis, et neuf dépouilles sur les vingt-huit promises… À propos de tunnels, on n’est pas au bout de celui de « la fin de la guerre », comme le martèle Trump lui-même, auto-persuadé et persuadant les autres de la véracité de ce pieux bobard. Dans cette « post-Histoire », bientôt, ça va coincer, vous allez voir, surtout que le Hamas n’a pas l’intention du tout de se désarmer ! Ce qui est étonnant, c’est que toute la smala juive autour de Netanyahou, avec son horrible sorcière souriante et tactile à ses côtés, fait comme si la fausse réalité imposée par l’esprit conspi in situ et in live de Trump était leur réalité également. Que Trump s’illusionne lui-même, c’est une chose (« C’est aujourd’hui une période très excitante pour Israël et pour tout le Moyen-Orient. Car partout dans cette région, les forces du chaos, du terrorisme et de la ruine qui la ravagent depuis des décennies sont désormais affaiblies, isolées et totalement vaincues. Une nouvelle coalition de nations fières et responsables est en train de voir le jour. Et grâce à nous, les ennemis de toute civilisation battent en retraite. »), mais que Netanyahou dise à la même tribune que « Donald Trump est le plus grand ami que l’État d’Israël ait jamais eu à la Maison-Blanche » parce qu’il a frappé les sites iraniens nucléaires lors de son opération « Marteau de minuit » (« Midnight Hammer »), et que « le peuple juif se souviendra de Trump pendant des milliers d’années », c’en est une autre. Quel marteau au fait ? Mais « Mjöllnir », of course, celui forgé pour Thor par les nains, comme il est dit dans la légende germano-nordique ! D’ailleurs, ç’aurait été plus logique d’identifier Trump à Thor plutôt que d’en faire un nouveau Cyrus qui était un Perse natif de cet Iran à qui Donald a foutu une raclée… En plus, physiquement, c’est vrai qu’avec sa coiffure blondasse en casque, Trump fait davantage penser au superman wagnérien : un Thor, mais en costard, quasi octogénaire, et déboulant en Terre Promise avec une démarche de mi-ours mi-éléphant, son marteau magique à la con à la main !

Encore un bout du discours de Trump à la Knesset : « Le Dieu qui habitait autrefois parmi son peuple dans cette ville nous appelle encore, selon les paroles de l’Écriture, à nous détourner du mal et à faire le bien, à rechercher la paix et à la poursuivre. Il murmure donc toujours la vérité dans les collines, les coteaux et les vallées de sa magnifique création. Et Il inscrit toujours l’espoir dans le cœur de ses enfants partout dans le monde. C’est pourquoi, même après 3 000 ans de souffrances et de conflits, le peuple d’Israël n’a jamais cessé d’être exposé à toutes sortes d’autres menaces. Vous voulez la promesse de Sion. Vous voulez la promesse du succès, de l’espoir et de l’amour. Et Dieu et le peuple américain n’ont jamais perdu la foi en la promesse d’un avenir grand et béni pour nous tous. » Typique laïus presbytérien ! C’est presque beau ! Mais il ne faut pas interpréter cela comme une simple lèche du cul hébreu pour des raisons financières et politiques. Trump est un très observant protestant calviniste dans la grande tradition des missionnaires presbytériens qui avaient installé jadis des écoles de prêche exprès dans les quartiers juifs de Téhéran (tiens, tiens) pour les évangéliser, car c’est bien ça l’objectif des presbyts’ : coller le plus possible au judaïsme par une solidarité intéressée, en s’appuyant sur la Bible, afin que le peuple juif se greffe — qu’importe si c’est comme une prothèse ! —  dans le sein chrétien (mamelle de Mammon pour certains). Le père et le fils Bush étaient dans la même optique. Le sionisme américain est une démarche christiannique avant tout. Trump est un évangélique persuadé que c’est au prix (élevé !) du retour des Juifs en Terre Sainte que celui de Jésus sur la Terre tout court sera possible et même certain.

En attendant, c’est la fête et à grand spectacle, même si on est loin de Wagner !… Par exemple, il faut voir la frénésie carnavalesque qui secoue les Juifs dans un clip épouvantable tourné à côté du kibboutz de Sdot Yam, dans l’amphithéâtre romain de Césarée… J’y suis allé, à Césarée, avec Pajak en 1991 (voir mon récit illustré de notre voyage dans Patience 3)… « Je demeurai longtemps errant dans Césarée ! » comme le mugit si bien Antiochus dans Bérénice… Racine ! Robert Brasillach ! Marguerite Duras ! Tous ont fantasmé une Césarée sans y être allé bien sûr… Marguerite en premier qui a préféré filmer les statues de Maillol au jardin des Tuileries (quel rapport ?) ! En plus, le clip ne date pas d’hier, c’est une resucée : on l’a ressorti du frigo, et sans le dire : encore une arnaque ! Il avait été fait en décembre 2023 pour appeler à la libération des otages ; pas pour fêter celle du 13 octobre 2025. Ce show pseudo-grandiose met en scène 1000 musiciens et chanteurs : violons, clarinettes, violoncelles, harpes, clarinettes basses, trombones, batteries, etc. Avec des extraits de Zacharie et de la Genèse en incrustations… Guitares électriques, basses, claviers, trompettes, sopranos, ténors ! Tous entonnant l’hymne dégueu Habaita (À la maison)… Quelle maison ? C’est pas la leur ! « Musicalement », c’est du niveau de la plus conventionnelle chanson de variét’, avec la lourdingue montée d’un ton avant la fin… Bring them home ! Et tous dansent pour célébrer le retour d’une poignée de pelés et tondus amaigris sur lesquels se jettent en hurlant sans pudeur leurs parents hystériques et enlarmés… En voyant ça, on est partagé entre le dégoût et l’envie de rire et c’est l’envie de rire par dégoût qui l’emporte. Car dans les médias qui en rendent compte (principalement CNews évidemment ), pas un mot sur les 2000 otages palestiniens rendus en échange, et dans quel état ! — la plupart torturés, brûlés, violés, les couilles bouffées par des chiens, les membres amputés, les organes prélevés de force, etc — et qu’ils appellent directement « 2000 terroristes », comme le magistrat Fenech, pourtant censé avoir bien étudié la présomption d’innocence, et traitant comme ça des condamnés à la prison aléatoirement, la grosse majorité sans raison ni jugement, chez son patron Pascal Praud, fondant, lui, jusqu’au malaise de guimauve d’amour à force de tartiner sa pâte d’empathie simulée sur ces pauvres Israéliens qui ont tant souffert à côté de ces musulmans barbares qui perturbent les bons bourgeois blancs partout dans le monde… Même Arthur, en tournée de promo pour son « livre » J’ai perdu un bédouin dans Paris, est obligé de le modérer…

 

Sans aucune retenue, tous les chroniqueurs de Sion News se vautrent dans la boue d’un bonheur qu’ils font semblant de ressentir, insistant sur les tortures que trois rescapés du festival Nova ont subies pendant deux ans… Cette joie est indécente, surtout de la part de goys culpabilisés ou de Pieds-noirs non concernés… On dirait que c’est vraiment leur famille qui au grand complet s’est sortie vivante des chambres à gaz et que ce miracle les transfigure pour toujours. On parle de « larmes de crocodile », mais là, ce ne sont même pas celles d’un crocodile vivant auxquelles on pense quand on voit les bolloréens renifler ; ce sont des larmes de sacs en peau de crocodile qui ruissellent sur leurs joues de beaufs, et encore ! De faux sacs en fausse peau de crocodile, de la pure contrefaçon d’émotions made in China ! Et ces pleurnicheries bidon osent s’épancher à longueur de chaîne d’info en continu alors que s’est déroulé le plus terrible carnage de Gazaouis jamais perpétré par Tsahell, et dont CNews n’a jamais daigné ni parler ni montrer la moindre image ? C’est ainsi qu’on reconnaît une nation, un peuple, sa masse et ses élites tous coupables (je parle de la France) et qui, pour accepter tout ça sans se révolter, mériteraient de recevoir de la part de Dieu une bombe nucléaire sur la gueule ; pas moins.

 

Adresse aux sarkozystes : « Ne vous inquiétez pas, petits mignons qui plaignez votre goat d’entrer en prison mardi… Rassurez-vous comme vous pouvez : par exemple, en vous disant qu’il est coupable mais qu’il ne méritait pas autant, plutôt que de chouiner partout qu’il n’a rien fait et qu’il ne méritait rien ! Évidemment, c’est symbolique : vous pensez bien que Sarkozy ne va pas faire ses 5 ans ferme dans une cellule de la Santé de 9 m², à nettoyer son sol et à changer lui-même son seau de merde, en regardant la télé payante sur un tabouret scellé… Et tout ça à côté de la geôle d’Owen Legrand, l’assassin de la petite Louise (voir Feuille nabienne N°7 – 17 février 2025)… Non ! Sarkozy a dû se dire pendant des années : ‘‘Ce n’est pas possible de me mettre vraiment en prison, moi ! ’’ Eh bien, si, mon petit bonhomme, tu ne faisais quand même pas confiance à la Justice de ton pays, connue intergalactiquement comme étant la plus injuste, dégueulasse, fallacieuse et indigne, enfin ! Premier chef de l’État français à se retrouver en taule, après Louis XVI et Pétain… Au fait, lequel des trois était innocent ? Réponse : le seul qui a été condamné à mort et exécuté !… Il est clair que la magistrature a voulu par ce geste faire comprendre à Sarko, hélas pas ce qu’est la prison, lui qui a été flic pendant des années et qui avait la sévérité facile, mais que c’est une faute ‘‘gravissime ’’ d’avoir multiplié les magouilles politiques pour devenir président, et que pour cela sa punition doit être éthiquement ‘‘exemplaire ’’et autres conneries… Bref, sa peine sera très vite aménagée, ne vous en faites pas,  et il ressortira presque comme un héros… Malheureusement pour lui, j’ai bien peur que Sarkozy ne tire de là aucune réflexion intéressante, alors qu’il devrait… Allez, on lui donne deux mois max pour qu’il soit désincarcéré… Pierre Palmade lui-même est sorti (au bout de 4 mois), alors pourquoi pas Sarkozy ? Carla Bruni aura à peine le temps d’aller se faire troncher par un autre people que Nico sera déjà rentré à la maison… On la connait, Carla… Quel people ? Mais le fils même du bagnard, voyons ! Louis Sarkozy ! »

Nouvelle tape sur les doigts de Léa Salamé pour avoir, dans son JT (pour lequel décidément elle n’est pas faite), confondu dans une brève les destins de Dominique Bernard et de Samuel Paty : « Cette image encore : l’hommage ce matin à Arras dans le Pas-de-Calais au professeur Dominique Bernard, assassiné il y a 2 ans jour pour jour dans une attaque terroriste par un élève radicalisé après avoir montré des caricatures de Charlie Hebdo. Un lâcher de ballons a été organisé. Dominique Bernard avait 57 ans. » Tous les commentateurs sur le net et ailleurs s’insurgent contre cette bévue considérée comme un véritable blasphème : Bernard n’a pas été assassiné parce qu’il avait montré des caricatures ; c’est Paty qui l’a été pour cela. OK, mais le point n’est pas que Salamé et les rédacteurs de son prompteur sont des nuls et que France 2 est en train de couler journalistiquement parlant ; l’intéressant est que cette confusion est ancrée dans tous les esprits comme une sorte de lapsus qui en dit long sur ce que pensent au fond les journalistes obligés de rendre un hommage permanent aux « victimes du terrorisme islamique » qui sont en effet interchangeables dans l’insignifiance et la connerie. C’est très bon signe que dans la trogne des journaleux, Paty (voir mon texte « Lettre ouverte à une tête de con » dans le Nabe’s News n°28 – 29 janvier 2021) et Bernard (ne rien voir du tout car je n’ai pas eu le temps d’écrire le texte que j’avais prévu à l’époque et qui devait s’appeler Saint Bernard, un chien de l’enfer sans son baril de rhum) soient amalgamés. Oui, Salamé et Bugier avant elle à 13h00 ont eu raison sans l’avoir voulu, sans le savoir, de confondre Paty et Bernard ! Ils représentaient la même arrogance moralisatrice républicaine laïque fondée sur une pure domination psychologique à base de fonctionnariat servile.  L’un avec son écharpe et son petit stylo ; l’autre avec sa petite tasse de café… Paty et Bernard, même combat ! On peut les confondre, on doit les confondre tellement ils ont usurpé leur métier soi-disant honorable de professeur de lettres détourné en professeur de morale. Jamais personne ne remet en question leur enseignement conformiste (je veux dire qu’ils sont payés pour enseigner aux enfants et adolescents le conformisme) ; on préfère en faire des martyrs sans tache. D’ailleurs, l’assassin de Bernard l’avait bien dit lui-même à l’époque dans une annonce audio : « Oh Français, peuple de lâcheté et de mécréants. J’étais dans vos écoles des années et des années, j’ai vécu des années et des années parmi vous, gratuitement. Vous m’avez appris ce qu’est la démocratie et les droits de l’homme, et vous m’avez poussé vers l’enfer. Dominique Bernard était prof de français. C’est l’une des matières où l’on transmet la passion, l’amour de la République, de la démocratie, des droits de l’homme, des droits français et mécréants. » En effet, enseigner tout cela plutôt que de donner aux élèves le goût des grands auteurs de la langue française qui ont sacrifié leur carrière ou leur vie pour offrir au monde leur art mystique du Verbe est une distorsion de la fonction initiale de prof. Si Bernard avait été comme on l’a dit un « amoureux de la littérature qui savait transmettre sa passion », pourquoi n’a-t-il pas su, ou voulu, transmettre à Mohammed Mogouchkov cette même « passion » pour la distorsion, poétique celle-là, des vers d’Arthur Rimbaud qui avait son âge lorsqu’il renonça à en écrire par dégoût de l’institution généralisée ? Bernard n’aurait pas fini poignardé à la gorge et au thorax par le jeune élève déçu par cette école qu’il ne pouvait juger que comme celle des cadavres.

