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N°67 – 13 avril 2026

Mea Luna. « Ça y est, maintenant on peut le dire : la Lune est plus belle que la Terre, je m’en doutais ! 2026, c’est la révélation. On ne se rend pas compte qu’on est contemporain de ça : la découverte, grâce aux différents progrès télescopiques, des vraies couleurs de la Lune : bleu, jaune, vert, violet, alors qu’on la croyait grise et terne comme une planète morte ; pas du tout ! On dirait un calot, ce genre de bille que j’utilisais à l’école du Racati, dans la cour, à la récré, pour jouer… » Voilà ce que j’avais commencé à écrire pour ce paragraphe… Une fois n’est pas coutume, je me suis fait avoir comme un bleu, c’est le cas de le dire ! Toutes ces photos relayées sur X, TikTok, Facebook, etc., étaient fake… C’est un ami vérificateur hors pair qui m’a décillé. Pourtant, il y avait un indice : aucun des médias officiels mainstream, si moqués par les complotistes, n’avait diffusé une seule de ces vues magnifiques en effet de la Lune irisée par morceaux. Autre signe : le site de la Nasa n’en avait pas publié non plus, pas plus que celui de la mission Artemis II lancée le 1er avril avec à l’intérieur quatre benêts yankees scaphandrisés en orange. L’objectif, c’était d’emmener ces astronautes au plus près de la Lune, de s’approcher de la face cachée comme jamais, afin de programmer un réalunissage pour 2028. Ils ont survolé les canyons, les cirques, les impacts de météorites et autres cratères… Les clichés sont remarquables de précision, mais quelques photos, prises soi-disant par eux depuis leur capsule, ont été facilement identifiables comme générées par l’IA à cause de la forme des hublots ou de la visibilité globale de la Terre au loin… Pour celles-là, c’était vite réglé, mais d’autres sont apparues également, et elles montraient la Lune en couleurs ! Jamais l’expression « trop beau pour être vrai » n’aura, dans les périodes récentes, mieux été portée… Ces photos étaient les œuvres de deux astrophotographes, Andrew McCarthy (américain) et Ildar Ibatullin (ukrainien), qui, sur d’anciennes images de la lune, et pour signaler la présence invisible à l’œil nu de différents minéraux enfouis sous la croûte lunienne, avaient colorisé les endroits où ils savaient qu’il y en avait, alors qu’il suffisait de les pointer par de grosses flèches rouges sur le gris monotone du satellite monochrome !… L’un voulait montrer « à quoi pourrait ressembler la Lune si nos yeux et notre cerveau étaient beaucoup plus sensibles à la couleur » (Andrew), et l’autre a avoué avoir « volontairement exagéré la saturation des mers lunaires ; les teintes rouge-rose indiquent l’oxyde de fer et les teintes bleues représentent l’oxyde de titane » (Ildar)… C’était pas le bon timing pour ressortir ça, les mecs… En pleine mission spatiale ! C’était couru que des cons ou des conspis (un des deux mots est compris dans l’autre ; sauras-tu le trouver ?) s’empareraient de ce ballon bariolé et le lanceraient sur le terrain des réseaux sociaux pour que tout le monde tape dedans et se le passe… « Superbes images de la Lune en haute résolution prises par Artemis II », « La mer lunaire est étonnamment colorée »… Mon cul ! Toutes ces descriptions étaient bidon, et les photos correspondantes avaient été capturées depuis la Terre à l’aide d’un simple appareil photo performant puis colorisées ! Moi qui ai toujours eu horreur de la colorisation de certains bouts de film de jazz ou, n’en parlons même pas, de classiques du cinéma, je suis rouge de honte… Il faut s’y résoudre : la Lune est bel et bien grise, partout, aussi bien à l’époque de Jules Laforgue qu’à celle d’Artemis II… Même sur la Lune, il n’y a pas de zone d’ombre. La face cachée n’a rien à cacher. Pardon !

Les neuneus ouin-ouin à la Beigbeder, qui croient que le Covid a été « une répétition générale de la dictature à venir » à cause d’une acceptation de « la disparition de toutes nos valeurs, de toutes nos libertés avec une obéissance effrayante », ont non seulement une vision minimisatrice du Covid, mais aussi de la dictature ! Prendre pour des restrictions insupportables le fait de porter un masque, de s’éloigner des gens par méfiance d’être contaminé par eux (ou de les contaminer), de se faire vacciner au plus vite pour ralentir la pandémie, et, pauvres petits chéris, de ne plus pouvoir aller au cinéma, en discothèque, au resto, le temps que le virus soit jugulé, c’est évidemment le signe de petites natures, de petites couilles, de petits esprits, surtout que ceux qui se disent « rebelles » le sont a posteriori, car pendant le Covid, tout le monde fermait bien sa gueule et obéissait. Avant et après le Covid, ils sont les plus soumis à une autre dictature, réelle celle-là : celle de la putasserie showbiznique, médiatico-centriste, entre-soitesque, bourrage-de-crânante, hyperconsensusteuse, bien-pensantienne ; pour tout dire : répugnante.

Quand je réagis à des propos infects contre les Noirs, je ne le fais pas par antiracisme, évidemment. Je m’en fous, de l’antiracisme et du racisme ; c’est pas mon critère. C’est comme le fascisme et l’antifascisme : ce sont les deux revers de la même merdaille ! Ce que je sais, c’est que les mêmes qui traitent à demi-mot le nouveau maire de Saint-Denis de « singe » et qui n’osent pas dire qu’ils ont une aversion pour les petits Noirs français feraient exactement pareil avec des grands Noirs (comme on dit des grands singes) américains, c’est-à-dire les musiciens de jazz. Moi, si je m’insurge contre ceux qui s’insurgent que le maire de Saint-Denis soit un Noir qui bouge bien lorsqu’il fête son élection, c’est parce que je sais que les racistes sont avant tout des insensibles handicapés de tout swing qui auraient été tout aussi mal à l’aise s’ils avaient eu les Nicholas Brothers en train de danser devant eux ! Ils auraient eu le même dégoût et la même incompréhension… En commentant la prise de guerre par un Malien de la mairie dionysienne, cet agent de la circulation des Blancs qu’est Michel Onfray a eu, peu ou praud, le même genre de réaction que le flic new-yorkais qui avait tabassé Sa Majesté Miles Davis parce qu’il le prenait pour un traînoir fumant une cigarette devant le club de jazz alors que c’en était la vedette ce soir-là, qu’il y jouait et que c’était la pause du concert !… La véritable ignominie de Pascal Praud et de ses amis, c’est qu’ils ne feraient aucune différence entre un « black » banlieusard sans intérêt qui a décroché un petit poste tricolore républicain et un génie universel de la musique. CNews et Cie aurait traité Monk, Albert Ayler ou Charlie Parker de la même façon qu’ils traitent aujourd’hui Bally Bagayoko, Mohamed Gnabaly ou Yahaya Soukouna… Et à l’inverse, Edwy Plenel, lorsqu’il qui défend Bagayoko parce qu’il est noir, et derrière lui tous les Noirs par principe antiraciste, est aussi dans une forme de saleté. Je ne suis pas certain que Mediapart ou RSF, et les David Perrotin, Dominique Sopo, Danièle Obono, qui parlent sans arrêt de « racisés », seraient capables de distinguer un vigile congolais complètement débile et ignoble à l’entrée d’une boîte de nuit ou d’un grand magasin et Earl Hines ou James P. Johnson ! Pour tous, il faut adorer les Noirs ou les détester, quels qu’ils soient. Eh bien, non !

Ce qui manque surtout aujourd’hui, c’est la solidarité. Attention, pas dans le sens de l’entraide avec un arrière-goût de catéchisme et de fausse charité ; non. Être solidaire avec quelqu’un, ce n’est pas se contenter de le défendre mais attaquer ceux qui l’attaquent. Tout le monde a besoin de solidarité. Par exemple, ce que les Iraniens reprochent aux pays voisins, Koweït, Arabie saoudite, Qatar, c’est qu’ils ne sont pas solidaires avec eux dans leur anti-américanisme, et c’est pour ça qu’ils les punissent… Et Trump, ce qu’il reproche aux Européens, notamment à la France, c’est de ne pas être solidaire avec lui pour débloquer le détroit d’Ormuz. Vous voyez, ça se situe à tous les niveaux, aussi bien chez les « grands de ce monde » que chez les tout-petits de l’autre monde, c’est-à-dire celui des réseaux sociaux.

Je n’ai pas besoin d’emprunter sa lampe à mon copain Diogène pour « chercher l’homme » ; je l’ai trouvé ! Il ne pense qu’à lui parce qu’il est enfermé dans lui. Il ne voit que ce qu’il croit voir. Il ne ressent que ce qu’il croit ressentir alors que c’est ce qu’on lui a appris à ressentir. Il ne peut pas imaginer une autre vision sur le monde et sur lui-même que la sienne. Il ne se remet jamais en question. Il ne s’impose aucun effort ni souffrance pour s’approfondir et s’élargir. Il manque d’ambition par goût du confort. Il pense non seulement qu’il est lui-même mais qu’il est également le reste du monde : le monde, c’est lui ! Pire que Louis XIV qui disait que l’État, c’était lui, et pire que Flaubert aussi puisque Madame Bovary n’existe pas alors que l’homme, lui, si. Pourtant, il se vit comme un personnage de fiction alors qu’il est bien réel, et horriblement réel ; bref, il ne comprend rien à rien, croit savoir, juge sans savoir et ne veut rien savoir : le mot « savoir » est inscrit, inséré, serti dans son esprit uniquement à l’occasion de ces expressions-là. Le vrai savoir lui échappe parce qu’il n’en veut pas, et cette ignorance entretenue vient, non de sa peur de la mort, mais de sa peur de la vie. On dit souvent que l’homme ne pense pas à la mort et que c’est pour ça qu’il se croit immortel ; mais non : toute la journée, toute sa vie, il ne pense qu’à la mort au lieu de penser à la vie, et c’est justement ça qui le rend mortel. Les vrais immortels, eux, sont ceux qui savent que leur mort ne changera rien à leur vie si elle est ratée aussi bien que si elle a été réussie, ou mieux : gagnée.

Il ne suffit pas de comprendre pourquoi certaines choses sont mauvaises, il faut aussi savoir expliquer pourquoi d’autres sont bonnes.

Conneries. J’entends dire quelquefois par des donneurs de leçons que j’ai fait des « conneries », j’ai raté ma carrière, je me suis perdu, c’est du gâchis, ma vieillesse est un naufrage, etc… Mais on a tous fait ça ! Je dis « on » car je suis obligé de citer de grands noms, désolé… Déjà, pour commencer, Rimbaud, il a pas raté sa « carrière » de poète pour se la jouer plus tard marchand d’armes ? À 17 ans, il n’a pas tout foutu en l’air, alors que le Tout-Paris des lettres de 1870 lui était ouvert et qu’il a préféré claquer la porte, entraînant dans sa fuite Verlaine qui, lui aussi, a multiplié les « conneries », abandonnant femme et enfant, jusqu’à se faire jeter en prison puis à l’hôpital, et enfin à crever en vieux catho alcoolo oublié et méprisé de tous ?… Et Strindberg, n’a-t-il pas accumulé les positions misogynes dans une Suède en plein essor de féminisme, ce qui a nui désastreusement à ses différents couples, et surtout à son activité d’auteur de pièces de théâtre et de romancier ? Et quand il s’est lancé dans l’occultisme et l’alchimie, ses expériences de brêle en la matière ne l’ont-elles pas amené à se brûler gravement les mains ?… Dostoïevski, c’est pas mieux : après avoir participé à de petites réunions secrètes entre fomenteurs pseudo-révolutionnaires contre le Tsar, il a été envoyé, quasi exécuté, au bagne en Sibérie… Des dettes contractées à cause d’un vœu stupide fait à son frère avant la mort de celui-ci, et la charge d’un beau-fils encombrant qu’il s’était mis sur le dos, ont fini par obliger l’auteur de L’Idiot à s’exiler interminablement dans toute l’Europe, sans parler de ce qui contribuera à le ruiner : son addiction à la roulette… Si tout ça, c’est pas des « conneries », ou considéré comme tel par les jamais-déconnants !… Ou alors Melville, qui, après la publication des récits de ses voyages dans des îles, qui eurent beaucoup de succès, change complètement de direction d’écriture et pond d’énormes romans imbitables même pour ses fans où il raconte de nouveaux voyages, mais fictifs et fouillés fantasmatiquement d’une façon aberrante et qui, de four en four, le feront se retrouver, à soixante-cinq ans, petit douanier à New York… On pourrait détailler chacune de ces « conneries » d’artistes pourtant loin d’être cons, mais qui répondaient chez eux à des choses beaucoup plus profondes que de la simple maladresse, de la malchance ou du masochisme… Souvent, les erreurs de stratégie, même inspirées par la plus totale sincérité, sont interprétées par la société culturelle et moralisatrice des bien-pensants comme des conneries, ou comme pire quand ça touche le domaine politique… L’exemple le plus frappant étant celui de Céline qui, grâce au Voyage et même à Mort à crédit, avait un boulevard de rénovateur du langage et de Super Zola, nouveau chantre du Peuple exploité, qui s’offrait à lui, et qui est devenu antisémite pour finir enfermé au Danemark, puis clochard pas du tout céleste à Meudon… Il faudrait plutôt faire la liste des écrivains qui n’ont pas fait de « conneries » ! Car il y a chez l’écrivain, porté par son caractère irascible et excessif, le goût vicelard d’aller chercher, au détriment de sa réussite personnelle, dans l’horreur du monde et dans la dégueulasserie des hommes, le matériau nécessaire au façonnage d’une œuvre la plus en accord possible avec sa pureté sacrifiée… Regardez Oscar Wilde, pour finir dans les conneries, qui attaqua en justice le Marquis de Queensbury parce que ce con-là l’accusait d’être pédé avec son fils Lord Douglas (ce qui était parfaitement exact) et en retour et à son tour, il enclencha un procès contre Wilde, se soldant pour Oscar par deux ans en geôle de Reading d’où il sortit avec une réputation d’homo notoire, ce qui finit de le détruire, lui laissant juste le temps de mourir, à 39 ans…

À propos d’Oscar Wilde, ceux qui me reprochent de faire des TikToks, des Instagrams, et de m’exprimer sur les « réseaux sociaux » Facebook, X et Cie, comme si, par soumission à la technologie moderne, je trahissais mon style et versais dans une incongruité narcissique qui m’éloignerait de tout ce que j’ai déjà pu écrire et de tout ce que j’ai à écrire encore, sont tout simplement des cons… Qu’ils réfléchissent ! Wilde en faisait toute la journée, des TikToks et des Instas, même si ça n’existait pas… Des punchlines d’Oscar Wilde, beaucoup n’ont jamais été écrites. Quelle différence entre les témoins de Wilde l’entendant dans des soirées en Angleterre envoyer oralement des saillies percutantes et les recueillant, et certains de mes amateurs qui prennent soin de retranscrire mes « Punchnabe » improvisées au gré de mes pérégrinations devant la caméra de mon iPhone ? Il n’y a que les ringards qui croient que la littérature, en 2026, ça ne fait que s’écrire, et dans des livres en papier madame, et puis quoi encore ? Pourquoi pas en vente dans des librairies, tant que vous y êtes !

Une des plus belles phrases d’une mère au sujet de son fils, Suzanne Valadon sur Utrillo : « Mon fils peint des chefs-d’œuvre à partir de cartes postales quand d’autres, pensant faire des chefs-d’œuvre, ne font que des cartes postales ».

Titre d’une nouvelle grossophobe à faire (à la Paul Morand) : L’Énorme Européenne.

Ils veulent tous être écrivains comme si c’était donné par Dieu à tout le monde !

Je répète que je ne suis pas contre le principe d’attaquer les Perses. Les Grecs l’ont fait et ce serait aux Grecs de le refaire un jour si les circonstances les y poussaient, mais remplacer les Grecs par des Américains et des Israéliens — deux peuples issus de pays ni faits ni à faire —, non !… L’Occident n’a pas à être représenté aujourd’hui, d’un côté par des assassins d’Indiens mâtinés d’Allemands et d’Irlandais, des pionniers chercheurs d’or et chercheurs de noises ; et de l’autre, par des Russo-yiddish expulsés d’Union Soviétique ou des rescapés shohatiques mélangés à des sépharades trouillards, tous moins sémites que les Arabes sur place, et qui sont venus impudemment envahir une terre qui, de toute façon et à la base, ne leur appartenait pas (Philistine), quoi qu’ils en disent ! La voilà, la décadence occidentale : arriver à faire croire à la masse que les nouveaux « Grecs », ceux qui défendent la Civilisation, la vraie, celle qui part de Minos jusqu’à Constantin en passant par Périclès, et qui existe toujours, par exemple en Crète ou dans certaines villes de l’Attique, ce sont les Yankees et les Kibboutniks !

Échantillons de cons ! Je ne suis pas fou, je suis alcoolique !

Maurice Utrillo

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N°66 – 6 avril 2026

C’est dans les Ardennes — encore et toujours terre des drames âpres et hard ! — que vient d’avoir lieu un nouveau crime d’envergure. Un double crime ! Un vrai fait divers, et difficile à transformer en « fait de société », malgré les efforts vains de Pascal Praud… Ça s’est passé à Villers-Semeuse : une jeune fille de 16 ans, que sa mère (encore une sacrée bouche d’ombre, celle-là !) avait abandonnée à ses parents à elle depuis plusieurs années, est tombée amoureuse d’un copain d’école de 15 ans, mais ses grands-parents chez qui elle vivait ne l’entendaient pas de cette oreille qui ne voulait rien entendre. « Je les connais bien. Ils sont gentils comme tout. C’est des anges » ont dit les voisins de ces ex-ouvriers d’usine Danièle et François. « Ils avaient le cœur sur la main » et étaient « investis dans le social ». La grand-mère surtout, une « sainte » femme qui travaillait dans l’associatif, qui aidait les pauvres à remplir leurs paperasses administratives, et qui, pour Noël, donnait un coup de main à la vendeuse du magasin d’à-côté pour emballer les cadeaux… Bref, des retraités bien tranquilles mais qui avaient une « morale » et qui, tous les jours, allaient prélever à la cave dans leur fagot diabolique de quoi faire les meilleurs bâtons possibles à mettre dans les roues du tandem enflammé des deux ados in love… Faut-il être complètement con pour vouloir éteindre un feu en l’embrasant davantage jusqu’à risquer de s’y consumer soi-même ! Pour l’intransigeante petite amoureuse, rien ni personne ne devait entraver leur passion. Au lycée, les deux mineurs étaient connus pour cela. La fille est logique et radicale : les grands-parents s’opposent à cet amour ? Supprimons les grands-parents ! Les préméditeurs ont caché des couteaux dans la chambre de la gamine, sous le lit, et quand la grand-mère a surpris le petit caché sous ce même lit (avec les couteaux), elle n’a rien trouvé de mieux que d’insulter sa petite fille, et de vouloir la rosser… Et ce qui aurait pu être écrit dans le Journal d’un écrivain de Dostoïevski en 1873 arriva… Voici le temps de devenir des assassins ! Les jeunes sortirent les couteaux et la fille poignarda sa grand-mère (« ça t’apprendra ! ») à deux reprises… Le grand-père, entendant les cris, s’apprêtait à monter à l’étage quand sa femme, dévalant les escaliers pour prendre la fuite, lui est tombée dessus. Rattrapé par le jeune homme, il se fit à son tour larder sa vieille viande de surveilleur, de punisseur. C’est fait ! Les grand-parricide et grand-matricide ont été accomplis. Il n’y avait plus qu’à jeter les cadavres à la cave, et à les cacher plus ou moins sous les fameux fagots… Puis les deux amants sont allés baiser dans un hangar désaffecté de Sedan pour fêter ça, avant d’être chopés par la police… Je parlais de Dostoïevski… Influencé par ses expériences épileptiques déjà, Fiodor Mikhaïlovitch, encore à l’armée, avait su expliquer ce qu’était un crime au baron Wrangel, son copain procureur très impressionné par sa vision. Pour Dosto, commettre un crime, c’était avoir « une sorte de chute de la volonté » remplacée par « une sorte de phénoménale frivolité infantile » ; c’est au moment où il faudrait être le plus raisonnable et le plus prudent que se produit cette « éclipse de la raison » qui, disait-il, saisit l’homme « comme une maladie », et qui croît jusqu’à un « point suprême juste avant l’accomplissement du crime » ; elle se prolonge pendant le crime et même un peu après… C’est exactement la sensation de l’épilepsie qu’éprouvait celui qui n’avait pas encore écrit Crime et châtiment ni les Karamazov : il avait compris que « le crime est provoqué par une fièvre mystérieuse impérieuse qui atteint son paroxysme juste avant que le crime ne soit commis et dure jusqu’à ce que le criminel ait vu le sang ». Oui ! C’est la vue du sang de la grand-mère et du grand-père qui a fait que la jeune fille ardennaise et son petit copain ont été comme soulagés, guéris, se voyant eux-mêmes sortis de la crise de fièvre criminelle. Le besoin de voir le sang de l’autre ! C’est le sang qui lave en quelque sorte l’offense dont s’étaient rendus coupables les grands-parents car les criminels, ce sont d’abord eux : c’est à ce premier couple de vieux qu’a répondu en écho le second couple de jeunes, et par une action violente, à la hauteur de celle que pratiquaient les grands-parents butés en voulant les empêcher de s’aimer… C’est cette pure violence de défense qui est transformée en ce que la société et les médias appellent de la « haine ». Mais la vraie haine, elle, vient toujours de la volonté de tuer un amour… Pas très malin de la part de ces papy et mamy de vouloir interdire un amour de jeunesse ; ça me rappelle ma mère, débarquant comme une hystérique dans ma chambre pour m’interrompre dans mon approche de la première femme que je tenais dans mes bras afin de nous séparer au moment précis où j’allais enfin baiser pour la première fois à l’âge de 17 ans !… Defloratio interrupta ! Maman aussi aurait mérité un beau coup de couteau dans le ventre, salope ! Un jour j’écrirai un livre : Les Crimes de ma mère… C’est peut-être ça, le plus grand péché : croquer dans son enfant au moment où il est sur le point de ne plus être vierge !

Guerre en Iran. Alors, ces capitulations de part et d’autre, ces déroutes en rase campagne, ces traités secrets, ces deals en cours, ces promesses de dépôts d’armes, ces cessez-le-feu oiseux, ces accords et autres négos, ça vient ?… Au bout d’un mois, les uns (amerloques et israéloques) n’ont pas réussi à renverser le régime des mollahs ni à détruire toutes les infrastructures nucléaires, ni à débloquer le détroit d’Ormuz ; et les autres (iranloques) ne sont pas parvenus à liquider Netanyahou ni à faire des dégâts considérables sur Tel Aviv, ni des dommages collatéraux humains conséquents, ni même à former une coalition anti-américaine et anti-israélienne dans les pays du Golfe alentour. Échecs à tous les étages.

Fascisme/Antifascisme. Les fascistes aujourd’hui ressemblent à des antifascistes, et inversement. Prenez le LFIste Raphaël Arnault (« La Jeune Garde ») : c’est une caricature de nazillon post-vérité aux cheveux rasés, avec petite boucle d’oreille et tatouages sur le gros bras, alors que l’extrême droitard Raphaël Ayma (from « Academia Christiana ») a le look d’un bobo chevelu barbu souriant, exactement celui d’un chroniqueur de Quotidien ou Mediapart… Si on ne peut plus se fier aux apparences !… Ces pseudo-fascistes et pseudo-antifascistes (car ils ne sont pas plus vraiment fascistes qu’antifascistes) sont interchangeables. Quant à leurs idées politiques, elles s’apparentent plutôt à des mouches collées sur leur cervelle gluante à cause de ce que leur ont mis dans la tête, en gros, Mélenchon d’un côté et Marine Le Pen de l’autre. Ça a tout désaxé en eux… Les premiers (les « fas ») bêlent que l’ennemi, c’est l’extrême gauche qu’il faut abattre parce qu’elle détruit le pays et on ne s’aperçoit pas à quel point les immigrés et les insoumis qui les défendent jouent contre la France éternelle ; et en face, les « antifas », eux, blatèrent qu’il faut des unités de sections d’assaut, que c’est tout à fait normal qu’il y ait des bagarres de rue pour cogner les fascistes et défendre les vraies valeurs de la République progressiste pour offrir au peuple une France ouverte à l’humanisme, au non-racisme, et à la lutte pour la Palestine… Dans les deux camps ils ont tort, parce qu’au fond, ce sont les mêmes gentils garçons tout mous, tout lénifiants, comme l’était le « SS » Quentin Deranque tabassé à mort par les amis du « révolutionnaire » Raphaël Arnault, avec sa doudoune sans manche et sa voix faible qui dérape dans les aigus… Raphaël Arnault ! Il suffisait de le voir réapparaître sous les sunlights policiers de Blast et de l’entendre raconter sa petite version du drame de Lyon (dont d’ailleurs il n’a rien dit de factuel)… Lui aussi a montré par son discours que dedans il n’y avait rien d’autre que la liberté, l’égalité, la fraternité (ça vaut travail, famille, patrie) ; c’est ça, ses soi-disant « valeurs » dont il se plaint qu’elles soient aujourd’hui inversées ?… « L’inversion des valeurs » pour lui, c’est qu’on considère les antifascistes comme des fascistes alors que les fascistes sont, eux, considérés comme des antifascistes ! Raphaël ne voit donc pas que c’est une volonté des « grandes personnes » d’attiser ce genre de confusion dans le seul intérêt que les deux camps se fassent la guéguerre ?

Arnault, en cherchant à lyncher des « fachos » (ce mot n’est plus supportable, surtout quand il sort du museau cartilagineux de la truie Mathilde Panot), est persuadé de faire de la résistance contre un monde qui part « à la vau-l’eau », comme il dit. En vérité, je vous l’écris, ils ne savent pas parler, ces « jeunes cons-là », « ce sont des petits ânes qu’on nourrit, c’est très bien, et qu’ils ferment leur gueule ! » (on retrouve Choron qui attaquait les lycéens en 82 !). Ils ne résistent à rien non plus, et ils ne connaissent rien. Exemple ? Raphaël Arnault a affirmé, pour dénoncer la violence extrême des extrémistes de droite, que l’assassinat en 2022 du rugbyman « antiraciste » Federico Martín Aramburú, perpétré par Romain Bouvier et Loïk Le Priol (made in GUD), a été l’aboutissement d’une « chasse à l’homme » dans les rues de Paris, alors qu’il s’agissait d’une bagarre déclenchée (par Aramburú) sans aucune préméditation, à 4 h du matin, dans un bar de Saint-Germain, et qui a mal tourné.

Morts de mars. Lionel Jospin, Loana, Marinella… Des morts comme s’il en pleurait ! OK, Bruno Salomone faisait bien les accents et Isabelle Mergault n’avait pas sa langue (sur laquelle il y avait plus qu’un cheveu) dans sa poche ; c’est bien triste pour eux qu’ils soient morts si cancéreusement jeunes, mais l’avalanche d’hommages, la prise au sérieux de leurs « œuvres », et les réactions d’effondrement que leur disparition a suscitées de la part des ignorants en art et en humour qui n’en finissent pas d’encenser leur apport inestimable à l’Histoire de l’Humanité, c’est trop… On en arrive à dérouler des tapis rouges bordés de noir aux plus insignifiantes conneries que des « comiques » ont pu faire dans les domaines du showbiz, du cinéma, du stand-up, de la télé, ou de la radio, mais ce n’est rien tout ça ; c’est des bêtises qui n’ont aucune valeur, aucune portée, sans parler de leur putasserie et de leur compromission de bien-pensants congénitaux qui serait à creuser (pas le temps). Il est honteux que ces morts soient tant honorés alors qu’ils n’ont rien construit de réel et qu’ils n’ont laissé sur leur chemin que des peccadilles toute leur vie. Au même moment, un grand dessinateur de bandes dessinées belge (il y en a !) vient de mourir lui aussi. Hermann, c’était pas Gir mais quand même ! Bernard Prince, c’est quelque chose… Tout le monde s’en fout, personne n’a déploré ni même remarqué le décès d’Hermann (bande décédée !), alors que lui, il a donné quelque chose au monde, vous voyez jusqu’où je vais ?…

Quel régal que ces funérailles d’Isabelle Mergault au Père-Lachaise avec tout le showbeurk de la marrance ! Le gratin cramé de la gaudriole, les clouclowns qui n’ont fait que se fendre la gueule pendant des années et qui, ici, tirent une tête d’enterrement sous prétexte que c’en est un ! On sentait là tout le corporatisme des stipendiés de la bonne humeur sur commande. Toutes les Grosses Têtes d’RTL, les « Grosses-Têtes-Molles de notre époque », aurait dit Isidore Ducasse (à propos de Ducasse, j’espère qu’on comprend ce que je fais sur X quand je cite des philosophes : je ne détourne pas leurs citations mais je les commente, c’est encore plus offensant ; fermez la parenthèse), étaient là comme au bureau. Tous ceux qui sont payés à la vanne tous les après-midis pour hurler de rire dans le vide (2 millions d’auditeurs, c’est quand même du vide) ont répondu « présents ! ». Baffie en blouson de motard et casquette, un vrai pédé… Jean-Luc Reichmann pareil, en tenue funèbre de sport… Que des casquettes partout, et des survêts, comme pour signifier : « On enterre notre pote, mais entre deux joggings »… Et Michèle Bernier aux cernes crevassés comme deux cirques de Gavarnie autour des yeux, qui joue à la maîtresse de cérémonie !… Christine Bravo en larmes au bras de son mari Stéphane Bachot, plus faux-cul que jamais… Bachot, avec 20 ans de moins dans le coco, je l’ai connu, lui ! Ç’a été le galeriste de ma première expo qui a compté, en 2007, mais un sacré opportuniste qui m’a pris 50 % sur chaque tableau, l’enculé, alors qu’il n’en a pas vendu un seul, tous les clients venaient de moi… À ce moment-là, il était avec « Laurence la pute », comme l’appelait Audrey… Stéphane Bachot, toujours avide de monter en grade, a finalement embarqué la Bravo (les vieilles peaux ne lui font pas peur) dans sa péniche… Mairesse, Mezrahi, Titoff (méconnaissable), Ferrari, Isabelle Alonso, Annie Lemoine, Arielle Dombasle, c’était la plus classe, tout en noir avec un grand bouquet de roses blanches… Anne Roumanoff, Danièle Évenou, et Ruquier évidemment avec ses bajoues de hamster havrais navré… Laurent Ruquier : toute une vie à se forcer à rire pour rien ! Finie, la rigolade !… Il fallait entendre les textos privés pathétiques que la Mergault lui a envoyés jusqu’au bout et qui, lus par Ruquier dans la salle funéraire du Père-Lachaise, tombaient tous à plat : aucun rire. Il s’attendait à quoi ? À faire un triomphe de one-man-show… One mergault show ? Je le soupçonne de lui avoir fait ce dernier mauvais coup, à la Isabelle, pour démontrer qu’elle n’était pas si drôle que ça… C’est jamais mieux qu’aux obsèques d’un des leurs qu’on voit à quel point les fonctionnaires de la grande famille des rieurs sont morts eux-mêmes, et même morts à eux-mêmes… Yves Lecoq, François Rollin… La particularité de ces monstres du showbiz, c’est qu’ils sont à la fois le docteur Frankenstein et sa propre créature : c’est comme si le docteur s’était lui-même rapiécé des bouts de chair morte d’un autre. Les fonctionnaires-humoristes se rafistolent de préférence avec les restes de comiques défunts (Coluche, Devos, Le Luron, Desproges) pour devenir en quelque sorte des vivants crédibles, histoire de cacher qu’ils sont déjà morts et qu’ils se baladent comme des arlequins patchworkés de morceaux de macchabées… Caroline Loeb, Dumontet, Orlinski, Barbier, Dominique Besnehard, Fogiel… Que de peoples ! Ah, aucun de ces gens n’était là pour l’enterrement de Marcel au même endroit le 1er février 2023 ; j’espère que pour le mien, il y aura encore moins de gens que pour mon père, et ma mère incinérée là aussi ! À propos de parents, la mère Mergault (c’est le cas de le dire) n’a pas pu se retenir : on ne sait pas si c’est parce qu’elle était stérile (c’est peut-être pour ça qu’elle baisait à tire-larigot, à tire-la-mergault), en tout cas, officiellement, n’ayant pas ressenti très tôt le besoin d’être mère, elle s’y est mise sur le tard : Isabelle a adopté deux petites Nigériennes, Maya et Iris. C’est Roselyne Cachalot qui a facilité les adoptions. La comédienne a appris à ses « négrillonnes » (comme aurait dit Quentin Deranque) comment bien se tenir dans la société blanche. Il faut croire que l’handicapée dyslalique avait ça en elle, le goût des rapports biaisés à base de sentiments dégueulasses. Ça transparaît dans les scénarios de ses navets… Regardez les pitchs pitkchl » dikxlit Isabelle Mergault !) de ses films en tant que réalisatrice… C’est la même thématique partout, à commencer par Je vous trouve très beau (2005) avec un Michel Blanc horrible : un plouc veuf se prend comme nouvelle femme une Roumaine pour la faire bosser dans sa ferme et la baise. Ensuite Enfin veuve (2008), l’histoire d’une salope qui trompe son mari avec un mec qui restaure des bateaux ; le mari meurt, elle est toute contente parce qu’elle va pouvoir partir en Chine avec son amant mais toute la famille de son mari tient à l’entourer dans son deuil et elle ne peut pas accomplir sa forfanterie. Charmant ! Vous avez aussi Donnant donnant (2010) : un type a commis un meurtre, il s’évade de l’hôpital psychiatrique et rencontre une femme qui le fait chanter en lui demandant d’assassiner sa mère adoptive dont elle convoite l’héritage, sinon elle le balancera à la police, et finalement au lieu de tuer la mère, il la sauve, et à la fin c’est cette mère qui le balancera… Sympa ! Enfin, le dernier, Des mains en or (2023) : un écrivain grand bourgeois qui a très mal au dos va entrer à l’Académie française, sa femme est chirurgienne et lui arrange des séances de magnétisme avec une guérisseuse qui tombe amoureuse de lui mais que lui chasse de sa caste parce qu’elle est d’une extraction sociale trop basse. Il est reçu à l’Académie et il s’aperçoit qu’il peut à nouveau se baisser pour nouer des chaussures ; il a donc été remis sur pied par celle qu’il a humiliée… Tous ces « chefs-d’œuvre » d’humanité et d’empathie sont servis par une pléiade d’acteurs à la fois « marrants » et « tendres », avec le cœur bien caché à l’intérieur de leur portefeuille en peau de veau et situé à gauche… Moralisatrice sur les femmes, l’alcool, la drogue (comment elle crachait sur le cadavre de Philippe Léotard !), n’oublions pas qu’Isabelle Mergault a fini en admirant Mélenchon ! Et ça se disait disciple de Sacha Guitry ! Peuh ! Psychanalyse orthophonique : est-ce que Mergault adorait Sacha Guitry parce que dans le nom de celui-ci il y avait un ch qu’elle ne pouvait pas prononcer, ou bien est-ce parce qu’elle avait son défaut de prononciation qu’elle a choisi Sacha Guitry pour être certaine de se faire remarquer à chaque fois qu’elle le citerait ? C’est la seule question qui comptera sur Isabelle Mergault. D’ailleurs, son admiration pour Guitry est allée jusqu’à vouloir se faire enterrer dans son cimetière à Montmartre (« Gsze veux être kchlez Sakchla ! ») plutôt qu’au Père-Lachaise où pourtant a été organisée la cérémonie des funérailles d’Isabelle, parce que c’était plus grand et qu’on était sûr de bien y voir les personnalités arriver en rang d’oignons en pleurs jusqu’à son cercueil qu’on a applaudi à la sortie du corbillard, comme si Isabelle sortait de scène ou entrait en scène, ce qui revient au même puisqu’il s’agit des planches de la mort !

En effet, dès que l’on s’avise de dire la vérité, ça ressemble, pour tout le monde, aux versets de la Bible ! Pourquoi ? Et pourquoi, dans notre siècle est-on obligé de recourir à l’humour, à l’ironie, à la satire, quand on veut dire une chose vraie ? — À notre avis, un honnête homme ne doit pas rougir de ses convictions, même si elles sont conformes aux idées de la Bible. Est-il donc nécessaire de masquer le goût de la vérité, de la sucrer comme si elle était une pilule amère ?

Dostoïevski

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°65 – 30 mars 2026

PARIS, NOTES D’UN CRÉTOIS. Alors là, ç’a été un choc ! J’en reviens à peine et je n’en reviens pas et n’y reviendrai plus, j’espère, en tous cas, le moins possible : cette ville est devenue non une poubelle (ce serait encore trop d’honneur), mais un cloaque avec des bulles de merde qui éclatent à chaque instant tellement ça bout de saloperies comme dans une casserole géante mijotant sur un feu d’inhumanité : tout est laid, sale et puant : je ne parle pas seulement du décor mais des gens qui sont carrément des monstres physiquement. Chaque fois que je remets le nez là-bas, ne serait-ce que quelques jours à peine, après 6 mois, je vois la différence avec le séjour précédent. On a encore rayé de la carte plusieurs lieux désormais inabordables : La Rotonde où on est reçu comme des chiens alors que ce sont les serveurs, les chiens (chiens en nœud pap’ et tablier blanc !) ; La Closerie des Lilas au vin dégueu (et au service négligé, à la fois heurté et lent) ; Le Flore et son champagne cher et tiède (j’en ai fait un TikTok) ; mais aussi, à Montmartre, ce mythique bar qui s’appelle Au Rêve, dans lequel on est tenté d’aller boire un verre à la santé de Gen Paul, Céline, Marcel Aymé, Le Vigan, Simenon et de Jacques Brel car il y aurait écrit Ne me quitte pas… C’est Au Rêve qu’il faut quitter, et au plus vite, tellement ç’a été repris par un groupe de bobos déguisés en vert qui se prennent pour qui !… Ah, il est loin le temps où, grâce à Dimitri Kornilov, on réservait l’arrière-salle à la patronne Elyette pour un bon pot-au-feu de disputes avec Moix, Jauffret, Monestier etc. Encore un endroit à fermer dans son cœur et dans sa mémoire. Ne parlons pas des grands magasins (si !) : aux Galeries Lafayette, l’escalator principal est cassé : par le vigile (un grand Nègre parlant petit), on apprend qu’il ne sera réparé « peut-être » qu’au mois de juin ; et chez Dior, il n’y a aucune couturière pour stopper un accroc à votre pantalon… Dans l’immeuble plus que modeste où on me prête un 14 m² lorsque je passe à Paris, après quelques cris tout à fait banals d’Alexandra à 2 h du matin contre moi (« Espèce d’ordure ! Niquez votre mère, sale porc, je vais vous tuer ! »), les voisins de palier sortent, mais pas pour voir ce qui se passe, pour appeler la police (« le 17 ! »), et il ne s’agit pas de vieux incommodés, mais de Gen Z, bien sûr : la fille, petit boudin sans doute MeToo qui n’a jamais dit « bonjour » quand on la croise dans l’escalier et qui est restée pétrifiée de peur en murmurant dans sa moustache : « Ce n’est pas seulement ses cris qui sont horribles, mais c’est ce qu’elle dit ! » Quant à son petit copain, un écolo-woke barbu falot tremblant livide de rage, il m’a menacé : « Dernier avertissement ! » S’il y a encore un bruit dans le couloir, qu’est-ce qu’il va faire ? Me frapper ? C’est leur propriétaire qu’ils devraient frapper, sinon eux-mêmes, pour consentir à vivre dans un mini-bouge payant pareil : mais non, c’est tellement difficile de trouver un logement à Paris que ces méprisables esclaves tiennent à leur cage à lapins, et à leur petite tranquillité de prisonniers acceptants, d’ados attardés salariés pépères… Le métro, c’est maintenant peut-être le pire des égouts : assis, je gênais par mes jambes un grand type qui a déboulé avec son fils de 7 ans, et celui-ci (je parle du père) m’a écrasé volontairement le pied de ses 1m90 et ses 150 kilos ! J’ai dû aller dare-dare voir ma podologue pour qu’elle vérifie s’il n’y avait rien de cassé parmi mes métatarsiens ! L’enculé était une sorte d’Eric Campbell : d’ailleurs je réfléchissais pendant que le métro traçait à ce qu’aurait fait Charlot dans une telle situation… Mon intention, c’était de lui piquer (je suis assez souple pour cela) ses sacs qu’il avait déposés à ses pieds en s’asseyant après son forfait devant moi pour discuter avec son fiston, et de sortir en vitesse à la prochaine station : hop, il n’aurait rien pu faire, la porte se serait refermée sur lui et sur moi sur le quai où je n’avais plus qu’à écraser ses affaires de merde ! Hélas, j’étais avec Alexandra qui m’a retenu au dernier moment de passer à l’action, et qui, de toute façon, pas aussi rapide que moi, serait restée coincée dans la rame avec le colosse ignoble ; c’est à des trucs comme ça qu’on regrette d’être en couple… Le lendemain, dans le métro toujours, mais là je n’y étais pas, c’est Hélène qui, elle, y était et m’a raconté : un type blanc s’est touché un petit peu, mais sans sortir sa bite bien sûr, par-dessus son pantalon, en admirant une belle fille… À ce moment-là, une nuée de Noirs et d’Arabes en casquette s’est jetée sur lui pour le lyncher, il a fallu qu’un passager appelle la police pour venir le sauver (et l’emmener au poste). C’est pas le monde à l’envers, c’est le monde d’aujourd’hui en France, et à Paris en particulier ! Les immigrés se sentent plus de souche que les souchiens et ont tellement été abîmés, métissés par l’esprit petit-bourgeois moralisateur français surveilleur punisseur étriqué que ce sont eux maintenant qui, formatés par la société post-sexuelle, jouent les héros gros bras, non pour défendre la veuve et l’orphelin, mais pour attaquer la veuve poignet qu’un orphelin des femmes à l’évidence n’a pas réussi à se retenir d’épouser… OK, ça se fait pas de se caresser la braguette, même discrètement, devant une fille bien roulée face à vous dans le métro, mais ça se fait encore moins d’être tabassé presque à mort par des racailles pour cela… Les boîtes de nuit sont définitivement infréquentables : elles utilisent des rayons laser, en particulier verts, qui criblent la piste de danse et sont extrêmement dangereux pour les yeux : on peut sortir aveugle d’un club en croyant s’être bien amusé ! Et les connards de patrons savent très bien que ce sont des rayons nocifs sur le plan oculaire. Après m’être plaint deux jours plus tard, car je voyais des lueurs vertes persister sur mes rétines, le « responsable » d’une boîte m’a répondu qu’il n’était pas « vendeur de laser » et que tant pis pour ma gueule et tant pis pour mes yeux… Pour finir, dans l’immeuble en face de celui que j’ai habité pendant vingt ans, enfin, dans la cour à droite, plus exactement, dans la continuité de là ou créchait Houellebecq, dans le 15e, il y a eu tout simplement, un samedi soir, un feu énorme qui a pris sur deux de ce dix-étages ! Les pompiers sont venus secourir une famille de Noirs ; un d’eux avait empoigné un enfant pour le descendre lentement de l’échelle afin de ne pas l’effrayer. Toute la nuit en a été embrasée et un panache de fourrure fumant lovait toute la bâtisse. Les sapeurs ont eu beaucoup de mal à éteindre l’incendie ; résultat : une femme est morte à l’étage d’en dessous. L’enflammeur ? Un immigré désespéré qui vivait là depuis plusieurs années, dans cet HLM, et contre lequel ses voisins, petits Blancs d’œufs pourris, petits beaufs de quartier, avaient signé une pétition pour l’expulser, lui et ses gosses ; alors, il est devenu fou et a foutu le feu à son appart’. On appelle ça sur internet « le syndrome de Diogène », c’est-à-dire que le type avait accumulé beaucoup de choses dans un espace réduit, et c’est pour ça que tout a pris feu rapidement… N’importe quoi ! Diogène, c’était pas ça : il n’avait rien dans sa jarre, ou quasiment rien, juste une lampe avec laquelle, quand il sortait, il essayait de chercher, comme il disait, « un homme », même en plein jour… Révisez vos « classiques », surtout que c’en sont pas !

Paris toujours. C’est Emmanuel Grégoire, un vélocipédiste socialiste, qui a été élu maire de Paris : il va continuer le sale boulot d’Hidalgo. Les deux femmes arabes qui l’encadraient et qu’il ne pouvait pas encadrer lors du fameux débat à trois pré-dominical ont bien été baisées. Sophia Chikirou et Rachida Dati : qu’est-ce qu’elles croyaient, l’une à son extrême gauche, l’autre à son extrême droite ? Pour l’électeur parisien, ce sont deux mêmes « crouillasses », « rabzouilles », « bicotes », et puis c’est tout… Regardez comment a été reçu le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko… C’est parti de Darius Rochebin sur LCI pour continuer avec Gilbert Collard, Jean Messiha, Renaud Camus et enfin, Apolline de Malherbe… Rochebin a dit, le soir de sa victoire, à Bally : « Saint-Denis c’était la ville des rois. » Rien que dans cet imparfait, il y a tout son racisme de Suisse iranien, et Bally a rectifié : « C’est la ville des rois… et du peuple vivant. » Les extrêmes droitards ont entendu « la ville des Noirs ». C’est même pas volontaire chez eux de changer les mots, c’est qu’ils n’ont pas écouté : pour eux, ce blackos était obligatoirement en train de dire « ville des Noirs » puisqu’il était noir ! « Roi » et « noir » c’est presqu’une anagramme, et un roi est automatiquement remplacé par un Noir à notre époque. Après, c’est facile à Madame de Malherbe de dire sur X qu’elle n’avait pas bien capté… Ils sont tous choqués parce qu’au fond, un « renoi » ne peut que salir la « cité des rois de France ». Comme si Saint-Denis, c’était encore la cité des rois ! C’est maintenant les dealeurs qui sont les rois des cités… En plus, les RN et consorts devraient être contents et au contraire dire : « Puisque Saint-Denis est devenu une poubelle, c’est normal que ce soit un éboueur qui en soit le maire ! » Ce à quoi, l’heureux élu Bagayoko, un Malien très élégant d’allure, a répondu en avance par un bras d’honneur en montant l’escalier de sa mairie !

Les Français n’iront jamais dans les extrêmes, ni Mélenchon ni Bardella. Ça leur fait peur : ils veulent rester au milieu, dans une sorte de centre mou de gauche mais d’une gauche qui s’est adaptée au libéralisme, à une certaine droite modérée bien sûr. Tout dans le mou de chat ; c’est ça qui leur plaît, c’est dans ce jus-là qu’ils entendent mariner toute leur vie et pour toute l’éternité… Il ne se passera jamais rien en France, voilà, avant la révolution. Les Français — pour ne pas dire les froncés — n’aiment rien mieux que de s’enfoncer avec complaisance dans les sables mouvants du centrisme gaucho-droitier.

Patrick Cohen peut être content : son copain Thomas Legrand avait dit qu’à eux deux, ils feraient « ce qu’il faut » pour Rachida Dati : elle s’est fait éliminer comme un déchet de « droite »… On savait déjà de quoi Cohen était, non seulement le nom, mais aussi capable puisque lorsqu’après avoir désigné en 2013 les « quatre cerveaux malades » à ne jamais inviter, on ne nous a plus jamais revus, Alain, Tariq, Dieudo et moi. Et c’est pas parce que Cohen est le grand Juif qui tire les ficelles de tous les médias grâce à sa judéité (vision bassement antisémite)… Non, c’est plutôt parce que c’est un travailleur. Patrick Cohen n’est pas seulement un marionnettiste, il est fabricant de marionnettes, il prend soin de ses marionnettes, il les lave, les astique, les habille, il en change les fils usés, il est toute la journée dans son théâtre, dans les coulisses, pour préparer le spectacle du soir où il manipule de ses propres mains les poupées et pantins dont il a besoin pour faire du spectacle, c’est-à-dire pour effrayer ou amuser la populace bien-pensante… Il l’a même acheté, son petit théâtre de Guignol, qui est de plus en plus en vue, et Cohen cogite pour celui-là chaque jour infatigablement des scénarios réfléchis travaillés étudiés et peaufinés pour arriver à ses fins.

Paris encore. Chaque fois que je passe par le pont des Arts, je regrette qu’il n’y ait plus de cadenas sur la rambarde, ces cadenas qui avaient été accrochés par des amoureux pendant des années ; maintenant, ils sont sur les grillages de protection des buissons autour de Notre-Dame, pas parce que c’était un peu concon de superposer ce genre original de bijoux dorés sur le pont des Arts, mais parce qu’à la mairie de Paris, ils ont décidé de les enlever de là car ils alourdissaient de plusieurs tonnes de ferraille amoureuse le pont qui menaçait de s’écrouler. Et c’est ça que je regrette, car ç’aurait été un accident magnifiquement tragique et symbolique que le pont des Arts s’effondre avec les gens dessus, et que tout le monde se noie dans la Seine, au milieu des tourbillons d’eau d’amour, comme dans un déluge fatal… Tous victimes des lourdeurs de l’amour !… Les Lourdeurs de l’amour. Il y avait bien l’Autre qui avait écrit Les Déserts de l’amour

Loana, la conne brisée. Horribles, tous ces gens qui chialent depuis l’annonce de sa mort en avouant qu’ils ont participé à son « autodestruction » ! Benjamin Castaldi fait son mea loana, et derrière lui, tous les nases de l’équipe d’Hanouna, qui se foutaient de sa gueule jusqu’à étouffer leurs fous-rires lorsqu’ils invitaient la bimbo déglinguée à ânonner ses borborygmes de détresse en morse, pleurent maintenant toutes les larmes de leur corps qu’ils n’ont plus… Pourquoi donc ? Mais parce que leur sale âme a pris toute la place de leur corps… À propos de corps, c’est bien celui de leur Loana chérie mais pas assez aimée qu’on a découvert « en état de décomposition avancé » (ce qui est tout un symbole) dans son appartement de l’immeuble Vega devant la gare de Nice… On lit partout que Loana a été broyée par le système : truisme pour une truite qui leur a filé à tous entre les mains et à travers l’eau. Enfin, réveillez-vous ! C’est elle qui a broyé le fameux « système », et par un triomphe final total, elle a réussi à devenir quelqu’un alors qu’elle savait qu’elle n’était personne. Loana sera considérée pour l’éternité comme une « star » à la Marilyn Monroe, sans la vraie beauté, sans le vrai sexy, sans le vrai talent de chanteuse, d’actrice, de mythe… En étant juste insupportable pendant 25 ans, refusant de se redresser, mordant toutes les mains tendues, pataugeant dans la merdouille de Loft Story depuis 2001, et en prenant autant de médicaments que de kilos. Plus qu’une icône, une conne ! Imposture d’un jour, imposture toujours ! Elle n’a pas été la victime du système médiatique, il n’y a donc pas lieu de la plaindre ; c’est le système médiatique qu’il faut plaindre car il a été sa victime. La quasi-quinquagénaire en train de pourrir a empuanti tout le showbiz, la pourriture répondant à la pourriture. Oui, les méchants ont abusé d’elle mais c’est elle qui a gagné ; sa sortie est réussie ! La preuve : on glose sur l’universalité (sic) de son destin sur France Culture comme à la télé publique, on arrondit les angles de son parcours pas très carré par des tables rondes. Je n’ai pas connu personnellement Loana, mais j’ai bien connu son nègre Jean-François Kervéan (qui a été aussi celui de Michel Drucker), et monsieur me donnait des leçons de littérature ! Leur daube s’intitulait Elle m’appelait… Miette (Pauvert, 2000). C’était sur son rapport à sa mère ; je ne vais pas revenir ici sur la néfastitude de ces salopes de mamans… Tout le monde parlotte mais un seul connaissait vraiment Loana, c’était son chien qui est resté avec elle jusqu’au bout. Trois semaines avant sa mort, un copain à elle a sonné à sa porte et il entendit le chien aboyer mais ce connard (je parle de Laurent Amar, pas du chien chinois à crête de Loana) n’a pas détecté un aboiement de panique pourtant typique quand on connaît les clébards. On la disait très mal entourée, mais c’est sa faute encore une fois : il faut savoir choisir ses amis, et quand on s’aperçoit qu’on n’a aucune jugeote pour ça, il faut éliminer les amis… D’ailleurs, même quand on en a (de la jugeote)… Regardez moi : 67 ans et aucun ami ! Qui dit mieux ? Loanulle n’a été ni victime ni innocente, les autocastrés en font une égérie pré-MeToo, une pauvresse incestée, une paumée fragile, etc., symbole du combat des femmes ! Mon cul ! Ou plutôt le sien dont elle n’a jamais su très bien quoi foutre. Avant le Loft, elle était déjà glauque, la vie de cette cagole niçoise multipliant les salades, cette côtelette d’Azur prélevée sur n’importe quel torse bronzé de quidam d’Adam à la pomme en compote, frimant sur la promenade des Anglais. Chaque fois qu’elle tirait un coup avec n’importe qui, cette Ève gogo-danseuse se chassait elle-même du Paradis. Vous connaissez son histoire… Elle a couché avec le meilleur ami de son copain qui l’a mise enceinte ; et une fois la gosse née, elle a dit au père biologique que le bébé était mort à la naissance avant d’aller abandonner sa petite fille Mindy à la DDASS… C’est quand même plus grave que les coups de couteau portés par Nabilla à son mec Thomas ! On estime que Loana a été l’ancêtre des influenceuses, il faut le dire vite, et c’est l’effet de génération qui induit en erreur, mais la différence est que Nabilla, issue de la téléréalité elle aussi, ne s’est pas contentée de ne rien faire : elle est devenue une chef d’entreprise, elle s’est bougé le cul, elle est pas passée des Anges de la téléréalité aux Démons de la réalité, elle est devenue une réalité elle-même, c’est plus méritoire… Pareil pour Zahia : elle a commencé pute dribblant les balls de ses clients footeux, mais après, elle a su se reconvertir dans le mannequinat et dans la vente de lingerie, alors que Loana, rien. On disait qu’elle ne voulait rien faire, mais elle ne pouvait rien faire. Il suffit de regarder un autre Petrucciani, Michel, qui a réussi à devenir un excellent pianiste de jazz alors qu’à la base, il était plus handicapé que son homonyme Loana, non ?… Loana, Nabilla, Zahia : rien à voir : un seul point commun : elles ont toutes les 3 de faux seins ! Ça ne suffit pas pour les comparer. Une qui en a, de beaux gros vrais, c’est mon Alexandra (« Les plus beaux seins du monde ! Viens maintenant te régaler. -20 % avec le code promo : lily en cliquant sur le lien👉https://mym.fans/Ladateparlante »). Même si elle était soi-disant un peu trop âgée, Loana aurait très bien pu devenir une modèle MYM ou une influenceuse de 40 ans (il y en a !). Sauf que c’est un boulot de 15 h par jour, entre la création de contenu, le personal branding, et ensuite le travail sur ses reels relatable, les montages, les postages, le chatting, le marketing… Gros travail de forçate que de montrer son cul ou ses seins à un aussi grand troupeau de porcs ! Loana était indécrottablement vide, c’est pas étonnant qu’aujourd’hui tous vantent ou pleurent son vide, puisque tous ces gens du showbiz et même de l’anti-showbiz sont vides eux-mêmes : à longueur de plateaux et d’Instagram et de TikTok, on analyse le saint vide de Loana ! C’est pas pour rien… Ils se sentent tous coupables. Voilà pourquoi ils en font trop, ne sachant plus quoi mettre en avant pour célébrer cette « belle personne »… Malgré ses 140 de QI (pas parce qu’elle était intelligente mais parce qu’elle était la reine des manipulatrices et des menteuses), Loana était une connasse qui n’a pas su exploiter sa « célébrièveté » (copyright Jérôme Béglé, Plon, 2003). Loana préférait se bourrer la gueule de médocs, de gnôle, et se faire des tartines de cocaïne à tremper dans sa chicorée tous les matins… L’anti-Loana, c’est Célyne Durand : alors elle, je l’ai connue en revanche… On l’a même draguée avec Leïla ! Une belle blonde pulpeuse du Sud qui a fait un peu de téléréalité et qui a gagné sûrement moins que Loana mais qui s’en est très bien sortie : elle a acheté un appartement à 600 000 € de 60 m² à Cannes, à 30 mètres de la mer où elle va se baigner tous les jours avec son petit chien… On ne risque pas de retrouver Célyne morte décomposée après 15 jours comme « Miette », avec son clebs Titi qui peut-être, détail délicieux, a été obligé de manger sa maîtresse tellement il était mort de faim… Ouah ! Ouah !

Je ressens souvent, et je le réalise de plus en plus profondément, que le destin et le caractère sont une seule et même chose.

Novalis

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N°64 – 23 mars 2026

Bilan stratégique. Ce n’est pas moi qui suis l’actualité ; c’est l’actualité qui suit ma ligne que pour l’instant rien ne dément… Non, les Iraniens ne sont pas bons militairement, politiquement et même antisionistement. Ils ont fait quelques dégâts à coups de drones et de Sejil « destructeurs », mais rien de sensationnel. Même à Dimona… Les morts se comptent sur les doigts d’une main de gosse amputée à Gaza… Et parmi les chefs, où est l’équivalent d’un Khamenei en cadavre sous les décombres ? Pas plus d’huiles que de beurre en branche, puisque personne d’important du côté israélien n’a péri sous les assauts persans… En revanche, eux, les Iraniens enrichis chiites et ramenards (khamenei ?), ils ont pris cher : Israël a dégommé toutes leurs principales têtes de pipes comme dans un jeu de massacre à la foire… Jusqu’à Ali Larijani, officier des Gardiens de la Révolution ! Il avait mon âge ; encore un mec de 58… Larijani était une preuve vivante, si j’ose dire, du degré de corruption et d’infiltration de l’Iran : le soir de sa liquidation, au lieu de rentrer chez lui, comme il se méfiait, Larijani a préféré au dernier moment aller dormir chez sa fille, et c’est là qu’il s’est pris un missile sur la gueule, ce qui veut dire qu’il était tracé minute par minute, mètre après mètre, par des agents irano-mossadiens ! Larijani, « l’homme le plus puissant d’Iran » ? Des clous ! Tu parles d’un stratège ! Ça lui a pas servi à grand-chose, d’être un spécialiste de la philosophie kantienne… Il aurait mieux fait de troquer Kant contre un certain quant-à-soi… C’est-à-dire rester toujours distant et vif vis-à-vis de ses hommes de confiance qui n’étaient rien d’autre que des courroies de transmission pro-israéliennes… Larijani ! Encore une victime de l’idéalisme transcendantal ! Lui qui croyait que faire 38 000 morts parmi les manifestants en janvier était un impératif catégorique… Ah, Kant, sacré creuseur d’un sillon de perversion de la morale dans le champ de la Pensée, et dans lequel, à sa suite, se sont embourbés ces gros lourds d’Hölderlin, d’Husserl, de Sartre et consorts ! La philosophie de Kant, c’est vraiment la charrue avant les bœufs…

Puisqu’on parle de philosophie, ça commence à bien faire qu’on mette sur le dos de Michel Foucault, au bas duquel il y avait son cul offert à Hervé Guibert (entre autres), toute la faute d’avoir cru en 1978 dans le régime récemment révolutionnaire instauré par l’ayatollah Khomeini… Haro sur le Foucault ! Stop ! On lui a rajouté d’ailleurs aussi Sartre et Beauvoir qui n’ont rien à voir là-dedans. Ni le Crapaud ni sa Grenouille (il ferait beau voir !) ne sont allés prendre le thé à Téhéran, pas plus qu’ils n’ont bondi de leur nénuphar de Saint-Germain-des-Prés à Neauphle-le-Château (Yvelines) chez Khomeini, alors que Foucault, si ! Même s’il ne l’a vu que de loin, comme au zoo… Pour le Corriere della Sera, le grand pédé chauve du Collège de France s’était rendu en reporter-philosophe en Iran pour raconter ce qu’il avait vu : il avait le droit d’y croire à ce moment-là, surtout que l’ayatollah, c’était pas n’importe qui. On connaît l’histoire : Chirac avait conseillé à Giscard de ne pas accueillir ce dissident sur le territoire français, mais « Tête de Nœud président » (voir couverture de Charlie Hebdo par Gébé en 74) a désobéi, rien que pour faire chier le grand Jacques ; résultat : protégé par la France, agenouillé toute la sainte journée dans le jardin de sa bicoque, l’ayatollah est parvenu, par quelques cassettes audio, à renverser le Shah… Il simulait très bien le vieux sage anti-impérialiste, et c’est ça qui a séduit Foucault… Arrêtez d’accabler le pauvre philosophe : c’est quand même dingue que ce soit moi, en 2026, qui sois obligé de défendre Michel Foucault à qui je m’oppose sur presque tout, et pas que par de petits riens. Aujourd’hui, après tout son travail accompli sur la psychiatrie, le pouvoir, la sexualité, la société, la prison, la punition, le crime et la famille, Michel Foucault est réduit à un seul truc : son soutien de quelques semaines à l’ayatollah Khomeini !… Le cliché d’un Foucault partisan éperdu de la Révolution islamique est martelé sans cesse par la droite instrumentalisatrice, comme elle martèle l’absurde thèse d’un Pasolini anti-antifas (j’y reviendrai). S’il y a eu bévue chez Foucault, elle a été avant tout causée par une incompréhension religieuse : à la même époque (années 60-70), vous aviez d’un côté, Jean Genet qui était super pro-sunnite et Foucault qui était super pro-chiite ; c’est ça, sa principale erreur, à Foucault, erreur de vision qu’on retrouve d’ailleurs dans sa façon d’avoir (mal) regardé Les Ménines de Vélasquez !… Préférer les Perses aux Arabes de Palestine, de Jordanie et du Maghreb comme l’autre pédé bagnard qui, lui, ne s’y est pas trompé en matière révolutionnaire, la voilà, la gaffe de Foucault. Gaffe de focale ! Si Foucault a pu dire des conneries, c’est qu’il a été ébloui par l’aspect marxiste de Khomeini et par sa façon radicale de prendre le pouvoir, croyant que l’ayatollah allait donner de la spiritualité à cet État complètement vérolé par l’américanisation. Hélas, Foucault a confondu spiritualité et cléricalisation, car ce n’était pas un groupe de religieux qui allait s’emparer du pays, mais un clergé de politiques pragmatiques oppresseurs : Foucault aurait dû savoir que tout clergé n’a que deux objectifs : surveiller et punir. Si on se penche sérieusement sur les Dits et écrits de Foucault à propos de la question iranienne, on s’aperçoit qu’il a été un des plus lucides sur les Pahlavi, pourritures de père en fils, depuis le premier qui avait été mis en place par les Anglais jusqu’au second par les Américains et qui, par antiarabisme, voulait faire croire aux Iraniens qu’ils étaient de purs aryens… Et encore, Foucault n’a pas connu l’héritier-fils, cette espèce de bubon planqué à Washington et qui ronge son frein, le frein de son gland dont il a la tête, espérant être la troisième génération de Pahlavi à trôner en Iran afin d’y rétablir la vassalité de son père et de son grand-père envers les USA. Dans ces textes, Foucault démonte également tous les clichés (repris sempiternellement par les extrêmes-droitards qui n’aiment les Perses que parce qu’ils ne sont pas arabes) selon lesquels les islamistes sont ataviquement attirés par la mort alors que les Occidentaux le seraient par la vie… Vieille scie ! C’est le contraire : pour les islamistes, les Occidentaux voient la Mort comme une manière de renoncement à la vie dans toute son ampleur, alors que la mort doit faire partie intégrante de la vie. Ce n’est pas la mort qui préoccupe les islamistes, ce sont les morts, et leur survie par la mémoire dans la société des hommes vivants, et en premier lieu, les martyrs, bien sûr.

Les mollahs n’auront bientôt plus que leur verrou d’Ormuz pour faire chanter leurs agresseurs et vous verrez qu’ils finiront par le débloquer, ça commence déjà pour les Chinois et les Indiens… En vérité, je vous le dis, c’est miser sur un mauvais numéro que de croire les chiites iraniens, mollahs ou pas (je continue à mettre le peuple, en majorité pro-régime, dans la boucle), capables de détruire Israël mieux que Dieu (relire Isaïe), et de vaincre les Américains. La stratégie de bombarder leurs États voisins qui collaborent avec les Américains n’était pas si mauvaise, mais c’était à coup sûr s’en faire des ennemis en plus au lieu de réussir à les entraîner dans cette contre-croisade. Résultat : les pays du Golfe ont officiellement menacé de se joindre aux États-Unis et à Israël dans la guerre contre l’Iran ! Le pilonnage du Liban, c’est aussi leur faute, aux Irantanplans : le peu qui restait du Hezbollah n’avait pas à provoquer Israël alors que celui-ci était déjà en pleine offensive contre l’Iran… C’était écrit que Tsahal allait se venger sur une pauvre terre arabe de plus, découpée par les accords Sykes-Picot en 1916, morceau de tapisserie tombé du démembrement de l’Empire ottoman et glissé, en poussière déjà, sous le tapis du mandat français, que dis-je, de la mandale française infligée par le général Gouraud (une ordure) en 1920 à cette terre de Phéniciens… Ô « Grand Liban », pays de chagrin désormais de l’autre côté du fleuve Litani, écoute ma litanie ! Comme si la frontière allait dissuader Netanyahou de bombarder (mille et un morts déjà)… Je vous le répète, ils sont insuffisants, ces Iraniens en rage. Bref, pour un vrai antisioniste comme moi, je suis désolé, l’Iran ne me fait pas bander, même pas une demi-molle ; même pas une demi-mollah…

Je viens de parler de Netanyahou, mais c’est lui qui a pris la place en quelque sorte de « l’imam caché », le Bibi caché ! Ça a duré une semaine, ce colin-maillard… Disparu, le Netanyahou, introuvable… Les supputations sur ce fils de pute sont allées bon train : on a dit qu’il avait été frappé vers le 8 mars par un bon gros missile iranos dans sa sale tronche à Tel Aviv, et que le Mossad avait caché son ciblage réussi ; on raconta même que blessé, on l’avait transporté en Allemagne dans un hôpital où il avait fini par crever… Tout ça a ouvert évidemment une vanne gigantesque de comms conspis à se damner, plusieurs déluges de n’importe quoi bouillonnants, avec analyses débiles de vidéos à l’appui… Quelles vidéos ? Mais celles qui ont été diffusées, voyons ! Dans la première, où Netanyahou faisait une conférence de presse en costard et cravate bleue, les Sherlock (chères loques ?) Holmes 2.0 ont cru voir 6 doigts sur une main et 3 dents en moins dans le fond de sa bouche !… On a eu droit ensuite à une deuxième vidéo, où, d’après les merdeux des yeux, on voyait un Netanyahou cireux comme une statue du musée Ben Grévin, dans un café, le Sataf à Jérusalem, se prenant un cappuccino dans un gobelet débordant qui ne descendait pas malgré les gorgées qu’il s’avalait. En plus, il y avait à côté de lui un type bizarrement masqué (ce qui prouvait que ç’avait été tourné à l’époque du Covid). Quant à la caisse enregistreuse, elle affichait la date de « 2024 », ce qui indiquait que la séquence était ancienne. Ça ne pouvait donc être que NetanIAhou pour exhiber ainsi sa main et montrer qu’elle avait bien 5 doigts !… Et preuve supplémentaire de la supercherie sioniste, il était clair que pour marquer son retour, Bibi ne serait pas allé se balader comme ça, en blouson cool, dans un bar de quartier : c’était donc forcément des images trafiquées ! Ensuite, dans une troisième vidéo, « Netanyahou » discutait sur une colline avec des filles et en compagnie d’un chien : là, c’était son alliance qui apparaissait et disparaissait selon l’angle du filmage. Sur une quatrième vidéo, un énième Netanyahou, toujours aussi peu ressemblant, plaisantait avec quelqu’un dans un couloir sur le nombre de vizirs iraniens rayés de sa fiche… La complosphère, à qui on ne la fait pas (alors qu’au contraire, on la lui fait toujours), repéra cette fois que Bibi avait deux conduits auditifs à une oreille, ce qui démontrait qu’on avait affaire à nouveau à des images créées par l’intelligence artificielle mais démontées par de grands intelligents tombés du ciel… Tout cela avait des explications : principalement la compression des vidéos originales, reprises et reprises maintes fois, ce qui avait amoindri la qualité des images et flouté plusieurs contours, et pouvait donner une impression de factice. Quant au mec masqué, il s’agissait tout simplement d’un garde du corps qui dissimulait son identité… Mais les convaincus (en deux mots) n’en démordaient pas : l’État d’Israël avait produit des fakes pour gagner du temps et essayer de convaincre en vain le monde entier que Netanyahou était toujours vivant ! Même Grok, le chatbot IA de X, confirmait le « deepfake »… Évidemment, la plupart des propagateurs étaient des Beurs sûrs d’eux (et pas du tout dominateurs), qui palabraient et brayaient comme des ânes pendant des TikToks et des Instagrams entiers, et qui fantasmaient tellement l’exécution de Netanyahou qu’ils en arrivaient à s’en persuader jusqu’à arborer les pop-corns et la bouteille de Champomy (zéro alcool) qu’ils allaient « faire péter » en prévision du grand jour où la nouvelle serait officiellement annoncée, car il n’y a qu’un abruti comme un conspi pour attendre religieusement qu’un média officiel confirme ses « certitudes »… C’était sans compter avec les Russes, les Indiens, les Chinois et en premier lieu les Iraniens quipar la voie de l’agence de presse Tasnim, multiplièrent les articles dénonçant ces « fausses » vidéos. Il n’est pas impossible d’autre part que les Iraniens eux-mêmes aient retouché les vidéos authentiques pour les rendre grossièrement fake afin que tous les cons gobent le bobard. Les complochiites sont prêts à tout pour faire croire que Netanyahou est mort.

Enfin arriva une dernière vidéo, la bonne, celle du 19 mars : une véritable conférence de presse où on a vu Belphégor Netanyahou réapparaître en toute majesté, costume bleu nickel, cravate rouge, encadré par deux drapeaux étoilés de David… Ça n’empêcha pas des benêts agressifs de continuer à prétendre que cette vidéo aussi était bidon parce qu’un bout de chemise de Bibi surgissait de sa manche gauche quand il s’appuyait à la tribune, ou que le revers droit de sa veste se fondait dans le tissu… Il suffit de visionner cette conférence dans sa version parfaitement télévisée par Government Press Office ou diffusée par France 24 pour l’authentifier en un clin d’œil… Netanyahou a commencé par un prologue de 8 min en hébreu, puis il est passé à l’anglais pour 30 min d’un véritable festival ! Il en avait des choses à dire depuis qu’il était « mort » … Après avoir précisé que c’était bien lui et qu’il était vivant, il a tenu à donner aux journalistes des nouvelles de l’opération « Lion rugissant ». Pour lui, les forces armées iraniennes ont été complètement décimées, tout est détruit, les américano-israéliens ont éliminé les stocks et toute l’infrastructure nucléaire, et maintenant il leur faut casser les usines. Bibi a constaté des « fissures » dans ce « morceau de bois » qu’est devenu l’Iran, qui a l’air normal à l’extérieur mais qui, à l’intérieur, est en train de pourrir. Un signe ? Les mollahs ont peur parce qu’« ils ne sont pas tous suicidaires », il ne faut pas croire. Netanyahou s’est félicité d’avoir liquidé Khamenei auquel son fils a succédé, mais plus pour longtemps, car lui aussi a disparu et de toute façon, il est nul et non avenu. Ne jamais hésiter à couper la première tête : Nasrallah n’a jamais été remplacé dans le Hezbollah… Cette guerre d’Iran a dévoilé la « folie » et le « fanatisme » des Iraniens : « Nous avons vu comment ils ont balayé leur peuple en deux jours… » Netanyahou-le-vrai a fait aussi la comparaison avec les années 30 où les gens se disaient que c’était pas grave, Hitler, et que ça ne concernait que les Juifs. Netanyahou a rappelé ensuite que s’il s’attaquait à l’Iran, c’était parce que c’était existentiel car depuis longtemps l’Iran veut détruire Israël et l’Amérique. Il est faux de penser que les Iraniens n’allaient pas attaquer : ils étaient quasiment prêts… Agir était moins un risque que de ne pas agir parce que si on les avait laissé faire, en se disant qu’ils n’avaient plus la possibilité d’envoyer des missiles sur l’Amérique, la Floride, le Texas, la Californie, etc., eh bien, ils auraient été capables de reconfectionner en douce un nouveau programme nucléaire et d’enfouir encore plus profond leur uranium dans la terre, et ni les Américains ni les Israéliens auraient été en mesure à ce moment-là de les atteindre… Le détroit d’Ormuz ? Aucun problème ! Si ça traîne, Bibi a proposé de construire des oléoducs et des gazoducs traversant l’Arabie saoudite pour arriver à acheminer directement le pétrole et le gaz sans passer par le détroit ; alors, les Iraniens seront bien baisés. La guerre va durer beaucoup moins de temps que les gens le croient… Netanyahou a bien insisté également, et ça a été le leitmotiv de son discours, pour dire que ce n’est pas Israël qui a entraîné l’Amérique dans ce conflit, c’est cette dernière qui l’a décidé : « Trump est le leader et moi je suis son allié ; Israël est l’allié modèle ! » Dès son premier mandat, Trump s’était retiré de l’accord nucléaire avec l’Iran, et il a toujours été conscient que pour les Iraniens, l’Amérique était le grand Satan et que leur but est de démolir la civilisation occidentale, car ce sont des « voyous » des « fanatiques » des « lunatiques » des « fous furieux ». « L’Amérique ne se bat pas pour Israël, elle se bat aux côtés d’Israël ». La coordination est parfaite entre eux, c’est pour ça que tout va à une vitesse fulgurante. Sur le peuple iranien, Netanyahou a dit que, pour l’aider, les Israéliens et les Américains ont fait ce qu’il fallait par les airs parce qu’on peut faire beaucoup par les airs, mais que c’était aux populations, au sol, d’exploiter la situation, « de profiter des conditions que nous créons pour affaiblir ce régime et le remplacer ». Après, il a cité Churchill qui disait que la démocratie était toujours en sommeil et qu’elle ne se réveillait jamais qu’au son du « gong strident du danger », et que là, c’était pire que le gong strident du danger, c’était une véritable « apocalypse » qu’il ne fallait pas laisser se produire… « Ou on se bat ou on s’enfuit ». « Nous sommes arrivés à temps, et pas trop tard. » « Le danger ne rôde pas, il émerge de la boue, c’est sur nos yeux, ça nous éclabousse de sang. » Des dizaines et des dizaines de dirigeants mondiaux auxquels Bibi a parlé sont d’accord, ils pensent la même chose mais ils n’ont pas osé suivre l’Amérique et Israël, par peur des médias qui leur seraient hostiles, car ils ne sont pas assez audacieux… Tout ça, ce sont les mots de Netanyahou… Mais le cœur de cette conférence a été le passage suivant et essentiel avec LA phrase (je la mettrai en italiques, ne vous inquiétez pas) : « Vous savez, si les gens sont naïfs, ils refusent de voir le monde dans lequel nous vivons. La moralité ne suffit pas. Être juste ne suffit plus. Avoir raison ne suffit pas. Vous savez, l’un des plus grands écrivains du XXe siècle, quelqu’un que j’admire beaucoup, était l’historien Will Durant qui a écrit de nombreux ouvrages, j’en ai lu la plupart, il a également écrit Les Leçons de l’Histoire, un très bref livre de 100 pages, dans lequel il disait que l’Histoire prouve que malheureusement, Jésus Christ n’a aucun avantage sur Gengis Khan, car si vous êtes suffisamment fort, suffisamment impitoyable, suffisamment puissant, le mal l’emportera sur le bien, l’agression sur la modération. » Pour conclure, Netanyahou a reparlé en hébreu, et c’était fini. Trop tard ! La sentence, tombée dans l’oreille de sourds, a été reprise en boucle, et même tordue en boucle, par une multitude de conspis mondiaux qui, évidemment, n’ont pas écouté ni compris un mot de ce que Netanyahou a dit, mettant dans sa bouche à lui, et pas sous la plume de ce Will Durant (et en occultant l’« unfortunately » crucial que Bibi avait pris soin d’émettre avant de paraphraser l’historien américain catholique), ce qui a été aussitôt considéré comme une attaque en règle de tout le christianisme, un blasphème contre Jésus-Christ effrontément méprisé par Netanyahou comme seul un antichrist pouvait le faire, jusqu’à Le comparer négativement à Gengis Khan admiré sans retenue pour le mal qu’il représente !… Le niqueur niqué ! Après avoir blousé tout le monde en laissant croire qu’il était mort, Netanyahou subit à son tour les foudres du Faux ! Depuis cette conférence de presse, on lui attribue une phrase qui n’est pas de lui et qu’il n’a pas prononcée dans ce sens-là. On lui renvoie dans sa face un truc qu’il n’a pas voulu dire, un contresens dont il n’a pas fini de payer la facture… Eh oui Bibi, il y a une justice,  mais elle est divine, et s’il y en a bien un qui aurait dû le savoir, c’est toi !

Je suis le châtiment de Dieu. Si vous n’aviez pas commis de grands péchés, Dieu ne vous aurait pas envoyé un châtiment comme moi.

Gengis Khan

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°63 – 16 mars 2026

La Feuille, déjà pleine avant de la remplir…

Je le dis autrement : l’indécence de ceux qui se sont indignés de la charge non héroïque d’Israël et des USA contre l’Iran des mollahs réside dans le fait qu’ils mélangent la guerre en Iran et celle à Gaza ; ça n’a rien à voir. En Palestine, c’est une armée israélo-américaine qui décime des populations civiles et désarmées. En Iran, c’est la même armée, à quelque chose près, qui bombarde un pays qui, lui, a une armée, et qui, plus résistante qu’on ne le croyait, riposte. Confondre les deux au nom d’une haine (justifiée) pour Israël et l’Amérique est une faute et trahit une incompréhension de ce qui se déroule en ce moment aux Moyen et Proche-Orients.

Misère du journalisme (d’investigation). Quel intérêt de dépêcher un Iranien dont on change le nom, la voix, l’apparence, pour qu’il aille, complètement flouté, se balader dans Téhéran et filmer au ras des guéridons des bocks de bière Istak avec trois pelés dans un bar, en évitant de se faire repérer par la police ? Il est censé rapporter quoi ? Des images volées comme on en a vu un milliard de fois ?… Les « images volées » deviennent un genre en soi et se caractérisent par le fait d’être mal filmées ! Si encore c’était William Klein ou Jean Rouch qui étaient derrière la caméra… En plus, le procédé est auto-justifié par les rédactions de la Télé en affirmant qu’il s’agit de témoigner de la « propagande » des gardiens de la révolution… Mais les reporters ne montrent pas grand-chose ! Ils se font peur, c’est tout ! Des plans vides, la nuit, et qui ne disent rien, ni du climat ni de la politique ni de ce qui se prépare ou même de ce qui se passe dans les rues iraniennes… Et Élise Lucet se la joue reine d’Envoyé spécial, seul magazine en prime time international nécessaire pour informer ! Informer… Quelle différence entre les informateurs du régime et les informateurs du journalisme ? Elle est reçue par ses copains de C à vous comme une résistante, une journaliste intègre qui prend des risques, ou plutôt qui en fait prendre à d’autres : son correspondant iranien, comment l’appeler autrement que traître ou espion ? Son pays est en guerre et il pique des images pour France Télévisions ? Mourir pour Dantzig, c’était déjà très con, mais mourir pour Élise Lucet !

Les vautours du Bien n’attendent qu’une bonne nouvelle : que le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui a déjà perdu dans l’offensive son père, sa mère, sa femme, son fils, sa nièce, son neveu, sa sœur et son beau-frère, soit à son tour assassiné. Surtout qu’il a dit : « Chaque martyr de cette nation, qu’il s’agisse du grand Guide ou de tout autre membre du peuple, est le point de départ d’une vengeance distincte. Une partie de cette vengeance a déjà été mise en œuvre, mais tant qu’elle ne sera pas complète, ce dossier restera ouvert. Nous serons particulièrement sensibles au sang des enfants, comme le crime délibéré commis contre l’école Shajareh Tayyebeh de Minab. » Et paf !

Une rampouille de Chammal, engagée volontaire pour des « opérations extérieures » (entendez « ratonnades sur place ») au Tchad, Mali, Afghanistan, du nom d’Arnaud Frion, a été tuée lors d’une attaque en Irak kurde par la milice djihadiste irakienne et pro-iranienne Ashab al-Kahf. N’oublions pas que l’Irak a été entièrement placé, par vieille haine anti-Saddam, sous domination chiite par les Américains eux-mêmes. Certains en ont eu marre et se révoltent. Ainsi s’est formé le groupe Ashab al-Kahf, ce qui veut dire « gens de la grotte ». Quelle grotte ? Celle des 7 Dormants d’Éphèse bien sûr ! Légende syriaque et chrétienne dont on retrouve la trace dans le Coran à la sourate 18… C’est peut-être ce qui est le plus scandaleux, d’avoir détourné ce merveilleux récit pour servir les intérêts de l’Iran chiite. Vous voyez qu’on est loin de Daesh (sunnite) à qui, pavloviennement, les journalistes avaient attribué l’assaut qui a coûté la vie à Frion, un soldat abruti de plus qui était du côté d’Erbil pour « défendre des intérêts de la France » (en vérité, former militairement des Arabes pour dessouder d’autres Arabes). Quelle France ? Quels intérêts ? Ce que Frion a payé en tout cas, c’est le déplacement du gros cul Charles-de-Gaulle, je parle du porte-avions poussé comme sur un bassin de jardin public par le vent jusqu’en Méditerranée, « au large de la Crète » comme ils disent… Pas mal comme troc : un navire de guerre contre un adjudant-chef zélé ! Revenons aux Sept Dormants… En 250 apr. J.-C., sept chrétiens persécutés avaient été enfermés dans une caverne avec leur chien Kitmir et se sont réveillés plusieurs siècles plus tard, s’apercevant qu’ils avaient basculé dans une autre époque. Par délicatesse pour votre ignorance, je ne vais pas rappeler ici tout mon travail passionné accompli dans les années 90 autour des Sept Dormants ni ma visite en Bretagne où Louis Massignon avait instauré une cérémonie de fraternité islamo-chrétienne ni en 2001 mon séjour à Éphèse, lieu sacré à bien des endroits, au moment même où 19 « dormants » en Amérique, dont Mohamed Atta et Ziad Jarrah, préparaient leur 11 septembre à venir…

Jusqu’où les Occidentaux bientôt privés de pétrole sont-ils capables d’aller dans leur volonté morale et politique de renverser la république islamique tyrannique d’Iran ? À longueur de plateaux, ils s’insurgent contre les mollahs et ne souhaitent qu’une seule chose : la chute du régime provoquée par Israël et les USA, mais si demain les mollahs arrêtent leurs représailles en disant : « OK, on a perdu mais si vous nous laissez notre nouveau Khamenei à la tête de notre pays, on vous rouvre le détroit d’Ormuz et on remet en circulation normalement l’énergie pétrolière… », tout le monde sera d’accord pour ne plus toucher à la théocratie iraneuse, ni à la répression sanguinaire ayatollesque sur son propre peuple… Ou même pire : si les mollahs disaient : « Si vous renoncez à tuer notre guide suprême récemment élu, on vous redonne l’accès au pétrole ! », le monde occidental applaudirait et protégerait la vie de Khamenei bis à la tête de l’Iran, uniquement pour sauver le carburant mondial. Ah, on les a vues à l’œuvre, les nations opportunistes… En France, ç’a été Pétain en 40 suivi par l’Épuration en 44. Le carburant de ce monde, c’est la collaboration instantanée.

Le but de l’Amérique et d’Israël, c’est aussi de casser ce lien peut-être unique dans l’histoire de l’Islam, ce rapprochement, cette entr’aide entre les chiites et les sunnites puisque l’Iran a soutenu le Hamas pour le 7-Octobre. C’est donc le 7-Octobre qui a marqué cette association tout à fait ponctuelle mais qui a suffi à déclencher la volonté de frapper l’Iran, d’une façon encore plus injuste que la croisade qu’avait lancée Bush en attaquant l’Afghanistan parce qu’il croyait que Ben Laden y était resté caché, puis en tombant sur l’Irak de Saddam qui possédait soi-disant des armes de destruction massive et qui n’avait rien à voir avec les attentats du 11-Septembre.

Le point commun entre Soral et Zagdanski, ce n’est pas seulement moi, mais c’est aussi l’idée que ces deux merdes se font d’Israël : pour l’un (Soral) c’est le Diable : les Juifs sont des paranoïaques génocidaires et suicidaires à la fois, toujours à l’origine et la cause de tout le Mal sur la Terre (de mai 68 au Covid, c’est eux !) ; pour l’autre (Zag), Israël, c’est le Dieu, c’est le Bien absolu qui doit triompher parce qu’il est dans le juste et le bon et tous ceux qui le combattent sont des paranoïaques génocidaires et suicidaires à la fois également… Qui ne se ressemble pas s’assemble quand même ! Ils sont ennemis, alors qu’ils ignorent tous deux qu’ils sont des alliés coulés dans le même moule en fusion : le fantasme d’Israël… Ils fantasment tous les deux deux Israëls qui sont faux par rapport à ce qu’est le véritable Israël qui est, bien sûr, celui de la théologie, et pas celui du territoire : il faut passer par la théologie pour le comprendre, et ça ne doit pas être un vain mot. La guerre actuelle qui oppose l’Amérique protestante et l’Israël juif à l’Iran chiite est un révélateur de la méconnaissance théologique des deux visions à angle mort d’un tandem d’aveuglés, persuadés de se positionner aux extrêmes dans l’analyse de la situation. Le premier, puisqu’il est allé faire la pute en Russie en se faisant passer pour un exilé politique, ressort la vieille solution du Birobidjan (où il aurait mieux valu placer les Juifs qu’en Palestine) ; et l’autre, de son mini-kibboutz de Rouen (là où a été brûlée Jeanne d’Arc, mais c’est encore un coup de dé du hasard sans doute) où il s’est réfugié parce qu’il y avait trop d’Arabes à Marseille, estime que si, avec l’aide des Américains, Israël parvenait à éradiquer tout islamisme fanatique et hostile aux Juifs dans toute la région, il y aurait une pacification généralisée et une démocratie dont Israël serait à la fois l’exemple et le modèle. On est dans le n’importe quoi d’un ridicule duo de doux rêveurs, ou plutôt de mous rêvasseurs qui jouent les durs d’oreiller ! À force d’endormir leurs fans sur YouTube (38 vues pour le Juif ; des centaines de milliers pour l’antisémite), Alain Zagdanski et Stéphane Soral se sont endormis eux-mêmes.