Histoire que j’adore. Lorsque son père est mort, Cézanne courut aller chercher son matériel de peinture et commença à faire le portrait du cadavre paternel… Sa mère déboula dans la chambre de son défunt mari, et, arrêtant aussitôt son fils dans son œuvre en cours, lui dit : « Voyons, Paul, ce n’est pas le moment de plaisanter, tu sais bien que si nous voulons conserver les traits de ton père, il nous faut un peintre sérieux ! »

Est-ce qu’il existe une fin ouverte plus belle pour un roman que celle de L’Éternel Mari (qui, entre parenthèses, vaut autant son pesant de cacahuètes névrotiques sur la question du double que Le Double) ? Le héros renonce à aller chez quelqu’un, et Dostoïevski écrit pour finir le roman : Comme il le regretta plus tard ! Mais ce « plus tard », on ne le connaîtra jamais ; il est pour l’éternité dans un autre roman que Dosto n’écrira jamais.
Les Suisses sont des cons ; les Italiens sont de sales cons ; les Français sont de pauvres cons.

Les Français sont contents de se rendre ridicules.  

Louis-Ferdinand Céline

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°41 – 13 octobre 2025

Sébastien Lecornu (quel nom con !) démissionne… « Le plus bref gouvernement de la Ve République : 14 heures à peine d’existence »… Les Français paniquent parce qu’ils n’ont plus de Premier ministre ! Que la France soit dirigée pendant quelques jours par des ministres démissionnaires la fait trembler pire que si elle vivait une révolution. « Et les affaires courantes ? » « Et si demain nous sommes attaqués par les Russes ? » Rendez-vous compte jusqu’où s’est abaissé ce peuple qui a été capable de prendre la Bastille, de produire des orateurs extraordinaires de moins de 30 ans qui ont soulevé le monde et fait tomber les têtes (jusqu’aux leurs) comme on cueille des fleurs !… Sinistre et soporifique, « le moine-soldat » (dixit lui-même) Lecornu se décide à venir à la télé pour s’expliquer et évacuer la possibilité que Macron le renomme (« Ce soir, je considère que ma mission est terminée. »)… Évidemment, c’est ce qui est arrivé, et au lieu de rejeter l’humiliante proposition du président, Lecornu accepte et redevient Premier ministre ! Le rat regagne le navire !… Cela s’est déroulé en moins d’une semaine, du lundi au vendredi. Et il faudrait prendre cette nouvelle macronade au sérieux ? Peuh ! Je me refuse à commenter davantage les petits dramas d’un gouvernement français avec untel qui démissionne à cause d’untel qui n’était pas content qu’untel soit aux affaires et autres conneries. Ça n’a aucune importance, aucun intérêt, c’est d’une insignifiance ! Comme disait Pauline Carton : c’est « prodigieusement inintéressant ». Tout ça, c’est la faute à Macron coupable de la fatale dissolution… Et pas celle de l’Assemblée nationale, non ; il s’est dissout lui-même ! C’est à un président en dissolution permanente à qui on a affaire ; il se dissout petit à petit, aux yeux de tous, et se dissoudra jusqu’en 2027.

On retrouve Macron à la cérémonie de la panthéonisation de Robert Badinter, le président a rendossé sa soutane de curé laïc pour prononcer en chaire, pour de simples os, un discours à vomir sur Badinter et « ses grands combats essentiels et inachevés : l’abolition universelle de la peine de mort, la lutte contre le poison antisémite et ses prêcheurs de haine, la lutte pour la défense de l’État de droit »… Quel mauvais comédien, ce Macron ! mais il n’est pas pire que Philippe Torreton, Éric Ruf, ou Guillaume Gallienne convoqués par piston théâtreux pour des lectures solennelles à cette nouvelle Fête de l’Étant suprême … J’oubliais Sandrine Bonnaire (Pialat avait bien raison de la traiter de connasse), et Julien Clerc qui est venu chanter L’Assassin assassiné, sa chansonnette contre la peine de mort à la gloire de Badinter (paroles : Jean-Loup Dabadie) : est-ce qu’il a la voix de plus en plus chevrotante en vieillissant ou je rêve ? Non, il a toujours chevroté comme ça. Julien Clerc est un chanteur caprin, comme on le dit d’une viande. Ah, un sacré paquet de bien-pensants étaient là pour célébrer, à la républicaine, l’entrée de l’Abolisseur dans la poubelle géante du Panthéon. Ça les fait tous bander ; c’est Bandinter ! Tapis bleu puis blanc et rouge sur le bitume de la rue Soufflot, la gueule de Badinter affichée en noir et blanc, entre les deux colonnes du temple dédié « aux grands hommes, la patrie reconnaissante » : d’un côté, sur le bleu : « la justice française ne sera plus une justice qui tue » ; sur le rouge : « la peine de mort est abolie », et aussi des portiques « République », « Mémoire », « Justice » que le cercueil, porté lentement par des gardes, a dû franchir… À propos de cercueil — rassurez-moi —, il y avait bien dedans le cadavre de Badinter ?… Eh bien, non, justement, le cadavre de Badinter, mort à 95 ans en 2024, est resté à Bagneux sous sa tombe qui d’ailleurs a été profanée le jour même, 9 octobre, de la panthéonade. Profanée, disons plutôt taguée par des extrême-droitards pour qui Badinter était le symbole du laxisme judiciaire. Le tag (nettoyé aussitôt) était explicite : «Éternelle est leur reconnaissance, les assassins, les pédos, les violeurs, la RÉPUBLIQUE le sanctifient » (sic). Attention ! Ce n’est pas parce que la tombe a été souillée qu’on a renoncé à transporter la charogne du garde des Sceaux au Panpanthéon, pas du tout, c’est Madame Badinter, Élisabeth, la louve féministe, qui, tenant à être enterrée avec son mari et estimant ne pas mériter d’être panthéonisée en tant que conjointe du héros, (comme l’a été le mari de Simone Veil), a décidé de le laisser pourrir à Bagneux. Sympa comme décision de veuve !… Peut-être que ça lui aurait plu, à Robert, que son macchabée finisse en haut de la rue Soufflot. C’est donc un cercueil vide ou presque, rempli de sa robe d’avocat, de son discours anti-guillotine, de son livre sur sa grand-mère yiddish Idiss, d’une bio de ce connard de Condorcet et des deux tomes des Choses vues de Victor Hugo, qui a été transféré au Panthéon et devant lequel se sont recueillis les clampins sans même le savoir, et Macron lui-même, qui s’est presque signé devant ce cénotaphe bidon qui ne grouillait même pas des asticots abolitionnistes dansant de joie de trou en trou dans la viande avariée badintérique ! On est donc dans le symbole à tous les niveaux, car sans doute les profanateurs de Bagneux, le matin même, pensaient, comme beaucoup, qu’on allait extraire le cercueil de Badinter. Naïfs tagueurs ! Qui donc est entré ce jour-là au Panthéon ? Personne, au fond ! « Ce n’est pas la première fois qu’un cercueil entrera au Panthéon sans la dépouille. En 2015, les cercueils des résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz ne contenaient qu’une poignée de terre, car leur famille avait refusé que leurs corps quittent le cimetière familial, lit-on sur Internet. Au passage, depuis combien de temps il n’y a pas eu de grands artistes ou écrivains au Panthéon, et tant mieux pour eux car ce serait un passage honteux de la rébellion à l’institution ? Rappelez-vous l’affaire Rimbaud + Verlaine… Badinter ! L’un des hommes les plus influents et les plus antipathiques de la mitterrandie. Un donneur de leçons gorgé d’autoritarisme sourcilleux badigeonné de pathos, un « ténor » de l’avocasserie hyper-bourgeoise des années 70-80, hyper ridé et menaçant, tartinant en permanence son histoire de petit Juif ayant échappé à la déportation pendant l’Occupation et devenu un serviteur zélé de la République française, celle-là même qui avait bazardé son père à Sobibor et sa grand-mère à Auschwitz… Et monsieur s’était permis de piquer une colère quand son Mitterrand chéri s’était fait huer à une autre cérémonie, celle de la commémoration des 50 ans de la rafle du Vel’ d’Hiv’ en 1992, parce que les familles de déportés savaient que « Tonton » n’avait pas été blanc bleu rouge pendant la guerre et qu’ils trouvaient un peu gros que ce soit lui, Mitterrand, ex-ministre de Pétain, qui vienne condamner le crime de Vichy. Pour Badinter, il ne fallait pas toucher à saint François ! « Vous m’avez fait honte ! » hurla Badinter alors que, par mitterrandophilie délirante, il trouvait tout à fait normal que son gourou ait pour grand copain René Bousquet, celui-là même qui avait fait déporter sa mamy Idiss… Moi (et sans doute beaucoup d’autres), ce qui me « fait honte », c’est que Badinter, qui s’érigeait comme le juste des justes combattant partout l’injustice, n’a jamais bougé un poil de ses affreux sourcils pour défendre le droit des Palestiniens à ne pas être condamnés à mort par Israël. Et pire ! Lui qui était un as en droit international a participé activement à la consolidation juridique de l’impunité d’Israël. Pour couvrir les crimes hébreux, Badinter a mis la même « conviction » vantée partout. Ses grandes valeurs universelles s’arrêtaient aux grillages et aux barbelés de la bande de Gaza… À ce moment-là, il était beaucoup moins humaniste, philosophe, intellectuel… Cette « conscience » pour la dignité humaine a fait comme tous les Juifs qui prétendent lutter pour le Bien universel mais qui ferment leur gueule sur le Mal quand il vient de Tel Aviv. C’est ça que les profanateurs auraient dû taguer sur sa dalle à Bagneux : « Éternel est leur mépris, les Palestiniens, les Cisjordaniens, les Gazaouis, la vraie humanité lui crache dessus. »

Mais évidemment, le titre de gloire de Robert Badinter, c’est d’avoir réussi à abolir la peine de mort en 1981… Là aussi, il va y avoir à dire, surtout sur sa manière d’y parvenir : l’exploitation de deux faits divers : d’abord, l’exécution (dont il a fait un livre) de son client Roger Bontems, un des deux prisonniers de Clairvaux qui, pour s’évader avec Claude Buffet, avait pris trois otages dont un gardien et une infirmière qui furent égorgés… Bontems n’avait pas de sang sur les mains mais celles-là étaient quand même aspergées de celui de son copain Buffet qui, lui, en avait sur les siennes. Badinter n’a pas pu faire couper, si j’ose dire, Bontems à la guillotine. Ça se passait à Troyes en 1972, et Badinter raconte que dans la foule des gens grouillant derrière les grilles du palais de justice de Troyes et qui réclamaient la mort pour les deux accusés, il y avait le jeune Patrick Henry qui hurlait : « À mort, Buffet ! À mort, Bontems ! », et que ça ne l’a pas dissuadé, lui, Henry, quatre ans plus tard, d’enlever et d’étrangler le petit Philippe Bertrand (7 ans)… Selon Badinter, cela démontrait que la peine de mort n’était pas dissuasive… On le savait, mec : rien n’est dissuasif dans la vie d’un homme, rien. L’être humain, parce qu’il est une ordure à la base, et jusqu’à sa mort, et même en mourant, ne croit pas qu’il puisse disparaître ; jamais personne ne pourra le raisonner. La perspective d’être exécuté parce qu’on a assassiné n’a jamais empêché personne de tuer. Cet argument est tellement basique qu’il en devient pour ainsi dire démagogique. L’autre argument de Badinter lui est venu d’une autre exécution, celle de Christian Ranucci, chopé quasiment en flagrant délit, en 1974, et dont la condamnation à mort est tombée quelques jours après l’arrestation de Patrick Henry (le revoilà !) en 1976. Et là, c’est plus grave car c’est grâce à la décapitation de Ranucci en juillet de la même année que Maître Badinter a pu pousser sa gueulante contre la peine de mort, en faisant de Ranucci un innocent qui avait été condamné à tort, ce qui lui a permis d’emporter le morceau pour Patrick Henry : perpétuité plutôt que guillotinage. Se plaçant, sans avoir étudié le dossier, dans le sillage tordu et boueux de Gilles Perrault et de son si détricotable pull-over rouge, Badinter parla jusqu’en 1981, et après encore, de « Christian Ranucci dont personne ne sait à ce jour, on ne peut dire avec certitude, s’il était innocent ou coupable, avec ce que cela signifie à l’égard d’une justice comme la nôtre. » Ainsi que le 11 septembre 1978, à la télé, toujours à propos de Ranucci : « Vous avez une telle masse d’incertitudes sur la culpabilité, une telle impression que, à ce moment-là, l’appareil judiciaire comme cela arrive quelquefois, est entièrement tourné dans le sens de la conviction de la culpabilité et qu’il ne prend plus en considération les éléments qui peuvent militer en faveur de l’innocence, que l’homme est comme écrasé. » Ben voyons ! Badinter a donc utilisé une fausse innocence pour faire passer sa loi, et ça personne ne le dit alors que ce n’est pas très joli-joli comme procédé, et pourtant il est si typiquement de gauche… La question est : est-ce que Badinter savait que Ranucci était en vérité coupable et il a surfé sur l’« erreur judiciaire » dont le jeune homme aurait été victime pour faire abolir la peine de mort, ce qui a aidé Mitterrand à passer à la présidence en 81? Ou bien était-il sincèrement convaincu que le jeune Christian Ranucci n’avait ni enlevé ni tué la petite Dolorès Rambla alors qu’aujourd’hui, il est parfaitement démontré que si, et par votre serviteur dans un futur texte qui vous laissera sur le cul par les détails qui n’ont jamais été fouillés à l’époque ni depuis ? Non ! La dissuasion inefficace sur un futur coupable et le doute entretenu sur un prétendu innocent ne sont pas de bonnes argumentations pour abolir la peine de mort. D’autres pays plus civilisés que la France comme la Côte d’Ivoire, Djibouti, Madagascar, la Namibie, le Congo, la Papouasie, les îles de Vanuatu, Tuvalu, Samoa, Salomon, et aussi la Slovénie, la Tchéquie (et je ne parle pas de la Colombie, du Costa Rica, de l’Équateur, d’Haïti !) se sont passés de cette punition depuis le début du XXe siècle. Chez tous ces « métèques »-là, la peine de mort a été abolie et, comme par hasard, au moment de leur indépendance, c’est-à-dire quand, en gros, les Blancs, qui pour la plupart leur avaient imposé la peine de mort, les ont laissés tranquilles. Cette ignominie, presque partout dans le monde, fut supprimée tout naturellement sans passer par la rhétorique fallacieuse d’un avocat bourgeois socialiste sioniste hystérique, et peu regardant sur la véracité des faits. Jusqu’au Kirghizistan, on n’a pas eu besoin de tout ce fatras politicard pour supprimer cette barbarie ! Présentée comme une victoire, que le pourcentage de Français pour la peine de mort soit aujourd’hui exactement le même qu’avant 81 prouve qu’il s’agit plutôt d’une défaite. Oui, la peine de mort a été légalement abolie, mais le goût de la peine de mort ne l’a jamais été, lui : les gros beaufs franchouillards assoiffés de sang que les dessins de Reiser et Gébé fustigeaient dans le Charlie Hebdo des années 70 se sont transformés en jeunes beaufs d’extrême-droite décomplexée proprets qui hurlent comme leurs arrière-grands-pères : « À mort, les assassins d’enfants et les terroristes ! Combien de tueurs en vie grâce à Badinter ? » Ce sont les mêmes qui ont contesté à une autre figure d’entrer au Panthéon, Simone Veil, « l’avorteuse ». Pour ces imbéciles-là, qui croient encore qu’entrer au Panthéon est une récompense, la boucle de l’horreur métaphysique est bouclée : d’un côté, Badinter, avec sa loi, a tout fait pour laisser vivre des coupables et de l’autre ; Veil, avec la sienne, a permis aux mères de tuer dans leur œuf des innocents qui ne demandaient qu’à vivre… En réalité, je vous le dis : les partisans de la peine de mort sont toujours là ; sur TikTok et Instagram, ils pullulent, et la délinquance accrue de la société est leur seule motivation pour cracher sur la panthéonisation d’un Badinter, alors qu’il y en a bien d’autres à exposer. Quel échec que cette abolition de la peine de mort ! Quel guignol gesticulateur que ce Badinter ! C’est l’envie d’envoyer à la guillotine des criminels qu’il fallait éradiquer ; pas seulement installer une loi républicaine pour empêcher constitutionnellement qu’on coupe le kiki des assassins !

Le 7-Octobre, deux ans après. Il s’en trame des trucs autour de cet anniversaire !… Trump était bien parti mais le gros blond pressé a commencé à s’énerver contre Netanyahou qui continuait de bombarder tout en pinaillant au moment de signer. Les tergiversations de Tel Aviv sont responsables du retard qui a fait louper à Trump le rêve de sa vie… Le prout Nobel de la paix lui est passé sous le nez, sinon sous la trompe… On ne saurait mieux dire puisque c’est comme un éléphant protestant que Donald est entré dans le magasin de porcelaine juive. C’est pas nouveau : il ne peut pas le piffer, le Netanyahou. Trump se targue de réussir à établir une paix « durable » entre Israël et Gaza. Déjà, première étape : le cessez-le-feu. Trump l’a obtenu et il est entré en vigueur le 10 octobre, mais est-on bien certain qu’il n’y a plus aucune bombe de larguée, ni un seul sniper à l’œuvre sur le terrain ?… Deuxième étape : le retrait « partiel » de l’armée israélienne de la bande de Gaza ; puis la troisième : la libération des 48 otages en échange de 2 000 prisonniers palestiniens ; et enfin, quatrième : l’entrée immédiate d’une aide humanitaire « accrue » dans l’enclave détruite. Tout ça se décide en ce moment même en Égypte, à Charm el-Cheikh, transformé en véritable souk de la paix, avec négociateurs qataris, médiateurs égyptiens, facilitateurs omanais, intermédiaires turcs qui jouent les différentes courroies de transmission entre les Américanos et les Sionistueurs, et le boss de la délégation palestinienne qui n’est rien d’autre que… Hossam Badran, qui a échappé à un attentat israélien à Doha le mois dernier ! C’était aussi un des cerveaux du 7-Octobre et il serait naïfissime de l’imaginer accepter bien gentiment sa capitulation. Pour Trump, c’est un détail : l’important pour l’opinion publique mondiale, c’est la libération de ces foutus otages, même une poignée… « Les otages rentreront lundi ou mardi. Je serai probablement là. J’espère être là. Nous prévoyons de partir dimanche, et j’ai hâte d’y être ! » : toujours optimiste, le Trump. Mais le Hamas, lui, ce qui l’intéresse dans le plan Trump, c’est de faire sortir le maximum de prisonniers politiques palestiniens pour les retaper et en faire de bons terroristes. Voilà pourquoi il est prêt à rendre quelques otages ou quelques débris d’otages. Sauf qu’il y a comme un défaut : c’est cette nouvelle exigence des Israéliens et des Américains d’expulser de Gaza tous les membres du Hamas… Alors là, ça coince. Hossam Badran a déclaré : « Les dirigeants du Hamas présents dans la bande de Gaza se trouvent sur leur terre, celle où ils ont vécu, parmi leur famille et leur peuple. Il est donc naturel qu’ils y restent. Parler d’expulser les Palestiniens, qu’ils soient membres du Hamas ou non, de leur terre est absurde et insensé. » Il est bon, ce Badran ! Mais j’ai bien peur qu’en disant ça, il se soit collé lui-même une cible en plein sur le cœur. « Ils » vont n’en faire qu’une bouchée, surtout si c’est le seul obstacle à leur putain de paix. À suivre…

J’étreindrai la langue, et, la terrassant, lui ferai rendre gorge et jusqu’à son dernier secret, et jusqu’à ses richesses profondes, afin qu’elle me découvre son intérieur et qu’elle m’obéisse et me suive rampante, par la crainte, et parce que je l’ai connue et intimement fouillée.

Charles Ferdinand Ramuz

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°40 – 6 octobre 2025
Encore des histoires de flottille… C’est du réchauffé, pour ne pas dire du remouillé… Cette fois, c’est à 40 bateaux plus cons les uns que les autres qu’on a affaire : le Selfie, la Story, le Réso, le Socio, l’Inutile, le Vanité, le Sert-à-rien, le Matuvu, le World nombril center, la Casse-bonbons… L’armada humanitaire se dirige, d’abord vaillamment puis piteusement, vers les eaux de Gaza (au fait, eaux plates ou eaux gazeuses ?) pour faire semblant d’essayer de casser le blocus ! C’est toujours le même scénario avec militaires israéliens qui arraisonnent tout ce qu’ils peuvent comme coques de noix remplies de gosses en dessous Petit Bateau au motif de keffiehs, et qui s’esquichent dedans… Kif-kif les mêmes bourricots de militants que pour la précédente croisière. Il y a même Greta Thunberg et Rima Hassan qui ont rembarqué, les abruties ! mais aussi Adèle Haenel qui finalement, au dernier moment, craque… Comme le coq sans crête Thomas Portes qui a fini en poule mouillée, chouinant qu’il était obligé de renoncer pour « des raisons personnelles et des urgences familiales » ! Ah, elle est gratinée, la soupe à l’oignon propalestinienne ! Sur Instagram, donc, la morte Adèle explique qu’elle abandonne l’aventure parce que son navire a eu une avarie… C’est elle, l’avarie : elle prend l’eau ! Un moteur cassé, c’est le parfait prétexte pour jeter l’éponge : et voilà l’ex-actrice MeToo quittant le navire comme une rate, et sans même le panache en plume de cruche qu’elle avait arboré lorsqu’elle était sortie bruyamment de la salle des Césars 2020 à cause de Polanski… La honte ! Là, c’est d’autres Juifs qui la font fuir ! Elle dit qu’elle continuera quand même, de terre, « à poster »… Qu’elle n’oublie surtout pas en rentrant à Paris d’aller illico presto dans un salon d’esthéticienne se faire épiler la moustache, parce que sur ses stories Insta, ça commençait à se voir qu’elle en avait beaucoup… Si elle avait continué jusqu’à Gaza comme ça, elle serait arrivée avec un truc poilu à la Nietzsche sur le philtrum, pauvre conne !

Verlaine : « Je pardonnerais si on me demandait pardon du mal qu’on m’a fait. »

Rosa von Praunheim, dont beaucoup ont appris l’existence en lisant mon dernier Nabe’s News (rires), critique sans cesse et à juste titre « cette subculture dans laquelle s’enferment les homosexuels, cette ambiance artificielle, inhumaine à laquelle ils s’adaptent au lieu de se révolter. Politiquement, ils sont très conservateurs. Le décret qui les condamne a été aboli en 1969 seulement. La peur reste, ils ont une angoisse qui les empêche de se solidariser avec d’autres minorités. Ils se donnent pour victimes sans avoir le courage de reconnaître leur responsabilité. Comme les femmes, tellement accoutumées à l’oppression qu’elles ne peuvent plus vivre sans ! »

À un moment, j’ai cru que Gramsci avait fait lui aussi le grand saut avant de mourir en 1937, puisqu’il est enterré au cimetière dit « des Anglais », de Rome, ou encore « acattolico », mais pas du tout : c’est seulement l’endroit où tous ceux qui ont voulu marquer leur désapprobation envers le catholicisme pouvaient être enterrés ensemble (pas les Juifs quand même, il ne faut pas exagérer !)… Un cimetière acatholique ! Athées et protestants y reposent après leur même combat contre le catholicisme !…

Et Pasolini bien sûr est venu se recueillir sur la tombe de « Kramsky » (comme dit mon ordi) dans ce cimetière. La photo est célèbre. À propos de Pasolini, je crois qu’on ne mesure pas très bien la gravité de sa récupération par les extrémistes droitards ; tout ça à cause de son poème Le PCI aux jeunes ! écrit en juin 1968, où il fustigeait les « fils à papa » qui se rebellaient contre leur papa mais qui restaient des bourgeois (j’y reviendrai). Comme Gramsci d’ailleurs, Pasolini est instrumentalisé par les droiteux et les plus boiteux ou borgnes… Et ça remonte à longtemps… Finkielkraut, par exemple, qui a osé « remercier » Paso d’avoir montré ce qu’il y avait de fasciste chez Sade ; pour lui, Salo était une réponse aux intellos français d’extrême-gauche qui avaient vanté Sade. Pour Stinkielkraut, Paso leur « a mis leur nez dans leur caca »… Mais non ! Ils sont tous cités au générique du film, et au premier degré, laudativement !… Selon Finkielkraut donc, Pasolini a montré que Sade était un nazi. « Merci à lui ! » Faire de Paso un réac de droite adorateur du « c’était mieux avant », anti-révolutionnaire et anti-Sade, il faut le faire !

Autre récupération, celle de Péguy par les fumistes lâchement fafs de la Revue des Deux Mondes… « République, Patrie, Christianisme – Les combats de Charles Péguy »… C’est tellement vieillot… Parce que Péguy a soutenu Dreyfus (par l’intermédiaire de Bernard Lazare mais ça, les philosémites l’occultent car au fond, ils sont antisém’ !), ils en font quasiment un sioniste. C’est faire fi un peu vite de l’évolution de Péguy : n’a-t-il pas déclaré, en 1913, au sujet de l’Affaire Dreyfus, que « ça n’a été qu’un pli dont on a fait des montagnes » ? Péguy parlait de la patrie, de la République et de la Nation, donc c’est un nationaliste. Il a sanctifié Jeanne d’Arc, c’est donc un droitard catho illuminé ! Il était pour la guerre contre les boches, donc c’était un pro-armée française chauvin… Bref, les natio-réacs en font un mix entre Zemmour et Bardella… Heureusement, la seule chose qui sauvera toujours Péguy, c’est son langage, son écriture extraordinairement originale, unique, qui, elle, est irrécupérable : les franchouillardo-occidentalistes ne pourront jamais lire ni comprendre Péguy à cause de son langage. Déjà, les collaborationnistes du temps de l’Occupation s’y étaient cassés le nez, tout en essayant de le transformer en martyr chrétien réac plus français que tout le monde, mais pour Céline, le cas de Péguy était rédhibitoire car pour lui, il était pro-sémite… Dans une lettre à Henri Poulain du 5 juillet 43 (juste après celles que j’analyse en détail dans Nabe’s News 34), Céline disait : « Péguy adorait les Juifs, il était dreyfusard, il a été « sorti » par Benda. Christiano-juif et imbécile, il devait finir martyr et abruti, ce qu’il fit au mieux— Détestable ! Il n’a jamais rien compris. À toi ! Ferd. » Hélas, Céline n’aura pas l’occasion de reparler du génial auteur de Clio (entre autres), alors que quelques années plus tard, il serait revenu sur son jugement négatif, comme il l’avait fait pour Proust. Je suis persuadé qu’il aurait reconnu l’apport faramineux de Péguy à la technique du flux de langage oralo-écrit, celle d’un discours auto-perturbé exprès par sa pensée en marche…

Un grand chemin de dénévrosage les attendrait tous s’ils avaient le courage d’étrangler leur ego. Alas !

DAZAÏ : En bon Gémeaux, il n’a fait que des conneries toute sa vie : adhérer au Parti communiste ; se barrer avec une geisha ; se suicider à deux avec une serveuse qui, elle, meurt et pas lui ; rater toutes ses études puis un nouveau suicide ; devenir addict à la morphine ; essayer encore de se suicider avec la nouvelle geisha qu’il a épousée et qui l’a trompé (c’est son truc, le double-suicide, comme l’ont pratiqué Hitler et Goebbels) pour finalement divorcer ; se remarier avec une professeur de collège et lui faire des enfants ;  en faire encore un autre à l’une de ses fans ; rencontrer une veuve de guerre puis, pour elle, abandonner sa femme et ses enfants ; et, après avoir tout raté, finir par ne pas se rater en réussissant un ultime double-suicide avec cette veuve et donc mourir alcoolique et noyé à l’âge de 38 ans. Qui a fait mieux dans le pire ? Et pourtant, tout cela n’a pas empêché Dazaï de devenir le plus grand écrivain japonais.

Trump et Netanyahou élaborent un énième plan de paix entre Israël et Gaza à grands renforts de poignées de mains viriles et de flashes de caméras d’amour… Rodomontades ; coups de menton ; injonctions faussement loyales, lueurs d’espoir déçu… Le gros blond yankee à l’oreille cassée pose un ultimatum de 3 jours pour que le Hamas rende les otages, sinon pan-pan cucul, mais le Hamas demande un délai : il a besoin d’ « un peu plus de temps » (pour leur foutre dedans, j’espère !). La stratégie américano-sioniste, elle, c’est d’inventer un scénario (à court terme en plus) dans le seul but de pouvoir rejeter la faute de son échec toujours chez les mêmes, les Arabes de Palestine, comme ça, si ça fait pschitt (pour ne pas dire : prout), on dira que c’est leur faute… Facile ficelle ! Ce que je ferais si j’étais le Hamas, c’est proposer un plan de paix pour que ce soit les Yankikis et les Hebreugneugneux qui soient obligés de l’accepter ou de le refuser. Quand on tire tant de balles contre ses adversaires, il ne faut surtout pas oublier la dernière :  celle qui sera dans leur camp.