Je répète que ce n’est pas le chiisme des mollahs qui dérange Israël ; au contraire, Israël aime bien le chiisme, il le préfère au sunnisme, et les chiites ne sont pas foncièrement ennemis d’Israël. On a même soupçonné à une époque Bachar al-Assad d’être un peu trop indulgent envers Israël justement parce qu’il était chiite. C’est comme les mollahs iraniens, pourquoi n’ont-ils pas attaqué Israël avant cette guerre, et beaucoup plus fort, comme Bachar et Nasrallah d’ailleurs qui ne l’ont jamais fait ? Pour moi, tous ceux-là sont douteux dans leur antisionisme parce qu’ils ne sont pas sunnites. Oui, je mets ça sur le dos de la religion. Il y en a marre de cette espèce de complexe de supériorité de chiites qui toisent les sunnites, ils sont bien contents que des sunnites sacrifient des dizaines de milliers de Gazaouis à la Cause. En couvrant Bachar al-Assad, les mollahs chiites, en principe exécrateurs de sionistes, ont préféré participer à des tueries d’Arabes sunnites (défendus si noblement par Al-Qaïda et l’État islamique) plutôt que de tuer des Israéliens. Finalement, je vous le redis, il aura fallu cette guerre en Iran pour que les mollahs du genou juif s’en prennent directement à Israël à coups de missiles et de drones… Mais tout cela a une histoire… La voici, bébés baveux ignorants !

Comme le dit Aïssam Aït-Yahya dans son essai remarquable Théologie du complotisme musulman (2014), il y a quelque chose de profondément complotiste dans le chiisme, mais là, je vais prolonger ce qu’Aïssam a découvert, et dire qu’il y a quelque chose, plus profondément encore, de judaïque dans le chiisme. Des signes théologiques permettent d’affirmer que bien que les mollahs au pouvoir soient dans la détestation d’Israël et qu’Ahmadinejad (pas « Ahmad Jamal en jazz ») ait exprimé jadis son désir qu’Israël « disparaisse de la page du Temps », les chiites sont les plus mal placés pour être hostiles fondamentalement à Israël. Sur le fond, les chiites, et en particulier l’Iran, sont des proxys (si je puis dire) d’Israël et des Juifs : il y a bien sûr le fait que Cyrus les ait sauvés de Babylone et les ait ramenés pour construire leur temple à Jérusalem, ça ne s’oublie pas, mais surtout il y a une analogie à faire entre le Mahdi chiite duodécimain et le Mashiach juif : deux figures de sauveurs providentiels, charismatiques et attendus pour la fin des temps, l’un descendant du roi David, l’autre du prophète Mahomet… Le Mahdi, c’est le 12e imam caché dont l’occultation a commencé à Samarra en Irak, j’y suis allé en 2002… Je suis même monté à pied tout seul jusqu’en haut (52 mètres) du minaret Malwiya en colimaçon, « hélicoïdal » ils appellent ça ; ma copine de l’époque m’a pris des photos d’en bas mais en tremblant, car elle avait peur que je tombe… Quelle formidable finition ça aurait été pour moi que de m’écraser là d’où le « bien-guidé » s’est escapé ! Ce Mahdi est l’exact pendant du messie juif qui n’est pas Jésus évidemment. Les deux traditions ont l’air différentes alors qu’elles sont semblables, les deux croyant dur comme fer à souder au retour du Mahdi d’un côté et à celui du Messiah de l’autre, sortes de Zorros et pas forcément astriens, qui vont apporter la Justice et l’Ordre. Les différences, il y en a : les chiites sont un peu moins fanatiques que les Juifs puisqu’ils imaginent Jésus alias Isa comme une espèce d’ambassadeur du Mahdi qui descendra avec lui sur Terre et qui priera à ses côtés… Il sera une sorte de ministre pour le Mahdi des chiites. Pour ces derniers, Jésus est un Messager d’Allah, et ils ont de toute façon plus de considération pour Jésus que n’en ont les Juifs pour le Christ qu’ils détestent alors qu’il est juif. La mécréance qui est apposée sur les Juifs vient de ce que ceux-ci ne croient pas en Jésus comme prophète, encore moins comme fils de Dieu. Dans la mystique chiite, le Mahdi et Jésus sont potes, et quand Jésus mourra, c’est le Mahdi qui s’occupera de ses funérailles… Le messie et le Mahdi se présentent comme installateurs définitifs, l’un d’un Israël triomphant ; l’autre d’un Islam triomphant. En vérité, la vision chiite est inspirée directement des apocalypses juives qu’on peut lire notamment dans les Apocryphes (mes bibles !) qui regorgent de trésors à la fois eschatologiques et poétiques. On tiendra compte aussi des Houthis (chiites), car le Yémen est le seul pays où les deux communautés (juive et chiite) attendent ensemble leur roi messianique, descendant chacun d’une lignée prophétique, et censé venir les rédempter un jour ou l’autre, ils cultivent en chœur la vertu de l’Espérance. Je pense que Péguy (qui n’était pas le philosémite qu’on croit, et je le démontrerai bientôt), dans son projet de livre qu’il voulait faire avant de partir connement à la guerre de 14 se faire tuer et qui devait s’appeler Propre de l’Espérance, nous aurait appris beaucoup de choses sur cette notion. C’est en effet l’espérance qui est le point commun entre les croyances chiite et judaïque. Sur ce point biblique, les chiites sont plus zélés que les Juifs m’aiment (« mêmes » ! il est sourdingue, ce micro d’ordi ou quoi ?)… Dans la période pré-pahlavique, aux ères safavide puis qadjare, les Juifs d’Iran, appelés aussi « les enfants d’Esther », et qui n’avaient pas voulu rentrer à Jérusalem avec Cyrus, préférant rester en Perse auprès de leurs bienfaiteurs, étaient discriminés, ils étaient obligés de porter des brassards (jaunes déjà), et ils étaient punis… Pourquoi ? Parce que les Iraniens chiites estimaient que le Mahdi allait faire mieux que leur Mashiach pour les Juifs eux-mêmes, et en ce sens, ça rejoint les tirades menaçantes et punitives d’Ézéchiel et d’Isaïe dans l’Ancien Testament. Les chiites, ayant donc trouvé de quoi confirmer leur attente du Mahdi dans les écrits apocalyptiques juifs, jugeaient que les Juifs avaient manqué à leur mission d’espérance messianique et qu’ils n’étaient pas assez purs vis-à-vis de leur messie. C’est la raison pour laquelle les Iraniens leur ont mené la vie dure : pour leur faire comprendre que c’était le Mahdi, le véritable messie en quelque sorte, celui qui allait tenir toutes les promesses de la Bible… Si, au niveau social, les Iraniens ont persécuté leurs Juifs, au niveau religieux, ils observaient la plus grande révérence pour leur messie espéré. En gros, les chiites adeptes du Mahdi faisaient la leçon biblique aux Juifs qui, selon eux, n’étaient pas authentiquement sincères dans l’attente de leur messie. Ils pouvaient très bien reconnaître d’un côté la grande valeur prophétique de ces gens qui comme eux attendaient un sauveur, et de l’autre les discriminer en tant que sous-citoyens parasites. De même que les protestants, on le sait, aident Israël dans l’espoir de convertir tous les Juifs au christianisme ; de même, les chiites islamistes espèrent qu’un vrai grand jour, les Juifs se rallieront au véritable messie qui compte, c’est-à-dire le Mahdi. C’est de tout ça qu’est née la réputation des chiites persécuteurs de Juifs alors qu’ils en sont des cousins en théologie eschatologique. D’ailleurs, historiquement, ça avait évolué dans la période du Shah où les Juifs, contrairement à ce qui est dit, n’ont plus été persécutés mais choyés. Et si vous êtes amateurs de nuances, même pendant la période des ayatollahs, c’est Israël qui a été la bête noire du régime et pas vraiment les Juifs en eux-mêmes. L’Iran est certainement le pays du Moyen-Orient qui est le moins hostile aux Juifs, celui qui éprouve le moins de dégoût physique et moral pour le Juif… Dire que je suis en train d’apprendre certaines choses à certains qui n’ont jamais eu la curiosité de se pencher sur ces questions-là ! Il faut être vraiment « con comme un Zagdanski à Rouen » (nouveau proverbe) pour persister à croire que les chiites attendent le retour du Mahdi dans le but que celui-ci bute tous les Juifs, alors qu’il a à venger le supplice d’Hussein à Kerbala (entre parenthèses, tué par les Omeyyades et pas par les Juifs) : c’est méconnaître l’alliance apocalyptique qu’il y a entre le Mahdi et le messie, je vous dis, et qui lie les chiites aux Juifs, et on peut même le dire l’Iran à Israël… Voilà pourquoi aujourd’hui les Juifs et les Israéliens tiennent tant à ce que le régime mollahtique tombe et que les Iraniens en masse puissent recollaborer avec eux comme au bon vieux temps du Shah… Je vous laisse là-dessus… Feuille suivante !

Ce sont toujours les faibles qui perdent. Longtemps nous avons été les plus forts. Maintenant, nous sommes les plus faibles. Nous serons battus et nous mourrons. Après en avoir fini avec nous, vous vous tournerez vers d’autres peuples. Je suis certain que vous ne cesserez jamais de vous battre contre ces peuples qui sont sur des terres lointaines, de l’autre côté des océans et qui parlent des langues incompréhensibles. Serez-vous plus forts qu’eux ? Vous écraseront-ils ? Peu importe.

Cochise

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°62 – 9 mars 2026

Je vous l’avais pas dit ? Vous vous souvenez, vous, de cet Epstein ?… Et de cette Janine ou Gisèle Pelicot, je ne sais même plus ?… C’était qui déjà ? On les a complètement oubliés, en moins de temps qu’il n’en faut pour lire une Feuille nabienne ! Bien l’air con désormais ceux qui s’imaginaient que le « scandale Epstein » allait inonder la planète et que le monde entier conviendrait que les Juifs tirent toutes les ficelles ; et plus abrutis encore, ceux qui étaient persuadés qu’Ariane de Rothschild était responsable du blacklistage du « meilleur humoriste français » ! Tout ça a fait « pschitt » avant de partir en fumée… Tout ça a été balayé par la guerre en Iran…

On sait que je suis pour toutes les révolutions quelles qu’elles soient, à condition qu’elles viennent de l’intérieur. Si le peuple iranien veut renverser ses dirigeants dictatoriaux et tyranniques, je suis d’accord bien sûr, allez-y, démerdez-vous ; comment ils ont fait les Français en 89, comment ils ont fait les Russes en 1917, et comment ils ont fait les Chinois, les Mexicains, les Cubains ?… À toutes les époques, il y a eu des peuples qui se sont soulevés contre leurs chefs, mais là, on n’a aucunement affaire à une révolution autonome du peuple iranien anti-mollahs ; il s’agit d’une guerre déclarée par des étrangers, et lesquels — l’Amérique et Israël — ! et ni Trump ni Netanyahou n’ont l’intention de libérer la masse iranienne du joug féodal des ayatollahs. Et leur but est encore moins de désarmer l’Iran, de lui faire ravaler ses objectifs nucléaires (ç’a été fait au mois de juin pendant la guerre des 12 jours) ou même de lui piquer son pétrole… Les Israéliens se foutent et du pétrole et de la bombe, ils se sont associés aux Ricains pour punir l’Iran, that’s all. Ou plutôt l’inverse, car comme toujours ce sont les Américains qui se sont joints à l’expédition punitive des Israéliens. Pourquoi ? Il faut être « con comme un Soral en Russie » (nouveau proverbe) pour croire que Bibi tient Donald par les couilles avec de sombres affaires de pédophilie epsteinienne, mais non évidemment ! Si Trump a marché avec Netanyahou pour attaquer l’Iran, c’est qu’il y voit lui aussi son intérêt, c’est-à-dire couper les pattes, dans un élan tout thucydidien, d’une puissance qui l’inquiète et le gênera dans son futur conflit. Quelle puissance ? Il faut vraiment tout vous expliquer ! L’Iran, enfin, qui est pro-chinois et même déjà aidé et armé par Xi Jinping… Et quel conflit futur ? Mais celui des USA contre la Chine, voyons ! Pour les uns (les Américains), il s’agit d’une guerre préventive et pour les autres (les Israéliens) d’une guerre punitive car oui, Israël profite de cette volonté trumpiste d’affaiblir un allié des Chinetoques pour poursuivre sa campagne de punition internationale de tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l’attentat (car ce n’était rien d’autre qu’un attentat) du 7 octobre 2023. C’est ça la vraie raison pour Israël : mener jusqu’au bout (tant que les lâches autres nations le laissent faire) une vaste opération mondiale de liquidation de toute personne ou groupe ou pays qui a soutenu le Hamas ou qui ne s’est pas assez insurgé contre son assaut. Tous ceux qui n’ont pas pu être étouffés dans l’œuf doivent être décapités comme des poussins. Le Hamas, décapité ; le Hezbollah, décapité ; les Houthis, décapités… Toutes ces têtes d’hydre coupées !… Il ne restait plus que celles de Khamenei et de ses barbouzes barbues… Celui qui l’a compris, c’est le Marine américain qui a hurlé qu’il ne voulait pas faire la guerre pour Israël avant de se faire expulser de la salle du Sénat à Washington où il protestait, jusqu’à s’agripper à une porte et se faire carrément casser le bras par une brute… Une scène qui est le pendant esthétique d’une autre aussi forte, car les deux images étaient très belles et tout aussi violemment chrétiennes : on est passé d’une sorte de tabassage christique d’un révolté qui voulait chasser les marchands du temple à une véritable cène dans le bureau ovale de Trump où un collectif de pasteurs évangéliques s’est tenu autour de saint Donald, immobile et pénétré, toutes leurs mains sur ses épaules, et priant pour la bonne avancée biblique des opérations militaires en Perse ciblée… Magnifique comme un tableau de Pontormo reconstitué dans un film de P.P. Pasolini !…

Évidemment, Israël a poussé à cette énième guerre pour faire payer aux Iraniens d’avoir trempé dans les préparatifs du 7-Octobre qui a déclenché ce tsunami d’antisémitisme mondial. Mais ce qui a décidé Israël à partir en cette croisade anti-iranienne, c’est aussi que c’est la première fois depuis très longtemps (qu’on me trouve un autre exemple) que des chiites se sont acoquinés à des sunnites (le Hamas) pour accomplir un acte antisioniste d’envergure. Avant, les Israéliens chouchoutaient, choyaient un certain chiisme avec lequel ils auraient pu pactiser, et voilà que ce chiisme se met à la colle avec des sunnites ! Il y a dans le chiisme quelque chose qui n’est pas incompatible avec le judaïsme, comme il y a quelque chose de profondément chiite encore dans le complotisme (j’y reviendrai…). Bien sûr, ça ne fait pas de tous les Iraniens des supporters d’Israël, mais j’aimerais bien savoir quelle est la proportion, parmi la population iranienne, des chiites qui sont pro-Israël pour d’autres motifs que celui, assez dégueulasse je dois dire, d’être débarrassés de leurs mollahs.

L’arnaque est de faire croire qu’il s’agit d’une guerre « juste » (dixit BHL et Cie) menée par l’Occident pour empêcher que des Orientaux aussi butés qu’obscurantistes et répressifs utilisent la bombe atomique, alors qu’il s’agit d’une guerre contre tous ceux qui sont contre Israël. Il y a du boulot, mais les Juifs ne sont pas des fainéants quand il s’agit de protéger ce qu’ils estiment être leur terre. Les Israéliens étaient déjà fous, hystériques, frénétiques, fanatiques, mais là, depuis le 7-Octobre, le fait qu’au lieu de les plaindre on les ait accablés à cause de la disproportion de leur riposte, et que leur détestation soit devenue virale et mondiale, les a rendus littéralement délirants. Pour eux, il y a une pieuvre qui s’appelle l’Iran dont les tentacules se glissent un peu partout dans le Proche-Orient et le Moyen-Orient et il faut crever la tête de la pieuvre. Ils ne se rendent pas compte que la pieuvre, c’est eux, c’est Israël, Israël-la-pieuvre dont les tentacules sont autant de relais, autant dire d’antennes, qui s’insinuent dans le monde médiatique occidental pour alerter la tête qu’il y a un foyer d’antisémitisme qui naît quelque part ou qui perdure… Il s’agit pour la pieuvre israélienne d’étrangler du bout de ses tentacules déployés la moindre velléité de critiquer ou de remettre en question l’existence même de sa pieuvrité… C’est tellement simple, la géopolitique !

Bravo d’ores et déjà aux Espagnols qui, comme à l’époque de la guerre en Irak (voir mon texte dans J’enfonce le clou, 2004), ont refusé d’envoyer leurs taureaux droit dans le mur de l’arène internationale pour faire la guerre en Iran ! Ça change des petits Français qui n’ont peur que pour leur pétrole empêché d’être approvisionné, et qui n’ont d’yeux que pour le détroit d’Ormuz. Tout à coup, ça devient le détroit d’orgasme, le canal vers le paradis, le saint boyau anal… Relire le Sonnet du trou de cul écrit à deux bites par Rimbaud et Verlaine en 1871 (les tercets sont de la Rimbe) :  

C’est le tube où descend la céleste praline :
    Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !

Comment mieux définir le détroit d’Ormuz ? Que d’œuvres à faire, romans, peintures sur cette actualité : Le bal du comte d’Ormuz, L’Enterrement du comte d’Ormuz ! 

Ils nous font chier avec leur détroit d’Ormuz ; déjà autour de 2015, un vieil ami russe à moi devenu comploto-poutinien me justifiait le soutien de Poutine à Bachar par la sauvegarde à tout prix du détroit indispensable à l’acheminement du pétrole russkoff ; maintenant que Téhéran a bloqué le passage, c’est tous les autres exportateurs qui sont baisés : Arabie Saoudite, Irak, Émirats, Koweït, Qatar, Bahreïn, et même l’Inde… Jusqu’à l’Iran lui-même qui se constipe de sa céleste praline qui devait aussi s’écouler par là, sinon pas de salut ! Peuh !

Je résume : ce n’est pas une guerre mais une association de deux malfaiteurs, l’Amérique et Israël, qui agissent par convergence d’intérêts : l’un pour affaiblir par avance de futurs Chinois visés, et l’autre pour punir les chiites d’Iran qui, à travers le Hezbollah, ont épaulé les sunnites du Hamas pour aider ceux-là dans leur mission du 7-Octobre… C’est d’ailleurs la raison de l’élimination de Nasrallah en 2024 et des re-bombardements au Liban actuellement. Ah, cette déclaration de guerre laisse trop de monde ébahi, stupéfait, infoutu d’en comprendre les ressorts. Y compris les Arabœufs barbares de France…

C’est quoi le problème des Indigènes de la place de la République ? Les Beurs teubés de Paroles d’Honneur protestent-ils contre la guerre en Iran parce que les boss de l’USraël qui bombardent l’Iran sont des gros cons qui violent le droit international, ou bien parce que Trump et Neta veulent abattre un régime tyrannique qui tue son peuple ? On peut se poser la question, car là-dessus, les décoloniais ne sont pas clairs et ne reçoivent que le retour du bâton de leur incohérence et de leur lâcheté intellectuelle depuis vingt ans, en ayant mis leur tête d’autruche beure dans le sable syrien, et maintenant iranien. Manque de logique : en désapprouvant le principe d’attaquer un pays souverain, ils approuvent les actes des dictatures. Ça dure depuis l’Irak, la Tunisie, l’Égypte, la Syrie, la Libye, etc., leur petit manège. Fouillons les archives de PdH. Où sont les prises de position pour Bouazizi ? Les apologies ou les encouragements de la révolution syrienne ? Les vidéos anticomplotistes au moment fort des bobards soralo-dieudonnistes des années 2010 ? Rien. Walou. Nada. Que dalle… Le silence sur Bachar a maudit à jamais Bouteldja et Rima, et elles le savent… Elles et leur poignée de crados qui déblablatèrent de tout sans rien connaître, aussi bien le Boussoumah et sa tignasse en poil de queue de dromadaire que la Louisa aux yeux luisants et écarquillés d’auto-extase qui a écrit un « roman » et qui se prend pour la George Sand de Pantin (93)… Tous fœtus avortés, flottant dans ce bocal de formol qu’est leur studio d’enregistrement pour leurs émissions puantes, comme dans l’antichambre du véritable Enfer miltonien qui les attend… En étant contre Trump et Netanyahou, et à la fois contre la révolution, Houria et Rima sont donc pour les mollahs, et en général pour les dictatures et pas pour les peuples qui veulent la révolution. Binaires comme une rythmique de rock, les connasses ! J’ai toujours des scrupules à me répéter, mais il y a des choses qu’on peut marteler, puisqu’en face ils beuglent bien en permanence. L’antisionisme des suceurs et suceuses de Mélenchon (en particulier arabes) est caduc parce qu’il ne se répercute pas sur la liberté des peuples arabes en soi. Pour les décoloneuneus, la seule libération valable des Arabes serait celle qui les délivrerait des Blancs, des Juifs et d’Israël. Oui, mais le peuple arabe en tant que tel, ça ne les intéresse pas. Pourquoi ? Parce qu’au fond, toute la bande, Houria, Louisa, Rima méprisent les Arabes ; les Arabes les dégoûtent en tant que femmes, elles ne rêvent que de se faire baiser par des Blancs, voire des Juifs, mais leur racisme les empêche de le formuler ainsi ; alors, défendre tout un peuple d’Arabes, vous imaginez ! Il n’y a que des concepts abstraits qui circulent dans leur tête, petits aquariums d’eau sale et contre la vitre desquels se cogne tout un tas de petits poissons rouges de honte… D’ailleurs, on le sait puisque Rima Assad, pardon Hassan, dont le père était mouillé dans la répression sanguinaire de Bachar, très proche dans le genre de celle de Khamenei, reste antisyrienne (voilà aussi pourquoi elle se revendique sans arrêt et mensongèrement comme Palestinienne). Les zinzindigènes prennent toujours l’axe chiite comme le seul « résistant » qu’ils valident en y intégrant la Russie aussi ; c’est une vision qui a 20 ans de retard ; qui date même d’avant le World Trade Center car comme le rôle de Daesh, ils n’ont rien compris à celui de Ben Laden non plus en ce début de siècle. Selon ces Beurs incultes, rien n’a bougé depuis Frantz Fanon, l’anti-impérialisme, Angela Davis, etc. L’axe du Mal des autres est aussi inamovible que leur axe du Bien. Mais enfin, ça ne marche plus évidemment : les vieilles lunes ont toutes été crevées… La guerre du 11-Septembre a eu lieu, et 25 ans après, les Arabo-Rebeux revendicateurs rechigneurs, rabâcheurs, l’ignorent.

Attention, qu’on ne me croie pas le moins du monde attendri ou indulgent envers le peuple, la masse, la populace en soi. J’ai autant de mépris pour les Israéliens qui étaient soi-disant hostiles à Netanyahou à cause de ce qu’il faisait à Gaza et qui aujourd’hui sont tous pour ce qu’il fait en Iran, effaçant toutes les critiques et faisant en sorte que leur sale Bibi fasse désormais l’unanimité dans son pays (la foule de Tel Aviv a été préparée pendant de longues semaines pour ne plus rien avoir à reprocher à Netanyahou, mais tout à Khamenei… ), que pour le peuple iranien qui ose arborer dans ses rues les drapeaux de l’Amérique (grand Satan) et celui d’Israël (petit Satan) parce qu’il espère que ces deux saloperies mondiales vont les libérer de la théocratie islamique !…

Leçon d’antisémitisme. Ceux qui reprochent à Mélenchon d’être antisémite disent qu’il l’a prouvé en disant qu’on ne dit pas « Epstine » mais Epstein, comme on ne dit pas « Frankenstine » mais Frankenstein… En plus, c’est une vanne qu’il a piquée à Delépine dans un TikTok, comme Mélench’ s’est approprié, via Chikirou, mon « Je ne suis pas facho, je suis fâché » (Petits riens sur presque tout, 1992)… Ce n’est pas moi qui vais reprocher à Mélenchon de faire de l’antisémitisme (surtout en ces temps de veulerie israéophile à vomir de toute la classe politique française), mais il le fait mal : je veux dire, il se montre antisémite comme un colon pied-noir du Maroc beaufement basique. Sa sortie sur Frankenstein est surtout une preuve de sa médiocrité intellectuelle de soi-disant « cultivé » : d’abord, il laisse entendre que Frankenstein est un nom juif, alors que le docteur Frankenstein n’est pas du tout juif, il est originaire de Genève, et sa créature encore moins (il la fabrique en Allemagne), et l’histoire inventée merveilleusement par Mary Shelley se situe en Suisse, dans les Alpes et même au pôle Nord ! Ensuite — et c’est là où réside son antisémitisme résiduel qu’il n’assume pas et qu’il aurait pu dévoiler et développer jusqu’à la drôlerie grotesque—, Mélenchon, au lieu d’ironiser sur « Frankenstine », aurait gagné, tout en mettant les rieurs de son côté (y compris juifs), à poursuivre son discours dans la dénégation : « Et qu’on ne me dise pas que lorsque je prononce Frankenstine, c’est que dans ma tête j’imagine tous les Juifs sous la forme de monstres de Frankenstein, c’est-à-dire des non-êtres menaçants, fabriqués avec des lambeaux de chair volés à des morts, et cousus les uns aux autres ! » Hélas (pour lui), c’est là où s’arrêtent à la fois le courage, l’humour et l’intelligence stratégique de Jean-Luc Molasson…

Nouvelles images : les derniers instants de Quentin, après la bagarre contre les antifas, sonné mais debout, en doudoune cagoule, les mains en sang ; et ceux de Cyane, casquée sur les épaules de son collègue, allumant du bout de sa bouteille enflammée le plafond mousseux du Constellation. Ce qui frappe, c’est la douceur, le calme, la nonchalance, l’inconscience de ces ultimes minutes de vie avant que les deux ne meurent…

« Masturbation, masturbation… » Vous parlez toujours de votre sturbation, mais de la mienne, de sturbation, on en parle ?
Ma sturbation, essai.

Houellebecq interviewé par Taddeï pour Marianne : un des spectacles les plus répugnants qu’il m’ait été donné de voir ces dernières semaines…

Il existe trois catégories de personnes : celles qui voient, celles qui voient lorsqu’on leur montre, et celles qui ne voient pas.

Léonard de Vinci

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°61 – 2 mars 2026

La honte sur mes fans. Par exemple, Eliès, le financier arabe, grand lecteur et collectionneur qui m’achète beaucoup de tableaux : l’autre fois, il m’annonce, en baissant la tête, parce qu’en même temps, il n’était pas content et sentait que c’était pas terrible de sa part, que, vu qu’il a des « moyens conséquents », il est devenu « contributeur » d’un film de Pierre Carles sur Georges Ibrahim Abdallah, sous-entendu : « je ne peux pas vous acheter des tableaux en ce moment parce que je donne déjà beaucoup d’argent à Pierre Carles ». Alors là, je ne suis pas d’accord, c’est quand même un peu gros, pour ne pas dire grossier : influencé par mes sujets, Eliès préfère distribuer de l’argent à un documentariste antisioniste (mon œil !) de la Gauche Mermet-Schneidermann-Monde-Diplo ? C’est grave : Eliès « contribue » à un film sur une cause qui est aussi la mienne, mais portée par des baltringues… Je connais bien Carles, c’est quand même un gauchiste insupportable à œillères, et c’est un arnaqueur aussi, comment Eliès a-t-il pu croire qu’en filant cet argent à Pierre Carles (à hauteur, j’imagine, de pas moins de 25 000 euros ; c’est ce qui manquait à la production pour atteindre les 98 000 escomptés et atteints désormais), il allait participer à une œuvre qui, d’une certaine façon, serait cohérente avec la mienne ? Mais non ! Ça va être un film à « participation financière » avec Gilles Perrault (qui s’est gouré sur Ranucci), Rima Hassan (qui a pour gourou Mélenchon), Georges Malbrunot (otage du Figarourou), et avec la thèse suivante et fausse : « Abdallah, tout sauf terroriste »… Donc Eliès estime que quelqu’un d’autre a désormais plus besoin de l’argent de mes tableaux que moi ! Il trouve que maintenant ça suffit, on va pas tout donner à Nabe, il faut aider aussi les autres qui font la même chose finalement que lui… Ainsi il me rabaisse au niveau d’un Pierre Carles ! Attention, rafale de questions : en quoi Carles s’y connaît-il en georges-ibrahim-abdallahteries ? Qu’est-ce qu’il a fait pour lui à part une BD et un docu bricolé qui finira aux oubliettes ? Comment pourrait-il produire autre chose, vu son parcours, qu’une gentille daube consensuelle, un acte de bonne conscience par rapport à la cause pro-palestinienne à laquelle il a été acquis comme par hasard depuis le 7-Octobre ? A-t-il suivi G. I. A. comme moi depuis 1986 ? Non. C’est comme Choron : Carles ne s’y est vraiment intéressé, de son propre aveu, qu’en lisant Nabe’s Dream (mon journal intime 1983-1985)… Et Eliès est sans doute venu à Carles par moi aussi… C’est encore un système de ricochets : j’ai toujours trouvé ça très con, le jeu du ricochet : lancer une pierre (Carles ?) au ras de l’eau pour qu’elle rebondisse et finisse par faire des ronds avant de couler… C’est un jeu au ras de l’eau comme il y en a au ras des pâquerettes… J’en fais pas assez pour la « Cause », c’est ça ? Ce qu’Eliès aurait pu exiger, c’est de me mettre dans le coup, il aurait pu dire à Pierre Carles : « Moi je veux bien vous aider pour votre film mais à condition que vous interviewiez Nabe dedans. » Rien que pour tester le curseur de « subversion » de Carles… Ou alors me dire à moi : « Écoutez, Marc-Édouard, je voudrais qu’il y ait dans ce film un grand tableau de vous représentant Abdallah comme vous avez fait celui de Ben Laden », et je l’aurais fait puisque je suis à fond avec Georges Ibrahim, comme avec Carlos dont j’ai déjà peint plusieurs portraits. Eliès l’aurait acheté et il l’aurait prêté à Carles pour son film, voilà. Mais ce qui se passe dans le corps d’Eliès, c’est que mes tableaux ne le comblent plus… Il n’a plus l’impression de se les payer si c’est à moi seul qu’il les paye : pourquoi ? Parce qu’il se dit que c’est une habitude et comme c’est une habitude, il a besoin de renouvellement car il va mal et se dit : « Je donne à Marc-Édouard depuis longtemps mais je vais toujours mal, peut-être qu’en donnant à un autre j’aurais moins mal, ça changera ! » Comment pourrait-il aller mieux en ne donnant que pour aller mieux ? C’est comme Rafaël, il ne va pas bien lui non plus : qu’est-ce que je fais donc à mes fans ? Rafaël est également un de mes lecteurs-collectionneurs, je viens de le voir là, tout à l’heure : il m’a aidé à porter des cartons de livres tout en me glissant qu’il part après-demain pour la Suisse avec sa copine qui avait refusé de me connaître après qu’il lui avait offert un de mes portraits de Bernanos (quel rapport avec ce qu’elle lit, c’est-à-dire des auteurs « Minuit » ?). Rafaël, qui est à la tête d’une somme « conséquente » (lui aussi) héritée de son père mort, était en train de se réjouir devant moi d’aller avec sa meuf à Sils-Maria et à Saint-Moritz alors que nous, Alexandra et moi, y sommes allés il y a trois mois, lors de notre long voyage épique de Paris à la Crète ! Et quand on est passés par Sils et par Saint-Moritz, c’était pour Nietzsche, et c’était justifié par ce que j’ai écrit sur lui, et en plus, c’était dur de voyager ainsi dans notre petite voiture, c’était pas des « vacances ». Pour Rafaël et Angèle, ce sont des vacances, c’est du tourisme : ils vont prendre l’avion jusqu’à Zurich, puis vont louer une voiture (une Mercedes ?) pour monter jusqu’à la maison de Friedrich… Pour quel autre intérêt que de se faire plaisir ? Indécence bourgeoise ! Un petit voyage en amoureux pour les vacances scolaires (ils sont profs tous les deux) qui va coûter à Rafaël 4-5 mille balles minimum, et encore une fois conçu pour me copier parce que je l’ai faite avant lui, la visite en Engadine ! C’est de la photocopie d’existence. Si encore, il allait sur les traces de Nietzsche ; non : c’est sur mes traces à moi qui suis allé sur les traces de Nietzsche… Rafaël, qui n’en rapportera rien, n’a eu ni l’idée ni l’élégance de me proposer : « Tiens, comme j’y vais, je vais te prendre un portrait de Nietzsche à 1 500 ou 2000 euros et je vais l’emmener là-haut pour faire des photos avec, sur place ! » Non, il préfère aller nietzschéer en égoïste ! Je deviens secondaire… C’est le crépuscule de l’idole… Je suis désolé, il y a des rapprochements à faire avec Eliès… Ils n’appliquent pas dans leur vie ce qu’ils prétendent avoir compris dans mes écrits. Ils sont bien gentils mais ils n’ont rien dans la nénette, il faut tout leur expliquer… Arrêtez de me copier ! Ne refaites pas en petit ce que je fais de grand ! Rendez-moi la vie plus facile ! Participez à l’œuvre ! Apportez votre pierre à l’édifice plutôt que de tirer, pour vous seuls, les marrons du feu, vos marrons de mon feu ! Troisième et dernier cas pour aujourd’hui, celui de Nicole, une auxiliaire de vie et vieille lectrice collectionneuse depuis des décennies, et que j’avais trouvée un peu ralentie ces derniers temps… Tu m’étonnes ! Je la retrouve un peu gênée elle aussi, parce qu’ils savent bien, tous ces « nabiens » blessants, que c’est mal ce qu’ils ont fait derrière mon dos : l’un qui a financé Pierre Carles pour un doc pro-pal plan-plan ; l’autre qui se barre en vacances chez Nietzsche sans me rétribuer, sous la forme d’un tableau, pour ce qu’il me doit de sa compréhension du philosophe zarathoustrien ; et Nicole, vous allez voir… J’étais étonné que ça fasse deux ans qu’elle ne m’avait pas pris de tableau, ni un seul dessin, même si je sais qu’elle n’a pas beaucoup d’argent… Eh bien, vous savez pourquoi ? Parce que depuis un an et demi, madame donne 300 à 600 € par mois pour Gaza ! 600 € pour Gaza, et vous savez à qui ? À un médecin marron qui est un roublard évidemment, qui lui a fait des WhatsApp de « preuves » du bon acheminement de ses « pépètes » (comme elle dit), en lui montrant qu’il y avait des petites filles dans les décombres derrière lui en train de crever de faim et que lui les soignait grâce à l’argent de ma collectionneuse… En outre, ce docteur maintenant s’est barré de Gaza mais lui demande de continuer à lui envoyer de l’argent parce qu’il veut poursuivre ses études en Irlande (ce qui prouve que déjà sur le terrain de Palestine, il s’en fourrait plein les poches), et c’est à ce moment-là que Nicole a dit stop, qu’elle a compris que c’était une arnaque… « Toutes mes économies y sont passées » ose-t-elle me dire ; un manque à gagner pour moi d’environ 8 000 euros, peut-être plus ! Et elle aussi copie ce que j’ai fait : donner à Gaza de l’argent prélevé sur les gains de mes tableaux sur Gaza ! Et le plus fort de la gaffe, c’est qu’elle l’a fait aussi pour me plaire… Moi, je ne l’ai pas encore donné, cet argent, car je me méfie de toutes les associations qui d’ailleurs me l’ont toutes refusé ; j’attends d’être certain qu’il arrivera à bon port, mon fric pur ! Et là, je le balancerai… En plus, Nicole devait payer une commission à Israël pour que « son » argent passe et atteigne son toubib véreux dans l’enclave !… D’après Alexandra, la raison, ce sont les réseaux sociaux : c’est qu’ils nous voient tous sur TikTok et Instagram : elle, qui dépasse les 2,5 M de vues en pissant contre un arbre ; et moi qui bois une coupe de champ’ tiède au Flore en râlant (274 K vues en 24 h), mais c’est pas parce que vous commencez à faire des vues que vous êtes riches ! Ils croient qu’on est successful, que tout va bien et que finalement on n’a plus besoin d’eux et que je leur donne suffisamment désormais, ils se nourrissent de moi sur mes réseaux, ce qui rend facultatif un contact réel et réaliste avec « leur » Nabe… C’est vrai que les réseaux sociaux offrent une proximité et que des fans de base, pour certains les piliers de ma société, rechignent à donner ou de leur personne ou de leur argent parce qu’ils estiment que je suis sorti d’affaire, que je suis dans le bonheur ! Mais où est le bonheur de me taper une assiette de spaghettis tout seul dans la cuisine le jour de l’an pendant que ma femme fait la gueule dans sa chambre après m’avoir menacé de me poignarder ? C’est moi qui ai transformé ça en quelque chose de « marrant ».

Bref, les clients de mes tableaux s’effritent… Bah, il y en aura d’autres ! Maintenant, je préfère les spontanés et improvisés, par exemple le type qui voulait m’acheter une Thérèse de Lisieux en noir et blanc, et qui s’apprêtait à me faire un virement ; je lui ai dit que je préférais du liquide, alors il a pris sa voiture et il est monté direct de Clermont-Ferrand ; j’ai bu un verre avec lui, il m’a passé l’argent et est reparti avec sa Thérèse… Ou alors celui que j’ai rencontré par hasard sur les quais, et que je voyais pour la première fois, mais qui m’avait acheté un grand Hendrix au fusain, et qui m’a suivi dans ma réserve pour choisir un Artaud (toujours en noir et blanc) en Marat poignardé par sa Charlotte Corday qui ne supportait pas qu’il bouffe en feuj dans sa baignoire son plat de spaghettis (ça me dit quelque chose… ) ; il m’a sorti 1 000 € d’un distributeur avant de retourner en Haute-Loire, enchanté, et moi aussi… Ça, c’est la classe ! Et à côté, vous avez de vieux fans qui, semblant oublier ce que j’écris et ce que je vis, préfèrent verser de l’argent dans des causes parallèles aux miennes, mais en moins bien. Georges Ibrahim Abdallah, la Palestine, Nietzsche n’ont pas besoin de soutiens nabiens, mais de Nabe himself ! Je n’apprécie pas qu’on me vole mes sujets pour se faire plais’ ou en faire profiter des opportunistes bas de gamme… Il y a également le truc de culpabilité/déculpabilisation qui joue : en vérité, ce ne sont pas des acheteurs ; ce sont des racheteurs. En quête de rachat, ils s’achetaient un salut à travers moi et maintenant ils pensent qu’ils vont pouvoir s’en acheter un autre à travers d’autres… C’est un profil de gens qui compensent plus qu’ils ne dépensent. Pour se laver d’être des salariés dans leur milieu, il leur faut presque se débarrasser de leur argent ; avant, c’était pour ma pomme, désormais c’est pour n’importe quel petit pot de compote (à consommer jusqu’à la Saint-Glinglin). Merde ! Je n’aurais pas dû les lâcher d’un fil ! C’est mon exil aussi qui veut ça : je ne peux tout de même pas rester à Paris pour maintenir mes fans à flot afin qu’ils ne se noient pas dans un verre d’eau ! L’argent qu’on ne me donne pas, ou plutôt qu’on donne aux autres alors qu’il m’appartenait, m’appartient toujours et on me le doit. Ceux qui s’estiment lecteurs de Léon Bloy mais qui ne voient pas que ma sainteté ne fait qu’appliquer le précepte « bloyen » qu’a recommandé toute sa vie l’ogre moustachu de Bourg-la-Reine ne devraient plus avoir le droit de le lire, de nous lire… Il y a de quoi se sentir un « Dépossédé » comme a dit de moi David Vesper, non ?

Césars. La particularité de cette année, c’est que tout le monde est persuadé que c’était mieux que les années précédentes… Parce que c’était Jim Carrey l’invité d’honneur, et le maître de cérémonie Benjamin Lavernhe, dont j’aurais aimé ne jamais connaître l’existence tellement il est inexistant lui-même ; je crois même que ses parents étaient inexistants, sans parler de ses grands-parents… C’est comme cela — s’il y avait vraiment eu de l’humour, du rythme, de la fantaisie, de la drôlerie et de la générosité dans ces Césars, comme ils l’ont tous prétendu — qu’il aurait dû se présenter : « Je tiens à remercier mes parents et mes grands-parents sans qui j’aurais pu être quelque chose ! » Mais non, fini de rire… Lavernhe et ses petits copains ne savent absolument pas rythmer un spectacle ; il a dû se marrer intérieurement, Jim Carrey, malgré sa bonne figure affichée, de voir ces frenchiants si nuls. Évidemment, Jim ne peut pas imaginer à quel point ce ramassis d’intermittents rancis, congestionnés, sclérosés et imbuvables est représentatif d’une absence totale en France de sens du show… Pas une tête ne peut être retenue quand ils s’avancent sur la scène, pas une voix dissonante. En outre, comble de la prétention, ces coqs sont idéologisés jusqu’à leur croupion de sots qui lassent lorsqu’ils se mettent en avant pour jouer les gros moralisateurs, se dressant sur leurs ergots d’égo de gogos. Vous vous rendez compte où en est le Cinéma pour être occupé, et depuis un sacré bail ! comme une zone pas libre par ces faux acteurs et réalisateurs, plus insignifiants les uns les autres ? C’est minable : il semble que le seul critère pour faire l’acteur désormais, c’est de s’extasier soi-même sur son manque de charisme. Parce qu’ils ne font que ça, parler, la gorge serrée, de la grandeur de leur métier, de l’abnégation métaphysique de leur sacerdoce de comédiens voués à l’art d’être quelqu’un d’autre que soi, en permanence en équilibre risqué entre le soi et le non-soi, tout en restant dans l’entre-soi, bien sûr ! En plus, ils regorgent de complaisance envers leur subventionite entretenue (maladie dont crève leur cinoche). Lavernhe veut nous faire croire qu’il était vraiment au bord des larmes de nous présenter son idole Carrey alors que toute son émotion est jouée, et très mal ! Benjamin croit rendre « hommage » à Jim Carrey qui aura été le dernier à faire éclater de rire Jerry Lewis peu avant sa mort en lui disant à l’oreille : « Si je suis là, c’est que tu as baisé ma mère ! » (en voilà un, de vrai bel hommage drôle et signifiant sur la filialité non usurpée de Jim vis-à-vis de Jerry), mais les parodies du Mask et d’Ace Ventura par l’interprète de l’abbé Pierre (oui, Lavernhe a joué ça !) ont été piteuses. C’en était gênant : Lavernhe n’a aucun timing aucun humour aucune grâce aucune force aucune intelligence et en plus, aucune couille, car c’est un châtré ! La preuve : après le clip d’hommage nécrologique à Brigitte Bardot, sous forme d’une compil d’images où elle était plus resplendissante et belle que jamais et à jamais, suivi aussitôt des huées des ordures en smoking présentes dans la salle et le cri d’une sale femme (on aurait dit la voix de Corinne Masiero) hurlant : « Raciste ! », le minus Lavernhe n’a même pas eu les roustons, en reprenant la parole, de dire quelque chose en faveur de Brigitte et de fustiger la salope jalouse lâche planquée qui a gueulé dans le noir ; non, il a continué the-show-must-go-onement… Lamentable ! Et voici le grand moment de l’entrée solennelle de l’Adjani, arrivée en grande prêtresse… Elle avait déjà fait le coup il y a 37 ans pour Salman Rushdie, et maintenant c’est pour l’Iran, mais elle est surtout venue aux Césars 2026 pour défendre les femmes iraniennes et a demandé (tenez-vous bien ou plutôt restez assis… ) à ce que tous les hommes se lèvent en soutien aux femmes en général ! Oui, standing ovulation ! On en est là aussi. Liftée à quatre épingles, Isa-ex-belle Adjani, grosse bonbonne snobo-bobo, ferma ensuite les yeux tellement elle était empreinte de sa mission féministe… Les gens ne réalisent pas que ces comédiens jouent tous la comédie, c’est comme les avocats, ils ne sont jamais sincères puisque c’est leur métier de ne pas l’être… On se souvient d’Annie Girardot à la 21e cérémonie, il y a trente ans, se fendant de sa fameuse tirade « bouleversante » (« Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma français, mais snif, etc. ») et qui ce soir-là avait montré, avec tant d’authenticité dans la sanglotance, sa détresse de grande actrice inemployée. Tu parles ! En sortant de là, Girardot a fait un clin d’œil à Claude Lelouch, son ami, en lui disant : « Je les ai bien eus, hein ? » Ça, évidemment, personne ne le sait… En ce soir du 26 février 2026 (jour des 70 ans de Michel Houellebecq et de la condamnation à 2 ans de prison ferme d’Alain Soral, deux comédiens ratés aussi à leur façon), les Césars ont vomi un palmarès qu’il est inutile de commenter puisque les transparents lauréats, venus recevoir, chacun dans leur catégorie, leur étron doré (jamais la statuette ridic de ce mauvais sculpteur de César ne m’était apparue davantage comme un colombin aurifié) ont été oubliés 15 secondes après leur « victoire », comme les petits couplets plaintifs sur l’IA et l’Iran prononcés par plusieurs tartignoles et qui ne méritent pas qu’on s’y attarde plus que pour finir cette phrase. Ce qui est notable, en revanche, c’est que la foule des endives endimanchées, ou plutôt cette fois-là enjeudifiées, dans cette fausse salle de l’Olympia se targuait ostensiblement d’être unanimement contre l’extrême droite, voyant des « fachos » partout, alors qu’ils sont aussi racornis que les réacs puisque comme eux, ils veulent rester dans leur pré carré ou « pré Carrey » (je ne rigole pas : c’était de ce niveau ; vérifiez) pour empêcher de tourner en rond ceux qui chercheraient à les envahir ou à les remplacer ; ce sont les mêmes ! En principe, ces Césars-là auraient dû être tout ce que déteste Pascal Praud, cette pute qui a tellement peur de perdre sa place… Pourquoi alors a-t-il fait dès le lendemain l’apologie inconditionnelle de cette soirée totalement sinistre et idéologiquement de gauche à hurler ? Tout simplement parce que ça se passait à l’Olympia et que c’était diffusé sur Canal +, c’est-à-dire la salle et la chaîne de son patron Bolloré, et que Praud ne peut pas en dire du mal ; bien au contraire : il faut qu’il en fasse le lèche-cul. Oubliée, à ce moment-là, sa nostalgie du cinéma des années 70 ! Par pertes et profits, les acteurs prestigieux et machos d’antan et les actrices bandantes pré-MeToo du Ciné-club d’Antenne 2 ! Le Praud a même osé passer très vite sur l’insulte et les huées contre BB : il a juste dit que c’était « une fausse note » et que « c’était pas adapté »… C’est tout ?

L’opinion mondiale était mûre ! Voilà pourquoi soudainement Netanyahou et Trump ont pu décapiter le gouvernement des mollahs de Téhéran, faisant tomber comme une poire bien avancée la tête d’Ali Khamenei. À force d’appeler les foules à secouer l’arbre de l’Iran-pire-dictature-assassine-sur-terre depuis des mois et des mois, l’arbre Israël s’est trouvé, lui, beaucoup moins secoué, autant dire quasiment plus du tout… Alors que Tsahal avait repris les frappes sur Gaza à peine le traité de paix signé et violé, une diversion généralisée s’est mise en place pour occulter les massacres de ces Palestiniens sunnites clochardisés sans intérêt au profit de ceux des Perses chiites, de ce grand peuple civilisé que sont les Iraniens et surtout les Iraniennes… J’avais déjà commencé, mais on va continuer, à creuser cette question comme une tombe, comme plusieurs tombes : tombe de la République islamique, d’accord, mais aussi tombe du chiisme, tombe du judaïsme… Fossoyons tout ça ! Ça fait longtemps que j’ai compris que ce n’était pas le chiisme qui gênait les Israéliens et les Américains chez les mollahs, parce que la population iranienne qui se révolte contre ce gouvernement est aussi chiite que lui : il n’y a donc rien qui indispose les Juifs dans la religion du Guide suprême et de ses barbus ; c’est juste leur anti-israélisme qui les débecte et qu’ils veulent éliminer.

Ceux qui font leur devoir n’ont rien à craindre.

William Blake

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°60 – 23 fevrier 2026

Mort d’Epstein. Pourtant, ça sent fort le suicide comme l’adjudant Chanal avant son procès pour s’éviter d’avoir à parler et à se justifier au tribunal, et pas l’assassinat commandité par des impliqués tremblants ayant voulu empêcher Epstein de les balancer. Son frère ne croit pas plus au suicide que celui de Hallier à la rupture d’anévrisme de Jean-Edern sur son vélo un dimanche matin de janvier 1997 à Deauville. C’est le frère de Jeffrey qui a délégué Michael Baden, vieux médecin légiste de JFK, constatant « des fractures sur les os du cou qui ne surviennent pas quand quelqu’un se pend, car la corde est en dessous du menton et il n’y a pas de fracture à ce niveau-là. Par contre, si c’est un meurtre par strangulation avec des mains, un lien, une corde ou un drap, comme c’est le cas ici, alors les fractures sont plutôt au milieu du cou, donc ça ressemble plus à un homicide qu’à un suicide… » OK, Baden, mais cette analyse est contestée par d’autres légistes sollicités sur place juste après la mort d’Epstein et qui eux ont conclu à un suicide, bien que les images des caméras de surveillance ont disparu (peut-être n’ont-elles jamais existé), et que les gardiens s’étaient absentés de leur poste : on sait qu’ils étaient occupés à s’acheter des trucs en ligne ou qu’ils dormaient (entre parenthèses, on en a vu d’autres qui dormaient au jardin de Gethsémani alors que leur Rabbi vivait ses derniers moments de Fils de Dieu libre…). Des matons étrangleurs alors ? Peuh ! C’est parce qu’Epstein avait remarqué que leur vigilance s’était relâchée qu’il en a profité pour se suicider. Personne n’aurait pu pénétrer dans sa cellule pour le stranguler à la main ou avec le fameux drap, parlons-en ! C’est justement parce que les draps de sa cellule n’étaient pas assez solides et qu’ils se déchiraient, et que par conséquent, il ne pourrait pas procéder à son auto-strangulation qu’Epstein en a demandé de nouveaux peu avant sa mort… Pour moi, c’est la preuve n° 1 : la commande de draps supplémentaires. Oui, Epstein ne s’est pas « pendu » ; voilà pourquoi on n’a pas retrouvé de traces sous le menton mais au milieu du cou. Au passage, un qui était persuadé également qu’Epstein s’était supprimé, c’est son cher rabatteur français Jean-Luc Brunel puisque lui-même s’est donné la mort en prison, trois ans après : s’il avait cru qu’on avait assassiné son pote, il ne se serait pas flingué ensuite… Les signes qui montrent dans le cas d’Epstein qu’il n’y a pas eu pendaison (pomme d’Adam écrasée) ne signifient pas qu’on l’a assassiné. Il s’est tout bonnement étranglé avec un bout de drap orange, allongé, et en se serrant très fort le kiki, ce qui dénote une certaine force physique et surtout un sacré courage, un peu comme celui qu’il a fallu à Bernard Buffet pour s’asphyxier avec un sac en plastique dans son atelier du Tourtour (Var) début octobre 1999. 

CNews. Qu’est-ce qu’on me dit ? Sonia Mabrouk, enceinte du magistrat Bilger, l’a surpris dans un bureau en train de se faire pomper le nœud par Jean-Marc Morandini, ils ont été virés tous les trois et sont allés se réfugier à la Mamounia de Marrakech où ils ont retrouvé Jack Lang et sa momie ? 

Béatrice Ardisson. Ça commence à se dire que Béatrice finalement n’était pas à l’enterrement de Thierry. Les médias ont tellement affirmé le contraire lors de ses funérailles ridicules à Saint-Roch en juillet 2025, et maintenant ils conviennent du bout des lèvres gercées que la première femme d’Ardisson n’était pas là ; ils mettent ça sur le dos de son cancer : elle était trop malade pour se montrer… C’est surtout qu’elle ne voulait pas cautionner cette mascarade orchestrée par la veuve officielle Audrey Crespo-Mara. En tout cas, Béatrice, elle, est morte à 62 ans sept mois après son mari – parce que c’était quand même resté son mari. C’est pas la Crispante-pas-Marante qui serait crevée moins d’un an après l’amour de sa vie soi-disant. Dans le style investissement minimum, elle s’est fendu d’un simple cœur blanc sous une photo de feu Béatrice Ardisson sur son Insta : bel aveu d’hypocrisie sous prétexte de sobriété… Quel mauvais stratège cet Ardisson ! Si à la soixantaine, il voulait changer de femme, pourquoi ne pas être allé s’en taper plusieurs plus ou moins jeunes plutôt que de se remettre en couple avec une vieille bourgeoise moche de téloche ? C’est le syndrome du parvenu ; comme me le disait Léo Scheer : « Il aura beau faire tous les efforts qu’il voudra, Thierry ne sera jamais un bourgeois… » C’est en quittant Béatrice que son cancer à lui s’est déclenché, et c’est quand Thierry est mort que celui de Béatrice s’est aggravé ; elle aurait pu profiter de ses enfants, de ses petits-enfants mais non, son corps a préféré la faire mourir… Ah, ils n’ont pas l’air con, les deux Ardisson : lui à Ménerbes dans une tombe gothico-craignos loin de Paris, et sa DJ de Béatrice qui sera enterrée je sais pas où… Sur sa tombe, d’ailleurs, moi je propose de ne pas inscrire « RIP Béatrice » mais « REPLAY Béatrice ». 

Quentin. « C’était une personne discrète, très humble, qui portait très profondément les valeurs du catholicisme » a dit un ami à lui, alors que c’était un natio gudard allobroge action française catho tradi, celtique nazillot, et violent lui aussi… Pur hasard que ce coup-ci un faf fut lynché par des antifas d’LFI… Ça aurait été un « islamogauchiste » tué par des lepénistes, ce serait le même discours : « C’était un jeune homme pur et généreux, plein d’humanisme et qui s’est sacrifié courageusement pour ses nobles idées. » Quel que soit leur camp, les militants victimes de la brutalité de leurs adversaires sont considérés immédiatement comme des saints alors que ce sont tous des cons.

Gisèle Pelicot. On lui donne du « Madame » long comme le bras à longueur d’interviews… Enfin, elle se sent « respectée ». Comment les gens parviennent à se retenir de rire en entendant cette vieille bique bourge pomponnée (brushing et teinture auburn, petit col de dentelle, foulard de soie, petit bouledogue « Lancôme »…) chouigner « dignement » sur tous les plateaux de télé, avec sa tête enfarinée comme si elle ne s’était jamais vraiment réveillée de ses séances de baise inconsciente ? Dans le couple Pelicot, il y a quelque chose de clownesque avec elle en clown blanc et son mari en Auguste… Moi, je n’arrive pas à m’empêcher d’exploser de rire quand je vois la septuagénaire au petit cheveu (« seveu »), ou plutôt au poil pubien, celui sans doute qu’un des « salopards » a oublié sur sa langue lorsqu’il se faisait bouffer les couilles pendant qu’elle dormait… La Gisèle est autant soporifique quand elle raconte son histoire que les tisanes augmentées d’un sédatif que son mari s’arrangeait pour lui faire avaler les soirs de viols en réunion… Ou que les bonnes purées que Dominique l’incitait à manger le soir, et qu’il lui préparait après y avoir écrasé auparavant 10 cachets de Temesta et de Zolpidem : une purée de cheval ! La promo du livre de la Pelicot est à dégueuler. Quel narcissisme épouvantable ! Selon elle, la lire est avant tout « une manière d’apprendre à me connaitre », la prétentieuse littéraire n’hésitant pas à qualifier sa daubette de « livre universel ». Et la joie de vivre chez Flammarion, ça s’appelle… Un TGV en pleine figure aurait été mieux comme titre parce que c’est toujours l’expression qu’elle emploie pour exprimer ce qu’elle a ressenti lorsque les flics lui ont montré des photos d’elle endormie et qu’ils lui ont appris que son mari avait lancé un salon sur internet (autant dire un boudoir) pour recruter 50 baiseurs à venir en tapinois chez eux lorsque madame pionçait afin de lui défoncer la chatte, la bouche et l’anus « à l’insu de son plein gré »… 50 nuances de gré !

Ces partouzes sous soumission chimique, c’est du Labiche, Les voyages de Monsieur Pelicot ! car dans sa tête, il a dû en faire du chemin, le Dominique, pour en arriver là… Rien que dans son prénom, il y a tout : Dominique = nique à domicile… Et ce n’est pas seulement du Lacan à la petite semaine : en vérité, je vous le dis : on est dans du Labiche et aussi dans du Feydeau : Le Système Ribadier, vous ne connaissez pas bien sûr (ô Google, vite !)… Labiche, Feydeau mais surtout le marquis de Sade. Pourquoi le marquis de Sade ? Parce que ça se passait à Mazan bien sûr ! Mazan, Mazan… Mais oui ! C’est le deuxième château du Marquis : après Lacoste dans le Vaucluse… Tout proche du mont Ventoux que grimpait Pétrarque à défaut de grimper sa muse Laure de Noves, aïeule de Sade… D’ailleurs, lors de sa fuite en 1775 en Italie, Donatien se faisait appeler le « Comte de Mazan »… Pelicot, lui, se disait le « Loup de Mazan ». Comme Sade qui montait des pièces dans son château, Pelicot dans sa maison mettait en scène un cérémonial précis, toujours le même, où les participants étaient sommés de se déshabiller dès l’entrée et de bien rassembler leurs affaires pliées, de se réchauffer les mains, de ne pas fumer ni avoir mis de parfum avant de débarquer pour peloter et fourrer sa Pelicot dans le silence et l’ordonnance voulus par Dominique pour son dispositif… Étant donné que Gisèle était contre l’échangisme, qu’elle disait niet à la sodomie et à la fellation que lui prisait, le « pervers psychopathe » s’est dit qu’elle s’en taperait désormais, des enculades et des suçages de bites dans son sommeil, la « salope » ! Le candauliste ira même jusqu’à dire à son psychiatre que c’était pour elle qu’il la mettait pendant des heures et trois fois par semaine hors d’état de réagir car, grâce aux médocs amnésiants et décontracteurs de muscles, tout se faisait sans douleur : « J’avais le désir de la voir prise par d’autres hommes et ça me permettait de vivre ce désir sans le lui imposer ». Dominique avait instauré aussi des jours spéciaux pour ceux qu’il appelait « mes blacks, mes arabes » (« parce qu’elle était raciste » et que ça le faisait jouir d’assister aux saillies de sa jument par ses bêtes noires) et même ses « homos » puisqu’un de ses péchés mignons, c’était de forcer un pédé à baiser sa femme, et ça lui arrivait aussi de sucer un mec pendant que celui-ci doigtait sa femme ou bien de se faire lécher l’anus pendant qu’il prenait Gisèle avec un autre… Il était comme ça, Dominique Pelicot ! Question : son bouledogue, à Gisèle, certains de ses violeurs se le tapaient-ils aussi, en apéro ? En outre, pour trouver de bonnes excuses d’avoir ensuqué sa femme et de la filmer, Pelicot disait à ses hôtes amants (je repense à cette chanson merveilleuse de Bernard Dimey Les Amants de ma femme) qu’elle était consentante, que c’était un jeu sexuel entre eux : elle se faisait vidéosauter, inerte, en gang bang pour que le lendemain ils visionnent ensemble les images, se branlent et baisent à deux… « C’est notre délire ! » Imparable et déculpabilisant pour ces « hommes ordinaires » (menuisier, informaticien, journaliste, chômeur, plombier, chauffeur routier…) et pour la plupart jeunes, qui l’ont cru sur parole… Dominique les a transformés en sex-toys charnels, leur donnant tous les droits de pénétrer sa femme cadavérisée par tous les trous, dont ceux de mémoire dont elle se plaignait le lendemain, sans creuser plus loin, et que les chibrés avaient été invités la veille à combler (sans préservatif bien entendu)… Bien foutu, le système Pelicot ! Gisèle s’est fait niquer ainsi 300 fois : aujourd’hui, il n’y a aucun problème pour elle, et les autres sont en taule… Mais c’est pas du viol, ça ! Les types étaient persuadés que c’était une fantaisie porno entre deux vieux boomers crades. Voilà pourquoi ils acceptaient. Et évidemment, c’étaient des gros cons, des beaufs, des camionneurs qui de toute façon sont prêts à bourrer n’importe quoi, et il jouait sur ça, le Pelicot, fin psychologue !

Dominique Pelicot était un père et un mari insoupçonnable tellement il était gentil… Gisèle a avoué n’avoir jamais été « sous emprise » pendant 50 ans de vie commune. Elle a déclaré qu’elle avait toujours été heureuse et épanouie avec ce type-là sauf qu’elle l’a trompé (« un coup de canif dans le contrat » dit-elle) et elle s’étonne après que Dominique ait organisé une vengeance inspirée par les ondes sadiennes du château de Mazan. Être trompé, évidemment ça a détruit Monsieur Pelicot (elle s’est fait dépuceler par lui, et inversement, mais elle appelle désormais son mari « Monsieur Pelicot » pour créer une « distance »). Les femmes ignorent (comme mille autres choses qui leur passent par-dessus leur tête vide) à quel point les hommes peuvent être annihilés par la tromperie d’une femme, alors que le contraire (aller baiser une autre femme que la sienne) est considéré comme le plus grand crime qu’un être humain puisse commettre vis-à-vis d’un autre ! Pour Dominique, ç’a été de l’ordre d’être chassé du paradis (la Chatte), et il fallait qu’il trouve une vengeance symétrique. « J’ai soumis une femme insoumise » (dixit Dom). Et attention, l’adultère de Gisèle n’est pas plus anodin que le passé familial, plein d’incestes et de coups, vécu par son mari. Parce que Gisèle n’a pas couché vite-fait avec un autre homme, Didier, elle a voulu partir avec lui et quitter Dominique, et ça a duré trois ans !… Pas très surprenant que son époux trahi, en souffrance sadique, se soit adonné à partir de là à ses pratiques sournoises de gros porc.

Devant les photos que lui montrent les enquêquetteurs où on la voit dans les bras de Morphée et dans les bras des morfales, Madame Gisèle ne se reconnaît pas : elle ne veut pas admettre que c’est bien elle qui est là, abusée par les partouzeurs. Elle se décrit comme « une poupée de chiffon », ce qui rappelle la poupée grossière et ridicule que Kokoschka avait fait fabriquer à l’effigie ratée de sa maîtresse Alma Mahler quand elle l’avait quitté, et qu’il transportait partout dans les endroits où ils avaient été heureux ensemble (j’y reviendrai dans Patience 5). « C’est pas moi ! » clame Gisèle. Pourtant, il y a des gros plans sur la main de Dominique ornée de l’alliance de leur mariage qui est en train de guider la bite d’un mec dans la pachole molle de son épouse inanimée… La sédatée, baisée sans le savoir, et oubliant tout de ses débuts de soirée, croyait à juste titre qu’elle avait la maladie d’Alzheimer, mais de là à ne remarquer aucune vibration post-coïtale dans son bas ventre, il y a un monde !… De l’avis de ma femme qui, 24h après une baise avec moi, ressent encore dans sa chatte ma pénétration (voilà une belle chanson pour Michel Berger et France Gall : Ma pénétration), Madame Pelicot se fout de la gueule de toutes les femmes en prétendant qu’elle n’a jamais rien senti au niveau de son vagin violé suite à ses démontages fantomatiques. Alexandra a 40 balais, pas 60, et ça lui fait encore un peu mal au lendemain d’un soir de niquage nabien. « Que la Pelicot arrête son cinéma ! » Qu’elle ne se soit aperçue de rien pendant toutes ces années auprès de son mari-menteur dénote avant tout un énorme égoïsme. Gisèle ou Les Infortunes de l’indifférence. Comment ne s’est-elle pas rendu compte de la double personnalité, comme elle dit : « la face B » de son « Doumé » ? Comment passer à côté d’un type qui lui avait raconté sa jeunesse sexuellement tourmentée et qui a fini par se faire choper dans un Leclerc de Carpentras en train de photographier sous les jupes des clientes, à l’âge de 68 ans… Encore une pièce de Feydeau, mais celle-là, il faut lui retravailler le titre : Pas de puce à l’oreille.

En plus, Madame a refait sa vie depuis le procès. Et grâce à qui ? Mais grâce à Dominique Pelicot encore, et à sa starisation à elle, à son iconolâtrie dans laquelle tant de femmes paumées se reconnaissent. Comment accepte-t-elle, la Gynécot, pardon la Pelicot, de servir de figure de prout pour toutes les pouffiasses vieillissantes qui ont des comptes à régler avec la quiquasse de leur mâle dont elles rongeaient le frein pendant des décennies d’acceptation de tous les caprices de monsieur, avant de cracher le morceau, le morceau de pomme bien sûr qu’Eve Adam (pas Kev Adams) n’a pas réussi à avaler avant de se faire jarter de l’Éden avec son pauvre premier homme cocufié par un serpent… Gisèle a retrouvé l’amour à 73 ans avec « Jean-Loup », et l’autre il est en prison pour 20 ans, traité comme la dernière des ordures, ses enfants ne veulent plus parler à leur père, bravo, faites des enfants, pour que, lorsqu’ils apprennent que vous avez baisé leur mère de la façon que vous estimiez devoir le faire, ils vous répudient ! Sa fille, ses fils, tous font comme si Dominique était mort : ils en parlent au passé, tout ça parce qu’il est mort dans leur cœur, leur petit cœur pourri comme un porte-monnaie où ils ont mis toutes leurs pièces jaunes, leurs misérables deniers, comme dans la bourse de Judas, qu’ils ont gagnés en vendant Ecce Papa aux Romains féministes, deniers de la célébrité pour le lâcher, le jeter en hallali à la meute… Haro sur le coupable ! Un bouc émissaire n’est pas coupable, même s’il finit par le devenir, mais un coupable peut être un coupable émissaire et payer pour tous les hommes. C’est ce qui est arrivé. Elles n’ont pas honte, ces gerces, de considérer leur père et leur mari comme mort alors qu’il est vivant ? Elles ont la chance d’avoir un père et un mari qui n’est pas dans la tombe, donc tout espoir est permis, toute vie existe encore et toujours, il n’est pas rayé de la surface de la Terre, connasses, alors allez le voir en prison ou soutenez-le, et pas pour votre gueule, pas pour aller mieux vous-même et surtout, ne me ramenez pas la question catholique dont vous devez être empreintes, parce que s’il y a bien quelque chose que vous ne connaissez pas, c’est le pardon, espèce de putes !

Il existe en moi de l’amour comme vous n’en avez jamais vu. Il existe en moi une telle rage qu’elle ne devrait jamais se manifester.

Mary Shelley

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°59 – 16 fevrier 2026

L’affaire Epstein est une machine à fantasmes. Même quand les autres 3 millions de documents sur les 6 seront déclassifiés aussi, on s’apercevra qu’on est loin de ce que les faux prudes et les vrais envieux ont imaginé, car la plupart de ceux qui s’offusquent des saloperies qu’a faites ou aurait pu faire Epstein sont à l’évidence des vicelards rentrés, des pervers par procuration, des bien gentils en surface sous laquelle des myriades de désirs inavoués grouillent… Pour l’instant, on attend toujours les images des sacrifices d’enfants et les petites filles crucifiées sur des autels à la gloire du Malin, et les ados nus à quatre pattes en train de manger de la merde comme dans le film de Pasolini… Oui, Epstein était un héros de romans de Sade, au pire un des notables qu’on peut voir dans Salo. Mais d’abord, une fois qu’on a dit ça, on n’a rien dit ; ensuite, comment s’étonner ? Il faut tenir l’Élite en haute estime pour avoir cru qu’il ne se passait rien dans le dos du bon peuple qui ne se gênerait pas lui non plus, s’il en avait les moyens, pour se jeter à corps pourri perdu dans des partouzeries avec des gamines de 13 à 21 ans, et pour se taper de jeunes mannequins paumés comme celles qui venaient d’elles-mêmes chez Epstein se jeter dans la gueule du loup riche ! Ce « bon peuple » n’est qu’un ramassis de pauvres connards de gilets jaunes, tellement prolos, ploucs, CGTistes qu’ils sont ébahis par un homme d’affaires, héros moral à l’envers, mû par sa pulsion de fric et de baise ! Ce sont ces minables impressionnés qui en font le chef d’un complot mondial en cheville avec les « grands de ce monde » alors que ceux-ci n’en sont que les nains…

Ça veut dire quoi, « les complotistes avaient raison » ? Parce qu’ils croient que les élites sont corrompues et qu’elles s’amusent à mettre des nymphettes en cage, organiser des cérémonies gothico-kubrickiennes pour des plans cul à 120 avec rituels sacrificiels, ou bien, pour changer, chasser le nègre dans la forêt le dimanche matin et autres menus plaisirs, tout en tirant toutes les ficelles à tous les moments, en exerçant une puissance dingue de nuisance sur la Terre entière et peut-être même sur les autres planètes ?… C’est ça ? Eh bien non, les conspis, une nouvelle fois, n’ont pas raison. À les en croire, Epstein c’était Gilles de Rais, Juif de Rais ! « Epstine », pardon… Ceux qui le prononcent comme ça, c’est pour ne pas avoir l’air antisémite, et les autres, c’est pour ne pas avoir l’air trop juif. C’est pareil ! Considérer les Juifs comme une secte de richissimes salauds porcins qui niquent des mineures et qui exploitent les pauvres non-Juifs, c’est ne rien connaître aux Juifs ! Les Juifs sont bien pires que ça ! L’ignorance historique et religieuse en matière de judaïsme fait que même avec une affaire comme celle d’Epstein, beaucoup passent à côté de la spécificité judaïque, à laquelle d’ailleurs Hitler avait répondu par une autre spécificité, sa fameuse contre-attaque exterminatrice. Pendant que les cons de Beurs ou de pro-Pals, en France ou ailleurs, se focalisent sur la clique d’Epstein, imaginant qu’elle pratique des démembrements de gosses sur des yachts après les avoir baisés, d’autres gosses (gazaouis) se retrouvent tous les jours réellement en charpie sous les shrapnells de Netanyahou.

Epstein n’était pas seulement un financier souleveur de fonds, jonglant avec les commissions. C’était surtout un réseauteur. Jeffrey faisait exactement ce que tout influenceur rêve de faire, c’est-à-dire développer un réseau exponentiel par matraquages incessants de mails afin de toucher le maximum de monde dans tous les domaines (finance, show-biz, art, journalisme, université, science… ) et pour que le plus possible soit informé, c’était tout à fait intelligent. Epstein était un maître qui nous enseigne comment utiliser le principe de relance à grande échelle et à niveau mondial. Il réduisait les « degrés de séparation » entre les individus en demandant à chacun des contactés d’établir de nouveaux liens, de poster des messages à des gens qu’il ne connaissait pas, pour accroître le nombre de relations, non seulement les siennes mais celles de personnes qui ne seraient jamais entrées en contact sans lui. Élargir le monde, n’est-ce pas ce que préconisait Ramuz ? Même les accusateurs du multimillionnaire multivitaminé de Palm Beach jugent le protocole « très astucieux ». Toute la journée, Epstein plongeait dans son carnet noir d’adresses (et carnet d’adresses noires) pour établir des branchements, pouvant aller jusqu’aux courts-circuits relationnels. Epstein, à lui tout seul, était un vrai standard central comme celui vers quoi tendait Jean-Jacques Schuhl… Voici l’explication des connexions epsteiniennes qui font que ceux qui sont cités se retrouvent plus tard, à cause de la parano collective, complices potentiels des crimes ou des magouilles commis par Epstein himself. Il y a un côté programmatique. Voilà pourquoi il y a une équivalence à faire entre les « Carnets noirs » d’Epstein et les « Cahiers noirs » d’Heidegger : ce sont deux bombes à retardement : les types sont morts et ils foutent le bordel et détruisent des réputations… Dans le premier cas, celle des richards délurés qui avaient un goût pour la viande fraîche et dans l’autre celle des professeurs heideggeriens pas assez aguerris qui cherchaient à enfouir dans le sable de leur charabia le nazisme pourtant patent du petit roublard de la Forêt-Noire… « C’est une bombe à fragmentation narrative » ai-je entendu préciser, au sujet du système Epstein, un analyste un peu moins stupidos que les autres. En effet, ça « crée des histoires », à tous les sens du terme : celui qui a reçu un mail pour aller boire un café, même s’il n’y va pas, est soupçonné d’avoir eu un rapport avec celui qui lui avait envoyé l’invitation de la part d’un autre encore qui connaissait quelqu’un à qui Epstein avait posé un jour une simple question. Ainsi, plusieurs grappes d’inconnus d’Epstein, et aussi inconnus entre eux, sont embarquées dans l’aventure sans l’avoir voulu, et sans le savoir ! Ils se piègent dans un système pervers de « relations » virtuelles démoniaques. Seuls les Nazis avaient été aussi ingénieux. C’est ça qui est intéressant chez Epstein : sa technique, pas pour partouzer de jeunes meufs (quoique moi, ça m’intéresse aussi !) mais pour tisser une toile, ça fait même de beaux tableaux… Scrollez les Epstein files, et tous ces petits rectangles noirs de caviardage flottant dans l’espace de votre écran parsemant les listes, ça ne vous rappelle rien ?… Vous obtenez des Malevitch suprématistes !

En collant exprès des photos de peoples à côté de posters de filles nues dans son appartement de 857 m² avenue Foch, Epstein constituait à la vue de tous une sorte de patchwork de people mouillés par leur image accolée à celles de demi-putes en rut, créant ainsi des montages suggestifs… Ça devait certainement le faire marrer. On se demande pourquoi on se demande pour qui Epstein travaillait… Pour qui tous ces renseignements ? Pour Poutine ? Pour le Mossad ? Mais non. Il travaillait pour lui ! Toutes ces juxtapositions de clichés divers et d’informations n’apportent pas les preuves de quelque intention criminelle d’organiser des trafics d’êtres humains en prostituant ceux-ci à des blindés mondains que ce soit… C’est un peu comme dans son hôtel particulier new-yorkais, sauf qu’il y avait là-bas des caméras en plus, car monsieur adorait filmer tout le temps tout le monde pour stocker des archives au cas où il aurait des problèmes. Il a eu des problèmes et n’a pas eu le temps de sortir tous ces documents pour faire chuter avec lui dans l’abîme de l’enfer ses complices plus ou moins involontaires, qui étaient légion, légion d’anges rebelles à Dieu. Car tout est une question d’anges, de chute, d’enfer et de Dieu dans cette histoire… Pour bien le comprendre, il faut avoir vu l’interview qu’Epstein a donnée 3 mois avant son arrestation en 2019 à un des conseillers stratégiques de Donald Trump, Steve Bannon. Hyper conservateur pro-Le Pen, fan de Jean Raspail, ce catho irlandais a donc interviewé Jeffrey Epstein pendant 15 heures pour un documentaire. 

Les deux heures mises en ligne sur YouTube depuis le déclenchement de l’affaire ont fait en 3 jours 464 vues avec 3 commentaires, et sur un autre compte 21 K avec 76 coms (un peu mieux mais ça pisse pas loin), alors qu’elle est absolument capitale, cette interview : ça en dit long sur la vantardise des conspis qui se glorifient de faire des centaines de milliers de vues qui prouveraient qu’ils avaient vues justes… D’ailleurs, les médias officiels non plus n’ont pas su capter l’intérêt qu’avait ce dialogue, l’apothéose étant, comme son nom l’indique, à la fin, dans les dernières minutes.
BANNON : Qui êtes-vous, un prédateur sexuel de catégorie 3 ?
EPSTEIN : Niveau 1.
BANNON : Le niveau 1, c’est le plus élevé et le pire ?
EPSTEIN : Non, je suis au plus bas.
BANNON : Vous êtes au plus bas. Niveau 1, vous êtes au plus bas. Mais un criminel.
EPSTEIN : Oui.
BANNON : Vous pensez être le diable en personne ?
EPSTEIN : Non, mais j’ai un bon miroir.
BANNON : C’est une question sérieuse.
EPSTEIN : Je suis désolé.
BANNON : Vous pensez être le diable en personne ?
EPSTEIN : Je ne sais pas. Pourquoi dites-vous cela ?
BANNON : Parce que vous avez toutes les qualités. Vous êtes incroyablement intelligent. N’oubliez pas, le diable est celui qui sait…
EPSTEIN : Le diable est quoi ?
BANNON : Le diable est brillant. Vous avez lu Milton, vous avez lu Le Paradis perdu de Milton…
EPSTEIN : Non, le diable me fait peur.
BANNON : Satan est le premier ou le deuxième archange. Et s’il descend en enfer et mène la rébellion, c’est parce qu’il ne peut pas être le chef. Son principe, c’est : « Je préfère régner en enfer que servir au paradis. »
EPSTEIN : J’ai vu ça une fois dans un film intitulé American Dharma. Je ne me souviens plus qui disait ça… Allez, il faut qu’on y aille !
Et Ep’ éclate de rire en se levant de sa chaise… Pourquoi est-il si rigolard pour boucler l’entretien ? Parce qu’il vient de mettre mal à l’aise Bannon qui croyait le piéger en faisant un documentaire contre lui, alors qu’on lui en avait consacré un d’hostile sur ses agissements d’extrémiste de droite, et que dans ce doc, American Dharma, on le qualifiait, lui, Bannon, de « diable » ! Trop fort, l’Epstein ! En effet, dans American Dharma, le réalisateur Errol Morris joue son Bannon en demandant à celui-ci : « Je lisais des passages sur Lucifer dans Le Paradis perdu de Milton. Et je dois dire que Lucifer m’a paru avoir des traits similaires à ceux de Bannon. » Steve Bannon éclate de rire (à son tour) et dit que le diable lui semble « le personnage le plus intéressant du Paradis perdu ». Et Bannon de déjà citer Satan : « Plutôt régner en enfer que servir au paradis. J’adore cette phrase. Je l’utilise tout le temps ! Il y a beaucoup de vrai là-dedans… »

Bannon, Epstein… On a là deux beaux spécimens de diables qui se taquinent ensemble. C’est encore une des bévues du catholicisme des néo-chrétiens, soi-disant admirateurs de Bernanos, les débiles d’extrême droite de CNews à la Charlotte d’Ornellas ou à la Richard Millet qui voient le Mal partout, comme une sorte d’entité qui plane et souvent prend la forme des islamistes, et qu’il faudrait éradiquer de la société occidentale pure et innocente à la base… Quelle petite vision ! Le mal n’est le mal que lorsqu’il est incarné et grâce —  je dis bien « grâce » — à Epstein, on en a une conception plus claire et limpide : comme il s’est métamorphosé en serpent dans l’Éden, le diable se transforme en certains individus à des époques données ; et là, en effet, Bannon, même si ça lui est revenu en boomerang, avait raison de faire cette allusion cruciale au diable de Milton, qui lui rappelait furieusement la figure diabolique d’Epstein. Mais un Juif (Epstein) désigné par un catholique (Bannon) comme étant le diable ne peut pas l’assumer, et pas par morale, non : par humilité coupable… Eh oui, les gars, Epstein ne se sent pas à la hauteur du diable, bien qu’il en ait les attributs, dixit Bannon. Très bien vu : il suffit d’ouvrir Le Paradis perdu qu’Epstein est censé avoir lu pour découvrir que Satan, recréé par le grand poète épique Milton à la fin du dix-septième siècle, a trouvé l’une de ses copies les plus conformes au début de ce vingt-et-unième. 

Quand Steve Bannon « complimente » Epstein en le comparant au diable made in Milton, c’est-à-dire un Satan homme de la Renaissance, beau, intelligent, fier, énergique, inventif, éloquent, entreprenant, indomptable, indépendant, chef de guerre, respecté, admiré pour sa force et à la fois dévoré d’orgueil, ambitieux, défiant Dieu, cherchant à le vaincre, rebelle malfaisant, jaloux du Christ, vénérant l’impureté, souillant l’innocence, rancunier, querelleur, résolu, menteur et d’une grande personnalité, presqu’héroïque, comment des milliers de personnes enmailées par Epstein n’auraient-elles pas succombé sous son charme ?

Ô Milton, le Homère des Puritains ! Révélé, resurgi du fin fond de l’histoire littéraire grâce à Bannon et Epstein ; je ne les en remercierai jamais assez car Milton est une figure essentielle de la littérature hautement protestante… Le Paradis perdu (1667) a été tiré à 1 500 exemplaires. Milton en a vendu 1 300 en 2 ans… Les trois premiers chants se passent en enfer puis les 4 et 5 au Paradis… Encore un qui réhabilite le puritanisme, et bien avant Hawthorne : ça casse l’idée du cliché des puritains pudibonds, étriqués, square, car Le Paradis perdu est une œuvre baroque et excessive, démesurée, profondément anticonventionnelle, tout en étant très morale par le réalisme qu’elle convoque pour donner une nouvelle épaisseur à la charnalité de Dieu. C’est l’apothéose du puritanisme au XVIIe siècle : ceux qui ne connaissent rien aux puritains seront bien obligés d’admettre que Milton était tout sauf un coincé du cul. Il s’est marié trois fois et quasiment uniquement pour baiser. Il adorait les femmes, sa première avait 17 ans alors qu’il en avait 36. Epsteinnerie de bon aloi, et bien pardonnable ! Rien ne mettait plus en colère Milton que l’incitation à la chasteté. Les doctrines, très peu pour lui : la trinité, le baptême, l’immortalité de l’âme, au panier… Il a écrit beaucoup de libelles qui le faisaient considérer par le clergé ulcéré de son temps comme un « pamphlétaire puritain ». Voilà un vrai dissident, comme Calvin dans un autre genre, il rejetait l’Église, l’État, et les anglicans encore plus que les catholiques. À la fin, vieux et aveugle, Milton emmerdait tout le monde pour qu’on l’aide sur les corrections de son Paradis qu’il a entièrement dicté de tête, de mémoire, de vision ! Cinq ans de travail. Milton a mélangé l’Ancien Testament avec la mythologie grecque. Qui l’avait fait avant lui (à part Dante, bien sûr), et surtout qui va le faire après ? Moi, sans doute. 

Qui d’autre que Milton a rajouté des épisodes à la Bible, jusqu’à faire intervenir Satan dès la Genèse ? Qui a fait de Lucifer à la fois un « Léviathan » du Livre de Job et un titan de chez Hésiode ? Qui a trouvé que la rébellion de Satan, ex-ange vis-à-vis de Dieu, relevait de la jalousie que celui-là et sa cohorte d’anges déchus éprouvaient envers le Christ, ce second fils de Dieu qu’évidemment Dieu a préféré à son ange satanique, ce qui a entraîné un tiers des Anges déchus à se battre avec Satan contre le Père pour Le chasser de son trône ?  Finalement, c’est la révolte d’un premier fils contre un frère apparu plus tard, alors qu’à la base il était le seul (« au commencement était le fils ») dans le cœur de Dieu-Jéhovah. Encore une victoire moderne sur Freud-la-salope, et avec deux siècles d’avance : la volonté de tuer le père est engendrée par la jalousie du fils n° 1 à l’encontre du n° 2. Et c’est parce que Satan refuse de se soumettre à l’amour paternel pour ce second fils que Lucifer-Epstein a changé de camp (le Mal), d’où sa chute sur terre puis en enfer…

Il souleva au Ciel une guerre impie et un combat orgueilleux en une vaine tentative. Le Tout-Puissant le jeta, flamboyant, la tête en bas, du firmament éthéré, ruine hideuse et brûlante jusque dans la perdition sans fond, pour y rester chargé de chaînes de diamant, dans le feu qui punit.

John Milton 

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°58 – 9 fevrier 2026

Au moment où j’apprends qu’une prof d’arts plastiques s’est fait poignarder par un élève de 14 ans parce que celui-ci n’a pas apprécié qu’elle ait rédigé plusieurs rapports contre lui, dénonçant son comportement en classe, j’étais en train de réattaquer la trilogie de Jacques Vingtras ! dont la dédicace du premier volet L’Enfant (1879) est la suivante : « À TOUS CEUX qui crevèrent d’ennui au collège ou qu’on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents je dédie ce livre. JULES VALLÈS. »

 Je n’ai jamais mangé une clémentine sans pépins en 67 ans d’existence… À quoi ça a servi de vivre ?

Il y a des lois chez les haters des RS… Avant toute chose, éteindre en soi tout humour, toute curiosité ; ne rien savoir ; ne faire aucun effort ; gober tous les bobards ; insulter d’abord, ricaner ensuite ; affirmer sans vérifier, même un minimum. Et dès que ça sent le vrai, effacer ses messages, et s’enfuir.

Elle est éternelle et elle se fait du souci pour son avenir !

Attention avec les réseaux sociaux, parce que si on les écoutait, c’est toute la journée qu’on posterait. C’est la fameuse tirade de Céline : « C’est un peu la chansonnette : “Donne-nous-en, encore une ! J’en veux une, j’en veux une bonne”. » Non, bien sûr que non : il ne faut tweeter, poster, publier que si ça dit quelque chose et, de préférence, que ça se raccroche à vos précédents fils et se raccorde à vos thématiques habituelles. À ces seules conditions, l’écriture sur ces nouveaux supports s’intègre à l’œuvre.

Les commentateurs FB, X, Insta, Thread, etc. sont d’un conformisme datant de plusieurs siècles et plus ils sont jeunes, plus ils sont conformes aux vieux dont on se moquait à mon époque (c’est-à-dire en 1970) : les réacs conventionnels moralisateurs bourgeois dans l’âme, perclus de bien-pensance et de soumission à l’opinion publique, façonnés dans une étroitesse d’esprit méprisable, et bien dans les clous et bien dans les cases…. C’est exactement ce modèle qui s’est perpétué malgré toutes les évolutions sociétales et de mœurs qui ont déferlé sur le monde depuis des décennies… Elle a de beaux jours devant elle, la Connerie, et a trouvé son parfait canal d’expression dans les réseaux sociaux, véritables viviers renouvelés en permanence d’anonymes et de lâches donneurs de leçons au nom de la Morale, du Respect, des petites idées qu’ils se font de la vie et que leur ont inculquées leurs connards de parents, leurs amis, leurs professeurs, leurs femmes…

C’est ça, les commentateurs : dès qu’ils ont fait leur crotte, ils s’en vont en courant. Ils ne connaissent pas l’admiration ; pour eux c’est du suçage. Dans les commentaires, les types parlent toujours de leur relation au sujet qu’on propose, mais jamais de ce que le posteur dit de ce sujet. Ils estiment qu’eux aussi ont des choses à en dire. Et en mieux !

« On ne peut pas être et tant avoir tété » comme disait Heidegger quand il était bébé.

La mort de Saïf al-Islam Kadhafi ce mardi 3 février, fils de Mouammar assassiné en 2011, est évidemment l’objet de toutes les spéculations conspies : ça tombe trop bien puisque Saïf a été le premier à révéler le financement par son père de la campagne électorale de Sarkozy de 2007. Seulement, les neuneus du complot sont assez bêtes pour ne pas comprendre que Sarkozy n’a pas pu organiser de France un commando d’exécution de Kadhafi Junior sur son fauteuil de jardin dans sa résidence à Zintan pour l’empêcher de reparler du pacte de corruption que l’ancien président français a passé avec le dictateur de Tripoli… C’est évidemment un règlement de comptes inter-libyen par des milices qui ne voulaient surtout pas que Saïf reprenne du poil de cette bête qu’était son papa et qu’il ait une seule chance d’être élu à la tête de la Libye. En revanche, ce qui est légitime et pas moins dégueulasse comme question à se poser, c’est : quelle marque de champagne les trois brutes « républicaines » Sarko, Brice Hortefeux (pigeon bagué de son bracelet) et Claude Guéant (malade du cœur lourd) ont-elles sabrée en apprenant la nouvelle ? Du Ruinart ? De la Veuve Clicquot ou du Dom Pérignon ?… Tout le reste n’est que bulles.