La première fois que j’ai entendu prononcer le nom de Karl Kraus, c’était par Jean-Edern Hallier lorsqu’il eut dans les mains mon Chacun mes goûts (1986). En regardant la couverture, et après avoir lu les aphorismes, c’est tout de suite ce qui lui est spontanément venu à l’esprit ; et dans sa bouche, c’était dépréciatif : « Tu fais comme Kraus ! »

Les followers sont des fils de pute ! Ils ne savent pas qu’on les voit quand ils regardent une story. On les voit aussi quand ils ne mettent pas de cœur. Ils zieutent, ils stalkent, et basta. Ils préfèrent se rincer l’œil ou le cerveau en douce parce qu’ils se sentent protégés par le fait qu’il y a beaucoup de gens présents et ainsi ne jamais apposer un seul like. Qu’est-ce que c’est que ces viewers, pour pas dire ces voyeurs qui expriment leur « amour » quand la story est à leur convenance ou quand elle recoupe leurs préoccupations personnelles ?… Par exemple, certains quand c’est « de droite » ; d’autres parce que c’est sur des people ; d’autres lorsque ça concerne les Arabes ou alors si on dit du mal d’Israël… Ils kiffent, mais si on fait une story disons « dadaïste », alors là, ça ne les intéresse pas. De quel droit, ils font intervenir leur putain de goût ? Le mieux, c’est le type qui met systématiquement un cœur à partir du moment où il regarde, il met un cœur et puis c’est tout, parce qu’il fait confiance au posteur, voilà… Ou alors, celui qui n’en met jamais, quel que soit le sujet, c’est déjà plus franc, au moins il est cohérent ; mais de temps en temps mettre un cœur, ça ne sert à rien. Les intermittents du cœur, très peu pour moi. La vie, c’est pas un cœur « de temps en temps », c’est tout le temps ou jamais !

Les femmes sont tellement bêtes qu’elles sont totalement inconscientes de l’effet qu’elles font aux hommes.

Grâce aux trans’, on pourra dire désormais sans risquer de choquer les grammairiens : « Elle est con comme une bite ! »

L’expression la plus détestable : « Prenez soin de vous ! »

J’ai toujours eu horreur du couple Yves Montand-Simone Signoret, même si séparément ils ont été d’excellents acteurs (surtout Signoret). Et même aussi si — mesurez là mon honnêteté — Simone, en regardant mon Apostrophes en 1985, s’était écriée devant son téléviseur : « Ordure ! » Je ne tiens pas compte non plus des saloperies privées de ce duo de monstres : la mère Signoret mettant sa fille Catherine Allégret dans le plumard de son mari qui, de son côté, multipliait les coups de bites partout ailleurs jusqu’à refuser de reconnaître sa paternité auprès de la pauvre petite Aurore Drossart… N’entreront pas plus dans ce paragraphe les honteux égarements politiques de la Signoret exigeant en 1953 que toute l’équipe du film qu’elle tournait observe une minute de silence en l’honneur de la mort de Staline qui venait de crever, ni la reconversion en un clin d’œil dans le libéralisme reaganien de Montand-la-buse après tant de goulagueries ravalées pendant des décennies… Eh bien, malgré tout cela, ce couple grotesque ne méritait pas la grotesquerie au carré que lui a imposée posthumément la réalisatrice merdique Diane Kurys qui vient de porter à l’écran leur histoire dans un biopic au-delà du risible, avec, tenez-vous bien, dans le rôle de Montand, Roschdy Zem affublé d’un accent marseillais ! et Marina Foïs affublée, elle, d’une perruque… Pas un instant, le dernier des martiens n’ayant jamais vu une seule fois de sa life Yves Montand et Simone Signoret, ne serait-ce qu’en photo, ne pourrait croire en la véracité de ce couple ridic. Quant à ceux qui ont connu, même de loin, les deux connards de gauche omniprésents dans les médias des années 70, ils ne pourront que souffrir de les voir si mal représentés, et ce sera tant mieux pour leur gueule !

Finalement, j’ai fait comme Pindare (« pain d’art » pour mon ordi), j’ai écrit des odes, des éloges, des épinicies, des péans et des hyporchèmes sur mes héros, les athlètes du jazz, de la littérature, de la peinture, du cinéma !… Dans mes olympiades personnelles, brillent les Benny Green, les Roger Gilbert-Lecomte, les Juan Gris, les Ahmad Jamal, les Maupi, les Saturnin Fabre, les Jean Vigo, les Odilon Redon, les Démocrite et les Pauline Carton !

 L’enfer est vide, tous les démons sont ici. 

William Shakespeare

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°39 – 29 septembre 2025
Roch Hachanase. Le lundi 22 septembre 2025, donc (on me demande souvent pourquoi j’utilise autant la conjonction « donc » ; mais en hommage subliminal à l’Igitur de Mallarmé, voyons !), en ce jour de Roch Hachana, a eu lieu la fameuse réunion à l’ONU de New York avec le prononcement du discours d’Emmanuel Macron qu’on l’a vu faire semblant d’écrire dans son palace-avion, à une table volante couverte de victuailles, comme dans un banquet de Trimalcion revu par Dali ! Le discours ? Vœux pieux et coups d’épée dans l’eau à gogo ! Le président français a plaidé pour « un cessez-le-feu permanent », pour « la libération de tous les otages », « l’acheminement massif d’aide humanitaire aux populations gazaouies » et « le déploiement d’une mission de stabilisation à Gaza ». La belle affaire ! Les belles affaires… « Nous travaillons aussi pour que le jour d’après, le Hamas soit désarmé et exclu de toute gouvernance de Gaza, que l’Autorité palestinienne soit réformée et renforcée et la bande de Gaza pleinement reconstruite », a-t-il ajouté, sans oublier de dire : « La barbarie du Hamas et de ceux qui ont collaboré à ce massacre a stupéfait Israël et le monde », puis Macron a attaqué le gros du steak : « La reconnaissance de la Palestine n’enlève rien aux droits israéliens. Nous sommes convaincus que cette reconnaissance est la seule solution qui permettra la paix en Palestine », et de conclure par un solennel et vain : « Je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine », sur le ton d’un mauvais acteur comique disant sur la scène de l’Olympia : « Je déclare ouverte la 51e cérémonie des Césars ! » Dans le public de l’ONU, aucun représentant d’Israël, ni des États-Unis, et comme Palestinien, le grabataire Mahmoud Abbas par visioconférence qui a crachoté sa promesse (les doigts croisés dans le dos) : « le Hamas n’aura aucun rôle dans le gouvernement et les autres factions doivent remettre leurs armes à l’Autorité palestinienne car nous voulons un état unifié sans armes »… Macron a eu beau tourner les pages de son topo avec plusieurs paires de gants enfilées les unes sur les autres, ça n’a pas suffi : ç’a été ressenti par les Juifs et les pro-Juifs comme « une grosse erreur », « un cadeau fait au terrorisme »… Trump, le lendemain, mardi, a dit qu’il n’était pas d’accord avec l’initiative franco-saoudienne, et Netanyahou, n’en parlons pas : « La soumission honteuse de certains dirigeants au terrorisme palestinien n’oblige en rien Israël. Il n’y aura pas d’État palestinien. » Et Bibi a menacé d’étendre toujours plus la colonisation en Cisjordanie… Il a même dit que le gouvernement israélien allait prendre des mesures de représailles contre ce funeste et arrogant Macron, comme renvoyer les diplomates français d’Israël, fermer le consulat de Jérusalem ou bien déposséder la France de son « Tombeau des Rois » !Le ping-pong puant s’est poursuivi : Macron a répondu alors que fermer le consulat de France à Jérusalem serait une « faute grave », na ! « On ne restera jamais inertes »… C’est lui qui dit ça ? Lui, le plus inerte des sous-hommes ! Quoi qu’il en soit, l’an juif a été gâché, ç’a été Roch Hachanase… Pour les pratiquants de la communauté de la Mauvaise Foi, le quart de pomme dans le pot de miel leur est resté en travers de la gorge. Reconnaître la Palestine, même pour des nèfles, c’est soudain le pire acte antisémite de tous les temps ! Les prépuces nous en sont tombés des glands, à nous autres, les « antisémites » (Saint-Louis, Luther, Voltaire, Shakespeare, Drumont, Urbain Gohier, Giraudoux, Heidegger, Ezra Pound, Céline…) ! On croyait être au top, bien placés, chacun notre tour selon les époques, sur le podium, et non : Macron nous a coiffés au poteau, c’est lui aujourd’hui, le plus antijuif du monde entier !

Paul Amar : un morceau de chair morte que le docteur Frankenstein n’a pas pu coudre aux autres dans la fabrication de sa créature, et qu’il a jeté avec mépris dans un bocal plein d’huile d’olive.

La métisse judéo-gambienne Rachel Khan a été athlète, actrice (elle a joué dans la série 10 %), écrivaine, conseillère politique, juriste, et maintenant chroniqueuse sur CNews, mais c’est avant tout une ordure sionistissime qui pleure crocodilesquement parce que Macron vient de  reconnaître la Palestine ! et qu’elle pense avec douleur aux « roquettes » qui s’abattent sur Israël !… Elle ressemble trop à une salade frisée trempée dans des règles de hyène tachetée.

La littérature n’est vivante que lorsque des écrivains s’en occupent, c’est eux qui la font vivre en la faisant et en la refaisant ; ils la rendent à chaque fois nouvelle. On a presque envie de dire que seuls les écrivains ont le droit de se lire entre eux, car ils savent rendre un texte vivant en le lisant. Les amateurs de livres, eux, le tuent à petit feu en y injectant leur petit venin de non-écrivains, de « seulement » lecteurs. Les lecteurs se croient vivants parce qu’ils lisent… Au contraire, ce qui caractérise le lecteur non-écrivain, c’est qu’il semble n’avoir jamais rien lu, il se gargarise de fausses valeurs, il se branle sur des sous-produits alors qu’il prétend savoir lire ! Lecteurs, libraires, bibliothécaires, bibliophiles, éditeurs, critiques, journalistes, fans, blogueurs, commentateurs sont forcément du côté de la mort et la plupart sont déjà des morts de naissance puisqu’ils se retournent vers la littérature pour essayer de renaître, et souvent ils ont été tués par la puissance de vitalité de la littérature elle-même ! Ils croient honorer les vrais livres de leur regard de lecteur, un sale regard de serpent, de reptile visqueux à souhait, boa et python mélangés qui, pour les étouffer, s’entortillent autour des grandes œuvres de ceux qui y ont mis leur vie pour les rendre vivantes à jamais, et qui pour beaucoup en sont morts.

« C’est très dur, la vie sans Thierry, mais j’ai la chance d’être bien entourée » dit la veuve d’Ardisson Audrey Crespo-Mara, sans honte, chez sa copine Léa Salamé… Mais la vie de Thierry sans Thierry, est-ce que ce n’est pas plus dur ? Surtout que lui, il n’est pas du tout « entouré », il est seul, au fond de sa vieille tombe à la con second empire Napoléon III, à Ménerbes, en train de pourrir… On ne bouge pas pendant la décomposition !

Toutes les droites passent leur temps à critiquer la Justice pour son laxisme mais elles la trouvent trop sévère lorsque leur Sarkozy chéri est condamné à 5 ans de prison. C’est entendu, les juges (surtout les femmes) sont dégueulasses, mais Sarkozy lui aussi a été dégueulasse : on ne laisse pas lyncher un adversaire déjà à terre impunément. Je suis absolument certain que la prison n’est pas la bonne manière de punir les gens, mais il faut d’une certaine façon que Sarkozy paye le fait d’avoir provoqué le lynchage de Kadhafi en 2011. La condamnation de Sarkozy, c’est la vengeance de Kadhafi. Ésotériquement, il est évident que le fantôme du guide suprême de Tripoli a payé les magistrats du TGI de Paris pour que Sarkozy finisse en taule !… Pour les conspis, c’est pour faire taire Kadhafi sur le financement occulte de sa campagne de 2007 que Sarkozy (poussé par BHL) l’a fait exécuter à Syrte en 2011… Mais non, même pas, c’est par pure fanfaronnade et forfanterie que Sarko a suivi Bernard-Henri Lynchy dans sa croisade anti-Kadhaf’ (j’explique tout ça dans Les Porcs 2). En revanche, que toute la bande de Guéant/Hortefeux et Sarko ait au moins tenté de se faire financer en douce par Mouammar semble assez prouvé ; il y avait bien une raison pour laquelle Sarkozy, une fois élu, a reçu en grand pompeur Kadhafi à Paris, en décembre 2007… Et puisqu’on parle de suceuse, on a vu Carla Bruni, tout sourire, dans le hall du Tribunal, à la fin de l’interview tendue de son pauvre mari qui se dreyfusait à vue d’œil et qui tirait une gueule de pré-bagnard, enlever élégamment le capuchon en mousse du micro de Mediapart comme si elle retirait le préservatif du gland d’Edwy Plenel qui, pendant quinze ans, a bourré sans risque le sexe juteux de la Justice, mais ça ne changera rien…

Hosannabe ! Ça y est ! Mon nouveau Nabe’s News, 34, est enfin paru, après deux ans de creusage, labourage, vérifications, corrections, enrichissements, coupes, choix, douleurs, mais le voilà ! On n’a pas fini d’en parler, je crois, mais pour l’instant : zéro. Les réactions ? Aucune ou quasiment aucune, comme d’habitude… Les fans ne parlent que d’eux-mêmes et s’il y en a un qui a eu le bonheur de participer au numéro, il ne voit que lui dans tout l’ensemble et il fait sa pub… L’aveuglement narcissique est garanti. C’est une loi, et Eugène Labiche avant moi l’avait dégagée dans sa connaissance de l’âme humaine : plus vous êtes généreux, plus vous récoltez de l’ingratitude. Ou alors, il y a aussi la non-réaction mais démonstrative : le lecteur est tellement assommé par la puissance (disons-le) du Nabe’s News qu’il ne sait pas quoi dire, il baisse les yeux, garde le silence pour alimenter le malentendu : est-ce du mépris ou de l’admiration ? Non, c’est de la rétention d’admiration… Entre parenthèses, un truc bien catholique que ces hypocrites de cathos ont mis sur le dos des protestants qui sont exactement le contraire : aucune rétention, contrairement à ce qu’on pense, et encore moins d’admiration ou d’amour chez les protestants : il suffit d’une seule piqûre d’épingle sur leur être gonflé de trésors et ce ne sont que des flots d’audace émotionnelle qui jaillissent et qui vous noient. Revoyez quelques Douglas Sirk et vous m’en direz des nouvelles ! Enfin, il y a les autres lecteurs, les plus nombreux, à double face, comme des mi-cuits : une partie admirateur ; une autre, détracteur. Ils ont été surpris et blessés par l’arrivée incongrue de ce NN de 500 pages de textes et d’illustrations, comme m’a textoté excellemment mon webmaster : « C’est hyper intéressant mine de rien… ça veut dire qu’ils t’enterrent en fait… ils croient que ça y est, que t’es fini… je suis sûr qu’ils se disent ‘‘maintenant il fait plus que sa feuille de deux pages’’ Et là, blam, tout ! le monument qui débarque ! avec des textes immenses ! Tu les tues ! Sur Matzneff, Depardieu et Sollers, sur Londres : ils sont foutus. Ils l’étaient déjà, mais là, au travers de NN, ils le voient. »

Bravo ! C’est exactement ça ; la preuve : une réaction quand même notable et qui mérite ici un paragraphe au sujet d’un gros connard du nom, ou plutôt du pseudonyme, de « Pierre Cormary », déjà chouchou négatif d’alainzannini.com et de Nabe’s News depuis presque vingt ans ! et qui oscille en permanence entre adoration et détestation envers (dans le fruit ?) ma pomme de haine… Je ne vais pas répéter tout ce que j’ai pensé et écrit sur lui, il y a de petits bijoux pleins de sa merde que j’ai exposés dans plusieurs Nabe’s News… Dans le dernier, c’est vrai, impossible de m’empêcher d’en remettre une couche, à cette fécale, anale, rectale pourriture de fan odieux au mauvais goût gerbant… Quand il a découvert ce nouvel article d’humiliation méritée, le Cormary a beaucoup souffert mais comme c’est un orgueilleux, il a transformé ça auprès de ses petits copains facebookoïdes en fair-play amusé, me prenant de haut et se moquant des moqueries, tout en se trahissant à bien des petits coins de sa prose inepte. « C’est ça ou mourir… », me direz-vous, ou maigrir plutôt, car cet ancien obèse portera toujours le poids de ses kilos perdus, parce qu’ils viennent directement de sa bêtise et de sa saloperie intrinsèques et ne partiront jamais… Pourquoi « saloperie » ? Parce que Cormary était tellement mal après la sortie de ce Nabe’s News que dès le lendemain, il a fait une parano croyant que c’était moi qui avais « restreint » son compte pour qu’il n’accède pas à d’anciens numéros par lui achetés ! À un tiers (dans un drôle d’état), il s’est plaint que je l’avais escroqué, que j’étais un voleur et un « pauvre type » qui se vengeait ainsi d’avoir été blessé par sa réponse à lui ! C’est le monstre à l’envers ! Je veux bien être accusé mais pour des choses que j’ai faites. Non seulement cet imbécile n’a pas pensé une seule seconde que ça pouvait venir d’un bug ou plus réalistement de son incapacité à lui, quinquagénaire cafouilleux et brouillon, de savoir se servir de son ordi, mais cela montre une fois de plus que ceux qui croient me connaître sont dépourvus de sens psychologique et de perspicacité littéraire : quand on m’a lu, et encore plus quand on m’a rencontré, on ne peut pas croire que je sois capable de telles mesquineries (en dehors du fait que je suis moi-même incapable de manipuler personnellement toutes ces machines numériques !). Mon cher webmaster, encore lui ! est formel : c’est Cormary lui-même qui n’a pas su regarder au bon endroit (section « Mes numéros ») pour retrouver ses numéros payés… 25 ans de fréquentation littéraire de mes livres et de surveillance sournoise de mes écrits (mais aussi de plagiats) pour en arriver à me croire aussi minable que lui, voilà le résultat. Encore du Labiche en live : le bourgeois projette toujours sur les autres ses propres travers : c’est lui qui aurait réagi comme ça si on l’avait attaqué, c’est-à-dire en « restreignant » un compte et « en reprenant sa vente », comme il dit… La mesquinerie, ça le connait : monsieur — tenez-vous bien — s’était abonné à La Feuille nabienne, un abonnement au nom de « Pierre-Antoine Rey » (son vrai nom aussi merdique que son pseudo), 4 feuilles (un mois) souscrit le jour de la sortie de la Feuille n° 1 (6 janvier), reconduit automatiquement le 6 février, et annulé le 18 février… Il n’a donc eu accès qu’aux 8 premières feuilles ! Ce gras radin s’est « lassé » très vite, a-t-il osé dire… Se désabonner de La Feuille nabienne ! Il n’y a que dans La Feuille nabienne qu’on peut apprendre que de telles grossièretés se pratiquent sur cette Terre !… Bref, une fois que Cormary a réussi involontairement à retrouver ses Nabe’s News, il a lâchement effacé son post diffamant sur son Facebook où il me soupçonnait et m’insultait, mais le mal était fait, grosse merde que tu es ! et au fond de sa viande de conspi sur les bords, je suis persuadé qu’il pense encore que c’est moi qui ai coupé son canal spermatique à mes écrits, autant dire à sa jouissance… Car il en a besoin, ce maso nase ! Le plus fort, c’est que ce rien qui me doit presque tout, ce Cormarien, ce Trollmary, croit que je vais en rester là ! « Affaire close » a-t-il dit (rires).

Claudia Cardinale. Première, dernière et seule vision d’elle, gare de Lyon, en 2012, dans cette très longue et courbée file indienne de clampins (dont elle et moi) attendant des taxis dehors sous le drap de velours de la nuit… Je ne l’ai pas reconnue tout de suite ; dans la foule, on a été 2, 3 maximum à l’identifier : Claudia ! À deux mètres, contente et souriante d’avoir été gaulée, mais plus très bien gaulée, ça se devinait sous ses nippes et ses bijoux… Grandes lunettes fumées, belle tête encore mais mamie momifiée quand même, voûtée, petite, flétrie : elle devait avoir 74 ans, et rien à voir avec la prestance, le maintien intact, la grâce de Brigitte Bardot au même âge, et à un autre encore, plus avancé.

J’essaie d’imaginer les mécanismes du sentiment, de la sensation ou de l’ensemble de sensations qu’éprouve une personne en train d’être scandalisée. Eh bien, il me semble que pour un ensemble de gens bien déterminé, il s’agit avant tout de la douleur qu’ils éprouvent de ne pas faire ce que font les personnages qui les scandalisent.

Pier Paolo Pasolini

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°38 – 22 septembre 2025

C’est en vivant avec elle que j’ai véritablement appris à vivre seul.

Beaucoup sont attachés à leur enfance alors que c’est l’époque de leur vie où ils se sont fait le plus baiser par les autres, c’est-à-dire par leurs parents.

« Investissez dans tout ce que vous faites. Il y a du plaisir à être sérieux. » — John Coltrane.

La démocratie n’est qu’une pâle Terreur. 

Dans ses Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand traite Marat d’« embryon suisse » et de « Caligula de carrefour ». Il en veut à Chénier d’avoir fait son apothéose. Et Camille Desmoulins, pour lui, c’est un « Cicéron bègue », un « diseur de gaudrioles de cimetière qui déclara qu’aux massacres de septembre, tout s’était passé avec ordre ». Fouché, « il avait l’air d’une hyène habillée ». Danton, un « Hun à taille de Goth »… Il était bon, ce Chateaub’, quand même !

J’aime plus Herman Melville que Jean-Pierre Melville, je veux dire plus que Jean-Pierre Melville n’aimait Melville. C’est quoi ça, d’aller piquer le nom d’un grand écrivain pour en faire son pseudonyme de cinéaste quand on s’appelle Grumbach ? 

Les gens sont quasiment tous des pièces basses de plafond et fermées de l’intérieur. 

Un aimatome. 

Laforgue allait aux Mardis de Mallarmé.

« Si tu comprenais tout ce que je dis, tu serais moi. » — Miles Davis.

Même Cohen. « 10 % de la population tuée ou blessée, 200 000 personnes. Il faut remarquer que ça correspond à peu près au bilan du Hamas qui a longtemps été contesté par les autorités israéliennes, mais on retrouve à peu près ça :  65 000 morts dit le Hamas, et 160 000 blessés. On retrouve à peu près le chiffre donné par l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Herzi Halevi. » Patrick Cohen (C à vous, 16/09/25).

Plus les sionistes sont indéfendables (« Gaza-ville, dont l’armée israélienne veut maintenant s’emparer, est la plus grande agglomération de l’enclave : un million d’habitants dont environ les deux-tiers, c’est-à-dire 700 000 personnes selon des estimations concordantes, se trouvent désormais sous les bombes. En réalité, le projet Netanyahou est bien l’écrasement complet du territoire, la destruction systématique de tout ce qui le rend encore habitable, l’occupation totale de la bande de Gaza et le déplacement forcé de milliers de personnes qui fuient l’offensive aérienne et terrestre baptisée “Chars de Gédéon II” »), plus ils attaquent : « L’Observatoire Juif de France (OJF) a déposé une plainte (loi 1881) avec constitution de partie civile à la suite d’une vidéo publiée sur TikTok par le compte @nabemarcedouard, dans laquelle sont proférés des propos visant, par des termes biologisants et essentialisants (« atavique », « héréditaire »), le peuple israélien et, par métonymie, les Juifs, et appelant à « passer aux actes » pour isoler Israël. Pour l’OJF, ces déclarations dépassent de très loin la critique politique d’un État : elles qualifient de manière globale et héréditaire l’« ignominie » d’un peuple présenté comme « soi-disant », et appellent à des actions de nature à attiser la haine et la discrimination. La plainte vise notamment la provocation publique à la haine (art. 24, al. 7), l’injure publique à caractère antisémite (art. 33, al. 3) et, à titre subsidiaire, la diffamation à caractère raciste (art. 32, al. 2) de la loi du 29 juillet 1881. Elle sollicite également le retrait de la vidéo et la publication judiciaire de la décision. Fidèle à sa mission, l’OJF n’exerce pas une action politique mais défend le droit et la dignité des personnes visées par la haine. Lorsque nécessaire, il s’appuie sur des analyses de droit international et travaille avec des spécialistes afin d’éclairer le débat public, dans le respect de la liberté d’expression et de ses limites légales. ».

Si vous voulez vraiment avoir peur, il suffit de lire ou de voir des interviews de veuves de grands artistes qui parlent de leur mari défunt. Là, l’horreur mâtinée d’une immense déception vous secouera d’effroi, à faire trembler les étoiles ! 99% des femmes d’artistes n’ont non seulement absolument rien compris de l’art et de la personne de leur célèbre époux, mais surtout, n’en ont strictement rien à dire ; malgré leurs grands airs et leurs petites larmes, elles sont incapables de décocher un mini-truc intéressant… Je ne connais que deux exceptions : Lucette Destouches bien sûr, et Hélène Kazantzakis ; tous les propos des autres veuves, même pas joyeuses, sont à jeter… Ça promet ! Pour ma part, je ne vois qu’une seule ex-femme, sur la bonne dizaine qui ont passé une plus ou moins longue période à mes côtés, qui serait capable d’aligner deux mots cohérents. 

J’ai trouvé un nouveau fils qui s’est fait bien enculer par son père, et pas qu’un peu ! À ranger avec les Frédéric Dutourd, Franck Fernandel, Anthony Delon, Paul Belmondo, Sagamore, Salomé, Robinson, Pierre Stévenin et tous les autres baisés par papa… Jean Veber, le fils de Francis Veber, le scénariste-cinéaste à succès !… Jean est vraiment le con du Dîner de cons de son con de père, et en guise de dîner, il organise des podcasts sur YouTube pour analyser des films français plutôt de seconde zone, et à chaque fois il invite son père pour l’aider à décortiquer le nanard avec d’autres invités nuls ou crados dont le gros présentateur de TF1 Bruce Toussaint (de l’Île de Ré) et le directeur de l’horrible revue infantilement snob Schnock, qui gagnait sa croûte en faisant des dialogues pour Scènes de ménages… Jean Veber, le fils (de soixante ans quand même), est tellement en vénération devant son père qu’il lui donne toujours le beau rôle, et le vieux Veber s’attribue tout, ramène tout à lui ; la moindre anecdote sur quelqu’un, c’est un prétexte pour dire que ce quelqu’un le trouvait formidable, etc., etc. Jean s’est bien fait avoir lui aussi ; il n’est finalement que le porte-micro de son vieux père qui continue à frimer, qui a tout connu, qui a tout compris ! Jean laisse partir son daron en digressions pénibles qui cassent tout l’élan et où on sent la jalousie dès qu’il y a un compliment qui flotte dans l’air pour un autre film ou un autre metteur en scène que lui… Quant aux analyses cinématographiques, évidemment, ça n’a aucun intérêt : ce ne sont que des anecdotes de tournage ou sur les réalisateurs ou sur les acteurs, des détails sur le casting, des bons mots, des private jokes, de la culture cinéphilique bas de gamme ; bref : rien sur le fond ni sur l’aspect technique des films. Jamais. 