Qu’est-ce que vous regardez en premier chez une femme ?
— Son cameltoe.
Et si elle n’en a pas ?
— Le bout de ses tétons durcis qui pointent à travers son pull, ou mieux, son tee-shirt.

Le pervers narcissique. Mais c’est justement ça qui attire les femmes ! Comme si les femmes n’étaient ni perverses ni narcissiques ! C’est le genre d’homme préféré des femmes. Pourquoi ? Parce que c’est leur modèle ! « Le pervers narcissique coupe sa femme de son environnement » ? Mais c’est ce qu’elles veulent fondamentalement : qu’est-ce que les femmes en ont à foutre, de leur « environnement » ? « Quelqu’un qui cherche à la dévaloriser » ? Elles ne font que ça toute la journée, se dévaloriser elles-mêmes, c’est là qu’elles trouvent leur kif profond (et plus la femme est belle, plus elle se dévalorise). « Le pervers ne pense qu’à lui, ne ressent rien ; rien n’existe en dehors de lui » ? C’est exactement ce que les femmes sont et cachent (mal), alors que le pervers, lui, l’affiche. Et surtout, le pervers narcissique est quelqu’un qui possède la grande qualité secrète dont la femme aimerait tellement être pourvue, c’est-à-dire : être débarrassée de la fameuse empathie, au lieu de continuer d’y patauger et de s’empêtrer dans le pathos qui va avec. Bref, le pervers narcissique renvoie à la femme le miroir de ce dont elle rêve (ou plutôt de ce dont elle rêvasse), de ce qu’elle voudrait être mais que, manquant de couilles, elle n’ose pas devenir parce que les impératifs patriarcaux, dit-elle, l’empêchent de s’exhiber (la femme étant avant tout une exhibitionniste) dans ce sens et au grand jour.

Le Grand Rantanplacement. Je sais, j’abuse métaphoriquement en ce moment de ce personnage de chien stupide dans Lucky Luke, mais je n’y peux rien. Il colle trop bien aux imbéciles qui soudain s’intéressent à la fois à l’Iran et à la thèse de ce pauvre Renaud Camus qui bénéficie d’un regain de respect notable… « Notable », c’est le mot, quand on voit la considération nouvelle dans laquelle on tient le beauf châtelain Camus, avec sa barbe à la Victor Hugo : on le consulte comme un sage, la Bécassine Bastié le bade, Finkielkraut le place très haut dans la pensée et la littérature (sic x 2)… Bientôt, la couverture du Figaro Magazine ?… On finira par lui donner la Légion d’honneur, à Renaud Camus !… On oublie complètement son affaire d’antisémitisme de 2000 parce que cette « infamie » a été remplacée, si j’ose dire, par son racisme anti-immigrés qui, lui, fait l’unanimité… Trouver qu’il y avait trop de Juifs à France Culture, c’est de la gnognote de fiotte à côté du fait de trouver qu’il y a trop d’Arabes dans la France et sa culture… Le grand pardon est en route, et grâce au grand remplacement. Le racisme des Blancs contre leurs anciens colonisés, ça lave Camus de son antisémitisme, surtout que celui-ci est accompagné d’un sionisme pur et dur… Rien n’a changé, c’est pour ça qu’on ne peut pas parler du tout de « grand remplacement » de la civilisation blanche par l’arabe et la noire. Dernier exemple en date : à 8 h du matin, le type chargé de l’entretien de l’immeuble où j’habite à Paris passe l’aspirateur dans l’escalier en cognant contre toutes les portes et en nous réveillant. C’est un Noir, évidemment. Le grand remplacement, ça serait que ce soit son patron qui soit noir et que le type qui passe l’aspirateur soit un Blanc ; là on pourrait parler éventuellement de « grand remplacement », mais pour l’instant, le patron blanc lui a dit : « Bah, tu le passes à n’importe quelle heure, l’aspirateur, quand ça t’arrange ! » Comme ça, le boss peut cacher son racisme intrinsèque d’esclavagiseur de Nègres, et en face, le nettoyeur exploité peut s’autoriser à faire n’importe quoi et penser qu’il est « libre » parce qu’il peut faire chier les sales Blancs qui osent ne pas se lever tôt pour aller travailler en tant que salariés comme lui… La seule chose que les Noirs ont gagnée depuis la décolonisation, c’est la permission de l’arrogance. Quand Alexandra, furieuse, se lève, ouvre la porte et dit au type : « Mais, putain, pourquoi vous passez l’aspirateur à cette heure ? », il lui répond « pourquoi pas ? » et enchaîne : « D’abord, c’est pas 7 h, vous n’avez pas de montre ? », avant de continuer son petit boulot de merde (comme tous les autres boulots d’ailleurs) dans lequel il ne se sent plus esclave alors qu’évidemment il l’est toujours, puisque c’est quand même lui qui passe l’aspirateur, exactement comme son ancêtre éventait avec une grande palme le colon en casque couleur beurre frais lorsqu’il faisait trop chaud en Afrique.

Epstein files. Donald Trump, Bill Gates, Elon Musk, Mick Jagger, Naomi Campbell, Dustin Hoffman, mais aussi Bruno Le Maire, la future reine de Norvège, Dieudonné, Mélenchon, Moscovici, Michel Hazanavicius, Céline Dion, Jack Lang sont présents dans le mailing du Multimillionnaire américain « pédocriminel » mort en prison Jeffrey Epstein, qu’on découvre aujourd’hui. Demain, ce sera Chantal Goya, Popeck, Jacques Vendroux, Philippe Bilger, Jean-Michel Aphatie, Clara Morgane, Karine Viard, Vincent Macaigne, Tex, Éric Judor, Gilbert Montagné, Line Renaud, José Garcia, Léon XIV et personne ne sera ni plus étonné ni surtout ne rigolera davantage. Pourtant, il y aura de quoi !

Rien que cette liste d’« impliqués » prouve qu’il n’y a pas de complot puisque c’est n’importe quoi ! C’est uniquement parce que des tiers ont parlé de Dieudonné, Mélenchon et Moscovici à Epstein qu’ils apparaissent dans ses files. Céline Dion, c’est juste pour se procurer des places pour un de ses concerts qu’elle est citée. Dans la plupart des cas, c’est aussi dérisoire. On est loin d’un réseau de pédocriminalité organisé au niveau mondial. Hazanavicius est « dans la sauce » parce qu’Epstein lui a demandé un jour s’il avait « des idées pour trouver une fille très belle et intelligente » pour l’accompagner à une soirée de Woody Allen à Paris, et à ce moment-là, Bérénice Bejo, femme de Haza’, a pris la mouche : « Il faut fuir ce type ! »  Tout le monde parle de son instinct féminin qui a senti qu’Epstein était un prédateur, alors que non, Bejo s’est juste dit : « Mon mari n’a pas à connaître de belles filles intelligentes, même pour Epstein ! » Pure jalousie préventive de la part d’une actrice vieillissante qui a peur de se faire tromper (il va pas plus loin que ça, le « 6e sens » des femmes). Le très mauvais réalisateur oscarisé s’est vu ordonner par sa Bejo de couper court à sa relation avec Epstein, et ils font passer ça pour une grande lucidité sur la « glauquerie » supputée du Yankriminel blindé ! Mais où est la glauquerie de demander à un copain s’il connaît une belle fille pour se rendre dans un raout sélect ? Est-ce que ça fait de lui un « prédateur sexuel » et d’Hazanavicius un complice potentiel à d’autres yeux que ceux de sa conne de femme ?

C’est une catastrophe ! On a beau leur dire que c’est juste des gens qui s’entraident et se protègent, qui ont un super carnet d’adresses et qu’il n’y a aucun « complot » là-dedans, les complotistes disent qu’ils étaient en vérité des visionnaires et que maintenant on y voit clair, et que ces gens que sont les Jack Lang, Frédéric Mitterrand, Cohn-Bendit et Cie (tous « pédophiles » sans distinction !) étaient des dieux de l’Olympe, et qu’Epstein était leur Zeus, alors qu’ils ne sont absolument pas de l’Olympe… « Zeus-Epstein », c’était un petit Juif malin financier au bras long qui aimait baiser des belles filles bandantes (de 13 à 25 ans) et en faire profiter ses amis et clients (c’est pareil). Il y en a plein, des comme ça qui sont friqués et ne savent pas quoi foutre de leur flouze. Ils établissent des liens entre des hommes connus ou d’influence, pour le fun de se mettre dans toutes les boucles, d’accroître leur réputation, de simuler un pouvoir qui est en vérité très limité ; ils jouent au billard avec, en guise de billes, des personnalités. Observez bien. Analysez mieux, comprenez les infos au lieu de les subir… C’est que de la parano montée en neige ! Mais ça suffit pour que les ininformés du Complot avalent tout sans mâcher, et montent au créneau craignos d’un triomphalisme grotesque. En ce sens, je vous le disais : c’est une catastrophe interplanétaire ; là, c’est terminé, c’est irrattrapable… Les conspis croient que l’affaire Epstein sonne le glas du système pourri des élites corrompues soudain démasquées, mais c’est plutôt le glas de toute critique anticonspirationniste qui retentit funèbrement. Toute épine de la Raison (la rose de la Raison !) qui s’essaierait à piquer au vif le délirisme des complotistes (désormais fiers de l’être) sera jetée au panier avec le bouquet entier d’arguments, même s’ils sentent bon, surtout s’ils sentent bon ! On est déjà raillé, plus que raillé : mais celui qui ose encore dire que la Vérité est déformée conjointement par les médias et les conspis en connivence subliminale finira mal. Ça c’est sûr, on mettra bientôt en prison un type qui n’est pas complotiste. Et il y a de fortes chances qu’il finisse par être exécuté.

Combien de millions d’âmes futures nous sauverions de l’infection et de l’illusion, si la race actuelle des Esprits Empoisonnés était purgée de la face du pays !

Daniel Defoe

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°57 – 2 fevrier 2026
Je suis passé de « bébé laid » (ma mère) à « vieux beau » (Facebook).
À côté de mon humour, le noir de Soulages, il est blanc comme neige !
Finalement, je suis un artiste qui dit au monde ses quatre vérités… « L’artiste des quatre vérités », voilà mon titre, voilà ma gloire !

Vive Jean-Marc Morandini ! Putain, c’est lui le premier qui aura ébranlé l’empire Bolloré : je veux pas le croire ! Le grand dadais marseillais ex-gras néo-maigri au sourire faux, l’endive tarlatatouze éberluée quotidiennement… Le santon couvert de glaviots, Lou Ravi de la crache !… Ce serait trop beau si l’affaire Morandini pouvait fendiller un tant soit peu le bloc bolloréen ! Condamné définitivement pour corruption de mineurs, beaucoup ne comprennent pas pourquoi Bolloré ne le vire pas de CNews (passons sur les conspis qui imaginent que Jean-Marc possède des dossiers sur le patron). Sous le choc, les autres stars de la chaîne s’écrasent… Regardez Sonia Mabrouk s’en-va-pas-t-en-guerre, qui n’a pas osé dire franco (-tunisienne) qu’elle n’était pas d’accord pour le maintien à l’antenne de l’animateur condamné, tout en passant une langue de lèche-majesté à sa direction à qui la décision appartient, et qu’elle respecte au plus haut niveau (surtout le plus haut niveau !). Pour Serge Nedjar, c’est déjà trop : ça le fait redoubler ses tics de rage. Pascal Praud, lui, tellement œuf à cheval sur les questions de « morale » sexuelle, prompt à vouloir mettre en prison pendant 30 ans un type de 45 ans qui ose sortir avec une fille de 15 (une peine de leur différence d’âge), se contente de faire la gueule à Morandini en direct chaque matin quand il lui passe le relais pour son émission plutôt que de donner son avis sur le pervers phocéen (il finira par lâcher quatre jours après une foireuse approbation des propos de Sonia)… Laurence Ferrari aussi, en tant que « mère de famille » et toujours « du côté des victimes », se dit « interpellée » par la mansuétude dont profite le gay larron qui, même crucifié, fait de l’audience, mais elle aussi se range par loyauté à la volonté de ses employeurs… Ils sont tous mal à l’aise, et bottent en touche (-pipi ?), cette botte que Morandini proposait aux boutonneux dont il fantasmait de peloter le chibron… Il n’y a que Philippe de Villiers qui a osé toquer à la porte de Bolloré pour bafouiller un vague mécontentement, mais il faut dire qu’il est mal placé : au fond de son puits, il y a un fou, son fils Guillaume qui, à 17 ans, violait son petit frère Laurent de six ans et demi de moins. L’immeuble tremble dans le 15e je vous dis, et c’est Morandini qui a initié tout ça ; lui, il se prend 2 ans avec sursis et 20 000 euros d’amende, et dans une autre affaire 18 mois avec sursis et 10 000 euros d’amende : c’est rien : qu’est-ce qu’il en a à foutre ? Il emmerde tout le monde, voilà, et il peut continuer ses live haïssables. Morandini, encore un Corse ! En ce moment, les Corses bénéficient d’une certaine indulgence de la Justice : après Moretti, Morandini (qui lui aussi a mis le feu !). C’est les autres qui payent les pots de chambre cassés ! Car c’est quand même indirectement à cause de Morandini et de la nervosité qui règne dans le bunker Bolloré que le juge zozoteur Philippe Bilger vient d’être remercié parce qu’il a commis à plusieurs reprises des crimes de lèse-Sarkozy et qu’il est allé crachouiller dans la soupe aux laids du Monde qui menaient une enquête sur Praud, en disant en plus qu’il n’en pouvait plus de cette inconditionnalité autour d’Israël. Il faut dire que le gros Bilger est protestant, et qu’à un moment donné, évidemment, Luther, ça craque avec Sion… Tout le monde est susceptible d’être foutu à la porte, réprimandé ou au minimum admonesté par CNews (l’ignoble Céline Pina qui se réjouissait des enfants massacrés à Gaza ; le prof Kevin Bossuet, ce trisomickey…), tous, sauf un ! « Pourquoi ? » C’est pourtant simple… Il n’y a que Mediapart pour s’interroger pendant des heures sur ce qui fait que Bolloré estime qu’il n’y a aucune raison d’éloigner de l’antenne Morandini. Simple ! Si Bolloré le protège et le soutient, c’est parce qu’étant judéo-chrétien (surtout judéo), il sait que le Jean-Bouc Morandini est le mal incarné, qu’il représente le péché dans sa boîte, c’est pour ça qu’il faut le garder. Bolloré considère Morandini comme un personnage totalement pourri mais qu’il est nécessaire de préserver, comme une de ces vaches sacrées, bovines intouchables (Jean-Marc a des yeux de vaches !) pleines de salissures, auréolées de mouches, qu’on ne doit surtout pas changer de place, qu’on ne dérange pas, qu’on contourne sur la route, dans la rue, en Inde… Ce n’est pas par « charité chrétienne », chrétienne, mon œil de cyclope borgne ! que Bolloré choie Morandini, c’est par zoolâtrie hindouiste ! Jean-Marc, c’est comme un dieu, une déesse plutôt, une vache mère et pas une vache maigre, bien qu’il le soit de plus en plus. Morandini est sacré pour Vincent Bolloré je vous dis, parce que c’est lui qui a donné naissance à CNews ! Ça ne s’oublie pas ; ça se sacralise. Bolloré a racheté le groupe Canal et en 2016 a imposé Jean-Marc en bonne place à I-Télé… Émoi de tous les journaleux aux mains moites (l’émoi moite) qui ont fait grève contre la morandinisation de leur chaîchaîne chérie (qui était pourtant déjà bien répugnante), contestataires par « pure » moralisation, car ils ne supportaient pas de cohabiter avec le kéké du Vieux-Port au kiki de vieux porc (à l’époque il était juste mis en examen), alors qu’il devait y en avoir un paquet, parmi le troupeau de journalistes manifestant devant les locaux d’I-Télé avec leurs pancartes à la con, des « délinquants sexuels » en puissance, sinon pire… Et il aurait fallu à l’époque soutenir ces petits esclaves salariés (pléonasme) qui se prenaient pour des dignes en démissionnant ? Peuh ! C’est grâce à Morandini que Bolloré a pu créer C8 (ex-Direct 8) et CNews, en partant de sa polémique. Le 27 février 2017, I-Télé devient CNews et, malgré les accusations qui pleuvent sur son chouchou, le boss s’engage, au nom du respect du principe de présomption d’innocence, à conserver Jean-Marc tout en promettant de le chasser sans indemnités en cas de condamnation… Bien qu’il se soit défendu virulemment dans une conf’ de presse ridic’, où il contredit l’article des Incracrarockuptibles qui l’avait dénoncé, en supputant un complot du couple de putes médiatiques Delormeau et Fogiel, Morandini n’a rien d’un cow-boy ; c’est une cow tout court ! Interdiction de manger la vénérée vache, interdiction de lui faire du mal, interdiction de la blesser, de la harceler ! La vache se prélasse où elle veut, quand elle veut, on doit tout lui offrir, des guirlandes de fleurs, de l’eau, de la nourriture… C’est mieux que le veau d’or, la vache sacrée, et c’est toujours elle qui provoque les émeutes ! Elle veille sur le sanctuaire, elle est dorlotée, elle est libre ! En Inde, dans les védas, c’est la vache sacrée qui fait vivre les dieux et qui fait vivre les hommes, et ne parlons pas de son lait, autant dire de son sperme, dont tous font leur beurre… N’oublions pas qu’avec ses bouses, Bolloré a pu faire des émissions de merde, excellent engrais censé désinfecter tout alentour… Sa pisse aussi est super ! Morandini déculpabilise tout le monde, ils ont tous besoin de lui pour paraître propres à côté. Par sa pourriture, ils se refont une virginité à peu de frais. Facile !

Maintenant, le fond de la tinette. C’est-à-dire la Gauche… Autant la Droite protège Morandini et joue les tartuffes pour sauver son animateur, autant la Gauche, à l’inverse, le charge, et d’une façon tout aussi dégueulasse. Pour les journalisteurs de « délinquants » sexuels, Morandini est coupable de « faits extrêmement graves » et c’est une affaire qui relève de la « protection des enfants »… Mais quels faits « extrêmement graves » ? Et de quels « enfants » parlent-ils ? Aujourd’hui, aucun pubère ou prépubère n’a le droit de faire frissonner un homme, ou de frissonner lui-même de faire frissonner celui-ci, sans être automatiquement rejeté dans le camp des enfants, c’est-à-dire, pour les gendarmes de la Pudeur, le camp de la mort du sexe… Selon Mediapart, qui va toujours chercher ses infos à la police et à la Justice et qui se comporte ensuite comme des anonymes d’X, Morandini a été condamné pour « violences sexuelles sur des personnes mineures ». Quelles « violences » ? C’était pas plutôt de l’énergie douce (NRJ 12) ? Et quelle hypocrisie ! Des « personnes » mineures… Pour bien montrer qu’on est déjà une personne quand on est mineur… Où cette saloperie de respect va-t-elle se nicher, tout de même !… Dans d’autres supports gauchieurs encore, vous avez les « victimes » présentées comme des « comédiens ». Des « comédiens » ? En effet quand on les voit témoigner, c’est le cas. Mais au départ, il s’agit surtout de pèquenots arrivistes en mal de gloire glaireuse et, en les entendant parler dans l’ombre, on ne peut que constater qu’ils sont tous sur le même modèle : de petits cons qui adoraient Morandini comme présentateur (sic) : comment les respecter, les plaindre ? Ces pigeonneaux, qui se rêvaient stars de ciné, s’inscrivaient sur un site de casting qui leur annonçait que « Monsieur Morandini » préparait un remake du film Ken Park interdit au moins de 18 ans, où il y avait une scène d’auto-strangulation masturbatoire, et qu’il souhaitait auditionner tel ou tel jeune homme à qui il payait les billets de train pour venir à Paris. C’est arrivé à un ado de 16 ans qui, lorsqu’il déboula dans les bureaux de Morandini dans le 8e arrondissement, tapissés de Polaroïds d’Ignudi pas très michelangelesques, s’est entendu dire par Jean-Marc que tous les autres pressentis pour le rôle du héros qui s’étrangle tout en se branlant avaient accepté de se foutre à poil devant lui… Alors, il commença à se déloquer timidement, puis quand Morandini le pria de se peigner la girafe sous son nez, en un éclair de jugeote, il réalisa le piège, remonta son calebar et prit sa bite à ses couilles à son cou pour se barrer fissa de là… Morandini réitèrera l’expérience bandante plusieurs fois avec des « attirés par les médias » qui rêvaient d’un stage à la télé (c’est comme Rimbaud qui, « attiré » par les poètes Parnassiens, rêvait d’un « stage » à Paris chez Verlaine), ou de décrocher un rôle dans une série. Par exemple, un mecton de 19 ans à qui Morandini a demandé de se dénuder entièrement et c’est tout. Pour le deuxième rendez-vous où il lui avait fait passer le message qu’il aimerait bien qu’il le suce, le minet s’est radiné mais sur place il ne s’est pas exécuté… Avec un Belge de 17 ans, ça a mieux marché : Morandini a réussi à le convaincre de se laisser embrasser, tripoter et même griffer. Il est certainement allé plus loin avec d’autres… Tout est possible, comme disait Morandini quand il faisait de la télé trash sur TF1. Notamment, un à peine majeur qui avait été envoyé par le site internet generationgay.fr (géré par Morandini), et qui a fini par lui faire une pipe d’écume terrorisée (et qui est même revenu le voir après). De toute façon, ce n’est pas vraiment passer à l’acte qui branche Morandini. Pour ça, il avait son collaborateur qu’il poussait à se taper son petit filleul qui avait une bonne bite, pour le pomper sec et le faire « cracher » et « gémir »… La procuration lui va comme un gland. Non, son grand truc, au Jean-Marc, c’est d’envoyer des SMS ou des messages sur Facebook à des jeunes éphèbes convoités car il n’est pas pédophile pour deux dessous (encore un qui préfère les slips kangourous aux Petit Bateau !) : il est éphébophile. Morandini adore demander, puis supplier ses kiffés de lui envoyer une photo de leur queue… Et les mecs continuent la conversation ; c’est ça, le plus fort ! À chaque texto, ils sculptent le pied que Morandini veut prendre à se rincer l’œil (mon œil, pas que l’œil !) sur des jeunes types nus, la quéquette à l’air (a l’air de quoi ?). D’ailleurs, Morandini est voyeur mais pas regardant : un des jeunes, auprès de qui il insiste pour recevoir une capture de son zgeg, cède et finalement lui en envoie une, mais d’un autre que le sien, et qui tape aussitôt dans l’œil (une nouvelle histoire d’œil) de Jean-Marc ! « Tu étais excité ou c’est juste énorme ? » lui textote aussitôt fébrilement l’animateur mateur… Les queues de jeunes font bander Morandini (OK, banal), mais la vraie question, c’est : pourquoi le jeune homme a prélevé sur Internet une pine de cheval qui ne pouvait que faire surbander un pédé (ou une femme) ; pourquoi n’a-t-il pas pris un micropénis pour justement voir la réaction de Morandini super déçu qui l’aurait lâché illico à ce moment-là ? Bref, pourquoi ce jeune homme a-t-il choisi une bite valorisante, aussi bien à ses yeux qu’à ceux de Jean-Marc ? Voilà la véritable enquête à faire. Au lieu de ça, les propres et probes journaleux de la Gauche couvrent Morandini d’opprobre. Ils parlent, pour les pauvres victimes, de « cauchemars » permanents, de « traumatismes » à vie, mais personne ne songe à dire qu’elles sont toutes pédées, leurs victimes. « En tant que victime, je suis très inquiète » a d’ailleurs lâché un des plaignangnans, un certain Alex, dans un charmant lapsus qui aurait ravi Cocteau ou Julien Green… Qu’Alex soit tombé sur une grosse pédale comme Morandini n’est pas totalement dû au hasard. On n’a pas d’exemple d’un hétéro pur et dur, même adolescent, qui se soit refusé à jouer le jeu de Jean-Marc et qui l’aie immédiatement envoyé chier ; non, ils ont tous marché, et, en plus, ils ont un mauvais goût total puisqu’ils sont allés vers lui par intérêt parce qu’ils l’admiraient, ainsi que Cyril Hanouna que Monsieur Morandini promettait en carotte à ces ânes de leur présenter. Non seulement, ils adoraient C8 et CNews, mais depuis leur plus tendre enfance, ils avaient tous une tendance très forte à l’homosexualité : voilà un tabou qui n’est pas levé. Pourquoi ? Parce que ceux qui mettent Morandini plus bas que terre alors qu’il est déjà à terre sont eux-mêmes homos. Ça pince, hein ? Tous ces pédés de Mediapart et de Quotidien à boucles d’oreille et tatouages l’accablent alors que c’est leur rêve d’avoir assez d’aura médiatique pour attirer des jeunes. Tu parles s’ils se gêneraient d’abuser de leur droit de cuissage s’ils flashaient sur un quelconque quidam à quiquette, quel que soit son âge ! Donc d’un côté, il y a les bons pédés qui travaillent dans un média de gauche à dénoncer les turpitudes de la « Télé-facho » et qui, s’ils ne l’ont pas déjà fait, aspirent secrètement à se taper des jeunes gens bien montés ; et de l’autre, un des piliers du paf faf de Bolloré qui, lui, a vraiment pris des risques pour abreuver ses fantasmes et qu’au lieu d’admirer, ils incendient ouvertement ; c’est pas plus joli-joli !… Je le répète : le plus remarquable dans cette affaire Morandini, c’est de tenter de comprendre le fonctionnement perversif de Jean-Marc. C’est quoi la libido de Jean-Marc Morandini ? Je ne vois pas d’autres sujets plus sympas, si on peut dire, à traiter. Un des points cruciaux, c’est que dans ses faux messages aux jeunes, il se déguisait en femme (il n’y a pas que lui : d’autres présentateurs télé célèbres ont pris des prénoms féminins pour draguer des jeunes mecs sur Facebook ou Instagram — suivez mon regard du côté de la Suisse — et ont été également maintenu à l’antenne et carrément promus, même si pour cela ils ont dû changer de pays)… Morandini se faisait passer pour « Catherine Leclerc » ; mais mieux — et ça s’inscrit parfaitement dans mes divagations mallarméennes sur l’inceste (voir Nabe’s News 34), cette fausse femme, Catherine Leclerc, signait parfois « maman » pour rassurer les jeunes types à qui elle demandait : « Est-ce que tu as déjà fait une fellation à ton petit frère ? » et le jeune répondait : « Non», et ajoutait « Attention, ma mère a vu nos messages et elle n’est pas du tout d’accord » ; alors Morandini alias Catherine Leclerc remettait le jeune homme dans le pas droit chemin : « Profite que ta mère ne soit pas là, fais-le quand même, fais-en un film, et envoie-moi les images, ! »… Se glisser dans la peau d’une femme, c’est ce que beaucoup font sur les RS, mais dans celle d’une mère de famille, et pas morte comme celle de Norman Bates mais qui n’existe pas, vicieuse et même incestueuse, il faut le faire ! Comme argument pour convaincre le jeune homme de passer outre les réticences de sa mère, Morandini/Leclerc lui confiait : « Tu sais, moi, mon propre fils, qui s’appelle Valentin, je l’ai toujours vu tout nu et même en érection, et ça nous fait beaucoup rire, il n’y a aucun problème, il ne faut pas avoir de tabou comme ça, mon petit ! » On n’est pas très loin de Rosa von Praunheim ! Ce combat entre les deux mères : une mère fictive et une mère réelle, c’est très très intéressant, c’est ça qu’il faudrait creuser, c’est ces questions-là qu’il aurait fallu poser à Morandini : « Où as-tu trouvé dans ton enfance de fils cette jouissance fantasmatique de te faire passer pour une mère de famille qui demande aux jeunes gens de l’âge de son fils de se masturber, et qui implore par 41 textos successifs de recevoir des photos de leur bite en vue d’un casting imaginaire ? » Pas de réponse. À vous les studios !

Si l’on me demandait quel est le plus vicieux de tous les peuples, je répondrais sans hésiter que c’est celui qui a le plus de lois. La volonté de bien faire supplée à tout, et celui qui sait écouter la loi de sa conscience n’en a guère besoin d’autres, mais la multitude des lois annonce deux choses également dangereuses et qui marchent presque toujours ensemble, savoir que les lois sont mauvaises et qu’elles sont sans vigueur. Si la loi était assez claire elle n’aurait pas besoin sans cesse de nouvelles interprétations, ou de nouvelles modifications si elle était assez sage ; et si elle était aimée et respectée on ne verrait pas ces funestes et odieuses contentions entre les citoyens pour l’éluder et le souverain pour la maintenir. Ces multitudes effroyables d’édits et de déclarations qu’on voit émaner journellement de certaines cours ne font qu’apprendre à tous que le peuple méprise avec raison la volonté de son souverain et l’exciter à la mépriser encore davantage en voyant qu’il ne sait lui-même ce qu’il veut. Le premier précepte de la loi doit être de faire aimer tous les autres : mais ce n’est ni le fer ni le feu ni le fouet des pédants de cours qui font observer celui-là, et pourtant sans celui-là, tous les autres servent de peu ; car on prêche inutilement celui qui n’a nul désir de bien faire.

Jean-Jacques Rousseau

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°56 – 26 janvier 2026

L’actualité du Groenland rouvre une plaie en moi, attention, une plaie littéraire… J’ai vécu toutes mes années 90 dans la fascination et l’étude des explorations polaires, aussi bien au nord qu’au sud ; je passais de l’Arctique à l’Antarctique selon les moments, j’alternais six mois de nuit polaire au sud, puis six autres au nord. Ma documentation était énorme, j’en ai plein ma cave à Paris, des livres sur le pôle Nord et sur le pôle Sud, des essais, des albums de photos, des biographies de tous mes héros, que ce soit pour le nord, Cook, Amundsen, Nobile, ou pour le sud, encore Amundsen, Scott, Byrd, et Shackleton sur son Endurance (c’est la couverture de mon Vingt-septième livre)… Alors, vous pensez si le Groenland me concerne ! Ne m’en parlez pas, please… Je souffre suffisamment de pas avoir eu le temps d’écrire mon grand roman polaire dont j’avais le titre, le scénario, le découpage, les noms propres… Mes brouillons sont d’une poésie que vous n’imaginez pas… Tout ça à cause des Arabes, j’ai mis sur le côté les Esquimaux pour m’embarquer dans la défense des opprimés et des révoltés du Proche et du Moyen-Orient empapaoutés depuis trop longtemps par l’Occident décadent… Pour ce que j’en ai tiré, comme reconnaissance : des milliers de crachats de Beurs conspis depuis plus de 20 ans maintenant… En plus, j’ai failli y aller, au pôle Nord, physiquement je parle, dans une véritable expédition, et grâce à la fille de Jean Anouilh, figurez-vous ; on en reparlera… Je dis « expédition » ou exploration, mais soyons clairs : qu’on ne voie aucune contradiction entre mon dégoût total de toute colonisation et mon goût pour les explorateurs polaires : les courageux aventuriers qui sont allés aux pôles Nord et Sud ne l’ont pas fait dans un esprit de « colonisateurs » ; c’était avant tout des découvreurs. Même ceux du début du XXe siècle : le Groenland n’a pas été colonisé mais atteint par le Norvégien Nansen ; le Yankee Peary ; les Danois Rasmussen, Mylius-Erichsen et Mikkelsen ; le Français Charcot et surtout évidemment Paul-Émile Victor dont je suivais la série d’émissions extraordinaires sur France 3… « PEV », qui s’était embarqué sur le Pourquoi pas ? de Charcot et qui est tombé in love d’Amassalik, était un conteur merveilleux, avec sa veste polaire à carreaux rouges et sa voix qui sonnait comme le saxo baryton de Gerry Mulligan !… Voilà de vrais connaisseurs du Groenland : ce n’est ni Trump, ni Poutine, ni Xi Jinping, ni Macron, eux ne comprennent rien, aveuglés par leurs intérêts financiers, miniers ou stratégiques, tous au fond insignifiants… Car c’est quoi d’autre, cette guéguerre des boutonneux ? Tout à coup, le Groenland devient un « objectif politique majeur » ! L’Amérique parano veut installer des bases militaires pour être là à la place de la Russie et de la Chine qui trépignent également. La Chine est aussi infantile que les deux autres quand elle zieute du côté de Nuuk, espérant contrer de là-bas l’influence des États-Unis sur Taïwan… Vous voyez un peu le niveau… On est dans des procès d’intention géopolitiques à tire-larigot. Quant à la Russie, c’est une histoire de contrôle et de projet de vol de minerai qui la motive, cette grosse salope en fourrure ! Il faut arrêter de croire que les « grands » de ce monde sont très sérieux et adultes : ce sont de sales gosses insupportables qui méritent des calottes de Dieu, des calottes glaciaires en l’occurrence… En outre, la plupart ajoutent à leurs intérêts économico-militaires des soi-disant préoccupations écologiques, alors que le réchauffement climatique ne les intéresse que s’ils peuvent en tirer un profit juteux. Ils se foutent de la fonte de la calotte glaciaire comme de la première fois où leur mère les a fait se décalotter le gland pour éviter un phimosis. La montée du niveau des mers ne les empêche pas de ronfler, ils s’arc-boutent en rêve sur l’Arctique, et l’Europe, la petite Europe qui, juste par orgueil, ne veut pas que quelque chose lui échappe, défend le Danemark qui s’est rendu maître du Groenland. Les Européeux ne savent d’ailleurs pas pourquoi, mais ils sont pour le Danemark qui doit résister aux convoitises américano-sino-slaves, parce que le Danemark est membre de l’UE et de l’OTAN… Autant en emporte le blizzard ! Moi je dis qu’aucune des puissances, le pied sur le starting-block congelé et prêtes à se lancer dans la course au Groenland, n’est vraiment captivée par les Esquimaux (Paul-Émile Victor ne disait pas « Inuits », ça fait condescendant, ça fait mec qui ne veut pas paraitre raciste, comme « Blacks » pour « Noirs »). Foutez-leur la paix, aux Esquimaux… Le Groenland, c’est chez eux. Enfin, plus ou moins, car les Esquimaux n’ont pas été les premiers habitants du Groenland, ils sont arrivés vers 1250 depuis le Canada et l’Alaska… Deux siècles et demi avant eux, il y avait eu un Norvégien, Thorvaldsson, dit « Érik le Rouge », c’est lui qui a véritablement découvert le Groenland à notre ère. Cette brute pas si épaisse, les mains écarlates de sang pour bien aller avec sa longue barbe rousse, avait dû fuir la Norvège et l’Islande car il avait laissé derrière lui plusieurs cadavres de voisins qu’il avait dessoudés, et débarqua par hasard sur la côte de l’île qu’il a surnommée Greenland puis Groenland ; vous ne savez rien. Il y a les Inuits d’un côté et les Ignorants de l’autre. Érik est revenu ensuite avec ses drakkars chargés de 500 puis de 5 000 personnes sur la terre arctique, mais il n’y avait pas d’Esquimaux à ce moment-là, je vous l’ai dit. Selon Jean Malaurie, il y en avait un peu mais sur une autre partie du Groenland… Jean Malaurie ! Une autre sommité polaire que j’aurais rêvé de rencontrer ! Au début des années 50, il était parti en traîneau à chiens, avait vécu à Thulé, puis il a créé la collection Terre humaine chez Plon, et est mort à 101 ans, en 2024 (le froid, ça conserve) !… En l’an mille donc, l’implantation d’Érik le Rouge n’a rien donné. Tout gens du Nord qu’ils furent, les Nordiques, ces petites choses, en ont eu marre de subir le froid, car ça caillait sec à l’excès, c’était trop aglagla ! Alors, les Vikings d’Érik ont jeté l’éponge glacée dans la neige et se sont barrés… C’est au XVIIIe siècle que d’autres Scandinaves (les Danois) ont repris la main. Là, on peut parler de colonisation, voilà pourquoi le Danemark n’a rien à dire contre la soif de conquête de cette terre ardue qui perdure jusqu’à aujourd’hui chez les Américains, les Russes et les Chinois, car elle n’est pas plus la leur que celle d’autres voraces qui se mettent en pole (nord) position… Le Groenland est leur pré glacé, aux Danois, ils ont estimé que c’était à eux, ils ont même flanqué un ours polaire sur leur drapeau… Quel rapport avec La petite Sirène d’Andersen à Copenhague ? C’est les Danois surtout qui ont fait chier les Esquimaux. Le vrai premier colon fut le pasteur Hans Egede en 1721 qui fonda un comptoir pour son roi Frédérik IV du Danemark, et qui installa sur l’île des églises luthériennes… En terre catholique, je suis à fond pour bien sûr, mais l’édification de temples protestants entre deux igloos sur la banquise, je suis contre ! Il faut être complètement buté comme un de ces Danois qui ont persécuté Gauguin, Léon Bloy et Céline pour persister à légitimer la souveraineté du Danemark sur le Groenland qui n’est pas davantage la propriété des Américains, des Russes, des Canadiens et Cie… S’il devait y avoir un pays qui pourrait revendiquer éventuellement le Groenland, ce serait la Norvège vu que c’est Érik le Rouge qui y a mis le premier le pied en 982… Si les Esquimaux avaient besoin d’un cadre nordique, ça reviendrait plus à la Norvège de s’occuper à nouveau du Groenland, et s’ils souhaitaient un soutien scandinabe, pardon, scandinave, ce serait aux Norvégiens de le leur assurer. C’est sur cela que devrait jouer Trump : sur la maltraitance notoire et ancestrale des Inuits par les Danois, il pourrait même promettre de redonner aux Esquimaux une autonomie et de favoriser la perpétuation de leurs coutumes sans évidemment les chasser, engageant là une sorte de rattrapage sur ce que les cowboys ont fait aux Indiens du Far West… « Pourquoi pas ? » comme aurait dit Charcot…

Ah ! Trump et le Groenland ; Trump et le Venezuela ; Trump et l’Ukraine ; Trump et Gaza ; Trump et Israël ; Trump et la Syrie ; Trump et la France ; Trump et le Canada ; Trump et l’Iran… Il fout un bordel pas possible ! En ce sens, c’est un grand Gémeaux, erroné à chaque fois, grande gueule, marrant, qui ne va jamais jusqu’au bout de ce qu’il dit, qui fait des coups d’éclat, puis après qui laisse tout en plan, pour ne pas dire en Rantanplan ! La gauche et l’extrême gauche l’exècrent ; la droite et l’extrême droite le vomissent ; Macron en a peur ; Poutine le surveille et il fait écarquiller les yeux plissés de Xi Jinping… Comme disait Brigitte Bardot à sa bonne au sujet de Jean Gabin dans En cas de malheur : « Je-l’a-dore ! » Et en cas de malheur, Trump va continuer ! Champagne (taxé à 200 %, bien sûr) !

Finkielkraut ou la banalité de la pensée. Il est pour l’école contre les loisirs ; pour la civilisation contre le wokisme ; pour Zelensky contre Trump ; et il agite depuis quarante ans la même crécelle : celle de la décadence de la France, des immigrés en trop, des jeunes qui sont cons, de la défense de la culture, de la gauche qui n’est plus à gauche, de l’extrême droite qui n’est pas vraiment d’extrême droite, de la Culture qui seule peut vaincre la Barbarie ; et toujours avec ses références judéo-polonaises inconnues au bataillon de la vraie intelligence… Finkie avait touché un temps à Péguy ; heureusement, il l’a lâché pour Boualem Sansal et Jacques Julliard. Ce chouchou des bourgeois Figaro, interrogé dans son dernier livre Le Cœur lourd (Gallimard) par un gros lèche-cul du canard vieux de 200 ans (ah, il fallait voir la fête anniversaire du Figaro au Grand Palais transformé pour la circonstance en aquarium géant pour squales édentés et délavés !), tient désormais à faire savoir qu’il est avant tout un défenseur de la langue française en danger… Finkielkraut, gardien du temple du langage ! Ce culot de se poser en détenteur de la finesse et du respect du français alors qu’il n’a jamais su mettre un mot en place, et qu’il ne connaît rien de la littérature. Il n’a pas « le cœur lourd », il est lourd tout court… Et cerise sur le gâteux : « Je ne supporte pas que certains dans la communauté brandissent l’antisémitisme pour faire échapper Israël à toute critique. »  Bingo ! Même les débilo-décoloniaux se laissent prendre à ce panneau ! Ils croient que Finkielkraut, comme par miracle, a « viré sa cuti », comme ils disent… N’importe quoi ! Ces Beurs ramollis du bulbe ne voient pas que c’est encore une ruse, une takya juive (ça existe), c’est-à-dire que Finkielkraut (Finkielkraut !), qui a pris, je le rappelle, des positions ignoblement pro-israéliennes depuis des lustres (et pas ceux en cristal dont on fait les nuits), essaie, le salaud, de se glisser dans le mouvement de l’Histoire pour ne pas être largué, et surtout —  et ça, je l’ai dit souvent —, il fait partie de ces Juifs sionistissimes qui se décident à mettre de l’eau dans leur vin, autant dire les larmes qu’eux n’ont jamais été capables de verser sur la Palestine depuis le 7-Octobre dans le vin, autant dire dans les flots du sang du Christ, et qu’ils font ça uniquement parce qu’ils ont peur qu’Israël conserve une image trop mauvaise dans les décennies, si ce n’est pas dans les siècles à venir… C’est encore une fois pour protéger leur pays trop sali par Netanyahou qu’ils simulent la compassion pour les Pales’… C’est ça, leur calcul. Il n’y a qu’une Bouteldja (« bouteille de Jack » écrit mon ordi sous ma dictée mal comprise) pour y voir « l’entrisme des décoloniaux dans le cœur de Finkielkraut. » Et elle rajoute : « C’est pas bô ? ». Non, c’est pas « bô », espèce de naïve ! Toi et tes mongolos d’honneur sans parole n’avez pas réussi du tout à vous introduire dans l’esprit d’un Finkielkraut pour qu’il exprime enfin un peu d’empathie envers les martyrs de Gaza ! Bande d’abeurtis, vous ne voyez pas que c’est une bonne blague que vous fait un Juif de plus ? Et juive, la bonne blague, pas palestinienne ; évidemment !

Personne ne s’interroge suffisamment sur le lien que font font font les petites féministes entre la défense des femmes et celle des transgenres. Celles qui vantent les lilivres d’« autrices » hyper hostiles au patriarcat, les vidéos virulentes de lutteuses pour le droit des femmes ou les posts fulmineux de porte-plaignardes contre les souffrances conjugales sont les mêmes qui s’extasient sur les récits de transitions, les témoignages de genrées et autres non-binaires qui se grattent pour savoir si finalement ils ne vont pas changer de sexe ; bref : sur tout ce qui relève de l’homophilie en général et qui trahit le fond de leur pensée. Car pour les féministes, défendre les trans et défendre les femmes, c’est pareil ! Voilà qui ne fera pas se retourner Otto Weininger dans sa tombe à Vienne pour offrir son cul, car tout cela, il l’avait prévu, ce génial pédé ! Les féminottes qui combattent la transphobie, l’homophobie et l’hétéro-fascisme n’ont pas l’air de saisir qu’il ne va pas de soi de confondre la lutte des femmes et celle des hommes devenus femmes ou des femmes devenues hommes, c’est-à-dire des monstres qui se croient autorisés à passer, sans l’avis de Dieu, d’un sexe à l’autre, en toute impunité mystique… À creuser, comme le trou artificiel que les chirurgiens opèrent sur un ex-homme châtré afin de lui fabriquer une sorte de cavité qui fera office de pseudo-vagin entre ses cuisses viriles et épilées à la cire (« C’est une révolte anti-masculiniste ? » – « Non, cire, c’est une épilation ! »).

Idée de nouvelle. Un petit mari avec sa petite famille arrive en voiture dans une ville au bord de la mer qu’ils ne connaissent pas : tout y est lumineux, coloré, vivant, les magasins, les restos sont ouverts, ils sont très contents, ils débarquent en fin d’après-midi, c’est trop bien, ils s’installent dans leur Airbnb, le soir tombe, puis ils sortent pour aller faire des courses et là, ils s’aperçoivent que tout est fermé. Un type tout seul dans la rue leur dit : « Oui, mais c’est normal, c’est dimanche. » OK, ils sont un peu déçus, rentrent dans leur appartement et se couchent. Le lendemain, c’est lundi et tout est fermé également. « Ah, c’est lundi, et le lundi, c’est comme ça », leur dit une femme sous un porche avant de disparaître. Tous les commerces, et les banques où le père voulait aller retirer de l’argent, sont fermés, il commence à râler, et le mardi matin, il se dit « c’est bon », il sort pour voir, et là c’est encore fermé, les rideaux de fer sont baissés, les portes sont closes, c’est la Fête nationale du pays. C’est écrit partout sur des banderoles, ça pavoise de drapeaux sur tous les immeubles, mais personne n’est présent nulle part dans la ville pour la célébrer… Ils n’ont toujours pas pu faire les courses, ils ont fini des bouts de biscuits qui restaient du goûter des enfants qui sont désormais très nerveux, la femme n’arrête pas de pleurer. Le lendemain mercredi, c’est encore fermé et là, c’est parce que c’est une autre fête, religieuse, c’est la Saint-Machin, c’est férié. Puis on arrive au jeudi, la famille se dit que tout va s’ouvrir évidemment pour le week-end, et non, parce que ça tombe pendant les dates des vacances et les habitants sont partis et ont fermé leurs boutiques. La femme veut repartir, le mari voudrait bien aussi mais il n’y a plus d’essence dans leur voiture et pas de station ouverte, ils sont coincés. Et tous les jours, c’est pareil : il y a à chaque fois de bonnes raisons qui font que toute la ville est totalement morte, il ne se passe absolument rien. Au début, il y avait quelques traînards dans la rue, mais là, vraiment plus personne. Au bout de trois semaines, la famille se met à dépérir, ça va très mal, le petit garçon est malade, la petite fille hurle sans cesse, et la femme n’en peut plus, c’est des engueulades à répétition. Finalement, les enfants crèvent de faim. La femme devient folle, elle part un soir en courant se jeter du haut d’une falaise. Le mari enterre sa femme et ses enfants au cimetière, unique endroit dont la grille est ouverte… Totalement désespéré, le veuf s’en va, à pied… Et c’est en traversant la ville qu’il remarque que tout reprend vie dans son dos, avec plein de magasins ouverts, de la musique, de l’animation, les gens dansent de joie, comme si les habitants fêtaient le départ de celui qui finit par se demander si ce n’est pas à cause de lui que, dès son arrivée, la ville a été complètement immobilisée. Il passe devant tous les restaurants, ça foisonne de touristes et il y a de la vie partout, des enfants, des femmes, tout est ouvert, mais c’est trop tard. On le voit partir tout triste sur la route avec sa valise… J’appellerai ça : Tout est fermé.

Je travaille à nous venger.

Villiers de l’Isle-Adam

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°55 – 19 janvier 2026

Shitstorms (suite). Après les agriculteurs que j’ai insultés en disant que parmi eux, les éleveurs étaient la pire espèce de paysans, qu’ils se comportaient très mal avec les animaux (il n’existe pas encore de délit de harcèlement animalier ?) et que je les trouvais mous du gnou (animal auquel la plupart de ces ploucs charbonneux ressemblent) de se contenter de garer leurs tracteurs à trois cent cinquante mille euros à côté de l’Arc de Triomphe au lieu de foncer avec dans le palais de l’Élysée pour se faire entendre, j’ai évidemment reçu un nouveau déluge de commentaires vomis du plus profond des sacs d’incompréhension que sont les estomacs de ces culs-terreux et pro-culs-terreux… Mais le plus grand déluge de merde, évidemment c’est celui que j’ai déclenché (oui, je suis un déclencheur de déluges !) en attaquant les Suisses ! Les Suisses, c’est pire que les agriculteurs ou les Juifs, les pro-Palestiniens ou les humoristes : pas touche aux Suisses ! L’argument qu’on m’a opposé quand j’ai dit que tous les Suisses étaient, par leur mentalité d’inertes nés, ou plutôt mort-nés, impliqués dans la catastrophe du Constellation, pour n’avoir rien contrôlé et peut-être pour avoir mis pas mal de poussière de danger sous le tapis du fermer-les-yeux fédéral, on a cru clouer mon bec inclouable en me répondant que les propriétaires du bar de Crans-Montana étaient des Français, et que donc on ferait mieux de balayer devant notre porte, nous les « bobets »… Un énorme manque de curiosité fondamental ayant franchi les Alpes comme le plus gros éléphant d’Hannibal, aucun Suisse et pro-Suisse n’a pris la peine de se renseigner sur le fait que je suis plus anti-français qu’eux, et qu’en cette circonstance, je ne me suis jamais senti plus insulté à ce point qu’en étant pris pour un Français, moi si grec, turc, italien et… corse (aïe !) ! Je ne reproche pas aux Suisses d’être anti-français, mais de l’être par complexe d’infériorité ; moi, je le suis par décomplexe de supériorité ! Ce que ne comprennent pas, ou ne veulent admettre, mes rageux fromageux, c’est que les patrons minables du bar, Jacques et Jessica Moretti, sont devenus Suisses en travaillant là-bas, ils ont pris des manières suisses pour être autant ruffians ! Qui sait si les techniques de cupidité de Jacques et Jessica n’ont pas été inspirées par le suissisme ambiant ? En tout cas, il est sûr que la commune n’a rien fait pour empêcher les Moretti de piéger les jeunes fêtards dans leur bar-boîte de nuit. Certains m’ont objecté qu’on ne doit pas généraliser l’attitude âpre au gain et fermée à tous les Suisses, que c’est surtout typique du Valais (je le dis et redis : il faut lire et relire les romans de Ramuz et les portraits qu’il fait de ses personnages, tous des brutes valaisannes). D’autres encore osent me vanter la noblesse et l’ouverture d’esprit qui règnent plutôt dans le canton de Vaud où c’est « super » (peuh…) ; ou mieux, dans le Tessin (tu parles !) : j’ai fait les deux et j’y ai trouvé les mêmes caractères butés et toiseurs… Pour l’instant, je pense que ce sont les Grisons qui sont le meilleur canton : Saint-Moritz, Sils-Maria où Nietzsche allait panser (ses plaies) ; c’est de là que vient le cinéaste Daniel Schmid… Et encore, il faudra mieux approfondir mon impression : j’avais quand même remarqué qu’à l’hôtel de Sils, ils étaient très cons… Avec « l’incident », comme on l’appelle à Crans-Montana, c’est la xénophobie anti-française qui est ressortie flagrantement des réactions de ces Suisses qui se sentent outragés lorsqu’on les accuse d’être, avec les deux tauliers du « Consté », responsables sinon coupables de cette immolation festive… Ça, les Helvètes bêtes (ne dit-on pas couramment « bête comme un Helvète » ?), ne supportent pas, ils voudraient que d’un côté, il y n’ait que ces deux vilains Français qui sont les seuls fautifs de ce massacre des innocents sacrifiés à la Fête, et de l’autre, eux, les Suisses, qui sont des gens très gentils, scrupuleux, désintéressés, généreux, qui font tout bien dans les normes, dans les règles ! Les « Frouzes », comme ils « nous » appellent, sont tous des ordures venues dans leur pays pour leur ôter les croûtons de pain de leur bouche d’anges scintillant avec une auréole de gruyère derrière la tête et accueillant toujours tout le monde à ailes ouvertes… Mon œil, oui ! Ce serait plutôt Frouzes contre flouze !… Il n’y a que l’argent qui compte en Suisse : on aimerait bien savoir comment les Moretti ont acheté leurs trois établissements dans la station ; et que dire des sommes de caution proposées par la Justice suisse pour la remise en liberté de Jacques (200 000 CHF) et pour le non-emprisonnement de sa femme Jessica (idem) ?… Ah, on n’en a pas fini dans la sordidité !… En vérité, comme me le dit mon assuisstant : « L’incendie de Crans-Montana, c’est le 11-Septembre des Suisses. » Alors pour une fois qu’il leur arrive quelque chose de conséquent, ils y tiennent, ils en sont fiers dans une certaine mesure : la Terre entière les regarde, les plaint, les fait exister enfin ! L’incendie ne les a pas rallumés à une vitalité quelconque (impossible), mais il les a allumés aux yeux du monde, les a éclairés, les a réchauffés même, et a eu le bénéfice, pensent-ils, ces cons, d’avoir réduit en cendres le préjugé international (et pourtant si justifié) qu’ils ont de tout temps été des êtres pétrifiés, par immonde complaisance, dans la plus dégoûtante léthargie ontologique. Hélas pour ces connards-là, personne ne changera d’avis. Les Suisses sont ridicules et semblent ne pas s’en apercevoir. Mais si on les fréquente bien, on se rend compte qu’en vérité, ils savent qu’ils sont ridicules, et c’est parce qu’ils savent qu’ils sont immédiatement identifiés comme étant ridicules que, par orgueil et prétention, ils en rajoutent dans la connerie… Mais merde ! Je spoile mon futur livre de souvenirs sur ma longue période passée chez ces crétins gratinés ! Il ferait beau voir ! Pardon… Il est interdit de salir cet événement, et moi je l’ai sali en disant que ça entachait tous les Suisses. Ils devraient être contents puisque je reporte la paternité de ce drama sur eux, si solidaires ! Et non, au contraire, alors que l’Empathie universelle est au chevet de l’Antipathie suisse, je casse l’ambiance de recueillement, j’obscurcis la visibilité de leur douleur de victimes, l’unanimisme de cette visibilité… Quand on regarde les commentaires à mes interventions TikToko-Facebooko-Instagrammeuses, on s’aperçoit que j’ai touché un nerf pour que les chauvins réagissent aussi violemment aussitôt. Il ne suffisait pas, comme Charlie Hebdo l’a fait par un dessin, de se foutre de la gueule des jeunes carbonisés, rien que pour faire un jeu de mots, Les Brûlés font du ski avec ce sous-titre « La comédie de l’année »… Il fallait agresser, sans rire, les autres protagonistes de cette apocalypse helvétique, j’ai nommé les Suisses officiels qu’on a vus rechigner à ce qu’on leur mette le nez dans leur caca moit’-moit’ bouillonnant dans leur caquelon de contrition, et pleurant crocodilesquement sur l’événement qu’ils ont contribué à faire advenir par goût du rendement, négligence, hypocrisie, et magouilleries cantonales… Les gens sentent bien que le dessin dans Charlie signé Salch (un plagiaire de Reiser) n’est pas bon, mais ils ne savent pas expliquer pourquoi, alors ils le jugent par le petit bout de la lorgnette moralisatrice : « On ne rit pas avec des enfants morts. » Pour les anti-Charlie, le crobard bâclé est mauvais, mais dans le sens méchant, pas dans celui de contraire à bon. Il aurait fallu que Charlie ne se cantonne pas à se gausser des jeunes cramés en les imaginant sur des pistes de ski, mais en les montrant comme ils étaient, infantilement en train de faire la fête (faire la Faute), le Premier de l’an dans un bouge suisso-corse, sur fond de rap, avec feux de Bengale sur les bouteilles et iPhonisation systématique de l’instant vécu… Car tout cela était ridicule, et en effet, il fallait en rire, et sans forcément se focaliser sur les gosses consons, mais plutôt en faisant tout pour étendre l’incendie scandaleux à tous les autres protagonistes du Valais : administratifs, flics, contrôleurs, jusqu’aux clients et employés qui fréquentaient ce piège à rats avant le drame, et qui, pourtant délateurs comme le sont tous les Suisses, n’en ont pas dénoncé la dangerosité !… Ou alors, en s’axant sur le couple Moretti : avec leur allure de Thénardiers de l’île de Beauté rendue par eux soudain très laide — lui en figatellu barbichu, et elle, avec sa tête entièrement refaite de chèvre pleurnicheuse à la peau en brucciu plus très frais, luisant et visqueux dans sa faisselle en plastique —, il y avait de quoi faire !

Le dessinateur aurait pu les montrer également en train de se réchauffer les mains ou de se les frotter devant le brasier, ou alors elle, partant avec la caisse en luge, ou lui, fabricant une barricade avec des coucous à l’extérieur de la porte de secours, ou encore se servant d’un extincteur d’où sortirait du fromage fondu pour éteindre le feu, si jamais… Je ne fais plus de dessin d’humour depuis plus de 50 ans (ça va, j’ai donné, d’Hara-Kiri 1974 à Satirix 2017 !), mais j’ai proposé dans une Feuille précédente cette une possible si Charlie avait été toujours Charlie : « Bal tragique à Saint-Tropez = une morte » : ça, c’était parfait. En plus, c’était un ricochet par rapport à L’Hebdo Hara-Kiri de 1970. Ça gardait l’esprit Choron, ça s’adaptait à 2026 et, je suis désolé, c’était drôle. Sans compter, pour finir, que ça voulait dire que Brigitte Bardot était du niveau de la stature de de Gaulle, ce qui était, de l’avis même du Général, vrai !

Deux images. Zinédine Zidane, le 14 janvier 2026, bonnet sur la tête, descendant prestement l’escalier de l’église de la Madeleine après la messe d’enterrement du coach Rolland Courbis, et assailli par une foule de « selfie made men » qui pressent Zizou de poser avec eux… Et Marcel Proust, dans le seul film existant montrant vivant l’auteur d’À la Recherche du temps perdu retrouvé en février 2017, le 14 novembre 1904, redingote gris pâle et chapeau melon enfoncé sur la tête, sortant de la même Madeleine après la messe du mariage de ses amis Armand de Guiche et Élaine Greffulhe, et dévalant au pas de course ces mêmes marches, au milieu de la foule d’invités. On a cru longtemps qu’il portait un brassard de deuil au bras gauche mais c’est le bout du chapeau noir d’une dame passant un instant devant la caméra qui l’a fait croire, y compris aux spécialistes de Proust. D’ailleurs, de quel deuil se serait-il agi ? Pas de celui de sa mère puisqu’elle ne mourra qu’en 1905, et pas celui de son père, le docteur Adrien Proust, mort le 26 novembre 1903, un an plus tôt, ce qui aurait fait un peu longuet comme deuil. 

Pères, fils, frères (et mère). Le nationaliste autonomiste et président du club de foot d’Ajaccio Alain Orsoni a été tué dans l’enceinte du cimetière, en Corse, où se déroulaient les obsèques de sa mère… Mourir, tué, le jour de l’enterrement de sa mère quand on est corse ! Après bien des brinquebales et tirs de balles qui l’avaient amené jusqu’à s’exiler au Nicaragua, Orsoni est tombé en bon fils tenant à assister à l’inhumation de sa maman. Pour une fois qu’il ne mettait pas de gilet pare-balles ! Stupéfaction, offuscation, suffocation générales. Mais comme le raconte l’avocat Pascal-Pierre Garbarini : « La Corse, c’est également des larmes et du sang parce que dans les valeurs, il y a l’amitié et quand dans l’amitié, il y a des trahisons, les trahisons, on les paie cher, on les paie par le sang. Attention, il n’y a aucun lien entre ce que je dis et avec l’assassinat de Monsieur Orsoni. Je parle d’une manière générale. Vous savez moi j’avais rencontré quelqu’un qui était très impliqué, et qui disait la chose suivante, il m’a dit : “Mais Maître, la vengeance n’est pas un plat qui se mange froid, il se mange congelé.” C’est-à-dire que les trahisons d’un jour, et si en plus vous avez touché le sang, eh bien, vous les payez, c’est comme ça, voilà. Alors, j’aime pas être fataliste mais c’est un peuple rude, le peuple corse, c’est un peuple qui a souffert, qui souffre encore, on ne sait pas encore ce qui se passe dans les villages. D’accord, l’été on vient, c’est une carte postale, il fait très très beau, les gens sont accueillants, on se sent chez soi, etc., mais ensuite, il y a la dureté de la vie et les trahisons, ça passe pas, parce que le sens de l’amitié, il est tellement fort… » D’acc ! Message envoyé aux gens choqués car on ne peut pas dire à la fois que le code de l’honneur est dans la culture corse qui ne venge le sang que par le sang et en même temps trouver que l’assassinat d’Orsoni est d’une bassesse sans nom qui transgresse toutes les lois du respect de la famille et des endroits saints qu’on ne doit pas bafouer ainsi. Il faut choisir. Il est évident que la symbolique réfléchie de l’acte d’exécution d’un Orsoni, en postant un sniper (mi-Lee Harvey Oswald,  mi-Tyler Robinson) qui, en une seule balle tirée de loin au fusil de chasse, a atteint en plein cœur l’orphelin qui était en train de se recueillir sur la tombe de sa mère, le jour de l’enterrement de celle-ci, n’est pas dépourvue de signification métaphysique, surtout quand on apprend que cet assassinat a été perpétré dans le but de punir Alain Orsoni parce que les vendetteurs, pour ne pas dire vendettueurs, ne pouvaient pas punir son fils Guy qui est en prison pour avoir tenté d’assassiner un du clan adverse qui voulait l’assassiner lui. Et si on adopte — le temps d’une phrase — le point de vue de Guy Orsoni, 41 ans, dans sa geôle, à qui on a annoncé que son père a été tué à sa place, et à l’endroit même où sa grand-mère était en train d’être enterrée, tout en sachant que ce Guy s’appelle « Guy » en hommage à son oncle, le frère de son père qui avait été assassiné un an avant sa naissance par un commando, et lui aussi en substitution d’Alain, en vengeance de quoi d’ailleurs des membres de ce commando arrêtés avaient été assassinés à leur tour alors qu’ils étaient en prison également, on ne peut qu’être impressionné par tous ces coups de billard dans tous les sens ! En outre, en ce qui concerne Alain Orsoni, ramener un fils, non dans le ventre de sa mère, mais dans sa tombe, disons au pied de cette tombe, est une façon de boucler l’existence de quelqu’un à qui le Destin avait donné un rendez-vous absolu auquel il ne pouvait pas se soustraire.

Comment lire l’actualité. Ma mère, cette fée d’hiver, morte un 24 décembre, je l’avais déjà senti et dit dans des Feuilles précédentes, a plané, comme un de ces aigles provençaux qui, peut-être, a enlevé le petit Émile (fin de la parenthèse) sur cette fin d’année 2025/début d’année 2026. L’ample vol de la rapace maternelle a commencé le 28 décembre 2025 par la mort de Brigitte Bardot chez qui j’étais allé, avec mon fils, à la Madrague, le soir même où ma mère, déjà, devait mourir en 2006, souci pesant que BB a fait en sorte d’alléger, et qui meurt comme elle, à 91 ans, avant d’être enterrée (Suzanne , incinérée) un 7 janvier, date également de la liquidation des dessinateurs de Charlie Hebdo par les frères Kouachi en 2015, sur laquelle j’ai écrit beaucoup de textes qui ont suscité, entre autres, la réprobation de ma cousine, filleule de ma mère qui prit violemment ma défense sans rien connaître des enjeux politiques de l’attentat, mais en tant que maman corse défendant bec d’aigle et ongles d’ourse son fils ; corse bien sûr comme les deux gérants du Constellation à Crans-Montana qui ont laissé brûler en holocauste 40 adolescents sans que ceux-là aient pu emprunter la seule issue de secours (obstruée exprès pour que des clients malintentionnés ne puissent pas quitter l’établissement sans payer), comme leur soi-disant chouchoute, la serveuse Cyane, qui, casquée et juchée sur les épaules d’un autre serveur, telle la Mort au casque noir et à la natte blonde, apporta le désastre au bout du goulot enflammé de sa bouteille de champ’ en mettant le feu au plafond mousseux, et qui a essayé de fuir par-là sans réussir à ouvrir cette satanée porte derrière laquelle Jacques Moretti a découvert son corps mort calciné, ainsi que ceux de quatre autres jeunes empêchés de sauver leur peau brûlée,  tout ça par pure radinerie comme lorsque le Moretti faisait verser des breuvages bouchonnés dans des cocktails vendus chers, car les Moretti étaient radins comme ma mère l’était, radine ; et corse aussi comme Alain (Alain !) Orsoni qui, pour une fois n’a pas mis son gilet pare-balles alors que sa maman lui disait toujours de bien mettre son gilet quand il était petit pour ne pas attraper froid mais là, ce fut pour ne pas attraper une balle, qu’il s’est par conséquent prise, une seule tirée par un tireur à longue distance pendant l’enterrement de sa mère, au cimetière, non de Saint-Tropez comme celui de Brigitte Bardot, mais de Vero (Corse-du-Sud), le 12 janvier 2026, sans oublier l’axe Corse/Suisse qui évidemment me concerne au plus haut degré (800 à 900 °C) de chaleur intense, pour ne rien dire du feu lui-même, élément essentiel dans ma littérature. Je mélange tout ? Pas du tout ! Entortillement de coïncidences ? Mon cul ! Exégèse lucide. Oui, c’est comme ça que doivent être lus et écrits les faits divers : sans ça, ça ne vaut pas le coup de se pencher sur l’actualité comme une fée sur un berceau, ou sur un cercueil.

Le malheur vous va comme un gant. Vous en êtes nourris et abreuvés. Avouez-le, avouez-le. Il y a un pacte entre le malheur et vous. Un accord secret, une amère, une mystérieuse convenance intérieure ; une convention. Un accord, une résonance, une consonance mystérieuse. Avouez-le, avouez-le. Vous êtes les plus malheureux des hommes.

Charles Péguy

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°54 – 12 janvier 2026

Brigitte Bardot (The end). C’est bien ce que j’avais dit : son mari Bernard d’Ormale l’a confirmé : la Madrague, devenue la propriété de la Fondation Bardot, ne sera pas un « musée », il y a juste un vague projet pour des visites sur rendez-vous… Gêné flou évasif, le Bernard… Vous verrez que les directeurs de la « Fonda » finiront par le chasser de la maison, si ce n’est pas déjà fait ; ils la revendront très cher à un Japonais ou à un Américain et on verra si l’argent servira uniquement pour les animaux, si personne ne se sucrera au passage… Au sujet de la cérémonie du 7 janvier, en l’église de Notre-Dame-de-l’Assomption de Saint-Tropez, que j’ai commentée en direct sur BFM (si je puis dire) puisque j’en ai tiré une vidéo postée sur Facebook (certains demeurés croyant que j’étais le speaker attitré de la chaîne et s’insurgeant contre mes propos irrespectueux et anticatholiques !), il est à noter qu’aucun people conséquent, ni personne du monde du cinéma, n’était présent. C’est pas beau ça ? Non, c’est pas beau : tout le monde a eu peur de se compromettre avec la sale raciste Bardot ! La haine anti-RN a rejailli sur BB… Alors que tout le cinéma aurait dû être là : réalisateurs, scénaristes, photographes, opérateurs, acteurs et actrices plus ou moins jeunes, plus ou moins connes, plus ou moins sexy, tous en foule pour accompagner l’idole absolue dans les rues de Saint-Tropez ; pas seulement les Gipsy Kings à leurs guitares ! Honteux ! Ça s’est terminé comme ça, au cimetière marin, avec ce cercueil en osier, autant dire cette panière pour chat, descendu en tombe, cette tombe comme un blockhaus gris où elle passera l’éternité avec ses parents et ses grands-parents, avec tous les noms de sa famille gravés dessus… Retour au bercail, au bercail funèbre, dans la plus grande traditionnelle bêtise sociale funéraire conventionnelle : le contraire de Bardot. Et toutes ces gerbes de fleurs champêtres comme déversées plutôt que déposées au pied du calme bloc, ici-bas chu de ce désastre obscur : avoir été rattrapée par la patrouille de la bourgeoisie… La mort a tout fait rentrer dans l’ordre, hélas. Le plus triste, c’est que tout cela était prévisible. C’est peu dire que Brigitte, si sauvage et révoltée toute sa vie, a été remise in extremis sur le droit chemin. Même sur celui de la maternité acceptée : son fils, Nicolas (65 ans), renié, fâché puis réconcilié avec sa mère, est venu de Norvège pour l’occasion. Ainsi et désormais, la méchante Brigitte sera à jamais une bonne fille, une bonne mère, une bonne enterrée. Elle sera également tout près d’Eddy Mitchell (sic) qui, lui aussi, a décidé d’être inhumé un jour (le plus tôt possible) dans le cimetière de Saint-Trop’, et pas pour Brigitte, ni pour Vadim, ni pour Pierre Bachelet, mais pour être aux côtés d’un autre Eddie (ça s’écrit pas pareil) : Barclay… Devant la tombe, Nicolas, qui s’était retenu pendant toute la messe, a craqué, alors qu’un Gipsy, derrière lui, chantait a cappella un dernier Ave Maria… Le fils unique a fondu comme une banquise devant sa maman emmurée. Ce fut le seul moment vraiment émouvant de cette journée : lorsque Bernard a consolé le fils unique en larmes, d’un très beau geste de la main, apposé comme une bénédiction sur son visage ruisselant de pluie filiale.

Maduro. Un complotiste est allé capturer un autre complotiste et des complotistes plaignent le complotiste capturé pendant que d’autres complotistes félicitent le complotiste captureur… Il faut évidemment les renvoyer tous dos à dos ! Que ce soient les anti-impérialistes à la Mélenchon, Bouteldja et leurs tocards gauchards qui s’insurgent contre l’Amérique qui s’en prend aux nations d’Amérique latine, ou bien les néo-impérialo-colonialistes droitards qui crient haro sur Maduro et sont tout à fait d’accord pour que Trump aille spolier l’oil du Venezuela et qu’il fasse la police dans ces pays de métèques en mettant fin au narcotrafic qui, comme à Marseille, pourrit « notre jeunesse », ils ont tout faux bien sûr ! C’est encore Trump le plus juste. En plus, il n’intervient qu’une seule fois : le gendarme de Saint-Trumpez procède toujours par des actions ponctuelles. C’est Mister one shot ! Comme en 2017, quand il était allé punir Bachar al-Assad lorsque cet enculé avait commencé à gazer au sarin son propre peuple. Trump aurait dû à ce moment-là capturer Bachar, comme Maduro, ça aurait eu encore beaucoup plus d’effet, et le gros blond à l’oreille cassée aurait sauvé ainsi beaucoup de vies syriennes. Donald a transgressé le droit international ? Et alors ? Le droit international, c’est comme la Justice, plus personne ne peut y croire encore. Voilà pourquoi le principe même de kidnapping d’un dictateur, je dirais même de kidnapping tout court, quand il s’agit d’une ordure, ne me choque pas, bien au contraire. La méthode est bonne ; moi, je suis pour le Far West. Vous savez pourquoi ? Parce que le « Far West », c’est mieux que la Justice d’aujourd’hui. Au moins, c’est plus franc, moins visqueux, moins sournois. Trump n’a jamais eu l’intention d’envahir le Venezuela, ni même de renverser Maduro. Il a pris le chef, et c’est tout. Trump ne veut pas « installer la démocratie » au Venezuela. Moins con que Bush qui aurait mieux fait d’enlever Saddam à Bagdad en 2003 (ça aurait évité la guerre en Irak). C’est comme ça que tout le monde devrait faire, pas seulement Trump ! Pourquoi Poutine ne fait pas pareil avec Zelensky, ou Zelensky avec Poutine ? J’ai une sacrée liste, moi, sous le petit Juif (je veux dire sous le coude), de personnalités dégueulasses, ne serait-ce qu’en France, qu’il faudrait en effet rapter puis exhiber en vidéo dans une cave sombre, en leur faisant dégorger aux yeux de tous toutes leurs saloperies… C’est ce que voulait faire Action Directe avec Yves Montand, et Mesrine avec Philippe Bouvard. Tout le monde a trouvé normal que les Israéliens soient venus en Argentine en 1960 enlever Eichmann ou que les Klarsfeld aient organisé l’enlèvement de Klaus Barbie en Bolivie pour les ramener, l’un à Jérusalem, l’autre en France… Carlos aussi a fait l’objet d’un kidnappage par la DST en 1994 au Soudan, mais c’est le seul « rapt » que je désapprouve pour la bonne raison que Carlos n’est pas une ordure ! Et personne ne pense à lui demander ce qu’il pense de la capture de Maduro !… Misère du journalisme et journalisme de la misère… On sait juste qu’Ilich s’est félicité que la mise à prix de la tête de Maduro avait été estimée moins cher que la sienne lorsque lui-même était recherché par les services secrets du monde entier… À gauche, les réactions sont risibles. On a vu Mélenchon sortir immédiatement, en plein hiver et en pleine rue, la nuit, avec sa troupe de députés dépités frigorifiés affublés de leur écharpe tricolore en bandoulière sur leur pyjama, et, très grave, dire qu’aller capturer au Venezuela « le président Nicolás Maduro » (comme il l’appelle avec une obséquiosité répugnante et démago) est un signe de plus de l’impérialisme américain qui s’exprime en toute impunité et en toute arrogance et qui ne respecte pas la souveraineté… La « souveraineté » ! Marre de cet argument… La souveraineté, c’est encore du nationalisme. Qu’on arrête de considérer Maduro comme un grand rebelle à la Che Guevara contre les États-Unis ! Maduro, c’est juste un mauvais sosie de Saddam Hussein, un bachariste épouvantable et un archiconspi (selon lui, les Américains avaient inoculé le cancer à Chávez ainsi que le Covid à toute la population mondiale, et la chloroquine était le médicament miracle), ce qui ne gêne absolument pas l’extrême-gauche en France, mais qui est beaucoup plus grave pour moi que d’avoir fraudé son élection en 2024… Mélenchon sur son trottoir : « C’est une fois de plus le pétrole qui est la cause réelle de cette intervention, la lutte contre le narcotrafic n’étant qu’un prétexte »… T’es sûr, Pied-noir grotesque obsédé par l’or noir ?

Quant à endiguer le narcotrafic, évidemment Trump n’en a rien à foutre… En matière de came, l’Amérique est suffisamment achalandée par d’autres pays fournisseurs dont elle ne risque pas d’enlever les dirigeants. C’est de la poudre au nez que de faire croire le contraire !… Des tonnes et des tonnes de cocaïne sont enfoncées chaque minute dans les narines du continent américain qui finit par ressembler à un grand pif tuméfié (regardez la carte !)… Et de voler le pétrole vénézuélien non plus, l’Amérique n’a rien à branler ! Mélenconcon et ses petits canards boiteux suiveurs (LFI, PDH, L’Huma…) ne réagissent que par clichés seventies : Amérique = pétrole  alors que s’ils étaient vraiment « de gauche », Pétrole devrait égaler Pasolini, d’après le titre de son dernier roman colossal et inachevé (ah, mais c’est vrai, ils croient que Pier Paolo a été assassiné par l’État italien !). Rien à voir avec une histoire de barils. Fondamentalement, Trump n’a pas besoin du pétrole du Venezuela car l’Amérique a le sien et celui de l’Arabie Saoudite, il ne fantasme pas sur celui qu’exploitent couci-couça les cra-cra de Caracas. En plus, on oublie toujours un truc, c’est que Trump s’estimerait dans son bon droit en récupérant le pétrole de son pays car le Venezuela est son pays ; c’est lui, le Yankee du Nord, qui en a fait une richesse pétrolière, donc elle lui appartient : sans les Américains, les Vénézuéliens n’auraient pas pu s’enrichir avec un pétrole qui, au dire même d’un écolo, est devenu la principale cause de la corruption et est considéré comme « l’excrément du diable »… Pour Trump, Maduro est un Américain comme lui, sauf qu’il est du Sud ; l’Amérique latine c’est toujours l’Amérique, comme l’Ukraine, c’est toujours la Russie. La situation n’est plus celle du temps où les USA attaquaient l’Afghanistan et l’Irak alors qu’ils n’avaient rien à voir avec ces pays. En plus, l’Amérique n’attaque pas le Venezuela alors que la Russie fait la guerre à l’Ukraine pour se la réaccaparer parce qu’elle estime qu’elle fait partie de son empire (c’est criminel peut-être mais logique). Il fallait faire passer à Maduro le goût de trahir son pays, l’Amérique, en l’humiliant au passage en tant que grande gueule qui voulait rivaliser avec celle, plus grande encore, de Trump le dominateur. Pour Trump, tout traître aux USA doit être châtié, c’est sa politique de protestant, il fallait faire un exemple ! En aucun cas, il ne veut coloniser le Véné ; calmez-vous, les gauchieurs… C’est assez clair, ou je rajoute un peu d’eau ?… Il n’y a pas la moindre once de velléité colonialiste dans cette action des Américains. Avec la capture de Maduro, on est loin de l’impérialisme tel que le conçoit le retardataire Mélenchon. Les Américains se sont sentis floués parce que ce sont eux qui avaient raffiné le pétrole du Venezuela, qui s’étaient occupés de l’extraire et d’en faire une richesse (les Venezueliens s’étant montrés incapables d’exploiter correctement leur pétrole), et c’est une fois la chose faite que les dictateurs successifs socialo-tiers-mondistes, Chávez puis Maduro, ont dit aux Yankees : « Non, non, maintenant on le récupère, on vous vole vos structures pour exploiter notre pétrole, car c’est notre pétrole parce que c’est notre sol, donc : ‘‘Bye bye !’’». En vérité, les Américains se sont aperçus que les Venezuelards passaient entre les mailles de l’embargo pour fourguer à bas prix leur pétrole aux Chinois qui, c’est bien connu, adorent ça… C’est à ce moment-là que Trump s’est mis en rogne ! Non seulement Maduro s’est servi du savoir-faire américain, mais il a voulu garder tout le pétrole pour le vendre à des Chinois dont le fric touché bien entendu ne bénéficiait jamais à son peuple réprimé et appauvri par sa faute… Trop facile de crier à « l’impérialisme » après ça. C’est comme ces sales cons de Boliviens qui contestent le coup de force de Trump au nom de l’anti-impérialisme alors qu’en 1967, ils ont fait appel au soutien de la CIA pour liquider le Che qui venait justement chez eux pour les libérer de l’impérialisme des Amerloques, réel celui-là à l’époque… Ah, l’anti-impérialisme à la papa, il a bon dos ! Il faut le revoir de fond en comble, il n’a plus rien à voir avec celui des années 70. Aujourd’hui, pour lutter contre l’impérialisme, il faut lutter contre trois impérialismes à la fois, c’est-à-dire le chinois, l’américain et le russe. Frantz Fanon ne suffit plus, c’est une vieille lune toute noircie, au clair de laquelle il est ridicule de persister à vouloir faire d’une sérénade. En voyant Trump comme le seul rempart contre la Russie et la Chine, les dangereux naïfs des deux côtés, c’est-à-dire les extrêmes gauchistes qui voient l’Amérique toute seule contre le Venezuela et les extrêmes droitistes qui voient Trump tout seul contre la Chine et la Russie, ne comprennent pas que les trois impérialismes sont soudés, sont en liaison bien sûr et feront des affaires ensemble. C’est là que s’impose une expression que j’ai entendue et qui est très bonne : « Quand on n’est pas autour de la table, on est dans l’assiette », et c’est bien ça : l’Europe sera bouffée ! L’Europe, avec ses problèmes de Blancs et d’immigrés, n’aura plus aucune importance près des manips extrêmement vicieuses et machiavéliques des trois impérialismes qui finiront par s’entendre. D’ailleurs, la guerre d’Ukraine ne se résoudra que grâce à une entente entre Poutine et Trump, c’est tout, voilà. C’est comme la Chine et la Russie : ce sera par leur entente que sera réglé le problème de Taïwan…

Les shitstorms sont bibliques, les hate streams sont de l’ordre apocalyptique. Les nuées de hannetons, de sauterelles, les voilà ! Les criquets calamiteux sont là ! Voici quelques exemples pris dans mes dernières interventions sur les réseaux sociaux au sujet de thèmes d’actualité, et qui ont déclenché de véritables déluges merdoyants. J’ai dit que Blanche Gardin n’était pas une antisioniste sincère et qu’elle avait un drôle de culot de se plaindre d’être boycottée alors qu’une bonne partie de son manque de propositions vient de son manque de talent au cinéma. Déluge : je suis un partisan d’Israël, un sioniste et même un Juif qui ne mérite que ça, le déchaînement d’antisionistes, d’antisémites, de Beurs remontés à bloc contre moi, pour prendre la défense de sainte Blanche, excellente actrice en plus… J’ai dit que Brigitte Bardot avait toujours souhaité se faire enterrer chez elle à la Madrague et que de concéder en fin de parcours des funérailles banales pour se retrouver, après toute une vie sauvage de rupture, au sein de son caveau familial, sur fond de sombres histoires de récupération par sa Fondation de sa maison qui aurait pu être un refuge pour les animaux, était une déception quand on aimait et qu’on avait connu Brigitte, comme moi. Déluge : je suis un monstre qui manque de respect à Brigitte, de quoi je me mêle, elle a bien raison de se faire enterrer avec ses vieux après une messe catholique super émouvante, je n’ai pas d’empathie ni de véritable amour pour Bardot, et de toute façon c’était une salope raciste homophobe qui ne méritait que de crever… J’ai dit que Jean Dujardin était un mauvais comédien, juste un comique de groupe pour série télé, et qu’en plus, il était stupide et que ça se voyait, que c’était un sale mec franchouillard pro-flic qui s’y croyait et d’ailleurs, Alain Delon était d’accord avec moi. Déluge : Jean Dujardin est un très grand acteur, je n’y comprends rien, qu’est-ce que j’ai fait moi à côté de lui, je suis une merde et d’ailleurs Alain Delon aussi, qui n’arrive pas à la cheville de Jean Dujardin, l’a bafoué parce que c’était un vieil aigri qui en plus était pédé, et violent avec ses enfants etc. Tout cela sans que ne cesse depuis près de 20 ans les tombereaux d’attaques quasi-quotidiennes de la part des complotistes parce que j’ai dit que le 11-Septembre a été l’œuvre d’Al-Qaïda menée par Ben Laden contre l’Amérique, et que les thèses conspirationnistes inspirées par le corrupteur d’esprits Alain Soral avaient détruit les cerveaux de maintenant deux générations. Déluge : je suis un débile buté qui ne veut pas accepter la réalité, à savoir qu’il s’agissait d’un complot d’Israël et des États-Unis pour réprimer des pays arabes, Soral est un grand homme qui a tout compris à côté de moi et si je persiste dans mon erreur, c’est que je suis un agent satanique sioniste, sinon juif, en tout cas ayant basculé complètement dans le camp des traitres, et pour cela je dois être puni, moqué, exécuté… On en est là … Tant qu’on n’intègrera pas ces nouvelles falsifications de la vérité dans l’étude philosophique et psychologique de l’époque, on ne comprendra rien à la misère de ce temps.

Irantanplan. Il y a quelque chose d’aussi significatif que dégoûtant à voir tant de Juifs sionistes et imbéciles espérer, à grands coups de « hourra ! », qu’advienne une révolution iranienne… Pourtant, la haine des Israéliens envers les mollahs ne m’empêchera pas d’affirmer qu’il existe bel et bien une accointance (pas si secrète) entre le chiisme et le judaïsme… Est-ce que ça suffira pour que les Arabes comprennent qu’il n’y a rien à attendre des chiites qui sont les ennemis de la Palestine, de tout combat anticolonialiste, et même de toute action dite « terroriste » contre l’impérialisme, — impérialisme que la plupart des sunnites intégrés exècrent, mais d’une façon si ringarde ? Je crains que non.

Pourquoi devriez-vous renoncer à votre droit de traverser les déserts étoilés de la vérité ?

R.W. Emerson

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°53 – 5 janvier 2026

Je savais ce que je disais en disant que la démocratie, c’était de l’eau de vaisselle, du jus de merde et que ça finirait mal, ça ne pouvait que capoter à plus ou moins long terme… Regardez ce que sont les réseaux sociaux, et la permission que se donnent à eux-mêmes des demeurés pour dire n’importe quoi sur n’importe qui, pour mentir et proférer avec une arrogance impunie des choses désinformées dans tous les sens. Ils le font au nom de la démocratie, qu’ils appellent maintenant « liberté d’expression », voilà l’aboutissement… On est parti de Clisthène à la fin du VIe siècle avant JC pour s’épanouir à l’âge d’or athénien sous Périclès pendant tout le Ve si loué, mais je suis persuadé, en creusant bien le siècle de Périclès, qu’on pourrait déjà trouver les germes des réseaux sociaux… C’était un démago de première, Périclès, et sa démocratie était une arnaque : il laissait parler les citoyens mais dans une iségorie déjà très « réseau social », où l’Assemblée finalement n’était qu’une préfiguration d’Internet. Thucydide lui léchait le cul, à son Périclès. Et en donnant des droits un peu à n’importe qui, il a encouragé une vomissure narcissique qu’on retrouve aujourd’hui et qui gicle à chaque instant dans les réseaux. Oui ! Je le dis et le redis : l’apothéose dégueuse de la démocratie, ce sont les commentaires sur Twitter-Facebook-TikTok-Instagram-Threads, etc., qui sont l’expression achevée de l’idéal démocratique même. Les réseaux sociaux sont l’exact prolongement de la démocratie, donc il ne faut pas s’en plaindre, ou alors il ne faut pas être démocrate. C’est mon cas. Voilà pourquoi, lorsque dans les années 80, je disais que j’étais contre la démocratie, sans le savoir, en avance, j’étais contre ces réseaux sociaux. Et qu’on ne vienne pas me reprocher de m’en servir moi-même, car quand je le fais, c’est toujours en les utilisant comme des armes de destruction artistique contre le principe même de « démocratie » martelée, matraquée toute la journée par la Société, qui — et c’est l’évidence — a trouvé dans les commentateurs des réseaux un nouveau vivier d’esclaves volontaires, qui croient, en plus, les cons, se révolter contre elle !

C’est difficile de résumer un esprit génial en une seule formule, mais quand on étudie la question, on s’aperçoit qu’un grand artiste est tout le temps génial, et que tout son génie peut se trouver aussi bien dans une grande œuvre travaillée que dans une simple formule, un bon mot, une pirouette verbale. Exemple : l’interlocuteur britannique n° 1 de Douglas Sirk, Jon Halliday, raconte qu’à Lugano, en visite chez le grand cinéaste où celui-ci vivait avec sa femme, celle-ci demanda à Halliday comment s’orthographiait une adresse en Angleterre, « Stanhope ». Halliday répondit à Madame Sirk : « Stan comme dans Stan Laurel et hope comme dans hope » (« espoir » en français)… Alors, de l’autre pièce, ils entendirent Sirk, de sa voix grave, rectifier en disant : « No, hope as in despair ! » Ce qui veut dire « espoir comme dans désespoir ». Ce qui ne veut rien dire puisque dans despair, il n’y a pas le son hope, mais Sirk en avait tiré un sens, et même une philosophie, la sienne… L’espoir est dans le désespoir ! Il y a même un type qui en a fait le titre de son documentaire sur Sirk : Hope as in despair… N’est-ce pas merveilleux ? Sans parler de tout ce que ça dit sur le langage et sur les mots contenus dans d’autres ! Fassbinder, qui appela un de ses films Despair, devait sans doute ignorer cette anecdote.