L’Éveil de la Glèbe. La particularité du protestantisme, et ça se voit très bien dans les romans d’Hamsun, c’est que l’émotion n’est jamais exprimée par les mots mais par des gestes, par des actes. C’est là où c’est le plus émouvant et le plus émotif, à la fois pour les personnages et pour les lecteurs. Les scènes dites cruciales, charnières romanesquement, sont exécutées, expédiées comme des formalités. Le truc d’Hamsun, c’est de passer vite ou même d’occulter les choses déterminantes dans le scénario. Un art de l’ellipse incroyable, cinématographique. Par exemple, la naissance d’un enfant passe en une demi-phrase. Aucune importance. C’est pas ça qui compte. Ce qui compte, c’est de décrire la situation par des positionnements de corps, et quelques paroles qui les relancent dans l’espace, mais c’est tout. Quand l’héroïne Inger va en prison pour avoir étranglé sa fille qui avait, comme elle, un bec de lièvre – elle a quand même tué un enfant, son enfant ! –, son mari Isak ne lui en veut absolument pas, il n’a aucune remontrance qui lui vient. Elle part en prison pour cinq ans, sans aucun problème. Et ces cinq années sont occupées dans l’espace du roman par des pages où on voit Isak élever tout seul les deux enfants qu’il a eus d’elle avant. Sans histoire, ils grandissent et on ne sait pas ce que ces deux garçons ont fait entre zéro et douze ans. Isak apprend, vaguement, qu’en prison, neuf mois après son arrestation, Inger a eu un autre enfant de lui, une fille, qui n’est pas défigurée, elle, mais il n’est même pas question pour Isak d’aller la voir, c’est trop loin, et on glisse sur le fait qu’Inger s’est fait opérer de son propre bec de lièvre. Tout tourne autour du bec de lièvre. Toutes les scènes s’enchaînent, nourries de discussions pragmatiques, au sujet de l’organisation pratique et concrète de la ferme avec les animaux, la construction des bâtiments ; tout ça est détaillé, fouillé, mis en valeur pour arriver au moment où Isak retrouve Inger. Il va la chercher au bateau. Pas besoin de mots ni d’émotions soulignées. D’abord, elle ne le reconnaît pas, parce qu’il a coupé sa longue barbe, il s’est fait beau, et, surtout, lui ne la reconnaît pas puisque, ça y est, elle n’a plus de bec de lièvre, et elle a été transformée par la prison. Il fait connaissance avec sa fille, la petite Léopoldine, qui a cinq ans, et qui évidemment ne connaît pas son père. Et, mieux que ça : les deux fils, quand ils la voient arriver chez eux, non seulement ne reconnaissent pas leur mère puisqu’elle est partie il y a trop longtemps et qu’elle n’a plus de bec de lièvre, mais ils ne connaissent bien sûr pas non plus leur petite sœur, et, comble du tout, ils ne reconnaissent pas leur père, parce qu’il s’est rasé la barbe juste avant d’aller au débarcadère ! Eleseus et Sivert sont donc présentés comme des enfants qui ne reconnaissent pas leurs parents, ni leur sœur… Ce moment de flottement, presque comique, n’est pas expliqué, mais montré. La vie reprend et chaque geste démontre l’attention et l’amour qu’il y a entre eux. Le présent ignore le remords mais pas le regret : de sa première petite fille qu’elle avait tuée, Inger dit : « J’ai été stupide ! Nous aurions pu la faire opérer de son bec de lièvre. Je n’avais pas besoin de l’étrangler. » Beaucoup de rapprochements à faire avec Ramuz. Alors que chez les écrivains catholiques ou juifs, ça aurait été de l’épanchement de ressenti, ici, rien de tel. Même au plus haut niveau (je dirais Proust et même Céline), l’écrivain s’épanche toujours et raconte ce qu’il ressent. L’émotion vient par le discours du narrateur. Là, chez Hamsun, il n’y a pas de narrateur, ou très peu, il fait des petites réflexions de son propre cru pour décrire physiquement ou psychologiquement tel ou tel personnage, mais c’est succinct : « ce sauvage », « ah, le lourdaud vaniteux », voilà, c’est tout, sinon, tout est dans l’action. Ça, c’est un roman !

Toutes ces choses, évidemment, passent très au-dessus des têtes molles du monde des Lettres contemporaines. Il suffit d’écouter les auteurs de la grotesque rentrée littéraire parler de leur « roman » chez le tantouzard Trapenard… Il y avait longtemps que je n’avais vu quelque chose d’aussi dégoûtant que les sœurs Berest dans leur numéro de duettistes bien huilé au pathos visqueux (alors qu’en vrai, elles ne peuvent pas se piffer)… Claire, la tatouée suicidaire, racontait que lorsqu’elle avait téléphoné à Anne, la grue judéo-entretenue, pour lui dire tout le bien qu’elle avait pensé de son nouveau roman, elle était tellement en larmes d’émotion et de cris sanglotants qu’Anne a cru que Claire allait lui annoncer un accident grave survenu dans la famille !… 

Ce lundi 22 septembre 2025, « Emmanuel Macron va reconnaître la Palestine ». Ça va leur faire une belle jambe arrachée, aux Gazouis ! Encore un coup de symbole dans le concert cacophonique des nations ! Car la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et la Belgique vont se ranger aussi, paraît-il, dans le groupe de reconnaisseurs officiels. Ça va se passer à l’ONU à New York… Ça ne servira à rien, et ce n’est pas cela qui marquera ni la création de la Palestine ni l’arrêt des bombardements de Netanyahou. Tollé-Bohu chez les Juifs français qui sont à deux doigts dans le nez de dénoncer Macron comme un vilain antisémite parce qu’il ne tient pas compte de la remise des otages et du démantèlement du Hamas comme conditions sinaï qua non pour qu’un État palestinien existe et prenne racine dans la terre promise !… Il y a même une vingtaine de petites pourritures qui ont signé une pétition dans Le Figaro pour contester la macronnerie. La liste ne surprendra personne : parmi les people, que des étants concernés, de Yonathan Arfi à Haïm Korsia, d’Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg à Bernard-Henri Lévy et Raphaël Enthoven, d’Arthur à Joann Sfar… Seul un être surnage, un étron plutôt, comme en flottaison à la surface d’un chiotte bouché dont l’eau a remonté jusqu’à la cuvette : le très mauvais acteur Philippe Torreton, le goy de service, tellement con qu’il aurait pu avantageusement jouer dans Le Dîner de cons, et qui se retrouve désormais à ce dîner de salauds… 

Je ne veux pas produire une œuvre d’art devant laquelle les gens du public peuvent s’asseoir et la sucer esthétiquement…. Je veux leur donner un coup dans le bas du dos, pour brûler leur indifférence, pour effrayer leur complaisance.

Ingmar Bergman

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°37 – 15 septembre 2025

Iryna. Sans doute la vision la plus violemment douce de la mort qu’il aura été donné de voir. Grâce à la vidéo de surveillance, on a vu Iryna se vider de sa vie ou la Vie se vider d’Iryna (au choix), sans un cri, sans un sursaut de révolte ; on a assisté à la fonte de son existence, comme à celle d’un glacier, en plus lent encore… Iryna l’Ukrainienne est morte après qu’un fumier de Noir de merde, coiffé pseudo-reggae, en sweat orange à capuche, l’a égorgée comme une fouine se jette sur une poulette, et par derrière. Le monde entier a vu la scène : une jeune femme blonde à casquette et lunettes, le nez dans son téléphone, monte dans la rame d’un métro à Charlotte en Caroline du Nord (la patrie de Thomas Wolfe, au passage, grand raciste, et le seul, avec moi, qui aurait pu écrire un paragraphe consistant sur ce fait divers). Elle choisit, hélas, une place libre dans une section occupée que par des Noirs, six, une grosse femme triturant son iPhone, deux types au fond, deux autres plus près (tous inertes) et… son futur assassin juste dans son dos… Iryna s’assoit sur le siège devant le sien. Dès qu’il la voit, ce pourri a la vision de lui en train de la tuer (on peut la remarquer passer dans ses yeux), ça lui vient comme ça, comme un nuage de haine arrivant de très loin, du fin fond de sa race d’opprimé depuis des dizaines et des dizaines de générations jusqu’à l’avoir rendu fou. Il se met la tête dans la main, il rumine, il gamberge ; elle enlève ses lunettes ; d’autres passagers montent ; il fait des gestes bizarres mais elle ne s’aperçoit de rien. Pendant les quatre longues minutes au terme desquelles il va se décider, le Noir revoit des monticules et des monticules de cadavres de ses ancêtres sacrifiés par le Pouvoir blanc, et la plupart des Blancs qu’il a croisés sont des gros beaufs très laids, alors qu’ici, il a un ange devant lui qui lui est descendu du ciel ! Une belle fille translucide, l’innocente parfaite pour payer les crimes de tous les coupables avec qui pourtant cette Russe, pardon, cette Ukrainienne n’a rien à voir… Oui, la victime des Blancs en général va devenir le bourreau d’une Blanche en particulier ! Il sort son canif, il le déploie, soupire une dernière fois car il sait qu’il va le faire, il sait qu’il ne peut pas ne pas le faire ; il se lève, surgit derrière elle et brandit sa lame. C’est là que le film se fige, stoppé net en plein geste du Noir ! Arrêt sur image ! Dommage, car en entier, la vidéo dure 7 min 32, et il faut la voir pour en parler. Et même, la version intégrale fait 18 min 17 et là, on peut observer le Noir tout seul assis, attendant sa proie sans le savoir dans un fantastique prologue ! Les comptes X, TikTok, Instagram, Facebook ont donc coupé à l’instant où l’assassin va frapper, par pudeur, pour ne pas montrer ce qui pourtant doit être vu : le Noir qui surgit derrière elle et qui la plante trois fois à la vitesse de l’éclair, les très rapides et précis coups de couteau que le schizonègre a portés dans le cou d’Iryna, en plein dans l’artère, comme trois coups de théâtre qui clôtureraient une pièce plutôt que de l’ouvrir. D’ailleurs, il y en a eu, des poignards au théâtre, et à l’opéra ! Tout Shakespeare en est plein : Juliette, Othello, Sebastian, Jules César, etc., et la Tosca de Puccini… Je vous le dis, beaucoup de théâtre dans cette scène, et même de théâtre japonais, je dirais, car tout s’est fait dans la vitesse de la stupéfaction, suivie d’une angoissante lenteur. Quant à la tête d’Iryna, coite d’horreur lorsqu’elle regarde le Noir lui avoir fait ça, elle appartiendra pour toujours au monde de l’expressionnisme dans le cinéma muet… Le poignardeur s’en va alors très calmement, son couteau à la main qui goutte sur le sol, il fait du plancher du métro une toile de Pollock, puis va s’enlever son putain de sweat orange qui était comme son armure de sacrificateur (ça lui a donné chaud tout ça, au pauvre chéri !), et va errer dans le couloir du métro en maugréant « I got that white girl » (« j’ai eu cette fille blanche »), avant de descendre à la prochaine station et de se faire arrêter. Decarlos Brown Jr., 34 ans, SDF psychiatrisé, 5 ans de prison, 14 condamnations au compteur, et désormais une seule damnation… Ah, il peut être fier de lui, ce salaud, mais plus salauds encore sont les autres Noirs, ses frères (mon cul !), qui étaient assis autour de la jeune fille et qui n’ont pas bougé un doigt, ni une oreille, ni une couille, qui ne la regardaient même pas en train de crever (indifférence ? lâcheté ? non : incuriosité surtout, l’un des pires fléaux du siècle), car elle crève et ils ne l’ont pas vu. Comme quoi, encore une fois, les films et même les romans, tout ce qui est fiction, est bien loin derrière la réalité quand il s’agit de mort. La vraie mort, c’est celle-là : une mort lente, langoureuse presque… Iryna n’est pas morte sur le coup mais dans le cou. Tout ça sur fond sonore de métro qui roule à fond, avec les tintements flippants des annonces dignes du plus sinistre des monitorings. L’Ukrainienne n’a pas bougé, il y a juste sa casquette qui est tombée sur le siège à côté d’elle, et elle a recroquevillé ses jambes contre le panneau face à son siège pour appuyer ses pieds, se remettant instinctivement dans une position fœtale qui ne préfigurait rien de bon… Toujours son téléphone dans une main, elle se plaque l’autre sur la bouche comme si elle n’y croyait pas, comme si elle venait d’assister à une autre scène qui ne la concernait pas et qui l’avait choquée : elle passe rapidement ses doigts sur son cou qui commence à pisser le sang, et derrière son oreille aussi, mais elle a du mal à admettre la réalité, pourtant elle est là : elle sait qu’elle va mourir, elle le comprend et personne ne peut l’aider. Toujours ses jambes repliées contre le panneau, Iryna pleure la tête dans ses mains, belle comme la Vierge d’une Pietà ou à la Salette. C’est une question de temps ; son temps c’est son sang qui va s’écouler dans la partie inférieure du sablier qui est sa mort… S’écouler très vite, d’ailleurs, car quelques secondes après, on la voit s’effondrer tout doucement sur son côté gauche, glisser entre la paroi et son siège et tomber, elle serre le poing, on ne la voit plus, elle disparaît, encore une fois comme au théâtre, dans les coulisses, derrière le rideau. Rideau ! Il faudrait même applaudir tellement c’est beau et tragique. Ensuite, c’est le sang frais d’Iryna qui passe par rigoles sous cette sorte de paravent, ruisseau de sang qui rappelle la célèbre phrase de Mallarmé sur la mort (vous êtes censés la savoir par cœur), rivière pourpre qui semble chercher un océan où se fondre et se noyer… C’est fini, en 2 minutes, Iryna Zarutska l’Ukrainienne de 23 ans est morte. C’était le 22 août 2025. Finalement, un passager du métro, un Noir, en tee-shirt kaki, arrive pour essayer de la secourir, puis un autre, et une fille blanche, et encore un autre. Ils se sont tous décidés à aller voir ce qui se passait mais c’est trop tard ; les mecs sont à plusieurs à essayer d’extraire son corps coincé comme un petit paquet entre la paroi et les sièges. Ils cherchent ses papiers, ses cartes dans ses poches, ils téléphonent, ça ne sert à rien, le sang continue à ruisseler, plus vivant qu’elle puisque lui, au moins, bouge ! Une fille s’en fout partout ! Ça y est, un Noir a réussi à sortir Iryna, il la tire de sa « cachette », elle a la bouche ouverte, le visage à moitié recouvert de sang, son front seul est resté immaculé, elle continue à dégouliner, un voyageur la soutient par la nuque, sa tête dodeline comme la corolle d’une fleur qui s’est fanée en un instant, ils la sortent à plusieurs dans l’allée, elle a le bras tordu, rouge, ils la couchent, ils la déposent, c’est une Déposition… Et sa casquette est toujours sur le siège, tombée à l’envers, béante comme une gueule ouverte. Fin. Épilogue ? Le père d’Iryna s’est vu signifier l’interdiction absolue de quitter le territoire ukrainien pour venir en Caroline du Nord assister à l’enterrement de sa fille parce que Monsieur Zelensky veut l’envoyer au front se faire buter contre les Russes ! Iryna Zarutska a trouvé la mort alors qu’elle rentrait chez elle, un soir, après avoir travaillé dans une pizzeria. Dire qu’elle avait fui l’Ukraine pour échapper à la guerre, et qu’elle s’était installée en Amérique où le Destin l’avait suivie, comme un petit chien pas mignon du tout, très méchant. Couché, Destin !  

Cohen. Ils découvrent la saloperie de Patrick Cohen ! Ce pourtant anti-complotiste convaincu (qui a été parfait à l’époque du Covid) vient de se faire gauler en train de comploter contre Rachida Dati avec son copain Thomas Legrand (ah, le petit Legrand et le gras Cohen !) en compagnie d’apparatchiks du PS, et toute une partie de la classe médiatico-politique se soulève… Ceux qui se scandalisent de la « proximité » de Cohen avec des cadres de gauche, alors qu’eux-mêmes traficotent toute la journée avec des cadres de droite, dénoncent Patrick Cohen en tant que sectaire censeur agent sous-marin du parti socialiste, mais quand en 2013 (il y a douze ans !), il avait désigné à la vindicte punitive — et au nom de sa conception du journalisme (sic) — un quarteron (je fais exprès la faute de de Gaulle… ) de « cerveaux malades » (dans sa bouche, « malades », ça voulait dire antisémites), ça n’a ému personne ! À part Daniel Schneidermann qui s’était fendu d’un article La Liste de Patrick Cohen, qui d’ailleurs lui coûtera cher et lui coûte encore, personne n’a protesté contre l’autoritarisme au bras long de Cohen parce qu’au fond, tous partageaient le Patrick’s verdict sur les « sick brains ». « Raus ! » Où est la morale, où est le tact, comme disait Romy Schneider ? Bien sûr, Cohen est méprisable, mais ses adversaires le sont tout autant et peut-être plus. Vous ne verrez pas un seul « outré » aujourd’hui rappeler un des plus grands forfaits de « Patoche » : avoir réussi à chasser des petits écrans Dieudonné, Soral, Ramadan et moi. Au contraire : tous se sont bien gardés de donner tort à Cohen en nous réintégrant dans le débat public. Voilà pourquoi ils n’ont rien à dire aujourd’hui contre Cohen ; ce sont les mêmes, et voilà pourquoi ils doivent crever !

Kirk. Les cous sont beaucoup visés en ce moment. Après celui d’Iryna Zarutska l’Ukrainienne, celui de Charlie Kirk le Yankee (attention, Charlie, pas Roland, Kirk : l’un était un Noir jazzman multi-saxophoniste génial ; l’autre un demi-golmon blancot qui aveuglait les autres !). En effet, Charlie Kirk était un trentenaire militant trumpiste influenceur conservateur qui, lors d’un meeting, après avoir distribué des casquettes, sur le campus de l’Université d’Utah, s’est pris une balle en pleine jugulaire. Il répondait à une dernière question de son public (sur les armes à feu !) et on a vu sa tête tressaillir et son tee-shirt blanc marqué « freedom » s’imbiber soudain de rouge. Le cou s’est troué, le sang a giclé, il s’est affaissé sur le côté, il était encore assis, mais c’était fini pour lui. Game over ! Un type avait tiré du toit d’un bâtiment, comme pour l’attentat de Trump (qui avait coûté à Donald vangoghiennement un bout d’oreille) mais en réussi, celui-ci. Affolement de circonstance, cris dans tous les sens, puis traque de l’auteur de ce crime politique, car rien de gratuit ici. Le grand lapin blanc antipathique Kirk s’est fait tirer frontalement parce que c’était une cible choisie pour des raisons idéologiques, contrairement à la petite volaille Zarutska qui s’est fait égorger par derrière pour rien (quoiqu’on va me dire que c’était aussi idéologique puisque le Noir du métro l’a tuée parce qu’elle était blanche). Très vite, on a accès à une vidéo de surveillance qui montre une silhouette en casquette se barrant en courant sur le toit du bloc qui était en face de la tribune où Kirk pérorait, et qui s’enfuit avec un sac à dos, puis saute de plusieurs mètres sur la pelouse en se foulant certainement la cheville puisqu’à partir de là, il boîte tout en marchant jusqu’au premier bois venu où il abandonnera l’arme et les cartouches (on a retrouvé trois douilles non tirées avec des slogans ironiques gravés dessus à l’intention de sa proie, si jamais il manquait son premier tir : « Bella ciao » « Hey, fasciste ! Prends ça », etc). « Ça te ressemble ! » dira le père du jeune homme en voyant la vidéo. Dans le mille, c’est son fils qui a commis cet acte ! On a dit que c’est son père qui l’a dénoncé à la police ; faux. En toute concertation, ils ont demandé son avis à un ami pasteur qui leur a conseillé de révéler au sheriff du comté de Washington que Tyler était bien le « meurtrier présumé »… Ça c’est magnifique, c’est protestant, car la raison principale de cette reddition n’est pas la rédemption, mais la crainte du père que son assassin de fils ne se fasse flinguer pendant l’arrestation, ce qui aurait certainement eu lieu, alors que se rendre lui laissait une dernière chance de vivre, même s’il allait être condamné à mort, ou bien passer tout le restant de sa vie en prison. La vie, la vie avant tout, chez les protestants, même chez les tueurs ! En effet, c’était bien lui, Tyler Robinson, 22 ans, un anti-Trump, anti-Kirk, un de « gauche », un pro-gays (n’est-il pas lui-même en couple avec un transgenre qui projetait de se faire transexuelle  ?… ). Gueule bien butée de prognathe à la Billy the Kid : Billy avait à peu près le même âge que Tyler quand il exerçait également ses talents de tireur du Far West en tant qu’outlaw lui aussi… Talents de tireur de Tyler, on peut le dire ! Entraîné régulièrement depuis l’enfance au stand de tir, Robinson, malgré ce qu’on a dit (c’est-à-dire que c’est très facile de parvenir à toucher sa cible quand on s’entraîne un peu dans un club) a quand même réussi un exploit, je suis désolé : sans trembler, à 180 m, avec une seule balle, atteignant directement le cou du con ! Chapeau ! « Pan ! » Pas « pan, pan, pan », comme Oswald en 1963 ! Tyler est plus fort que Lee Harvey qui a eu besoin de 3 balles pour atteindre la tête de J.F. Kennedy à Dallas, de son entrepôt de livres, à 80 m à peine du président… Trop fort, le Robinson, c’est du bon travail, propre, au fusil de chasse 30-06 Mauser… La grande tartufferie, c’est de dire que ce ne sont pas des manières, Kirk n’était qu’un débatteur qui ne faisait que remuer des idées, même si elles mijotaient comme de la merdasse dans une cocotte-minute qui ne pouvait qu’exploser, il ne méritait pas d’être tué, de cette façon en plus, on peut toujours discuter, lui-même prônait de laisser s’exprimer ses contradicteurs ; tu parles… Comme si un type pareil n’était pas déjà en soi un criminel ! C’est même lui faire honneur que de le considérer comme responsable de ce qu’il propagandait jusqu’à prendre le risque d’en mourir. La plupart des donneurs de leçons, et évidemment dans cette circonstance bien tous à droite, ne trouvent aucune excuse à Tyler de lui avoir mis une balle pour le faire taire et pour montrer à quel point l’influence de ce gros connard était néfaste ; ils essaient de le faire passer pour un simple « père de famille », un martyr conservateur. Le juge Fennec sur CNews : « C’est bouleversant, cette mort. Moi, ça me bouleverse, je sais pas vous, mais cette mort d’un homme de 31 ans, père de famille qui défendait ses idées et qui est abattu, ça m’a fait penser à Martin Luther King qui défendait ses idées, les droits civiques… Celui-ci défendait ses idées, les droits humains aussi, et il a été tué au vu au su de tout le monde, c’est vraiment dramatique. Charlie Kirk était un homme de paix, c’était un Martin Luther King de droite… » Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! comme dirait l’autre (moi)…Tous les bolloréens ânonnent en chœur que « Kirk méritait le respect », mais lui-même, a-t-il fait preuve du moindre respect en déversant depuis des années des tombereaux de saloperies ? Et je ne parle pas de son anti-wokisme que je peux partager, ni de son ras-le-bol de voir des immigrés déglingués partout qui ne savent pas se tenir, ou de son dégoût compréhensible pour les lobbies LGBT qui fabriquent des monstres hybrides errant entre deux ou trois sexes d’une façon à la fois grotesque et malsaine… Même sa défense de la légitime défense, de la peine de mort avec exécution publique et sa misogynie discriminatrice ne me choquent pas. Pas plus que son sionisme invétéré (qu’attendre d’autre d’un fan de Trump ?), ni son climatoscepticisme, ni son pro-poutinisme… Non ! Je ne parle pas non plus de sa croisade contre l’avortement (Pasolini aussi y était opposé), surtout que Kirk avait lancé une hypothèse particulière : il disait par exemple que si sa propre fille de 10 ans se faisait violer et qu’elle tombait enceinte, il ne la ferait pas avorter, ce qui n’est pas si scandaleux que ça je trouve : en effet, en dehors du principe chrétien de ne pas vouloir assassiner une vie, il y a celui de la curiosité tout à fait légitime de voir comment une mère va finir par s’attacher au fruit du crime qu’elle a subi ; c’est même plus cohérent et charitable d’autoriser l’enfant d’un couple violeur/violée à vivre que de vouloir absolument accueillir dans ce monde débile un trisomique détecté à l’échographie intra-utérinement… Mais ce serait l’objet d’une longue discussion… Bref, le péché principal de Kirk était évidemment le complotisme, et il allait loin dans ce sens… Un déni de réalité chevillé à son vieux corps gras et gris de 31 ans (on aurait dit qu’il en avait 54 !), une théorisation du complot tous azimuts, notamment sur le covid : on a banni Kirk de Twitter tellement il affirmait que l’hydroxychloroquine était à 100% efficace contre le virus ! Mais la pire faribole de Kirk, c’est qu’il a prétendu dernièrement que le 7-Octobre était un inside job, ou qu’il y a eu des traîtres dans le gouvernement de Netanyahou qui ont laissé perpétrer l’attentat du Hamas pour couvrir le projet du Grand Israël… Balivernes déjà entendues et qui vont s’incruster, comme pour le 11-Septembre, pour des lustres. Le plus fort, c’est que ça s’est retourné posthumément contre lui ! À conspi, conspi et demi… Fleurissent actuellement partout la thèse en carton bidon que Kirk aurait été un sioniste qui était en train de trahir Israël qu’il accusait d’avoir fomenté le 7-Octobre, et que c’est pour ça qu’il a été éliminé, ce qui ferait de Robinson un agent du Mossad ! Tyler Robinson agent israélien, n’importe quoi ! Ceux qui osent déblatérer cela sont ou des musulmans ou des catholiques, qui ne prennent pas en compte les protestantismes tout à fait différents des deux protagonistes puisque l’un (Kirk) était évangélique et l’autre (Robinson) était mormon. Pour Tyler-the-Kid, Dieu le Père, Jésus-Christ et le Saint-Esprit sont trois êtres distincts ; pour Charlie-the-Nazi, la Trinité existe, et pas qu’un peu. Le mormon a une mission (dans le cas de Tyler, une mission wokiste) et le salut par Jésus a besoin d’œuvres, d’actes (tuer quelqu’un en est-il un ?) ; pour l’évangélique, seule la foi suffit à l’élection (quitte à en crever). Amen.

Le monde ne sait rien, il accepte.

Knut Hamsun

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°36 – 08 septembre 2025

De l’eau dans le Gaza. Revoilà Rima Hassan, décidément une figure récurrente de cette Feuille nabienne (j’y peux rien !)… On dirait qu’elle le fait exprès, de tomber tous ses masques les uns après les autres : même ses partisans commencent à comprendre qu’elle ne connaît rien à rien et qu’elle se sert, pour des raisons obscurément pseudo-familiales, de la cause palestinienne pour se réaliser en tant que prétendante à l’ascension sociale, telle la première Rebeue venue… Après son entretien avec le vieux dragueur Schneidermann, elle a eu tort de passer à Thinkerview, pour une interview menée par un fouille-merde arrogant à la voix horrible et qui se cache sous le pseudonyme de « Sky ». À coups de « vos sources ? », il l’a traquée et mise plusieurs fois dans les cordes en montrant qu’elle ne maîtrisait aucun sujet, à part la Palestine, et encore ! Car Rima n’a rien à foutre des nouvelles flottilles, elle est pour un État binational, affirme que Jésus était palestinien… et ne sait pas ce que signifie « INRI » (sic) ! « Sky » se la joue gros malin mais il se vautre lui aussi en affirmant que Jésus était un Juif qui luttait contre l’Occupation de son pays, la Judée, par les Romains, et que c’est pour ça qu’ils l’ont crucifié… Miss Hassan n’a pas pu sortir un seul chiffre, un seul nom, une référence, une explication ; elle est restée stuck à chaque question. Hésitations, blancs, rires gênés, bottages en touche sur l’économie, le nucléaire, la politique, l’histoire, la religion même, je crois qu’elle en sait encore moins que Bouteldja !… En outre, cette crécelle scolaire de Rima Hassan a montré un goût de chiotte en matière de peinture, de littérature, de philosophie, de pensée, et de vêtements bien entendu ! Son vide est apparu là dans toute sa laideur bien qu’elle se soit pomponnée comme une Arabe embourgeoisée. Elle a même taclé Aymeric Caron au passage, l’accusant de déverser toute sa haine sur le seul Netanyahou alors qu’Israël est un paquet de saloperies depuis 1947 ; là, elle a raison mais c’est un peu tard de faire savoir que Caron est un déchet opportuniste, surtout quand ça vient d’elle qui n’est pas plus sincère. Cette bisbille est réjouissante : on a vu alors le vieux antispéciste pisser sur la pisseuse, et montrer ses crocs de loup empaillé, comme je l’avais qualifié ! Maintenant, lui aussi s’attaque à Rima, mais par orgueil… Plus grave : durant ces 3 h et demi de vidéo, elle n’a pas eu un mot pour Georges Ibrahim Abdallah (évidemment, elle se venge, la vexée)… Ses héros, ce sont Stéphane Hessel, Jean-Pierre Filiu, Ibrahim Souss, et Éric Hazan de « La Fabrique » (re-sic) !… Mais pire encore : sur cette chaîne Thinkerview (qui est un boulevard conspi), la députée écervelante n’a pas manqué de reprendre le bobard égyptien comme quoi Netanyahou était au courant du 7-Octobre imminent mais qu’il a laissé faire, et un autre (bobard), de David Guiraud cette fois, (voir La Feuille nabienne 23) selon lequel Israël financerait Daech sur place ! Oui, elle a osé ! Sale petite complotriste !