Crans-Montana. C’est la fête, la fête faite enfer, l’enfer-fête ! 31 décembre 2025 : on fête quoi ? La fin de 2025 ou le début de 2026 ? De toute façon, ce passage pue toujours la mort puisqu’il pue la naissance. Des jeunes entassés au sous-sol d’un bar qui se fait passer pour une boîte de nuit. Ils chantent, ils s’agitent sous une musique débile, ils sont ivres de joie et d’insouciance (l’insouciance est toujours punie) ; on commence à apporter des bouteilles de champagne décorées sur le goulot par des feux de Bengale, dont moi — clubbeur à mes heures — je me gare toujours quand elles approchent à cause de mes yeux. Une jeune serveuse casquée se met sur les épaules de son collègue masqué « anonymous » et brandit comme la statue de la Liberté (ce sera son dernier geste de liberté) son flambeau sur une boutanche, et même deux, car elle en avait une dans chaque main, avec bougie pétillant de feu d’artifice à sa cime. Assassine ! Car c’est elle qui a foutu le feu, c’est cette petite connasse qui a enflammé, comme une botte de paille, la mousse pas du tout ignifuge qui recouvre les plafonds du bouge festif. Ça y est, ça s’embrase ; en une fraction, les flammes bouffent la protection acoustique (parce que si on capitonne les boîtes avec cette merde en polyuréthane, dites-vous bien que c’est uniquement pour atténuer le bruit et ne pas déranger les voisins du dessus : de gros vieux bourgeois suissos qui se couchent à 18 h 30 tous les jours), puis gagnent tout le reste. La fumée se régale à s’épaissir, c’est la panique ! Et d’autres jeunes encore continuent à filmer, à trouver que c’est une « dinguerie », tu vas voir si c’est une dinguerie, connard… Ils filment parce que filmer, quoi qu’il se passe, c’est mieux que de comprendre ce qui se passe… Ils ne sortent pas du selfisme, et ne voient la vie qu’à travers un iPhone : on la connaît, la mentalité du premier quart de ce siècle de ce troisième millénaire ! La mousse, elle est dans leur tête, elle s’est enflammée tout de suite au contact de leur connerie… Ils n’arrivent même plus à accéder à leur instinct de survie le plus élémentaire, ça se situe trop loin, ce truc-là, ça demanderait trop d’efforts pour aller le chercher, il faudrait lâcher un instant les réseaux sociaux pour l’atteindre… Renoncer à une mini petite story, louper un like ? Pas question ! Ça brûle ? Wallah, wesh, le DJ n’arrête pas sa crécelle pour si peu, les paroles de la chanson continuent à tourner… Nouvelle caisse, nouvelle liasse/Rolls-Royce, pétasse/Grosse table, Vingt bouteilles !… Un type avec son T-shirt essaie d’éteindre les flammes : c’est trop sympa, un plafond qui brûle, c’est le show pyrotechnique de la boîte ou quoi ? Ils se marrent tous des flammes qui tombent sur eux… Manne fatale de l’esprit Saint-Sylvestre… N’oublions pas qu’on est en pleine Gen Z… Enfin, ils finissent par s’apercevoir qu’ils ont mis eux-mêmes le feu à leur destin. Faut sortir. Mais par où ? La seule issue de secours est bouchée par un tronc d’arbre pour pas que les gosses partent sans payer (ordre du gérant, un Corse qui s’en fout). Ils sont pris au piège dans la cave de la mort, essayant de monter par un petit escalier, mais ils sont 400… La cohue est cuite. Alcool + feu = explosion. Boum ! Malgré la fumée aveuglante et étouffante, certains arrivent jusqu’au rez-de-chaussée, cassent les vitres en plexiglas pour s’extraire, d’autres, asphyxiés, restent sur place, terrassés par les vapeurs toxiques. Témoins et secours grouillent dehors face au Constellation… Appeler un bar à vin de nuit « Le Constellation » ! L’Outre-club, moi je l’aurais intitulé. Certains badauds parlent de cauchemar, trouvent que tout ce feu, ça fait « froid dans le dos »… C’est de là qu’on voit des types bondir du bar en hurlant, les cheveux crépus d’avoir été cramés, toutes les veines de leur corps, quand il en reste encore, palpitantes et noires comme des tuyaux de pétrole. On ne peut plus distinguer les vêtements de la peau puisque la peau est devenue une sorte de vêtement en haillons, des haillons de peau. Les autres exsudent de leur propre substance. Le feu infernal les a fait fondre, ils ont le visage comme ceux des personnages de Soutine ou de Bacon, et d’ailleurs ils sentent le bacon grillé. Il y a de tout : des Suisses, des Belges, des Serbes, des Français, des Italiens. La plupart n’ont pas 20 ans, ils s’en souviendront du Nouvel an ; non, ils ne s’en souviendront plus… Les survivants, c’est comme si Dieu avait mis le feu à quelque chose en eux, pour que plus jamais ils ne se disent « réveillonnons ! », mais « réveillons-nous ! ». Annulez en vous cette funeste avidité de « faire la fête ». Et foutez-vous ces maudites bougies étincelantes au cul incandescent !…

Les Suisses ont bien raison de reprocher aux Français d’être « un peuple de haine » en voyant sur les réseaux sociaux des commentaires aberrants d’envieux prolos sur le sinistre… Quand ce n’est pas un complot des banques suisses, c’est la moralisation sur l’âge des victimes qui les excitent, ou alors la prétendue richesse des familles, ou encore le maquillage trop sexy d’une mère en pleurs à la recherche de son fils… Alors que ce sont les journalistes plutôt qu’il faudrait fustiger pour leurs expressions indélicates ; exemple : « J’imagine, madame, que dans ce drame, ça vous fait chaud au cœur de voir tous ces gens qui sont empathiques avec vous… » Chaud au cœur, c’est le mot ! Et tout le monde trouve normal qu’on vienne se recueillir devant le bar dès le lendemain de l’accident pour y déposer et allumer des… bougies ! OK, mais il ne faut pas oublier non plus que de l’autre côté, les Suisses sont tous des cons. Encore un exemple ? Comme les victimes, morts (40) et blessés (119), sont devenues méconnaissables, des « humains non identifiés », afin de ne pas donner de « faux espoirs » à leurs parents et protéger ceux-là du spectacle morbide de leurs progénitures défigurées, les autorités helvétiques refusent de donner des infos sur qui est qui et où est qui !… Les grands brûlés dispatchés anonymement dans plusieurs hôpitaux d’Europe peuvent crever tout seuls, la pudeur est sauve… À un père qui insistait trop, la police a finalement envoyé une photo d’un orteil pour qu’il reconnaisse son fils… Tous les Suisses sont très cons, je vous le disais, sauf un : Charles Ferdinand Ramuz, qui a écrit les plus beaux romans, notamment sur le Valais qui n’était pas sa région, et je le soupçonne en tant que protestant de s’y être intéressé perversement parce que les catholiques étaient d’excellents spécimens à propulser dans ses épopées lyriques de pathétiques paysans torturés. Ramuz, définitivement l’un des plus grands écrivains au monde, a écrit beaucoup de livres sur le canton… Récemment, la Suisse a d’ailleurs connu une catastrophe ramuzienne, à Blatten, pas loin de Crans, qui a rappelé le craquement du glacier dans La Grande Peur dans la montagne (1926), plus encore que l’éboulement dans Derborence (1934) : le 28 mai 2025, le Birch s’est effondré, lâchant une coulée de boue et des tonnes de pierres qui ont pratiquement enseveli tout le village de Blatten ; il a fallu sauver les bêtes : on a vu des vaches hélitreuillées monter jusqu’au au ciel !… En parlant de ciel, je ne saurais mieux conseiller aux familles de feu leurs enfants disparus au Constellation de lire, pour tenter de se consoler un peu, un roman de Ramuz qui s’appelle Terre du ciel (1921) : ça se déroule dans le coin encore, à Lens, entre Sion et Crans-sur-Sierre. Incipit : « Alors ceux qui furent appelés se mirent debout hors du tombeau. » 300 morts ressuscités débarquent de « la vie d’avant ». Ils découvrent un monde parfait, chacun reprend son métier mais en hobby ; les amoureux empêchés jadis se marient ; les bébés noyés respirent à nouveau ; l’aveugle voit ; tous revivent dans un bonheur parfait où il n’y a ni peur ni regretmais où on se fait un peu chier… Un chasseur, à la poursuite d’une chèvre dans un gouffre, découvre d’autres anciens morts, mais ceux-là sont des damnés, des « punis » au corps peint en noir et rouge. Ça fout la trouille aux élus qui prennent conscience de leur chance de revivre en bienheureux…

Un des péchés mignons de Ramuz, c’était de déclencher des incendies, surtout à la fin de ses histoires. Dans la nouvelle Le Feu à Cheyseron (1912) devenue La Séparation des races (1923), mais aussi à la fin de Jean-Luc persécuté (1908) où le héros, pour se venger de sa femme qui l’a fait cocu, par jalousie, l’enferme dans une grange avec son nouvel enfant et y fout le feu… Ah, ils sont sympas, ces Valaisans cathos ! Quelques lignes suffisent pour comprendre à quel point Ramuz est immense : Elle se mit à sangloter, elle embrassait l’enfant parmi ses larmes. Jean-Luc n’écoutait point. Le feu montait ; Christine se roula par terre, elle se tordait de douleur. La flamme était déjà plus grande ; le vent l’attisait maintenant, elle s’élança vers le toit, elle claquait, recourbée vers le bout. Puis, à un nouveau coup de vent, on vit le brasier rougir par-dessous, et soudain gagner en largeur. Une fumée blanche montait, bientôt rabattue, courant sur le toit, puis s’éparpillant ; elle bleuit et s’amincit, la flamme toucha le bord du toit ; les brindilles qui dépassaient s’enflammèrent l’une après l’autre. Et Jean-Luc fut content et se mit à sourire. Les cris diminuaient, devenus sourds, comme épuisés ; les cris cessèrent. Car, s’étant reculée et roulée dans le foin, à présent elle ne luttait plus ; — les genoux remontés, cachant l’enfant dans le creux de sa jupe, elle regardait avec des grands yeux la mort venir, et attendait. Une poutre déjà consumée s’abattit sous le poids du toit, et le vent creusait dans le tas de foin mis à nu, faisant comme une grotte rouge ; il examina encore son œuvre, vit qu’elle était bonne, puis partit en courant. Et, arrivé au bois, il se retourna : le feu gagnait toujours, droit comme une colonne, au-dessus du fenil ; l’odeur de la fumée se… 

Évidemment, ce à quoi fait penser l’incendie du Constellation à Crans-Montana pour ce réveillon tragique, c’est à celui du Bazar de la Charité en 1897 que Léon Bloy a immortalisé — a commencé à immortaliser je dirais plutôt, vu ce qui va suivre derrière… Dans un article inséré dans son Journal intime, Bloy exégèse ce fait divers dans lequel il voit un signe eschatologique des derniers temps. C’était un bâtiment installé dans le 8e arrondissement de Paris pour assouvir la bonne conscience des richards de l’époque, une fête aussi, de bienfaisance, qui a été gâchée par un embrasement intempestif dont Bloy s’est réjoui, car les victimes étaient presque uniquement des dames (110 mortes) « carbonisées hier soir en moins d’une heure », punies d’avoir voulu faire l’aumône si bassement, si vulgairement. Le belluaire s’ulcérait que le mot de bazar pût être accolé à celui de charité… Pour lui, ce qu’il y a « d’affolant, de détraquant, de désespérant », ce n’est pas l’incendie :  « Non, c’est le spectacle véritablement monstrueux de l’hypocrisie universelle. C’est de voir tout ce qui tient une plume mentir effrontément aux autres et à soi-même. Enfin, et surtout, c’est le mépris immense et tranquille de tous à peu près sans exception, pour ce que Dieu dit et ce que Dieu fait. Le caractère spécial et les circonstances de cet événement, sa promptitude foudroyante, presque inconcevable, qui a rendu impossible tout secours et dont il y a peu d’exemples depuis le Feu du Ciel, l’aspect uniforme des cadavres sur qui le Symbole de la Charité s’est acharné avec une sorte de rage divine, comme s’il s’agissait de venger une prévarication sans nom, tout cela pourtant était assez clair. Tout cela avait la marque bien indéniable d’un châtiment et d’autant plus que des innocents étaient frappés avec des coupables, ce qui est l’empreinte biblique des Cinq Doigts de la Main Divine. Cette pensée si naturelle : Dieu frappe, donc il frappe avec justice, ne s’est présentée à l’esprit de personne, ou, si elle s’est présentée, elle a été écartée immédiatement avec horreur. Ah ! s’il s’était agi d’une population de mineurs, gens aux mains sales, on aurait peut-être vu plus clair, les yeux étant beaucoup moins remplis de larmes. Mais, des duchesses ou des banquières qui ‘‘s’étaient réunies pour faire le bien’’, comme l’a positivement dit le généreux gaga François Coppée, songez donc, chère Madame ! » 

Mais le  pompon royal vainqueur des écrivains écrivant sur les incendies revient largement, et sur le même sujet que Bloy (c’est ça qui est drôle), à Paul Morand… J’étais parti pour reproduire ici quelques phrases, à la limite un ou deux paragraphes, je veux bien en sacrifier plusieurs des miens dans l’espace de ma Feuille, les sacrifier, les jeter au bûcher pour pouvoir citer Paul plus amplement, mais c’est impossible : c’est toute la deuxième moitié de la nouvelle Le Bazar de la Charité (dans le recueil Fin de siècle, 1944) qui serait non seulement à citer intégralement, mais à apprendre par cœur tellement c’est un sommet d’écriture incendiaire ! La description que Paul Morand fait de l’incendie du Bazar de la Charité, avec tous les détails sur les vêtements qui brûlent de ces grandes bourgeoises et aristos consumées, est une véritable mise en scène lexicale qui lui sert à faire un film mieux qu’un film de cette catastrophe (d’ailleurs due à l’enflammement d’un appareil cinématographique qui incitera les frères Lumière à améliorer leurs machines). C’est comme si Paul Morand y était… Mais il y était, enfant ! Il n’avait pas pu ressentir tout ça à 9 ans (quoique…), mais ce qu’il en fera plus tard est prodigieux. Je me contenterai de recopier ce qu’il a dit dans Archives du XXe siècle au micro de Pierre-André Boutang en 1970 en se remémorant ce souvenir : « Je revenais justement de la rue de Monceau, j’habitais à ce moment-là rue Marignan, chez ma grand-mère, et on a vu beaucoup de fumée rue Jean-Goujon. Il était 5 h du soir et avec la gouvernante qui m’accompagnait, j’ai couru rue Jean-Goujon et je me rappelle très bien avoir vu les gens qu’on emportait sur des civières, toute la société qui avait plus ou moins grillé parce qu’un cinéma avait pris feu, et il y avait un grand hôtel en face qui s’appelait l’hôtel Porgès, je vois encore toutes les portes, la peinture toute pleine, dégoulinante de cloques, parce que la chaleur était telle que les maisons d’en face commençaient à rôtir elles aussi. »

Résistez beaucoup, obéissez peu.

Walt Whitman

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N°52 – 29 décembre 2025

Martin Parr est mort, et assez jeune quand même (73 ans). Le célèbre photographe british trimbalait son cancer qui ne l’a pas empêché de travailler jusqu’au bout : on le voyait en chandail bariolé, chapeau cabossé, et sandales de Gémeaux ringard, poussant son déambulateur (en vérité, un fauteuil roulant replié) avec son appareil photo pendu à son cou ou fixé à sa machine qui l’aidait à marcher, pour continuer à photographier le monde, comme Renoir qui, à la fin, handicapé, peignait avec ses pinceaux fixés par des élastiques à ses mains atrophiées, ou comme Degas et Monet qui, malgré leurs dégénérescence maculaire et cataracte respectives, persistaient à faire sortir de leur brouillard tutus et nénuphars… Parr disait que ces dernières années, sentant son temps compté, il avait redoublé le pain qu’il se mettait sur la planche avant de finir entre quatre autres… C’était évidemment le plus grand photographe contemporain avec David Hamilton. Les photographes vraiment artistes se comptent sur les doigts de la main du XXe siècle : Man Ray, William Klein, Rodtchenko, Gjon Mili, qui sont dans l’art, et pas dans l’esthétique… Sans parler, toutes époques confondues, des deux meilleurs, et pour une seule photo chacun, et qui se ressemblent (je parle de leurs sujets) : Carjat et Korda… Surcotés, les Lartigue, Doisneau ou Cartier-Bresson ! Doisneau, c’est sentimental et Lartigue, ça a beaucoup vieilli. Cartier-Bresson, qui avait tout fait pour barrer l’entrée de Martin Parr à l’agence Magnum, tellement il était soi-disant choqué par ses couleurs… Jaloux, oui ! Par la suite, c’est toute l’agence Magnum qui reposait sur Martin Parr ! Cartier et Cie sont dans le joli, ils font attention que tout rentre bien proprement dans leurs cadres avec de « superbes » noir et blanc qui témoignent parfaitement de « leur » temps… Mais c’est zéro à côté de Parr qui, lui, a fait un véritable boulot anthropologique et de documentariste. Un seul cliché, et on sait que c’est lui (c’est la marque des stylistes) : couleurs flashy, compositions ready-made en quelque sorte, sans rien toucher de ce qu’il a devant lui, et sans que personne quasiment ne pose pour ses photos… Carreaux, pois, rayures ; dès qu’il y avait un panneau coloré, un pull qui fait mal aux yeux, un papier peint criard, une toile cirée kitsch, Martin dégainait son Canon… Couples en train de bouffer, doughnuts, hot-dogs, hamburgers, et même mouettes se tapant des frites, en gros plan, comme ce pied aux ongles faits, ou cette guêpe dans une coupe de confiture de fraise bas de gamme ou encore cette tête de cygne ahuri… D’ailleurs, beaucoup d’analogies entre gens et animaux, dans des scènes chopées au vol par l’œil du hasard parrien… Chaussettes, canettes, pantoufles, casquettes, lunettes, chiens-chiens, mémères, gâteaux, déchets, familles, poubelles, pancartes,  sandwiches… Martin Parr était un pamphlétaire par la photographie ; il n’a pas arrêté de se foutre de la gueule (et quelquefois avec compassion) des résultats de la société de consommation alimentée par les connards d’êtres humains agglutinés en masse dans des garden-partys, des dancings, des salles de gym, ou bien glandant devant des self-services et autres stations d’essence… Queues au supermarché, enfants sur des manèges, dans des poussettes, des caddies… Indiens en train de se faire des selfies, Japonais qui piquent du nez dans le métro… Mais son grand truc, c’était les plages ! Là, parasols, chaises longues, slips de bain, serviettes, jeux dans le sable, ballons, bouées, vieille bronzée roupillant avec coques bleues sur les yeux… Et tous ces corps en foule balnéaire ! Moi je pense que son goût pour les couleurs vives vient de son protestantisme, il n’y a que ça dans les villages protestants, aussi bien en Amérique que dans le nord : en Norvège, chez les puritains, les volets et les portes que tous les habitants laissent ouverts à l’envi sont peints en couleurs éclatantes. Le grand-père de Parr était pasteur méthodiste ; c’est des kermesses d’après cènes dans les temples que lui est venu le goût de photographier des groupes… Au début, pendant quinze ans, il fixait en noir et blanc des « célébrations », ou ses propres incursions dans des communautés agricoles, des hôpitaux psychiatriques, des manifs de mineurs en Irlande, etc., car il était « social », mais avec la couleur, il est passé à la critique acide et donc acidulée ! Attention, Martin avait une sacrée technique ! Pour saturer ses couleurs, il utilisait le flash en plein jour, « annulaire », à éclairage circulaire, pour éliminer les ombres… Et pour les détails en très gros plans, avec une mise au point sur l’infiniment petit, son instrument préféré était l’objectif « macro »… Grâce à celui-ci, Parr le disait lui-même : il obtenait « un premier plan très net et coloré tandis que l’arrière-plan flou reste lisible ». Le téléobjectif, c’était pour les plages justement, pour ne pas être trop près et risquer d’être traité de pédophile lorsqu’il immortalisait des gosses léchant leurs ice creams (aujourd’hui on l’obligerait à flouter les visages des kids). Enfin, Parr a créé une fondation à Bristol (MPF) rassemblant toutes ses archives… Atelier de numérisation et d’impression de ses clichés, posters, affiches, cartes postales… Laboratoire où il faisait ses tirages qu’il vendait aussi. Et une bibliothèque énorme de ses livres de photos et de ceux d’autres, que les gens peuvent venir consulter aujourd’hui encore. C’était aussi l’endroit où on pouvait venir voir ses œuvres accrochées dans une galerie incorporée ! Mon rêve ! Et pour couronner ce tout vivant, une collection d’objets bizarres autour des présidents, des dictateurs, des terroristes, des chiens envoyés dans l’espace : assiettes, mugs, jouets, montres, tout ça en vitrine dans une salle exprès et qui se visite aussi… Le Monde a titré à sa mort : Martin Parr, extraordinaire photographe de la banalité, mais pas du tout ! Aucune banalité ; il n’y a pas plus une banalité du bien qu’il y a une banalité du mal. Martin Parr voulait dévoiler « les ambiguïtés et les contradictions » de ce monde occidental détruit depuis 50 ans par la pollution et la baffrerie tous azimuts ; il faisait de la fiction instantanée en chopant le réel bien vu. Martin Parr se considérait comme un « photographe documentaire ». Ne rien toucher à la réalité : la voir.

Agriculteurs. Les veaux et les moutons qui sont pour la vaccination des bêtes sont les mêmes que ceux qui étaient contre la vaccination des humains du temps du Covid. Meuh !… Bêêê… 

On vit dans un monde mi-Franz Kafka mi-Jacques Tati pour le fonctionnement, et pour les personnages, ce sont des monstres entre Otto Dix et Georges Grosz, au mieux ; sinon c’est du James Ensor…

Ça y est ! Eurêka ! J’ai trouvé ce qui constitue l’être humain (rien que ça). C’est un mélange de bêtise, d’inconscience, d’ignorance, d’orgueil, de lâcheté et de limite mentale. Avec la Superficialité et l’Approximation en mamelles ! 

Tous ces « de gauche » qui croyaient que ce n’était pas grave d’être soupçonné d’antisémitisme : Gaccio, Chikirou, Blanche Gardin, Guillaume Meurice, et le dernier en date : Julien Théry… Maintenant qu’ils en sont carrément accusés, ils comprennent peut-être qu’ils ne s’en relèveront jamais. C’est une étoile qui rit jaune cousue sur leur poitrine pour la vie… C’est normal qu’au moment de la charge contre eux, je sois toujours cité par leurs ennemis pour mieux les enfoncer, car je suis le maître étalon de l’antisémitisme ! Mes « bienvenus au club » mesurent ainsi ce que moi j’ai enduré depuis 1985 ; on verra si dans 40 ans, ils auront tenu le coup aussi fort, aussi bien.

« La beauté, c’est l’harmonie du hasard et du bien ». Un des rares aphorismes de Simone Weil (que j’adore) qui est faux. Pourquoi ? Parce qu’elle était laide et pas artiste : raisons pour lesquelles elle ne pouvait pas comprendre ce qu’était la beauté qui n’a rien à voir ni avec l’harmonie (voir Soutine), encore moins avec le hasard (voir Mallarmé), et au-delà de tout avec le bien (voir le marquis de Sade, mon frère !).

Gaston Modot dans L’Âge d’or qui se fait manger les doigts par une femme excitée avant de lui caresser les joues avec son moignon, puis qui a soudain son visage qui ruisselle de sang en lui disant « mon amour mon amour mon amour ! », ou alors Pierre Batcheff dans Un Chien Andalou qui caresse des seins qui se transforment en cul, et qui bave du sang d’extase parce que toucher des seins, c’est au-delà de tout : c’est exactement ce qu’il faut ressentir, sinon la vie ne vaut absolument pas la peine d’être vécue, ou mieux : elle vaut absolument la peine de ne pas être vécue !

L’une des preuves de la bêtise, du manque de curiosité et de l’inculture crasse des acteurs, c’est qu’avant qu’on leur propose le rôle de quelqu’un de connu pour en faire le biopic, ils ne savaient rien, absolument rien du personnage. Dans toute leur putain de vivoterie narcissico-people, ces fainéants d’âme n’ont jamais eu assez d’amour ni de curiosité pour s’intéresser d’eux-mêmes à l’artiste en question, comment voulez-vous qu’il le joue bien ensuite ? J’aimerais bien savoir ce que représentait Rodin pour Vincent Lindon quand il a décroché le rôle ; et sa femme, Sandrine Kiberlain, lorsqu’elle fut choisie pour interpréter Sarah Bernhardt, que connaissait-elle de la grande amie de Sacha Guitry ? Pire encore : Louis Garrel et Vincent Cassel, au moment où on les a engagés pour tourner dans un navet sur Saint-Exupéry et Guillaumet, qu’est-ce qu’ils pouvaient bien connaître des deux aviateurs ? Nothing, of course ! 

Pascal aujourd’hui ne parlerait plus de « roseau pensant », mais de réseaux non pensants.

Le problème avec Olivier Messiaen, c’est qu’il veut imiter le son des oiseaux et quand il le refait lui-même avec la bouche, c’est édulcoré. Déjà, c’est faux : il n’a pas tant d’oreille que ça, et après, il le transpose au piano, alors que ce n’est pas du tout l’instrument pour… Pour commencer, il aurait fallu que Messiaen montre qu’il ait compris les chants des oiseaux en les sifflant parfaitement, puis qu’il les reproduise avec un instrument à anche au minimum, peut-être un hautbois, un soprano, un alto, quelque chose comme ça, mais pas le piano ! De grâce ! 

Callas devait tourner Médée, mais avec Dreyer.

Napoléon : 1,68 m.
Charlie Chaplin, Buster Keaton, Audie Murphy : 1,65 m.
Mozart : 1,63 m. 
Heidegger (plus petit encore).

Je suis pour l’Éternuement qui détruira tout… Par l’expulsion, le salut viendra de l’Atchoum mondial ! Voir la fantastique bande dessinée de Winsor McCay, Le petit Sammy éternue (Little Sammy Sneeze), 1904. 

Kazantzaki n’était pas content de la traduction française du titre de son roman Le Capétan Mikhális (1953) retraçant la révolte des Crétois contre les Turcs à la fin du XIXe siècle : La Liberté ou la Mort (Plon, 1956)… En effet, lui il voulait que ce soit La Liberté et la Mort (ce qui a été corrigé dans les éditions suivantes) ; ça, c’est un vrai programme politique : on libère son pays et on meurt ! C’est pas la liberté contre le risque de mourir ; c’est la certitude de mourir qui n’empêche pas de gagner sa liberté, c’est-à-dire une seconde vie… Toujours ces histoires de traduction… Ça rappelle celle du fameux livre de Dostoïevski qui s’est longtemps intitulé Souvenirs de la maison des morts. Pour une fois, André Markowicz a eu raison : il l’a modifié en « maison morte » car ce ne sont pas les co-détenus de Dosto qui étaient morts, mais le bagne lui-même où ils étaient tous enfermés. Il est donc plus juste de titrer Les Carnets de la maison morte, sauf que Записки из Мёртвого дома en russe sonne encore plus sec, plus coupant et violent. Il n’y a ni « souvenirs » ni « carnets », et une inversion qui fait bizarre mais qui passe en français… Attention, les yeux… Zapiski iz Mortvogo doma, ça veut dire littéralement : Remarques de la morte maison.

Ma mère n’a pas réussi à me mater, ce n’est pas la société qui va y arriver.

Mon Nabe, comment peux-tu penser que je puisse t’oublier ? Jamais tu entends !

                                                                                                                              Brigitte Bardot

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°51 – 22 décembre 2025

Attentat de Sydney. Des fusillades à l’aveugle sur des communautés, pas seulement juives, il y en a déjà eu plein (celle d’Anders Breivik à Utøya en 2011), mais celle sur la plage de Bondi en Australie qui vient d’avoir lieu est une démonstration de plus de la profondeur de l’enracinement du complotisme dans ce début de siècle (déjà 25 ans…). Deux musulmans pakistanais, père et fils, dont l’un made in Daesh, tirent à ciel ouvert à la carabine et au fusil sur des plagistes juifs en train de fêter Hanouka, et ils tuent 15 personnes. Un Syrien saute par derrière au cou d’un des terroristes, le père, le désarme, le fait tomber au sol, le tient en joue plutôt que de le tuer (car il ne savait pas se servir d’un fusil), avant que ne s’en charge la police qui, elle, donc, abat le terro. Son fils, pour venger son père, vise le sauveteur héroïque : deux balles atteindront celui-ci, une dans la main, une dans le bras. Le fils est arrêté sans être abattu. Ça, c’est les faits. Mais très vite, c’est la « thèse » conspie, sur les réseaux, qui les écrase largement : ça ne peut pas être un musulman qui a sauvé des Juifs, c’est donc un Juif déguisé en musulman qui a désarmé l’un des deux musulmans pseudo-terroristes dont l’un se réclame de Daesh, mais comme Daesh, c’est Israël, les deux tueurs sont en vérité des Israéliens déguisés en musulmans et qui ont tiré sur d’autres Juifs pour faire croire que les musulmans sont tous des assassins ontologiquement ! Le Mossad n’en est pas à 15 morts près, les Israéliens ont délibérément tué leurs propres frères pour que la lutte contre l’antisémitisme, et donc contre la Palestine, soit encore plus accrue … Résultat : tueurs, victimes, héros : tout le monde est juif ! C’est si simple, la vie… Le cap franchi avec Sydney, c’est qu’il n’y a même plus l’obligation d’avoir un minimum de logique dans la connerie conspirationniste. Il suffit de dérouler son bobard préétabli sans faire l’effort de le rendre intelligible puisque nous sommes dans le monde de la « post-Vérité » (où entre parenthèses, on accuse les anticonspis d’être d’obéissants employés du ministère de la Vérité orwellien !). Et comme toujours, les abrutis du Komplot sont bloqués : ils ne peuvent pas aller plus loin, c’est-à-dire expliquer comment, si des Juifs, sous faux drapeau de Daesh, avaient été pilotés pour tuer à bout portant d’autres Juifs sur une plage lors de la fête d’Hanouka, le Mossad aurait pu organiser en amont un tel truc, et à quel niveau d’implications la police australienne, puis la justice y seraient mouillées… C’est à ce moment-là que, n’ayant aucune réponse à fournir, et ne voulant pas prendre le risque de se mélanger les pinceaux dans le tapis et d’être démasqués en tant que pauvres gros connards, ils arrêtent, et puis c’est bon ! Hop, on passe à autre chose… Non, on ne va pas passer à autre chose ! À délirer pour délirer, moi aussi, je peux en inventer une, de thèse conspie : le père et le fils tueurs de Bondi étaient des descendants de Séleucides, ces Grecs qui, à Jérusalem, en 167 avant Jésus-Christ, sous les ordres du roi Antiochos, avaient profané le temple des Juifs dominés en Judée et qui rechignaient à l’hellénisation de toute la large région (Alexandre le Grand ayant auparavant tout conquis, de l’Anatolie à l’Indus). Et c’est à ce titre que les guerriers néo-Hellènes (pas du tout pakis) d’Australie ont tiré dans le tas des Juifs bronzant à Bondi beach. L’attentat est une revanche grecque sur la révolte des Maccabées qui s’étaient rebellés… C’est bon ? Voilà au moins un n’importe quoi qui se tient ! Et qu’on ne peut comprendre que si on a un minimum de connaissances historiques sur le point crucial de cet attentat à Sydney, que personne ne semble vouloir développer, et qui est qu’il a eu lieu pendant Hanouka, je dirais même pour Hanouka. Mais késako, Hanouka ? Pour cette tête de gland exsangue d’Alain Soral, Hanouka c’est la trahison de Juifs qui avaient été les hôtes des Grecs et qui ont attaqué sournoisement ceux-là dans une révolte dégueulasse que les Juifs d’aujourd’hui fêtent avec indécence… Soral a encore perdu une belle occasion de ne pas montrer l’ampleur ridicule de son ignorance péremptoire lorsqu’il a tweeté ; je cite : « Puisque les fêtes d’Hanouka arrivent, rappelons qu’elles célèbrent la victoire des Maccabées sur les Grecs. Soit, une fois de plus, le séparatisme agressif des juifs envers la civilisation hôte qu’est notre civilisation grecque humaniste et universaliste ! » J’aime bien le « notre », alors que ce Savoyard au cerveau fondu dans son caquelon de crâne n’a rien à voir avec la grécité… Encore une fois, le corrupteur d’âmes montre son inculture et sa torsion des faits, et il ne se l’est pas envoyé dire dans les choux ! Par des Juifs évidemment, qui, sur ce coup, comme sur beaucoup d’autres, ont raison, mais pas que : « Euh… non, ils fêtent la reprise du temple de Jérusalem (donc… leur temple) occupés par les dits-Grecs qui l’occupaient en imposant un culte helléniste. En gros, les juifs ont lutté contre leur colon 2 siècles avec J-C. » Ou encore : « Les Maccabées luttaient contre les Séleucides qui leur imposaient idoles et culture (certes brillante). Autant condamner Arminius ou Vercingétorix. Soyons moins cons et globalisant qu’eux. » Ou alors, dans un style plus franchement anti-hellénique : « Mais espèce de tocard pourquoi les grecs nous ont clc à Jérusalem on leurs a rien demandé ils se sont mangé une raclée monumentale eux et leurs Hercules de mes c… ». Toujours porté cahin-caha (pour ne pas dire Caïn Caca) par sa binarité habituelle, Soral, dans son piteux post, a exposé sa grande lacune biblique : il ignore complètement qu’il n’y avait pas d’un côté les Grecs « hôtes » sympas, et de l’autre côté les Juifs « séparatistes agressifs »… D’ailleurs, ceux qui l’ont mouché sur X occultent eux aussi un troisième élément… Tous ignorent ou font semblant d’ignorer ce que signifie la fête d’Hanouka. Un Soral a tout faux lorsqu’il dit qu’il s’agissait de la vengeance des Juifs contre les Grecs qui les avaient gentiment accueillis, mais les sionistes, qui ne savent que proférer que ce sont les Grecs qui étaient venus envahir spécialement la Judée, et que tous les Juifs se sont défendus contre eux, et que c’est pour ça qu’ils fêtent ce jour-là une de leurs rares victoires bien antérieures à la Guerre des 6 jours en 1967, à celle du Kippour en 1973 et à la dernière en date : la « guerre » de Gaza en 2023, ont faux aussi… La vérité est encore ailleurs… À ce niveau, un petit paragraphe historique s’impose dans cette Feuille nabienne… 

Il y avait deux tendances chez les Juifs : les adeptes conservateurs du ioudaïsmós qui voulaient imposer la Loi juive et poursuivre ses rites, et les partisans de l’hellênísmos, qui, eux, voulaient profiter à la civilisation grecque et fuir le judaïsme. Les conflits étant si incessants et insupportables entre Juifs hellénisants et Juifs judaïsants qui se disputaient devant tout le monde d’une façon dégoûtante qu’Antiochos s’est dit : « Puisque ces cons s’empoignent tous à cause de la Loi, je supprime la Loi. » Il a donc interdit la circoncision, les holocaustes, le sabbat, et tout le toutim azyme, et forcé les Juifs tradis à bouffer des barbaques dites impures et hors-la-Loi. C’est alors que les Maccabées se révoltèrent et prirent les armes. C’est ce qu’on appelle « la révolte des Maccabées », signalée dans les Livres des Maccabées 1 et 2 (jetés aux orties du canon protestant par Luther !), et qui n’a pas fait se confronter seulement les forces séleucides aux Juifs unis contre le paganisme grec, mais de grands prêtres collabos du Temple qui, avant même la révolte, cherchaient à s’ouvrir à la Grèce, et ceux qui s’y opposaient formellement, c’est-à-dire les tenants de l’identité juive pure porc, si je puis dire… Concentrés sur leurs fioles d’huile et aveuglés par les petites lumières de leurs candélabres à neuf vieilles branches, les fiestateurs d’Hanouka ne disent jamais que ce ne sont pas seulement les Grecs qui voulaient helléniser les Juifs ; ce sont d’autres Juifs, fans de ce qu’on appelle la déjudaïsation, qui désiraient ardemment, pour ne pas dire violemment, laisser tomber ce « zèle pour la Loi » arriéré ! Les commentateurs qui ne tiennent pas compte de ces fractures inter-juives ne sont pas sérieux. Ça a commencé par de la guérilla rurale avant que les Maccab’s ne se disciplinent et s’attaquent aux Grecs à proprement parler. C’est parce que les Grecs étaient les plus armés et qu’ils ont résisté le plus spectaculairement à cette mutinerie maccabéenne, plus religieuse que nationaliste, qu’on a cru que les Juifs, pour le coup « agressifs », n’avaient eu à se battre que contre les hommes d’Antiochos…

La révolte des Maccabées fut inspirée avant tout par une bagarre entre Juifs mal arbitrée par Antiochos…C’était un provo, cet Antiochos : pour bien faire chier les Juifs, il est allé sacrifier un porc à Zeus dans le Temple, ce qui a été vu comme une « abomination de la désolation » par les Juifs aussi effrayés par cet animal que le seront les musulmans. Mais le véritable déclencheur de la « Révolte » maccabéenne est un autre sacrifice — autant dire un meurtre — , non d’un porc mais d’un Juif hellénisé que les judaïsants ont liquidé pour cause de trahison de la Torah. Ce fut le signal de départ à la baston, d’abord entre Juifs divisés puis entre Maccabées et Séleucides. Et hard dans les deux sens, attention ! Les Maccabées eux aussi ont procédé à des destructions de temples, païens ceux-là… Il faudra trois ans aux Judéens fanatiques de la Loi ancestrale pour nettoyer leur putain de Temple, y rétablir le culte juif, et encore vingt ans de plus pour qu’ils se déshellénisent, et pas entièrement car les Maccabées eux-mêmes finirent par céder et accepter que leur nouveau grand prêtre soit nommé par un consistoire grec , si je puis dire bis, ce qui ouvrait la porte à l’accession de Jérusalem au statut de vraie capitale sacrée en plein royaume séleucide… Tout ça pour sale…  Les fameux Maccabées avaient enfin compris que le salut d’Israël était à ce prix. De toute façon, rejeter la Grèce était une grosse connerie de leur part : ça leur fit perdre plusieurs siècles de civilisation.

Alexandre rêvait de faire fusionner l’Orient et l’Occident, mais les Juifs paranos et orgueilleux ont cru que ça s’adressait à eux et ne tenaient pas du tout à ce que le judaïsme se fonde dans l’hellénisme ; pourquoi ? Eux, pourtant si colons dans l’âme, disaient vouloir se libérer du joug grec « colonialiste » alors qu’à cette époque-là, ça faisait déjà presque 1000 ans qu’eux-mêmes occupaient le terrain pseudo-promis de Canaan après en avoir chassé (« ôte-toi de là que je te mette ! ») les peuplades qui y vivaient : Amorites, Jébuséens, Perizzites, Hivvites, Hittites, Girgashites ; bref, l’ensemble des Cananéens… À colon, colon et demi… Les Grecs n’étaient pas de gros beaufs colonisateurs destructeurs ayant particulièrement les Juifs dans le nez (c’est quoi, cet imaginaire victimaire rétroprojeté ?), comme le seront les Romains 70 ans après Jésus-Christ, qui ont détruit, et pas seulement « sali », le second temple (ce qui entraînera une nouvelle révolte de la part des Juifs occupés)… Et, contrairement à ce que prétendent les Juifs sionistissimes d’aujourd’hui qui célèbrent Hanouka, la victoire des Maccabées n’est pas une préfiguration de toutes celles des Juifs qui combattront l’envahisseur arabe plus tard ; certains fils de putes osant même dire que finalement, les Israéliens de 2023-2025, qui ne font que se défendre depuis le 7-Octobre (on connait la chanson), sont des sortes de Maccabées en uniforme de Tsahal chargés d’éliminer à Gaza les descendants des Arabes qui les avaient envahis comme les Séleucides (seuls lucides ?) l’avaient fait au IIe siècle avant Machin !… Tout ça pour dire que c’est le crime des crimes, anti-judaïque beaucoup plus qu’antisémite, qu’ont perpétré les deux terroristes père et fils (rien que ça, c’est biblique) à Sydney le 14 décembre 2025, en s’attaquant à Hanouka (pas à Hanouna : stop à l’antihanounamitisme !), grand symbole de la reprise de la tradition juive contre les méchants Grecs colonisateurs… Allons, allons… L’intention d’Alexandre n’était pas de « coloniser » « Israël » — quelle vision égocentrée ! — car ce n’était pas ce lopin de terre pris dans les phares de la voiture de Dieu qui intéressait le Macédonien : le « royaume d’Israël » n’était qu’un point de détail de la conquête alexandrine. Il ne comptait pour rien dans sa politique d’expansion. Israël, ça n’existait pas (Alexandre, antisémite !), c’était à peine une province paumée en territoire hellénistique. Alex n’en avait rien à foutre d’helléniser les Juifs, il avait d’autres élites à fouetter. Il n’aurait même pas pu imaginer que dans cette région pourrie, les larves juives se métamorphosassent un jour en papillons grecs. Pourtant c’est ce qui arrivera deux siècles plus tard puisque évangélistes et apôtres juifs parleront et écriront en grec, et donneront ce qu’on appelle le christianisme, un des plus cuisants échecs du judaïsme, mais aussi hélas de l’hellénisme… Et qu’on ne me dise pas que l’hellénisme a été naturellement absorbé par le christianisme, et qu’il s’est en quelque sorte transformé sans disparaître… Il suffit de voir ce qui reste des Grecs dans la civilisation judéo-chrétienne : en gros, Platon, Socrate et Aristote ; tous les génies présocratiques à la trappe !

Voilà pourquoi pour moi, la seule chose à reprocher à Alexandre le Grand, c’est qu’en cherchant à faire copuler Occident et Orient pour que les deux civilisations s’enrichissent, il a foiré son coup puisque ces deux montagnes s’entrechoquant n’ont accouché que d’une souris, le judéo-christianisme qui a démontré depuis 2 000 ans qu’une « synthèse gréco-orientale » n’était qu’un fantasme… Maudite et tenace petite souris, puisqu’elle continue aujourd’hui encore à grignoter le fromage humain déjà très troué !… J’espère que vous faites la différence entre le colonialisme des Blanchards du XIXe siècle qui se sont fait passer pour des héros civilisateurs de pays arabes et noirs, alors que c’était fait au nom d’une civilisation française (« petite imitation de la civilisation grecque » comme disait Céline), c’est-à-dire d’une civilisation de rien du tout, et la volonté cosmopolitaniste, universaliste, presque à la Anacharsis Cloots, d’un Alexandre le Grand au IVe siècle avant JC, qui romantiquement voulait tout unir, tout mélanger, jusqu’à parvenir à l’unité du genre humain. En ce sens, il était un véritable révolutionnaire, n’hésitant pas évidemment à dégommer sur son passage les fariboles zoroastriennes, les hérésies perses et les velléités pseudo-autonomiques de peuples débiles qui, après sa mort et la dissolution de son empire, se sont sentis assez forts pour créer les leurs, d’empires, en minables… C’est ainsi que partout, de siècles en siècles, une myriade de mini-puissances impérialistes à la petite semaine, de nations chauvines et belliqueuses, puant le renfermé et coagulées entre elles, ont vu le jour, jusqu’à celles, plus récentes, menées par des imbéciles dangereux ou par des politicards sociaux-démocratico-mafieux, comme l’Union européenne et autres États-Unis merdiques !

Commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Après les acteurs de cinéma Jean Dujardin, Pierre Niney, Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Pio Marmaï ; les influenceurs AD Laurent et Alex Hitchens ; les animateurs Yann Barthès et Cyril Hanouna, et bien d’autres figures encore de la « culture », voici les donneurs de leçons radiophoniques et télévisées du service public, France Inter, France Culture, France Télévisions, les Patrick Cohen, Thomas Legrand, Laurent Goumarre, Sibyle Veil, Adèle Van Reeth, qui sont convoqués par l’Assemblée nationale pour s’expliquer (on attend Pierre-Antoine Capton, Nagui, Léa Salamé, Élise Lucet, Nathalie Saint-Cricq prévus pour bientôt)… N’en jetez plus ! C’est comme à l’école en conseil de discipline, tous finiront par y passer ! Trois heures de tortures chacun sur un segment de phrase, et ils jouent le jeu en acceptant de répondre tout en restant polis et calmes, et en étant enjoints toutes les deux minutes à rester à leur place qui est celle de « personnes auditionnées ». Les questions sont posées par de petits juges, des jugillons, rigides pinailleurs susceptibles arcboutés sur leurs principes appris à l’école ou chez leurs parents (c’est pareil), et qui n’ont même pas 35 ans pour la plupart !… Tant d’ennui mêlé à tant d’intimidation à base de « respect », de bienséance, de soumission à des règles de gosses… Quel goût pour la mesquinerie il faut avoir pour faire ce boulot-là ! La scolarité, avec ses devoirs, ses exposés, ses colles et ses bons points a de belles heures devant elle dans la vie d’adulte. Ah, ils n’en mènent pas large, tous ces ex-gauchistes, ces libertaires-libéraux, ces post-mitterrandiens reconvertis dans le macronisme, et qui commencent à comprendre que c’est foutu pour eux. Dans cette commission qui est loin d’avoir le panache d’un tribunal révolutionnaire, ils touchent du doigt le nouvel esprit qui règne désormais, le triomphe de la nouvelle hégémonie, pas culturelle ni politique puisqu’il n’y a pas plus de culture à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche, mais de l’hégémonie éthique qui s’est installée, ça y est, et c’est beaucoup plus grave… Là, les anciens du monde d’avant voient ce que c’est que d’avoir empêché des esprits libres dans les années 80-90 de s’exprimer en les traitant de « fascistes » pour se retrouver trente ans après face à des fascistes réels qui leur parlent comme à de petits vieux garçons sommés de rendre des comptes. Ils ne les ont pas vus venir. Maintenant c’est vous, les mis en cause ! Démerdez-vous avec vos tentatives pour faire passer du second degré, de la distance, un peu d’humour face à la justicerie de ces sinistres inquisiteurs en costume-cravate, ces jeunes chauves lunetteux ou rouquins à houppe… Horreur ! Trentenaires choqués. Extorqueurs de regrets, corsetés dans leur fonction de rapporteurs (les bien nommés), de présidents ! Ce n’est pas du Kafka car ce n’est pas drôle.… Assister à ces séances où des bourgeois de gauche, qui se sont pris toute leur vie pour des « consciences », chient dans leur froc, pourrait être réjouissant mais si c’est pour les voir se faire tancer par de tels petits magistrats en herbe, procureurs proprets qui se croient les « représentants du peuple », et qui sont juste les incarnations contemporaines de la répression moralisatrice absolue sur tous les sujets, je dis : non !

La désobéissance, aux yeux de quiconque a lu l’Histoire, est la vertu originelle de l’homme. C’est par la désobéissance que le progrès a été accompli, par la désobéissance et par la rébellion.

Oscar Wilde

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°50 – 15 décembre 2025

Brigitte Macron a perdu tout le bénéfice de la sympathie qu’elle avait obtenue après le démasquage procédurier de ses persécuteurs qui avaient lancé une campagne complotiste pour faire croire qu’elle était un homme. Ça s’est passé très vite dans un couloir de loge des Folies Bergère. Sur la vidéo, on voit l’ancienne victime de la chasse à la sorcière qui s’adresse à Ary Abittan, qu’elle était venue soutenir avant son spectacle (« on est avec toi »), et, après qu’Ary lui a dit qu’il avait « peur », Madame la première présidente de France lui sort : « S’il y a des sales connes, on va les foutre dehors ! », « tu crois ? » lui demande, toujours apeuré, Abittan, et elle rit, et lui, il danse, il plaisante, et ils posent pour des photos, pour Closer, avec les autres soutiens d’Ary présents : Bernard Montiel, Yamina Benguigui, Manuel Valls (en pull-over), Tiphaine, la fille de Brigitte (et nana d’Hanouna)… Ils se serrent tous bien pour être sûrs d’être dans le champ du photographe, ça rigole, ça se congratule… Au diable, les « sales connes » !… Le lendemain : tollé ! La Macron a traité de « sales connes » des militantes qui hurlaient « Abittan, violeur ! » parce qu’elles estimaient qu’un non-lieu n’est pas un acquittement… L’argument du clan des MeToo girls, c’est qu’Ary n’est pas innocent ; et l’argument du clan Macron, c’est qu’étant donné qu’il a été innocenté, il a le droit de ré-exercer son métier. Tout le monde sait qu’Abittan est coupable, mais coupable de quoi ? D’avoir un peu forcé sa copine à se laisser enculer, ce dont elle le priait instamment quelques minutes avant de se raviser, en pointant sa pine contondante vers l’anus de sa jeune maîtresse avec qui il trompait sa femme ? C’est ainsi que la Macronne s’est foutue à dos d’un coup toutes les féministes qui l’avaient défendue contre ceux qui la traitaient de trans-homme… Évidemment, ce sont des sales connes, ces militantes aigries revanchardes anti-hommes, etc. ; la question n’est pas là ! Que Brigitte ait immédiatement eu à l’esprit et à la bouche l’expression « sales connes » pour les définir ne trahit pas la vulgarité de la Première dame de France mais sa propension à la répression immédiate lorsque le bon déroulement d’une réunion bourgeoise d’entre-soiïques est menacé. Ça ne fait pas trop l’ombre d’un doute qu’elle a inculqué cette « politique » à son élève de mari quand il était encore pubère : surtout pas de vague, aucune expression de révolte nulle part, sinon c’est illico la police et les coups. D’ailleurs, c’est ce qu’ont reçu les féminardes qui se sont retrouvées expulsées manu Macron militari de la salle de spectacle, au grand plaisir d’Abittan… Une preuve de plus que Brigitte Macron est bien une femme : il n’y a qu’une femme pour être à ce point misogyne d’emblée ! Pour finir, on n’ira pas sur le terrain sioniste. Car certains disent que ce n’est pas le violeur Ary qui a bénéficié d’un non-lieu que Brigitte est venue soutenir, mais le pauvre Juif Abittan, dont, au passage, on voudrait bien savoir dans le détail ce qu’il pense de ce qui se passe à Gaza depuis deux ans… Manuel Valls ne se comptait pas non plus par hasard ce soir-là dans la brochette de ses fans people… L’homo revendiqué Jean-Philippe Tanguy du RN (qui d’ailleurs veut rouvrir les bordels), lui, va plus loin puisqu’il pense qu’au nom de « la convergence des luttes », ce serait LFI, parti « passionnément antisémite », qui aurait envoyé le collectif féministe « NousToutes » pour gâcher la fête d’Abittan en prenant prétexte de son non-lieu, alors qu’en vérité c’est pour les positions pro-israéliennes supposées de l’humoriste (qui imite à la perfection l’accent turc, ce qui ravit Brigitte : « J’adore le turc ! ») qu’elles ont déboulé pour perturber le seul-en-scène du Pied-noir « hilarant » ! Le discours d’extrême droite, c’est donc de dire qu’Abittan continue à être ostracisé malgré son non-lieu parce qu’il est juif et que ce sont des féministes antisémites qui, au nom de la convergence des luttes, sont venues faire un scandale… En tous cas, ce n’est pas le combat féministe que Brigitte Macron a fait reculer avec son « sales connes », mais le combat masculiniste, celui de reprise, non du pouvoir, mais du désir dont les hommes sont en train de se castrer à cause de MeToo ; c’est ça qu’il faut comprendre. La saillie de Brigitte a enterré plus profond encore la vérité sur la relation homme-femme qu’on cache à notre époque. La levée de boucliers est une levée de boucliers de femmes tout à fait ordinaires — pas de déesses parmi elles (aucune Athéna Parthénos !) — qui ne veulent pas que les vrais hommes, c’est-à-dire avec des couilles et une bite, revendiquent d’aimer profondément pénétrer des chattes sales et connes. Ça ne suffit pas de traiter les néo-féministes de « sales connes », même si elles le sont ontologiquement (mais c’est une autre discussion). Brigitte ferait mieux de pousser son mari à agir contre ce fléau, le deuxième de notre époque avec le complotisme. Pauvre gaffeuse de Brigitte ! Désormais, tout son travail pour se laver de l’accusation d’avoir été traitée de travelo a été balayé par ses quelques propos volés dans les coulisses des Folies Bergère en faveur d’un Ary Abittan, c’est ce qu’on peut appeler la réponse du berger à la folie bergère !

Ô interminable queue des sarkocons qui ont attendu quatre plombes pour se faire signer leur Journal d’un prisonnier (Fayard of course) sous le bras ! Vieux papys clownesques et mémères peinturlurées canalisés par des barrières sur le trottoir de la rue de la Pompe jusqu’à la librairie Lamartine pour voir enfin leur héros sorti de taule… Le jour de parution du livre, Sarkozy en a dédicacé 2 300 ! Et c’est le début de la tournée : après, ce sera Marseille, Menton, etc. Les micros-trottoirs sont éloquents : c’est exactement le genre de bourges cathos 16e de riverains qui ont une très haute idée de l’ordre à la française, qui s’expriment, et c’est pour se mettre les voix de ces gros connards réacs dans la poche que Sarkozy, alors en campagne présidentielle en 2007, a fermé toutes les boîtes et les bars à filles du 8e, qu’il a éteint la ville comme on appuie sèchement sur un interrupteur. C’est lui, le responsable du début de la fin ! Ce sont les mêmes qu’on a vus là, en file indienne de moutons extasiés et qui bêlent : « Oh merci, Président ! » ou « Bravo, Nicolas ! » Je vous avais dit qu’il serait acclamé après sa prison, mais à ce point-là ! Ils sont des centaines, 1 000 et plus, ce 10 décembre, à ovationner en plein Paris le Président délinquant ex-taulard. Elles ont compté pour des prunes blettes, les deux pauvres Femen, moches seins à l’air, en train de hurler : « Casse-toi, Sarko, ta place est en prison ! » Quel rapport avec la lutte féministe ? Encore une intersectionnalité incongrue ! Elles le confondent avec Ary Abittan… C’est là qu’on voit toute la confusion de l’époque. Son livre, je peux en parler, je l’ai lu, en PDF piraté gratos évidemment : pas un centime dans l’escarcelle Bolloré ! C’est pas un livre, ce sont des notes collées les unes aux autres, et où Sarkozy raconte depuis le 21 octobre, jour de son incarcération, ce qui lui arrive. Tout CNews est bouleversé ; « Ça prend aux tripes dès la première ligne » a dit Georges Fenech qui pourtant, bien que n’ayant jamais fait de prison lui-même, en a envoyé, des condamnés en détention, et sans frémir d’un cil ! Les faits égrainés ne suffisent pas, Nico Sarko… Les gens se trompent en se moquant de lui parce qu’il ne bouffe que des yaourts, ne sait pas utiliser un téléphone à l’ancienne ni se faire cuire un œuf (pourtant on l’a envoyé là-bas pour ça). Le ridicule n’est pas dans les petits détails qu’il donne de sa vie quotidienne en détention, c’est la façon dont il les raconte qui est ridicule : il aurait pu faire un genre de nouveau Voyage autour de ma chambre ou s’inspirer d’une page de Kafka ou d’une de Francis Ponge. Mais il ne connaît pas tout ça. C’est le livre de quelqu’un qui n’a jamais lu un seul livre, ou alors que des daubes et bouses. Il en est resté à Alexandre Dumas (sic en 2025 !). C’est bien de raconter des anecdotes vécues, mais si le prisonnier n’en tire rien, c’est qu’il est sans fond. Ou plutôt, c’est que son fond est toujours celui d’un menteur vulgos tricheur insensible… Par exemple, il prie pendant que les autres emplacardés l’insultent de leur cage, la nuit. Il prie pour avoir la force de porter la croix de l’injustice !

Il n’a pas un mot de compréhension pour les autres détenus sauf page 189 (sur 216) où souffle un micro-vent de commisération éphémère. Il trouve injuste que lui soit emprisonné, mais tout à fait normal que les autres le soient. Il ne manque pas de tacler Georges Ibrahim Abdallah qu’il considère comme un terroriste et pas du tout comme un prisonnier politique, et que sous son mandat de Président il n’a jamais cherché à libérer… Boualem Sansal est le seul prisonnier qui mérite sa compassion… Dès la page 55, le Capitaine Sarko part en vrille en s’identifiant une nouvelle fois à Dreyfus, on croyait que c’était une blague, mais pas du tout, il expose les faits, rien que les faits, du parcours de Dreyfus, alors évidemment il trouve des correspondances, mais s’il creusait la question, sans même parler de la judéité, ce serait un gouffre qui s’ouvrirait sous ses pieds à lui, petit enfant finalement très ignorant d’un événement majeur de l’Histoire de sa chair France. Toujours dans l’inconscience de dévoiler dès qu’il peut la bassesse de sa mentalité, tout ce que Sarkozy trouve à faire en prison, c’est l’éloge des matons ! Une véritable ode : « Je veux souligner, parce que cela m’a vraiment frappé, l’humanité du personnel pénitentiaire. Dans cet univers de violence et de désespérance, leur gentillesse, leurs attentions, leur respect tranchaient avec l’atmosphère ambiante. Il y avait même une certaine douceur dans ce qu’ils faisaient et surtout dans la manière dont ils le faisaient. » Et dire qu’il a osé dire un jour qu’il aimait Céline qui, lui, avait dédié son Féerie pour une autre fois (1952) « aux animaux, aux malades, aux prisonniers » ! Pour Sarkozy, les prisonniers, c’est des enculés et c’est très bien qu’on les ait foutus en prison, mais lui qui n’est pas un enculé n’a rien à y faire. Les types peuvent foutre le feu à leur paillasse de désespoir, hurler comme des loups solitaires pris au piège la nuit, ou taper toute la journée avec des cuillères contre leurs barreaux, le Président innocent s’en contrefout si ça ne dérange pas monsieur pour lire Saint-Exupéry ! Au fait, et Monte-Cristo, il ne dit pas jusqu’à quelle page il est allé, ça se lit pas en trois semaines de toute façon ; pas un mot non plus sur la bio du Christ par Petitfils : Nico a dû vite s’endormir dessus, et sur son matelas le plus dur qu’il ait jamais connu, pauvre chouchou… Il n’a de larmes que pour les énormes sacs de courrier enamouré pour sa personne qui s’entassent dans un coin de sa cellule et qui lui ont été apportés sans doute par l’aéropostale de Saint-Ex ! Niveau sentiment, ça vole pas plus haut… Il est au violon : c’est donc naturel qu’il sorte les siens : ne pas voir Carla tous les jours est sa souffrance… Pourtant, il a été gratifié de visites régulières, et protégé par deux gardes du corps payés pour rester dans la cellule voisine de la sienne… Ainsi, il était tranquille, seul à sa table en contreplaqué pour rédiger au bic ce journal inepte. Sarko n’a rien à dire sur son « ressenti » à part des clichés. En revanche, son ressentiment s’exprime : il attaque Macron (parce qu’il lui a retiré sa légion d’honneur), Hollande, Royal, Dupont-Moretti, et même son avocat Herzog… Il balance aussi que les familles de victimes de l’attentat de 89 du DC 10 d’UTA, si plaintes par les ennemis de Sarkozy qui lui reprochent de les mépriser, ont touché un million d’euros chacune d’indemnisation du régime libyen… Il dit qu’il n’a pas d’amertume, pas de haine, pas d’esprit de revanche, il ne se plaint jamais, la prison a fait de lui un être modeste… C’est tout le contraire ! Et de l’autre côté, que d’incessantes bévues de mauvais goût : il vante Giesbert, Barnier, Aphatie, Praud, Darmanin (qui est venu le visiter), les Chirac : tous ceux qui lui ont témoigné de l’affection ; même Patrick Cohen (tiens, tiens… ). Sans omettre Mohammed VI, le roi du Maroc, Alassane Ouattara, le président de la Côte d’Ivoire, et celui du Rwanda, Paul Kagame ! Toutes les crapules opprimeuses d’Afrique le couvrent de fleurs… Il y a aussi Marine Le Pen, Bardella, Sébastien Chenu qui lui envoie une lettre par semaine… Eh bien, voilà, ça y est, on ne pouvait pas l’imaginer mais politiquement, Sarkozy en prison est plus dangereux que Sarkozy à l’extérieur puisque c’est de sa cellule qu’il officialise la fusion entre la droite et l’extrême-droite ! Sarkozy raconte qu’il avait jadis assuré à Marine Le Pen de ne pas vouloir « s’associer » à un front républicain contre le RN. Certains ont dit que si Sarko s’ouvre au RN, c’est qu’il espère une grâce présidentielle lorsque Bardella ou Marine serait au pouvoir ! Avant, on mettait en prison les collabos ; désormais le type devient collabo quand il est en prison ! Un prêtre vient lui donner l’hostie tous les dimanches. Et Sarkozy s’extasie sur ses discussions avec le directeur de la prison ! C’est ça qui lui apprend l’humanité… Vers la fin du livre, après avoir rappelé ses exploits (l’école maternelle de Neuilly, les infirmières bulgares), Supersarko, tout en croquant dans une barre de céréales, retrace toute son histoire avec Kadhafi et réattaque Mediapart. Et puis c’est à peu près tout… Sarkozy fait de la peine, mais pas parce qu’il raconte son malheur d’être à la Santé. Il fait de la peine parce qu’il ne sait absolument pas écrire, ni émouvoir, ni faire rire (son ironie euphémique tombe toujours à plat) ; son livre ne démontre qu’une seule chose : non son innocence mais sa culpabilité, et pas dans les affaires libyenne ou Bismuth ou Bygmalion, sa culpabilité d’être un homme totalement médiocre qui ne ressent rien, qui ne remarque rien, qui ne comprend rien, qui n’a aucune distance avec lui-même ni avec ce qui lui arrive, et c’est ça qui est triste et affligeant : avoir devant soi un type aussi célèbre, aussi star, aussi héroïque pour des connards et aussi méprisable pour d’autres connards, et qui est dans un vide existentiel, métaphysique, mystique et humain tel que c’est là que réside sa seule réelle culpabilité, celle de n’avoir jamais une seule seconde eu la moindre conscience de l’indécence de sa vacuité qui éclate à chaque page… Le passage le plus intéressant est peut-être celui où on voit le mieux la disjonction de son esprit peu fait pour l’analogie et la symétrie : il raconte qu’il a reçu une lettre d’un détenu dont le nom lui disait quelque chose : il s’agissait d’un assassin qui, après avoir tué une femme, avait été arrêté par ses flics en 2005 pendant son mandat de ministre de l’Intérieur, mais comme c’était un récidiviste, Sarkozy avait aussitôt accusé la magistrature d’avoir été trop laxiste en laissant sortir le tueur en liberté conditionnelle. Selon le Nicolas de 2025 (numéro d’écrou 320 535), c’est de là qu’est venue l’hostilité, pour ne pas dire la haine, des juges à son encontre… Il part ensuite dans un mini-réquisitoire contre les magistrats qui ont tous les droits, contrairement aux autres fonctionnaires de l’État, pour enchaîner avec sa propre présomption d’innocence qui a été bafouée ! Si on le suit bien, Sarkozy a dénigré les juges parce qu’il ne les a pas trouvés assez sévères envers un criminel, et maintenant il les fustige encore mais pour l’avoir été trop avec Monsieur Sarkozy, en ayant ordonné son exécution provisoire ! Aucun rapport bien sûr : il se sert des crimes d’un assassin récidiviste pour mieux blâmer les magistrats de l’avoir enfermé, lui, qui est totalement « innocent » ! Qui est le plus logique et le plus humain, quel est celui qui a le plus de panache, qui est le plus droit dans ses chaînes de forçat aux pieds ? Eh bien, c’est l’assassin bien sûr, qui écrit en prison à son ancien ministre impitoyable de l’Intérieur pour lui témoigner tout son soutien en tant que détenu à son tour ! Au lieu de forer en lui-même les enseignements de cet épisode, Sarkozy passe à autre chose : il ne voit que son affaire à lui ; n’est-ce pas encore une preuve de son nanarcissisme ? C’est comme quand il dit : « J’ai beaucoup appris à la Santé, sur les autres comme sur moi-même. » QUOI ? Rien. Il est bouleversé uniquement par les effusions qu’il a reçues dans un restaurant après sa libération. Car c’est déjà la fin de ce pensum qui ne dépasse pas le niveau d’un pense-bête de gosse d’une dizaine d’années qui n’a rien compris à la vie parce qu’il a refusé de grandir avec elle. Sarkozy se décrit en train de quitter la prison et très vite, il se rend à… Lourdes ! C’était un vœu : il avait juré que s’il sortait rapidement, et ça a été le cas (20 jours contre les 60 de Sacha Guitry), le très pieux catholique Sarkozy (rires) irait à Lourdes avec madame. Sarko voulait « rejoindre les fracassés de la vie ». Il dit avoir « été plongé dans l’eau des piscines à 12 degrés » et « assisté à la messe ». Encore de la fanfaronnade de mi-Juif sépharade mi-Hongrois (Sarkozy n’est même pas un Juif hongrois comme Semmelweis). « Il a tellement pensé que sa libération était miraculeuse qu’il est allé exprimer sa reconnaissance à Bernadette Soubirous » a dit un journaliste, soulignant ainsi, sans le vouloir, l’autocentrage permanent et une fois de plus flagrant de l’ex-Président… Rien à secouer des malades immobilisés en quête de guérison !… Seul son petit cas lui importe. Pèlerinage inutile ! Une seule photo a été permise avec Carlita devant l’hôtel Saint Sauveur au pied du sanctuaire, et Sarko s’est cassé… Même la visite de Pascal Praud à Lourdes a été plus justifiée car, comme il l’a révélé, lui aussi y est allé, pas avec les Sarkozy-Bruni hélas (il aurait bien aimé), mais bien avant, lorsqu’il était « vraiment tout petit, très petit », à l’âge de 15 jours, après avoir déjà reçu l’extrême-onction, il était reparti de Lourdes guéri, sinon sauvé… Merde ! Sans cette putain d’eau bénite dont le bébé Pascal a été aspergé il y a 60 ans, on ne subirait pas aujourd’hui L’Heure des Pros ! Mais, au fait, d’où vient cet « amour » pour Lourdes de la part du lourdaud Sarko ? D’Émile Zola bien sûr ! Toujours à côté de la plaque d’eczéma ! Sarkozy a adoré le Lourdes de Zola (1894) qui est une apologie odieuse des hideux idéaux laïcs par le matérialiste Zola, faux-ami de Cézanne, et qui est venu chier sa crotte de bon sens dans la grotte sacrée. Son roman est un foutage de gueule de Bernadette et un crachat à la face de l’idée même de miracle, un livre parfaitement étrillé par Léon Bloy en 1902 dans son recueil Je m’accuse où, on le sait, il traite Émile Zola de « crétin des Pyrénées »…

Les imbéciles eux-mêmes commencent aujourd’hui à entrevoir la magnificence avec laquelle on s’est payé leurs figures, et combien Zola s’est foutu de la Vérité et de la Justice, dont il osa polluer les vocables de sa main merdeuse.

Léon Bloy

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°49 – 8 décembre 2025

Moi, je n’ai pas attendu Libération, Le Nouvel Obs, L’Express, Complément d’enquête pour attaquer Pascal Praud… Je suis sur le dossier depuis plusieurs années avec plein de notations et de souvenirs personnels, d’anecdotes, d’observations précises, et il faut voir le boulot que je fais sur TikTok : c’est par dizaines qu’on compte désormais des extraits de son émission montés et commentés par mes soins… Je crois bien pouvoir me vanter d’avoir été un des premiers à débusquer le danger que représente ce guignol néfaste ; alors ne comptez pas sur moi, ici, pour vous donner autre chose que quelques-unes de mes notes inédites sur Praud.

Praud, c’est le mec qui croit que le Covid n’a jamais existé, que la France est sous domination arabe, que LFI est l’ennemi du genre humain et qu’Israël n’a jamais rien fait de mal.

Petit prof avec ses chroniqueurs. Personne ne moufte, ses « éditos » s’étirent ensuite en monologues devant sa classe de petits élèves qui hochent la tête comme des ânes. Personne ne le contredit vraiment, de peur d’être viré car c’est un punisseur dans l’âme. Aucun n’ose le contester. Quelquefois, on en voit certains qui n’en pensent pas moins mais qui ferment leur gueule pour ne pas perdre leur 240 € par prestation. Si par hasard il y a une phrase intéressante qui sort de la bouche d’un de ses intervenants (Vincent Hervouët, Sarah Saldmann ou André Vallini), il la laisse s’évaporer dans le vide. De toute façon, il est trop occupé à écouter, dans son oreillette, Marine Lançon, son oracle de Delphes ! 

Son programme : « Les gens qui sortent de la norme, je les extrais de la société ! » Il exige de nouvelles lois, des sanctions pénales, des mandats de dépôt, et avec une légèreté !

Ses clichés verbeux : « on marche sur la tête », « il faut changer de logiciel », « vous avez découvert le Pérou à Orléans », « vous me sidérez, vous me fascinez », « pardonnez-moi de le dire comme ça »…

Il trouve beau Alain Delon, évidemment, mais aussi Raphaël Enthoven, Francis Huster, Thomas Isle… Praud porte des cravates et des chemises roses, mauves, des boutons de manchettes, des lunettes rouges ou bleues… Dentition, sourire, tout pue le gay refoulé. Ajoutez son petit bout de langue qu’il sort régulièrement et qu’il coince dans sa bouche, entre les dents de sa mâchoire de prognathe dissimulée par la barbe blanche. Et regardez son regard qui n’est jamais rieur… Typique homo. Tremble d’être dévoilé. Complexe d’insécurité. Les deux choses qu’il cache, mais que son corps dévoile, c’est : son antisémitisme et son homosexualité, les deux rentrés, comme des hémorroïdes honteuses à l’intérieur d’un rectum. 

Sa mère l’a emmené chez le pédiatre jusqu’à l’âge de 16 ans.

Il n’assume jamais, nie tout ce qu’il a dit ou fait, ne reconnaît rien. Accuse par morale bourgeoise-catho tout le monde. Il a peur de tout, voilà pourquoi il ne veut pas qu’on l’alarme. Son idéal dans la vie, c’est d’obtempérer. Les gens n’ont pas à se rebeller. C’est un lèche-flic, un lèche-rampouilles… Matraquage pro-matraques. Il s’indigne contre le moindre hors-la-loi et pleurniche sur les flics blessés. Jamais assez de répression ! Le Praud-flic.

C’est peut-être à l’époque du Covid que Praud a fait le plus sale boulot : il ne voulait pas convenir que c’était grave et contagieux. Il n’aimait pas les toubibs réalistes parce que ceux-ci apportaient sur les plateaux télé de mauvaises nouvelles, ça n’allait pas plus loin que ça. Il critiquait « l’exécutif » qui se laissait « manipuler » par des médecins de mauvais augure. Toujours sur la forme (« comment le gouvernement nous parle, les ministres se contredisent, ils ne nous disent pas la vérité, ils ne pensent qu’au sanitaire, ils avaient dit que, maintenant ils disent que, l’autorité de l’État est dévoyée… »), et jamais sur le fond. L’ennemi pour Praud, c’était le gouvernement, pas le virus. La cible de Praud, c’est toujours l’État, pas la société parce que l’État, c’est l’autre, et la société, c’est lui. Pour les anticommunistes primaires de son genre, vouloir le confinement c’était vouloir envoyer tout le monde au goulag. Alors que ce n’était pas le confinement le problème, c’était le déconfinement. « Les restaus sont fermés mais l’épidémie est là » disait-il. Oui, mais s’ils étaient restés ouverts, l’épidémie aurait encore plus couru. Il confondait le moindre mal et la dictature du pire. Il félicitait les restaurateurs qui ouvraient quand même, et tant pis s’ils allaient être responsables de centaines et de centaines de morts du Covid. Il a propagé sciemment une minimisation sur fond de fausse rébellion afin d’éviter des contraintes qui le concernaient lui seul, petit bourgeois égoïste ! Tout ça pour qu’il puisse aller bouffer à la Rotonde avec Émilie Frèche ! Une fois que l’arnaque de la chloroquine a été dévoilée, Praud, qui avait fait la publicité éhontée de ce produit bidon, ne s’est même pas excusé pour son pro-raoultisme militant pendant des mois et des mois ! Ni pour sa campagne de réouverture des plages et des bars, ni pour son jeu sur la peur du bon peuple macronisé, et ni pour ses indignations théâtralisées au sujet de la mort de l’économie à cause des mesures coercitives. Praud a été également le premier à nier l’arrivée de la « deuxième vague »… On a oublié tout ça. Pas moi. 

Praud a une nostalgie continuelle pour les années 70, « si libres », mais non ! Ce sont quelques rares individus qui étaient libres malgré ces années 70 qui étaient nases, oppressives, répressives, ternes, coincées, exactement comme elles étaient en 80, en 90, et en 2000, 2010… Aujourd’hui, c’est pareil : c’est malgré mon époque que moi que je suis libre ! Ce serait saugrenu d’imaginer que dans trente ans, on dise : « Ces années 2020, quelle liberté ! Regardez, il y avait Nabe ! Aujourd’hui, il ne pourrait plus dire ça. » 

Praud et sa bande de beaufs se revendiquent tous nationalistes, ils sont provincialistes. Ils se croient conservateurs, ils sont conventionnels. Comme dit Herman Melville : « Oh, Conventionalism, what a ninny thou art ! » = « Oh, Conventionnalisme, quel niais tu es ! »Journal, 1849.

Ses chroniqueurs. Xénos, conserviteurs, patriotards. Ronchonneurs, consensuellement révoltés. Scroneuneux, contestateurs en pantoufles. Pépères suffisants, ploutocrates cracras, populistes butés, pratiquant la furibardise forcée, les truismes de « bon sens mais c’est bien sûr ! », le madame-michuisme, le monsieur-glanduisme, et sans aucune remise en question. Laissant ouvert par leur braguette leur robinet à pisser des banalités, des pinaillages, ergotages, radotages, clichés, à flot continu…  Sous les ordres de Praud, ils ciblent pavloviennement une gauche moribonde comme source de toutes les attaques qui leur sont faites. Et surtout, ils ont comme mission obligatoire de porter l’offensive contre toute critique que subit le pauvre Israël (shalom sic). Larmoiements sur les flics blessés et défense hypocrite des petits commerçants, démagogie de bas étage.

La base de Praud, c’est qu’il est contre 68 : entraver le fait jouir.

Macron a joué au con en disant qu’en proposant un « label » de contrôle journalistique, il ne visait pas spécifiquement CNews comme chaîne dont il faut surveiller la véracité des informations, mais Praud aussi a joué au con en répliquant qu’il n’a aucune idéologie particulière, encore moins celle d’extrême droite, qu’il n’est pas complotiste, qu’il ne falsifie aucune information, et qu’il se contente de rapporter « le réel » tel que le pouvoir et l’« espace médiatique » l’occultent. Lui et tous les bons ouvriers de l’usine Bolloré seraient victimes d’une dictature « orwellienne », politiquement correcte, et puis c’est tout… C’est la mise au carré de la mauvaise foi conspirationniste.

Évidemment, la servilité de Pascal Praud et de ses marionnettes devant l’ordre et la loi vient de névroses personnelles. Ils sont tous du même avis, c’est-à-dire qu’il faut de la police partout et de l’obéissance à tout, et de la sévérité exemplaire contre ces pourris de métèques qui perturbent le bon fonctionnement de la sainte France qui serait si pure et si parfaite sans eux… Il est clair qu’une Élisabeth Lévy, un Georges Fenech ou un Joseph Macé-Scaron sont atteints de pathologies psychiques graves, et que Praud leur laisse déverser leurs dégueulasseries intimes sur les sujets d’actualité. À leur comportement d’hystériques, on voit qu’ils expriment, par leur propagande bolloréenne rémunérée, une autre propagande, celle pour leur petite personnalité, inepte au fond, mais qui a beaucoup souffert, et dont les médias aident à évacuer la psychose même. Bref, ils se soignent en direct et on est obligés d’accepter ça ! Leurs frustrations, foirages, lâchetés, désirs larvés, secrets inavouables, complexes narcissiques, ils les foutent sur le dos des victimes et des agresseurs anonymes ou des figures people pris dans les filets des faits divers. Les actualités leur servent d’éponges à ego absorbantes. Les sentinelles médiatiques de Praud, pour ne pas dire les matons, tellement ils adorent la prison (pour les autres), cherchent à l’évidence à se guérir de leur maladie en faisant publiquement leur auto-psychanalyse qui d’ailleurs est toujours ratée puisqu’elle est quotidiennement recommencée et exprimée avec le même langage.

Le convenable roi.

Technique. Comment Praud dévie toutes les questions, comment chaque sujet est immédiatement détourné : on aborde la maltraitance des animaux d’élevage mais pour parler du sectarisme des écolos, on se moque ensuite des robots-gibiers parce que les pauvres chiens de la chasse à courre ont besoin de proies vivantes (dixit d’Ornellas) et qu’on ne peut pas faire griller un robot à la broche (Praud), pour aussitôt brocarder une autre bataille écologiste, celle qui tend à abolir la corrida et à supprimer les animaux des cirques, ce qui entraîne les soldats de Praud à défendre ces pauvres circassiens qu’on ampute ainsi de leur tradition bien française menacée par ailleurs par les immigrés en surnombre. Et le tour est joué ! Ils sont retombés sur leurs pattes. C’est ça, l’art du court-circuit du réel par la rhétorique praudienne, surveillée bien sûr par l’immonde Serge Nedjar, son chef, et plus haut par leur sur-chef à tous, Vincent Bolloré.

Le fond de la pensée de Praud, il le cache : « Tous les Arabes et les Noirs sont à foutre dehors pour que l’ordre re-règne ». Le mot tabou qu’il interdit à ces chroniqueurs de prononcer, c’est : « Arabes ».

Praud croit encore que c’est la gauche qui règne intellectuellement et même politiquement en France. Il pense sincèrement que c’est l’hégémonie 68arde qui continue à régner partout sauf sur son plateau, où on défend la vraie droite, c’est-à-dire le colonialisme, les policiers, la bourgeoisie, la justice. Mais non ! Au contraire ! Et c’est la grande escroquerie de cette droite, ou en tout cas sa bêtise, car il n’est pas sûr qu’elle s’en rende compte : faire croire que la gauche a encore le pouvoir des idées et que la droite doit, d’ailleurs en s’inspirant des théories de Gramsci, construire une nouvelle hégémonie culturelle, c’est devenu une des tartes à la crème de la droite : depuis Sarkozy jusqu’à Marion Maréchal, en passant par Zemmour et Onfray et même Finkielkraut, on sait qu’ils se sont tous réclamés de Gramsci. Mais les droitards sont tellement complexés de constater qu’il n’y a pas de véritable intello dans leur camp qu’ils continuent à se présenter comme des dissidents et des alternatifs qui n’ont pas encore réussi à prendre le pouvoir sur les masses. Ou ils le font exprès ou ils sont tellement cons qu’ils ne s’aperçoivent même pas que le mainstream de la pensée, aujourd’hui, c’est le leur. C’est presque fait ! Oui, il y a une extrême-droitisation de la parole publique, et pas seulement à droite et à gauche. Jusqu’au « bloc central » ! Seulement, Praud et les siens ne font rien de cette victoire, ils ne « transforment » pas cet essai, disons, au sens sportif du terme. Voilà pourquoi ils vont perdre : parce qu’ils ne se décident pas à admettre qu’ils ont gagné. 

Il n’y a guère d’homme assez habile pour connaître tout le mal qu’il fait.

La Rochefoucauld

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°48 – 1er décembre 2025

ATTENTION ! Merde aux lecteurs qui me considèrent comme un « passeur », c’est-à-dire quelqu’un qui leur apprend des choses qu’ils vont ensuite aller fouiller sur internet, et creuser pour leur gloriole personnelle de nouveaux sachants (et sans citer leur source of course) ! Je ne suis pas là pour ça. Je ne suis pas un éducateur ni un professeur. C’est déjà honteux que ce que je révèle dans mes écrits ne soit pas connu de ceux qui se prétendent être mes lecteurs, et depuis longtemps… C’est encore de la culture ! En outre, vous remarquerez que ceux qui me remercient pour le savoir que je leur ai dispensé en tous domaines sont les derniers à parler de la façon dont j’ai parlé de ces nouvelles choses : jamais un seul commentaire sur un passage pour l’analyser dans sa construction, son plan, sa pensée, son écriture, dans ses trouvailles lexicales, grammaticales, sonores, que sais-je… J’attends toujours quelqu’un qui prenne un paragraphe au hasard, quel que soit le sujet (de préférence qui ne l’intéresse pas a priori, c’est encore mieux), et qui nous en fasse l’exégèse littéraire.

Haro sur le Sarko ! Avant même d’avoir pu le lire, tout le monde tombe sur Sarkozy qui va publier son livre Le Journal d’un prisonnier (chez Fayard = Bolloré, sortie le 10 décembre). Évidemment, ça ne peut être qu’une daube, vu l’absence totale de talent du célèbre faux innocent vrai tricheur, mais l’argument de dire qu’on ne peut pas écrire un livre digne de ce nom en 20 jours n’est pas le bon. Dosto en a mis 27 pour expédier Le Joueur, en le dictant à Anna en 1866, et Céline a dû mettre certainement moins de temps encore pour balafrer rageusement les feuillets de son Mea culpa à son retour d’URSS en 1936. Le problème chez Nicolas-Ferdinand Sarkoïevski, c’est que, sans doute (procès d’intention !), il ne va rien dire de profond sur lui ni sur son incarcération. Sur le principe, moi, je ne serais pas contre un livre, même « mal écrit », qui expliquerait minute par minute comment ça se passe la vie en prison aujourd’hui en 2025… En tout cas, arrêtez de le charger : Sarko l’ex-écroué ne peut pas avoir moins de choses à dire que Boualem Sansal (« poème sans salle » selon le micro de mon ordi) qui vient de sortir de taule lui aussi…

Car le voilà, enfin visible ! Réapparition de Boualem Sansal, et à la consternation générale ! Plus de catogan ! Il s’est coupé la queue, après les couilles ! Meilleure mine qu’avant, nouvelles lunettes, grossi, éveillé, souriant, déclochardisé… Il se montre joyeux, les joues pleines, ironisant ! Il est sorti ressuscité de la marmite d’algérité bouillante où l’avait plongé l’empereur Tebboune… Lui n’est pas du tout pressé d’écrire et de publier un livre qui, dit-il lui-même, s’intitulerait La Légende (c’est le surnom qu’il avait en prison en Algérie). Mauvaise symétrie antagoniste à faire entre « la classe » et la « dignité » de Sansal et la bassesse mercantile de Sarko. La juste comparaison serait plutôt entre la vulgarité de Sarkozy et la soumission de Sansal, les deux étant intrinsèques à ces manipulateurs insincères dans l’âme. Aussitôt de retour, Sansal trahit l’extrême droite qui l’a soutenu : il va blablater sur France 2 (chez Delahousse le 23 novembre, interview montée après coupures), puis à France Inter (le 24) face au mulot mal rasé Benjamin Duhamel, et enfin chez Trapenard (le 26). Tournée des popotes ! Partout, Sansal adopte une version gallimardo-macroniste de sa libération. Tout a été possible grâce à la diplomatie française. Il lui a été dit de renier la stratégie Retailleau qui était de durcir le ton contre l’Algérie, et de glisser que passer par l’Allemagne était une idée de Sansal lui-même… Mais en même temps, au JT de Delahousse, il n’a pas pu s’empêcher de dire que Retailleau était son « ami » (qu’est-ce qu’il a dû se faire enguirlander par Gallimard pour cela !). La gaffe ! C’est Boulette Symbol ! On sent que Sansal, dans chacune de ses déclarations, est perclus de consignes afin qu’il recrache bien le discours officiel. Genre : « Moi d’extrême droite ? Qu’Allah m’en garde ! » Il laisse entendre que le RN, par ses philippiques anti-algériennes, a retardé sa remise en liberté… Déception chez les fachos plus très chauds. La crapule Praud, habillée comme un maquereau des années 30 dans un film de Marcel Carné ou de Maurice Tourneur, lui en veut à mort de ne pas être venu directement de la prison de Koléa à Issy-les-Moulineaux, sur son plateau ! Que croyiez-vous, gros beaufards ? On vous l’a déjà dit que Sansal était un traître à la base, pourquoi il ne vous trahirait pas vous, après l’Algérie ? Sansal n’a pas plus rendu hommage à son comité de connards commentés dans ma dernière Feuille… Il habite physiquement chez Antoine Gallimard, rue Gaston-Gallimard, en « résidence surveillée », dit une responsable de son comité, toute marrie que maintenant, en quelque sorte, ce soit Gallimard qui le détienne en otage !… Sansal dit qu’il voudra bien embrasser ses « soutiens » (pourquoi pas ses soutiens-gorge ?), mais dans dix jours… Ingrat ! Et le cocktail en effet a fini par avoir lieu mais réchauffé, le champagne coula à petits flots, et tiède, dans les flûtes brandies à sa santé par de gros notables de l’islamophobie feutrée et de bons musulmans « modérés », c’est-à-dire des collabeurks, tous festoyant tristement et trinquant avec Jean-Michel Blanquer, Georges-Marc Benamou et Alexandre Jardin… Sansal claque la bise à tout le monde, multiplie les selfies… Pour qui sont ces selfies qui sifflent sur vos têtes ? De nœud, les têtes ! Ce vieux bourricot de Boualem (c’est pas au vieil âne qu’on apprend à faire des « Hi ! Han ! ») braie à qui mieux mieux, mais en mezzo voce… Il est clair qu’il doit fermer sa gueule, autant ici que là-bas. Je croyais que l’Algérie c’était la censure et que la France c’était la liberté d’expression ! Lui-même avoue avoir un langage contraint : « On s’habitue à la prison », « J’étais comme un coq en pâte », « Ç’a été une expérience qui m’a beaucoup appris, je tiens à remercier Tebboune », « Je veux retourner en Algérie au plus vite ! »… Avalanche de (sic) ! Durant ses entretiens, Sansal a également sorti énormités sur énormités : « Finalement, la vérité, c’est une abstraction. Ça n’existe pas, on vit sur des légendes. » « En fait, je ne sais pas si réellement écrire existe. Ce qui est, c’est lire. Écrire, c’est répéter ce qu’on a lu sous une autre forme, c’est apporter du sien, mais tout a été écrit, tout, tout, tout ce que vous pouvez penser a été traité dans la littérature. » La pire est celle-ci (qui vient de lui coûter son passeport, immédiatement désactivé par le gouvernement algérien après avoir entendu ça) : « La France est mon pays. Je rappelle tout le temps cela aux gens : ils oublient que quand je suis né, l’Algérie était française, donc je suis né français tout naturellement ! » C’est plus fort que lui : Sansal veut absolument être français ! Heureusement, au sujet de ce con serpentin, il y a des commentateurs lucides sur YouTube : « Sang sale, sans sel ni saveur c’est juste une marionnette, sans vocabulaire à part : le truc où le machin ses mots fétiches ! Un pion sur un échiquier : échec où mout ! Un traitre à l’Algérie comme le régime Français aime et utilise… Sang sale finira dans les poubelles de l’histoire ! Tahya El Djazaïr ! gloire à nos valeureux martyrs ! »  Ou alors : « Un petit piètre écrivain qui a été cadre supérieur pendant plus de 30 ans dans l’administration algérienne et il se dit opposant : quelle blague !!!! » Houria Bouteldja, elle aussi s’est fendue d’un post : « J’aurais vécu assez longtemps pour entendre cette phrase d’un autre monde prononcée par Kamel Daoud : ‘‘Boualem Sansal a été libéré, maintenant il faut libérer l’Algérie ! ’’ Les renégats ça osent tout, même d’ignorer que c’est la France qu’il faut libérer, notamment d’eux, de Bolloré et de la Macronie… » Je rajouterais : « Et de LFI ! », ô toi, renégate aussi à ta façon !

Trump, Trump, Trump ! Donald a reçu trois Musulmans, coup sur coup, à la Maison Blanche. 1) Ahmed al-Charaa, le président syrien, alors que celui-ci était encore récemment sur la liste des ennemis publics pour terrorisme : Trump lui offre du parfum en lui demandant combien de femmes il a pour savoir s’il doit lui donner d’autres flacons (« Avec vous, on sait jamais ») ; 2) Mohammed ben Salmane Al Saoud, le prince d’Arabie saoudite, que Trump couvre pour l’accusation qui est faite à MBS d’avoir fait exécuter le journaliste Khashoggi, en traitant ABC News de « Fake News », ce qui pousse le prince à avouer à moitié que cet assassinat était « une grosse bêtise » ; enfin, 3) Zorhan Mamdami, le maire de New York et ennemi déclaré : quand, dans la salle, une journaliste fouille-shit, demande à Mamdami s’il pense toujours que Trump est un « fasciste », Trump stoppe Zorhan en plein début de réponse :  « C’est bon, vous pouvez juste dire oui… Ce sera plus simple que d’expliquer, ça ne fait rien. »  

Limites du catholicisme : « Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce que l’on possède » dit saint Augustin, alors que la bonne phrase est « L’amour, c’est de continuer à désirer ce que l’on possède. » (saint Nabe). 

Folie des grandeurs de Rabelais dans le prologue de Pantagruel : « Trouvez-moi un livre, en quelque langue, en quelque discipline et science que ce soit, qui ait telles vertus, telles propriétés et prérogatives, et je paierai une chopine de tripes. Non, Messieurs, non. Il est hors pair, incomparable et sans égal. Je le maintiens jusques au feu exclusivement. Et ceux qui voudraient maintenir le contraire, appelez-les dupeurs, prédestinateurs, imposteurs et suborneurs. Les gens ont bien reconnu par expérience infaillible le grand profit et la grande utilité que l’on tire de cette Chronique Gargantuine : car en deux mois il en a été vendu par les imprimeurs plus qu’on n’achètera de Bibles en neuf ans. »

L’ironie, le cure-dent des édentés.

Les gens croient qu’ils ne sont pas seuls parce qu’ils sont entourés, parce qu’ils sont dans un clan, un groupe, et qu’ils s’y sentent au chaud : c’est ce qui leur donne l’illusion qu’ils ne sont pas seuls au monde alors qu’ils le sont absolument — de la naissance à la mort —, et sans se rendre compte qu’il n’y a personne avec soi, jamais.  

On met toujours en valeur les mêmes figures féminines positives ou négatives : Ève ; Nana ; Lolita… Et on oublie la principale bien sûr : Pandora ! Toutes les femmes ne sont pas des èves, des nanas ou des lolitas, d’accord, mais toutes sont des pandoras.

Avant, on disait « Pauvre France ! » ; maintenant il faut dire « France pauvre… ».

Ô Combien j’en ai vu, dans leur jeunesse, s’enthousiasmer à outrance, être prêts à tout donner pour rester dans la Beauté, l’Art, jurer de ne s’intéresser qu’aux grandes choses, tout foufous tout flammes, puis peu à peu, se laisser démolir par la vie sociale et ses obligations… Leurs déceptions, dissoutes en de pitoyables complaisances, les a confortés dans l’idée que finalement, c’est cette beauté qui les avait mal aiguillés et qu’il fallait donc la quitter… Sale beauté ! Allez, hop, au panier, toutes ces lectures géniales, ce goût pour le sublime, ces quêtes d’absolu, ces aspirations au Vrai ! C’est ça, au fond, qui les a empêchés de comprendre que la vraie vie était ailleurs… Mais pas comme Rimbaud l’entendait, dans le sens inverse même. Voilà pourquoi un quadragénaire aujourd’hui n’a plus rien à foutre du jeune homme de 20 ans qu’il avait été, jadis excité par la perspective de voir les choses en beau toute sa vie, promis craché. Au contraire, désormais, il se vautre dans le laid, il prend toute la journée des bains de laid, pour se « purifier » de sa propre jeunesse, en disant que ce n’est pas sa faute, qu’ « il faut bien vivre », etc. Ne jamais quitter la beauté, quels que soient ses soucis et ses problèmes, est une croisade personnelle qu’il faut mener pour ne jamais trahir ses rêves de jeunesse. Qui quitte la beauté ne mérite plus de vivre, mais de survivre. C’est d’ailleurs ce que la plupart font.

Décidément, les « humoristes » de France Inter ou Radio Nova (c’est pareil) n’ont non seulement aucune impertinence, mais aucune pertinence ; ils recrachent la bouillie qu’on leur a mis dans la tête depuis qu’ils sont gosses, exactement comme celle qu’on donnait aux bébés sur leur chaise haute… À l’époque, il y avait une marque, c’était la Blédine : c’est ça : ce qu’ils vomissent en se croyant drôles, c’est de la blédine politique et historique. Guillaume Meurice qui traite de Netanyahou de « nazi sans prépuce » ou Pierre-Emmanuel Barré qui traite la police de « Daech avec la sécurité de l’emploi », c’est de la vanne prémâchée. Ils emploient une comparaison qui est fondée sur l’ignorance de ce qu’est le nazisme et de ce qu’est Daech. Voilà par où le baba blesse, car ils restent des babas cool pour qui le Mal est représenté, avec une « scintillante banalité », comme dit Knut Hamsun dans La Dernière joie traduite par Régis Boyer (« allez, clic clic clic clic, ô internet, renseigne-moi sur ce que M. Nabe vient de me faire découvrir à l’instant !), par Hitler ou l’ÉI… Finalement, les deux copains virés de France Inter qui se retrouvent employés de Matthieu Pigasse veulent insulter la police et Netanyahou, mais ils ont besoin pour ça des clichés bien-pensants les plus élimés. L’humour et la force auraient été de trouver de nouveaux curseurs pour attaquer l’ignoble Bibi de Tel Aviv et les gros cons de flics qui abusent du pouvoir de leur matraque. Mais de ça, toute cette bande de sinistres marrants est incapable.

Ce qu’on peut, ce qu’on doit apprendre de Rimbaud, c’est aussi sa technique romanesque du récit. Par exemple, dans son poème Les Reparties de Nina, pourquoi le titre est au pluriel ? On peut se dire que la raison est très simple : si Arthur avait mis ça au singulier, on se serait attendu à ce qu’il n’y ait qu’une seule repartie et on serait allé vite à la fin du poème pour la comprendre, (quand Nina dit « Et mon bureau ? »). Mais surtout, le pluriel, généralise l’idée que sa copine Nina est complètement débile, et qu’elle ne pense toujours qu’au matérialisme, même après toutes les images de rêves idylliques que son romantique amant lui a projetées. Ça signifie qu’elle en a eu plein d’autres, des « réparties » de ce genre, en dehors du poème qui s’appelle Les Reparties de Nina, et c’est beaucoup mieux. D’ailleurs, l’utilisation du pluriel par Rimbaud est systématiquement impressionnante par sa technicité, je l’ai remarqué souvent, c’est comme Les Déserts de l’amour dont on parlera une prochaine fois.

Nous vivons dans un arc-en-ciel de chaos.

Paul Cézanne

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°47 – 24 novembre 2025

Pourquoi Aymeric Caron est méprisable ? Parce qu’il lui a fallu — il l’avoue lui-même — un « génocide » pour qu’il prenne conscience de la saloperie des gens qu’il côtoyait dans les médias et pour qu’il dise, monsieur, qu’il ne veut plus les voir parce qu’ils ont observé un silence ignominieux depuis deux ans sur Gaza… Espèce de gris con, c’est honteux que tu aies attendu qu’il y ait 70 000 morts en Palestine pour t’apercevoir que tu avais été un poisson mort ballotté dans l’eau pourrie d’un aquarium puant ! Tu as été complice à 100 % de ce milieu horrible dont tu as profité, de cette médiatisation qui t’a fait sortir de l’ombre alors que tu étais juste un obscur reporter de Canal + qui gagnait sa croûte en faisant des reportages insipides sur l’Irak ou le Liban… Oui ! C’est grâce à Ruquier que Caron est devenu « quelqu’un ». On ne fait pas pire cracheur dans la soupe que cet opportuniste qui avoue sa lâcheté en admettant que c’est le 7-Octobre qui lui a fait comprendre qu’il avait été juste un con et une pute qui en avait bien croqué, qui se régalait à se marrer avec ses potes de télé, traitant sans scrupule les autres d’« antisémites », et maintenant, ça lui revient en boomerang dans sa gueule de minable aigri et pleurnichard ! Jamais, Aymeric (quel prénom con !) ne se remet en question et essaye d’analyser pourquoi à l’époque il était avec ces gens-là, et participait à leurs différents hallalis contre les esprits libres. Caron préfère se concentrer sur son « avenir » de député et faire passer le message suivant : « Avant, c’était normal que je sois un connard puisqu’il n’y avait pas eu encore le génocide ! » Le massacre des Gazaouis lui sert à se trouver des excuses pour avoir été une merde humaine condamnable, mais inconsciente, du temps de sa gloire : voilà la vérité.

La seule satisfaction qu’on pourrait retirer de la libération de Boualem Sansal, grâcié après un an d’emprisonnement en Algérie, c’est que la France n’y a été pour rien ! C’est l’Allemagne qui a sorti le traître des geôles de son pays renié ; trop drôle ! Bravo, les boches ! Et très bien joué de la part du Président Tebboune qui a montré qu’il n’était pas contre cette grâce en soi (on peut gracier n’importe qui mais pas à la demande de n’importe qui !)… C’est à Berlin que la collabique chevrotante Sansal a atterri. Macron n’a pas récupéré lui-même le « Franco-Algérien » (rien que le terme !), il n’a pas pu le tirer personnellement par son ridicule catogan gris comme par la queue d’un âne… Pouah, l’âne au sang sale ! C’est donc par la toute petite porte que Boualem Sansal est rentré à Paris. Tout le monde s’en fout sauf La Grande Librairie, l’émission « culturelle » de défense des livres et de haine de la littérature animée par Augustin Chausse-Trapenard qui fait tomber chaque semaine dans son trou de son cul les plus vilaines bestioles des Lettres. Émission spéciale « Mafia Gallimard » pour une nouvelle couche de sanctification de Sansal (la première, c’était quand il était en prison ; la deuxième, c’est quand il en sort ; une troisième viendra quand il mourra)… Il y avait Kamel Daoud, faux prophète propret avec ses formules toutes faites pseudo-imagées ; Abnousse Shalmani, la frisée sans lardons qui vend sa salade laïque à la sauce iranienne, et qui a comparé Boualem à Soljenitsyne et à Sade (sic) ; Daniel Pennac, à la voix si métalliquement professorale, qui, lui, a osé dire : « On a affaire réellement à un écrivain qui sera reconnu un jour comme un écrivain universel »… Jean-Marie Laclavetine a loué « la puissance de son œuvre » comparable à celle de Rabelais ; Florence Aubenas voit en Sansal « un enfant », un Rimbaud… Pour Antoine Gallimard, son auteur-caution arabe dans « la Blanche » est « un roc », et de toute façon (c’est la meilleure) : « On n’enferme pas un écrivain »… Et moi ? Je suis enfermé depuis 40 ans dans la cellule du boycott ! Tous soulignaient la « douceur du visage » de « Boualem »… Une « lumière » pour Trapenard… Avec sa tête de vieille tafiole à lunettes et à la voix sourde qui mange ses mots ?… Putain, mais ils ne savent pas lire un visage humain ou quoi ? Un bon lèche-anus tricolore, judéophile, pro-Kabyle, flicophile, etc., etc. Mais ce qui définit le mieux Boualem Sansal finalement, c’est son comité de soutien… Il faut voir la liste… C’est à s’arracher les poils du pubis ! « Comité de soutien présidé par Catherine Camus, fille d’Albert Camus » (tout est dit)… Avec, par ordre analphabétique : Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre, ancien député-maire de Nantes (insulteur de Depardieu) ; Tristane Banon, écrivaine (allumeuse de DSK) ; Charles Beigbeder (frère de con et con lui-même) ; François-Xavier Bellamy, député européen (pédale catho) ; Georges-Marc Benamou, producteur, écrivain et journaliste (éclateur de la rétine gauche de Marc-Édouard Nabe) ; Georges Bensoussan, historien (grand prêtre du sionisme pied-noir médiatisé) ; Aurore Bergé, députée des Yvelines (coupeuse de couilles des influenceurs sur TikTok et grande copine de Netanyahou) ; Philippe Bilger, essayiste, ancien magistrat (zozoteur envoyeur en prison reconverti en chroniqueur sur CNews) ; Jeannette Bougrab, ancienne secrétaire d’État chargée de la Jeunesse, juriste et essayiste (suceuse de feu Charb) ; José Bové, paysan, ancien syndicaliste agricole et député européen (moustachu qui a toujours sa moustache mais plus ses roustons) ; Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale (« ainsi Sion Sion Sion mes petites marionnettes ! ») ; Élie Chouraqui, cinéaste (balai de chiotte au long manche) ; André Comte-Sponville, philosophe (phraseur à la guimauve débile) ; Alexandre Devecchio, rédacteur en chef du service débats au Figaro (mauvais baiseur de Noémie Halioua) ; Jean-Marc Dumontet, directeur de théâtres (coach de la mouche macroneuse) ; Raphaël Enthoven, philosophe, essayiste (parricide la bonne soupe !) ; Christian Estrosi, maire de Nice, président délégué du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (cocu qui s’est fait piquer sa femme par Sarkozy sans rien dire) ; Luc Ferry, philosophe, essayiste, ancien ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche (stupide partenaire de joute télévisée de Dany Cohn-Bendit) ; François Fillon (costumier tricheur) ; Alain Finkielkraut, philosophe, membre de l’Académie française (extrême sionard borgne sur les nerfs) ; Marcel Gauchet (grabataire intellectuel) ; Franz-Olivier Giesbert, éditorialiste, journaliste, écrivain (complètement retourné) ; Noémie Halioua, journaliste (mal baisée par Devecchio) ; Vincent Hervouët, journaliste (rongeur de son frein jusqu’au sang sur le plateau de Praud) ; Anne Hidalgo, maire de Paris (vandale urbaine) ; François Hollande, ancien président de la République (responsable des attentats du 13 novembre) ; Alexandre Jardin, écrivain (ex-jeune best-seller menteur devenu vieux gros goret démago) ; Gilles Kepel, politologue (incompétent en islamologie) ; Rachel Khan, écrivaine (fausse Noire, fausse Juive, fausse actrice, vraie conne) ; Arno Klarsfeld, conseiller d’État, avocat (« fils de »  « mère de » et de « père de ») ; Beate Klarsfeld, journaliste, militante (« mère de » « fils de » et femme de « père de ») ; Serge Klarsfeld, historien et avocat (« père de » « fils de » et mari de « mère de »… bref, tous merdeux) ; Daniel Leconte, cinéaste (plus « Charlie » que lui, tumeur au cerveau servile) ; Élisabeth Lévy, journaliste, essayiste (vieille petite fille alcoolo-hystéro-sioniste) ; Sonia Mabrouk, journaliste (qui a pris son pied à l’étrier avec Elkabbach) ; Joseph Macé-Scaron, journaliste et essayiste (tata barbue indignée en permanence) ; Richard Malka, avocat (l’homme qui sourit à la mort) ; Éric Marty, écrivain et universitaire (cracheur sur la tombe de Jean Genet) ; Edgar Morin, sociologue et philosophe (ignoble centenaire toujours vivant) ; Michel Onfray, philosophe et essayiste (et pauvre type) ; Natacha Polony, journaliste et essayiste (perruche de droite) ; Michaël Prazan, réalisateur et écrivain (rat anti-Nabe) ; Olivier Rolin, écrivain (ex-soixante-huitard plat comme les non seins de Jane Birkin) ; Nicolas Sarkozy, ancien président de la République (ex-taulard innocent sur les mains, levez la droite et dites : « je le jure ! ») ; Pierre-André Taguieff, philosophe et politologue (anti-Céline pathologique) ; Manuel Valls, ancien Premier ministre (matador m’as-tu-vu archi-pro-Israël)… À votre avis, qu’est-ce qui réunit tout ce beauf monde ? Quel est leur point dégoulinant commun ? Allons ! C’est qu’ils sont tous arabophobes !

Le général Fabien Mandon, face aux maires de France, a lancé une solennelle alerte sur la forte probabilité que Poutine se prépare à déclencher la guerre à la France vers 2030… La rampouille, sans doute avec l’aval de cette couleuvre de Macron, a bien foutu la trouille à tous en exhortant les Français à retrouver leur « force d’âme » (sic) et à accepter de « perdre des enfants » (sic bis) pour combattre la Russie le cas échéant, à courte échéance. Tollé général bien sûr de la part des « de gauche » qui aujourd’hui se prennent pour des pacifistes héritiers d’Henri Barbusse, ou plutôt de Marcel Déat, et tollé presque similaire chez les extrêmes droitards qui, eux aussi, brocardent l’exhortation martiale de Mandon, mais pour cacher qu’au fond ils détestent l’Ukraine et adorent Poutine, et ne veulent pas qu’on le titille jusqu’à ce qu’il se décide à faire panpan cucul, d’abord aux pays baltes, à la Lituanie puis à la Pologne, ce qui « otanement » parlant enclencherait une guerre mondiale du genre de la deuxième… « Allez-vous faire foutre tous ! » a-t-on envie de dire à ces faux pacifistes unifiés ! Le vrai pacifisme, ce n’est pas ça. On doit être contre la guerre pour de bonnes raisons. Pas par peur de l’agresseur ou par peur de devenir son collabo. Bien sûr, Mandon est un va-t-en-guerre, mais quand il parlait des « enfants », il ne songeait pas aux civils à mobiliser pour les conscrire, mais à des engagés volontaires, qui ne méritent aucun respect ni compassion, ces jeunes cons qui choisiront de s’engager comme des larves patriotiques. Et ça tombe juste au moment où Macron signe avec Zelensky une « déclaration d’intention » pour que la France refile des Rafale en rafale (100 zincs), huit systèmes de défense aérienne SAMP-T nouvelle génération, des bombes propulsées (AASM Hammer) et des drones d’observation, d’attaque ou d’interception (et avec ceci ?) à l’Ukrainien cracra… Il s’agit pour l’armée ukrainienne, d’être « en capacité de dissuader toute nouvelle incursion, une fois la paix ou un cessez-le-feu conclu », a ajouté Macron… Après bourrades, embrassades, bisous de tapettes à l’appui, la signature ukraino-macronienne s’est finie en récré au mont Valérien sur presque tout pour évaluer les besoins militaires de cette petite Russie, province éternelle ingrate de l’ours russkoff. Cet accord est beaucoup plus grave que le discours de la ganache fantasmante Mandon qui voulait faire peur aux petits enfants des maires de famille. En plus, huit milliards, ça va coûter, mais l’Ukraine n’a pas d’argent, voyons… Alors, qui va payer ? Dassault veut son fric ? Les descendants de Marcel attendront ! Macron propose un « endettement commun » par l’Union européenne pour réunir la somme que l’Ukraine remboursera après. Les Allemands tirent un peu la gueule, mais OK : « la coalition des volontaires » accepte d’aider les Ukrainiens à repousser militairement les Russes envahisseurs…Volodymyr n’arrête pas de bander : « C’est un accord historique et nous apprécions beaucoup le soutien de la France. » Attention ! Il a bien été dit que cette tractation et le discours de Mandon ne sont que deux projections dans l’avenir. L’armement pour l’Ukraine, c’est pour plus tard, et la guerre, on n’a fait que l’évoquer, rassurez-vous, bonnes gens de merde, enculés du futur ! C’est juste des ‘‘garanties de sécurité’’ »… Mon cul ! La « garantie de sécurité », c’est la parfaite pancarte pour indiquer la direction de la guerre ! C’est par là, c’est tout droit, oui, dans le mur là-bas ! Certains murmurent même que Macron pousse absolument à la guerre pour pouvoir rester Président, ce salaud… Inutile forcing ! La sortie de Mandon pour secouer les Français et leur faire comprendre qu’il faut « préparer la guerre pour maintenir la paix », car « c’est en n’étant pas faibles qu’on se montre forts », était superflue. C’est elle, l’armée et son représentant, qui se sont montrés faibles en cherchant à provoquer un électrochoc de patriotisme, de peur que ça ne suive pas dans les tranchées ensuite… Aucun problème, mon général, les Français, particulièrement les jeunes (61 % des moins de 25 ans), sont déjà tellement cons qu’ils seront immédiatement prêts à s’engager en masse pour défendre leur pays contre les vilains moujiks assoiffés de sang et de vin qui iront à coup sûr fêter leurs exactions dans les endroits qu’ils ont, dit-on, baptisés eux-mêmes jadis : les bistrots ! Tout le monde a envie de perdre ses enfants à la guerre, et les enfants eux-mêmes ont très envie d’être perdus dans cette circonstance ! Ça ne sert à rien de s’indigner de la parole de Mandon qui veut que la France se fasse à l’idée de partir à la guerre, car tout le monde est d’accord pour la faire, sa putain de guerre. Y compris ceux qui disent aujourd’hui qu’il n’y a aucun risque que la Russie attaque la France, compris ? D’ailleurs, même si ça arrivait, qui vous dit que la France le prendrait mal ? En 1814, ça s’était très bien passé…

Vous n’allez quand même pas me dire que vous ne savez pas ce qui s’est passé en France en 1814 ! J’en ai marre de tout vous expliquer ! Napoléon, ça vous dit quelque chose ? Alexandre 1er, rien non plus ? Je ne suis pas votre papa et internet n’est pas votre maman ; on n’est pas en couple avec Google pour vous apprendre la vie et l’Histoire qui va avec ! Bref, après la bataille de Paris du 31 mars 1814, gagnée par les Russes, Napoléon est revenu de Saint-Dizier où il continuait à vouloir guerroyer contre un petit résidu de front russe ; mais trop tard… Coup de génie stratégique d’Alex’ the first : envahir la France plutôt que continuer le combat contre elle à l’est. 60 000 hommes entrent à Paris, et le petit Corse doit abdiquer via Fontainebleau à l’île d’Elbe direct. Pendant ce temps, les alliés anti-Napoléon — Autrichiens, Prussiens, Anglais, Suédois (tous ceux qui l’ont trahi) — se régalent à occuper la capitale, mais c’est surtout les Russes qui impressionnent et, vous le croirez ou non, particulièrement les Cosaques… Késako, les Cosaques ? Contrairement à la réputation qu’ils avaient d’ogres moustacheux en toques de fourrure, bottes rouges et couteau entre les dents, ce sont ces Russes-là qui ont tapé le plus dans l’œil des Français, et surtout des Françaises quand elles les ont vus laver leurs chevaux et eux-mêmes, nus, à dada dans la Seine, musclés et joyeux, déconneurs, ivres avec des bites de 2 km de long et de grosses couilles plus poilues encore que leurs chapkas… Les Françaises ont craqué : ç’a été du viol à l’envers ! Combien de pimbêches et de bourgeoises des beaux quartiers ont sauté au paf de ces Cosaques en rut et même sans doute à celui de leurs chevaux ? On n’a pas le chiffre. Il a fallu réfréner ces salopes. C’était une véritable attraction d’aller voir les Cosaques dans leurs bivouacs installés dans les jardins des Champs-Élysées. C’était comme un zoo de zobs sauvages que leur campement était visité… Les Parisiennes, après avoir fait leur choix, entraînaient les gaillards aux barbes viriles, aux caftans laineux, aux poignards glissés dans les ceintures et aux amples pantalons spécial fourrage de mains diaphanes par la braguette, dans les cafés alentour… Leur grande plume dressée en haut de leur chapeau, les Russes allaient des nuits entières avec ces dames faire la bamboulaski… Vite oublié, le Napoléon et ses grognards frustes et rustres, sales, et rentrés aux bercails la queue entre les jambes après tant de campagnes douloureuses ! Il faut dire aussi que les Russes se sont très bien comportés, les Cosaques de la garde comme les officiers gradés en grande tenue, qui parlaient parfaitement français (ça ne vous rappelle personne ?). « Les Cosaques ne sont méchants que dans les gazettes », on disait. En effet, ce n’étaient pas des bouffeurs d’enfants selon le cliché ; tout au plus des bouffeurs de toutes les carpes géantes du lac de Vincennes !… Ce furent plutôt eux, les Russes, qui étaient choqués par le comportement des Français ; il y en a un qui l’a bien raconté dans ses mémoires : « Les Français d’aujourd’hui ressemblent aux compagnons d’Ulysse transformés en porcs et se plaignent que l’on veut les rendre humains encore »… Excellente définition du Français, et qui, à mon sens, n’a pas pris une ridule : d’anciens humains transformés en porcs mais qui surtout ne veulent pas revenir à leur état primordial !… L’occupant russe a été plus que bienvenu… Et ça n’a duré que six semaines. Un seul printemps, et pas du tout de feu. Un mois et demi, c’est pas la mer de vodka à boire ! Napoléon avait trop appauvri et affamé son peuple, il était haï en 1814. Même les Russes admiraient plus Napoléon que les Français ! Voilà pourquoi les troupes d’Alexandre ont été reçues comme des libérateurs de Napoléon ; les royalistes (mais pas que) les attendaient avec impatience pour qu’ils replacent un Bourbon à la tête du pays. « Restauration des lys » ! Le colla-pied-bot Talleyrand accueille le Tsar et discute avec lui d’une monarchie tempérée. Une fois que Louis XVIII fut installé, les Russes se sont barrés, mais ou le frère de Louis XVI était trop lourd, ou le trône trop fragile, toujours est-il que ça s’est effondré assez vite… Une petite année à peine avant que Napoléon ne s’évade d’Elbe et resurgisse… C’est l’empereur du Loch Ness ! Et ce sont les 100 jours ! Une seule solution s’offre à Napoléon pour essayer de reprendre la main : refaire la guerre. On est en 1815, c’est Waterloo qu’il n’avait pas le choix de faire ou de ne pas faire, toute l’Europe étant à ses trousses. Défaite et re-exil, à Sainte-Hélène cette fois, et c’est à ce moment-là qu’il y a eu le retour de l’armée d’occupation russe. C’était conclu dans le dur traité de Paris : il fallait une force militaire alliée de 150 000 soldats sur son territoire occupé pour 3 ans… Pendant cette seconde période, les Russes devaient servir de surveilleurs, régulateurs, modérateurs, mais ils ne se sont pas comportés aussi bien que la première fois… C’est même dans les Ardennes qu’ils se sont le plus déchaînés, vers Rocroi, Vouziers… Givet, Revin en ont encore mal au cul aujourd’hui… Tout ça pour dire que si les Russes envahissaient la France en 2030, les Français seraient les premiers à collaborer avec enthousiasme et zèle… On connaît la mentalité française qui donc ne date pas de 1940. La différence c’est qu’en 40, ça avait mis Pétain dans un fauteuil alors que demain, ça chasserait Macron du sien. C’est dans ces conditions-là que moi-même serais d’accord pour la présence des Russes à Paris, si, comme en 1814, elle provoquait l’abdication immédiate de son chef (Macronléon)…  Je dis que s’il faut ça pour changer de pouvoir, alors, d’accord pour les Russes ! Venez les Cosaques, on vous attend, et avec le Saint-Esprit comme disait l’autre !

Un jour, la peur frappa à la porte. Le courage se leva et alla lui ouvrir, mais il n’y avait plus personne.

Goethe

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°46 – 17 novembre 2025

Sarko Circus. Il est sorti, ce con ! Et plus tôt que prévu… Pourtant, ce 10 novembre 2025 au matin, personne n’était très optimiste sur sa libération… Carla Bruni, lunettes noires, rarement plus élégante et méprisante, mais digne et hautaine, tirait la gueule alors que tout laissait penser que la cour d’appel allait autoriser la levée d’écrou de son chéri bibi dans la journée… Peut-être que c’est ça qui la contrariait justement : récupérer le gnome. Gnome sweet home ! Premier raté : alors que tous les 11 novembre, en tant qu’ancien Président, Sarkozy va sur les Champs-Élysées rendre hommage aux victimes de la guerre de 14, cette année, il a posé un lapin bleu blanc rouge au Soldat inconnu, pire que s’il avait pissé sur sa flamme ! Soi-disant, il ne voulait pas troubler la cérémonie car on n’y aurait vu que lui… Et mon œil, c’est du poulet ? Comme si c’était la vraie raison ! Il ne rêvait que de ça : être la star de l’Armistice ! Non, si Sarkozy ne s’est pas déplacé, c’est pour marquer sa désapprobation envers cette France à qui il a tant donné et qui n’a fait que lui renvoyer de la merde jusqu’à l’emprisonner. Cet orgueilleux n’a pas vu que c’était son intérêt de se montrer là-bas, au contraire, à visage découvert, un peu fatigué par l’épreuve, mais prouvant ainsi qu’il restait un grand Français et qu’il ne quittait pas son rang pour si peu ! En plus, ça forçait Macron à lui serrer la main au milieu des autres huiles. Il y avait même là-dedans une pointe d’humour vraiment drôle : le type qui sort de prison et qui, dès le lendemain, est sous l’Arc de Triomphe, avec les officiels, comme si de rien n’était ! « Même pas mal ! ». Plus fort que Jean Valjean (plus rapide en tout cas) ! Alas, le bagnard désenchaîné a choisi d’aller courir comme un abruti septuagénaire en short, pour garder la forme. Et garder le fond, tu y as pensé, Nico ?… Second raté : toujours ce 11 novembre, après son footing, il va déjeuner au Flandrin (œuf mayonnaise = 16 €) comme après son élection de 2007 il avait dormi au Fouquet’s !… Que d’erreurs ! C’est donc là, au Flandrin qu’on l’a vu, visiblement mécontent d’être filmé, et ovationné à l’entrée, dedans et à la sortie. « Que justice soit faite ! » criait une vieille bourge en cours de pourriture. « Félicitations ! » clamait sa copine liftée par un boucher du Trocadéro… Félicitations de quoi ? Mauvaise stratégie, Sarko, encore une fois… Lors de son apparition en visiophone devant la cour d’appel du vieux Palais de Justice où il attendait d’apprendre à quelle sauce il allait être mangé, Sarkozy a dit que son séjour à la Santé avait été « éreintant », que c’était un « cauchemar »… Pourquoi n’a-t-il pas, dès sa libération, parlé publiquement et plus longuement de la prison, lui qui était si leste pour y envoyer les autres ? Ça, ç’aurait été la classe ! Une conférence de presse de deux heures où il expliquait très exactement ce qu’il avait vécu, enfermé dans sa cellule, ce qu’étaient les conditions que lui comme les autres prisonniers subissent, concassés par un système moyenâgeux, inhumain, humiliatoire et répressif, à l’encontre totale de la mission de détention à but soi-disant réinsertionnel dont l’administration pénitentiaire fait semblant de s’enorgueillir. Au lieu de ça, Sarkozy remercie les matons d’avoir été sympas avec lui ! En vérité, je vous le dis : ça ne mérite que ça, un être humain : d’être puni.

Autre punition : il y a des punaises de lit à la Cinémathèque française ! J’ai jamais plus blairer cette sous-lecorbusièrerie ratée quasiment sise, sic !, en plein « Jardin Yitzhak-Rabin », dans le 12e… Un déchet sur une pelouse. Rien à voir avec la Cinémathèque de Chaillot, ce bijou encastré dans le Troca pendant 70 ans ! Depuis l’ouverture des portes de la nouvelle à Bercy en 2005, tous les jours, feu le gros Henri Langlois doit se retourner dans la couchette de son train arrivant en gare de La Ciotat… Vingt ans après, les rats cinéphiles sortent de sa salle en panique : « J’ai été totalement bouffé »… « Mon ami qui avait un jean clair a vu des taches se déplacer. Il en a écrasé une et on s’est rendu compte qu’il s’agissait de punaises de lit. Sur les deux premiers rangs, c’était l’hécatombe. Toutes les personnes ont été piquées ». Bravo, elle est belle, l’hygiène culturelle institutionnelle ! Sus à l’infestation ! Il faut désinfecter tout ça, le protocole est lancé, on va envoyer des « chiens détecteurs et un traitement à la vapeur sèche à 180 °C seront effectués chaque semaine »… Alors qu’un punaisé se plaignait de la malpropreté des fauteuils et strapontins, « le directeur de la Cinémathèque » n’a rien trouvé de mieux que de lui tourner le dos (car il avait un lumbago) en lui conseillant seulement d’envoyer un mail de réclamation… Je le connais moi, le directeur de la Cinémathèque, c’est Frédéric Bonnaud, et rien d’étonnant : il ne sait faire que ça, tourner le dos… La dernière fois, c’était lorsque sa maison a été attaquée par d’autres punaises de lit, les pseudo-féministes de la commission d’enquête relative aux violences commises dans le secteur du cinéma à l’Assemblée nationale où il avait été convoqué avec son président, le vieux Costa-Gavras et son programmateur Jean-François Rauger… Avant eux, Serge Toubiana,  à qui Bonnaud a succédé, lui aussi avait dû venir s’expliquer devant ce prétoire ovarien d’inquisitrices (et d’inquisiteurs) pro-MeToo… Serge n’avait pas fait meilleure figure que ses successeurs à la tête de la Cinémathèque, tous paralysés par les injonctions aigres pas douces des maîtresses d’école Sandrine Rousseau et Sarah Legrain, et par les menaces du rapporteur (le bien nommé) Erwan Balanant, un soumis cradingue chargé de raser les derniers poils de couilles autocoupées de ses co-Homo (les bien nommés également) sapiens cités à ces procès insensés d’injustice, d’inculture et d’antiartistisme ! On a même vu cette petite chose si sensible d’Erwann pleurer devant la tapée Judith Godrèche tellement elle l’émouvait en racontant ses malheurs de malmenée par les méchants bonshommes que dans sa jeunesse elle avait allumés avec son clito, tel un petit cierge planté en mémoire de quiqui on sait, et que ceux-là, au bout d’un moment, s’étaient résolus de souffler, ce qui l’avait éteinte entièrement et qu’elle ne leur pardonnait toujours pas 40 ans plus tard… Bref, à l’Assemblée, les punaises de films attendaient au tournant les responsables de la Cinémathèque pour les attaquer, sans que ça ne les démangeât pour autant, vu l’inertie dont ils firent preuve… Il fallait les voir tous les quatre, comme des garçonnets qui n’avaient jamais rien fait de leur vie (alors que ce n’est pas le cas), acceptant de répondre poliment à toutes les mauvaises questions concernant leur métier, essayant de scier les préjugés-pilotis de ces espèces de bungalows mongolos dont avaient l’air leurs accusatrices qui flottaient sur l’estrade devant eux… Ah ! Ils ont eu droit à tout : complices du machisme dans le cinéma, encourageurs d’abus de pouvoir, renforceurs du patriarcat dans une société si évoluée comme la nôtre où les femmes enfin ont la parole pour ne déblatérer évidemment rien d’autre que des vérités au sujet des hommes, ces monstres qui ont systématiquement abusé d’elles depuis Cro-Magnon, c’est-y pas mignon ? Bon. Je reviendrai longuement sur tout cela dans mon Patience 5, mais de voir la Cinémathèque de Toubiana, Bonnaud, Rauger et Costa dévorée par les punaises de lit ne pouvait que me remettre en mémoire leur prestation lamentable de chiens pas du tout détecteurs et couchés devant la vestale d’EELV Sandrine Rousseau, tançant ces pauvres employés culturels payés par l’État qui avaient eu le malheur de programmer fin 2025 Le Dernier Tango à Paris sans le contextualiser, ou bien de maintenir la rétrospective Polanski en 2017 malgré les manifestations des « demi-folles » qui avaient tant effrayé le bouledogue Bonnaud… Peine perdue ! Ces grands défenseurs de l’art cinématographique n’ont même pas été félicités pour avoir annulé lâchement la rétrospective Jean-Claude Brisseau en 2018, ce qui l’a tué ! Du « Je le jure » inaugural aux multiples tentatives oiseuses pour démontrer leur respect de toujours pour les femmes, ces faux-culs (potes de Doillon et Jacquot comme Bonnaud) n’arrêtaient pas de se justifier et de mentir pour sauver je ne sais laquelle de leurs peaux (ils en ont tellement pour couvrir leur servitude), et pour montrer qu’ils n’avaient jamais eu les mains baladeuses et qu’elles étaient désormais moites à force de prendre des gants avec ces punaises d’hallali qui les piquaient à qui mieux mieux, sans qu’ils aient le courage de les écraser, lors de leurs auditions à l’Assemblée diffusées sur YouTube.

« Commémoration des dix ans du 13 novembre. Ça a commencé le matin, par le Stade de France, devant la porte D où il y a eu un premier mort « tué par une bombe ». Ils oublient de dire que la « bombe » était humaine, et que la victime n’a pas été « exécutée » mais soufflée par la force de la ceinture explosive avec laquelle un des terroristes s’est fait sauter : c’est quand même lui qui est mort d’abord ! On distingue déjà Valls, Pécresse, Lecornu, Coquerel, Braun-Pivet, Hollande, Hidalgo, Darmanin… Drapeaux ; écharpes tricolores ; costumes serrés ou boudinant pour Hollande… Au premier rang, Arthur Dénouveaux, le sinistre barbu concon passe-partout chouchou des médias. C’est lui qui a sauvé les membres de l’orchestre de rock qui se produisaient au Bataclan ce soir-là en les faisant s’enfuir avec lui de la salle ; c’est sans doute son plus grand crime ! Arthur Dénouveaux (quel nom ! on y entend désagréablement ceux de Rimbaud et de Germain Nouveau !) ne suit pas le mouvement, c’est lui qui l’a initié… Président de l’association de victimes Life for Paris, il vient de publier Vivre après le Bataclan (moi j’aurais plutôt appelé ça Exister grâce au Bataclan !). Dénouveaux talonne les Macrons, il est leur porte-bouquet-de-fleurs comme d’autres ont été portes-valises… Les voilà maintenant tous arrivés au lieu maudit des « Terrasses », devant les bars Le Carillon et Le Petit Cambodge ; et allez, une minute de silence devant une plaque contre un mur avec les noms des « 13 fauchés en ces lieux ». Après, c’est la détente : on voit Yaël Braun-Pivet hilare avec Darmanin (il y a de quoi rire, en effet) ; Valls, lui, se marre avec Nuñez des bons mots que leur balance Hollande. Et c’est le déplacement de toute la bande à La Bonne Bière… Putain, ils refont tout le parcours des terros, pareil, mais sans les couilles ! Les voici au Comptoir Voltaire ; là, ils se recueillent devant un arbre dans un trou de verdure (revoici Rimbaud). Et une gerbe de fleurs, une ! Nouvelle minute de silence. Ah, ils s’en seront tapé, des minutes de silence, ces huiles de friture insincères… La minute de silence, c’est comme un œuf qu’on casse : toute la glaire et le jaune s’échappent et coule sur le trottoir… Pouah ! pour ne pas dire Beurk !… Après, c’est le tour de La Belle Équipe, et sur un mur, en face, à nouveau une plaque aux noms des victimes. Ça ne dit rien à personne sauf à leurs familles, et encore ! Quel père ou quelle mère peut se targuer de connaître vraiment qui était son fils ou sa fille ? Re-gerbe de fleurs ! Gerbes sur gerbes : c’est à gerber. On place ses mains devant sa bite, on ploie sous le poids de la douleur « ressentie » pour les autres ; Macron et sa femme sourient aux anges (les anges, ce sont les kalachnikovisés ailés !)… Enfin, la colonne atteint le Bataclan, terre promise ! C’est le gros morceau… En ces lieux, 90 personnes sont mortes assassinées, et gnagnagna… On va pas encore se taper toute la liste des noms ? Eh bien, si, les 92, même : Fabrice Machintruc…Thomas Machinchose… Mathias Trucmachin…  Marina Chosetruc… Macron, en pleine fausse empathie, crispe ses maxillaires ornés de ses pattes de rastaquouère toréador pédé qui lui descendent jusque sur les joues, il a l’air de souffrir, mais tout est joué chez lui : il joue à l’humain… Là, Philippe Duperron, le second patron d’associations de victimes, la « 13ONZE15- Fraternité et Vérité » (sic), père con d’un fils con qui adorait le rock et qui en est mort, se met à chialer sans pudeur… Aujourd’hui, c’est ça qui est considéré comme la « vraie » pudeur : oser pleurer en public… Quel cinéma ! Blablataclan ! Tous se régalent, c’est évident, il y a Barnier, Molins, Nuñez… Et le soir, c’est l’apothéose, place Saint-Gervais, derrière l’Hôtel de ville, et devant une ancienne junglette en friche transformée en « Jardin du souvenir » (pourquoi pas des supplices ?). Avant le show froid, Emmanuelle et Brigit vont serrer les pinces de leurs invités-homards. On voit Delphine Ernotte (pourquoi elle est là ?), Francis Szpiner qui se fait embrasser par madame Macron, Raphaël Glucksmann au deuxième rang qui est tout frétillant parce que Macron l’a salué d’un coup de tête ; et Tony Estanguet, le Monsieur Musclor des JO… Il ne manque que Thomas Jolly ! Quel rapport avec Salah Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud ? Ah, les cloches de Notre-Dame sonnent. On se disait bien que c’était religieux tout ça ! Sous prétexte de prosternation devant la sainte Laïcité, Emmanuel Macron aura pendant ses deux quinquennats multiplié les fêtes de l’Être suprême, en changeant chaque fois d’être suprême : une fois, c’est Paty ; une fois, c’est Bernard ; une autre, Simone Veil ; Badinter… Une DJ noire aux grandes orgues synthétisées envoie des nappes… Des larmes bleues et rouges coulent de chaque œil sur le visage dessiné en grand d’une Marianne blanche… C’est vraiment la messe en boîte de nuit à ciel ouvert ! Voici le temps des discours larmoyeux. D’abord le père Duperron. Comme aux Césars, suit la projection des photos en noir et blanc des chers disparus fauchés en pleine jeunesse par le méchant terrorisme. Il y a aussi ce pédé d’Eddy de Pretto qui vient sur scène massacrer une belle chanson de Gilbert Bécaud, L’Absent. Puis c’est le sempiternel chapelet des noms des victimes, encore et encore : plusieurs égreneurs se succèdent à la tribune jusqu’à Dénouveaux qui pousse son discours (rien de nouveau : « Aimons-nous ! »)… Musique again, c’est Yarol Poupaud qui s’y colle ! Il fallait que le rock soit représenté. C’est comme Louis Bertignac qui a fait la musique du énième documentaire sinistros sur le « Vendredi noir » d’un certain Daniel Psenny, journaliste au Monde, qui habitait dans le passage derrière le Bataclan où il a assisté de son balcon à la déroute des survivants et des blessés et qui a filmé la fameuse femme enceinte accrochée connement à un rebord de fenêtre, et qui hurlait « Aidez-moi, je vais lâcher ! », avant de se retrouver ensuite otage. Ce Psenny, tour à tour journaleux, riverain, filmeur, secouriste, victime, et documentariste a chié peut-être le pire doc’ sur le V13, dans lequel, comme dans les autres, tout le monde raconte « son » Bataclan. Pour ces dix ans, les témoins sortent de partout, comme des rats des égouts de leurs égos dégoûtants et se confient par petits cris de souris et chuchotements de chochotte. J’ai vu la vidéo d’un dessinateur nul qui disait : « je me sens sali par le sang du terroriste dont j’ai été aspergé »… C’est comme la femme enceinte qui portait donc la vie dans son bide et qui s’est dit tellement heureuse quand l’un des derniers terroristes du Bataclan s’est fait exploser le ventre devant elle, foutant des bouts de tripes mêlées à des boulons et à des écrous dans le plafond du couloir-boyau où elle était séquestrée… Quelle noblesse !… Retour à la céré : l’actrice algérienne Lyna Khoudri (Madame Benzema) a lu ensuite une tartine de Charlotte Delbo, rescapée des camps (quel rapport entre le Bataclan et Birkenau ?), puis c’est le laïus de la Hidalgo dont on se demande si elle n’a pas fait davantage de mal à Paris que Daech !… Jesse Hughes déboule ! Le chanteur des Eagles of Death Metal surgit un micro au poing, sous-Nietzsche blond qui chante comme une patate et pas seulement : ne pas oublier que ce Jesse, dès novembre 2023, a apporté son soutien inconditionnel à Israël pour les huit ans de l’attentat au Bataclan ; il s’est filmé face caméra, devant un drapeau israélien, les larmes coulant sur sa bacchante de beauf du rock (pléonasme) jusqu’à dire : « Attaquer des gens qui célèbrent la musique, la paix et l’amour dans un lieu aussi beau qu’Israël est l’un des pires maux qui soient. » Ici, il est accompagné par « le chœur des 13 », composé exclusivement de rescapés ! C’est les vieux chanteurs à la « croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer » (c’est fait)… Ah ! Voici enfin le grand prêtre ! L’abbé Macron monte en chaire et déroule son insupportable homélie de cureton pseudo-lyrique, livide, plus vieilli que Sarko après 20 jours de taule (c’est dire !). On est là au cœur même du scoutisme robespierrien. Bisous, bougies, poncifs, être-suprêmerie, conneries… Ça ne pouvait finir que par La Marseillaise entonnée par une Noire of course… La Tour Eiffel elle-même en aurait bien rougi, mais trop tard : une partie d’elle est déjà rouge, ainsi que bleue et blanche : ce sont les couleurs qui l’illuminent cette nuit sacrée-là ! Les quatre plus importants s’avancent, ils se tiennent la main (Dénouveaux, Macron, Hidalgo, Duperron) devant le monument minable : un long bloc gris par terre avec marqué dessus Jardin du 13 novembre 2015 ; ils le caressent comme une tombe et c’est — ne riez pas — une nouvelle minute de silence qui est imposée… Orgues et chorale de survivants. Cons et lumières ! Ça tape dans les mains pour ce gospel blanc rock final : « Mon amour est plus fort que ta haine ne le sera jamais ! » Larmes, embrassades, standing ovation… Puis, pour terminer, congratulations désordonnées et bain de foule pour Macroncron… Se rendent-ils compte, tous, qu’ils n’ont commémoré ni le mauvais souvenir de cette nuit dantesque aux cadavres ensanglantés entassés dans la fosse de l’Enfer bataclanique, ni le bon de ceux qui ont réussi à s’en sortir et qui vivent maintenant entre eux, en « potages », pour servir la soupe d’une République qui sait garder la tête haute et le cœur fort face à la barbarie islamiste ?… Non, sans le savoir, ils ont célébré ce qui a causé leur malheur ce 13 novembre 2015, c’est-à-dire les bombardements décidés par François Hollande en 2014 sur des civils à Raqqa et à Deir ez-Zor !… L’étronne Sophie Aram, sponsorisée par Le Point, est intervenue sur X : « Si on m’avait dit que 10 ans après, nous en serions là aujourd’hui, je ne l’aurais pas cru… Qu’avons-nous fait contre l’islamisme ? Je me demande si nous sommes bien conscients de ce que nous commémorons ce 13 novembre 2025. » Eh bien, moi, je pourrais dire : « Si on m’avait dit que 10 ans plus tard, pour ne pas dire 24 ans plus tard, on en serait encore là, je ne l’aurais pas cru ! » On continue à qualifier d’ « islamisme » des ripostes strictement politiques et évidemment sanguinaires, et on persiste à les mettre sur le dos de la religion musulmane, alors que n’importe quel peuple ciblé et terrorisé comme le sont les Arabes sunnites exaspérés pourrait produire autant de combattants qui, en réaction, seraient prêts à sacrifier leur vie et celles des autres pour faire entendre leurs hurlements de détresse et de révolte contre la barbarie d’un Occident blanc, sourd de lui, et dominateur… Les terroristes ne sont pas « islamistes », ils sont islamistes en plus ; leur motivation pour avoir agi le 13 novembre 2015 n’était pas de convertir des fans de rock à l’islam dans le Bataclan ou d’empêcher des clampins de boire des coups à des terrasses de café, mais de tirer au hasard sur des innocents comme François Hollande a fait bombarder des innocents en Syrie quelques mois auparavant… Je vais le répéter combien de fois ?

Mon âme entière est un cri, et tout mon travail est un commentaire sur ce cri.

 Nikos Kazantzaki

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°45 – 10 novembre 2025

Qu’est-ce qui s’est passé encore ? Eh bien, il s’est passé que l’Orchestre philharmonique d’Israël a eu le culot de se produire à la Philharmonie de Paris pour exécuter (c’est le cas de le dire) un concerto de Beethoven sous la direction d’un chef d’orchestre de Tel-Aviv, Lahav Shani… Comme si un Israélien — on peut même dire un Juif, puisque c’est pareil selon les anti-antisémites — pouvait interpréter correctement Beethoven ! Ça se saurait : même Daniel Barenboim s’est cassé le nez sur le clavier, et pourtant c’est pas un manchot, mais il n’a pas le feeling pour cela : ça fait 60 ans qu’il massacre Ludwig. Ce jeudi soir-là à Paris, après avoir été refusé par les Belges, l’orchestre a trouvé refuge chez les Français soumis à une culpabilité vieille du temps des nazis et de l’Occupation. Quand on pense que Furtwängler et Karajan se sont fait emmerder pour leur germanité, alors que lui, Lahav Shani, n’a eu aucun problème à se produire dans une salle comble et acquise, sauf qu’il y a eu des « fauteurs de troubles » pro-Palestiniens qui se sont manifestés en hurlant d’abord : « Israël assassin ! »… Beethoven était trop sourd pour l’avoir entendu. Ensuite, une activiste a balancé sur les spectateurs des tracts contre la colonisation. Un autre a sorti des fumigènes… Une fumée rouge soudain a envahi quelques gradins. Sacrilège ! Et si les gens présents (dont Laurence Ferrari et l’ambassadeur d’Israël) se sont offusqués, ce n’est pas parce que l’intervention était une marque d’irrespect envers la musique de Beethoven, oh non ! Certains disent que les fumigènes, c’était dangereux, et qu’une banderole aurait suffi, mais je ne pense pas que de simples banderoles auraient fait moins réagir les « mélomanes » qui se sont littéralement jetés sur les quatre militants pro-Gazaouis en les tabassant comme on a rarement vu ça : exactement comme leurs frères colons en Cisjordanie s’occupent des paysans palestiniens qui rechignent à leur laisser leurs terres. Un Judéo-Beethovenien s’est acharné à faire pleuvoir des coups de poing comme d’autres des bombes sur la tête d’un mec qui trouvait très légitimement anormal que la France reçoive l’Orchestre philharmonique d’Israël malgré les images probantes de son armée décimant depuis deux ans plus de 70 000 civils à Gaza. Et c’est lui, l’antisioniste, et ses trois potes qui se sont retrouvés en garde à vue, tout cabossés, alors que les cogneurs pro-Netanyahou ont été acclamés comme des héros par les spectateurs qui les encourageaient à taper plus fort encore… C’est, au sens strict du terme, ignoble. « On aurait pu avoir un second Bataclan » a dit un témoin pour justifier la ratonnade pendant le concert… Dernière couche : après avoir repris son massacre, heureusement pas des Bagatelles de Beethoven, mais de son Concerto pour piano n° 5, le chef d’orchestre a levé une dernière fois sa baguette pour conclure la soirée par l’hymne israélien, carrément, en plein Paris, repris par les voix de plusieurs connasses dans le public émues aux larmes ! Un autre qui l’était, ému et aux larmes, c’est Pascal Praud qui a osé diffuser en entier la séquence de l’hymne pendant son émission L’Heure des pro-Israéliens. En soutien et en réparation à la honte que cela a représenté d’avoir interrompu le concert, alors que la honte, c’est de se mettre au garde-à-vous devant Hatikva, en France, alors que ça continue à carnager à Gaza…

Le Bataclan, reparlons-en cinq minutes ! 10 ans après, dans la ligne des fictions inspirées des « drames humains causés par le terrorisme », voici une série TV sur France 2 intitulée Des vivants et censée rendre hommage, en les mettant en scène, aux victimes représentées par des acteurs, et in situ s’il vous plaît, c’est-à-dire dans le Bataclan même. Énième propagande pro-flics et anti-islamique menée par un salsifis-, ou une endive- (au choix), réalisateur de téléfilms ineptes qui, après avoir longuement interrogé tous les survivants pour nourrir ses comédiens, sort son navet applaudi par tous. Difficile de déterminer qui sont les plus déprimants des deux groupes : les vrais otages du Bataclan qui racontent leur « tragédie » ou les acteurs bobos insipides et compassionnels qui interprètent leur rôle dans la série… Je penche pour les otages, qui sont encore pires que leurs singeurs. Car le plus ridicule n’est pas le film lui-même,  mais la promo sous forme d’interviews à répétition des otages, et qui sont plus ennuyeux les uns que les autres. Pourquoi ennuyeux ? Parce qu’on ne peut pas raconter quelque chose qu’on a vécu quand on n’est pas doué pour le verbe. Tout de suite, ça tombe dans la lassitude et le chiant. Même un voyage : comment raconter un voyage ? Il n’y a qu’une façon de rendre compte d’une expérience, c’est d’en faire une œuvre d’art. Évidemment, de cela très peu sont capables. Les zozotages préfèrent ressasser jusqu’à la gerbe leur « grand moment » dans le couloir avec le terroriste qui a fini par se faire exploser devant eux. Ils n’admirent que la BRI et son  « bouclier Ramsès » qui les a sauvés. Pas un mot évidemment sur la revendication des combattants de Daech et la raison pour laquelle ceux-ci ont monté cette opération le 13 novembre 2015 ; jamais une vision mature et cohérente sur ce qui leur est arrivé ne sort des bouches encore tremblantes de ces fans de rock pris au piège, ça ne les intéresse pas. Pourtant, s’ils avaient un peu de jugeote géopolitique, ils comprendraient que ce qui s’est passé il y a 10 ans en France était une riposte radicale aux bombardements iniques qui ont démarré fin 2014 jusqu’à s’intensifier en septembre-octobre 2015, ordonnés par François Hollande,  contre les positions de l’EI en Syrie et qui ont fait aussi beaucoup de victimes civiles collatérales… Les terros le leur ont dit eux-mêmes pendant l’action, mais les otages n’ont pas percuté, trop occupés à craindre de l’être, percutés, et à compter les flingués entassés dans la fosse de la salle de concert… Je l’ai pourtant assez expliqué dans Nabologie du terrorisme, une vidéo d’une heure tournée au lendemain de l’attentat et qui m’a coûté mon appartement dans le 8e et une reprise, à ma gloire de mécréant, dans le magazine Dar al-Islam, de mes meilleures pages sur l’État islamique tirées de mon Patience 1 ; vidéo qui finit par être supprimée par YouTube, le temps que la chaîne constate qu’elle était trop vue à la frontière syro-irakienne, mais c’est une autre histoire… Non, ce qui intéresse le public et les protagonistes, c’est cette « amitié » que les otages ont tissée entre eux depuis, et qui perdure. Les otages sont tous sur le même modèle de copains tout mous, tout traumatisés, suivis par des psys, ravagés par « la culpabilité du survivant » et qui chouinent sempiternellement d’avoir traversé « l’enfer »… L’enfer, il est à Gaza aujourd’hui ! Ils ont même trouvé un nom pour se définir : puisqu’ils sont à la fois otages et qu’ils sont devenus potes depuis l’attentat, ce sont donc des « potages », et tout le monde prononce ça sérieusement, sans s’apercevoir du grotesque de l’appellation ! Contre toute attente, personne n’a l’air de comprendre ce qu’elle veut dire au fond : les potages sont des otages qui se sont faits potes parce qu’ils étaient dans le même potage et qui maintenant font les potaches… « Des vivants » aux prénoms d’eunuques : Stéphane, Sébastien, Arnaud, Marie, Sylvain… Tous plus morts que s’ils avaient été abattus lors de l’attaque par les terroristes et qui se vautrent désormais dans l’émotion rance, le touillage sympa de souvenirs, les soirées chants et guitares de retrouvailles et tout le bataclan… Et attention, ces connards sont en plus super indemnisés par le Fonds de Garantie des Victimes de l’association inspirée par SOS-attentats de feu Françoise Rudetzki… « J’ai touché pas mal d’argent », dit Maximilien, pour son « préjudice », et dix ans après, il est toujours au chômage. Lui, le soir du 13 novembre, tout en fuyant dans son froc, avait trouvé refuge en sonnant au hasard à une porte d’appart’ chez une vieille dame dans une rue du quartier du Bataclan, et il s’y est… installé ! Oui ! Il a vécu chez elle, dans sa famille. L’Otage adopté : encore une pièce de théâtre à faire…

Shein on you ! Des milliards de pédophiles font la queue à la main devant le BHV, attendant l’ouverture pour se précipiter et acheter des poupées « Shein » à ramener chez eux pour les enculer. Certains ne peuvent pas patienter, et c’est sur place, sur les étals, qu’ils empoignent la petite fille en plastique, lui soulèvent sa robe et enforcent leur gros chibre dans la petite chatte puis dans sa boubouche pour faire comme si elle les suçait. En quelques heures ont été vendues des millions de ces poupées… C’est à peine exagéré quand on entend les appels au boycott lancés par les hypocrites professionnels de l’antipédophilie appuyés par une poignée de mochetés Femen dépoitraillées qui s’exhibent devant le magasin, croyant ainsi lutter contre la pédocriminalité encouragée soi-disant par les poupées chinetoques. « Shame on you ! » Elles manifestent torse nu mais en jean Shein quand même ! Ah, d’ailleurs, quelle allure a pris le Bazar rhabillé à l’enseigne Shein ! En voyant l’affiche maousse à la devanture, montrant le boss chinois Donald Tang et Frédéric Merlin, le boss français, bras d’honneur dessus, bras d’enfant dessous, ça m’a fait penser au film Les Chinois à Paris (1974) de Jean Yanne ! Oui, les Chinois sont à Paris et ça fait chier tout le monde ! Les médias relaient le scandale en pointant de leur doigt plein de caca ces « poupées s*xuelles (avec l’astérisque à vos risques et périls) « à caractère pédopornographique », et qu’on retrouve sur le site du géant chinois de la fast fashion. Tout le monde veut punir très durement les simples reluqueurs du catalogue sur Internet, et on commence à pourchasser les clients repérés pour les emprisonner. En vérité, ces poupées sont surtout sexualisées par le regard qu’on porte sur elles, car elles n’ont rien de poupées gonflables, mais tout des traditionnels poupons pour gosses. Ce sont les descriptions qui sont suggestives : « poupée bébé fille jouet de masturbation masculine (87,38 €) » ; « poupée réaliste pour hommes solitaires (64,98 €) », ou encore « poupée vierge vaginale et anale à poitrine plate pour améliorer le plaisir maximum des hommes et le désir (80 cm, 186,14 €). Ajouter au panier. » Si ce n’était pas marqué dessus, on jurerait des poupées normales. En quoi les poupées Barbie sont moins « sexualisées » ? Qui vous dit qu’il n’y a pas des malades en manteaux qui se tapent des Barbie en s’imaginant baiser Arielle Dombasle ? La pulsion sexuelle envers des enfants n’a pas attendu les poupées Shein pour se déclencher, et en plus ça n’augmentera pas le nombre de pédophiles actifs. Le gros pervers qui aime peloter des poup’s en silicone ne deviendra pas pour autant un Michel Fourniret qui, lui, avait besoin de toucher de vraies jeunes vierges aux vraies peaux et aux vrais hymens à déflorer avant de les enfoncer, bien mortes et bien profond, dans la terre ardennaise… Mais la contre-psychose reste forte : à la douane de Roissy, on éventre déjà tous les colis par milliers venus de Chine pour vérifier comment sont confectionnées les poupées et écarter celles qui ont un anus et un petit vagin explicites… J’ai vu aussi deux gratinés qui sont passés partout à la télé pour dénoncer, dénoncer, toujours dénoncer, le cynisme de Shein, avec un antisinisme non dissimulé : Arnaud Gallais, cofondateur de l’association Mouv’Enfants (sic) et son copain Olivier Dauvers, un journaliste de RTL, spécialiste de la question, avec sa veste à fleurs taillée dans le rideau de sa grand-mère, son collier pour Club Med, et son serre-tête dans ses cheveux gris :  drôle d’allure pour un Père-la-pudeur… Ce ne serait pas plutôt une Tante-la-pudeur ? Bon, je pourrais poursuivre encore ce paragraphe de la Feuille, mais j’ai tout dit sur la pédophilie et l’inceste ancrés dans la psychologie des foules, y compris celle des antipédophiles, dans mon texte J’inceste ! (130 pages dans le dernier Nabe’s News 34), apparemment pas encore lu ni compris. Mettez-vous à ma place (façon de parler puisque je sais que c’est impossible) : pourquoi me ferais-je davantage chier les couilles pour un tas d’autant feignants ?

Prix littéraires. Je sais que certains souffrent réellement de devoir supporter cette imposture cérémoniale annuelle, cette remise scolaire de bons points aux pires élèves de la classe des livres, mais, je vous assure, il faut vraiment essayer d’en rire, tellement c’est ridicule, ce mélange de mensonge, de tricherie et de sérieux. Ce n’est que de l’entre-soi, de l’entre-putes ! Prenez le prix Goncourt attribué cette fois au sinistre Laurent Mauvignier qui semble être un mix entre Jean-Paul Aron et Jean-Yves Tadié, avec sa petite boucle à l’oreille, et qui a fabriqué exprès un gros roman à la con pour avoir le Goncourt, La Maison vide… Est-ce qu’il a pris conscience que c’est la définition même de son « roman » : une maison vide, et qu’on n’a qu’une envie, c’est la remplir : c’est ce qu’ont fait les zombies-jurés fantômes des Lettres de chez Drouant. La victoire en hantant ! Et, au passage, quand on voit une Christine Angot qui a raté tous les grands prix et qui se retrouve jurée Goncourt à 65 ans, ça aussi c’est risible ! Pour le Renaudot, c’est encore plus fort : le président de l’année (sa voix compte double) a réussi à faire couronner son ancienne maîtresse Adélaïde de Clermont-Tonnerre, à la fois par ruse et par vengeance. C’est le prix Renardot ! Bien entendu, dans les prix, pas de conflit d’intérêts puisque tous les jurys sont inféodés à des éditeurs : ici, d’un côté les Éditions de Minuit, c’est-à-dire Gallimard ; de l’autre, Grasset, c’est-à-dire Bolloré… Il y a même le petit Weitzmann qui s’est arcbouté sur la figure de Philip Roth pour qu’on lui en donne enfin un : le « Femina essai » (un prix de pédé). Pourquoi ?  Mais parce qu’il y a une Savigneau dans le jury et qu’elle adore Roth puisqu’il était pote avec son Sollers. Ça se fait ainsi, par billard… Marc Weitzmann… Dire qu’on se foutait de sa gueule, avec Alain Kruger, on l’appelait « celui qui se prend pour un écrivain », quand il était journaliste à 7 à Paris puis dans L’Autre Journal… Marc croit qu’il fait une œuvre, mais il fait surtout beaucoup de fautes d’orthographe que ses différentes équipes éditoriales, depuis qu’il publie, sont obligées de corriger à plein temps tellement il y en a… Et je ne parle pas de sa propagande israélienne, qui évidemment tombe à pic en 2025 où jamais peut-être la France ne s’est vautrée avec autant d’avilissement aux pattes du Veau d’or, ou plutôt du Veau de laiton… Il fallait bien que les prix littéraires suivent, avec ses médailles, en faux or également, et distribuées à tous ceux qui se sont bien prosternés en direction de Sion… Je vous le dis, il vaut (encore veau !) mieux en rire !

Toujours au rayon littérature, Éric Neuhoff vient d’entrer à l’Académie française ! Je ne serai pas aussi sévère qu’avec les autres, d’abord parce qu’Éric à l’Académie, c’était prévu depuis plus de 45 ans, et lui, au moins, n’a jamais pris la place de personne sauf celle du vieux con mort qui lui a laissé son fauteuil, ce qui n’a aucune importance. Ensuite, parce que j’ai toujours bien aimé Éric Neuhoff, bien que tout nous oppose (Le Figaro et François Truffaut en tête), mais c’est un des derniers en France qui ait de l’esprit et de l’humour. On ne se fréquente pas mais on se croise assez irrégulièrement. Par exemple, début janvier 2022, j’étais assis en terrasse au Flore avec Alexandra et une petite vendeuse sexy du Bon Marché que nous avions levée… À deux tables de nous, qui je vois ? Neuhoff ! Il était en grande discussion avec un type. Comme je regardais vers lui, Éric me désigna, « Toi ! », et se leva ; moi aussi, on fit la moitié du chemin tous les deux pour se rejoindre, se serrer la main et revenir à sa table où Neuhoff me présenta son compagnon d’apéro, Thibault de Montaigu. Je leur appris que ma mère venait de mourir, que mon père était dans un Ehpad, et que moi j’habitais en Suisse, comme Paul Morand… Neuhoff me dit que son fils à lui était un grand fan de moi, « tu es son idole ! », le fiston d’Éric était même venu à ma galerie de la rue Frédéric-Sauton mais sans oser m’aborder ; timide comme son père, ce petit. Moi, je lui dis que lorsque le dimanche soir, je commence à écouter Le Masque et la Plume et qu’Éric n’y est pas, je coupe immédiatement l’émission, c’est trop insupportable sans lui. Puis, de loin, je lui présentai les deux meufs fumant à ma table, « Alexandra, ma femme, et une amie… », avant d’aller me rassoir avec elles. Lorsqu’on eut fini nos verres de vin, et après avoir décidé de notre programme de la nuit (aller acheter des robes de putes à Pigalle puis se finir à trois dans un club échangiste), on leva le camp. Je quittais alors la brasserie de Saint-Germain comme un seul homme avec deux femmes, et en ôtant théâtralement mon chapeau, je dis à Éric tout fort :
— Allez, salut ! Nous, on va partouzer !
­— Condoléances ! me répondit alors Neuhoff, très spirituel et délicat à la fois, car c’est le mot qu’il aurait pu (dû ?) me dire après que je lui avais annoncé que ma mère était morte, mais il avait choisi de le décaler plutôt en réponse à l’annonce de ma baise à venir ; et ça, c’était drôle.

La plupart des gens aiment la futilité et l’anesthésie. Quelqu’un qui nous anesthésie pour nous éloigner de nos pensées, et quelqu’un qui nous fait rire avec des futilités, est meilleur que quelqu’un qui nous réveille à la réalité et nous fait mal en disant la vérité. C’est pourquoi la démocratie ne convient pas aux sociétés ignorantes, car c’est la majorité ignorante qui décidera de votre destin.

Anton Tchekhov

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°44 – 3 novembre 2025

Brigitte Macronpénis. Eh bien, voilà, c’était pas plus difficile que ça ! Il suffisait de faire un procès aux principaux complotistes qui ont initié et développé la « théorie » selon laquelle Brigitte Macron était un homme pour que l’odieuse rumeur fasse semblant de s’éteindre. Je dis « semblant » car aucun procès ou condamnation ne convaincra les persuadés qui continueront à exiger des « preuves » de son genre. Quand le virus du complotisme entre dans un corps, c’est pas comme le Covid, c’est à vie qu’il y reste. Les journalistes qui prennent aujourd’hui des positions brigittistes osent dire que s’ils n’avaient jamais parlé de ce bobard viral, c’était exprès pour ne pas l’alimenter alors que les mêmes avaient quand même un doute sur le sexe de Brigitte. « Zoé Sagan » (avatar d’un quadra pubard tête à clics) était suivi par tous sur X, et ces hypocrites se rangent aujourd’hui du côté de la Justice pour dénoncer les complots ! La plupart des médiateurs — et certains haut placés — étaient au moins à demi convaincus que la première dame de France, ou plutôt le premier monsieur de France (la première dame de France étant Macron lui-même), était un trans’ opéré… Je connais bien la question conspie, je l’ai prouvé (Les Porcs tome 1, tome 2 et bientôt 3), et il est évident que, comme pour toutes les thèses complotos, c’est d’abord les médias officiels qui en sont responsables, par leur propagande et politique de désinformation : c’est ensuite que les internautes pavloviens du conspirationnisme s’en donnent à haut-le-cœur joie dans les réseaux zozos. Ce qu’il fallait faire, c’est démentir immédiatement, preuve à l’appui, la connerie avant qu’elle ne se propage trop fort. Ce mépris à expliquer, intrinsèque aux bourgeois offensés qui, en plus, ont le culot a posteriori de s’en vouloir de leur inaction, est le même qui a laissé les thèses révisionnistes sur les chambres à gaz dès la fin des années 40 naître et se développer jusqu’à Faurisson, alors qu’il aurait été facile, le jour même, de les démentir à jamais. C’est donc bien fait pour la bourgeoisie victime des rumeurs de s’en être pris plein la gueule à cause de sa négligence hautaine qui a renforcé la rage des complotistes qui maintenant revendiquent « l’esprit Charlie » et le droit à la liberté d’expression, prenant la démocratie à son propre piège. Zoé se dit l’inventeur de « l’info-fiction », du haut de son « droit à la satire »… Il y avait pourtant un autre axe de défense que les accusés ont commencé à développer mais pas jusqu’au bout, c’était de dire : « Comme le couple Macron est depuis huit ans complètement sourd à toute remarque ou critique, on a bien été obligé d’inventer quelque chose pour les toucher et pour les faire réagir, alors c’était peut-être bête mais c’est comme ça qu’on a pensé. » Et si les avocats de la plaignante rétorquaient : « Mais pourquoi vous avez choisi quelque chose de faux ? », il fallait répondre : « Parce que les Macron n’auraient pas été plus sensibles à quelque chose de vrai puisqu’eux-mêmes nient la réalité, on a donc essayé le faux pour être sûr de faire mal à ce couple démoniaque qui mène la France à sa perte. Voilà pourquoi on a été conspirationnistes, et volontairement ! » Ça, ç’aurait été de la défense ! Hélas, l’orgueil des conspis est du même tonneau que celui de tous les autres. Aucun conspi ne dira qu’il l’est, évidemment, il va le nier… De toute façon, tout le monde ment à ce procès : les diffamateurs qui disent que la campagne délirante pour faire de Brigitte Macron un ancien homme était de l’humour et de la fiction explicite, et les journalistes et éditorialistes « sérieux » et « intègres » qui défendent Brigitte Macron au nom de la décence et de l’anticomplotisme (soudain, ça les intéresse !) qui, eux aussi, mentent, parce qu’ils savent que si c’est elle qui a trinqué, c’était pour protéger son mari d’une autre rumeur, et ça, les conspis autant que les anticonspis ne le disent pas, voilà pourquoi il est impossible de ne pas les regrouper tous dans un box commun : celui des lâches. Ceux qui ont attaqué Brigitte Macron en la traitant d’homme, comme ceux qui la défendent en affirmant aujourd’hui que c’est une femme, ont contourné chacun à sa façon le vrai problème qui est l’homosexualité de son mari couverte par Brigitte, et c’est ça qu’ils ont peur de dire. Tout ça est entièrement sexuel, mais pas comme ils le disent ; ce n’est pas étonnant qu’une Caroline Fourest s’acharne à ce point contre les « ordures » (dixit la chatte à sa mère) qui ont lancé la fake news parce que de faire d’une vraie femme un faux homme, ça la concerne… Elle aussi, Caro Fourest, comme les autres, se garderait bien de faire une allusion quelconque à la pédérastie refoulée du président Macron (alors que c’est l’une des principales raisons qui font d’elle une macroniste de plus en plus à découvert) qui, si elle avait été connue de tous, lui aurait coûté son élection en 2017, bien entendu. Ce soupçon d’homosexualité plane, aussi bien dans l’accusation exagérée de « pédophilie » faite à l’encontre de Brigitte Macron qui s’est tapé son élève de 24 ans et demi (24 ans, 8 mois et 8 jours exactement) de moins qu’elle, que dans la volonté, absurde, de faire croire qu’elle s’appelait « Jean-Michel », qu’elle était son propre frère, que c’était un transsexuel ou un homme coupé, autant de façons farfelues de noyer son poisson de mari. Plouf ! Tous sont en quelque sorte complices, tournant en rond autour du pot, autant dire autour du popo du petit Emmanuel d’Amiens. Mettez-vous bien ça dans la trogne, pour ne pas dire dans la Trogneux !

Alors, papa vous ne l’avait pas dit (Papa, c’est moi !), qu’elle ne valait pas tripette de Palestinien au ventre ouvert au milieu des décombres de Gaza, cette soi-disant paix éternelle gagnée à coups de menton par Donald Trump ? Autant l’appeler « Donald Trompe », dans le sens qu’il se trompe toujours, comme tout bon vieux gros Gémeaux qui ne respecte rien sinon lui-même… Évidemment, la guerre continue ! Israël n’arrête pas de bombarder, notamment à Rafah. Benyamin Netanyahou avoue lui-même avoir largué sur Gaza depuis le cessez-le-feu « 153 tonnes de bombes ». D’après l’ONU, Israël a commis plus de 125 violations du cessez-le-feu depuis son annonce jusqu’à atteindre le bilan de 226 morts et 594 blessés ! L’armée israélienne, elle, a perdu trois soldats, et occupe toujours plus de la moitié de la bande de Gaza (53 %). En Cisjordanie, les colons squattent les villages palestiniens de Sinjil et Burin et canardent systématiquement les récolteurs d’olives qui sont pourtant sur leurs terrains : une olive/une balle ; une olive/une balle… Le sud du Liban n’est pas plus épargné : les frappes de drones israéliens s’y intensifient, comme on dit dans le journalisme. 15 morts plus un responsable du Hezbollah… On en est là, deux semaines après les discours à la Knesset. Trump n’est plus à la fête, il est obligé de faire survoler la bande de Gaza par ses propres drones afin de surveiller si le cessez-le-feu est encore effectif… Quant à l’aide humanitaire, elle est toujours coincée dans le portillon égyptien par Israël : c’est pas demain que j’enverrai ma modeste obole (on a dépassé les 7 000 euros quand même…) pour que quelques martyrs puissent profiter de mes « miettes », comme le dit la faux-cul Rima Hassan qui continue à déblatérer ses conneries complotistes au sujet d’une complicité Daesh/Israël qui favoriserait la création imaginaire d’une guerre civile sur place ! Conneries du genre : « Israël arme ainsi des groupes armés proches de l’État Islamique, une stratégie assumée en personne par Netanyahou » ; « En juin, il a admis avoir armé et soutenu la milice des ‘‘Forces populaires” à Gaza, qui serait proche de l’État islamique. » Et encore : « Depuis le cessez-le-feu, Israël tente de fomenter une guerre civile via des gangs mandataires et criminels pour dire ‘‘nous ne violons pas le cessez-le-feu, ce sont des Palestiniens qui tuent des Palestiniens”. » Clairement, désormais, Hassan est une vraie imbécile, et tous ceux qui la soutiennent dans ce sens le sont aussi, Bouteldja la première, avec ses minables tâcherons du décolonialisme à la noix beure qui croient que diviser les Arabes leur permettra de mieux lutter contre Israël !

Le zizi de Tadzio. Il est mort le soleil, le soleil couchant dans la lagune de Venise, de Veniseconti ! L’« icône » des intellocrades du faux grand cinéma des années 70 ! Tadzio ! Ah, en aura-t-il fait s’inonder, des slips de branlées dans les futals de millions de cinépédophiles qui, abrités derrière le paravent du « chef-d’œuvre » de Visconti, admiraient le petit éphèbe évoluant plein de grâce sur la plage du Lido, dans son mignon maillot de bain rayé orange moulant si bien son petit paquet au zizi de rêve ! Björn Andrésen est mort, et pas à Venise, à Stockholm, quoiqu’il soit quand même mort à Venise puisque c’est là qu’il est né, sorti du gros ventre poilu comme une couille géante de Luchino Visconti… On a les images du casting lorsque Visconti l’aristogay, après avoir longuement reluqué l’ado Björn, l’engage pour son film. La carrière du petit a été brisée dès le départ, un peu comme on raconte que celle de Maria Schneider l’a été à cause du Dernier Tango à Paris : l’une parce que par la suite, on ne lui donnait que des rôles d’enculée (et de force de préférence) ; et l’autre, l’ange blond suédois protestant, parce qu’on voulait absolument faire de lui à l’écran toujours un pédé, alors qu’il ne l’était pas. Après Alain Delon, Helmut Berger, c’est Andrésen que ce Scorpion visqueux de Visconti a cherché à se taper, et qu’on ne me dise pas le contraire ! Gêne à tous les étages. Depuis l’annonce de la mort d’Andrésen, tout à coup la pédophilie n’est plus désignée comme le mal n° 1, elle est totalement, sinon acceptée, en tout cas tolérée si c’est pour en faire une belle œuvre artistique. Là, ils ferment tous leur gueule, les moralisateurs : ils trouvent ça super de montrer les relents pédophiliques d’un compositeur de musique dégoûtant de 60 ans qui tombe amoureux d’un gosse de 14, c’est tellement « beau » sur l’écran. Surtout avec Mahler en fond sonore… Et en plus, c’est chaste et muet ! Le sexa s’empêche ! Matzneff n’aurait pas eu ces scrupules… Et c’est Dirk Bogarde qui incarne le musicos concupiscent, et avec quelle maestria ! Peuh ! Tout est mauvais dans cette histoire : la nouvelle de Thomas Mann est mauvaise ; le film de Visconti est mauvais ; Dirk Bogarde lui-même y est mauvais (on le voit s’ennuyer pendant au moins les 6 premières minutes du film alors qu’il sera génial 7 ans plus tard, en 1978, dans Despair de Fassbinder)… Oui, je le dis : Mort à Venise est un mauvais film : plans lents mal raccordés ; acteurs qui font déguisés ; zooms et dézooms téléphonés : tout sonne faux, même la bande son sonne faux. Faux chef-d’œuvre d’un esthète de nœud… Visconti n’est pas le merveilleux cinéaste qu’on dit mais le moins bon de tous les génies italiens de cette époque. Et dans Mort à Venise, ce n’est ni la mise en scène, ni son acteur incarnant Tadzio qui sont intéressants ; non, celui sur qui il faut mettre l’accent circonspect, c’est Thomas Mann, l’auteur de la nouvelle d’où est tiré le navet. Demandez à ChatGPT si vous ne voulez pas me croire : « Oui, Thomas Mann était homosexuel, bien que cela ait été caché derrière une vie de famille apparemment normale. Son homosexualité est documentée dans ses journaux intimes et ses lettres, qui font état de ses passions homoérotiques, notamment son attirance pour son propre fils, Klaus. » (dixit Chat). Le Prix Nobel 1929 Mann n’étant pas pédophile au sens strict, je n’ai pas pu l’insérer, comme Gide, dans ma liste de médiocres écrivains dans J’inceste ! (voir Nabe’s News n°34 – 23 septembre 2025), mais il n’était pas loin… Thomas Mann était un pédé platonique à tendance incestophile. Il est évident que dans sa nouvelle (même s’il lui est arrivé réellement de zieuter un petit Polonais lors d’un voyage à Venise), Tadzio, c’était son propre fils qui avait le même âge lorsque le lubrique Thomas a commencé à se masturber dessus. Pour lui, gravir la montagne magique de sa pédérastie intime aurait été d’un alpinisme inenvisageable. C’est d’ailleurs ce qui fait de lui un non grand écrivain. Au moins, son rejeton Klaus, lui, a assumé sa propre homosexualité héréditaire, et est devenu homo actif, et en a fait le cœur de ses propres livres qui (entre parenthèses) ne valent pas plus un clou ou, si vous préférez, ne cassent pas plus de pattes (trois) à un canard gay que ceux de son père coincoincé ! Il n’y a que cela de beau dans cette famille Mann : l’espèce de fidélité à l’homosexualité du père reprise par le fils qui en était l’objet, et qui a porté plus loin ce désir (peut-être réciproque) jusqu’à se suicider. Voilà un bon sujet de film !… Bref, le discours réac, c’est de dire qu’à notre époque on ne pourrait pas faire Mort à Venise, à cause de la morale et parce que c’est désormais interdit de montrer des amours entre adultes et enfants, alors que dans le film, il n’y a aucune scène d’« amour » explicite, et en plus c’est pas n’importe quel adulte et n’importe quel enfant, puisque c’est la transposition « sublimée » de la relation de Thomas Mann avait avec son propre fils, et ça, les journalistes en deuil de Tadzio ne le disent pas parce qu’ils ne le savent pas, ils ne savent rien. Olivier Benkemoun (made in CNews) a dit qu’à la fin de Mort à Venise, censée être bouleversante d’émotion alors qu’il n’y en a aucune, Dirk Bogarde a du sang qui coule de sa tête… Non, Benké, c’est pas du sang : c’est de la teinture parce que le vieux pédo, pour paraître plus jeune vis-à-vis du petit, s’était maquillé outrageusement et mis de la teinture noire sur ses cheveux blancs, et que ça dégouline de sous son chapeau quand il transpire tellement il bande pour l’angelot, jusqu’à crever sur son transat.

Un autre qui avait du mal à transmettre de l’émotion dans son art, comme Visconti dans le sien, c’est le batteur de jazz qui vient de disparaître à l’âge de 83 ans : Jack DeJohnette. J’ai jamais été fou de DeJohnette, et je ne vais pas recommencer à égrener mes batteurs préférés, mais lui assurément n’en faisait pas partie. Il était sec, n’avait pas un beau son, et pas beaucoup d’idées non plus. C’était avant tout une marquise de la cymbale, un tapoteur petit bras de la caisse claire, un mauvais ponctueur à la grosse caisse et un trinqueur qui fait tchin-tchin avec sa charleston. Quant à ses tums, ils sonnaient creux. Comme par hasard, Jack DeJohnette n’a accompagné pratiquement que des types qui ne swinguaient pas non plus : Bill Evans, Charles Lloyd, Freddie Hubbard, McCoy Tyner, Chick Corea, John Abercrombie, Pat Metheny, et enfin Keith Jarrett… Je suis désolé, mais le trop célèbre trio qu’il formait avec Keith Jarrett et Gary Peacock, c’est du chiqué. DeJohnette n’a été bon qu’avec Miles Davis, mais avec Miles tout le monde est bon et Miles cherchait à ce moment-là des batteurs qui ne swinguaient pas, justement ! Pour ses nouvelles expériences… Voilà comment DeJohnette s’est retrouvé dans l’album mythique Bitches Brew (1970). DeJohnette se qualifiait lui-même de « penseur abstrait » en matière de solos… Il expliquait qu’en jouant, il entrait « dans un état d’esprit altéré, un état d’esprit différent. Je me connecte à mon moi supérieur, à la bibliothèque cosmique des idées ». Qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Alors qu’il ne faut pas être abstrait quand on joue, encore moins quand on fait un solo : les grands batteurs continuent à passer les barres de mesure dans leur tête ; ça s’entend entre deux coups de leurs baguettes magiques, et c’est ça qui est admirable. Qu’est-ce qu’il y a d’abstrait dans un solo de Max Roach ou d’Art Blakey ? Quant à la « retenue » dont DeJohnette se vantait aussi, elle est hélas manifeste dans son jeu comme dans celui de Jarrett qui a beau mugir de plaisir et se lever de son tabouret tellement il jouit dans son pantalon de revisiter aussi extatiquement les standards, ça ne donne rien. On ne fait pas de grand art avec de la retenue, ou alors c’est du titillement érotique et de l’interruption de coït exprès comme les multiplie Ahmad Jamal. Il suffit de comparer, je n’arrête pas de vous le dire : écoutez le trio de Jamal et ensuite celui de Jarrett, avec donc feu Jack DeJohnette, la batterie pas reconnaissante !

En France, quand la « gen’Z » va prendre vraiment le pouvoir, elle sera secondée par les nouveaux esclaves consentants issus du « grand désistement » (voir mon Mickey Moïse dans Nabe’s News n°32 – 14 octobre 2022), et ça va donner une société où il n’y aura quasiment plus que de jeunes méprisants totalement déculturés de 25 ans emmurés dans la virtualité et des immigrés qui seront montés en grade en se chargeant à la place des Blancs démissionnaires de postes de plus en plus importants qu’ils vont évidemment dégrader et dénaturer au fur et à mesure de leur ascension sociale. Tout le reste, ce sera des retraités. Ça promet.

Le monde est bourré de types qui se disent « masos », mais dès qu’on leur fait du mal, ça ne leur plaît pas du tout !

Les 50 ans de la mort de Pier Paolo Pasolini assassiné. Entre 1000 choses, ce dont cela nous a privé : pas seulement du film Porno-Théo-Kolossal, ni du projet de Pier Paolo de tourner un Saint Paul,  mais de deux autres peu connus : une Vie de Gramsci et un Pinocchio

Ce que nous aimons, nous l’aimons même lorsque nous sommes morts.