Allez, je suis mort ! D’accord, Abdelkader Dhibi était un enculé de sa race ; d’accord, c’était une pourriture camée qui avait le poignard facile et qui était en train de pointer tout le monde dans la rue à Marseille ; d’accord, il fallait stopper ce fumier hystérique en action, mais il n’empêche que son exécution reste quand même une exécution : on a vu la vidéo : ils sont quatre flics qui le visent avec leurs révolvers cours Belsunce, il passe sous la devanture rouge du restau « Istanbul City », sautille devant eux, se retourne, saute en l’air une dernière fois et leur hurle quelque chose avant qu’ils ne lui tirent dessus… Une sorte de suicide by cop en somme… Bravade ultime suivie des commentaires des badauds marseillais qui applaudissent (réellement) ; une femme dit même : « C’est bien fait, c’est bien fait. » Un autre lâche un « Fils de pute ! ». Un autre : « Bien, chef ! Bien, bien, chef, bien ! » Les flics viennent admirer par terre la dépouille de leur gibier souriant et les yeux bien ouverts sur le monde… Voilà, comme ça, pas de procès, pas de prison, pas d’asile psychiatrique, tout le monde est content et lui aussi, l’Abdelkader, qui savait qu’il était foutu, à 35 ans, après avoir fait toutes ses conneries… Tout ça parce qu’il n’avait pas payé sa chambre d’hôtel (une misère) à son logeur qui était aussi son employeur dans la boucherie où il travaillait et qui lui devait une paye (d’où l’énorme couteau « pro » qu’il avait encore à son poing lorsqu’il a été abattu)… Avec son instrument de travail, Dhibi est allé planter son colocataire qui, lui, n’avait pas été viré, le réceptionniste de l’hôtel Amira, puis le fils du gérant… Et il a aussi assommé avec une barre de fer le copain de celui-ci. On imagine comment tous ont dû lui parler, d’une façon bien dégueulasse, à devenir dingue, pour qu’il parte poignarder tous les complices, en quelque sorte, de cette société qui acceptent tout, ces esclaves qui traitent les plus esclaves qu’eux comme de la merde ! Au hasard, Abdelkader a asséné encore un coup de poing au visage d’un passant, puis a menacé un autre type dans un snack… C’est là que des Algériens du quartier (50 personnes a-t-on dit sans préciser que c’étaient des Arabes aussi) super racistes contre le Tun’ dangereux l’ont poursuivi et ont tenté de le neutraliser à l’aide de chaises, de bâtons, de pierres. Très biblique comme scène. Finalement, c’est les mecs de la Bac qui ont réglé le problème, en civil, avec leur petite banane en bandoulière et leur flingue bien pointé contre lui (ils avaient des tasers pourtant), formant une sorte de peloton d’exécution en marche, le nassant jusqu’à l’Istanbul City, son avant-dernière demeure… Bilan : Dhibi a blessé 5 personnes, mais n’a tué personne. Et lui, on n’a pas arrêté de le blesser pendant des années et il est mort. Bien sûr, Le Figaro veut faire passer ça pour un « attentat terroriste » (ne parlons pas de CNews), alors qu’il n’y a rien eu de terroriste là-dedans ; c’est une altercation qui a mal tourné. Mais comme le « psychopathe » était barbu touffu comme un djihadiste (sans que personne ne s’étonne plus que ça qu’un islamiste puisse être à la fois alcoolique, drogué et musulman !), Dhibi était bon pour coller au profil cliché du terro « idéal »… Le pire désinformateur, c’est le procureur de la République qui, sans avoir vérifié, a dit qu’Abdelkader avait crié « Allahou akbar ! » et que c’est ça qui a provoqué la riposte flingueuse des policiers présentés comme des héros ! Évidemment que non ! Il suffit de tendre l’oreille pour entendre distinctement un magnifique et noble « Allez, je suis mort ! » (dans le sens : « Régalez-vous, la police ! »), et pas du tout « Allahou akbar ! », mais ça les arrange tous de faire passer ce pauvre type humilié dans son boulot, dans son statut de Tunisien déraciné, d’apprenti boucher et de colocataire crado, pour un islamiste radicalisé. Pour une fois que c’est un vrai fait divers et pas du tout un attentat terroriste, les petits Blancs se précipitent pour le déformer encore ! Revoyez la vidéo ! Qui n’est pas choqué par cette scène n’a jamais lu Victor Hugo, ni Bloy, ni Dostoïevski, ni Bernanos, ni Céline…

En réponse à ceux qui trouvent incohérent d’être protestant en vivant dans un pays grec. Vous croyez que les grands Protestants, non seulement ignoraient, mais n’étaient pas inspiré par les puissances mythologiques de l’Antiquité grecque ? Certainement beaucoup plus que les catholiques qui n’en ont rien compris (voir leurs adaptations lamentablement folkloriques des mythes et des grands personnages des tragédies ; ça se vérifie de Racine à Cocteau). En revanche, il faut être insensible comme un anti-luthérien pour ne pas saisir ce qu’il y a eu de sublimement hellénique en Knut Hamsun pour pousser le Norvégien à écrire un roman en 1894 qui s’appelle Pan !

La Crète, c’est la crème de la Grèce ; c’est même elle, la vraie Grèce.

Tout laid, tout vieux. Hanouna refourgue sur W9 exactement la même émission que l’ex-TPMP sur feu C8, et avec les mêmes ringards, sauf que la foi n’y est plus, ou plutôt toujours pas, comme déjà elle manquait lors de sa brève tentative de retour sur YouTube, et là ça se confirme. Dans Tout beau, tout n9uf, tout est forcé, tout le monde est gros… Lui, Cyril : trop de tartes tropéziennes ; et Matthieu Delormeau bouffi de cachetons ridicule ! Des chroniqueurs transfuges de CNews augmentent la brochette de cons. On a même eu droit dès le début à un petit trait d’inculture délicieuse : lorsque Fabien Lecœuvre a signalé que le chanteur Renaud était en vacances à Patmos, Cyril, ignorant tout de la civilisation en général, et grecque en particulier, a cru entendre « pâte molle », comme le fromage… Ô saint Jean de Pâte-Molle ! Comme c’est rigolo ! Premiers invités, descendus de l’au-delà de la beauferie intergalactique : Gérard Lanvin et Patrick Sébastien… À propos de descendus des cieux, on retiendra surtout de la première l’arrivée de Cyril, soutenu par des filins, comme tombant des nues… Est-ce que c’est parce qu’il est déjà mort qu’il redescend du ciel ? Est-ce là la chute de l’ange déchu Sathanouna qui revient sur la terre pour perpétrer d’autres crimes ? Les questions restent ouvertes. En tous cas, on l’a vu, dans de la fumée bleutée, sans classe, lunettes noires et barbe sale, les jambes écartées, descendre, avec autant d’élégance qu’un étron sortant lentement d’un anus pour tomber au fond de la cuvette ; on n’ira pas plus bas.

Léa Salamé, au lieu de rester elle-même (mais a-t-elle été elle-même un jour ?), a endossé la panoplie de la présentatrice du JT de 20h, comme l’avait fait Anne-Sophie Lapix, et la voilà, crispée coincée mécanisée banalisée à l’extrême pour son premier Journal sur France 2, et qui parle… de la pluie et du beau temps ! Orages, éclairs, foudre… Elle ne se rend pas compte que c’est un même éclair qui l’a foudroyée et qu’elle se survit et se survivra désormais en présentatrice robotisée du journal télévisé de France Télévisions, c’est-à-dire en éboueuse en chef du déversoir de mésinformations générales sur le pauvre public dépotoir… Elle est réduite au statut de speakerine qui lit comme une employée de la Propagandastaffel de la Bien-Pensance macroniste le prompteur qu’on lui dit de lire ! Elle ne voit pas que c’est se rabaisser, et diminuer en aura, d’accepter ça ? Comme ses prédésuceuses au poste, Salamé est persuadée au contraire que c’est upgrader que de lire les infos du soir, c’est un surclassement, une ascension sociale, parce que la rédaction et le public et l’ensemble de la structure médiatique lui a fait croire que la présentatrice de JT a une véritable appréhension des choses de la vie, que c’est elle qui tire les ficelles des news, qui a un contact direct avec les vrais gens et ce qui se passe dans leur quotidien, alors que c’est faux évidemment puisqu’elle n’a aucune marge de manœuvre et en plus, elle est bloquée géographiquement tous les soirs… Le seul qui arrivait, par son vocabulaire et son choix des sujets, parce qu’il les avait imposés, à être l’auteur de son JT, je suis désolé, c’est PPDA : voilà, c’est le seul présentateur qui disait « combattants » à la place de « terroristes » par exemple… Qu’importe s’il a abusé de son droit de cuissage ! De toute façon, ces gens de télé qui bandouillent encore à la promotion symbolique dans la putasserie médiatisée sont complètement à l’ouest par rapport au monde d’aujourd’hui. Ils dénigrent l’auto-entreprenariat internet des créateurs et créatrices de contenus qui font les choses par eux-mêmes au profit d’une misérable valorisation éphémère (une warholisation) sous contrôle total de la démagogie du Temps, ce qui les rend complètement retardataires. Salamé, comme Hanouna, Lemoine, Cohen et Cie, c’est le vieux monde, horriblement archaïque, de l’entre-soi qui pue l’entrecuisse. La personne forte aujourd’hui, c’est celle qui réussit toute seule à avoir son audience sur les réseaux et à se faire du fric, pas quelqu’un qui travaille pour gagner plus d’argent et de notoriété bourgeoise… Tout le monde s’est offusqué de la somme « astronomique » que gagne Salamé pour faire son JT… 25 000 euros par mois, mais c’est rien ! Une modèle Mym, elle, gagne le double en montrant son cul ou ses seins, et c’est un sacré boulot, croyez-moi, et elle est beaucoup plus indépendante. La mymeuse vend l’image de son cul avec sa tête, mais la Salamé, en faisant l’ânonneuse de prompteur, vend directement son cerveau comme si c’était un cul, et l’indécence est là car si Salamé le montrait, son cul, il ne ferait rêver personne alors que celui d’une modèle Mym, même pas terrible mais bien filmé, bien retouché, et bien filtré, si… La vérité, c’est que Léa ne peut pas montrer son cul parce qu’il est trop gros, mais elle peut parfaitement vendre son cerveau parce qu’il est très vide.

Sur la génération Z. La « gen’ zed’ » (entre 13 et 28 ans) comme on dit… Z comme Zéro ? En tout cas, pas comme Zorro !… Pourquoi « Zéro » alors ? Parce que pour eux, les autres n’existent pas. Quand ils sortent dans la rue, les gens qu’ils croisent, c’est du remplissage de paysage. D’un coup d’œil sournois, ils décident qui existe et qui n’existe pas. Ils jugent, ils catégorisent, ils n’acceptent et ne valident que ceux qui entrent dans leur vie via leur téléphone, via internet. Ils ne sont reliés au monde que par des écouteurs. D’ailleurs, les écouteurs leur permettent de ne pas répondre lorsqu’on leur parle. Les écouteurs sont les boules Quies de la nouvelle humanité ! Si vous insistez pour leur parler, ils enlèvent leurs écouteurs de mauvaise grâce et se lit alors sur leur visage : « Mais qu’est-ce que tu viens me perturber ? Comment oses-tu me déranger ? » Il ne faut surtout pas qu’il y ait une interaction qui soit réelle pour les gen’ « z » car rien ne doit les impacter négativement, et le réel est forcément négatif. Par exemple, si vous dites bonjour à un gen’ « z » ou si vous avez le malheur de le regarder, il se sentira violé parce que, pour le gen’ « z », la réalité c’est déjà du viol. L’autre avec ses émotions, ses sentiments, sa présence, sa vérité, sa puissance, tout ça, le gen’ « z » n’en veut pas ! Pas de convivialité. Pas d’euphorie. Avant, c’était une fête de rencontrer quelqu’un ; aujourd’hui, c’est comme un deuil. Surtout ne rentrer en contact réel avec personne, rester dans une sorte de faux professionnalisme froid sur tout, ce qui est d’autant plus débile qu’il n’est appuyé que sur un amateurisme et une incompétence flagrants. La  gen’ « z » affiche une inculture décomplexée qu’elle prône comme une soif de liberté. Elle est saoulée de tout et rassasiée de rien. Les gen’ « z » enchaînent les choses à faire comme des tasks : aller au resto ; allez en boîte ; aller sur la plage ; poster des photos… À ce compte-là, plus rien n’a aucune saveur. La gen’ « z » voit tout comme une menace. Ce qu’elle veut, c’est faire ses affaires, prendre de « l’oseille » et se casser. Fermée à la vie, elle se protège en montrant les dents, elle préfère se faire chier plutôt que de s’intéresser à quelque chose. Sauf qu’en se protégeant du mal, elle se protège aussi du bien… 

Intersectionnalité. Pour Adèle Haenel, les femmes sont les Palestiniennes des hommes, voilà pourquoi « logiquement », l’ex-actrice s’embarque dans la nouvelle flottille en partance vers Gaza ! Free Antisémetooïsme !   

Rentrée littéraire 2025 :
Ma maman
J’aime ma maman
Je déteste ma mère
Maman était un père pour moi
J’ai tué ma mère
Ma mère m’a tué
Pourquoi ma mère
Dégage, maman !
Ode à ma maman
Ma maman me manque
Je manque à ma maman

Car sans doute Dieu existe mais si peu.

Germain Nouveau