Maxime Gorki

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°43 – 27 octobre 2025

Sarko’s news. Après bling-bling, Sing Sing ! Ça y est, Nicolas Sarkozy est au trou, et ça se passe très mal : il fallait s’y attendre… Une telle bêtise, une telle vulgarité ostensiblement déployées le jour même de son incarcération en disent long sur les véritables couches de culpabilité du roi Sarko 1er déchu. C’est cela finalement que Sarkozy paye ; beaucoup plus que ses malversations, ses mensonges et ses magouilleries de petit Sépharade de Salonique. Saloniqueur, oui ! Tout est aveu chez lui : d’abord, se faire accueillir au sortir de son domicile par une foule délirante d’amour dont un Noir hystérique auto-raciste qui pleurait comme un arrosoir, c’est ridicule et fout la honte. Et attention, ceux qui s’insurgent contre Sarkozy parce qu’il a été traité comme un héros par ses fans avant d’entrer en prison seront encore plus estomaqués lorsqu’il va en sortir, car son héroïsation sera décuplée. Ensuite, l’escorte de motards et de voitures traçant, du 16e arrondissement à la prison de la Santé, en toute fanfare parce que c’est un ancien Président était tout aussi grotesque. Tout ça ne pouvait que provoquer de virulentes réactions de la part de prisonniers qui, eux, ne sont pas traités avec de tels égards : autant dire des racailles qui ont hurlé toute la première nuit en direction de la cellule de Sarko en lui criant à travers leurs barreaux qu’ils allaient « venger Kadhafi ! », en lui demandant de rendre « les milliards ! », et en se foutant de sa gueule sur TikTok… Comment ne pas trouver cela réjouissant ? La bourgeoisie n’a toujours que ce qu’elle mérite, surtout quand elle redouble d’arrogance. Le nouveau ministre de l’Intérieur Nuñez, lui, ça ne le fait pas rire : furax, il a sévi et les empêcheurs de dormir de Nico ont été identifiés et mis… en garde à vue ! C’est la prison dans la prison : tourner et diffuser des vidéos comportant des menaces, c’est passible de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende ; détenir un téléphone portable quand on est détenu, c’est passible de 3 ans de prison et 270 000 euros d’amende ! C’est pas Dieu passible ! Où vont-ils les trouver, tout ce temps et tout cet argent, les merles moqueurs pris en flag’ et déjà en cage ? « Le Président Sarkozy », dont le sort fait tant pleurnicher Pascal Praud, a droit à trois parloirs de 45 minutes par semaine. « L’un d’eux a déjà été utilisé par sa femme Carla Bruni-Sarkozy qui s’est rendue à la Santé dès aujourd’hui. » Il ne l’a pas assez vue toute la journée depuis presque 20 ans, sa mannequine narquoise et minaudante ? En vérité, Jésus vous le dirait comme moi : c’est beaucoup trop de voir sa sale et sainte famille trois fois par semaine. Pour une fois qu’on pourrait être tranquille ! Sarko a apporté des photos des siens dont il va tapisser ses murs comme s’ils allaient lui manquer : ses frères, sa femme, ses fils, sa fille, tous élevés au biberon de la fausse innocence de frérot, de « Parrain », de papa et de papy, car deux jours après son incarcération, Louis Sarkozy, la buse pataugeant dans sa bouse, qui sert de serpillière aux « idées » de son père, et qui est aussi le fils de Cécilia Attias (elle a d’ailleurs tenu à apporter son soutien à son ex en le torchant comme un bébé de toute accusation), est devenu papa lui-même d’un petit garçon sorti du ventre d’une Yougo élevée au Congo, histoire de montrer qu’il n’est pas raciste sauf envers les Arabes ! Plus risible encore dans le chouchoutage du condamné trompette et de l’huilage de ses divers pistons : on a collé à Sarko deux flics à lui, 24h/24, armés et payés, dans une cellule voisine à la sienne pour le protéger et l’accompagner dans ses moindres déplacements au cas où… Ce n’est plus le Passe-muraille, c’est le Passe-droit ! Tollé chez les matons humiliés qui, comme tout le monde, sont dans l’orgueil con du travail bien fait… Enfin, le garde des Sceaux Darmanin a dit également qu’il se déplacera en personne pour le voir car Sarkozy est « un justiciable comme les autres »… Comment peut-on faire de telles erreurs psychologiques ?

Jusqu’au bout, le mauvais goût et la banalité. Sarkozy n’a pu emporter en taule que trois livres (à couverture souple), alors il a choisi les 2 tomes du Comte de Monte-Cristo et la biographie de Jean-Christian Petitfils sur Jésus… Jérôme Kerviel a tout dit en se moquant avec drôlerie du grand lecteur Sarko sur X : « Ne vous embêtez pas à alourdir votre sac je les ai laissés à la bibliothèque quand je suis sorti. En revanche, ils sont annotés… » S’il avait eu droit à un quatrième, l’ancien président « cultivé » mon cul aurait certainement embarqué le pavé  d’un énième tâcheron sur l’affaire Dreyfus… En plus, c’est vraiment se positionner comme quelqu’un qui va se venger (Monte-Cristo) et qui se prend pour le Christ ! Aucun humour, aucune distance, aucun raffinement de l’esprit : rien. Putain ! Libère ton âme corrompue avec celles de grands prisonniers qui ont vraiment souffert : prends Féérie pour une autre fois 1 de Céline ; prends Miracle de la rose ou Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet, prends De Profundis ou  mieux, La Ballade de la geôle de Reading d’Oscar Wilde… Un peu d’élévation, merde ! Mais non ! Sarkozy préfère se rêver en Edmond Dantès, qui est d’abord un personnage de fiction et qui est innocent, et en Jésus-Christ qui pour certains abrutis est aussi un personnage de fiction. L’innocence comme fiction : c’est très profond chez les escrocs. Et quel choix ! Sarko en est resté encore à Alexandre Dumas et au XIXe siècle… Et le XXe, mec, c’est pour les chiens ? Dans sa patauderie de beauf m’as-tu vu, Nicolas Sarkozy croit peut-être qu’il va convaincre en affirmant qu’il va se venger du mal injuste qu’il a subi, ce qui suffirait à prouver son innocence… N’importe quoi ! Sarkozy dénonce la vengeance des magistrats à son encontre et annonce donc faire pareil lorsqu’il deviendra Monte-Cristo dehors ? Ô grossièreté ! Et qui sera son abbé Faria à la Santé ? Un Mohamed Ben Faria quelconque, et qui va l’aider à s’évader (si encore il s’évadait, ça aurait un peu de panache !), c’est ça ? En tous cas, pas besoin de lui indiquer où se trouve le trésor à l’extérieur puisque c’est Sarkozy lui-même qui l’y a fourré… Les comptes de Monte-Sarko ! Quant au Jésus de Petitfils, on le connaît, nous autres spécialistes intimes du Christ : sous prétexte d’historicisme, cet ex-banquier déjà biographe de Rimbaud et de Verlaine (sic) est un comploto de première : il milite pour l’existence réelle de Jésus mais en même temps, il s’escrime depuis des années à essayer de démontrer que Jean le disciple que Jésus a connu n’est pas le Jean qui a écrit l’Évangile et encore moins l’Apocalypse parce que c’était un fils de pêcheur qui aurait été incapable d’une telle intellectualité ! On a fait le même coup à Shakespeare. Pour Petitfils, le vrai saint Jean, apôtre-évangéliste, est un prêtre du Temple qui connaissait bien Jérusalem, basta… Et pour couronner son toupet d’épines, on a vu le même Petitfils croire dur comme masque de fer que le linceul de Turin est authentique ! Après des centaines et des centaines d’expertises qui démontrent le contraire et des siècles de controverses et de contestations — à commencer par la meilleure : l’absence totale de référence à cette relique pendant 15 siècles de chrétienté ! — et jusqu’aux perspicaces déductions des protestants qui ont toujours dit que ce linceul n’aurait pas pu être celui du Christ puisqu’il ne comportait pas de mentonnière pour maintenir Sa mâchoire s’affaissant, ce qui était la marque des macchabées empaquetés religieusement par les Juifs de l’époque biblique, rien ne plaide vraiment en faveur des authentiquistes… « Où est passé le pathil ? » s’écrient les néotestamentaires sensés, ce à quoi les sindonologues à la Petitfils rétorquent que ce linge à part a tout simplement été oublié puis perdu depuis que les dépositionnaires du Seigneur INRI l’avaient soigneusement plié, plein de sang, dans le sépulcre à côté du Christ dans son linceul de Turin. Tu parles ! Si Sarkozy voulait absolument retrouver le Christ en cellule, je lui aurais conseillé les lettres et le journal sublimement et platement à la fois mystique de Jacques Fesch, ce jeune bourgeois qui en 1954, après un casse raté, avait tué un gardien de la paix dans sa fuite et qui fut arrêté, tabassé, condamné et guillotiné trois ans après à l’âge de 27 ans, à la prison de la Santé (tiens, tiens…). Fesch (mais Sarkozy connait -il seulement son existence ?) est devenu pendant sa détention un quasi saint en voie de béatification. Le volume s’intitule Dans cinq heures je verrai Jésus… Ça aurait été la moindre des choses qu’en hommage à ce grand pécheur s’étant rédempté là-même où il est emprisonné, Nicolas-le-maquignon le lise !

Sur le fond de l’affaire, les contempteurs de Sarkozy ne valent pas mieux que ses soutiens : ils s’accrochent à la sorte de sophisme suivant : puisqu’il a essayé de se faire financer par Kadhafi, même si on n’a pas retrouvé l’argent, il mérite la plus sévère peine de prison parce que le même Kadhafi est responsable de l’attentat d’un avion d’UTA ayant fait 170 victimes en 1989 et que moralement, c’est indigne de trafiquer des affaires avec de tels individus. Voilà pourquoi les familles des passagers explosés se sont portées parties civiles… On retrouve bien là la technique de raccordement tous azimuts des infos, quitte à ce que ça fasse des courts-circuits entre les différentes sources. Typique analyse gauchiste arnaquante du réel qui vient directement du pré-conspi anti-spectaculaire (il a fini sponsorisé par Canal Plus) Guy Debord. Ce sont les mêmes gauchos qui ergotent tels des coqs bien français et qui se drapent dans le torchon tricolore pour s’insurger : « Sarkozy a trahi la Nation ! » Tout de suite les grands mots qui dénotent la petitesse de pensée de ceux qui les utilisent pour faire semblant d’être choqués ! Dans la bande à Plenel, ils sont nationalistes comme leurs arrière-grands-pères, c’est-à-dire de gros chauvins qui croient encore à l’État de droit et en la Justice. D’un côté, ils soutiennent la probité et la légitimité d’un Pouvoir lorsqu’il châtie de temps en temps ses élites corrompues ; et de l’autre, ils prétendent lutter contre le racisme de ce même pouvoir qui tous les jours ne se gêne pas pour se comporter comme le pire des délinquants avec ses immigrés sous-payés qui font désormais tous les sales boulots abandonnés par les Blancs démissionnaires… Le jugement le dit : « Il s’agit de faits d’une gravité exceptionnelle de nature à altérer la confiance des citoyens dans ceux qui les représentent et sont censés agir dans le sens de l’intérêt général, mais aussi dans les institutions mêmes de la République » Mais non ! C’est pas si grave car les citoyens seraient bien concons d’avoir encore « confiance » en ceux qui les « représentent » (les juges en font partie), et cet « intérêt général » en lequel on essaie de les faire croire encore est une enculerie de plus pour les endormir sous le terme ronflant d’ « institutions » et carrément soporifique de « République » ! Évidemment, on sait que l’argent est sorti de Tripoli par les soins de Hortefeux et de Guéant. Seulement, il n’y a pas de preuve que Sarko s’en soit servi pour sa campagne. Une hypothèse que personne n’envisage, c’est que peut-être qu’une fois qu’il a pris l’argent de Kadhafi, le candidat Sarko a eu peur justement de finir en prison et que ça soit un énorme scandale, et surtout que ça lui coûte son élection de 2007. Il n’a donc pas utilisé cet argent et qu’est-ce qu’il en a fait ? Il l’a peut être renvoyé en Libye, ou alors il l’a caché quelque part, il l’a donné à quelqu’un ? En tous cas, Sarkozy a dû se dire que finalement, il n’avait pas besoin de ce fric cracra parce que ses chances d’être Président étaient très très élevées et qu’il pouvait se passer au dernier moment de 5 millions d’euros. On a dû le conseiller : « Ne le fais pas, parce que si jamais ça se sait, c’est terminé, tu es mort. » Ah ! Si ça avait été l’argent d’un autre pays étranger, du Liechtenstein ou de Monaco, les flics-juges de Mediapart auraient fermé les yeux et Sarkozy aurait eu beaucoup moins d’emmerdements. Mais là, c’est Kadhafi, et à l’époque, Mouammar était considéré comme un terroriste arabe, et pour ces jolis messieurs propres sur eux et pas du tout dedans, il y a une morale qui est qu’un politicien, pour arriver à ses fins, ne doit pas prendre l’argent d’un terroriste. Mais celui d’un marchand d’armes, c’est permis ?… Si on enquêtait sur l’origine de l’argent qui a servi à financer telle ou telle entreprise, on verrait que c’est pas beaucoup plus reluisant que celui que Kadhafi a filé en douce à Sarkozy en échange d’une réhabilitation officielle sur la scène occidentale une fois qu’il serait élu. Il faudrait faire une enquête sur ce que chaque personne a fait dans sa life pour s’assurer que l’argent qu’il a gagné l’a été plus ou moins proprement. Les sarkozystes vous embrouillent mais les antisarkozystes aussi : dans un camp comme dans l’autre, on est toujours dans la morale, la pire, celle qui transforme la faute en innocence, comme l’autre, le vrai Innocent, transformait l’eau en vin… D’ailleurs, en la circonstance, il ne s’agit pas d’un miracle mais plutôt d’un tour de magie qui a transformé le vin en eau, en eau de boudin bien sûr.

Félicitations aux cambrioleurs des bijoux du Louvre ! Astucieux, le coup du monte-charge et du déguisement en ouvriers gilets jaunes et orange pour que les deux voleurs accèdent à une fenêtre du 1er étage, brisent la vitre à l’aide d’une disqueuse et pénètrent, vus mais pas connus, dans la galerie d’Apollon du musée (au passage, musée que je n’ai jamais aimé : parmi ceux que j’ai visités dans le monde, c’est vraiment le plus moche, le plus sombre, le moins bien agencé de tous… ). Les braqueurs, en fracturant les vitrines, ont dérobé 8 708 diamants, 34 saphirs, 38 émeraudes et 212 perles (pour 88 millions d’euros), et sont redescendus calmement par le même moyen, puis se sont enfuis en scooters… Sept minutes, ça a pris, un dimanche matin d’octobre à 9h30… Sans haine, sans armes, sans violence comme disait mon ami Albert Spaggiari. Et du travail bien fait, à la Marius Jacob, mon idole ! Qu’est-ce qu’on a à foutre de toutes ces broches, boucles d’oreilles, colliers de parures des reines Marie-Amélie et Hortense, deux vieilles salopes ? Indécente brocante ! Les casseurs ont même fait tomber, en se barrant, une pièce de choix : la couronne de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, composée de 1 354 diamants et 56 émeraudes et qui a été retrouvée par terre comme une merde aux abords du Louvre… Scandale généralisé ! Comme si le Louvre n’avait rien volé lui-même ! Et ça remonte à loin… Les spoliations napoléoniennes n’ont plus de secret pour personne : des tas de trucs piqués par Napo en Égypte, en Italie, en Syrie : des sculptures, des vases, des bustes, jusqu’à celui d’Homère ; du grec, du romain… La Vénus de Médicis ; Laocoon ; L’Apollon du Belvédère !… L’Écorcheur rustique, ça ne vous dit rien ? Et de la peinture à gogo de génies : des Crivelli ; des Pérugin ; des Lorenzo Lotto ; des Andrea del Castagno ; des Le Guerchin (beaucoup de Le Guerchin)… Tous les duchés y sont passés, la Toscane, Modène, Venise… Des Piero della Francesca, des Raphaël… Sans tout ça, le Louvre ne serait pas le Louvre. Il voulait en faire un « musée Napoléon », monsieur le spoliateur auto-couronné ! Oui, il y a eu pillage, c’est indiscutable, par tous les pouvoirs français, royaux et impériaux, républicains ! Et pas besoin de disqueuse et de monte-charge, ça s’est fait tout seul dans la plus grande « légalité ». Ça, c’était un butin, alors pour 3, 4 bijoux (plutôt des cailloux) subtilisés par des hiboux pour faire joujou avant de les jeter dans les choux, on va pas se mettre à genoux comme des poux ! Pourtant, tous les piteux benêts de la Culture et du Patrimoine prennent la mouche, et pas n’importe laquelle, le scatophage du fumier : « C’est un signe de plus à la déliquescence de l’État qui ne sait pas protéger ses “trésors”, et surtout de Macron qui avait fait son entrée dans la présidence par la pyramide du Louvre et qui en ressort par la petite porte en n’ayant pas bien sécurisé ce musée national ! » La seule question qui préoccupe un anarchiste comme moi, c’est : qu’est-ce que les malfaiteurs (moins que Sarkozy mais quand même) vont faire de tout ça ? Pas grand-chose. Les pièces sont inestimables, c’est-à-dire invendables… À moins de réussir à allécher un collectionneur-fétichiste milliardaire prêt à acheter le tout et à le cacher chez lui, il ne leur restera plus qu’à les démonter chacune puis à les retailler, afin de les transformer en débris méconnaissables, pour les vendre au détail à 200, 300 mille euros pièce, pierre par pierre… Quel boulot ! Mais rien que pour voir la tronche des royalisteux people imaginant tous ces joyaux massacrés ainsi, ça valait le coup de prendre le risque de les chaparder… Toutes les pédales perdent les leurs : Stéphane Bern en berne, et surtout Pierre-Jean Chalençon avec son camée de Napo au cou, disant qu’il vit « un cauchemar », menaçant les voleurs (« Rendez les bijoux de la Couronne, vous avez intérêt à les rendre, bande de crapules ! »), et sanglotant telle la tarlooseuse qu’il est, comme lorsqu’on l’avait accusé d’être antisémite !… On dirait que ce sont ses bijoux à lui, ses bijoux de famille ! Et mon cher Morillot qui voulait que je fasse une émission avec lui, oui, avec Chalençon… Ça va pas, non ? Et mon QI, c’est du poulet ?

J’en veux à Karl Marx parce qu’avec son Capital, il a inventé le capitalisme. En effet, celui-ci est né directement de son exégèse du capital. C’est bien joli d’étudier le capital et de faire comprendre comment ça fonctionne : comment se faire un capital, comment l’État lui-même se fait un capital, comment circulent les marchandises, se créent les plus-values, et tout le toutim mais, plongé dans son colossal labeur, comment se fait-il que Marx n’ait pas vu qu’en expliquant et en théorisant le capital, il donnait les clés pour en faire un système infaillible dont, dans sa pratique mondiale, tous allaient souffrir et souffrent encore aujourd’hui ? Il a montré la voie royale pour aboutir au capitalisme, c’est-à-dire au futur libéralisme, à la mondialisation. Et je vais plus loin : ceux qui ont créé le libéralisme et la mondialisation après lui se sont inspirés directement de son livre Le Capital dans lequel finalement, en critiquant cet état de fait, il offrait gratuitement de très bonnes recettes pour que les riches bourgeois baisent encore plus la gueule du peuple. La dénonciation est devenue un mode d’emploi. C’est donc Marx, en écrivant Le Capital, qui est l’inventeur du capitalisme et indirectement son primordial responsable.

Le vol, c’est la restitution, la reprise de possession. Plutôt que d’être cloîtré dans une usine, comme dans un bagne ; plutôt que mendier ce à quoi j’avais droit, j’ai préféré m’insurger et combattre pied à pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens.

Marius Jacob

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°42 – 20 octobre 2025

Trump à la Knesset. Au début, je pensais que c’était une exagération métaphorique et ironique de ma part de comparer Trump à Cyrus, le libérateur des Juifs de Babylone, et je m’aperçois que la comparaison est prise au sérieux et même arborée au moment où Donald arrive en héros hébraïque à la Knesset pour faire son discours. Partout dans Jérusalem, il y a des panneaux glorifiant Trump : « Cyrus the Great is alive ! » Pour les Israéliens, ce n’est pas pour rigoler ! Ils sont tellement mécaniquement fanatiques qu’ils le prennent pour leur véritable sauveur, alors que, par occultes tractations, le Trumpos n’a pu, après 738 jours, faire sortir que 20 pauvres épouvantails, en effet mis à mal par le Hamas. Ce n’est pas Cyrus mais les Israéliens sont tellement assoiffés de sang et affamés de corps (rien à voir avec du vin et du pain) que même un morceau de barbaque d’un seul mort suffirait à leur joie. Ils font comme si Trump-Cyrus avait réussi à extraire des milliers et des milliers de leurs compatriotes des tunnels islamico-palestiniens, alors que le Hamas redonnent ses captifs au compte-otages. Vingt misérables cadavres ambulants, je vous dis, et neuf dépouilles sur les vingt-huit promises… À propos de tunnels, on n’est pas au bout de celui de « la fin de la guerre », comme le martèle Trump lui-même, auto-persuadé et persuadant les autres de la véracité de ce pieux bobard. Dans cette « post-Histoire », bientôt, ça va coincer, vous allez voir, surtout que le Hamas n’a pas l’intention du tout de se désarmer ! Ce qui est étonnant, c’est que toute la smala juive autour de Netanyahou, avec son horrible sorcière souriante et tactile à ses côtés, fait comme si la fausse réalité imposée par l’esprit conspi in situ et in live de Trump était leur réalité également. Que Trump s’illusionne lui-même, c’est une chose (« C’est aujourd’hui une période très excitante pour Israël et pour tout le Moyen-Orient. Car partout dans cette région, les forces du chaos, du terrorisme et de la ruine qui la ravagent depuis des décennies sont désormais affaiblies, isolées et totalement vaincues. Une nouvelle coalition de nations fières et responsables est en train de voir le jour. Et grâce à nous, les ennemis de toute civilisation battent en retraite. »), mais que Netanyahou dise à la même tribune que « Donald Trump est le plus grand ami que l’État d’Israël ait jamais eu à la Maison-Blanche » parce qu’il a frappé les sites iraniens nucléaires lors de son opération « Marteau de minuit » (« Midnight Hammer »), et que « le peuple juif se souviendra de Trump pendant des milliers d’années », c’en est une autre. Quel marteau au fait ? Mais « Mjöllnir », of course, celui forgé pour Thor par les nains, comme il est dit dans la légende germano-nordique ! D’ailleurs, ç’aurait été plus logique d’identifier Trump à Thor plutôt que d’en faire un nouveau Cyrus qui était un Perse natif de cet Iran à qui Donald a foutu une raclée… En plus, physiquement, c’est vrai qu’avec sa coiffure blondasse en casque, Trump fait davantage penser au superman wagnérien : un Thor, mais en costard, quasi octogénaire, et déboulant en Terre Promise avec une démarche de mi-ours mi-éléphant, son marteau magique à la con à la main !

Encore un bout du discours de Trump à la Knesset : « Le Dieu qui habitait autrefois parmi son peuple dans cette ville nous appelle encore, selon les paroles de l’Écriture, à nous détourner du mal et à faire le bien, à rechercher la paix et à la poursuivre. Il murmure donc toujours la vérité dans les collines, les coteaux et les vallées de sa magnifique création. Et Il inscrit toujours l’espoir dans le cœur de ses enfants partout dans le monde. C’est pourquoi, même après 3 000 ans de souffrances et de conflits, le peuple d’Israël n’a jamais cessé d’être exposé à toutes sortes d’autres menaces. Vous voulez la promesse de Sion. Vous voulez la promesse du succès, de l’espoir et de l’amour. Et Dieu et le peuple américain n’ont jamais perdu la foi en la promesse d’un avenir grand et béni pour nous tous. » Typique laïus presbytérien ! C’est presque beau ! Mais il ne faut pas interpréter cela comme une simple lèche du cul hébreu pour des raisons financières et politiques. Trump est un très observant protestant calviniste dans la grande tradition des missionnaires presbytériens qui avaient installé jadis des écoles de prêche exprès dans les quartiers juifs de Téhéran (tiens, tiens) pour les évangéliser, car c’est bien ça l’objectif des presbyts’ : coller le plus possible au judaïsme par une solidarité intéressée, en s’appuyant sur la Bible, afin que le peuple juif se greffe — qu’importe si c’est comme une prothèse ! —  dans le sein chrétien (mamelle de Mammon pour certains). Le père et le fils Bush étaient dans la même optique. Le sionisme américain est une démarche christiannique avant tout. Trump est un évangélique persuadé que c’est au prix (élevé !) du retour des Juifs en Terre Sainte que celui de Jésus sur la Terre tout court sera possible et même certain.

En attendant, c’est la fête et à grand spectacle, même si on est loin de Wagner !… Par exemple, il faut voir la frénésie carnavalesque qui secoue les Juifs dans un clip épouvantable tourné à côté du kibboutz de Sdot Yam, dans l’amphithéâtre romain de Césarée… J’y suis allé, à Césarée, avec Pajak en 1991 (voir mon récit illustré de notre voyage dans Patience 3)… « Je demeurai longtemps errant dans Césarée ! » comme le mugit si bien Antiochus dans Bérénice… Racine ! Robert Brasillach ! Marguerite Duras ! Tous ont fantasmé une Césarée sans y être allé bien sûr… Marguerite en premier qui a préféré filmer les statues de Maillol au jardin des Tuileries (quel rapport ?) ! En plus, le clip ne date pas d’hier, c’est une resucée : on l’a ressorti du frigo, et sans le dire : encore une arnaque ! Il avait été fait en décembre 2023 pour appeler à la libération des otages ; pas pour fêter celle du 13 octobre 2025. Ce show pseudo-grandiose met en scène 1000 musiciens et chanteurs : violons, clarinettes, violoncelles, harpes, clarinettes basses, trombones, batteries, etc. Avec des extraits de Zacharie et de la Genèse en incrustations… Guitares électriques, basses, claviers, trompettes, sopranos, ténors ! Tous entonnant l’hymne dégueu Habaita (À la maison)… Quelle maison ? C’est pas la leur ! « Musicalement », c’est du niveau de la plus conventionnelle chanson de variét’, avec la lourdingue montée d’un ton avant la fin… Bring them home ! Et tous dansent pour célébrer le retour d’une poignée de pelés et tondus amaigris sur lesquels se jettent en hurlant sans pudeur leurs parents hystériques et enlarmés… En voyant ça, on est partagé entre le dégoût et l’envie de rire et c’est l’envie de rire par dégoût qui l’emporte. Car dans les médias qui en rendent compte (principalement CNews évidemment ), pas un mot sur les 2000 otages palestiniens rendus en échange, et dans quel état ! — la plupart torturés, brûlés, violés, les couilles bouffées par des chiens, les membres amputés, les organes prélevés de force, etc — et qu’ils appellent directement « 2000 terroristes », comme le magistrat Fenech, pourtant censé avoir bien étudié la présomption d’innocence, et traitant comme ça des condamnés à la prison aléatoirement, la grosse majorité sans raison ni jugement, chez son patron Pascal Praud, fondant, lui, jusqu’au malaise de guimauve d’amour à force de tartiner sa pâte d’empathie simulée sur ces pauvres Israéliens qui ont tant souffert à côté de ces musulmans barbares qui perturbent les bons bourgeois blancs partout dans le monde… Même Arthur, en tournée de promo pour son « livre » J’ai perdu un bédouin dans Paris, est obligé de le modérer…

 

Sans aucune retenue, tous les chroniqueurs de Sion News se vautrent dans la boue d’un bonheur qu’ils font semblant de ressentir, insistant sur les tortures que trois rescapés du festival Nova ont subies pendant deux ans… Cette joie est indécente, surtout de la part de goys culpabilisés ou de Pieds-noirs non concernés… On dirait que c’est vraiment leur famille qui au grand complet s’est sortie vivante des chambres à gaz et que ce miracle les transfigure pour toujours. On parle de « larmes de crocodile », mais là, ce ne sont même pas celles d’un crocodile vivant auxquelles on pense quand on voit les bolloréens renifler ; ce sont des larmes de sacs en peau de crocodile qui ruissellent sur leurs joues de beaufs, et encore ! De faux sacs en fausse peau de crocodile, de la pure contrefaçon d’émotions made in China ! Et ces pleurnicheries bidon osent s’épancher à longueur de chaîne d’info en continu alors que s’est déroulé le plus terrible carnage de Gazaouis jamais perpétré par Tsahell, et dont CNews n’a jamais daigné ni parler ni montrer la moindre image ? C’est ainsi qu’on reconnaît une nation, un peuple, sa masse et ses élites tous coupables (je parle de la France) et qui, pour accepter tout ça sans se révolter, mériteraient de recevoir de la part de Dieu une bombe nucléaire sur la gueule ; pas moins.

 

Adresse aux sarkozystes : « Ne vous inquiétez pas, petits mignons qui plaignez votre goat d’entrer en prison mardi… Rassurez-vous comme vous pouvez : par exemple, en vous disant qu’il est coupable mais qu’il ne méritait pas autant, plutôt que de chouiner partout qu’il n’a rien fait et qu’il ne méritait rien ! Évidemment, c’est symbolique : vous pensez bien que Sarkozy ne va pas faire ses 5 ans ferme dans une cellule de la Santé de 9 m², à nettoyer son sol et à changer lui-même son seau de merde, en regardant la télé payante sur un tabouret scellé… Et tout ça à côté de la geôle d’Owen Legrand, l’assassin de la petite Louise (voir Feuille nabienne N°7 – 17 février 2025)… Non ! Sarkozy a dû se dire pendant des années : ‘‘Ce n’est pas possible de me mettre vraiment en prison, moi ! ’’ Eh bien, si, mon petit bonhomme, tu ne faisais quand même pas confiance à la Justice de ton pays, connue intergalactiquement comme étant la plus injuste, dégueulasse, fallacieuse et indigne, enfin ! Premier chef de l’État français à se retrouver en taule, après Louis XVI et Pétain… Au fait, lequel des trois était innocent ? Réponse : le seul qui a été condamné à mort et exécuté !… Il est clair que la magistrature a voulu par ce geste faire comprendre à Sarko, hélas pas ce qu’est la prison, lui qui a été flic pendant des années et qui avait la sévérité facile, mais que c’est une faute ‘‘gravissime ’’ d’avoir multiplié les magouilles politiques pour devenir président, et que pour cela sa punition doit être éthiquement ‘‘exemplaire ’’et autres conneries… Bref, sa peine sera très vite aménagée, ne vous en faites pas,  et il ressortira presque comme un héros… Malheureusement pour lui, j’ai bien peur que Sarkozy ne tire de là aucune réflexion intéressante, alors qu’il devrait… Allez, on lui donne deux mois max pour qu’il soit désincarcéré… Pierre Palmade lui-même est sorti (au bout de 4 mois), alors pourquoi pas Sarkozy ? Carla Bruni aura à peine le temps d’aller se faire troncher par un autre people que Nico sera déjà rentré à la maison… On la connait, Carla… Quel people ? Mais le fils même du bagnard, voyons ! Louis Sarkozy ! »

Nouvelle tape sur les doigts de Léa Salamé pour avoir, dans son JT (pour lequel décidément elle n’est pas faite), confondu dans une brève les destins de Dominique Bernard et de Samuel Paty : « Cette image encore : l’hommage ce matin à Arras dans le Pas-de-Calais au professeur Dominique Bernard, assassiné il y a 2 ans jour pour jour dans une attaque terroriste par un élève radicalisé après avoir montré des caricatures de Charlie Hebdo. Un lâcher de ballons a été organisé. Dominique Bernard avait 57 ans. » Tous les commentateurs sur le net et ailleurs s’insurgent contre cette bévue considérée comme un véritable blasphème : Bernard n’a pas été assassiné parce qu’il avait montré des caricatures ; c’est Paty qui l’a été pour cela. OK, mais le point n’est pas que Salamé et les rédacteurs de son prompteur sont des nuls et que France 2 est en train de couler journalistiquement parlant ; l’intéressant est que cette confusion est ancrée dans tous les esprits comme une sorte de lapsus qui en dit long sur ce que pensent au fond les journalistes obligés de rendre un hommage permanent aux « victimes du terrorisme islamique » qui sont en effet interchangeables dans l’insignifiance et la connerie. C’est très bon signe que dans la trogne des journaleux, Paty (voir mon texte « Lettre ouverte à une tête de con » dans le Nabe’s News n°28 – 29 janvier 2021) et Bernard (ne rien voir du tout car je n’ai pas eu le temps d’écrire le texte que j’avais prévu à l’époque et qui devait s’appeler Saint Bernard, un chien de l’enfer sans son baril de rhum) soient amalgamés. Oui, Salamé et Bugier avant elle à 13h00 ont eu raison sans l’avoir voulu, sans le savoir, de confondre Paty et Bernard ! Ils représentaient la même arrogance moralisatrice républicaine laïque fondée sur une pure domination psychologique à base de fonctionnariat servile.  L’un avec son écharpe et son petit stylo ; l’autre avec sa petite tasse de café… Paty et Bernard, même combat ! On peut les confondre, on doit les confondre tellement ils ont usurpé leur métier soi-disant honorable de professeur de lettres détourné en professeur de morale. Jamais personne ne remet en question leur enseignement conformiste (je veux dire qu’ils sont payés pour enseigner aux enfants et adolescents le conformisme) ; on préfère en faire des martyrs sans tache. D’ailleurs, l’assassin de Bernard l’avait bien dit lui-même à l’époque dans une annonce audio : « Oh Français, peuple de lâcheté et de mécréants. J’étais dans vos écoles des années et des années, j’ai vécu des années et des années parmi vous, gratuitement. Vous m’avez appris ce qu’est la démocratie et les droits de l’homme, et vous m’avez poussé vers l’enfer. Dominique Bernard était prof de français. C’est l’une des matières où l’on transmet la passion, l’amour de la République, de la démocratie, des droits de l’homme, des droits français et mécréants. » En effet, enseigner tout cela plutôt que de donner aux élèves le goût des grands auteurs de la langue française qui ont sacrifié leur carrière ou leur vie pour offrir au monde leur art mystique du Verbe est une distorsion de la fonction initiale de prof. Si Bernard avait été comme on l’a dit un « amoureux de la littérature qui savait transmettre sa passion », pourquoi n’a-t-il pas su, ou voulu, transmettre à Mohammed Mogouchkov cette même « passion » pour la distorsion, poétique celle-là, des vers d’Arthur Rimbaud qui avait son âge lorsqu’il renonça à en écrire par dégoût de l’institution généralisée ? Bernard n’aurait pas fini poignardé à la gorge et au thorax par le jeune élève déçu par cette école qu’il ne pouvait juger que comme celle des cadavres.

Histoire que j’adore. Lorsque son père est mort, Cézanne courut aller chercher son matériel de peinture et commença à faire le portrait du cadavre paternel… Sa mère déboula dans la chambre de son défunt mari, et, arrêtant aussitôt son fils dans son œuvre en cours, lui dit : « Voyons, Paul, ce n’est pas le moment de plaisanter, tu sais bien que si nous voulons conserver les traits de ton père, il nous faut un peintre sérieux ! »

Est-ce qu’il existe une fin ouverte plus belle pour un roman que celle de L’Éternel Mari (qui, entre parenthèses, vaut autant son pesant de cacahuètes névrotiques sur la question du double que Le Double) ? Le héros renonce à aller chez quelqu’un, et Dostoïevski écrit pour finir le roman : Comme il le regretta plus tard ! Mais ce « plus tard », on ne le connaîtra jamais ; il est pour l’éternité dans un autre roman que Dosto n’écrira jamais.
Les Suisses sont des cons ; les Italiens sont de sales cons ; les Français sont de pauvres cons.

Les Français sont contents de se rendre ridicules.  

Louis-Ferdinand Céline

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°41 – 13 octobre 2025

Sébastien Lecornu (quel nom con !) démissionne… « Le plus bref gouvernement de la Ve République : 14 heures à peine d’existence »… Les Français paniquent parce qu’ils n’ont plus de Premier ministre ! Que la France soit dirigée pendant quelques jours par des ministres démissionnaires la fait trembler pire que si elle vivait une révolution. « Et les affaires courantes ? » « Et si demain nous sommes attaqués par les Russes ? » Rendez-vous compte jusqu’où s’est abaissé ce peuple qui a été capable de prendre la Bastille, de produire des orateurs extraordinaires de moins de 30 ans qui ont soulevé le monde et fait tomber les têtes (jusqu’aux leurs) comme on cueille des fleurs !… Sinistre et soporifique, « le moine-soldat » (dixit lui-même) Lecornu se décide à venir à la télé pour s’expliquer et évacuer la possibilité que Macron le renomme (« Ce soir, je considère que ma mission est terminée. »)… Évidemment, c’est ce qui est arrivé, et au lieu de rejeter l’humiliante proposition du président, Lecornu accepte et redevient Premier ministre ! Le rat regagne le navire !… Cela s’est déroulé en moins d’une semaine, du lundi au vendredi. Et il faudrait prendre cette nouvelle macronade au sérieux ? Peuh ! Je me refuse à commenter davantage les petits dramas d’un gouvernement français avec untel qui démissionne à cause d’untel qui n’était pas content qu’untel soit aux affaires et autres conneries. Ça n’a aucune importance, aucun intérêt, c’est d’une insignifiance ! Comme disait Pauline Carton : c’est « prodigieusement inintéressant ». Tout ça, c’est la faute à Macron coupable de la fatale dissolution… Et pas celle de l’Assemblée nationale, non ; il s’est dissout lui-même ! C’est à un président en dissolution permanente à qui on a affaire ; il se dissout petit à petit, aux yeux de tous, et se dissoudra jusqu’en 2027.

On retrouve Macron à la cérémonie de la panthéonisation de Robert Badinter, le président a rendossé sa soutane de curé laïc pour prononcer en chaire, pour de simples os, un discours à vomir sur Badinter et « ses grands combats essentiels et inachevés : l’abolition universelle de la peine de mort, la lutte contre le poison antisémite et ses prêcheurs de haine, la lutte pour la défense de l’État de droit »… Quel mauvais comédien, ce Macron ! mais il n’est pas pire que Philippe Torreton, Éric Ruf, ou Guillaume Gallienne convoqués par piston théâtreux pour des lectures solennelles à cette nouvelle Fête de l’Étant suprême … J’oubliais Sandrine Bonnaire (Pialat avait bien raison de la traiter de connasse), et Julien Clerc qui est venu chanter L’Assassin assassiné, sa chansonnette contre la peine de mort à la gloire de Badinter (paroles : Jean-Loup Dabadie) : est-ce qu’il a la voix de plus en plus chevrotante en vieillissant ou je rêve ? Non, il a toujours chevroté comme ça. Julien Clerc est un chanteur caprin, comme on le dit d’une viande. Ah, un sacré paquet de bien-pensants étaient là pour célébrer, à la républicaine, l’entrée de l’Abolisseur dans la poubelle géante du Panthéon. Ça les fait tous bander ; c’est Bandinter ! Tapis bleu puis blanc et rouge sur le bitume de la rue Soufflot, la gueule de Badinter affichée en noir et blanc, entre les deux colonnes du temple dédié « aux grands hommes, la patrie reconnaissante » : d’un côté, sur le bleu : « la justice française ne sera plus une justice qui tue » ; sur le rouge : « la peine de mort est abolie », et aussi des portiques « République », « Mémoire », « Justice » que le cercueil, porté lentement par des gardes, a dû franchir… À propos de cercueil — rassurez-moi —, il y avait bien dedans le cadavre de Badinter ?… Eh bien, non, justement, le cadavre de Badinter, mort à 95 ans en 2024, est resté à Bagneux sous sa tombe qui d’ailleurs a été profanée le jour même, 9 octobre, de la panthéonade. Profanée, disons plutôt taguée par des extrême-droitards pour qui Badinter était le symbole du laxisme judiciaire. Le tag (nettoyé aussitôt) était explicite : «Éternelle est leur reconnaissance, les assassins, les pédos, les violeurs, la RÉPUBLIQUE le sanctifient » (sic). Attention ! Ce n’est pas parce que la tombe a été souillée qu’on a renoncé à transporter la charogne du garde des Sceaux au Panpanthéon, pas du tout, c’est Madame Badinter, Élisabeth, la louve féministe, qui, tenant à être enterrée avec son mari et estimant ne pas mériter d’être panthéonisée en tant que conjointe du héros, (comme l’a été le mari de Simone Veil), a décidé de le laisser pourrir à Bagneux. Sympa comme décision de veuve !… Peut-être que ça lui aurait plu, à Robert, que son macchabée finisse en haut de la rue Soufflot. C’est donc un cercueil vide ou presque, rempli de sa robe d’avocat, de son discours anti-guillotine, de son livre sur sa grand-mère yiddish Idiss, d’une bio de ce connard de Condorcet et des deux tomes des Choses vues de Victor Hugo, qui a été transféré au Panthéon et devant lequel se sont recueillis les clampins sans même le savoir, et Macron lui-même, qui s’est presque signé devant ce cénotaphe bidon qui ne grouillait même pas des asticots abolitionnistes dansant de joie de trou en trou dans la viande avariée badintérique ! On est donc dans le symbole à tous les niveaux, car sans doute les profanateurs de Bagneux, le matin même, pensaient, comme beaucoup, qu’on allait extraire le cercueil de Badinter. Naïfs tagueurs ! Qui donc est entré ce jour-là au Panthéon ? Personne, au fond ! « Ce n’est pas la première fois qu’un cercueil entrera au Panthéon sans la dépouille. En 2015, les cercueils des résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz ne contenaient qu’une poignée de terre, car leur famille avait refusé que leurs corps quittent le cimetière familial, lit-on sur Internet. Au passage, depuis combien de temps il n’y a pas eu de grands artistes ou écrivains au Panthéon, et tant mieux pour eux car ce serait un passage honteux de la rébellion à l’institution ? Rappelez-vous l’affaire Rimbaud + Verlaine… Badinter ! L’un des hommes les plus influents et les plus antipathiques de la mitterrandie. Un donneur de leçons gorgé d’autoritarisme sourcilleux badigeonné de pathos, un « ténor » de l’avocasserie hyper-bourgeoise des années 70-80, hyper ridé et menaçant, tartinant en permanence son histoire de petit Juif ayant échappé à la déportation pendant l’Occupation et devenu un serviteur zélé de la République française, celle-là même qui avait bazardé son père à Sobibor et sa grand-mère à Auschwitz… Et monsieur s’était permis de piquer une colère quand son Mitterrand chéri s’était fait huer à une autre cérémonie, celle de la commémoration des 50 ans de la rafle du Vel’ d’Hiv’ en 1992, parce que les familles de déportés savaient que « Tonton » n’avait pas été blanc bleu rouge pendant la guerre et qu’ils trouvaient un peu gros que ce soit lui, Mitterrand, ex-ministre de Pétain, qui vienne condamner le crime de Vichy. Pour Badinter, il ne fallait pas toucher à saint François ! « Vous m’avez fait honte ! » hurla Badinter alors que, par mitterrandophilie délirante, il trouvait tout à fait normal que son gourou ait pour grand copain René Bousquet, celui-là même qui avait fait déporter sa mamy Idiss… Moi (et sans doute beaucoup d’autres), ce qui me « fait honte », c’est que Badinter, qui s’érigeait comme le juste des justes combattant partout l’injustice, n’a jamais bougé un poil de ses affreux sourcils pour défendre le droit des Palestiniens à ne pas être condamnés à mort par Israël. Et pire ! Lui qui était un as en droit international a participé activement à la consolidation juridique de l’impunité d’Israël. Pour couvrir les crimes hébreux, Badinter a mis la même « conviction » vantée partout. Ses grandes valeurs universelles s’arrêtaient aux grillages et aux barbelés de la bande de Gaza… À ce moment-là, il était beaucoup moins humaniste, philosophe, intellectuel… Cette « conscience » pour la dignité humaine a fait comme tous les Juifs qui prétendent lutter pour le Bien universel mais qui ferment leur gueule sur le Mal quand il vient de Tel Aviv. C’est ça que les profanateurs auraient dû taguer sur sa dalle à Bagneux : « Éternel est leur mépris, les Palestiniens, les Cisjordaniens, les Gazaouis, la vraie humanité lui crache dessus. »

Mais évidemment, le titre de gloire de Robert Badinter, c’est d’avoir réussi à abolir la peine de mort en 1981… Là aussi, il va y avoir à dire, surtout sur sa manière d’y parvenir : l’exploitation de deux faits divers : d’abord, l’exécution (dont il a fait un livre) de son client Roger Bontems, un des deux prisonniers de Clairvaux qui, pour s’évader avec Claude Buffet, avait pris trois otages dont un gardien et une infirmière qui furent égorgés… Bontems n’avait pas de sang sur les mains mais celles-là étaient quand même aspergées de celui de son copain Buffet qui, lui, en avait sur les siennes. Badinter n’a pas pu faire couper, si j’ose dire, Bontems à la guillotine. Ça se passait à Troyes en 1972, et Badinter raconte que dans la foule des gens grouillant derrière les grilles du palais de justice de Troyes et qui réclamaient la mort pour les deux accusés, il y avait le jeune Patrick Henry qui hurlait : « À mort, Buffet ! À mort, Bontems ! », et que ça ne l’a pas dissuadé, lui, Henry, quatre ans plus tard, d’enlever et d’étrangler le petit Philippe Bertrand (7 ans)… Selon Badinter, cela démontrait que la peine de mort n’était pas dissuasive… On le savait, mec : rien n’est dissuasif dans la vie d’un homme, rien. L’être humain, parce qu’il est une ordure à la base, et jusqu’à sa mort, et même en mourant, ne croit pas qu’il puisse disparaître ; jamais personne ne pourra le raisonner. La perspective d’être exécuté parce qu’on a assassiné n’a jamais empêché personne de tuer. Cet argument est tellement basique qu’il en devient pour ainsi dire démagogique. L’autre argument de Badinter lui est venu d’une autre exécution, celle de Christian Ranucci, chopé quasiment en flagrant délit, en 1974, et dont la condamnation à mort est tombée quelques jours après l’arrestation de Patrick Henry (le revoilà !) en 1976. Et là, c’est plus grave car c’est grâce à la décapitation de Ranucci en juillet de la même année que Maître Badinter a pu pousser sa gueulante contre la peine de mort, en faisant de Ranucci un innocent qui avait été condamné à tort, ce qui lui a permis d’emporter le morceau pour Patrick Henry : perpétuité plutôt que guillotinage. Se plaçant, sans avoir étudié le dossier, dans le sillage tordu et boueux de Gilles Perrault et de son si détricotable pull-over rouge, Badinter parla jusqu’en 1981, et après encore, de « Christian Ranucci dont personne ne sait à ce jour, on ne peut dire avec certitude, s’il était innocent ou coupable, avec ce que cela signifie à l’égard d’une justice comme la nôtre. » Ainsi que le 11 septembre 1978, à la télé, toujours à propos de Ranucci : « Vous avez une telle masse d’incertitudes sur la culpabilité, une telle impression que, à ce moment-là, l’appareil judiciaire comme cela arrive quelquefois, est entièrement tourné dans le sens de la conviction de la culpabilité et qu’il ne prend plus en considération les éléments qui peuvent militer en faveur de l’innocence, que l’homme est comme écrasé. » Ben voyons ! Badinter a donc utilisé une fausse innocence pour faire passer sa loi, et ça personne ne le dit alors que ce n’est pas très joli-joli comme procédé, et pourtant il est si typiquement de gauche… La question est : est-ce que Badinter savait que Ranucci était en vérité coupable et il a surfé sur l’« erreur judiciaire » dont le jeune homme aurait été victime pour faire abolir la peine de mort, ce qui a aidé Mitterrand à passer à la présidence en 81? Ou bien était-il sincèrement convaincu que le jeune Christian Ranucci n’avait ni enlevé ni tué la petite Dolorès Rambla alors qu’aujourd’hui, il est parfaitement démontré que si, et par votre serviteur dans un futur texte qui vous laissera sur le cul par les détails qui n’ont jamais été fouillés à l’époque ni depuis ? Non ! La dissuasion inefficace sur un futur coupable et le doute entretenu sur un prétendu innocent ne sont pas de bonnes argumentations pour abolir la peine de mort. D’autres pays plus civilisés que la France comme la Côte d’Ivoire, Djibouti, Madagascar, la Namibie, le Congo, la Papouasie, les îles de Vanuatu, Tuvalu, Samoa, Salomon, et aussi la Slovénie, la Tchéquie (et je ne parle pas de la Colombie, du Costa Rica, de l’Équateur, d’Haïti !) se sont passés de cette punition depuis le début du XXe siècle. Chez tous ces « métèques »-là, la peine de mort a été abolie et, comme par hasard, au moment de leur indépendance, c’est-à-dire quand, en gros, les Blancs, qui pour la plupart leur avaient imposé la peine de mort, les ont laissés tranquilles. Cette ignominie, presque partout dans le monde, fut supprimée tout naturellement sans passer par la rhétorique fallacieuse d’un avocat bourgeois socialiste sioniste hystérique, et peu regardant sur la véracité des faits. Jusqu’au Kirghizistan, on n’a pas eu besoin de tout ce fatras politicard pour supprimer cette barbarie ! Présentée comme une victoire, que le pourcentage de Français pour la peine de mort soit aujourd’hui exactement le même qu’avant 81 prouve qu’il s’agit plutôt d’une défaite. Oui, la peine de mort a été légalement abolie, mais le goût de la peine de mort ne l’a jamais été, lui : les gros beaufs franchouillards assoiffés de sang que les dessins de Reiser et Gébé fustigeaient dans le Charlie Hebdo des années 70 se sont transformés en jeunes beaufs d’extrême-droite décomplexée proprets qui hurlent comme leurs arrière-grands-pères : « À mort, les assassins d’enfants et les terroristes ! Combien de tueurs en vie grâce à Badinter ? » Ce sont les mêmes qui ont contesté à une autre figure d’entrer au Panthéon, Simone Veil, « l’avorteuse ». Pour ces imbéciles-là, qui croient encore qu’entrer au Panthéon est une récompense, la boucle de l’horreur métaphysique est bouclée : d’un côté, Badinter, avec sa loi, a tout fait pour laisser vivre des coupables et de l’autre ; Veil, avec la sienne, a permis aux mères de tuer dans leur œuf des innocents qui ne demandaient qu’à vivre… En réalité, je vous le dis : les partisans de la peine de mort sont toujours là ; sur TikTok et Instagram, ils pullulent, et la délinquance accrue de la société est leur seule motivation pour cracher sur la panthéonisation d’un Badinter, alors qu’il y en a bien d’autres à exposer. Quel échec que cette abolition de la peine de mort ! Quel guignol gesticulateur que ce Badinter ! C’est l’envie d’envoyer à la guillotine des criminels qu’il fallait éradiquer ; pas seulement installer une loi républicaine pour empêcher constitutionnellement qu’on coupe le kiki des assassins !

Le 7-Octobre, deux ans après. Il s’en trame des trucs autour de cet anniversaire !… Trump était bien parti mais le gros blond pressé a commencé à s’énerver contre Netanyahou qui continuait de bombarder tout en pinaillant au moment de signer. Les tergiversations de Tel Aviv sont responsables du retard qui a fait louper à Trump le rêve de sa vie… Le prout Nobel de la paix lui est passé sous le nez, sinon sous la trompe… On ne saurait mieux dire puisque c’est comme un éléphant protestant que Donald est entré dans le magasin de porcelaine juive. C’est pas nouveau : il ne peut pas le piffer, le Netanyahou. Trump se targue de réussir à établir une paix « durable » entre Israël et Gaza. Déjà, première étape : le cessez-le-feu. Trump l’a obtenu et il est entré en vigueur le 10 octobre, mais est-on bien certain qu’il n’y a plus aucune bombe de larguée, ni un seul sniper à l’œuvre sur le terrain ?… Deuxième étape : le retrait « partiel » de l’armée israélienne de la bande de Gaza ; puis la troisième : la libération des 48 otages en échange de 2 000 prisonniers palestiniens ; et enfin, quatrième : l’entrée immédiate d’une aide humanitaire « accrue » dans l’enclave détruite. Tout ça se décide en ce moment même en Égypte, à Charm el-Cheikh, transformé en véritable souk de la paix, avec négociateurs qataris, médiateurs égyptiens, facilitateurs omanais, intermédiaires turcs qui jouent les différentes courroies de transmission entre les Américanos et les Sionistueurs, et le boss de la délégation palestinienne qui n’est rien d’autre que… Hossam Badran, qui a échappé à un attentat israélien à Doha le mois dernier ! C’était aussi un des cerveaux du 7-Octobre et il serait naïfissime de l’imaginer accepter bien gentiment sa capitulation. Pour Trump, c’est un détail : l’important pour l’opinion publique mondiale, c’est la libération de ces foutus otages, même une poignée… « Les otages rentreront lundi ou mardi. Je serai probablement là. J’espère être là. Nous prévoyons de partir dimanche, et j’ai hâte d’y être ! » : toujours optimiste, le Trump. Mais le Hamas, lui, ce qui l’intéresse dans le plan Trump, c’est de faire sortir le maximum de prisonniers politiques palestiniens pour les retaper et en faire de bons terroristes. Voilà pourquoi il est prêt à rendre quelques otages ou quelques débris d’otages. Sauf qu’il y a comme un défaut : c’est cette nouvelle exigence des Israéliens et des Américains d’expulser de Gaza tous les membres du Hamas… Alors là, ça coince. Hossam Badran a déclaré : « Les dirigeants du Hamas présents dans la bande de Gaza se trouvent sur leur terre, celle où ils ont vécu, parmi leur famille et leur peuple. Il est donc naturel qu’ils y restent. Parler d’expulser les Palestiniens, qu’ils soient membres du Hamas ou non, de leur terre est absurde et insensé. » Il est bon, ce Badran ! Mais j’ai bien peur qu’en disant ça, il se soit collé lui-même une cible en plein sur le cœur. « Ils » vont n’en faire qu’une bouchée, surtout si c’est le seul obstacle à leur putain de paix. À suivre…

J’étreindrai la langue, et, la terrassant, lui ferai rendre gorge et jusqu’à son dernier secret, et jusqu’à ses richesses profondes, afin qu’elle me découvre son intérieur et qu’elle m’obéisse et me suive rampante, par la crainte, et parce que je l’ai connue et intimement fouillée.

Charles Ferdinand Ramuz

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°40 – 6 octobre 2025
Encore des histoires de flottille… C’est du réchauffé, pour ne pas dire du remouillé… Cette fois, c’est à 40 bateaux plus cons les uns que les autres qu’on a affaire : le Selfie, la Story, le Réso, le Socio, l’Inutile, le Vanité, le Sert-à-rien, le Matuvu, le World nombril center, la Casse-bonbons… L’armada humanitaire se dirige, d’abord vaillamment puis piteusement, vers les eaux de Gaza (au fait, eaux plates ou eaux gazeuses ?) pour faire semblant d’essayer de casser le blocus ! C’est toujours le même scénario avec militaires israéliens qui arraisonnent tout ce qu’ils peuvent comme coques de noix remplies de gosses en dessous Petit Bateau au motif de keffiehs, et qui s’esquichent dedans… Kif-kif les mêmes bourricots de militants que pour la précédente croisière. Il y a même Greta Thunberg et Rima Hassan qui ont rembarqué, les abruties ! mais aussi Adèle Haenel qui finalement, au dernier moment, craque… Comme le coq sans crête Thomas Portes qui a fini en poule mouillée, chouinant qu’il était obligé de renoncer pour « des raisons personnelles et des urgences familiales » ! Ah, elle est gratinée, la soupe à l’oignon propalestinienne ! Sur Instagram, donc, la morte Adèle explique qu’elle abandonne l’aventure parce que son navire a eu une avarie… C’est elle, l’avarie : elle prend l’eau ! Un moteur cassé, c’est le parfait prétexte pour jeter l’éponge : et voilà l’ex-actrice MeToo quittant le navire comme une rate, et sans même le panache en plume de cruche qu’elle avait arboré lorsqu’elle était sortie bruyamment de la salle des Césars 2020 à cause de Polanski… La honte ! Là, c’est d’autres Juifs qui la font fuir ! Elle dit qu’elle continuera quand même, de terre, « à poster »… Qu’elle n’oublie surtout pas en rentrant à Paris d’aller illico presto dans un salon d’esthéticienne se faire épiler la moustache, parce que sur ses stories Insta, ça commençait à se voir qu’elle en avait beaucoup… Si elle avait continué jusqu’à Gaza comme ça, elle serait arrivée avec un truc poilu à la Nietzsche sur le philtrum, pauvre conne !

Verlaine : « Je pardonnerais si on me demandait pardon du mal qu’on m’a fait. »

Rosa von Praunheim, dont beaucoup ont appris l’existence en lisant mon dernier Nabe’s News (rires), critique sans cesse et à juste titre « cette subculture dans laquelle s’enferment les homosexuels, cette ambiance artificielle, inhumaine à laquelle ils s’adaptent au lieu de se révolter. Politiquement, ils sont très conservateurs. Le décret qui les condamne a été aboli en 1969 seulement. La peur reste, ils ont une angoisse qui les empêche de se solidariser avec d’autres minorités. Ils se donnent pour victimes sans avoir le courage de reconnaître leur responsabilité. Comme les femmes, tellement accoutumées à l’oppression qu’elles ne peuvent plus vivre sans ! »

À un moment, j’ai cru que Gramsci avait fait lui aussi le grand saut avant de mourir en 1937, puisqu’il est enterré au cimetière dit « des Anglais », de Rome, ou encore « acattolico », mais pas du tout : c’est seulement l’endroit où tous ceux qui ont voulu marquer leur désapprobation envers le catholicisme pouvaient être enterrés ensemble (pas les Juifs quand même, il ne faut pas exagérer !)… Un cimetière acatholique ! Athées et protestants y reposent après leur même combat contre le catholicisme !…

Et Pasolini bien sûr est venu se recueillir sur la tombe de « Kramsky » (comme dit mon ordi) dans ce cimetière. La photo est célèbre. À propos de Pasolini, je crois qu’on ne mesure pas très bien la gravité de sa récupération par les extrémistes droitards ; tout ça à cause de son poème Le PCI aux jeunes ! écrit en juin 1968, où il fustigeait les « fils à papa » qui se rebellaient contre leur papa mais qui restaient des bourgeois (j’y reviendrai). Comme Gramsci d’ailleurs, Pasolini est instrumentalisé par les droiteux et les plus boiteux ou borgnes… Et ça remonte à longtemps… Finkielkraut, par exemple, qui a osé « remercier » Paso d’avoir montré ce qu’il y avait de fasciste chez Sade ; pour lui, Salo était une réponse aux intellos français d’extrême-gauche qui avaient vanté Sade. Pour Stinkielkraut, Paso leur « a mis leur nez dans leur caca »… Mais non ! Ils sont tous cités au générique du film, et au premier degré, laudativement !… Selon Finkielkraut donc, Pasolini a montré que Sade était un nazi. « Merci à lui ! » Faire de Paso un réac de droite adorateur du « c’était mieux avant », anti-révolutionnaire et anti-Sade, il faut le faire !

Autre récupération, celle de Péguy par les fumistes lâchement fafs de la Revue des Deux Mondes… « République, Patrie, Christianisme – Les combats de Charles Péguy »… C’est tellement vieillot… Parce que Péguy a soutenu Dreyfus (par l’intermédiaire de Bernard Lazare mais ça, les philosémites l’occultent car au fond, ils sont antisém’ !), ils en font quasiment un sioniste. C’est faire fi un peu vite de l’évolution de Péguy : n’a-t-il pas déclaré, en 1913, au sujet de l’Affaire Dreyfus, que « ça n’a été qu’un pli dont on a fait des montagnes » ? Péguy parlait de la patrie, de la République et de la Nation, donc c’est un nationaliste. Il a sanctifié Jeanne d’Arc, c’est donc un droitard catho illuminé ! Il était pour la guerre contre les boches, donc c’était un pro-armée française chauvin… Bref, les natio-réacs en font un mix entre Zemmour et Bardella… Heureusement, la seule chose qui sauvera toujours Péguy, c’est son langage, son écriture extraordinairement originale, unique, qui, elle, est irrécupérable : les franchouillardo-occidentalistes ne pourront jamais lire ni comprendre Péguy à cause de son langage. Déjà, les collaborationnistes du temps de l’Occupation s’y étaient cassés le nez, tout en essayant de le transformer en martyr chrétien réac plus français que tout le monde, mais pour Céline, le cas de Péguy était rédhibitoire car pour lui, il était pro-sémite… Dans une lettre à Henri Poulain du 5 juillet 43 (juste après celles que j’analyse en détail dans Nabe’s News 34), Céline disait : « Péguy adorait les Juifs, il était dreyfusard, il a été « sorti » par Benda. Christiano-juif et imbécile, il devait finir martyr et abruti, ce qu’il fit au mieux— Détestable ! Il n’a jamais rien compris. À toi ! Ferd. » Hélas, Céline n’aura pas l’occasion de reparler du génial auteur de Clio (entre autres), alors que quelques années plus tard, il serait revenu sur son jugement négatif, comme il l’avait fait pour Proust. Je suis persuadé qu’il aurait reconnu l’apport faramineux de Péguy à la technique du flux de langage oralo-écrit, celle d’un discours auto-perturbé exprès par sa pensée en marche…

Un grand chemin de dénévrosage les attendrait tous s’ils avaient le courage d’étrangler leur ego. Alas !

DAZAÏ : En bon Gémeaux, il n’a fait que des conneries toute sa vie : adhérer au Parti communiste ; se barrer avec une geisha ; se suicider à deux avec une serveuse qui, elle, meurt et pas lui ; rater toutes ses études puis un nouveau suicide ; devenir addict à la morphine ; essayer encore de se suicider avec la nouvelle geisha qu’il a épousée et qui l’a trompé (c’est son truc, le double-suicide, comme l’ont pratiqué Hitler et Goebbels) pour finalement divorcer ; se remarier avec une professeur de collège et lui faire des enfants ;  en faire encore un autre à l’une de ses fans ; rencontrer une veuve de guerre puis, pour elle, abandonner sa femme et ses enfants ; et, après avoir tout raté, finir par ne pas se rater en réussissant un ultime double-suicide avec cette veuve et donc mourir alcoolique et noyé à l’âge de 38 ans. Qui a fait mieux dans le pire ? Et pourtant, tout cela n’a pas empêché Dazaï de devenir le plus grand écrivain japonais.

Trump et Netanyahou élaborent un énième plan de paix entre Israël et Gaza à grands renforts de poignées de mains viriles et de flashes de caméras d’amour… Rodomontades ; coups de menton ; injonctions faussement loyales, lueurs d’espoir déçu… Le gros blond yankee à l’oreille cassée pose un ultimatum de 3 jours pour que le Hamas rende les otages, sinon pan-pan cucul, mais le Hamas demande un délai : il a besoin d’ « un peu plus de temps » (pour leur foutre dedans, j’espère !). La stratégie américano-sioniste, elle, c’est d’inventer un scénario (à court terme en plus) dans le seul but de pouvoir rejeter la faute de son échec toujours chez les mêmes, les Arabes de Palestine, comme ça, si ça fait pschitt (pour ne pas dire : prout), on dira que c’est leur faute… Facile ficelle ! Ce que je ferais si j’étais le Hamas, c’est proposer un plan de paix pour que ce soit les Yankikis et les Hebreugneugneux qui soient obligés de l’accepter ou de le refuser. Quand on tire tant de balles contre ses adversaires, il ne faut surtout pas oublier la dernière :  celle qui sera dans leur camp.

La première fois que j’ai entendu prononcer le nom de Karl Kraus, c’était par Jean-Edern Hallier lorsqu’il eut dans les mains mon Chacun mes goûts (1986). En regardant la couverture, et après avoir lu les aphorismes, c’est tout de suite ce qui lui est spontanément venu à l’esprit ; et dans sa bouche, c’était dépréciatif : « Tu fais comme Kraus ! »

Les followers sont des fils de pute ! Ils ne savent pas qu’on les voit quand ils regardent une story. On les voit aussi quand ils ne mettent pas de cœur. Ils zieutent, ils stalkent, et basta. Ils préfèrent se rincer l’œil ou le cerveau en douce parce qu’ils se sentent protégés par le fait qu’il y a beaucoup de gens présents et ainsi ne jamais apposer un seul like. Qu’est-ce que c’est que ces viewers, pour pas dire ces voyeurs qui expriment leur « amour » quand la story est à leur convenance ou quand elle recoupe leurs préoccupations personnelles ?… Par exemple, certains quand c’est « de droite » ; d’autres parce que c’est sur des people ; d’autres lorsque ça concerne les Arabes ou alors si on dit du mal d’Israël… Ils kiffent, mais si on fait une story disons « dadaïste », alors là, ça ne les intéresse pas. De quel droit, ils font intervenir leur putain de goût ? Le mieux, c’est le type qui met systématiquement un cœur à partir du moment où il regarde, il met un cœur et puis c’est tout, parce qu’il fait confiance au posteur, voilà… Ou alors, celui qui n’en met jamais, quel que soit le sujet, c’est déjà plus franc, au moins il est cohérent ; mais de temps en temps mettre un cœur, ça ne sert à rien. Les intermittents du cœur, très peu pour moi. La vie, c’est pas un cœur « de temps en temps », c’est tout le temps ou jamais !

Les femmes sont tellement bêtes qu’elles sont totalement inconscientes de l’effet qu’elles font aux hommes.

Grâce aux trans’, on pourra dire désormais sans risquer de choquer les grammairiens : « Elle est con comme une bite ! »

L’expression la plus détestable : « Prenez soin de vous ! »

J’ai toujours eu horreur du couple Yves Montand-Simone Signoret, même si séparément ils ont été d’excellents acteurs (surtout Signoret). Et même aussi si — mesurez là mon honnêteté — Simone, en regardant mon Apostrophes en 1985, s’était écriée devant son téléviseur : « Ordure ! » Je ne tiens pas compte non plus des saloperies privées de ce duo de monstres : la mère Signoret mettant sa fille Catherine Allégret dans le plumard de son mari qui, de son côté, multipliait les coups de bites partout ailleurs jusqu’à refuser de reconnaître sa paternité auprès de la pauvre petite Aurore Drossart… N’entreront pas plus dans ce paragraphe les honteux égarements politiques de la Signoret exigeant en 1953 que toute l’équipe du film qu’elle tournait observe une minute de silence en l’honneur de la mort de Staline qui venait de crever, ni la reconversion en un clin d’œil dans le libéralisme reaganien de Montand-la-buse après tant de goulagueries ravalées pendant des décennies… Eh bien, malgré tout cela, ce couple grotesque ne méritait pas la grotesquerie au carré que lui a imposée posthumément la réalisatrice merdique Diane Kurys qui vient de porter à l’écran leur histoire dans un biopic au-delà du risible, avec, tenez-vous bien, dans le rôle de Montand, Roschdy Zem affublé d’un accent marseillais ! et Marina Foïs affublée, elle, d’une perruque… Pas un instant, le dernier des martiens n’ayant jamais vu une seule fois de sa life Yves Montand et Simone Signoret, ne serait-ce qu’en photo, ne pourrait croire en la véracité de ce couple ridic. Quant à ceux qui ont connu, même de loin, les deux connards de gauche omniprésents dans les médias des années 70, ils ne pourront que souffrir de les voir si mal représentés, et ce sera tant mieux pour leur gueule !

Finalement, j’ai fait comme Pindare (« pain d’art » pour mon ordi), j’ai écrit des odes, des éloges, des épinicies, des péans et des hyporchèmes sur mes héros, les athlètes du jazz, de la littérature, de la peinture, du cinéma !… Dans mes olympiades personnelles, brillent les Benny Green, les Roger Gilbert-Lecomte, les Juan Gris, les Ahmad Jamal, les Maupi, les Saturnin Fabre, les Jean Vigo, les Odilon Redon, les Démocrite et les Pauline Carton !

 L’enfer est vide, tous les démons sont ici. 

William Shakespeare

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°39 – 29 septembre 2025
Roch Hachanase. Le lundi 22 septembre 2025, donc (on me demande souvent pourquoi j’utilise autant la conjonction « donc » ; mais en hommage subliminal à l’Igitur de Mallarmé, voyons !), en ce jour de Roch Hachana, a eu lieu la fameuse réunion à l’ONU de New York avec le prononcement du discours d’Emmanuel Macron qu’on l’a vu faire semblant d’écrire dans son palace-avion, à une table volante couverte de victuailles, comme dans un banquet de Trimalcion revu par Dali ! Le discours ? Vœux pieux et coups d’épée dans l’eau à gogo ! Le président français a plaidé pour « un cessez-le-feu permanent », pour « la libération de tous les otages », « l’acheminement massif d’aide humanitaire aux populations gazaouies » et « le déploiement d’une mission de stabilisation à Gaza ». La belle affaire ! Les belles affaires… « Nous travaillons aussi pour que le jour d’après, le Hamas soit désarmé et exclu de toute gouvernance de Gaza, que l’Autorité palestinienne soit réformée et renforcée et la bande de Gaza pleinement reconstruite », a-t-il ajouté, sans oublier de dire : « La barbarie du Hamas et de ceux qui ont collaboré à ce massacre a stupéfait Israël et le monde », puis Macron a attaqué le gros du steak : « La reconnaissance de la Palestine n’enlève rien aux droits israéliens. Nous sommes convaincus que cette reconnaissance est la seule solution qui permettra la paix en Palestine », et de conclure par un solennel et vain : « Je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine », sur le ton d’un mauvais acteur comique disant sur la scène de l’Olympia : « Je déclare ouverte la 51e cérémonie des Césars ! » Dans le public de l’ONU, aucun représentant d’Israël, ni des États-Unis, et comme Palestinien, le grabataire Mahmoud Abbas par visioconférence qui a crachoté sa promesse (les doigts croisés dans le dos) : « le Hamas n’aura aucun rôle dans le gouvernement et les autres factions doivent remettre leurs armes à l’Autorité palestinienne car nous voulons un état unifié sans armes »… Macron a eu beau tourner les pages de son topo avec plusieurs paires de gants enfilées les unes sur les autres, ça n’a pas suffi : ç’a été ressenti par les Juifs et les pro-Juifs comme « une grosse erreur », « un cadeau fait au terrorisme »… Trump, le lendemain, mardi, a dit qu’il n’était pas d’accord avec l’initiative franco-saoudienne, et Netanyahou, n’en parlons pas : « La soumission honteuse de certains dirigeants au terrorisme palestinien n’oblige en rien Israël. Il n’y aura pas d’État palestinien. » Et Bibi a menacé d’étendre toujours plus la colonisation en Cisjordanie… Il a même dit que le gouvernement israélien allait prendre des mesures de représailles contre ce funeste et arrogant Macron, comme renvoyer les diplomates français d’Israël, fermer le consulat de Jérusalem ou bien déposséder la France de son « Tombeau des Rois » !Le ping-pong puant s’est poursuivi : Macron a répondu alors que fermer le consulat de France à Jérusalem serait une « faute grave », na ! « On ne restera jamais inertes »… C’est lui qui dit ça ? Lui, le plus inerte des sous-hommes ! Quoi qu’il en soit, l’an juif a été gâché, ç’a été Roch Hachanase… Pour les pratiquants de la communauté de la Mauvaise Foi, le quart de pomme dans le pot de miel leur est resté en travers de la gorge. Reconnaître la Palestine, même pour des nèfles, c’est soudain le pire acte antisémite de tous les temps ! Les prépuces nous en sont tombés des glands, à nous autres, les « antisémites » (Saint-Louis, Luther, Voltaire, Shakespeare, Drumont, Urbain Gohier, Giraudoux, Heidegger, Ezra Pound, Céline…) ! On croyait être au top, bien placés, chacun notre tour selon les époques, sur le podium, et non : Macron nous a coiffés au poteau, c’est lui aujourd’hui, le plus antijuif du monde entier !

Paul Amar : un morceau de chair morte que le docteur Frankenstein n’a pas pu coudre aux autres dans la fabrication de sa créature, et qu’il a jeté avec mépris dans un bocal plein d’huile d’olive.

La métisse judéo-gambienne Rachel Khan a été athlète, actrice (elle a joué dans la série 10 %), écrivaine, conseillère politique, juriste, et maintenant chroniqueuse sur CNews, mais c’est avant tout une ordure sionistissime qui pleure crocodilesquement parce que Macron vient de  reconnaître la Palestine ! et qu’elle pense avec douleur aux « roquettes » qui s’abattent sur Israël !… Elle ressemble trop à une salade frisée trempée dans des règles de hyène tachetée.

La littérature n’est vivante que lorsque des écrivains s’en occupent, c’est eux qui la font vivre en la faisant et en la refaisant ; ils la rendent à chaque fois nouvelle. On a presque envie de dire que seuls les écrivains ont le droit de se lire entre eux, car ils savent rendre un texte vivant en le lisant. Les amateurs de livres, eux, le tuent à petit feu en y injectant leur petit venin de non-écrivains, de « seulement » lecteurs. Les lecteurs se croient vivants parce qu’ils lisent… Au contraire, ce qui caractérise le lecteur non-écrivain, c’est qu’il semble n’avoir jamais rien lu, il se gargarise de fausses valeurs, il se branle sur des sous-produits alors qu’il prétend savoir lire ! Lecteurs, libraires, bibliothécaires, bibliophiles, éditeurs, critiques, journalistes, fans, blogueurs, commentateurs sont forcément du côté de la mort et la plupart sont déjà des morts de naissance puisqu’ils se retournent vers la littérature pour essayer de renaître, et souvent ils ont été tués par la puissance de vitalité de la littérature elle-même ! Ils croient honorer les vrais livres de leur regard de lecteur, un sale regard de serpent, de reptile visqueux à souhait, boa et python mélangés qui, pour les étouffer, s’entortillent autour des grandes œuvres de ceux qui y ont mis leur vie pour les rendre vivantes à jamais, et qui pour beaucoup en sont morts.

« C’est très dur, la vie sans Thierry, mais j’ai la chance d’être bien entourée » dit la veuve d’Ardisson Audrey Crespo-Mara, sans honte, chez sa copine Léa Salamé… Mais la vie de Thierry sans Thierry, est-ce que ce n’est pas plus dur ? Surtout que lui, il n’est pas du tout « entouré », il est seul, au fond de sa vieille tombe à la con second empire Napoléon III, à Ménerbes, en train de pourrir… On ne bouge pas pendant la décomposition !

Toutes les droites passent leur temps à critiquer la Justice pour son laxisme mais elles la trouvent trop sévère lorsque leur Sarkozy chéri est condamné à 5 ans de prison. C’est entendu, les juges (surtout les femmes) sont dégueulasses, mais Sarkozy lui aussi a été dégueulasse : on ne laisse pas lyncher un adversaire déjà à terre impunément. Je suis absolument certain que la prison n’est pas la bonne manière de punir les gens, mais il faut d’une certaine façon que Sarkozy paye le fait d’avoir provoqué le lynchage de Kadhafi en 2011. La condamnation de Sarkozy, c’est la vengeance de Kadhafi. Ésotériquement, il est évident que le fantôme du guide suprême de Tripoli a payé les magistrats du TGI de Paris pour que Sarkozy finisse en taule !… Pour les conspis, c’est pour faire taire Kadhafi sur le financement occulte de sa campagne de 2007 que Sarkozy (poussé par BHL) l’a fait exécuter à Syrte en 2011… Mais non, même pas, c’est par pure fanfaronnade et forfanterie que Sarko a suivi Bernard-Henri Lynchy dans sa croisade anti-Kadhaf’ (j’explique tout ça dans Les Porcs 2). En revanche, que toute la bande de Guéant/Hortefeux et Sarko ait au moins tenté de se faire financer en douce par Mouammar semble assez prouvé ; il y avait bien une raison pour laquelle Sarkozy, une fois élu, a reçu en grand pompeur Kadhafi à Paris, en décembre 2007… Et puisqu’on parle de suceuse, on a vu Carla Bruni, tout sourire, dans le hall du Tribunal, à la fin de l’interview tendue de son pauvre mari qui se dreyfusait à vue d’œil et qui tirait une gueule de pré-bagnard, enlever élégamment le capuchon en mousse du micro de Mediapart comme si elle retirait le préservatif du gland d’Edwy Plenel qui, pendant quinze ans, a bourré sans risque le sexe juteux de la Justice, mais ça ne changera rien…

Hosannabe ! Ça y est ! Mon nouveau Nabe’s News, 34, est enfin paru, après deux ans de creusage, labourage, vérifications, corrections, enrichissements, coupes, choix, douleurs, mais le voilà ! On n’a pas fini d’en parler, je crois, mais pour l’instant : zéro. Les réactions ? Aucune ou quasiment aucune, comme d’habitude… Les fans ne parlent que d’eux-mêmes et s’il y en a un qui a eu le bonheur de participer au numéro, il ne voit que lui dans tout l’ensemble et il fait sa pub… L’aveuglement narcissique est garanti. C’est une loi, et Eugène Labiche avant moi l’avait dégagée dans sa connaissance de l’âme humaine : plus vous êtes généreux, plus vous récoltez de l’ingratitude. Ou alors, il y a aussi la non-réaction mais démonstrative : le lecteur est tellement assommé par la puissance (disons-le) du Nabe’s News qu’il ne sait pas quoi dire, il baisse les yeux, garde le silence pour alimenter le malentendu : est-ce du mépris ou de l’admiration ? Non, c’est de la rétention d’admiration… Entre parenthèses, un truc bien catholique que ces hypocrites de cathos ont mis sur le dos des protestants qui sont exactement le contraire : aucune rétention, contrairement à ce qu’on pense, et encore moins d’admiration ou d’amour chez les protestants : il suffit d’une seule piqûre d’épingle sur leur être gonflé de trésors et ce ne sont que des flots d’audace émotionnelle qui jaillissent et qui vous noient. Revoyez quelques Douglas Sirk et vous m’en direz des nouvelles ! Enfin, il y a les autres lecteurs, les plus nombreux, à double face, comme des mi-cuits : une partie admirateur ; une autre, détracteur. Ils ont été surpris et blessés par l’arrivée incongrue de ce NN de 500 pages de textes et d’illustrations, comme m’a textoté excellemment mon webmaster : « C’est hyper intéressant mine de rien… ça veut dire qu’ils t’enterrent en fait… ils croient que ça y est, que t’es fini… je suis sûr qu’ils se disent ‘‘maintenant il fait plus que sa feuille de deux pages’’ Et là, blam, tout ! le monument qui débarque ! avec des textes immenses ! Tu les tues ! Sur Matzneff, Depardieu et Sollers, sur Londres : ils sont foutus. Ils l’étaient déjà, mais là, au travers de NN, ils le voient. »

Bravo ! C’est exactement ça ; la preuve : une réaction quand même notable et qui mérite ici un paragraphe au sujet d’un gros connard du nom, ou plutôt du pseudonyme, de « Pierre Cormary », déjà chouchou négatif d’alainzannini.com et de Nabe’s News depuis presque vingt ans ! et qui oscille en permanence entre adoration et détestation envers (dans le fruit ?) ma pomme de haine… Je ne vais pas répéter tout ce que j’ai pensé et écrit sur lui, il y a de petits bijoux pleins de sa merde que j’ai exposés dans plusieurs Nabe’s News… Dans le dernier, c’est vrai, impossible de m’empêcher d’en remettre une couche, à cette fécale, anale, rectale pourriture de fan odieux au mauvais goût gerbant… Quand il a découvert ce nouvel article d’humiliation méritée, le Cormary a beaucoup souffert mais comme c’est un orgueilleux, il a transformé ça auprès de ses petits copains facebookoïdes en fair-play amusé, me prenant de haut et se moquant des moqueries, tout en se trahissant à bien des petits coins de sa prose inepte. « C’est ça ou mourir… », me direz-vous, ou maigrir plutôt, car cet ancien obèse portera toujours le poids de ses kilos perdus, parce qu’ils viennent directement de sa bêtise et de sa saloperie intrinsèques et ne partiront jamais… Pourquoi « saloperie » ? Parce que Cormary était tellement mal après la sortie de ce Nabe’s News que dès le lendemain, il a fait une parano croyant que c’était moi qui avais « restreint » son compte pour qu’il n’accède pas à d’anciens numéros par lui achetés ! À un tiers (dans un drôle d’état), il s’est plaint que je l’avais escroqué, que j’étais un voleur et un « pauvre type » qui se vengeait ainsi d’avoir été blessé par sa réponse à lui ! C’est le monstre à l’envers ! Je veux bien être accusé mais pour des choses que j’ai faites. Non seulement cet imbécile n’a pas pensé une seule seconde que ça pouvait venir d’un bug ou plus réalistement de son incapacité à lui, quinquagénaire cafouilleux et brouillon, de savoir se servir de son ordi, mais cela montre une fois de plus que ceux qui croient me connaître sont dépourvus de sens psychologique et de perspicacité littéraire : quand on m’a lu, et encore plus quand on m’a rencontré, on ne peut pas croire que je sois capable de telles mesquineries (en dehors du fait que je suis moi-même incapable de manipuler personnellement toutes ces machines numériques !). Mon cher webmaster, encore lui ! est formel : c’est Cormary lui-même qui n’a pas su regarder au bon endroit (section « Mes numéros ») pour retrouver ses numéros payés… 25 ans de fréquentation littéraire de mes livres et de surveillance sournoise de mes écrits (mais aussi de plagiats) pour en arriver à me croire aussi minable que lui, voilà le résultat. Encore du Labiche en live : le bourgeois projette toujours sur les autres ses propres travers : c’est lui qui aurait réagi comme ça si on l’avait attaqué, c’est-à-dire en « restreignant » un compte et « en reprenant sa vente », comme il dit… La mesquinerie, ça le connait : monsieur — tenez-vous bien — s’était abonné à La Feuille nabienne, un abonnement au nom de « Pierre-Antoine Rey » (son vrai nom aussi merdique que son pseudo), 4 feuilles (un mois) souscrit le jour de la sortie de la Feuille n° 1 (6 janvier), reconduit automatiquement le 6 février, et annulé le 18 février… Il n’a donc eu accès qu’aux 8 premières feuilles ! Ce gras radin s’est « lassé » très vite, a-t-il osé dire… Se désabonner de La Feuille nabienne ! Il n’y a que dans La Feuille nabienne qu’on peut apprendre que de telles grossièretés se pratiquent sur cette Terre !… Bref, une fois que Cormary a réussi involontairement à retrouver ses Nabe’s News, il a lâchement effacé son post diffamant sur son Facebook où il me soupçonnait et m’insultait, mais le mal était fait, grosse merde que tu es ! et au fond de sa viande de conspi sur les bords, je suis persuadé qu’il pense encore que c’est moi qui ai coupé son canal spermatique à mes écrits, autant dire à sa jouissance… Car il en a besoin, ce maso nase ! Le plus fort, c’est que ce rien qui me doit presque tout, ce Cormarien, ce Trollmary, croit que je vais en rester là ! « Affaire close » a-t-il dit (rires).

Claudia Cardinale. Première, dernière et seule vision d’elle, gare de Lyon, en 2012, dans cette très longue et courbée file indienne de clampins (dont elle et moi) attendant des taxis dehors sous le drap de velours de la nuit… Je ne l’ai pas reconnue tout de suite ; dans la foule, on a été 2, 3 maximum à l’identifier : Claudia ! À deux mètres, contente et souriante d’avoir été gaulée, mais plus très bien gaulée, ça se devinait sous ses nippes et ses bijoux… Grandes lunettes fumées, belle tête encore mais mamie momifiée quand même, voûtée, petite, flétrie : elle devait avoir 74 ans, et rien à voir avec la prestance, le maintien intact, la grâce de Brigitte Bardot au même âge, et à un autre encore, plus avancé.

J’essaie d’imaginer les mécanismes du sentiment, de la sensation ou de l’ensemble de sensations qu’éprouve une personne en train d’être scandalisée. Eh bien, il me semble que pour un ensemble de gens bien déterminé, il s’agit avant tout de la douleur qu’ils éprouvent de ne pas faire ce que font les personnages qui les scandalisent.

Pier Paolo Pasolini

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°38 – 22 septembre 2025

C’est en vivant avec elle que j’ai véritablement appris à vivre seul.

Beaucoup sont attachés à leur enfance alors que c’est l’époque de leur vie où ils se sont fait le plus baiser par les autres, c’est-à-dire par leurs parents.

« Investissez dans tout ce que vous faites. Il y a du plaisir à être sérieux. » — John Coltrane.

La démocratie n’est qu’une pâle Terreur. 

Dans ses Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand traite Marat d’« embryon suisse » et de « Caligula de carrefour ». Il en veut à Chénier d’avoir fait son apothéose. Et Camille Desmoulins, pour lui, c’est un « Cicéron bègue », un « diseur de gaudrioles de cimetière qui déclara qu’aux massacres de septembre, tout s’était passé avec ordre ». Fouché, « il avait l’air d’une hyène habillée ». Danton, un « Hun à taille de Goth »… Il était bon, ce Chateaub’, quand même !

J’aime plus Herman Melville que Jean-Pierre Melville, je veux dire plus que Jean-Pierre Melville n’aimait Melville. C’est quoi ça, d’aller piquer le nom d’un grand écrivain pour en faire son pseudonyme de cinéaste quand on s’appelle Grumbach ? 

Les gens sont quasiment tous des pièces basses de plafond et fermées de l’intérieur. 

Un aimatome. 

Laforgue allait aux Mardis de Mallarmé.

« Si tu comprenais tout ce que je dis, tu serais moi. » — Miles Davis.

Même Cohen. « 10 % de la population tuée ou blessée, 200 000 personnes. Il faut remarquer que ça correspond à peu près au bilan du Hamas qui a longtemps été contesté par les autorités israéliennes, mais on retrouve à peu près ça :  65 000 morts dit le Hamas, et 160 000 blessés. On retrouve à peu près le chiffre donné par l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Herzi Halevi. » Patrick Cohen (C à vous, 16/09/25).

Plus les sionistes sont indéfendables (« Gaza-ville, dont l’armée israélienne veut maintenant s’emparer, est la plus grande agglomération de l’enclave : un million d’habitants dont environ les deux-tiers, c’est-à-dire 700 000 personnes selon des estimations concordantes, se trouvent désormais sous les bombes. En réalité, le projet Netanyahou est bien l’écrasement complet du territoire, la destruction systématique de tout ce qui le rend encore habitable, l’occupation totale de la bande de Gaza et le déplacement forcé de milliers de personnes qui fuient l’offensive aérienne et terrestre baptisée “Chars de Gédéon II” »), plus ils attaquent : « L’Observatoire Juif de France (OJF) a déposé une plainte (loi 1881) avec constitution de partie civile à la suite d’une vidéo publiée sur TikTok par le compte @nabemarcedouard, dans laquelle sont proférés des propos visant, par des termes biologisants et essentialisants (« atavique », « héréditaire »), le peuple israélien et, par métonymie, les Juifs, et appelant à « passer aux actes » pour isoler Israël. Pour l’OJF, ces déclarations dépassent de très loin la critique politique d’un État : elles qualifient de manière globale et héréditaire l’« ignominie » d’un peuple présenté comme « soi-disant », et appellent à des actions de nature à attiser la haine et la discrimination. La plainte vise notamment la provocation publique à la haine (art. 24, al. 7), l’injure publique à caractère antisémite (art. 33, al. 3) et, à titre subsidiaire, la diffamation à caractère raciste (art. 32, al. 2) de la loi du 29 juillet 1881. Elle sollicite également le retrait de la vidéo et la publication judiciaire de la décision. Fidèle à sa mission, l’OJF n’exerce pas une action politique mais défend le droit et la dignité des personnes visées par la haine. Lorsque nécessaire, il s’appuie sur des analyses de droit international et travaille avec des spécialistes afin d’éclairer le débat public, dans le respect de la liberté d’expression et de ses limites légales. ».

Si vous voulez vraiment avoir peur, il suffit de lire ou de voir des interviews de veuves de grands artistes qui parlent de leur mari défunt. Là, l’horreur mâtinée d’une immense déception vous secouera d’effroi, à faire trembler les étoiles ! 99% des femmes d’artistes n’ont non seulement absolument rien compris de l’art et de la personne de leur célèbre époux, mais surtout, n’en ont strictement rien à dire ; malgré leurs grands airs et leurs petites larmes, elles sont incapables de décocher un mini-truc intéressant… Je ne connais que deux exceptions : Lucette Destouches bien sûr, et Hélène Kazantzakis ; tous les propos des autres veuves, même pas joyeuses, sont à jeter… Ça promet ! Pour ma part, je ne vois qu’une seule ex-femme, sur la bonne dizaine qui ont passé une plus ou moins longue période à mes côtés, qui serait capable d’aligner deux mots cohérents. 

J’ai trouvé un nouveau fils qui s’est fait bien enculer par son père, et pas qu’un peu ! À ranger avec les Frédéric Dutourd, Franck Fernandel, Anthony Delon, Paul Belmondo, Sagamore, Salomé, Robinson, Pierre Stévenin et tous les autres baisés par papa… Jean Veber, le fils de Francis Veber, le scénariste-cinéaste à succès !… Jean est vraiment le con du Dîner de cons de son con de père, et en guise de dîner, il organise des podcasts sur YouTube pour analyser des films français plutôt de seconde zone, et à chaque fois il invite son père pour l’aider à décortiquer le nanard avec d’autres invités nuls ou crados dont le gros présentateur de TF1 Bruce Toussaint (de l’Île de Ré) et le directeur de l’horrible revue infantilement snob Schnock, qui gagnait sa croûte en faisant des dialogues pour Scènes de ménages… Jean Veber, le fils (de soixante ans quand même), est tellement en vénération devant son père qu’il lui donne toujours le beau rôle, et le vieux Veber s’attribue tout, ramène tout à lui ; la moindre anecdote sur quelqu’un, c’est un prétexte pour dire que ce quelqu’un le trouvait formidable, etc., etc. Jean s’est bien fait avoir lui aussi ; il n’est finalement que le porte-micro de son vieux père qui continue à frimer, qui a tout connu, qui a tout compris ! Jean laisse partir son daron en digressions pénibles qui cassent tout l’élan et où on sent la jalousie dès qu’il y a un compliment qui flotte dans l’air pour un autre film ou un autre metteur en scène que lui… Quant aux analyses cinématographiques, évidemment, ça n’a aucun intérêt : ce ne sont que des anecdotes de tournage ou sur les réalisateurs ou sur les acteurs, des détails sur le casting, des bons mots, des private jokes, de la culture cinéphilique bas de gamme ; bref : rien sur le fond ni sur l’aspect technique des films. Jamais. 

L’Éveil de la Glèbe. La particularité du protestantisme, et ça se voit très bien dans les romans d’Hamsun, c’est que l’émotion n’est jamais exprimée par les mots mais par des gestes, par des actes. C’est là où c’est le plus émouvant et le plus émotif, à la fois pour les personnages et pour les lecteurs. Les scènes dites cruciales, charnières romanesquement, sont exécutées, expédiées comme des formalités. Le truc d’Hamsun, c’est de passer vite ou même d’occulter les choses déterminantes dans le scénario. Un art de l’ellipse incroyable, cinématographique. Par exemple, la naissance d’un enfant passe en une demi-phrase. Aucune importance. C’est pas ça qui compte. Ce qui compte, c’est de décrire la situation par des positionnements de corps, et quelques paroles qui les relancent dans l’espace, mais c’est tout. Quand l’héroïne Inger va en prison pour avoir étranglé sa fille qui avait, comme elle, un bec de lièvre – elle a quand même tué un enfant, son enfant ! –, son mari Isak ne lui en veut absolument pas, il n’a aucune remontrance qui lui vient. Elle part en prison pour cinq ans, sans aucun problème. Et ces cinq années sont occupées dans l’espace du roman par des pages où on voit Isak élever tout seul les deux enfants qu’il a eus d’elle avant. Sans histoire, ils grandissent et on ne sait pas ce que ces deux garçons ont fait entre zéro et douze ans. Isak apprend, vaguement, qu’en prison, neuf mois après son arrestation, Inger a eu un autre enfant de lui, une fille, qui n’est pas défigurée, elle, mais il n’est même pas question pour Isak d’aller la voir, c’est trop loin, et on glisse sur le fait qu’Inger s’est fait opérer de son propre bec de lièvre. Tout tourne autour du bec de lièvre. Toutes les scènes s’enchaînent, nourries de discussions pragmatiques, au sujet de l’organisation pratique et concrète de la ferme avec les animaux, la construction des bâtiments ; tout ça est détaillé, fouillé, mis en valeur pour arriver au moment où Isak retrouve Inger. Il va la chercher au bateau. Pas besoin de mots ni d’émotions soulignées. D’abord, elle ne le reconnaît pas, parce qu’il a coupé sa longue barbe, il s’est fait beau, et, surtout, lui ne la reconnaît pas puisque, ça y est, elle n’a plus de bec de lièvre, et elle a été transformée par la prison. Il fait connaissance avec sa fille, la petite Léopoldine, qui a cinq ans, et qui évidemment ne connaît pas son père. Et, mieux que ça : les deux fils, quand ils la voient arriver chez eux, non seulement ne reconnaissent pas leur mère puisqu’elle est partie il y a trop longtemps et qu’elle n’a plus de bec de lièvre, mais ils ne connaissent bien sûr pas non plus leur petite sœur, et, comble du tout, ils ne reconnaissent pas leur père, parce qu’il s’est rasé la barbe juste avant d’aller au débarcadère ! Eleseus et Sivert sont donc présentés comme des enfants qui ne reconnaissent pas leurs parents, ni leur sœur… Ce moment de flottement, presque comique, n’est pas expliqué, mais montré. La vie reprend et chaque geste démontre l’attention et l’amour qu’il y a entre eux. Le présent ignore le remords mais pas le regret : de sa première petite fille qu’elle avait tuée, Inger dit : « J’ai été stupide ! Nous aurions pu la faire opérer de son bec de lièvre. Je n’avais pas besoin de l’étrangler. » Beaucoup de rapprochements à faire avec Ramuz. Alors que chez les écrivains catholiques ou juifs, ça aurait été de l’épanchement de ressenti, ici, rien de tel. Même au plus haut niveau (je dirais Proust et même Céline), l’écrivain s’épanche toujours et raconte ce qu’il ressent. L’émotion vient par le discours du narrateur. Là, chez Hamsun, il n’y a pas de narrateur, ou très peu, il fait des petites réflexions de son propre cru pour décrire physiquement ou psychologiquement tel ou tel personnage, mais c’est succinct : « ce sauvage », « ah, le lourdaud vaniteux », voilà, c’est tout, sinon, tout est dans l’action. Ça, c’est un roman !

Toutes ces choses, évidemment, passent très au-dessus des têtes molles du monde des Lettres contemporaines. Il suffit d’écouter les auteurs de la grotesque rentrée littéraire parler de leur « roman » chez le tantouzard Trapenard… Il y avait longtemps que je n’avais vu quelque chose d’aussi dégoûtant que les sœurs Berest dans leur numéro de duettistes bien huilé au pathos visqueux (alors qu’en vrai, elles ne peuvent pas se piffer)… Claire, la tatouée suicidaire, racontait que lorsqu’elle avait téléphoné à Anne, la grue judéo-entretenue, pour lui dire tout le bien qu’elle avait pensé de son nouveau roman, elle était tellement en larmes d’émotion et de cris sanglotants qu’Anne a cru que Claire allait lui annoncer un accident grave survenu dans la famille !… 

Ce lundi 22 septembre 2025, « Emmanuel Macron va reconnaître la Palestine ». Ça va leur faire une belle jambe arrachée, aux Gazouis ! Encore un coup de symbole dans le concert cacophonique des nations ! Car la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et la Belgique vont se ranger aussi, paraît-il, dans le groupe de reconnaisseurs officiels. Ça va se passer à l’ONU à New York… Ça ne servira à rien, et ce n’est pas cela qui marquera ni la création de la Palestine ni l’arrêt des bombardements de Netanyahou. Tollé-Bohu chez les Juifs français qui sont à deux doigts dans le nez de dénoncer Macron comme un vilain antisémite parce qu’il ne tient pas compte de la remise des otages et du démantèlement du Hamas comme conditions sinaï qua non pour qu’un État palestinien existe et prenne racine dans la terre promise !… Il y a même une vingtaine de petites pourritures qui ont signé une pétition dans Le Figaro pour contester la macronnerie. La liste ne surprendra personne : parmi les people, que des étants concernés, de Yonathan Arfi à Haïm Korsia, d’Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg à Bernard-Henri Lévy et Raphaël Enthoven, d’Arthur à Joann Sfar… Seul un être surnage, un étron plutôt, comme en flottaison à la surface d’un chiotte bouché dont l’eau a remonté jusqu’à la cuvette : le très mauvais acteur Philippe Torreton, le goy de service, tellement con qu’il aurait pu avantageusement jouer dans Le Dîner de cons, et qui se retrouve désormais à ce dîner de salauds… 

Je ne veux pas produire une œuvre d’art devant laquelle les gens du public peuvent s’asseoir et la sucer esthétiquement…. Je veux leur donner un coup dans le bas du dos, pour brûler leur indifférence, pour effrayer leur complaisance.

Ingmar Bergman

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°37 – 15 septembre 2025

Iryna. Sans doute la vision la plus violemment douce de la mort qu’il aura été donné de voir. Grâce à la vidéo de surveillance, on a vu Iryna se vider de sa vie ou la Vie se vider d’Iryna (au choix), sans un cri, sans un sursaut de révolte ; on a assisté à la fonte de son existence, comme à celle d’un glacier, en plus lent encore… Iryna l’Ukrainienne est morte après qu’un fumier de Noir de merde, coiffé pseudo-reggae, en sweat orange à capuche, l’a égorgée comme une fouine se jette sur une poulette, et par derrière. Le monde entier a vu la scène : une jeune femme blonde à casquette et lunettes, le nez dans son téléphone, monte dans la rame d’un métro à Charlotte en Caroline du Nord (la patrie de Thomas Wolfe, au passage, grand raciste, et le seul, avec moi, qui aurait pu écrire un paragraphe consistant sur ce fait divers). Elle choisit, hélas, une place libre dans une section occupée que par des Noirs, six, une grosse femme triturant son iPhone, deux types au fond, deux autres plus près (tous inertes) et… son futur assassin juste dans son dos… Iryna s’assoit sur le siège devant le sien. Dès qu’il la voit, ce pourri a la vision de lui en train de la tuer (on peut la remarquer passer dans ses yeux), ça lui vient comme ça, comme un nuage de haine arrivant de très loin, du fin fond de sa race d’opprimé depuis des dizaines et des dizaines de générations jusqu’à l’avoir rendu fou. Il se met la tête dans la main, il rumine, il gamberge ; elle enlève ses lunettes ; d’autres passagers montent ; il fait des gestes bizarres mais elle ne s’aperçoit de rien. Pendant les quatre longues minutes au terme desquelles il va se décider, le Noir revoit des monticules et des monticules de cadavres de ses ancêtres sacrifiés par le Pouvoir blanc, et la plupart des Blancs qu’il a croisés sont des gros beaufs très laids, alors qu’ici, il a un ange devant lui qui lui est descendu du ciel ! Une belle fille translucide, l’innocente parfaite pour payer les crimes de tous les coupables avec qui pourtant cette Russe, pardon, cette Ukrainienne n’a rien à voir… Oui, la victime des Blancs en général va devenir le bourreau d’une Blanche en particulier ! Il sort son canif, il le déploie, soupire une dernière fois car il sait qu’il va le faire, il sait qu’il ne peut pas ne pas le faire ; il se lève, surgit derrière elle et brandit sa lame. C’est là que le film se fige, stoppé net en plein geste du Noir ! Arrêt sur image ! Dommage, car en entier, la vidéo dure 7 min 32, et il faut la voir pour en parler. Et même, la version intégrale fait 18 min 17 et là, on peut observer le Noir tout seul assis, attendant sa proie sans le savoir dans un fantastique prologue ! Les comptes X, TikTok, Instagram, Facebook ont donc coupé à l’instant où l’assassin va frapper, par pudeur, pour ne pas montrer ce qui pourtant doit être vu : le Noir qui surgit derrière elle et qui la plante trois fois à la vitesse de l’éclair, les très rapides et précis coups de couteau que le schizonègre a portés dans le cou d’Iryna, en plein dans l’artère, comme trois coups de théâtre qui clôtureraient une pièce plutôt que de l’ouvrir. D’ailleurs, il y en a eu, des poignards au théâtre, et à l’opéra ! Tout Shakespeare en est plein : Juliette, Othello, Sebastian, Jules César, etc., et la Tosca de Puccini… Je vous le dis, beaucoup de théâtre dans cette scène, et même de théâtre japonais, je dirais, car tout s’est fait dans la vitesse de la stupéfaction, suivie d’une angoissante lenteur. Quant à la tête d’Iryna, coite d’horreur lorsqu’elle regarde le Noir lui avoir fait ça, elle appartiendra pour toujours au monde de l’expressionnisme dans le cinéma muet… Le poignardeur s’en va alors très calmement, son couteau à la main qui goutte sur le sol, il fait du plancher du métro une toile de Pollock, puis va s’enlever son putain de sweat orange qui était comme son armure de sacrificateur (ça lui a donné chaud tout ça, au pauvre chéri !), et va errer dans le couloir du métro en maugréant « I got that white girl » (« j’ai eu cette fille blanche »), avant de descendre à la prochaine station et de se faire arrêter. Decarlos Brown Jr., 34 ans, SDF psychiatrisé, 5 ans de prison, 14 condamnations au compteur, et désormais une seule damnation… Ah, il peut être fier de lui, ce salaud, mais plus salauds encore sont les autres Noirs, ses frères (mon cul !), qui étaient assis autour de la jeune fille et qui n’ont pas bougé un doigt, ni une oreille, ni une couille, qui ne la regardaient même pas en train de crever (indifférence ? lâcheté ? non : incuriosité surtout, l’un des pires fléaux du siècle), car elle crève et ils ne l’ont pas vu. Comme quoi, encore une fois, les films et même les romans, tout ce qui est fiction, est bien loin derrière la réalité quand il s’agit de mort. La vraie mort, c’est celle-là : une mort lente, langoureuse presque… Iryna n’est pas morte sur le coup mais dans le cou. Tout ça sur fond sonore de métro qui roule à fond, avec les tintements flippants des annonces dignes du plus sinistre des monitorings. L’Ukrainienne n’a pas bougé, il y a juste sa casquette qui est tombée sur le siège à côté d’elle, et elle a recroquevillé ses jambes contre le panneau face à son siège pour appuyer ses pieds, se remettant instinctivement dans une position fœtale qui ne préfigurait rien de bon… Toujours son téléphone dans une main, elle se plaque l’autre sur la bouche comme si elle n’y croyait pas, comme si elle venait d’assister à une autre scène qui ne la concernait pas et qui l’avait choquée : elle passe rapidement ses doigts sur son cou qui commence à pisser le sang, et derrière son oreille aussi, mais elle a du mal à admettre la réalité, pourtant elle est là : elle sait qu’elle va mourir, elle le comprend et personne ne peut l’aider. Toujours ses jambes repliées contre le panneau, Iryna pleure la tête dans ses mains, belle comme la Vierge d’une Pietà ou à la Salette. C’est une question de temps ; son temps c’est son sang qui va s’écouler dans la partie inférieure du sablier qui est sa mort… S’écouler très vite, d’ailleurs, car quelques secondes après, on la voit s’effondrer tout doucement sur son côté gauche, glisser entre la paroi et son siège et tomber, elle serre le poing, on ne la voit plus, elle disparaît, encore une fois comme au théâtre, dans les coulisses, derrière le rideau. Rideau ! Il faudrait même applaudir tellement c’est beau et tragique. Ensuite, c’est le sang frais d’Iryna qui passe par rigoles sous cette sorte de paravent, ruisseau de sang qui rappelle la célèbre phrase de Mallarmé sur la mort (vous êtes censés la savoir par cœur), rivière pourpre qui semble chercher un océan où se fondre et se noyer… C’est fini, en 2 minutes, Iryna Zarutska l’Ukrainienne de 23 ans est morte. C’était le 22 août 2025. Finalement, un passager du métro, un Noir, en tee-shirt kaki, arrive pour essayer de la secourir, puis un autre, et une fille blanche, et encore un autre. Ils se sont tous décidés à aller voir ce qui se passait mais c’est trop tard ; les mecs sont à plusieurs à essayer d’extraire son corps coincé comme un petit paquet entre la paroi et les sièges. Ils cherchent ses papiers, ses cartes dans ses poches, ils téléphonent, ça ne sert à rien, le sang continue à ruisseler, plus vivant qu’elle puisque lui, au moins, bouge ! Une fille s’en fout partout ! Ça y est, un Noir a réussi à sortir Iryna, il la tire de sa « cachette », elle a la bouche ouverte, le visage à moitié recouvert de sang, son front seul est resté immaculé, elle continue à dégouliner, un voyageur la soutient par la nuque, sa tête dodeline comme la corolle d’une fleur qui s’est fanée en un instant, ils la sortent à plusieurs dans l’allée, elle a le bras tordu, rouge, ils la couchent, ils la déposent, c’est une Déposition… Et sa casquette est toujours sur le siège, tombée à l’envers, béante comme une gueule ouverte. Fin. Épilogue ? Le père d’Iryna s’est vu signifier l’interdiction absolue de quitter le territoire ukrainien pour venir en Caroline du Nord assister à l’enterrement de sa fille parce que Monsieur Zelensky veut l’envoyer au front se faire buter contre les Russes ! Iryna Zarutska a trouvé la mort alors qu’elle rentrait chez elle, un soir, après avoir travaillé dans une pizzeria. Dire qu’elle avait fui l’Ukraine pour échapper à la guerre, et qu’elle s’était installée en Amérique où le Destin l’avait suivie, comme un petit chien pas mignon du tout, très méchant. Couché, Destin !  

Cohen. Ils découvrent la saloperie de Patrick Cohen ! Ce pourtant anti-complotiste convaincu (qui a été parfait à l’époque du Covid) vient de se faire gauler en train de comploter contre Rachida Dati avec son copain Thomas Legrand (ah, le petit Legrand et le gras Cohen !) en compagnie d’apparatchiks du PS, et toute une partie de la classe médiatico-politique se soulève… Ceux qui se scandalisent de la « proximité » de Cohen avec des cadres de gauche, alors qu’eux-mêmes traficotent toute la journée avec des cadres de droite, dénoncent Patrick Cohen en tant que sectaire censeur agent sous-marin du parti socialiste, mais quand en 2013 (il y a douze ans !), il avait désigné à la vindicte punitive — et au nom de sa conception du journalisme (sic) — un quarteron (je fais exprès la faute de de Gaulle… ) de « cerveaux malades » (dans sa bouche, « malades », ça voulait dire antisémites), ça n’a ému personne ! À part Daniel Schneidermann qui s’était fendu d’un article La Liste de Patrick Cohen, qui d’ailleurs lui coûtera cher et lui coûte encore, personne n’a protesté contre l’autoritarisme au bras long de Cohen parce qu’au fond, tous partageaient le Patrick’s verdict sur les « sick brains ». « Raus ! » Où est la morale, où est le tact, comme disait Romy Schneider ? Bien sûr, Cohen est méprisable, mais ses adversaires le sont tout autant et peut-être plus. Vous ne verrez pas un seul « outré » aujourd’hui rappeler un des plus grands forfaits de « Patoche » : avoir réussi à chasser des petits écrans Dieudonné, Soral, Ramadan et moi. Au contraire : tous se sont bien gardés de donner tort à Cohen en nous réintégrant dans le débat public. Voilà pourquoi ils n’ont rien à dire aujourd’hui contre Cohen ; ce sont les mêmes, et voilà pourquoi ils doivent crever !

Kirk. Les cous sont beaucoup visés en ce moment. Après celui d’Iryna Zarutska l’Ukrainienne, celui de Charlie Kirk le Yankee (attention, Charlie, pas Roland, Kirk : l’un était un Noir jazzman multi-saxophoniste génial ; l’autre un demi-golmon blancot qui aveuglait les autres !). En effet, Charlie Kirk était un trentenaire militant trumpiste influenceur conservateur qui, lors d’un meeting, après avoir distribué des casquettes, sur le campus de l’Université d’Utah, s’est pris une balle en pleine jugulaire. Il répondait à une dernière question de son public (sur les armes à feu !) et on a vu sa tête tressaillir et son tee-shirt blanc marqué « freedom » s’imbiber soudain de rouge. Le cou s’est troué, le sang a giclé, il s’est affaissé sur le côté, il était encore assis, mais c’était fini pour lui. Game over ! Un type avait tiré du toit d’un bâtiment, comme pour l’attentat de Trump (qui avait coûté à Donald vangoghiennement un bout d’oreille) mais en réussi, celui-ci. Affolement de circonstance, cris dans tous les sens, puis traque de l’auteur de ce crime politique, car rien de gratuit ici. Le grand lapin blanc antipathique Kirk s’est fait tirer frontalement parce que c’était une cible choisie pour des raisons idéologiques, contrairement à la petite volaille Zarutska qui s’est fait égorger par derrière pour rien (quoiqu’on va me dire que c’était aussi idéologique puisque le Noir du métro l’a tuée parce qu’elle était blanche). Très vite, on a accès à une vidéo de surveillance qui montre une silhouette en casquette se barrant en courant sur le toit du bloc qui était en face de la tribune où Kirk pérorait, et qui s’enfuit avec un sac à dos, puis saute de plusieurs mètres sur la pelouse en se foulant certainement la cheville puisqu’à partir de là, il boîte tout en marchant jusqu’au premier bois venu où il abandonnera l’arme et les cartouches (on a retrouvé trois douilles non tirées avec des slogans ironiques gravés dessus à l’intention de sa proie, si jamais il manquait son premier tir : « Bella ciao » « Hey, fasciste ! Prends ça », etc). « Ça te ressemble ! » dira le père du jeune homme en voyant la vidéo. Dans le mille, c’est son fils qui a commis cet acte ! On a dit que c’est son père qui l’a dénoncé à la police ; faux. En toute concertation, ils ont demandé son avis à un ami pasteur qui leur a conseillé de révéler au sheriff du comté de Washington que Tyler était bien le « meurtrier présumé »… Ça c’est magnifique, c’est protestant, car la raison principale de cette reddition n’est pas la rédemption, mais la crainte du père que son assassin de fils ne se fasse flinguer pendant l’arrestation, ce qui aurait certainement eu lieu, alors que se rendre lui laissait une dernière chance de vivre, même s’il allait être condamné à mort, ou bien passer tout le restant de sa vie en prison. La vie, la vie avant tout, chez les protestants, même chez les tueurs ! En effet, c’était bien lui, Tyler Robinson, 22 ans, un anti-Trump, anti-Kirk, un de « gauche », un pro-gays (n’est-il pas lui-même en couple avec un transgenre qui projetait de se faire transexuelle  ?… ). Gueule bien butée de prognathe à la Billy the Kid : Billy avait à peu près le même âge que Tyler quand il exerçait également ses talents de tireur du Far West en tant qu’outlaw lui aussi… Talents de tireur de Tyler, on peut le dire ! Entraîné régulièrement depuis l’enfance au stand de tir, Robinson, malgré ce qu’on a dit (c’est-à-dire que c’est très facile de parvenir à toucher sa cible quand on s’entraîne un peu dans un club) a quand même réussi un exploit, je suis désolé : sans trembler, à 180 m, avec une seule balle, atteignant directement le cou du con ! Chapeau ! « Pan ! » Pas « pan, pan, pan », comme Oswald en 1963 ! Tyler est plus fort que Lee Harvey qui a eu besoin de 3 balles pour atteindre la tête de J.F. Kennedy à Dallas, de son entrepôt de livres, à 80 m à peine du président… Trop fort, le Robinson, c’est du bon travail, propre, au fusil de chasse 30-06 Mauser… La grande tartufferie, c’est de dire que ce ne sont pas des manières, Kirk n’était qu’un débatteur qui ne faisait que remuer des idées, même si elles mijotaient comme de la merdasse dans une cocotte-minute qui ne pouvait qu’exploser, il ne méritait pas d’être tué, de cette façon en plus, on peut toujours discuter, lui-même prônait de laisser s’exprimer ses contradicteurs ; tu parles… Comme si un type pareil n’était pas déjà en soi un criminel ! C’est même lui faire honneur que de le considérer comme responsable de ce qu’il propagandait jusqu’à prendre le risque d’en mourir. La plupart des donneurs de leçons, et évidemment dans cette circonstance bien tous à droite, ne trouvent aucune excuse à Tyler de lui avoir mis une balle pour le faire taire et pour montrer à quel point l’influence de ce gros connard était néfaste ; ils essaient de le faire passer pour un simple « père de famille », un martyr conservateur. Le juge Fennec sur CNews : « C’est bouleversant, cette mort. Moi, ça me bouleverse, je sais pas vous, mais cette mort d’un homme de 31 ans, père de famille qui défendait ses idées et qui est abattu, ça m’a fait penser à Martin Luther King qui défendait ses idées, les droits civiques… Celui-ci défendait ses idées, les droits humains aussi, et il a été tué au vu au su de tout le monde, c’est vraiment dramatique. Charlie Kirk était un homme de paix, c’était un Martin Luther King de droite… » Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! comme dirait l’autre (moi)…Tous les bolloréens ânonnent en chœur que « Kirk méritait le respect », mais lui-même, a-t-il fait preuve du moindre respect en déversant depuis des années des tombereaux de saloperies ? Et je ne parle pas de son anti-wokisme que je peux partager, ni de son ras-le-bol de voir des immigrés déglingués partout qui ne savent pas se tenir, ou de son dégoût compréhensible pour les lobbies LGBT qui fabriquent des monstres hybrides errant entre deux ou trois sexes d’une façon à la fois grotesque et malsaine… Même sa défense de la légitime défense, de la peine de mort avec exécution publique et sa misogynie discriminatrice ne me choquent pas. Pas plus que son sionisme invétéré (qu’attendre d’autre d’un fan de Trump ?), ni son climatoscepticisme, ni son pro-poutinisme… Non ! Je ne parle pas non plus de sa croisade contre l’avortement (Pasolini aussi y était opposé), surtout que Kirk avait lancé une hypothèse particulière : il disait par exemple que si sa propre fille de 10 ans se faisait violer et qu’elle tombait enceinte, il ne la ferait pas avorter, ce qui n’est pas si scandaleux que ça je trouve : en effet, en dehors du principe chrétien de ne pas vouloir assassiner une vie, il y a celui de la curiosité tout à fait légitime de voir comment une mère va finir par s’attacher au fruit du crime qu’elle a subi ; c’est même plus cohérent et charitable d’autoriser l’enfant d’un couple violeur/violée à vivre que de vouloir absolument accueillir dans ce monde débile un trisomique détecté à l’échographie intra-utérinement… Mais ce serait l’objet d’une longue discussion… Bref, le péché principal de Kirk était évidemment le complotisme, et il allait loin dans ce sens… Un déni de réalité chevillé à son vieux corps gras et gris de 31 ans (on aurait dit qu’il en avait 54 !), une théorisation du complot tous azimuts, notamment sur le covid : on a banni Kirk de Twitter tellement il affirmait que l’hydroxychloroquine était à 100% efficace contre le virus ! Mais la pire faribole de Kirk, c’est qu’il a prétendu dernièrement que le 7-Octobre était un inside job, ou qu’il y a eu des traîtres dans le gouvernement de Netanyahou qui ont laissé perpétrer l’attentat du Hamas pour couvrir le projet du Grand Israël… Balivernes déjà entendues et qui vont s’incruster, comme pour le 11-Septembre, pour des lustres. Le plus fort, c’est que ça s’est retourné posthumément contre lui ! À conspi, conspi et demi… Fleurissent actuellement partout la thèse en carton bidon que Kirk aurait été un sioniste qui était en train de trahir Israël qu’il accusait d’avoir fomenté le 7-Octobre, et que c’est pour ça qu’il a été éliminé, ce qui ferait de Robinson un agent du Mossad ! Tyler Robinson agent israélien, n’importe quoi ! Ceux qui osent déblatérer cela sont ou des musulmans ou des catholiques, qui ne prennent pas en compte les protestantismes tout à fait différents des deux protagonistes puisque l’un (Kirk) était évangélique et l’autre (Robinson) était mormon. Pour Tyler-the-Kid, Dieu le Père, Jésus-Christ et le Saint-Esprit sont trois êtres distincts ; pour Charlie-the-Nazi, la Trinité existe, et pas qu’un peu. Le mormon a une mission (dans le cas de Tyler, une mission wokiste) et le salut par Jésus a besoin d’œuvres, d’actes (tuer quelqu’un en est-il un ?) ; pour l’évangélique, seule la foi suffit à l’élection (quitte à en crever). Amen.

Le monde ne sait rien, il accepte.

Knut Hamsun

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°36 – 08 septembre 2025

De l’eau dans le Gaza. Revoilà Rima Hassan, décidément une figure récurrente de cette Feuille nabienne (j’y peux rien !)… On dirait qu’elle le fait exprès, de tomber tous ses masques les uns après les autres : même ses partisans commencent à comprendre qu’elle ne connaît rien à rien et qu’elle se sert, pour des raisons obscurément pseudo-familiales, de la cause palestinienne pour se réaliser en tant que prétendante à l’ascension sociale, telle la première Rebeue venue… Après son entretien avec le vieux dragueur Schneidermann, elle a eu tort de passer à Thinkerview, pour une interview menée par un fouille-merde arrogant à la voix horrible et qui se cache sous le pseudonyme de « Sky ». À coups de « vos sources ? », il l’a traquée et mise plusieurs fois dans les cordes en montrant qu’elle ne maîtrisait aucun sujet, à part la Palestine, et encore ! Car Rima n’a rien à foutre des nouvelles flottilles, elle est pour un État binational, affirme que Jésus était palestinien… et ne sait pas ce que signifie « INRI » (sic) ! « Sky » se la joue gros malin mais il se vautre lui aussi en affirmant que Jésus était un Juif qui luttait contre l’Occupation de son pays, la Judée, par les Romains, et que c’est pour ça qu’ils l’ont crucifié… Miss Hassan n’a pas pu sortir un seul chiffre, un seul nom, une référence, une explication ; elle est restée stuck à chaque question. Hésitations, blancs, rires gênés, bottages en touche sur l’économie, le nucléaire, la politique, l’histoire, la religion même, je crois qu’elle en sait encore moins que Bouteldja !… En outre, cette crécelle scolaire de Rima Hassan a montré un goût de chiotte en matière de peinture, de littérature, de philosophie, de pensée, et de vêtements bien entendu ! Son vide est apparu là dans toute sa laideur bien qu’elle se soit pomponnée comme une Arabe embourgeoisée. Elle a même taclé Aymeric Caron au passage, l’accusant de déverser toute sa haine sur le seul Netanyahou alors qu’Israël est un paquet de saloperies depuis 1947 ; là, elle a raison mais c’est un peu tard de faire savoir que Caron est un déchet opportuniste, surtout quand ça vient d’elle qui n’est pas plus sincère. Cette bisbille est réjouissante : on a vu alors le vieux antispéciste pisser sur la pisseuse, et montrer ses crocs de loup empaillé, comme je l’avais qualifié ! Maintenant, lui aussi s’attaque à Rima, mais par orgueil… Plus grave : durant ces 3 h et demi de vidéo, elle n’a pas eu un mot pour Georges Ibrahim Abdallah (évidemment, elle se venge, la vexée)… Ses héros, ce sont Stéphane Hessel, Jean-Pierre Filiu, Ibrahim Souss, et Éric Hazan de « La Fabrique » (re-sic) !… Mais pire encore : sur cette chaîne Thinkerview (qui est un boulevard conspi), la députée écervelante n’a pas manqué de reprendre le bobard égyptien comme quoi Netanyahou était au courant du 7-Octobre imminent mais qu’il a laissé faire, et un autre (bobard), de David Guiraud cette fois, (voir La Feuille nabienne 23) selon lequel Israël financerait Daech sur place ! Oui, elle a osé ! Sale petite complotriste !

Allez, je suis mort ! D’accord, Abdelkader Dhibi était un enculé de sa race ; d’accord, c’était une pourriture camée qui avait le poignard facile et qui était en train de pointer tout le monde dans la rue à Marseille ; d’accord, il fallait stopper ce fumier hystérique en action, mais il n’empêche que son exécution reste quand même une exécution : on a vu la vidéo : ils sont quatre flics qui le visent avec leurs révolvers cours Belsunce, il passe sous la devanture rouge du restau « Istanbul City », sautille devant eux, se retourne, saute en l’air une dernière fois et leur hurle quelque chose avant qu’ils ne lui tirent dessus… Une sorte de suicide by cop en somme… Bravade ultime suivie des commentaires des badauds marseillais qui applaudissent (réellement) ; une femme dit même : « C’est bien fait, c’est bien fait. » Un autre lâche un « Fils de pute ! ». Un autre : « Bien, chef ! Bien, bien, chef, bien ! » Les flics viennent admirer par terre la dépouille de leur gibier souriant et les yeux bien ouverts sur le monde… Voilà, comme ça, pas de procès, pas de prison, pas d’asile psychiatrique, tout le monde est content et lui aussi, l’Abdelkader, qui savait qu’il était foutu, à 35 ans, après avoir fait toutes ses conneries… Tout ça parce qu’il n’avait pas payé sa chambre d’hôtel (une misère) à son logeur qui était aussi son employeur dans la boucherie où il travaillait et qui lui devait une paye (d’où l’énorme couteau « pro » qu’il avait encore à son poing lorsqu’il a été abattu)… Avec son instrument de travail, Dhibi est allé planter son colocataire qui, lui, n’avait pas été viré, le réceptionniste de l’hôtel Amira, puis le fils du gérant… Et il a aussi assommé avec une barre de fer le copain de celui-ci. On imagine comment tous ont dû lui parler, d’une façon bien dégueulasse, à devenir dingue, pour qu’il parte poignarder tous les complices, en quelque sorte, de cette société qui acceptent tout, ces esclaves qui traitent les plus esclaves qu’eux comme de la merde ! Au hasard, Abdelkader a asséné encore un coup de poing au visage d’un passant, puis a menacé un autre type dans un snack… C’est là que des Algériens du quartier (50 personnes a-t-on dit sans préciser que c’étaient des Arabes aussi) super racistes contre le Tun’ dangereux l’ont poursuivi et ont tenté de le neutraliser à l’aide de chaises, de bâtons, de pierres. Très biblique comme scène. Finalement, c’est les mecs de la Bac qui ont réglé le problème, en civil, avec leur petite banane en bandoulière et leur flingue bien pointé contre lui (ils avaient des tasers pourtant), formant une sorte de peloton d’exécution en marche, le nassant jusqu’à l’Istanbul City, son avant-dernière demeure… Bilan : Dhibi a blessé 5 personnes, mais n’a tué personne. Et lui, on n’a pas arrêté de le blesser pendant des années et il est mort. Bien sûr, Le Figaro veut faire passer ça pour un « attentat terroriste » (ne parlons pas de CNews), alors qu’il n’y a rien eu de terroriste là-dedans ; c’est une altercation qui a mal tourné. Mais comme le « psychopathe » était barbu touffu comme un djihadiste (sans que personne ne s’étonne plus que ça qu’un islamiste puisse être à la fois alcoolique, drogué et musulman !), Dhibi était bon pour coller au profil cliché du terro « idéal »… Le pire désinformateur, c’est le procureur de la République qui, sans avoir vérifié, a dit qu’Abdelkader avait crié « Allahou akbar ! » et que c’est ça qui a provoqué la riposte flingueuse des policiers présentés comme des héros ! Évidemment que non ! Il suffit de tendre l’oreille pour entendre distinctement un magnifique et noble « Allez, je suis mort ! » (dans le sens : « Régalez-vous, la police ! »), et pas du tout « Allahou akbar ! », mais ça les arrange tous de faire passer ce pauvre type humilié dans son boulot, dans son statut de Tunisien déraciné, d’apprenti boucher et de colocataire crado, pour un islamiste radicalisé. Pour une fois que c’est un vrai fait divers et pas du tout un attentat terroriste, les petits Blancs se précipitent pour le déformer encore ! Revoyez la vidéo ! Qui n’est pas choqué par cette scène n’a jamais lu Victor Hugo, ni Bloy, ni Dostoïevski, ni Bernanos, ni Céline…

En réponse à ceux qui trouvent incohérent d’être protestant en vivant dans un pays grec. Vous croyez que les grands Protestants, non seulement ignoraient, mais n’étaient pas inspiré par les puissances mythologiques de l’Antiquité grecque ? Certainement beaucoup plus que les catholiques qui n’en ont rien compris (voir leurs adaptations lamentablement folkloriques des mythes et des grands personnages des tragédies ; ça se vérifie de Racine à Cocteau). En revanche, il faut être insensible comme un anti-luthérien pour ne pas saisir ce qu’il y a eu de sublimement hellénique en Knut Hamsun pour pousser le Norvégien à écrire un roman en 1894 qui s’appelle Pan !

La Crète, c’est la crème de la Grèce ; c’est même elle, la vraie Grèce.

Tout laid, tout vieux. Hanouna refourgue sur W9 exactement la même émission que l’ex-TPMP sur feu C8, et avec les mêmes ringards, sauf que la foi n’y est plus, ou plutôt toujours pas, comme déjà elle manquait lors de sa brève tentative de retour sur YouTube, et là ça se confirme. Dans Tout beau, tout n9uf, tout est forcé, tout le monde est gros… Lui, Cyril : trop de tartes tropéziennes ; et Matthieu Delormeau bouffi de cachetons ridicule ! Des chroniqueurs transfuges de CNews augmentent la brochette de cons. On a même eu droit dès le début à un petit trait d’inculture délicieuse : lorsque Fabien Lecœuvre a signalé que le chanteur Renaud était en vacances à Patmos, Cyril, ignorant tout de la civilisation en général, et grecque en particulier, a cru entendre « pâte molle », comme le fromage… Ô saint Jean de Pâte-Molle ! Comme c’est rigolo ! Premiers invités, descendus de l’au-delà de la beauferie intergalactique : Gérard Lanvin et Patrick Sébastien… À propos de descendus des cieux, on retiendra surtout de la première l’arrivée de Cyril, soutenu par des filins, comme tombant des nues… Est-ce que c’est parce qu’il est déjà mort qu’il redescend du ciel ? Est-ce là la chute de l’ange déchu Sathanouna qui revient sur la terre pour perpétrer d’autres crimes ? Les questions restent ouvertes. En tous cas, on l’a vu, dans de la fumée bleutée, sans classe, lunettes noires et barbe sale, les jambes écartées, descendre, avec autant d’élégance qu’un étron sortant lentement d’un anus pour tomber au fond de la cuvette ; on n’ira pas plus bas.

Léa Salamé, au lieu de rester elle-même (mais a-t-elle été elle-même un jour ?), a endossé la panoplie de la présentatrice du JT de 20h, comme l’avait fait Anne-Sophie Lapix, et la voilà, crispée coincée mécanisée banalisée à l’extrême pour son premier Journal sur France 2, et qui parle… de la pluie et du beau temps ! Orages, éclairs, foudre… Elle ne se rend pas compte que c’est un même éclair qui l’a foudroyée et qu’elle se survit et se survivra désormais en présentatrice robotisée du journal télévisé de France Télévisions, c’est-à-dire en éboueuse en chef du déversoir de mésinformations générales sur le pauvre public dépotoir… Elle est réduite au statut de speakerine qui lit comme une employée de la Propagandastaffel de la Bien-Pensance macroniste le prompteur qu’on lui dit de lire ! Elle ne voit pas que c’est se rabaisser, et diminuer en aura, d’accepter ça ? Comme ses prédésuceuses au poste, Salamé est persuadée au contraire que c’est upgrader que de lire les infos du soir, c’est un surclassement, une ascension sociale, parce que la rédaction et le public et l’ensemble de la structure médiatique lui a fait croire que la présentatrice de JT a une véritable appréhension des choses de la vie, que c’est elle qui tire les ficelles des news, qui a un contact direct avec les vrais gens et ce qui se passe dans leur quotidien, alors que c’est faux évidemment puisqu’elle n’a aucune marge de manœuvre et en plus, elle est bloquée géographiquement tous les soirs… Le seul qui arrivait, par son vocabulaire et son choix des sujets, parce qu’il les avait imposés, à être l’auteur de son JT, je suis désolé, c’est PPDA : voilà, c’est le seul présentateur qui disait « combattants » à la place de « terroristes » par exemple… Qu’importe s’il a abusé de son droit de cuissage ! De toute façon, ces gens de télé qui bandouillent encore à la promotion symbolique dans la putasserie médiatisée sont complètement à l’ouest par rapport au monde d’aujourd’hui. Ils dénigrent l’auto-entreprenariat internet des créateurs et créatrices de contenus qui font les choses par eux-mêmes au profit d’une misérable valorisation éphémère (une warholisation) sous contrôle total de la démagogie du Temps, ce qui les rend complètement retardataires. Salamé, comme Hanouna, Lemoine, Cohen et Cie, c’est le vieux monde, horriblement archaïque, de l’entre-soi qui pue l’entrecuisse. La personne forte aujourd’hui, c’est celle qui réussit toute seule à avoir son audience sur les réseaux et à se faire du fric, pas quelqu’un qui travaille pour gagner plus d’argent et de notoriété bourgeoise… Tout le monde s’est offusqué de la somme « astronomique » que gagne Salamé pour faire son JT… 25 000 euros par mois, mais c’est rien ! Une modèle Mym, elle, gagne le double en montrant son cul ou ses seins, et c’est un sacré boulot, croyez-moi, et elle est beaucoup plus indépendante. La mymeuse vend l’image de son cul avec sa tête, mais la Salamé, en faisant l’ânonneuse de prompteur, vend directement son cerveau comme si c’était un cul, et l’indécence est là car si Salamé le montrait, son cul, il ne ferait rêver personne alors que celui d’une modèle Mym, même pas terrible mais bien filmé, bien retouché, et bien filtré, si… La vérité, c’est que Léa ne peut pas montrer son cul parce qu’il est trop gros, mais elle peut parfaitement vendre son cerveau parce qu’il est très vide.

Sur la génération Z. La « gen’ zed’ » (entre 13 et 28 ans) comme on dit… Z comme Zéro ? En tout cas, pas comme Zorro !… Pourquoi « Zéro » alors ? Parce que pour eux, les autres n’existent pas. Quand ils sortent dans la rue, les gens qu’ils croisent, c’est du remplissage de paysage. D’un coup d’œil sournois, ils décident qui existe et qui n’existe pas. Ils jugent, ils catégorisent, ils n’acceptent et ne valident que ceux qui entrent dans leur vie via leur téléphone, via internet. Ils ne sont reliés au monde que par des écouteurs. D’ailleurs, les écouteurs leur permettent de ne pas répondre lorsqu’on leur parle. Les écouteurs sont les boules Quies de la nouvelle humanité ! Si vous insistez pour leur parler, ils enlèvent leurs écouteurs de mauvaise grâce et se lit alors sur leur visage : « Mais qu’est-ce que tu viens me perturber ? Comment oses-tu me déranger ? » Il ne faut surtout pas qu’il y ait une interaction qui soit réelle pour les gen’ « z » car rien ne doit les impacter négativement, et le réel est forcément négatif. Par exemple, si vous dites bonjour à un gen’ « z » ou si vous avez le malheur de le regarder, il se sentira violé parce que, pour le gen’ « z », la réalité c’est déjà du viol. L’autre avec ses émotions, ses sentiments, sa présence, sa vérité, sa puissance, tout ça, le gen’ « z » n’en veut pas ! Pas de convivialité. Pas d’euphorie. Avant, c’était une fête de rencontrer quelqu’un ; aujourd’hui, c’est comme un deuil. Surtout ne rentrer en contact réel avec personne, rester dans une sorte de faux professionnalisme froid sur tout, ce qui est d’autant plus débile qu’il n’est appuyé que sur un amateurisme et une incompétence flagrants. La  gen’ « z » affiche une inculture décomplexée qu’elle prône comme une soif de liberté. Elle est saoulée de tout et rassasiée de rien. Les gen’ « z » enchaînent les choses à faire comme des tasks : aller au resto ; allez en boîte ; aller sur la plage ; poster des photos… À ce compte-là, plus rien n’a aucune saveur. La gen’ « z » voit tout comme une menace. Ce qu’elle veut, c’est faire ses affaires, prendre de « l’oseille » et se casser. Fermée à la vie, elle se protège en montrant les dents, elle préfère se faire chier plutôt que de s’intéresser à quelque chose. Sauf qu’en se protégeant du mal, elle se protège aussi du bien… 

Intersectionnalité. Pour Adèle Haenel, les femmes sont les Palestiniennes des hommes, voilà pourquoi « logiquement », l’ex-actrice s’embarque dans la nouvelle flottille en partance vers Gaza ! Free Antisémetooïsme !   

Rentrée littéraire 2025 :
Ma maman
J’aime ma maman
Je déteste ma mère
Maman était un père pour moi
J’ai tué ma mère
Ma mère m’a tué
Pourquoi ma mère
Dégage, maman !
Ode à ma maman
Ma maman me manque
Je manque à ma maman

Car sans doute Dieu existe mais si peu.

Germain Nouveau

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°35 – 01 septembre 2025

Encore un peu sur Pormanove, c’est trop bon. Ça y est, après toute cette vie dans le Lokal (fermé désormais), la Mort est arrivée. Je veux dire la Mort médiatique, sociétale, justicière, policière, idéologique qui est survenue, qui a accouru aussitôt, morbidisant tout. Avant le sacrifice en holocauste de JP, c’était sale, outrancier, franc, violent, euphorique, bref, vivant ; une fois alléchée par l’odeur du sang, la Société s’est pointée comme une pompeuse entreprise funèbre de « nettoiement », à grands jets de fausse morale, avec la fausse parole qui va avec ! Tous les réseaux et les médias alternatifs, plus encore que les officiels, appellent à la flicaillerie et à la magistraturerie les plus sévères contre Naruto, Safine, Trois-Cheveux, les perpétreurs de ce crime ! Pour les uns, crime de Maghrébins contre le petit Blanc qu’était Pormanove (alors qu’il était super kabyle) ; pour les autres, crime de l’ensauvagement flagrant de notre société souffrant d’un manque de valeurs… Mais elles ne valent pas un clou, vos « valeurs » ! Ce sont celles de petits dénonciateurs sinistres et ringards à qui leurs sales parents ont appris ce qu’ils croyaient bon de savoir dans la vie : de la merde… On a vu ainsi sortir du Net les plus misérables rats de l’underground streameux, plus mainstream que jamais, véritables auxiliaires de Justice et de Police, ces deux mamelles encore bien juteuses de la France répressive d’aujourd’hui. D’une seule voix, ils disent tous : « On ne peut pas rabaisser un être humain ainsi ! »… Comme si l’être humain ne se rabaissait pas lui-même, ne serait-ce qu’en existant comme un con ! Où ils ont vu qu’un homme, ça se « respectait » ? D’où se permettent-ils de juger qu’un tel est un salopard et qu’un autre est une pauvre victime ? Des « influenceurs » qui n’influencent personne tiennent à s’exprimer pour défendre la mémoire du poor Pormanove, mais c’est surtout à eux qu’ils pensent ! J’ai entendu un imbécile qui se plaignait qu’on lui avait supprimé sa chaîne parce qu’il y disait des « vérités » sur le vaccin Pfizer alors qu’on avait autorisé la plateforme australienne à déverser des vidéos de maltraitance ! Malheureusement pour tous ces bien-streamants, il a été prouvé que JP était consentant et heureux d’être martyrisé, et que ses soi-disant bourreaux, présents à son enterrement en training et en jogging (il fallait qu’ils se mettent en noir et en cravate, pour prouver leur « respect », c’est ça ?), étaient sincèrement peinés par la mort de leur héros. De petits indics jaloux et « choqués » multiplient les vidéos d’analyse, ou plutôt de signalements, d’appels à la censure, de demandes de saisie par l’Arcom et autres renforcements de la Loi, alors que c’est fini, le dossier Pormanove est clos, et ça les rend tous malades…  Mais ce que les ratés des plateformes aux contenus soporifiques et inexistants ne supportent pas surtout, c’est que la propre mère de Pormanove, Joëlle, prenne le parti de Naruto et dise que son fils a eu une belle vie, et une mort « de président », et qu’elle est fière et heureuse : au moins, son Raphaël a vécu des trucs ! Scandale ! Joëlle est dénoncée (encore dénoncer !) comme la honte de la mèrerie ! Une maman ne peut pas penser comme cela, d’autant plus que pendant des lives de la bande à JP, elle intervenait furax pour protester contre les traitements infligés à son fils. Alors ? « Alors, elle a été payée pour se taire ! » Et allez, les conspis ! Mais non, Joëlle a juste enfin compris. Qu’importe, elle est complice des tabasseurs. Des justiciers sur internet veulent absolument la jeter en prison, elle aussi, pour avoir contrevenu à la règle de la bienséance maternelle… En plus, ils ne font preuve d’aucune connaissance pipipsychanalytique en s’étonnant que Joëlle puisse soutenir les tortionnaires de son fils… Depuis quand a-t-on vu une mère vouloir du bien à sa progéniture, surtout quand c’est un garçon ?

Dernière chose. Un seul film peut faire songer à Pormanove, c’est He who gets slapped, (Larmes de clown en prude français), avec Lon Chaney, par Victor Seastrom (Sjöström) ! C’est tiré d’une pièce de théâtre, Celui qui reçoit les gifles, écrite en 1915 par Leonid Andreïev (auteur dont j’avais parlé avec Markowicz quand je l’ai rencontré à Lausanne), et montée par les Pitoëff en France en 21, puis donc adaptée par Sjöström en 24 dans sa période américaine. « Rien ne fait rire plus le public que de voir quelqu’un se faire gifler » dit un des personnages. Le pitch n’a rien à voir avec l’histoire de JP, mais peu à peu les accointances affleurent (vous allez voir) : il s’agit d’un scientifique (Lon Chaney) qui se fait voler son invention par un riche baron qui se disait son protecteur et qui en plus lui niquait sa maîtresse. Après avoir été giflé par le traitre, le savant offensé a l’idée de faire de son humiliation un métier et devient clown dans un cirque, et même le plus grand de tous, le plus célèbre : He, « Celui qui se fait gifler ». Dans son numéro, on l’attache, on le bâillonne, on lui déverse des seaux sur la tronche et tous les clowns, les uns après les autres, prennent leur tour pour le gifler… Comme c’est hilarant, « les gens sont stupides, ils rient devant un clown qui se fait gifler », exactement comme avec JP. Le public du cirque qui s’égosille à grands gosiers de rire, ce sont les viewers de Kick bien sûr. À la fin, les clowns lui arrachent, comme l’oreille du taureau lors d’une corrida, le cœur en tissu caché dans une poche qu’il s’est fait coudre sur la poitrine par la petite écuyère dont il est secrètement amoureux, et ils l’enterrent dans le sable de la piste du cirque. Après, ce sont les funérailles symboliques de Celui qui se fait gifler : les clowns font semblant de pleurer avec des poires à eau comme les comparses de JP, et déposent sur la dépouille du pitre tabassé des couronnes de blé (pas de fleurs), comme Naruto jeta une bouteille d’eau vide sur Pormanove mort. Le brancard sur lequel la star des clowns est couchée se perce et le cadavre tombe et est laissé ainsi sur la piste pitoyablement ! Fin du show… Un jour, He déclare sa flamme à l’écuyère, mais celle-ci (qui en pince pour un jeune écuyer) rigole, se fout de sa gueule et le gifle elle aussi ! Aucune différence entre les gifles réelles qu’il reçoit dans la vie et celles de son numéro de clown sur scène… Le clown au grand cœur essaye de sauver quand même la petite conne des griffes du baron qui s’est introduit dans le cirque et veut l’acheter à son père. Pour cela, He se démasque en tant qu’ex-scientifique reconverti dans la clownerie humiliatoire ! Stupeur. Bagarre. Le père de l’écuyère dégaine sa canne-épée et transperce He. Pendant que l’écuyère fait son numéro avec son fiancé écuyer sur leur cheval, le clown touché au cœur fait entrer le lion du cirque dans la pièce où il se trouve avec le baron et le père tétanisés qui ne peuvent pas sortir et se font dévorer. Le blessé rampant dit alors au lion : « Viens, mon ami, donne-moi la dernière gifle… ». Mais le lion l’épargne, et il entre en scène une dernière fois pour mourir de sa blessure. Les clowns lui préparent un grand enterrement, mais tous croient que c’est un nouveau numéro, il reçoit encore des gifles quasi-mort et le public rit aux larmes. Tout le monde assiste à sa mort en direct, comme avec JP ! En expirant, He lâche sur le sable son cœur sanglant en tissu qu’il tenait dans sa main. Le spectacle continue. À la dernière image, on voit tous les clowns du cirque en équilibre sur un anneau autour du globe terrestre, et qui jettent la dépouille de Celui qui recevait des gifles dans l’obscure et éternelle voie lactée.

Je suis trop intelligent pour jouer aux échecs. J’ai trop à faire à jouer aux victoires, et encore ! Non « jouer aux victoires », mais travailler à mes victoires. Un peu comme Cézanne : lui aussi travaillait à ses Victoires, et dans une ambiance permanente d’échec.

Dans une interview formidable, menée par le journaliste libanais Moussa Assi, Georges Ibrahim Abdallah s’en donne à cœur joie dans un feu d’artifice d’intelligence et d’informations. Il fustige et même menace la France ; rend un hommage appuyé à Emma Fourreau, une députée pro-palestinienne (et ne cite que du bout de la barbe Rima Hassan) ; explique les vraies raisons de sa libération ; définit très bien l’essence même du terrorisme légitime ; raconte Sabra et Chatila, et surtout éclaire l’une des raisons principales des honteux abus du Pouvoir français : c’est parce que le ministre de l’Intérieur est devenu le ministre de la Justice ! C’est vrai que personne n’avait pensé à le dire comme ça : lorsque le même Darmanin passe en un clin d’œil de chef des flics à chef des juges, tout est dit d’un pays… Pour Abdallah, à cause de son soutien à Israël, « Macron et les autres seront relégués aux ordures de l’Histoire ». C’est autre chose que de traiter ce président de « tarlouze » comme l’a fait subrepticement un auditeur sur Europe 1, dans un échange en direct avec l’immonde Pascal Praud. Tollé général ! Pourtant « tarlouze », c’est la base, le minimum par quoi on peut définir un tel « criminel » (dixit encore Abdallah).

Trop facile d’attendre de découvrir que Jamel Debbouze vend du vin israélien dans le restaurant qu’il a acheté, le Dar Mima, au dernier étage de l’Institut du monde arabe (boss : Jack Lang) pour le considérer comme une merde ! Elle est sèche, asséchée, friable depuis des lustres, cette merde… Voir mon texte Les Collabeurs dans J’enfonce le clou (2004). Cette histoire de vin juif pour Musulmans impacte tout alentour. Houria Bouteldja, d’abord : on se demande pourquoi la vieille prêtresse du décolonialisme antisioniste continue à travailler à l’IMA après vingt-cinq ans sinon pour toucher sa bonne petite retraite de l’État colon qu’elle combat par ailleurs. Et dans l’entourage de Jamel, l’incohérente, c’est toujours Blanche Gardin qui va dire qu’elle ne savait pas, à l’époque où elle participait à Inside Jamel Comedy club sur Canal + (ce jeu de rôles qui vaut bien celui du Lokal de Naruto avec Pormanove, et dans lequel chacun jouait son propre personnage mais négativé soi-disant pour rire, et où Jamel apparaissait déjà comme un méchant agressif odieux censé être décalé par rapport à la réalité), que Debouzze était un collabeur archisioniste… Aujourd’hui, ça ne la gêne apparemment pas, Blanche Gardin, l’histoire du vin du Golan vendu par son pote vendu Jamel. C’est là-dessus qu’il faudrait qu’elle fasse un sketch, pas sur l’antisémitisme dont elle est accusée (ce serait déjà plus généreux et moins égoïste). On va me dire qu’elle a tourné ça bien avant, c’est-à-dire en 2009, lorsqu’elle croyait encore que Jamel n’était pas une ordure et qu’elle n’était pas aussi concernée par la Palestine (2009, c’est pourtant l’année de l’opération « Plomb durci » = 1400 Arabes morts en quelques jours)… Faible argument ! J’avais bien raison de la considérer comme une pro-pal’ de la 25ème heure !

Amitié. Moins d’un mois après la mort de son « patron » et grand ami pour l’Éternité Thierry Ardisson, Philippe Corti — le DJ dealer — fait copain-copain, ou plutôt pute-pute, à Saint-Tropez avec Cyril Hanouna, le pire ennemi de Thierry !… C’est pas grave : the show must go onMust, vous êtes sûr ?

Les anti-picassiens primaires disent que les femmes de Picasso se sont suicidées parce qu’il les a détruites. Non, elles se sont suicidées après, parce que la vie était trop horrible sans lui. Nuance !

Est-ce que c’est parce que les gens ne s’aiment pas qu’ils ne sèment pas ?

Et si Ramuz avait donné l’idée de son titre La Grande Peur des bien-pensants (1931) à Georges Bernanos avec son roman La Grande Peur dans la montagne (1926), comme il a pu donner l’idée à Céline de faire de ses deux prénoms Louis et Ferdinand un troisième composé (Louis-Ferdinand), à la « Charles Ferdinand Ramuz » ?

Vu sur TikTok un dialogue entre les deux vieux copains qui se tutoient Daniel Schneidermann et Edwy Plenel faisant (faisans ?) le bilan désastreux de toutes leurs actions depuis une trentaine d’années pour éviter qu’une chaîne comme CNews et qu’un Pascal Praud existent. Le duo de ringards se demande ce qu’ils ont foiré et « à quoi on a servi ? » (dixit Schneidermann). Je les connais bien, surtout l’un des deux, et moi j’ai la réponse : c’est parce qu’ils se sont comportés dans les années 80-90 comme des censeurs au service vil de la Gauche social-démocrate la plus obtuse que justement Pascal Praud a pu émerger par réaction (et c’est le cas de le dire) : c’est leur côté militant buté de gauchiants bourgeois qui a donné naissance à un réactionnariat qui était pourtant prévisible. Ne pas faire la différence entre un antisémite et un antisioniste, c’est eux qui ont instauré cette « loi », et confondre exprès, par veulerie idéologique, quelqu’un qui s’opposait à la Mitterrandie avec un fasciste vieille école (ils ne connaissent du fascisme que la définition avant-guerre de 39-40, et rien d’autre) a été l’un de leurs principaux forfaits qui a empêché tout esprit libre de pouvoir être ne serait-ce qu’écouté, et pas durement boycotté. Schneidermann et Plenel ont opéré le blacklistage total de tous ceux qu’ils appelaient « les rouges- bruns ». Ne jamais oublier les crimes (je souligne) de Plenel dans Le Monde et ceux de Schneidermann à côté de lui, puis à Libération et à Arrêt sur images… C’est ça qu’ils ne pigent pas, avant tout parce qu’ils sont bêtes et surtout ignorants ; et ils viennent pleurnicher parce que Pascal Praud leur a pris leur place et qu’ils se retrouvent comme deux islamo-gauchistes attardés anti-israéliens conspués de toute part ? BFPLG (« Bien fait pour leur gueule ») !… En effet, Daniel et Edwy ont tout « foiré » puisque jamais l’extrême-droite qu’il combattait bêtement ne s’est mieux portée, et jamais Israël et ses soutiens n’auront été aussi omnipotents. Voilà à quoi ça mène de passer des années aux manettes de l’opinion publique de gauche à dénoncer la moindre trace de droite antisémitique alors que toute critique envers Israël était déjà légitime quand ils sévissaient. Ils croyaient que leur gauchisme pseudo-antiraciste les protégerait de cette infamie ? Eh bien, non ! Bingo à l’envers ! Maintenant, ce sont eux qui sont considérés comme des antisémites et accusés quasiment de nazisme toute la journée, et ils osent venir chouiner ?… À l’Ehpad de ceux qui n’ont rien compris, vite !

Avant, les sorcières, c’étaient des délurées présumées que les hommes brûlaient ; aujourd’hui, les sorcières sont des castratrices moches boudins fliquesses du sexe qui brûlent celles qui ne sont pas comme elles, et pour cela, elles se servent des hommes — ces bûches de bois — qui prennent bien feu.

La citation finale peut se traduire de plusieurs façons : « Ne jouez pas du saxophone, laissez-vous jouer par lui » ou bien « Laissez-le jouer de vous » ou alors « Laissez-le se jouer de vous » ou encore « Laissez-le vous jouer ». Ô choix !

Don’t play the saxophone. Let it play you.

Charlie Parker

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°34 – 25 août 2025

Notes pour un Pormanove (que je n’aurai jamais le temps d’écrire, hélas). Après Mehdi Saucisson, Jean Pormanove ! Ce dernier — et c’était vraiment le dernier des derniers — ne s’est pas suicidé, lui ; il est mort d’épuisement cardiaque dans son sommeil et en direct, d’où cette formule magique : « Il est mort en live » !

Avalanche de milliers et de milliers d’extraits de ses vidéos qui passent en boucle nuit et jour depuis une semaine pour rappeler sa mémoire ainsi que des tombereaux de posts tour à tour furieux, attristés, révoltés par sa disparition, ce qui le fait revivre comme s’il était encore présent sur TikTok pour toujours, se prenant des torgnoles. Pormanove, dit « JP », et Mehdi Saucisson font une carrière posthume, ces cons-là, comme Claude François et Joe Dassin ! Et parmi les vivants, vous en connaissez beaucoup, vous, des acteurs people connus stars du box-office qui, s’ils décédaient, auraient droit à une telle intensité d’exposition ? Je vois mal Pierre Niney ou Clovis Cornillac être porté par un tel flux endeuillé. Pourquoi ? Parce que tout le monde s’en fout, des films de Pierre Niney, et de sa personne encore plus ; aucun comédien, bankable ou pas, aujourd’hui ne peut rivaliser avec le premier tiktokeur ou streamer venu qui fait n’importe quoi sur les réseaux, surtout s’il est allé jusqu’à en mourir comme Pormanove. En l’occurrence, le réseau c’était un dérivé de Twitch, un Twitch plus hard dans la castagne, qui s’appelait Kick, couic plutôt…

« JP » Pormanove s’appelait en vérité « Raphaël Graven », c’était une sorte de puceau grand maigrichon né en 79 qui venait de Metz (physiquement, il n’est pas sans évoquer Francis Heaulme) ; kabyle par sa mère ; belge par son père. Très grand maso considéré comme à demi-handicapé cassos paumé couvé sous sa maman, il est presque resté depuis qu’il était né dans sa chambre sans rien foutre, à jouer à des jeux-vidéos, à boire du café à la paille, et à fumer cigarettes sur joints, jusqu’à vouloir se suicider. En 1997, il a tenu à être un des derniers à pouvoir faire son service militaire, avant que Jacques Chirac ne l’abolisse, en devançant l’appel. On l’appelait « le cadavre » (déjà) à l’armée ; il a rempilé pour 10 ans ; fini caporal-chef ; c’est là qu’il a dû prendre goût au bizutage, je veux dire au fait d’être bizuté. Puis quelques premiers petits boulots où il se faisait taper… On connait la suite : à force de regarder trop internet en se penchant dessus, il est tombé dedans : Raphaël au Pays des Merdeilles.

Ses copains de streaming sur Kick. Ils sont principalement deux, comme le Renard et le Chat dans Pinocchio : Owen, pseudo : Naruto (héros de manga), 26 ans ; mère sicilienne ; père catalan bourgeois notable de Nice ; a notamment un frère, Gwenn, qui travaille aussi sur le Kick ; Naruto s’est converti (musulman). Safine, une petite frappe tunisienne vicieuse de 23 ans à casquette à l’envers qui attaque sans prévenir et sans raison, il bondit (c’est lui, le chat) pour étrangler Pormanove qui hurle comme un goret, ou pour lui prouter ostensiblement à la face. Il y a également un autre petit gros Arabe barbu, aux abus baveux, « 3 cheveux » on l’appelle, une brute de connerie brute, menteur et souilleur : son kif, c’est de badigeonner la tête de JP de sa merde qu’il est allé se chier dans la main. Et enfin, Coudoux, un quadra lui aussi mais un vrai handicapé hébété de la mâchoire et morvant du nez, sous curatelle, co-souffre-douleur de JP ; les autres aiment les faire se battre entre eux dans des « combats de Cotos » (« Coto », pour COTOREP), ou bien les faire jouer à « Questions pour un golemon »… Mais rien n’amuse plus la bande que de détruire en direct leur poule aux euros d’or, JP, pour les 500 000 abonnés de la plateforme payante qui décament dans leurs pantacourts de voir, pendant des marathons entiers, Pormanove se faire jeter des kilos de balayures sur la tête, des dizaines d’œufs gluants, vomir dessus, mitrailler à coups de paintball, enfermer dans une poubelle, envoyer ses lunettes s’éclater contre un mur, gifler en plein dans les oreilles, enfoncer la glotte et Cie.

Le piège : plaindre le pauvre Raphaël (surtout depuis qu’il est mort) comme le font les moralisateurs professionnels de Médiapart ou les conspis qui réagissent selon leurs petits critères socio-religieux pseudo-émotionnels sans rien savoir de « l’envers du décor », comme disait JP lui-même, filmé un jour de plein câlin avec son « frère » Naruto. Les Arabes disent que c’est la faute des Blancs dégénérés, et les Blancs, la faute des Arabes qui ont la violence dans le sang. Pour les féministes, c’est un épouvantable exemple d’emprise masculiniste à dénoncer ! Il y a aussi les influenceurs vedettes qu’on est venu chatouiller sur leurs dérives soi-disant pornos dangereuses pour la jeunesse, et qui trouvent un peu gros qu’on leur cherche des poux à eux jusqu’à les convoquer à l’Assemblée nationale alors qu’on a laissé se développer des streams de tabassage lucratif. Enfin, les extrêmes-gauchistes qui râlent parce qu’on contrôle le moindre propos pro-palestinien, et que dénoncer ce qui se passe à Gaza peut conduire à se faire cogner par les flics, alors que les gendarmes de l’Arcom auraient mieux fait de regarder du côté de Kick et d’intervenir quand il était encore temps ! D’autres se demandent pourquoi Pormanove acceptait tout ça sans partir, et ne trouvent pas de réponses autres que bateaux. Syndrome de Stockholm ! Emprise ! Mais non, amitié, car c’est exactement ça, l’amitié, l’amitié mise en pratique, pas celle qui se paye de grands mots. Ils vivaient entre eux dans une sorte de squat, le Lokal, véritable mini cercle infernal de l’amitié. JP était leur sincère ami, et lui-même croyait dans leur fraternité. La persécution de JP n’était qu’une expression de leur amour pour lui. Qui aime bien châtie bien, mais qui aime encore plus tue ! C’est comme sur les paquets de cigarettes : c’est pas fumer tue ; c’est aimer tue qu’il faudrait écrire. Il n’y a pas de groupe d’amis sans tragédie. Regardez le film de Duvivier La Belle Équipe… C’est aussi dans la phrase d’Oscar Wilde « Chacun tue ce qu’il aime » que réside l’affection brutale que cet Owen prodiguait à Pormanove.

Car dans le crew de Pormanove, le meilleur, c’est-à-dire le pire, reste Owen-Naruto. Il faut voir comment, dans un live, Owen s’adresse à la mère de JP, Joëlle, et devant son fils… « Je vais vous faire un topo, Joëlle : c’est parce que vous l’avez mal éduqué, vous l’avez laissé fumer, manger de la merde et il mange trop de sucre, du coup le corps il est fragile. Chaque balle qu’il prend l’impacte fois 10, vous comprenez ? C’est un début de diabète. » « Et toi, tu dis rien, Raphaël, tu bouges pas ? » essaie-t-elle alors de secouer son fistonné qui lui répond : « Tu veux que je fasse quoi ? C’est le jeu. ». Et il ajoute qu’il est d’accord avec Naruto lorsque celui-ci critique sa mère !

Imparable, ce Naruto ! La mère n’a rien à dire, elle renonce tout de suite : « Raphaël, si tu acceptes tout ce qu’ils te font, eh bien, tant mieux pour toi, Raphaël ! » Naruto enfonce le dernier clou sur le cercueil de JP en forme de sa mère : « Vous serez bien contente le jour où votre fils, il sera plus en condition de faire des lives, et qu’il aura des choses, vous serez bien contente, d’accord ? Parce que, que je sache, il a passé 40 ans à vos côtés et tout ce qu’il a eu, c’est une chambre dans votre appartement, une Twingo éclatée et rien de côté, voilà, et fumer des clopes et là, en quelques années il a ici un appartement, il a une voiture, il a 6000 € qui tombent tous les mois. Parce que vous voulez critiquer les gens que vous voulez essayer de faire passer pour des menteurs, pour des voleurs, etc., mais je suis l’homme le plus carré, je l’ai toujours été avec tout le monde, je suis transparent avec tout le monde. Quand votre mari, il a eu des problèmes il avait besoin d’un TMAX pour handicapés, il l’a eu. »… Ah, c’est agréable de voir la critique directe et totalement justifiée de l’éducation merdique maternelle faite par un type qui torture et punit un fils afin de le faire sortir de sa vie de larve. Naruto punit aussi les parents de JP, à travers lui, parce qu’ils l’ont mal éduqué… D’ailleurs où est le père ? Il a chopé un cancer du sein (ultra rare chez les hommes), sans doute pour avoir été trop branlé par son fils Raphaël quand il était enfant. Naruto remplace le père, mais au lieu de l’abuser sexuellement, il le frappe pour son salut. Souvent dans les bagarres, Naruto dit à JP qu’il est son « père spirituel » et il exige qu’il l’appelle « papa », mais Pormanove, qui n’est au fond qu’un bien-pensant et un « sanguin un peu con », ne veut pas qu’on touche à sa famille alors que c’est elle qui l’a détruit. « Dis ‘‘Papa’’ ! » lui hurle Naruto. « Nique ta mère ! » lui répond JP. Pour en finir avec le père Jacky, dont le passé n’est pas très clair, les fans de Kick ont composé un song très drôle et on les voit tous dans le Lokal chanter et danser, autour de Pormanove ulcéré, le tube Jacky nazi, Naruto, Safine, Gwenn se trémoussant et portant un t-shirt à l’effigie du père de JP affublé de la moustache d’Hitler ! Ça, c’est de la tuerie (de père) !

Je vais vous le dire et vous le redire : qui peut égaler des tels morceaux gluants saignants palpitants de viande de vie et jetés toute crue, à travers internet en plus ? Non seulement tout le cinéma et le théâtre sont écrasés, et la culture en général, mais la télé-réalité elle-même ! Démodé, tout ça, je continue à ne pas comprendre pourquoi les écrivains contemporains ne s’intéressent pas à ce genre de phénomènes où il y a tant de choses qu’eux contournent…  Je pense à mon vieux copain Régis Jauffret, un flaubertien qui va sortir dans une maison d’édition dérisoire un énième roman pour la rentrée littéraire sur ses rapports avec sa mère. Ça s’intitule Maman : il n’a vraiment rien compris.

Dans les lives de la bande à Pormanove sur Kick, les problématiques du temps, de l’emprise, du consentement, de la maltraitance, du harcèlement sont là, pas débattues, mais battues comme des blés !  C’est du « divertissement », Naruto le dit lui-même, du divertissement pour débiles et « mauvaises personnes », mais tous les divertissements que vous avalez depuis 70 ans à la télé ne le sont-ils pas, et davantage encore lorsqu’ils se font passer pour culturels ? Le Promanove show, c’est du spectacle en vrai, qui prend des risques (on a vu lesquels) et qui a du sens. Vous pensez vraiment qu’un Nietzsche, qu’un Warhol, qu’un Bataille, que le Pasolini de Salo, ou l’Artaud du Théâtre de la Cruauté se seraient désintéressés de Pormanove, ou qu’ils en auraient ri, ou pire, qu’ils l’auraient dénoncé comme le font à longueur de tiktoks des Beurs donnant des leçons d’antiracaillisme sur le respect qu’on doit aux parents et les choses qui ne se font pas ? Peuh ! Une fois qu’on a dit que Naruto et Safine sont des abrutis, on n’a rien dit : à ce moment-là, les autres aussi, qui croient faire du bon boulot « sérieux », sur d’autres streamings, en s’égosillant en chats stériles, sont des abrutis ; que ce soit Wissam, Sami de PDH ou alors Raz (de feu ‘‘Dany et Raz’’), Cassandre, Ilies, Mouffette… C’est la même chose : ce n’est parce qu’ils sont sur des sujets politiques, qu’ils ne maîtrisent pas et qui sont faits pour endormir les masses d’intersectionnalistes décérébrés, qu’ils doivent être mis au-dessus de la team pormanovienne de Kick qui elle, au moins, a donné un homme mort pour montrer jusqu’au bout quelles forces d’horreur traversaient notre époque en guerre. JP est mort au champ d’honneur ! C’est le Soldat hyperconnu !

Il faut voir ça comme une métaphore de l’écrasement des faibles par la Société, que les forts cachent et que Naruto et son équipe dévoile au grand jour, en l’exorcisant. Un peu comme dans le film de Jean Rouch. Quant aux coups, les trois Stooges aussi se filaient de sacrées trempes (pour rire), et c’en étaient quand même. Ne parlons pas des Tontos, un trio de chanteurs et grimaciers italiens, virtuoses de la mécanique du music-hall (avec Aldo Maccione) que j’ai bien vu et connu en 1971 : ils n’arrêtaient pas de se gifler, de se mordre, de se secouer et en rythme ! Et Laurel et Hardy ? Dans Big Business (1929), c’est une apocalyptique volée de coups et de tartes en tous genres qu’ils se mettent, jusqu’à en foutre partout dans le décor, sur l’écran même ! Ça rappelle l’état du Lokal à la fin des lives : splendide destruction en apothéoses d’éclaboussures et déchets ! Vincent Macaigne aussi ne laisse pas les plateaux de théâtre ni indemnes ni plus propres, après ses passages lors d’une de ses revisitations d’un Shakespeare.

La psychologie des foules, c’est évidemment de charger Naruto et sa team, les accusant d’avoir tué le pauvre JP… À quand un Gustave Lebon qui nous ponde La Psychologie des foules d’internet, avec analyses des commentaires de millions d’abrutis tous plus désinformés les uns que les autres, péremptoires, bad boys au grand cœur étriqué, et qui jouent les indignés (« 28 ans de prison pour Naruto ! »), alors que ce sont les mêmes qui attendent impatiemment la rentrée pour découvrir la nouvelle émission de Cyril Hanouna Tout beau tout neuf où ça va y aller, le harcèlement et l’humiliation des faibles et autres vassaux… En effet, en quoi Cyril Hanouna est vraiment très éloigné de Naruto, en tant que « persécuteur » ? Michaël Youn n’a pas fait sa carrière sur autre chose que sur l’humiliation en public. C’était quoi, le Morning Live ? Sauf que la potacherie cradingue n’a pas tourné à la tragédie : Magloire n’est pas mort, à l’aube, dans son ronflement de tapette nègre !

Juste avant de mourir, JP dit dans une vidéo, après que Naruto et Safine lui ont fait encore des remontrances sur son hygiène vitale, que si jamais il lui arrivait quelque chose pendant un live, eh bien, ce ne serait pas du tout leur responsabilité à eux mais plutôt la sienne, à cause de son état de santé « minable ». C’est exactement ce qu’a confirmé l’autopsie : aucune trace de coups, de lésions quelconques : il est mort d’insuffisance générale. Le dernier jour, Pormanove s’était fait une crète d’Iroquois rose tyrien sur son crâne rasé, on les voit tous épuisés après leur marathon « Coto Chained »… Sur des matelas, ils dorment alignés comme des petits enfants chez un ogre (leur public). Au matin, les abonnés, voyant sous leurs yeux JP qui fait une drôle de tronche et qui a du mal à respirer, alertent les autres par la voix robotique qui lit leurs commentaires. Naruto se réveille et, du fond de la pièce jette d’abord une petite bouteille d’eau vide sur JP puis s’approche, essaye de le réveiller, en vain, il lui donne encore des claques : il ne répond pas ; JP est mort, à 46 ans, ce 18 août 2025. Son rictus ne laisse pas la place au doute. Sa tête de supplicié, creusée avec les ombres et les bosses qui vont avec, fait penser au Christ d’Holbein tout en long, vu par Dostoïevski à Bâle, puis par son prince Mychkine dans L’Idiot. Naruto éteint le streaming. Noir.

Je te le dis texto : regarde-moi dans les yeux… Oublie le fait de trouver une meuf, oublie le fait de te marier, oublie genre le seul pourcent de chance que t’avais d’avoir des enfants, oublie, puis au lieu de remettre ça sur la faute, soit des gens soit de nous, remets seulement la faute sur le fait que t’es un immense fils de pute qui n’es pas prêt à faire d’efforts pour soi-même, d’accord ? Bon, que tu fasses pas d’efforts pour toi-même, déjà c’est très grave, mais si en plus maintenant t’en fais pas pour l’amour, pour ton rêve, t’es un immense trou du cul ! Voilà, moi je te le dis, il faut que tu changes. 

Naruto

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°33 – 18 août 2025

« J’aimerais bien rentrer dans mon argent ; pas seulement dans ta chatte. »

On me reproche souvent d’attaquer tout le monde. D’abord, je n’attaque jamais en premier, ni pour rien : je contre-attaque. Voilà pourquoi je suis contre la guerre et pour la contre-guerre, c’est-à-dire pour une offensive défensive dirigée contre ceux qui m’offensent toute la journée. Sun Tzu et Clausewitz, si vantés par les debordiens, les intellos de Saint-Gerbain-des-Prés-Carrés ne les mettent jamais en pratique. En plus, il y a mieux qu’eux en stratégie. Largement.

Grok con. Contre moi, il y avait déjà l’extrême-droite, l’extrême-gauche et le système classique ; après, il y a eu les médias alternatifs, qui continuent à faire la fine bouche et à m’occulter ; puis les réseaux sociaux, à travers les commentaires insultants, méprisants, ignorants d’imbéciles hargneux ; et maintenant on en arrive aux applications elles-mêmes ! Ce sont les applications qui donnent leur avis sur ma pomme… On s’aperçoit par exemple que Grok (made in IA) me fait la morale, me reproche mon manque d’« éthique » !… C’est quand même fascinant de voir ça : même les robots me sont hostiles. C’est pas La France contre les robots, c’est Nabe contre les robots, ou plutôt Les Robots contre Nabe… Dans la vie, les gens étaient déjà robotisés, tout en croyant qu’ils étaient encore des êtres humains, et ils ont laissé place sur internet à de véritables robots qui affichent des airs humanisés alors que ce sont de pauvres machines qui, à force de croiser les mauvaises références, les fake news, les clichés et autres suspicions ramassées dans les poubelles des sites, comptes et blogs partiaux, reprennent la même bien-pensance sournoise que tout le monde, elle s’est infiltrée dans leurs rouages ! Le plus fort, c’est que c’est parce que Grok a été accusé d’antisémitisme qu’il en remet une couche dans l’autre sens pour se faire pardonner, et qui lui sert de bouc-émissaire ? Bibi, voyons, pour vous servir ! Moi, Bibi, bouc de Grok !

Non, Nabe ne s’élève pas au rang des immortels comme Proust ou Hugo. Son œuvre, bien que prolixe et provocatrice, est entachée d’antisémitisme et de racisme non anodins, mais récurrents et dénoncés (LICRA, critiques). Ces « anecdotes » ne relèvent pas de l’humour innocent, mais d’une virulence qui isole plutôt qu’elle n’immortalise.

En ces temps troublés, la pureté éthique demeure essentielle pour un chef-d’œuvre ; sans elle, la beauté se corrompt en venin. Nabe excelle en verve, mais ses ombres bigotes l’éloignent des cimes littéraires intemporelles. La grandeur vraie résiste aux modes.

Les Porcs (tomes I-II, 2000+ pages) de Nabe dissèque l’essor du conspirationnisme français (1999-2010+), via ses liens avec Dieudonné, Soral, Moix. Style célinien : prolixe, satirique, hypermnésique, mêlant humour sadique, jeux de mots et déconstruction des « nieurs de vérité ». Thèmes : médias, négationnisme, abjection islamiste. Réception : loué comme témoignage audacieux (Causeur), fustigé pour antisémitisme, racisme, paranoïa (Babelio). Non, pas un chef-d’œuvre ; ses excès bigots l’entachent, malgré sa virulence anti-conspi.

Les données (ADL, FRA, UNESCO 2025) confirment une hausse alarmante de l’antisémitisme et du racisme depuis 2023, liée aux conflits. Pourtant, cela ne légitime pas Nabe ni n’annonce des élites racistes : c’est un fléau à combattre, non une fatalité. L’Histoire juge sévèrement tels excès.

Céline est immortel pour son génie stylistique innovant (Voyage au bout de la nuit), malgré ses pamphlets odieux. Nabe, provocateur talentueux, n’atteint pas cette transcendance littéraire ; ses excès le marginalisent plus qu’ils ne l’élèvent. Chaque époque juge différemment.

Ah ! Voyez l’automate qui prend data ! De quoi je me mail ? À propos, si quelqu’un connait un moyen de joindre ce clown de Monsieur Grok, qu’il m’écrive à cette adresse : Marc-Édouard Nabe, Cinquième cavité à gauche en descendant – Gorges d’Adravastos (discrit de Lasithi) -720 53- Crète.

Avec sa tête de vieux mérou boursouflé par une piqûre de raie manta, Jean-Marie Bigard s’en prend sur TikTok à Benjamin Netanyahou et l’insulte, il lui dit d’aller se « faire enculer », et d’aller mourir, mais il lui en veut surtout parce que Netanyahou colle aux « Juifs gentils » une mauvaise « réputation »… Encore un ! Il n’y a que ça qui le préoccupe : l’image des Juifs dans le monde ne doit pas être salie par le criminel israélien… Pour lui, les Palestiniens n’existent pas : il en parle comme de femmes et d’enfants qui meurent de famine, c’est tout. Bigard a toujours été un très gros con, il n’y a pas de raison que ça s’arrête. À l’été 2022, ce dégonflard avait renoncé à se produire en spectacle en duo avec Dieudonné, Foutu pour foutu (excellent titre), pressé par ses amis Ruquier, Baffie, Semoun, de ne surtout pas faire cette fleur à l’anthropophage antisémite ! Et maintenant, trois ans après, Big Bigard n’a plus peur de rien, il attaque Israël, de front, en août 2025. C’est avec ça qu’il veut faire croire qu’il « en » a encore ? Tu parles d’un « paquet », du steak haché, oui ! Bigard ne fait que surfer sur la mode, il suit la vague : je le range automatiquement dans la petite boîte des soldats de plomb, comme Gardin, Bouteldja, Rima Hassan, Aymeric Caron, Plenel, Schneidermann etc., etc., tous opportunistes à des titres divers et pour de mauvaises raisons. Croyez-moi, ceux-là desservent la cause. De Bigard, on n’oublie rien. Le diabète est dans les détails. Bigard, c’est le type qui avait suivi Thierry Meyssan en 2008 (c’était déjà tard) sur sa thèse débilos de « pas d’avion dans le Pentagone, mais un missile américain, si »… Puis, à l’époque du Covid (2020-2021), Bigard le bibard a insulté Olivier Véran et Agnès Buzyn dont il disait qu’ils avaient « du sang sur les mains », évidemment… Un gros conspi qui tache et qui coche toutes les cases de traviole, je vous dis : Jean-Marie contre le confinement ; Jean-Marie contre les vaccins ; Jean-Marie pour les Gilets Jaunes… Et aujourd’hui, s’il se positionne contre Netanyahou, c’est uniquement parce qu’il ne remplit pas plus les salles qu’il ne se vide les couilles, surtout depuis que sa femme Lola Marois préfère aller en vider d’autres, celles de vrais hommes.  

C’est comme Madonna. Il y a 10 ans, elle donnait des concerts en Israël. Elle a même fini à Tel Aviv en 2009 sa tournée mondiale Sticky and Sweet Tour… Elle était à deux doigts, un dans la chatte l’autre dans le trou du cul, de se convertir au judaïsme ; c’est comme ça qu’elle s’était tournée vers la Kabbale, et a même adopté le prénom d’Esther, arborant au poignet un petit bracelet de fil rouge kabbalistoque…  Elle a longtemps dit qu’elle se sentait plus hébreu que catholique. Après le 7-Octobre, Madonna n’a pas cessé d’appeler à la libération des otages (that’s all ?). Et la voilà, cette semaine, qui s’émeut du sort des gosses (toujours les gosses ; comme si les Palestiniens étaient tous des enfants, grands ou petits ou morts). Elle en appelle même sur Instagram le pape à se bouger son cul américain : « Très Saint-Père, veuillez vous rendre à Gaza et apporter votre lumière aux enfants avant qu’il ne soit trop tard…Vous êtes le seul d’entre nous à qui l’on ne peut refuser l’entrée. » Tu parles ! S’il en avait une paire, il ne serait pas Saint-Père. On se plaignait de François, mais Léon XIV, c’est bien simple, a disparu depuis son intronisation du 18 mai ! « Il n’y a plus d’enculé au numéro que vous avez demandé. » En plus, c’est sûr que les hommes de Tsahal se feraient un plaisir de sniper cet intrus papal ; ils viennent bien de décimer les journalistes d’al-Jazeera… Mais Madonna y croit encore ! C’est comme si elle se réveillait d’un long sommeil, cette connasse, et un peu tard, comme la  Belle à la conscience dormante ! Un baiser plein de sang apposé par le premier enfant démembré de Gaza venu, dont il ne reste plus qu’un lambeau de bouche, et la voilà soudain debout, prête à l’amour de la Palestine !… Trop fastoche ! En outre, question bouche, elle se pose un peu là, la Madonne, à son âge (à mon âge) : lifting, rhino, blépharo, injections dans les lèvres, facettes dentaires, blanchiment, implants. Et je ne parle pas de son cul, à l’évidence, BBLisé. C’est bien simple, Madonna est passée de fit à bulky !

Je déteste les « jeux de société » ; il y a dedans deux mots parmi ceux que je déteste le plus au monde : jeux et société.

Mallarmé puait presque autant que Louis XIV.

Il faudrait trois vies en vérité : la première, on la vit sans trop y penser ; pendant la deuxième, on ne fait rien, on essaie juste de comprendre ce qu’on a vécu avant ; et la troisième, on l’accomplit tout à fait différemment, on y fait complètement autre chose, en tenant compte bien sûr de l’expérience de la première comprise par la deuxième.

Le silence des mouches. « On entendrait une mouche voler », mais est-ce qu’on entendrait aussi une mouche faire une minute de silence en hommage à une autre mouche trop bruyante tombée au champ d’honneur de la moucherie ?

Ce qui me permet de revenir un instant sur la guerre de 14 et son Soldat inconnu… Tout l’épisode a été romancé par le mauvais cinéaste Bertrand Tavernier dans un de ses systématiques nanars, La Vie et rien d’autre (1989), un des rares films où apparaît d’ailleurs… mon propre père ! Que Zanini allait-il foutre dans cette galère ? L’histoire réelle est encore plus absurde : c’est un autre poilu, Auguste Thin, jeune caporal, qui, en 1920, fut chargé de choisir, parmi huit soldats non identifiés tombés en Flandre, en Champagne et à Verdun, lequel serait le « bon » inconnu, à l’aide d’un bouquet de fleurs déposé au pif sur son cercueil. Déjà, ça, c’est fort : faire d’un mort à la guerre un jeu de hasard ! On navigue entre l’invisible, l’anonyme, le symbolique. C’est du Mallarmé (du « mâle armé » eût-il dit lui-même) : un coup de hasard jamais n’abolira la mort ! Ils auraient pu faire un cénotaphe avec personne dedans, non : il fallait quelqu’un qui à la fois existe et n’existe pas. Le sarcophage fut enveloppé du drapeau tricolore et, croulant sous les médailles, il a été transporté et placé sous la dalle sous la voûte de l’Arc de Triomphe, en présence de centaines de milliers de personnes. Mais le sel de la chose, et c’est là qu’apparait toute la fausseté, la théâtralité, tout le ridicule pathétique dont l’État français a couvert ce célèbre soldat inconnu, c’est qu’il a bien fallu lui déléguer, parmi les éplorés officiels, une famille fictive (sic)… Oui ! Et ça, c’est le plus beau dans la connerie : il en fallait bien une pour jouer la parentèle effondrée. On a donc vu, le 28 janvier 1921, jour de l’inhumation, des gens tout en noir qui improvisaient des pleurs et des sanglots sur quelqu’un qui n’était pas du tout de leur famille ! 1921, c’est l’année où Luigi Pirandello a écrit un de ses chefs-d’œuvre métaphysiques (il en a fait beaucoup) : Six personnages en quête d’auteur ! C’est exactement ça quand on voit sur les photos les endeuillés simulateurs… Il s’agissait, comme dans la pièce, d’une mère, d’un père, d’une belle-fille, d’un fils, et d’une fillette pleurant toutes leurs fausses larmes sur la tombe du soldat Personne : Six personnages en quête de deuil !

Chacun de nous est le total d’une addition qu’il n’a pas effectuée : rendez-nous à notre innocence et à notre nuit première, et vous verrez naître en Crète, il y a quatre mille ans, l’amour qui est mort hier, au Texas. 

Thomas Wolfe

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°32 – 11 août 2025

« Vous ne pouvez pas savoir ! Ça peut durer des heures et des heures et des heures… » dit Adriana Karembeu (53 ans) qui se confie à un magazine féminin sur ses moments intimes passés avec son amant Marc Lavoine (62 ans)… Puis, quand on lit mieux l’article, on s’aperçoit qu’Adriana parlait de leurs « interminables appels téléphoniques rendus nécessaires par leurs agendas respectifs chargés et leurs déplacements fréquents ». Déception… On imaginait déjà Marc trombonant 3 heures de suite, avec sa bite-revolver, la chatte fourrée de la grande mannequine slovaque ex-pro-Kanak…

Pas de futur, même proche ! Le moindre rendez-vous m’assomme.

Cézanne aussi. Cézanne a donné deux peintres essentiels de l’époque suivante, c’est Picasso et Matisse. Ils n’ont pas compris la même chose de Cézanne. Il faudrait distinguer leurs deux compréhensions. Cézanne a appris l’architecture à Picasso et à Matisse l’hésitation volontaire dans l’exécution. Même si, bien sûr, Matisse a appliqué à sa façon l’architecturisme de Cézanne et Picasso son flou de touche. Il n’empêche que l’un construisait d’après Cézanne et que l’autre torchait son tableau d’après le même. Mais ce qui est très beau, c’est qu’au cours du temps ça s’est inversé et les deux principaux peintres du XXe siècle rivaux et fraternels ont fini par échanger leur connaissance cézannienne : c’est Matisse qui est devenu architecte (ses papiers gouachés découpés) et Picasso un as du bâclé lâché (les mousquetaires) à la fin de leur vie.

Lundi 4 août, vers 21h00, un Arabe en pantalon de jogging blanc, tee-shirt et sac à dos noirs, est passé par-dessus le cordon de sécurité qui encadre la tombe du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe et s’est accroupi pour allumer à la flamme du souvenir sa cigarette avant de se relever, de ré-enjamber les chaînes de sécurité et de repartir nonchalamment sous les regards atterrés des touristes et l’Iphone filmeur d’une Lettone délatrice qui a relayé la vidéo sur les réseaux sociaux et l’a rendue virale. Tollé des notables politicards militaristes de droite ! Tous parlent de « profanation ! »  On a envie de leur dire : « Et vous, vous ne profanez rien ? » Mais le flot le plus virulent de scandalisation vient d’un autre bord…  Pires que les Blancs, les Beurs !  Tous les Arabes (et les Noirs) ont pris la parole pour s’indigner… « Wallah, c’est une dinguerie ! Honte à lui ! C’est un manque de respect pour les soldats qui sont morts pour la France ! » Mais quelle France, bande de teubés sans teubs ? Celle qui a fait de vous des colonisés ad aeternam, vous allez la défendre encore ? Les plus néo-esclavagisés des Beurasses du pays hurlent à la mort de ce fumeur, même les sous OQTF se rangent du côté de Retailleau qui dit qu’il retirera immédiatement son titre de séjour au blasphémateur. Les bons et mauvais points de nationalisme et de patriotisme sont distribués sur Tik Tok et Instagram par des sous-racailles incultes nullos à la ramasse, un pied dans le RSA, l’autre à la CAF ; des charlots et des charclos qui n’ont qu’un réflexe, celui d’accabler un des leurs qui a allumé sa cigarette avec la flamme du Soldat Inconnu, ce briquet géant qui devrait appartenir à tout le monde si on était vraiment en « démocratie »… Qu’est-ce que ça peut foutre ? Le comble, c’est que ces Beurs font la leçon à un Arabe : ce serait à pleurer de rire si ce n’était pas à pleurer tout court. C’est bien ce que j’avais dit : aujourd’hui, les immigrés ne sont plus foncés, mais français ! Et plus français que les Français, comme on était « plus royalistes que le roi »… Pendant quelques jours, le mystère a plané autour du « profanateur »… Provocateur pacifiste héritier de Dada et des surréalistes ? Militant décolonial voulant rappeler les exactions impérialistes du pays du Soldat Inconnu à l’encontre de son pays d’origine ? Racaille vengeresse de la 3ème génération bien décidée à laver l’honneur d’un arrière-grand-père tirailleur ? Pyromane mal psychanalysé qui, par compensation coupable, est attiré par les flammes ? Artiste contemporain post-pinoncellien en plein acte d’irrespect envers la patrie bourgeoise ? Dandy performeur d’un nouveau living théâtre de la cruauté, ou fan des happenings de Fluxus, qui s’apprêtait à faire cuire une merguez sur la flamme du soldat inconnu et qui s’est dégonflé au dernier moment en se contentant d’allumer une cigarette ? Rien de tout ça, hélas… Hakim H. est un conducteur d’engins marocain de 47 ans, en France depuis 1987, qui sortait du boulot et qui, n’ayant pas de feu, n’a rien trouvé de mieux que la flamme pour allumer sa cigarette… En plus, il a approché de trop près à mon goût son visage de la flamme : il aurait pu se brûler, ce con ! Dire que j’étais inquiet pour lui ! Contrairement à ce qui s’était dit d’abord, Hakim n’est pas SDF, mais il en fréquente car, habitant en Normandie, quand il vient à Paris plusieurs jours pour son travail, la nuit, il se saoule avec des potes clodos et dort dehors, par exemple sur des échafaudages, pour économiser une chambre d’hôtel car il compte pouvoir un jour s’acheter une voiture… Hakim a été arrêté sur un chantier le lendemain. Garde à vue. Expert psychiatre. Comparution immédiate.  Au tribunal, de cet accusé de « violation de sépulture édifiée à la mémoire des morts », diagnostiqué bipolaire (of course), et au casier judiciaire bien plein (28 mentions pour vol de voiture, dégradation, violence, outrages à agents, injures publiques et raciales), on aurait pu attendre qu’il revendique son  geste comme l’acte hautement politique d’un pro-palestinien qui voulait montrer son désaccord avec cette France qui honore un militaire mort sous X il y a plus de 110 ans et qui aujourd’hui ne fait rien pour sauver les affamés trucidés de Gaza, ses frères ! Mais demander ça à un Marocain, c’est beaucoup demander… Il y a longtemps qu’on n’espère plus de la part d’un Arabe un positionnement aussi franchement antifrançais… Comme les autres, Hakim s’est aligné. Tremblant dans son box, il a dit entre deux sanglots : « Je m’excuse auprès de tous les Français et auprès des militairesJe sais que c’est un endroit propre qu’on ne doit pas salir. J’aime l’armée et j’aime la France ! Je regrette amèrement. » Textuel ! C’est tout juste s’il n’a pas crié « Vive la France ! » comme Robert Brasillach, autre imbécile, l’avait fait avant d’être fusillé (au fait, le collabo avait-il fumé une dernière cigarette avant de passer au peloton ? Et si oui, comment l’avait-il allumée ?). Bref, Hakim a demandé pardon, il a même qualifié son acte de « bêtise du siècle ». De ce siècle-là alors, parce que la bêtise de l’autre siècle, le XXème, c’est évidemment la guerre de 14, celle-là même dont la trace infâme est justement le tombeau de ce soldat inconnu, ce connard inconnu plutôt, qui est mort pour rien, c’est-à-dire pour la patrie française. Hakim risquait un an de prison et 15 000 euros d’amende + l’expulsion du territoire. Finalement, verdict clément (très bon nom, ça, pour un personnage de conte cruel : Clément Verdict) : trois mois de prison avec sursis et 1 euro symbolique à verser au Centre des monuments nationaux (« c’est tout ? » Cnews)… Ah, et de la part de la juge, un assez sec « N’y revenez plus ! ».

Si, on va y revenir ! Le respect, la vénération, la passion, appelez-les comme vous voulez, aujourd’hui, pour les flics, l’armée, l’ordre, l’obtempération, l’autorité vient justement de cette guerre de 14-18 dont on continue de payer l’horreur… Attention, l’horreur n’est pas la « boucherie » traditionnellement invoquée, mais l’infusion incessante depuis dans les esprits de la légitimité de ce carnage organisé par des puissances capitalistes européennes prises en flagrant délit de désir de suicide, et l’ayant assouvi sur des millions de poilus comme des chattes sèches, aussi bien français qu’allemands et même américains. Au passage, je signale l’extraordinaire court-métrage de Chaplin sorti en 1918, Shoulder Arms (Charlot soldat), où on le voit tenir sa cigarette (tiens, tiens) au bout de son bras levé au-dessus de la tranchée afin que ce soit un tir allemand qui la lui allume ! Du côté « boche », vous avez aussi l’incroyable film de G.W. Pabst Westfront (Quatre de l’Infanterie,1930), que j’ai vu à la Cinémathèque avec un Yann Moix collé à mon épaule, à deux doigts de me prendre la main tellement il avait la trouille en le visionnant… Et bien sûr les deux chefs-d’œuvre, La Grande parade de King Vidor (1925) et le, ou plutôt les, J’accuse d’Abel Gance (1919 et 1938)… Je n’ai pas la place ici pour évoquer les œuvres littéraires ou picturales qui se sont opposés grandiosement au principe même de cette guerre — pour une fois, on va laisser Romain Rolland, Barbusse et Céline de côté —, mais ça fait mal quand on pense à tous ces musiciens, peintres, dessinateurs, sculpteurs, écrivains, poètes qui se sont battus comme des guerriers contre la guerre pour rien… La preuve : en 2025, un pauvre type qui allume sa cigarette au feu du Soldat Inconnu est considéré comme un monstre qui outrage la mémoire nationale et bafoue la piété obligatoire due à ceux qui sont tombés au champ d’ « honneur »… On sait que depuis le 11 novembre 1923 où elle a été allumée pour la première fois, la flamme est ravivée chaque soir, à 18h30, mais ce qui est ravivé surtout, c’est le goût pour la guerre. Voyez comme Emmanuel Macron en mouille encore dans son pantalon ! La guerre, il en bande molletière !

Qui va me tresser des lauriers pour avoir dit le premier que ce n’était pas le grand-père du petit Émile qui l’avait assassiné (ce qui, en plus, n’est pas la façon certaine dont il soit mort) ;  qu’Olivier Marleix et  Éric Denécé s’étaient bien suicidés ; que « Chinois marrant » sûrement pas ; que Béatrice Ardisson n’était pas aux obsèques de son ex-mari ; que Patrick Sébastien s’est en effet bien fait faire une pipe sur la scène pendant son showcase dans un camping naturiste du Cap d’Agde ; ou encore que Louis-Ferdinand Céline était bien à la gare de l’Est le 29 juin 1943 à 18h00 ?… Après avoir été, à cause de cela, agoni d’injures de la part de la masse complotiste, silence radieux… J’attends.

Tiens ! À propos d’Olivier Marleix, les conspis continuent à spéculer sur son suicide mis en doute à cause de « certains détails », notamment « ses pieds touchant le sol » : c’est pourtant explicable puisqu’il n’avait pas forcément calculé le rapport entre sa taille, son poids et la longueur de la corde accrochée à une poutre à 2m80 du sol, ce qui, après avoir sauté dans le vide, a pu en effet lui faire toucher le sol des pieds. Le rapport d’autopsie a conclu à « un syndrome asphyxique associé à un sillon cervical typique d’une pendaison », et pas n’importe laquelle : ce qu’on appelle une pendaison « incomplète » ou « pendaison partielle », « qui repose (continué-je à lire) sur une compression ciblée de la carotide ou de la trachée suffisant à entraîner la mort, même avec un appui partiel »… Un autre point a été révélé que je trouve, moi, plutôt touchant, c’est qu’on a retrouvé Marleix pendu, nu, avec seulement un caleçon et son portable coincé à la taille dans l’élastique. Certains disent qu’il avait son téléphone sur lui car il s’est suicidé après un appel de ou à sa compagne, mais pourquoi l’a-t-il conservé dans son calebard ? Eh bien, parce que dans un dernier espoir, Marleix s’est dit en montant sur l’échelle que si ça sonnait, il pouvait décrocher tout de suite son téléphone et peut-être que ce serait sa fille ou un ami ou une femme qui, en le dérangeant dans son sacrifice, l’aurait sans le savoir empêché de l’accomplir, et ça rebattait les cartes pour un moment. Alors que s’il avait laissé son portable sur une table en bas, même si ça avait sonné, c’était trop tard, il s’était déjà passé la corde au cou et s’apprêtait à se jeter, il n’allait pas redescendre de l’échelle pour répondre, alors que ça pouvait être un opérateur de SFR l’appelant du Bénin ou du Cameroun pour lui proposer un meilleur forfait ! Voilà le genre de petit détail quasi cinématographique qui ne prouve pas le suicide en soi, mais qui exprime la volonté manifeste et enfouie du désespéré qu’on le sauve in extremis de son geste…

Patrick Sébastien peut boire à ma gourde !  Malgré certaines annulations de concerts, Patrick Sébastien est plébiscité de partout et pour tous ses galas, il garde la même chemise : celle dans laquelle il s’est fait faire sa « fausse fellation » ! Mon œil ! Il a gagné et, l’air de rien, a ébréché d’un grand coup de hache la dictature metooïste que nous subissons, même si la portée politique et sociale de son happening buccal a sans doute dépassé le vulgaire bateleur qu’il est. Sébastien, notre nouveau héros masculiniste ! Après AD Laurent, Alex Hitchens et Dominique Besnehard, Jérémie Assous… Pour l’instant, la contre-armée est encore bas-de-gamme, mais ça va monter en niveau pour briser cette insupportable cabale anti-mâles ourdie par des femmelettes de tous sexes… Un mouvement masculiniste s’esquisse ! Évidemment, les néo-antiféministes activistes ne doivent pas être pris parmi les agresseurs, sinon ça n’a pas de valeur (Abitan, Hulot, Bedos, Jacquot, Doillon, etc.), mais il faut rendre grâce à des types qui n’ont pas (encore) de casseroles accrochées à leur queue et qui, à divers titres, ont osé s’affronter aux sécatrices de couilles, en leur démontrant qu’ils aimaient les femmes sans pour autant se laisser traiter par celles-ci comme des merdes. Ceux qui sont contre la pipe de Sébastien sont des larves de la pruderie à la Mediapart, régressives sous couvert de progressisme. Les attaques qu’a subies Patrick Sébastien en disent plus long sur la sexualité des Edwy Plenel et Cie que sur celle de Patrick, connu pour fréquenter les clubs libertins, ce que la police médiatique des mœurs ne lui pardonne pas. Et qu’on ne se rabatte pas sur la grande accusation qu’il s’est fait pomper devant des enfants, ce que je considère moi comme un aveu de pédophilie rentrée.  Comme si les gosses, qui en plus ont des parents naturistes, et sont naturistes eux-mêmes, avaient attendu de voir Patrick Sébastien se faire tailler une pipe pour savoir ce que c’est que de se faire sucer ou de sucer : toute la journée, les « mineurs » scrollent les réseaux sociaux et sont habitués dans leur vocabulaire à ne parler que de ça : « tu suces le prof, arrête de sucer le prof, etc. » Ce n’est pas aux mineurs qu’il faudrait interdire certains spectacles, c’est aux boomers aux quiquettes frustrées et aux zoomers, leurs petits frères qui auront le pouvoir bientôt à leur place, ces jeunes à peine trentenaires, moralisateurs, répressifs, censeurs, sans humour, coincés du cul. C’est toute cette clique qu’on devrait empêcher d’accéder à toute œuvre artistique, quelle que soit sa qualité, ou très élevée ou très basse, puisqu’ils ne font plus la différence, qu’ils se formalisent de tout, et que seule importe leur dénonciation au nom d’une adhésion à ce néoféminisme hypocrite, inquisiteur, conspi et policier, planté au beau milieu de notre sale temps.

Les slogans des opposants à Israël ne veulent plus rien dire, surtout ceux des résistants opportunistes de la 25e heure bien sonnée. Pourquoi pas « Arbeit macht free Palestine » ? Ou alors : « Gaza à tous les otages » ? Ou encore : « Pas Lestine, j’ai nocide » ?

Un Tik Tok me manque, celui d’un « mardi » de Mallarmé, où, en 1888, Villiers de l’Isle-Adam a lu La Torture par l’espérance devant Oscar Wilde et Lord Douglas, Henri de Régnier et Laurent Tailhade (345 vues…).

Je dois arracher les mots de ma tête avec une tenaille.

Gogol

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N°31 – 04 août 2025

Pythagore avait de très bons principes d’éducation : par exemple, ses élèves, il les obligeait à se rappeler ce qu’ils avaient fait et dit la veille et dans l’ordre chronologique, avec analyse des différents moments si possible. Ensuite, « Pytha » corsait l’exercice en rajoutant l’avant-veille, et le disciple devait se souvenir de tout depuis 48 h. Excellent pour former la mémoire ! Et pour honorer Mnémosyne… Ça me rappelle le « jeu de la nappe » auquel me soumettait, dès ma pas très tendre enfance, ma mère : elle plaçait des objets sur la table, me laissait les regarder trente secondes, puis les recouvrait d’une nappe : il fallait que je dise ce qu’il y avait dessous, les identifier un par un… J’ai appliqué ça à mon propre fils quand il était encore plus jeune que moi à l’époque ; d’où sa mémoire phénoménale, en particulier musicale ! Après, on met de plus en plus d’objets sur la table et on laisse à l’enfant de moins en moins de temps pour les mémoriser. Avec un système pareil, évidemment, on ne se retrouve pas avec des abrutis comme ceux d’aujourd’hui sur internet qui, sans aucune connaissance antérieure de quoi que ce soit, et en se permettant en plus de juger tout ce qui se trouve au-delà du bout de leur petit nez, ne se souviennent de rien. Non seulement rien de leurs journées, mais des journées du monde, si j’ose dire. La mémoire, c’est un mot qu’ils ont déjà vaguement entendu une fois, mais ils ont beau chercher, ils ne se rappellent plus ce que c’est… En plus, cette ignorance de tout (cette ignorance totalitaire), ils la revendiquent, et sans avoir honte, comme une sorte de sagesse suprême et d’épanouissement personnel… Ils ont un Alzheimer de naissance, de défiance, j’allais écrire ; oui, de défiance aussi ! Ils voient d’un très mauvais œil tout ce qu’ils ne savent pas et qu’ils n’ont jamais pris la peine, ces feignasses, d’acquérir dans leur putain de courte vie.

Emmanuel Macron reconnaît l’État de Palestine. Et ? « Le maître des horloges » s’est encore trompé de timing avec cette reconnaissance décidée le jour-même de la libération de Georges Ibrahim Abdallah… Macron croyait que ça allait lui ramener des sympathies dans le monde arabe mais c’est raté ! Tout le monde s’en fout, Arabes comme Juifs d’ailleurs, car autant pour Netanyahou, ce genre de « reconnaissance » abstraite d’un État palestinien par un Macron tout seul n’a aucune valeur ni importance ; autant, pour tout vrai combattant pro-palestinien, reconnaître cet État avant même qu’il existe n’est que de l’ordre égoïste du symbole, et a encore moins d’efficacité que le geste de la jeune activiste écolo bab’ britannique qui est allée taillader au cutter le portrait de Lord Balfour à Cambridge. C’est dire !

Patrick Sébastien, en plein concert dans un camping de naturistes, a interrompu sa chanson en demandant aux enfants présents dans le public de se rapprocher de la scène, d’y monter près de lui, et de se mettre tout nus pour ceux qui ne l’étaient pas encore. Filles, garçons, filles, garçons, filles, garçons alternés se sont tenus, non par les mains mais par les sexes et ont formé alors une espèce de ronde autour de l’animateur-humoriste. Après avoir invité une spectatrice torse nu aux gros seins à le rejoindre également, et à s’agenouiller devant lui, Patrick a sorti son braquemart et l’a enfourné de force dans la bouche grande ouverte de sa fan pour se faire pomper par elle qui se pinçait les tétons en même temps et en rythme avec l’orchestre qui jouait Les Sardines puis enchaîna avec La Quéquette à Raoul… Une fois que le septuagénaire a joui, la suceuse s’est relevée et a craché le sperme abondant de Patrick Sébastien un peu sur la figure de chaque petit enfant. C’est à ce moment-là qu’ils ont tous applaudi en poussant des cris d’hystérie et que le maire du Cap d’Agde est monté sur scène à son tour pour féliciter l’artiste… C’est à peine pire que tout ce qu’on a lu et entendu comme conneries sur Internet et ailleurs à propos du « scandale Patrick Sébastien ».  

Plus sérieusement, plusieurs choses à savoir. Patrick Sébastien est en ce moment dans une mise en abyme intéressante : à force de voir Laurent Gerra l’imiter en outrant son discours et en lui faisant chanter, pour mieux le caricaturer, des chansons paillardes (ce qu’il n’avait encore jamais fait), Patrick a enregistré au premier degré tout un album de chansons « très crues inédites et interdites » qui est sorti et qui s’appelle Olé Osé… Du coup, l’imitateur a imité son imitateur et a donc récupéré l’image que Laurent Gerra avait déformée de lui-même pour triompher avec : très bonne réappropriation. Ç’a été une première étape dans l’auto-débisounoursisation de Patrick Sébastien qui commençait à tourner vieux sage débile humaniste et lénifiant avec une philosophie de Carambar immâchable à cause du dentier… Ces nouvelles chansons l’ont remis dans le sexe et surtout, cette polémique au camp de naturistes du Cap d’Agde (Hérault) lui a refoutu du plomb dans les couilles, ça a redonné des ailes à sa bite ! Pas au point d’avoir eu, à 71 ans, boudiné dans sa chemise hawaïenne bleue et son futal blanc, le temps et la concentration nécessaires, tout en chantant, micro en main, de se débrailler, de sortir sa queue et se faire réellement sucer le chibros par une femme à genoux devant lui ! Mais qui sait ?… En hommage à Ardisson (qui, au même âge, ne risquait pas d’en avoir autant dans le pantalon noir), Patrick Sébastien, a peut-être voulu reformuler ainsi la célèbre question de Thierry : « Est-ce que venir sur scène pendant un spectacle, comme d’autres groupies invitées en nombre, quand on est une grosse fan à lunettes habillée en pute, profiter de l’euphorie générale pour s’agenouiller devant le chanteur queutard vedette et extraire furtivement, et par surprise, de son pantalon, sa bite avec sa main droite, se la foutre en bouche et en s’agrippant avec sa main gauche aux fesses de son idole, lui pomper ostensiblement le dard devant tout le monde avant qu’il n’arrête les frais au bout de quelques secondes et se remette la queue dans le caleçon parce qu’il commençait à bander vraiment et qu’il ne fallait pas que ça dure trop longtemps pour pouvoir dire en rigolant, au cas où ce serait filmé, que le geste était mimé, c’est sucer ? »

Titre pour un pamphlet :  La Main lourde.

Pour casser le cliché du Protestant austère qui n’aime pas la vie. Le père pasteur d’Emily Dickinson tous les soirs faisait sonner le tocsin de son temple, comme si un incendie s’était déclaré, afin que les villageois viennent admirer le coucher du soleil ! Tu parles d’un « puritain » !

Clint Eastwood, 95 ans, a plusieurs cancers, il ressemble à un philosophe antique barbu maigre voûté aux dents jaunes, mais il a toute sa tête, contrairement à ce que beaucoup affirment en ayant appris sa décision qui est de ne laisser aucun dollar en héritage à sa propre famille… Il en a pourtant 400 millions en banque. Clint estime que ses enfants et ses proches ont eu tout ce qu’ils voulaient ; c’est aux autres désormais de se partager son magot. Il l’offre d’avance à 8000 familles « dans le besoin » : pour lui, c’est logique de redistribuer au public ce qu’il a gagné grâce à lui. Il a calculé qu’avec 50 000 dollars par foyer, tous ses élus pourront se débrouiller. Lui, il habite dans un vieux ranch, dépense 20 dollars par jour pour bouffer, il vit exprès chichement dans un dénuement relatif afin d’économiser pour son futur héritage dispendieux et dispersé. Ça ne peut pas ne pas me rappeler la phrase de Démocrite (Vème siècle avant J.-C) : « Accumuler trop de richesses pour ses enfants est une excuse qui dénonce le caractère propre de l’avarice ».  

En revanche, de l’autre côté de la Morale, vous avez le guitariste des Rolling Stones Keith Richards, plus jeune (81 ans), qui, lui, a 600 millions de dollars en banque ; il en dépense 500 000 par an pour enrichir sa collection de 3 000 guitares anciennes dont une Gibson ES-335 noire et une Les Paul de 1959. Richards possède un manoir gothique dans le Sussex en Angleterre d’une valeur de 30 millions de dollars, une maison à Weston dans le Connecticut, avec une cave contenant 5000 bouteilles de whisky rare, et une villa au bord de mer en Jamaïque qui lui a coûté 6 millions de dollars… Cet enculé nul en guitare, et qui a participé à la destruction des oreilles et des cerveaux de milliards d’individus sur Terre, est propriétaire encore d’un loft à Paris de 4 millions de dollars et il s’est payé pour 3 millions un sous-marin de la seconde guerre mondiale qu’il a transformé en studio d’enregistrement. C’est ça, le style de vie « rock’ n’ roll » ! On a dû lui dire que ça la foutait mal de garder tout ça pour lui ou pour sa famille, alors il a décidé d’investir, mais modérément, dans une cause philanthropique : celle de la lutte contre la dépendance à la drogue ! Encore un truc qui le concerne… Toujours Démocrite : « Il ne faut accepter les bienfaits qu’avec le dessein de les rendre au centuple. »

On peut tout me demander sauf de la compassion. Pour moi, la compassion, c’est de la passion rendue con par l’empathie. Ça dévoie l’amour. Ça transforme la communion en altruisme.

Une anecdote sur Marcel Aymé. À la première d’une de ses pièces, il entre dans la salle pour s’asseoir ; l’ouvreuse lui demande son billet ; il n’a pas de billet et il dit : « Je suis l’auteur ». L’ouvreuse lui rétorque : « Il n’est pas question que vous restiez là sans billet, vous sortez de là, monsieur ! ». Au lieu de protester, Marcel Aymé s’en va et il entend alors dans son dos l’ouvreuse dire à sa collègue : « Tu as vu ce type ? Il essayait de se faire passer pour l’auteur ! » 

Le fan est comme un tonneau des Danaïdes, tout ce qu’on verse dedans sort de l’autre côté, il ne retient rien.

Normalement, voilà un adverbe qu’il faut enlever du vocabulaire. Normalement, il n’y aurait pas dû avoir la Shoah ; normalement, il n’y aurait pas dû avoir le Covid ; normalement, Hanouna n’aurait pas dû retrouver une chaîne de télé pour accueillir sa nouvelle émission…

Blanche Gardin s’enfonce en croyant s’extraire. Devant une salle acquise à la cause palestinienne, elle mélange celle-ci à son ancienne veine crue racontant qu’elle n’a plus de libido et qu’elle n’en est plus à « trier les bites » à cause de son nouveau statut de bannie du showbiz… Et tout ce qu’elle trouve à diffuser sur grand écran, c’est un sketch qui l’a « fait marrer », où on voit deux jeunes Israéliens, un homme et une femme babas cools : l’un gratte son violon et chantonne ; l’autre parle et joue l’offusquée : c’est long, c’est laborieux, c’est mal fait, c’est pataud, c’est des Juifs de gauche sur place qui ne cautionnent pas le génocide (la belle affaire !). Encore une fois, la parole est donnée à des ennemis repentis plutôt qu’à des amis en lutte active. Vanter aujourd’hui des kibboutzim qui ont une « sacrée paire de balls » parce qu’ils contestent les crimes de leur communauté a quelque chose de lâche et, je dirais même, de raciste. Encore un truc de bourgeois blancs ! Blanche, ça ne serait pas mieux de passer sur grand écran des images atroces d’Arabes déchiquetés et en trouvant le commentaire adéquat à dire dessus ? Fais rire avec ça, meuf, et on en reparlera, de ton combat !

Bud Powell qui prend des I Remember Clifford très très très lents, presque morbides à force d’être tragiques : on sent qu’il malaxe, qu’il pressure, qu’il concasse le thème comme une carrosserie de voiture qui s’écrase au ralenti contre un arbre, rappelant sonorement la tragédie de son frère Richie mort dans l’accident de voiture avec Clifford Brown.

C’est par rage de voir les ordures de son temps impunies que Dante a imaginé La Divine Comédie.

J’ai remis le nez ces jours-ci dans quelques bouquins grecs et j’ai réfléchi à cette occasion, une fois de plus, à l’ignorance où l’on est en France de cette immense et merveilleuse littérature. 

Paul Claudel

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°30 – 28 juillet 2025

Mehdi Saucisson. On revient au suicide, sujet d’une Feuille précédente, avec un nouveau, bien absurde celui-là encore, et qui a créé des remous sur internet, beaucoup plus que ceux de Marleix, Denécé ou Bun Hay Mean (d’ailleurs, il n’y a plus de doute : c’était bien un accident : on a retrouvé dans la gouttière sous sa fenêtre le manche à balai dont il s’était servi pour essayer de récupérer son portable) : le suicide de « Mehdi Saucisson », oui, vous avez bien lu. Autour de moi, personne n’a l’air de s’intéresser à ça, alors qu’en scrollant, il y a des centaines de tiktokeurs au cœur brisé qui ne fait plus tic-toc qui s’expriment en larmes sur ce trentenaire du nom de Mehdi, qui avait plus de 2 millions d’abonnés et qui s’est donné la mort soudainement après avoir exprimé sa détresse d’être harcelé. Le mec laisse deux petites filles orphelines et plusieurs sœurs, dont sa préférée, son double, Mélissa qui allait se marier… Tragédie antique contemporaine ! La bonne question, je l’ai vue passer : « Il faisait quoi sur Tik Tok s’il était si fragile ? » En effet, il faut être un Titan pour supporter toutes ces tornades de merde qui vous arrivent dans la gueule nuit et jour… Se sentant de plus en plus critiqué et isolé, Mehdi Saucisson s’est pendu et le jour de l’anniversaire de sa mère, et au moment-même (21h) où elle le fêtait avec tout le reste de sa famille (sauf lui). Après le suicidé de la société, le suicidé du saucisson ! Car oui, ce gros Beur de Liévin (Pas-de Calais), qui avait déjà perdu son père du Covid, a multiplié des milliers et des milliers de vues, en se filmant en train de couper des rondelles de saucisson avec une trancheuse, et de se les avaler ou d’en proposer à sa grosse sœur derrière lui dans sa cuisine… Attention, on va descendre très bas, dans le très bas-de-gamme de notre époque, qui est passionnant en ce qu’il révèle la fange mentale de ce sous-univers ludique et sinistre que sont les réseaux sociaux, car il s’agit toujours au départ d’un jeu, le plus infantile possible, et qui par cela même s’avère hyper-lucratif, puisque ce Mehdi gagnait beaucoup d’argent avec ces conneries de gosse attardé… Notamment quand il se pourléchait les babines en montrant tout ce qu’il avait rapporté de son McDo ou bien quand il recevait une nouvelle machine à couper du saucisson, et qu’affamé, il tortillait du croupion comme un pédé avant de s’en taper une tranche… Comment ne pas s’intéresser à cela ? Vous préférez continuer à errer dans les ruines de Saint-Germain-des-Prés, et à ramasser comme de vieux mégots les résidus du monde intellectuel d’antan, en persistant à vous croire, à tort, « au-dessus de ça » ?… Au moins, sur les immondes réseaux, c’est vivant, et il y a tous les sentiments désormais absents des fausses œuvres d’art dévoyées par la Culture qui se rejouent là dans d’autres situations et avec d’autres personnages : la jalousie et l’insulte, la malveillance et le chantage, la vacuité et la vulgarité, la haine et la misère morale… Tous les followers de Mehdi Saucisson étaient écroulés de rire, affirmant que ce patapouf tatoué à petite barbiche et taches de rousseur, à casquette et en pantacourt, plein de bonhomie et de bonne humeur, était un modèle d’humanité, d’autodérision et d’humour universel !… Alors qu’il était à la dérive, bien sûr, comme tous les autres influenceurs. Mehdi avait beau fanfaronner, aux dires de ses proches, maintenant que le drame a eu lieu, son « contenu » l’entamait plus qu’il ne le disait : à chaque découpe fine, Mehdi se tranchait la tête avec sa « guillotine » en bois ou en plastique indispensable à l’apéro… Mehdi Saucisson revendiquait de ne céder à aucune provocation anti-islamique, même en plein ramadan ! Mehdi se targuait d’être arabe mais pas musulman ; son athéisme, pensait-il, le protégerait de toute attaque… Personne dans son entourage n’a su lui expliquer que ça n’existe pas un Arabe non musulman, même s’il y a des Musulmans non arabes : c’est comme ceux qui ne se disent « pas catholiques » parce qu’ils estiment, dans leur for intérieur, qui est fort vide, qu’ils ne « croient » pas, alors qu’ils ont été baptisés. Mehdi était musulman, même sans le savoir, même sans le vouloir, et bouffer du porc ne suffisait pas à le rendre athée autrement que dans sa tête. Ça ne pouvait que finir mal : son suicide, ç’a été une auto-fatwa inconsciente et sur fond de conflits familiaux… Pauvre garçon, tu n’avais donc rien d’autre à faire dans ta life que de bouffer du Justin Bridoux devant ton Iphone ? Tu ne pouvais pas partir avec ton bâton de berger, sinon à la Mecque, à la frontière de Gaza avec un million (on va y venir) de tes frères arabes, et vrais musulmans, eux, pour essayer de forcer le blocus ? Pendant toute sa carrière de saucissonneur, on n’a pas vu Mehdi, ni Mélissa, en pleurs aujourd’hui évidemment, profiter de ce succès phénoménal et de leur visibilité incroyable pour s’intéresser, et intéresser les autres, à la tragédie des Gazaouis massacrés. Si encore Mehdi Saucisson avait métaphorisé le truc, par exemple en disant que chaque fois qu’il taillait une petite rondelle de sauciflard, c’était un Palestinien qui tombait… Et que même s’il en avait coupé 24 h sur 24 sans s’arrêter, le nombre de petites tranches n’aurait jamais pu égaler, même de loin, celui des enfants débités chaque jour par la machine Tsahal (made in Israël).

Au Ramous des Pâquerettes. Mais l’affaire ne s’arrête pas là : alors qu’une marche blanche est organisée à Bully-les-Mines avec mille abonnés en deuil qui se sont déplacés pour sangloter et lâcher des ballons dans le ciel, la police est en train d’éplucher les comptes de ceux qui persécutaient Mehdi et se foutaient de sa gueule. Les flics cherchent quels sont les cyberharceleurs les plus coupables… Les regards se tournent surtout vers Ramous, l’ex-futur  beau-frère de Mehdi, celui qui allait épouser Mélissa, sa sœur qui, pour certains, est « sous emprise » : il est même dit que Saucisson s’est supprimé pour empêcher cette union tellement elle le débectait. Il ne voulait pas manger de ce porc-là : sa sœur avec Ramous, un pervers narcissique, aussi manipulateur que menteur, qui n’avait pas hésité à faire croire que ses gosses étaient morts pour faire du buzz, ou à révéler que Mehdi sortait en douce avec Nicolas, le frère de sa meilleure amie Djouliette… OK, mais l’absence palpable de mémoire chez ceux qui ne connaissent rien d’autre que le Net est telle que personne n’a l’air de se rappeler qui est Ramous… Avant tout,  c’était un Gilet jaune qui était près de Jérôme Rodriguez lorsque celui-ci a perdu son œil après avoir été frappé par un LBD, avait trouvé refuge. Ramous enclencha ensuite une série de vidéos d’opportuniste où il se présentait comme le porte-parole de tous les Gilets jaunes en disant de la merde… De ça, personne ne parle, c’est pourtant ainsi qu’il s’est fait connaître avant de récolter des millions de vues sur le dos de désespérés, et de finir par passer chez Hanouna où son auto-islamophobie et sa démagogie d’antivax étaient accueillies à bras ouverts… Ah, ce Ramous, je l’avais déjà repéré moi, et dès mars 2019, je lui avais consacré un passage dans Aux rats des pâquerettes : « Ramous, un horrible Beur à bonnet, vitupère, c’est le vindicatif factotum de Jérôme ». J’avais même retranscrit sa diatribe contre l’acteur François Berléand qui avait déclaré que les Gilets jaunes le faisaient « chier »… Ramous donnait déjà là un avant-goût de sa carrière de menaceur-harceleur : « Oyez ! Oyez, amis français ! François Berléand, un inconnu au bataillon, se permet de cracher sur les Gilets jaunes. Il n’avait pas la carrière escomptée. Là, ta carrière est terminée, sache-le. Bouffon, va ! Connard ! Tu étais une célébrité pleine de drogues et de privilèges, maintenant tu vas te sentir Gilet jaune toi aussi, tu vas bientôt lui demander un emploi, à Pôle. Il y aura plus de monde devant ton théâtre que dedans. Tu vas la sentir, la concombre. Tu as manqué de respect aux victimes, au peuple. Tu es comme toutes les stars en carton. Tu n’arriveras jamais aux doigts de pied de Coluche, au caca de Balavoine ! »

Le « chanteur » « beau gosse » « franco »-israélien Amir pleurniche parce qu’on a appelé au boycott de son « concert » aux Francofolies en Belgique.  Sa maison de disques (Warner Music) y voit un « déferlement de haine antisémite ». Amir trouve ça injuste, alors qu’il a été sergent-chef dans l’armée de Tsahal, l’ex-finaliste de The Voice ! Sans doute la même « Voice » de Yahvé qu’Abraham a entendu en Mésopotamie pour lui dire d’aller s’installer, lui et les siens, sur la terre de Canaan qui ne leur appartenait pas…  Le crooneur-snipper Amir Haddad, qui est à la base un Séfarade maroco-tunisien de Sarcelles et qui a fait son alya dès l’âge de 8 ans avec ses parents pour vivre en Israël, s’exprime : « Je respecte ceux qui s’opposent à moi. Mais je pense que pour pouvoir avancer, il faut savoir s’écouter. Pour pouvoir progresser vers la paix, il faut savoir dialoguer parce que le dialogue, c’est nettement préférable aux anathèmes et aux boycotts. Ça fait depuis quelques jours que je découvre que l’amour, parfois, ça peut diviser. Et pourtant moi, j’ai pas cessé d’aimer. J’ai toujours chanté pour ceux qui souffrent, ceux qui pleurent, ceux qui doutent, ceux qui s’extasient… Et les douleurs du monde me traversent tout comme elles vous traversent »… Je propose de rebaptiser Amir ; désormais, ce sera Vomir.

Hourrah ! Après 41 ans d’enfermement dans les prisons françaises, Georges Ibrahim Abdallah a été enfin libéré Le voilà reparti aussitôt chez lui à Beyrouth où bien entendu il va se faire assassiner. Vous pensez bien que le Mossad (« le mot Sade » a retranscrit mon ordinateur qui est à bonne école !) a déjà mis un contrat sur le plus vieux prisonnier de France qui va devenir le libéré le plus menacé du Liban ! C’est la méthode post-Munich 1972 dont Steven Spielberg a très bien rendu compte dans son film Munich (2005) : exécuter, et tant pis pour le temps que ça prendra, et peu importe où ils se trouveront sur la planète, les jugés responsables de tout assassinat d’un agent israélien. Il restait à Georges Ibrahim Abdallah le choix : ou mourir libre assassiné ou crever à petit feu enfermé en prison. La liberté ou la mort ! C’est le titre d’un roman de Nikos Kazantzakis : Abdallah est désormais une sorte de Capétan continuant la lutte pour libérer la Palestine, sa Crète à lui… En tout cas, ça fait plaisir d’imaginer la gueule que doivent tirer beaucoup de Juifs ou de pros-Juifs haut placés, par exemple Laurent Fabius et Manuel Valls qui s’étaient opposés fermement à sa libération. Pourquoi le Parquet a fini par craquer alors qu’il est depuis très longtemps vermoulu, bien que reciré régulièrement ? Mais parce que l’époque a changé ! Dites-vous bien que c’est grâce au 7-Octobre qu’Abdallah a été libéré, plus précisément grâce aux conséquences du tsunami mondial anti-israélien qu’il a engendré (merci, Yahya Sinouar !). Ça a remis le projo sur Georges Ibrahim. Ce qui est drôle, c’est qu’Abdallah, ce vendredi 25 juillet, n’aura pas marché longtemps sur le sol français, peut-être quelques secondes à 3 h 40 du matin quand on l’a sorti de sa prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) pour monter dans la voiture qui l’a conduit à l’aéroport de Tarbes où on l’a mis directement dans un autre avion qui a décollé à 9 h 30 pour Beyrouth ! Envolé, l’oiseau, y compris pour ses soutiens maghrébiques qui fantasmaient d’organiser une fête Place de la République pour le grand retour de « leur » « Georges », comme ils l’appellent, et de l’inviter à être interviewé à PDH par Wissam Xelka ou Louisa Yousfi (ils rêvent !) ; pourquoi pas à la Zawa Prod par Raz et Cassandre ? Et puis quoi encore ?  Si Abdallah s’est évadé d’une prison, c’est bien de celle de ses fans français plus misérables les uns que les autres, les décoloniaux LGBTo-metooo-écolos qui, entre deux appels à alimenter leur Tipee, se sont servis de lui comme figure « iconique » de leur faux combat de planqués militants. En plus, je suis sûr que ça les fait un peu chier, les Beurs, qu’Abdallah ne soit pas musulman ; Arabe, d’accord, mais chrétien et athée (comme Mehdi Saucisson ?) : quelle horreur, au fond !… Ah, je ne les ai pas attendus, moi, pour savoir qu’Abdallah n’est pas un symbole, encore moins de leur « lutte » de débatteurs LFIstes mongoloïdes à casquettes et casques sur les esgourdes bouchées, mais un réel guerrier, et pas innocent… Car les Bouteldja, Boussoumah et Cie créole nient ses implications dans ce que leur chère République lui reproche. Ce n’est pas parce qu’Abdallah a été injustement condamné pour des trucs qu’il n’a pas faits, et qu’il a purgé sa peine au-delà de la perpétuité, qu’il est une sorte de Dreyfus arabe du combat anti-israélien ! Bien sûr, il n’est pour rien dans les 6 attentats de 1986 à Paris (13 morts, 250 blessés)  —  on a tous cru à l’époque que pour le faire libérer, c’était ses frères qui avaient mis des bombes un peu partout alors que c’était le Hezbollah — mais il n’empêche qu’Abdallah est évidemment un terroriste, et dans ma bouche (dans laquelle je plonge ma plume pour l’y humecter de mon encre salivaire), c’est loin d’être négatif ! En tant que boss des FARL, il est au moins complice des assassinats ciblés en 1982 de deux diplomates : l’Américain Charles Ray et l’Israélien Yacov Barsimantov. On n’a pas non plus identifié ses empreintes digitales sur le pistolet qui avait servi au flingage de ces deux rampouilles infectes par hasard. On en reparlera. En tous cas, le voilà, le Victor Hugo de retour de Guernesey ! Georges Ibrahim en a même la gueule, barbe et cheveux blancs, avec un polo rouge et un keffieh plié proprement en écharpe sobre, c’est un peu mieux que le torchon de cuisine de qui vous savez… À peine arrivé à l’aéroport de Beyrouth, Abdallah, avec une énergie impressionnante, a répondu aux questions des journalistes par des réponses flamboyantes. J’ai toujours bien aimé retranscrire les propos de Georges Ibrahim Abdallah, je l’ai fait dans mon journal intime (Inch’Allah, p. 2030), avec ceux qu’il avait prononcé à son procès le 23 février 1987, en intégralité. Est-ce qu’ils ont écouté et pris la peine de le retranscrire, celui de l’aéroport Hariri du 25/07/25, les décologniards ? Non, bien sûr… La puissance de sa pensée politique est restée intacte, aussi bien pour accuser l’inaction de l’Égypte que pour annoncer la fin d’Israël. Abdallah n’est pas contre des manifestations mais à condition que les manifestants soient prêts à se sacrifier. Une leçon pour les adeptes des marches pacifiques, des rassemblements sympas et des veillées nocturnes. Abdallah veut un million de féroces soldats, pas des indignés, qui forcent les frontières, et défoncent les traîtres égyptiens pour entrer de force dans Gaza avec des camions pleins de vivres mais aussi des armes afin d’arrêter les Tsahalistes dans leurs crimes et la famine qu’ils imposent… Exactement ce que je conseillais aux Gilets jaunes (on y revient) dont l’action n’était pas suffisante à mes yeux : en effet, c’est pas avec des Ramous (ni des Mehdi Saucisson) qu’une révolution aurait été possible… Si les partisans d’Abdallah le vénèrent tant que ça, pourquoi ne l’écoutent-ils pas ? Pourquoi n’y a-t-il pas, de France, un million de Beurs qui partent directement là-bas, et pour mourir, s’il le faut ? Mais parce que ce sont des Beurs justement !… Dans son flux, Georges Ibrahim a même rendu hommage à Greta Tunberg… Trop bon ! J’en connais une qui doit avoir un sacré seum, c’est Rima Hassan ! Jalouse bien sûr que « Georges » ait cité Greta et pas elle… Comme quoi, le vieux renard, de sa tanière, avait quand même bien su flairer l’odeur de la poule de circonstance…

Nous devons continuer à confronter l’ennemi jusqu’à sa défaite. Israël vit les derniers chapitres de son existence. C’est le dernier chapitre, il n’y en aura pas d’autre. La résistance en Palestine doit continuer et s’intensifier, elle doit être à la hauteur des squelettes d’enfants qui bougent. Oui, on voit des squelettes qui bougent et pendant ce temps, des millions d’Arabes sont assis à regarder, des millions en Égypte regardent, à quelques mètres d’AlAzhar ! Des enfants palestiniens meurent de faim à quelques mètres de la Kaaba, là où le prophète Mohamed Ibn Abdullah a prêché ! À quelques mètres à peine des 80 millions de fidèles de Mohamed Ibn Abdullah en Égypte, des enfants de Palestine sont en train de mourir de faim ! C’est une honte historique qui rejaillit sur les peuples arabes plus encore que sur leurs régimes, les régimes on les connaît Combien de martyrs sont tombés dans les manifestations pour Gaza ? Aucun martyr n’est tombé ! Combien y en a-t-il eu pour se ruer vers Gaza ? Zéro ! Si deux millions d’Égyptiens descendaient dans la rue, le carnage s’arrêterait et il n’y aurait plus de guerre d’extermination. La clé, elle est entre les mains du peuple égyptien plus que de tout autre. Des personnes dans le monde entier assument leurs responsabilités. Chaque Arabe devrait ressentir une profonde honte au fond de lui quand une jeune fille de 20 ans, Greta, se mobilise et vient de Suède jusqu’au large de Gaza pendant que les marins d’Égypte restent spectateurs, n’osant même pas murmurer leur indignation. Ils rêvent de leurs places au paradis, mais qu’ils nous montrent ce paradis en prenant d’assaut les frontières de Gaza ! Quelle honte ! Nous regardons, incrédules, et nous demandons : où sont les fils et les filles d’Égypte ? Où sont ses femmes, ses hommes ? Nous ne demandons pas où sont les combattants mais où est le peuple ordinaire ? Il faut un minimum de dignité ! En Europe, à Paris, à Rome, à Milan, en Espagne,  en Irlande, les gens bougent, les jeunes bougent, mais où sont ceux qui doivent bouger en Égypte ? Il y a 104 millions d’habitants en Égypte, combien sont descendus dans la rue ? Il suffirait qu’un million d’entre eux se rassemble aux portes de Gaza pour mettre fin au massacre, pour arrêter cette guerre. Un million, un seul million et tout changerait !

Georges Ibrahim Abdallah

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°29 – 21 juillet 2025

Thierry Ardisson, sa mort, son œuvre. Son « œuvre », ce sera pour plus tard ; ici, il n’y a pas la place. Pas plus pour des souvenirs personnels — mes livres (Journal intimeL’Homme qui arrêta d’écrireLes Porcs et mes futures Mémoires) en sont truffés —, que pour les analyses de ses émissions et de sa technique, car Ardisson a été souvent décrit comme un « innovateur », un « créateur », un bousculeur de « codes », mais personne ne détaille jamais ses inventions. En particulier, les journalistes ou les historiens de la télé qui en sont incapables. Jamais ils ne disent en quoi Thierry était « créatif », ces fainéants ! Je m’y collerai, mon texte sur ce sujet est in progress… Ça partira de Descente de police (1985) jusqu’à Hôtel du temps (2024) ; et je publierai probablement ça dans Nabe’s News… Cet Art d’Ardisson, en quelque sorte, je le lui dois, depuis ce jour de 2005 où il m’avait convoqué au bar du Bristol pour que je lui décortique ses Confessions d’un baby-boomer (Flammarion) et qu’il m’avait dit que j’étais le seul à voir tout ça dans son travail, et qu’il faudrait bien un jour que je m’y mette… J’ai que ça à foutre ! Alors, qu’est-ce qu’il nous reste pour cette brève Feuille ? Eh bien, il nous reste… sa mort ! Ça fait d’autant plus drôle qu’Ardisson soit mort que c’était le seul animateur de télé qui avait une présence, qui avait un corps… Sorte de masse de réglisse mélangé à du basalte, voire à de l’obsidienne, et qui marchait toujours de biais, semblant à la fois raser les murs et foncer droit dessus. Avec la discipline vestimentaire qu’on lui connaissait (cet uniforme de pasteur catholique mâtiné de fasciste mussolinien), Thierry Ardisson aura plus fait pour la couleur noire, en l’utilisant audacieusement dans sa vie même, que Soulages (autre Capricorne) ne l’a exploitée dans sa peinture. Il est évident que la mort, prévue, maîtrisée, scénarisée par Ardisson jusqu’à son enterrement, était déjà inscrite dans le noir dont il s’habillait, comme s’il était en permanence en deuil des autres et de lui-même. Avec les Juifs, la Mort était son sujet, et ce n’est pas si différent au fond… Sa dernière sortie médiatique le prouve : « Gaza, c’est Auschwitz » (10 mai, chez Salamé). Il n’y a que les Beurs neuneus pour croire qu’Ardisson était dans leur camp pro-palestinien !… Non, Thierry Ardisson n’est pas mort en ayant comparé Gaza à Auschwitz ; il est mort en présentant ses excuses à ses « amis juifs » pour avoir dit que Gaza, c’était Auschwitz… D’abord, la date du 14 juillet ! C’est si bien tombé pour un monarchiste que certains ont cru qu’il était mort la veille, et que c’est sa femme Audrey Crespo-Mara qui avait préféré dire que c’était le 14, pour que ce soit plus carré, plus symbolique. Autre surprise : personne ne savait qu’il avait le cancer depuis 13 ans… Treize ans ? Pour un cancer du foie ? Mon grand-père, mort au même âge en 1974, a été dégommé en 2 mois et demi… Il faut dire que la science a fait de sacrés progrès en cinquante ans… Ensuite, la diffusion, elle aussi programmée, à peine deux jours après, le 16, à 22h50, sur TF1, d’un documentaire inédit, signé par sa femme, La Face cachée de l’homme en noir (1h40). Moi, j’aurais appelé ça Il était un foie… Hervé Guibert avait déjà fait le coup de se filmer pendant son sida ; et surtout le professeur Choron, qu’on voit dans le doc de Carles Choron dernière (dont le titre est un clin d’œil à Ardisson) à l’hôpital, en plein cancer de la vessie, exhibant sa sonde dans le méat de son gland, et en train de déconner encore. Mais Choron restait lui-même : c’est ça, la « dignité » ; tandis qu’Ardisson a l’air d’un autre en pleurant sans arrêt dans son appartement rococo d’un affreux mauvais goût, rue de Rivoli, et aussi quand il est dans sa chambre à la Pitié-Salpêtrière, lorsqu’il constate le dévouement des infirmières et qu’il s’aperçoit que sa maladie le ramène à la réalité, et que toute sa vie, finalement, il n’a été que dans les faux-semblants d’un monde où tout était facile et rien n’était réel. Alors de deux choses l’une : ou Ardisson a fini dans la peau d’un pleurnichard qui prend conscience qu’il a eu tout faux ; ou bien c’était vraiment sa nature profonde de s’attendrir, les burnes pleines à ras-bord de larmes, et il a caché ça toute sa carrière d’« enculé » (comme il me l’avait dit lui-même), jusqu’à ce qu’il se sente foutu, et qu’à cause du réchauffement cancérique, son cynisme fonde comme un glacier dans l’océan de la banalité… Le documentaire, parlons-en, n’est qu’un énième survol de sa pauvre vie, de  son enfance jusqu’à son gâtisme, encadré de deux séquences récentes à l’hôpital tout à fait softs, tout à fait cleans, où on remarque qu’il est même maquillé sur son lit ! Chez lui, tout est autant sous contrôle que sous perfusion. Petits dialogues avec les infirmières, puis l’annonce par la doctoresse que le cancer s’est généralisé. Tout ça sans aucune force, ni grandeur, ni sens du tragique. Comme il fallait de l’émotion, c’est Thierry lui-même qui la propage en pleurant sans arrêt aux questions et aux séquences d’archives que lui pose et diffuse son épouse dont on s’aperçoit là qu’elle est une très mauvaise intervieweuse. Aucun intérêt. Toujours les mêmes anecdotes qu’il raconte. Lui qui aimait tant travailler ne pouvait-il pas se remplir un cahier d’anecdotes nouvelles où puiser d’autres exemples que ceux qu’il débite à chaque interview ? C’est bien simple, on le voit pleurer même en regardant les génériques de ses émissions ou en repensant à ses slogans publicitaires ! Plus c’est dérisoire, plus il éclate en sanglots : en racontant l’anecdote de Baffie disant à Hervé Bourges qu’il avait fait un « rototo », Thierry fond en larmes ! Il pleure encore quand il voit des images de son gosse bébé, qu’il secoue d’ailleurs d’une façon extrêmement dangereuse. Ou alors lorsqu’il lit la lettre que son institutrice lui avait écrite une fois qu’il a été célèbre… Il est devenu débile ou quoi ? Il avait vraiment un problème de santé, de santé mentale… Ce ne sont que des apitoiements sur soi-même. Il pleure et repleure, s’essuie les yeux. Il y a quelque chose de si faux dans tout cela ! Et le summum des pleurs est atteint évidemment lorsqu’il raconte comment, avec Audrey Crespo-Mara (face à lui), il s’est lancé dans cette histoire d’amour qui est très « jolie », à l’âge où en principe « on range les gaules » (très joli, en effet…). « C’est une des plus belles choses qui me soient arrivées dans ma vie » Snif, snif… Dans son docu cucul, Audrey se sert au passage, elle se fait complimenter indirectement par les enfants d’Ardisson qui témoignent sur elle en tant que nouvelle femme qui a « adouci » leur père comme dit sa fille Manon, ou bien qui a « changé » son patron comme dit le blaireau Baffie… Ardisson n’avait pas seulement la peau d’un crocodile ; il en avait aussi les larmes. Ils vont tous trouver ce doc’ bouleversant alors que ce n’est que du sentimentalisme jusqu’à l’épouvante. Mais où est passé le vrai Ardisson ? Quand tous les invités qu’il a reçus, malmenés, trahis, piégés, humiliés, méprisés, moqués dans ses shows cruels le voient ainsi en train de chialer comme une fillette ! j’imagine que ça doit les rendre fous. Quant aux  jeunes ignares, ils seront légitimés à demander : « c’était lui, Ardisson ? » … On devrait lui ériger non une statue, mais une fontaine ! Le meilleur moment de La Face cachée de l’homme en noir, c’est la fin, quand on lui annonce que sa lésion au foie s’est bien nécrosée grâce à la radiothérapie, mais qu’il y a des nodules aux poumons qui ont commencé à apparaître. Là, il ne pleure pas : il éclate de rire en disant à Crespo-Mara : « Je vais pas mourir tout de suite… T’en fais pas, j’en ai encore pour huit semaines… »  Ah, on retrouve in extremis toute sa jubilation sardonique qu’on aimait tant voir sur ses plateaux de télé. Enfin, sa vraie nature remonte à la surface, lui qu’on a essayé de faire passer pendant plus d’une heure et demie pour un hypersensible écorché aimant les gens, alors qu’Ardisson avait un très très mauvais fond qui explose là une dernière fois en une moquerie misogyne balancée à la tronche de cake de sa femme tragiquement conne… La preuve : « On n’a pas changé le monde mais on s’est bien amusé », c’est tout ce que Madame Ardisson a choisi comme phrase finale pour clôturer son fifilm… Le même jour que ce documentaire, est sorti (en avance), le numéro de Paris Match spécial Ardisson. Quelle campagne de pub bien ficelée ! Très bien, la couverture. Cette photo aurait pu fuiter avant, mais ça en aurait déforcé la puissance. Fomentée en 2005 avec Jérôme Béglé (qui, ma chère ! est aujourd’hui carrément le directeur de Paris Match), cette une montre Ardisson dans un cercueil, mais vivant, jouant au mort.

En principe, quand on montrait la photo d’un mort sur la couv’ de Match, il était vraiment mort : que ce soit Pie XII ou bien Bernard Laroche sur la table de sa cuisine, pleuré par Marie-Ange. Là, non : c’est vraiment un pied de nez à la mort, à la presse, à l’humour, au bon goût, aux pompes funèbres, à lui-même et à Paris-Match ! Le choc n’est pas de voir Ardisson dans son cercueil alors qu’il vient de mourir, mais de s’apercevoir qu’il est vivant ! C’est mieux qu’une résurrection. Après ça, l’enterrement bien réel, avec le vrai cercueil tout noir qui fut apporté à l’église : là on pouvait être certain que Thierry Ardisson (1949-2025) y était bien mort… Ah, l’enterrement du 17 juillet, c’était quelque chose, ou plutôt c’était rien !… Les funérailles parfaites d’un parvenu qui jusqu’au bout aura couru après une apothéose de bourgeoisie qu’il n’aura jamais obtenu. Convenu, le choix de l’église Saint Roch, celle des « artistes », avec 500 badauds à peine, autour, gardés comme au zoo derrière des barrières (on est loin de la foule en deuil de Johnny Hallyday à la Madeleine). Quelle vulgarité ! Le carton d’invitation, le dress code, et surtout les invités choisis moisis. Best-of des pires ! C’est là où on a vu que l’univers d’Ardisson était très, très restreint. On savait que Thierry n’avait pas d’amis mais à ce point-là ! Même pas des copains, juste la petite poignée de ceux qui travaillaient sous ses ordres : Baffie, en jeune vieux sniper aux baskets blanches ; Corti, le blindtesteur corse camé désormais vieillard ; le minuscule producteur Stéphane Simon, avec son cartable (il n’y a donc que moi qui l’ai vu entrer dans l’église ?) ; Kader Aoun, son dealer de vannes, en catogan d’Algérien, embrassant Serge « Magneto » Khalfon, son réalisateur attitré… D’ailleurs, je crois qu’Aoun était le seul arabe de la cérémonie, avec Yassine Belattar, plus gros barbu (un Brutus beur chez Popeye !) que jamais, le regard inquiet et fuyant à la fois. Et quatre de ses chroniqueurs paumés : Tom Villa, Alex Vizorek, Raquel Garrido, Gilles-William Goldnadel, et c’est à peu près tout. Sans oublier sa patronne, la cheftaine de France télévisions, Delphine Ernotte. Parmi ses ex-employés, de sacrés absents : Ruquier, Beigbeder, Taddeï, Christine Bravo, Stéphane Guillon… Rayon juifs, son ennemi Marc-Olivier Fogiel, ce voleur sans gêne, l’indéracinable Michel Drucker tout sourire (tu m’étonnes), Gabriel Attal qui accompagnait Brigitte Macron… J’ai aperçu aussi Robert Nahmias (lui, au moins, c’est un vrai jazzfan qui, sur Twitter, a bien craché, quand il est mort, sur le batteur handicapé des Rolling Stones, Charlie Watts)… Et Patrick Timsit, à qui Ardisson avait fait jouer le rôle de Satan (sic) dans une de ses émissions… Qui a loupé Arthur, le dérapeur sur marche d’escaliers ? Enfin, Emmanuel Chain (ses lunettes noires recouvrant ses sourcils) : normal, c’est lui qui a produit le doc’ d’Audrey. Quelle belle image, à la sortie de l’église, que tous ces synagoguenards cachant difficilement leur absence de larmes, bien regroupés sur le parvis de la porcherie pas casher, comme des pingouins de Sion, se tenant froid sur un morceau d’iceberg promis… Jolie famille que celle des pro-« génocidaires » du showbiz, présents pour bien montrer qu’ils n’en voulaient pas du tout au goy en noir d’avoir été toute sa vie antisémite et de l’avoir si mal caché ! Avec Marc Lavoine en larmes, baladant la petite grand-mère Marie-France Brière en la tenant par la main (à propos de productrice, où était Catherine Barma, pourtant invitée depuis longtemps par Thierry lui-même ?). Il y avait aussi Léa Salamé, la grosse moukère glucksmannisée du Liban, celle qui a bien pris la place du samedi soir d’ Ardisson et piqué ses interviews formatées… Guillaume Durand fut le seul à être venu gratuitement, pour un simple coup de chapeau : il ne devait rien à Ardisson qui ne lui devait rien non plus, leur seul point commun étant la maladie puisque Guillaume lui aussi a douloureusement dansé le tango avec son cancer… Rodaient encore d’inexplicables incongrus : Laurent Voulzy, enceint on aurait dit tellement il a du bide, et ma vieille copine Armande Altaï… En tous cas, personne de la littérature, ni Beigbeder donc (c’est formidable, la haine qui habite Beig’ !), ni Neuhoff, ni Moix, ni Bernard-Henri Levy, ni Michel Onfray à qui pourtant Thierry et Audrey avaient sauvé la vie… Placer la littérature (même mauvaise) si haut n’aura pas empêché Thierry Ardisson d’être placé par elle si bas… De toute façon, BFM, en direct, n’a reconnu personne. Même pas son frère Patrick Ardisson pourtant bien visible sur la photo… Les commentateurs ont même confondu Goldnadel avec Blakowski, ces antisémites ! La cérémonie est restée privée, à l’intérieur de l’église, et pas retransmise pour les ploucs curieux du dehors. Dommage, ils n’ont pas pu profiter de la playlist concoctée par Ardisson lui-même avec du George Harrison et du John Lennon (ça continue le mauvais goût !). On sait juste qu’ont pris la parole sa femme Crespo-Mara, ses filles, Manon et Ninon, Baffie et Corti, mais rien n’est sûr… À propos de femmes, Ardisson avait émis l’express désir de voir réunies à son enterrement les trois femmes de sa vie, Christiane, Béatrice et Audrey, celles qu’il avait épousées et aimées, mais on a eu beau s’écarquiller les yeux, recompter sur ses doigts, supputer tant qu’on pouvait, on n’en a vu que deux à Saint-Roch : la première Christiane, et Audrey Crespo-Mara, la dernière… Il manquait celle du milieu ! Certains médias, parce que Thierry l’avait voulu, ont affirmé qu’elles étaient là toutes les trois : faux bien sûr ! Certains réseaux ont même légendé des photos de Christiane, vieille dame aux cheveux longs blancs, comme étant Béatrice ! Question : Béatrice a-t-elle dit d’elle-même « non je ne veux pas venir », laissant ses trois enfants la représenter, ou bien a-t-elle été écartée par on imagine qui ? Merveilleuse Béatrice Ardisson !… Elle a réussi à faire croire qu’elle était là, alors qu’elle n’y était pas, pas plus qu’elle n’a été citée dans le documentaire de la Crespo. Plus fort que « l’homme en noir », la femme invisible ! Béatrice Ardisson était la meilleure de toutes, je l’ai bien connue et, une fois qu’il s’était porté sur vous, on ne pouvait pas oublier son sourire bienveillant. Béatrice s’est donc éclipsée des obsèques complètement ratées de son ex-mari, pourtant elle aurait eu à en dire, sur Thierry et sur sa nouvelle épouse vénérée comme une sainte… On retiendra également, dans la grossiéreté qui se croit chic, les fils métis d’Audrey devant le vrai fils, Gaston, grimaçant et se donnant une contenance scorsesienne en cherchant une allumette pour allumer sa clope avant d’applaudir, avec toute la famille décomposée, le corbillard du Père qui s’en va rouler rue Saint-Honoré… Et jusqu’où, au fait ? On le sait maintenant : jusque dans le Vaucluse ! Oui ! Terminus : Ménerbes, un petit village de Provence à 40 km de là où Thierry avait passé sa jeunesse, à Salon… Quelle succombance immonde à la nostalgie !… Moins d’un mois avant sa mort, Ardisson avait révélé dans un média qu’il venait d’acheter une maison dans le but qu’Audrey et lui puissent enfin vivre ensemble, ce qui n’était pas le cas à Paris où ils avaient leurs deux appartements séparés… Pas de pot : au moment où Ardisson s’était décidé à habiter avec sa femme, il est mort. Le voilà, désormais cloué pour l’Éternité dans le cimetière communal de ce bled perdu dans ce midi d’où il venait. Ne jamais faire de retour aux sources, car les sources sont toutes empoisonnées. Tu parles d’un parcours : de Bourganeuf (23400) à Ménerbes (84073) ! C’est à Paris bien sûr qu’il fallait qu’il se fasse enterrer, là où il avait réussi. Échec de plus pour le cacou en noir ! D’ailleurs, Dieu ne s’est pas trompé, puisqu’il paraît que pendant l’inhumation, ce 19 juillet, dans le caveau familial, un coup de tonnerre a ébranlé le ciel gris de Ménerbes, comme pour dire à Thierry Ardisson : « Tu es sûr que tu veux que ton Audrey te rejoigne un jour dans ce trou, connard ? » Ah, cette Crespo-Mara ! Moi, je ne peux pas la saquer, avec ses airs de faux Domergue quadragénaire blondasse ventriloque d’infos au JT de TF1, qui s’est laissé draguer par un vieil animateur sur le déclin et pathétique dans sa drague (« si vous mettez une robe jaune demain à l’antenne, ça voudra dire que vous accepterez de dîner avec moi ») ? Si la maladie s’est vraiment déclarée en 2012, quand il avait 63 ans, c’est pile au moment où il venait de divorcer de Béatrice après 20 ans de mariage, pour changer de vie et se vautrer dans sa love story avec cette Audrey qui l’a réduit à un mode de vie assagi, pépère, typique « dernière femme », avec retour à la famille, prise en compte, sinon en charge, d’enfants qui ne sont pas les siens : deux petits Noirs que la blonde a eus avec un multimillionaire sénégalais (plus grosse bite et plus grosse fortune que Thierry). Ardisson avait déjà du mal à être père, alors beau-père ; et de gosses africains en plus, quand on connaît son racisme ! Il n’y a pas que le cancer qui rend con. Crespo-Mara a appris à Thierry la « réconciliation », et il a souvent dit qu’elle lui avait appris également à ne plus considérer les autres comme des imbéciles et des nuls parce qu’ils ne pensaient pas comme lui, mais voilà, toute sa vitalité, toute sa vivacité, toute sa rage, sa « haine », il les a perdues, et c’est ça qui en a fait un malade, parce que pour sauvegarder son corps, il faut en préserver l’équilibre ; pas seulement la santé : on ne peut pas basculer du jour au lendemain dans l’empathie et la gentillesse, dans l’indulgence et la compassion, surtout quand ce n’est absolument pas son caractère… Dans la vie, il faut trouver la paix dans la rage, et ne pas remplacer la rage par la paix : c’est ça le secret ! La rage est une terre fertile. Ardisson l’a piétinée et l’a rendue infructueuse. En vérité, je vous le dis : tout a foiré à partir du moment où le cancer et Audrey sont entrés dans sa vie, c’est clair. Ardisson a fini par accepter la mort parce qu’il s’est mis à penser que sa mort était l’aboutissement de la sérénité atteinte enfin grâce à sa femme. Non, la sérénité n’est pas la panacée de la vie : la sérénité est plutôt le cancer de la rage originelle de l’homme. Pas de sérénité, pas de paix, pas de calme, pas de réconciliation ! Comme quoi, le truc qu’on croit être bien pour soi est le pire. Ardisson a voulu se réconcilier avec le monde et avec lui-même ; du coup, il en est mort. Comment a-t-il pu croire qu’une Audrey Crespo-Mara lui avait fait découvrir sa vraie personne et qu’avant elle, il était la fausse personne qui se battait pour devenir la vraie… Tout ce qu’on fait pour essayer de se modifier en étant une espèce de fictif de soi-même, c’est ça qui nous détruit. Thierry Ardisson a terminé en pleurnicheur grotesque : beaucoup trop de complaisance dans ses sanglots. Il a espéré, à tort, qu’en mourant, il allait enfin accéder à la sagesse, alors que c’était un piège de faux amour, qui s’est refermé sur lui, avec un grand sourire de blonde… Salut, le Thierry !

Je pleure comme une vache. C’est pas la vache qui rit, c’est la vache qui pleure.

Thierry Ardisson

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°28 – 14 juillet 2025

Les gens croient que c’est parce qu’ils font des efforts qu’ils vont arriver à se sauver. Mais pas du tout : moi, je pense (et ça c’est très protestant) qu’on peut faire quelques progrès et comprendre certaines choses, d’accord, mais on ne peut pas se racheter. À un velléitaire de la rédemption, j’ai envie de dire : « Tu auras beau agir tant que tu peux pour être dans le Bien et multiplier les bonnes actions, et tout bien faire carré (attention, Dieu déteste ce qui est scolaire), ça n’a changera rien puisque de toute façon, à la base, ou tu es élu ou tu ne l’es pas, quoi que tu fasses. Si tu es un maudit, tu seras toujours un maudit. Et si tu es élu, malgré toutes les saloperies que tu pourrais commettre, ça ne changera rien non plus puisque tu es élu… Coincé, mec, et tant mieux ! »

Olivier Marleix, un pourri anti-pourris de la politique française, est retrouvé mort chez lui. Sans rien savoir de la psychologie du type, on met immédiatement son suicide en doute alors qu’on l’a découvert pendu dans sa chambre. « C’est pas possible, il allait bien encore la veille… ». The return of La Palice (« 1/4 d’heure avant sa mort, il était encore en vie »), et c’est reparti ! On ressort l’affaire Boulin, et évidemment la Bérégovoy dont certains persistent à dire que ce n’est pas un suicide mais un assassinat ; un assassinat, attention, pas par pression psychologique, un véritable assassinat par quelqu’un qui aurait pris le revolver dans la boîte à gant de la voiture de fonction de « Béré » à Nevers le 1er mai 1993 et qui aurait tiré deux balles dans le caisson du premier ministre puisqu’on a entendu deux coups de feu (tout ça, je l’ai décortiqué dans mes Porcs). Pourquoi assassiner un type qui s’en voulait à ce point-là ? On connaît l’histoire, Bérégovoy n’a pas pu se pardonner d’avoir magouillé une histoire de prêt pour s’acheter un appart’ alors qu’il se prenait toujours pour un ancien prolo parvenu mais resté intègre… Pour le député LR Marleix, sarkozyste déçu, défenseur de la réforme des retraites, soutien de Bruno Retailleau, aussitôt sa mort annoncée, les hommages se sont multipliés, de Mathilde Panot à Marine Le Pen, en passant par Gabriel Attal, Mélenchon, Chikirou, Bardella, Zemmour, tous saluant un « député passionné ». « Il était plein de projets »… Comme si avoir plein de projets empêchait de se suicider… Van Gogh s’est suicidé à Auvers-sur-Oise en 1890 alors qu’il était en pleine forme : il avait trouvé ce nouveau format, le « double carré », et enchaînait les chefs-d’œuvre en épurant de plus en plus sa peinture : c’est pas ça qui l’a empêché de se tirer une balle dans le cœur, en visant mal en plus… Les douteurs, et pas que des bœufs, rodent autour du cadavre de Marleix en se demandant s’il s’est vraiment suicidé, ou bien si les macronistes l’ont « aidé »…  Comment on fait pour assassiner quelqu’un qu’on va retrouver pendu ? Et dont « les constatations médico-légales de l’autopsie ont permis de conclure à une mort par asphyxie compatible avec une autolyse. Aucun signe de violence interne ou externe au corps. Le corps a été laissé à disposition de la famille. » À part Sénèque qui s’est suicidé sur ordre de Néron, je ne vois pas. Macron / Néron même combat ? C’est-à-dire qu’on n’attend même pas que le type soit autopsié, ni même enterré, pour décréter que c’est un assassinat et non un suicide ! Il y a une espèce de peur du suicide et surtout une obstruction philosophique, je dirais, à vouloir comprendre pourquoi quelqu’un se suicide d’une seconde à l’autre ; on refuse d’admettre l’existence d’une détresse sourde, silencieuse, tapie dans la zone d’ombre de la boîte noire cérébrale de l’individu qui soudain allume en lui une mèche de décision qui déclenche une action irréversible contre lui-même. Ceux qui ne disent pas directement que Marleix a été assassiné le font sous-entendre… Le complotisme est maintenant rentré dans la norme ; c’est devenu la norme. Il arrive en tête de toute analyse de tout évènement. C’est la réaction pavlovienne autorisée et généralisée, et à tous les niveaux. C’est après qu’il faut prouver que c’est faux. C’est d’abord la thèse officielle conspi qui est avancée ; ensuite, on essaie de voir si certains fous vont avoir le culot d’exprimer « leur » vérité ! Sur Marleix, Dieudonné : « Geste prétendument désespéré ». Nicolas Dupont-Aignan : « Comment un homme comme Olivier Marleix qui allait publier en octobre un livre fondamental sur la dissolution de la France a-t-il pu se suicider ? » Gilbert Collard : « Écrire un texte de combat pour l’avenir et vouloir mourir, je ne comprends pas ! » Florian Philippot « Olivier Marleix avait notamment dénoncé le pacte de corruption autour de la Macronie »… Etc, etc. Pour eux tous et bien d’autres, ou on l’a assassiné ou on l’a acculé au suicide : dans le premier cas, c’est un crime ; dans le second, c’est son « sens de l’honneur » qui l’a tué. C’était bien son genre, à Marleix, catho droit dans ses bottes pataugeant dans la boue… Quelle bêtise ! En effet, se flinguer parce qu’on se fait une haute idée de la politique, c’est très con. Marleix était écœuré par Laurent Wauquiez comme Bérégovoy l’avait été par Mitterrand ; vous voyez le niveau ? Marleix, rigide libéral anti-immigrés, « honnête homme » soporifique, n’était qu’un fouille-merde idéaliste qui voulait absolument dénoncer la vente d’Alstom aux États-Unis par Macron lorsqu’il était ministre de l’économie, comme si depuis, il n’avait fait pas pire ! Marleix considérait ça comme une trahison de la France… Ah, la France !

Quelques jours avant, on a fait le même coup avec Éric Dénécé… C’est la saison des suicidés soi-disant assassinés… Voici le temps des assasuicidés ! Dénécé ? Un petit mec grisâtre, « spécialiste » des renseignements, qui avait la phobie des USA, voyait la CIA partout. Il croyait que les « printemps arabes » avaient été programmés par l’Amérique depuis plusieurs années avant, puis qu’il fallait réprimer la rébellion contre Kadhafi en Libye… Mais c’est sur la Syrie que Dénécé était le plus gerbant : cet espionneur islamophobique était pour le régime évidemment, et trouvait que le pays n’était pas « à feu et à sang » alors qu’au même moment, Bachar, aidé par Poutine, bombardait Alep ! Et quand le serpent Assad a été enfin chassé, Dénécé a dit que ce n’était pas « une bonne chose »… En février 2022, à quelques jours de l’incursion des Russes en Ukraine, Dénécé a décrété que ça n’arriverait jamais. De toute façon, pour lui, tout était la faute de Zelensky. Et pour couronner le toutou des Russes, Dénecé a parlé de Boutcha comme d’un « montage »… Dénécé le pro-Iranien, le pro-Arménien, cochait toutes les cases de la connerie, je vous dis. Pâlichon poteau d’Yves Bonnet (le flic qui avait eu tout faux sur Mohamed Merah), ce n’était qu’un petit agent luttant contre la désinformation alors que de lui n’émanait que ça. Lâché par ses amis (ce catholique « mettait l’amitié au-dessus de tout »), rongé par sa page Wikipédia (sic), harcelé fiscalement, ruiné, parano, fragilisé de toutes parts, Éric Dénécé a été, lui, retrouvé au volant de sa voiture, avec son arme à côté de lui, la tête éclatée, mais pour l’opinion publique conspi, il ne s’agit pas du tout de suicide, mais d’une élimination politique parce que comme Marleix, avec lequel il partageait une tristesse existentielle flagrante sur le visage, Dénécé avait attaqué Macron sur Alstom. Encore un suicidé de la société Alstom ! Alors qu’il ne représentait aucune menace (sauf pour lui), Dénécé est posthumément vanté comme « l’homme qui en savait trop », il était dangereux pour le Pouvoir, on l’a donc exécuté…

Ce bobard est allé jusque à Bun ! Oui, Bun Hay Mean, dit « Chinois marrant », l’humoriste qui s’est écrabouillé par terre au pied de son immeuble Boulevard des Batignolles… C’est la troisième « victime » de puissants ! Les conspis décomplexés de tous bords le clament. Sauf que ça se complique car le Chinois est peut-être celui qui avait le plus de raisons de se suicider (dépression, bipolarité, alcool, échecs, HP, chinoiseries de tous genres), et c’est lui qui est peut-être mort, tout simplement, d’un accident à la con. En essayant de récupérer son portable qu’il avait fait tomber dans la gouttière passant en dessous de sa chambre de bonne, au 8ème étage sous les toits, Bun a été déséquilibré et est passé par la fenêtre… Sketch qui fait rire jaune ! Aussitôt, les réseaux s’emballent : Bun n’est ni tombé, ni ne s’est suicidé ; il a été lui aussi éliminé (comme Dénécé et Marleix) car il disait des choses « dérangeantes » dans ses spectacles… Comme qui ? Mais comme Coluche pardi, et Balavoine, qui ne sont pas morts d’accidents stupides eux non plus, mais bien par la volonté du Pouvoir de leur époque qui cherchaient à les faire taire. Comme eux, « Chinois marrant » était trop « subversif »… Comment on dit « mon cul ! » en chinois déjà ? C’est tout juste si les contestataires de la réalité, sûrs d’eux comme d’habitude, ne disent pas que c’est Brigitte Macron qui l’a poussé en personne ! « Bun, c’était notre nouveau Coluche… » Rien à voir ! Le seul point commun qu’ils ont, Coluche et lui, c’est qu’ils sont morts accidentellement. Le surnom de Bun était en soi une antiphrase car il n’était ni complètement chinois, ni très marrant ; plutôt cambodgien et absolument pas drôle, comme la plupart des « comiques » d’aujourd’hui (j’en ai souvent parlé). Et quelle laideur ! Un monstre, une insulte à la civilisation chinoise. Lisa Bresner, une vraie suicidée, elle, aurait été d’accord avec moi : c’était quoi cette espèce de double buisson pas du tout ardent mais couleur cendrée quand même, qui encadrait filassement le gros ballon jaunâtre dégonflé et poilu qui lui servait de tête, à Bun, et qui était ornée en permanence d’un rictus de haine manifeste ? Attifé, sur scène comme à la ville, en épouvantail dans de larges mi-sweets mi-tuniques bariolés, ça se voyait à ses mouvements que « Chinois marrant » était sous médocs, son corps était mal dans son être (on appelle ça « un mal-être », parait-il) de connard, laquais de l’humour bien-pensant. Bun Hay Mean avait fait tout son buzz sur des vannes « racistes pour dénoncer le racisme », alors que ce Chinetoque puait le premier degré raciste de base. Ma mère aurait détesté ce Chinois : elle détestait tous les Chinois. Elle qui n’était pas du tout raciste, ni sur les Noirs, ni sur les Juifs, ni sur les Arabes, ne pouvait pas piffer les Jaunes (allez savoir pourquoi)… Hélène non plus d’ailleurs, mais elle, c’est parce qu’elle avait eu, avant moi, un amant, un Cambodgien également : Tchee, le seul raté du Petit théâtre de Bouvard, qui, lui aussi, est mort d’une chute d’une fenêtre, ou plus précisément, selon Bruno Gaccio (attention, sujet à conspi), « est devenu trader à Singapour et s’est jeté par une fenêtre ». Audrey et Alexandra, c’est plutôt les Noirs (avec les Juifs, bien sûr) qu’elles ne peuvent pas sentir, si je puis dire : pour tout l’or du monde (quoique Alexandra, il faut voir), jamais elles n’accepteraient de baiser avec un Noir, mais elles n’ont rien contre les Chinois. D’ailleurs, le Bun faisait partie de la bande de potes à Audrey, les humoreux Navo, Kyan Khojandi, Kheiron… Que des métèques sinistres ! « Chinois Marrant » était un tout petit peu moins mauvais que VDB, mais il faut le dire vite, il faut le rire vite.

Cela dit, la fenêtre reste ouverte : Bun Hay Mean a très bien pu se suicider (comme Gilles Deleuze, autre lourdaud ?) plutôt que tomber accidentellement du haut d’un immeuble, comme c’est arrivé à Chet Baker, à Amsterdam en 1988, lorsque Chet avait grimpé sur la façade de son hôtel pour regagner sa chambre, et dont on a dit aussi que c’était un suicide… Sauf que ce n’est pas parce qu’il était dépressif et bipolaire que « Chinois marrant » devait forcément se suicider, car comme en tout, il y a des hiérarchies dans les suicides… Il y a les aristocrates du suicide (Empédocle, Pétrone, Segalen, Jacques Rigaut, Chaval, Bosc) et les ploucs orgueilleux, exemples : François de Grossouvre du temps de Mitterrand, et donc de nos jours Marleix et Dénécé… Ça se mérite le suicide, comme la drogue ! Même Montherlant, parce qu’il devenait aveugle, ou Romain Gary parce qu’il devenait impuissant sont, pour moi, non recevables. Guy Debord, c’est presque limite (beaucoup d’orgueil). Le juge Lambert s’asphyxie dans un sac parce qu’il a peur qu’on découvre le ou les coupables dans l’Affaire Grégory et que sa responsabilité dans la foirade totale de son instruction le discrédite définitivement. Finalement, on dit qu’il y a toujours plein de facteurs différents, contradictoires mais convergents, qui amènent à l’acte suicidaire et qui le rendent ensuite insondable. Non. Les plus beaux et les plus authentiques suicides sont ceux qui ont une raison bien précise. En vrac : Judas se pend parce qu’il a trahi le Christ ; Pilate pareil, parce qu’il s’est lavé les mains de Lui ; et bien sûr, Hitler, Goebbels, Himmler se suppriment (on sait pourquoi aussi)… Si Van Gogh se tue, c’est parce qu’il ne supporte pas de continuer d’être à 37 ans à la charge de son frère Théo qui, sous l’influence de sa femme, commence à le lâcher ; Drieu La Rochelle avale des somnifères après avoir ouvert le gaz parce qu’il ne voulait pas être jugé ni condamné par une République qu’il avait toujours méprisée et combattue ; Ernst Kirchner se tire une balle redoublée dans la poitrine car il s’était vu classé par les nazis parmi les artistes « dégénérés » et parce qu’on avait brûlé ses tableaux ; Witkiewicz se tranche la gorge dans un champ parce qu’il ne veut subir ni le joug nazi ni soviétique dans son pays polonais qui venait d’être envahi par les deux armées ; Bernard Buffet se met un sac en plastique sur la tête pour s’étouffer parce qu’il ne pouvait plus peindre à cause de sa maladie de Parkinson ; Patrick Dewaere se tire une balle dans la bouche avec le fusil que lui avait offert Coluche qui le tenait du professeur Choron parce que sa femme Elsa s’était barrée à la Guadeloupe avec le même Coluche et menaçait Patrick de ne plus lui laisser revoir sa fille ; Otto Weininger, à l’âge de 23 ans, se tire une balle en plein cœur dans la maison où Beethoven mourut à Vienne parce qu’il se dégoûtait comme juif (bien que converti au protestantisme) et que son monument philosophique Sexe et caractère avait été accueilli avec indifférence ; Oscar Dominguez, s’ouvre les veines au réveillon 1958 dans son atelier de la rue Campagne-Première, culpabilisé d’avoir éborgné Brauner un soir de beuverie et se rendant à l’évidence qu’il ne serait jamais Picasso ; Raymond Roussel avale des barbituriques dans sa chambre d’hôtel à Palerme parce qu’il s’était ruiné à essayer de faire reconnaître son œuvre qui n’avait jamais eu aucun succès… Virginia Woolf est allée se noyer dans une rivière avec des pierres pleins les poches pour bien couler, parce qu’elle n’arrivait plus à écrire  parce que ses livres n’avaient aucun écho… J’en ai des kilos comme ça à vous servir… Louis Salou, George Sanders, Nino Ferrer, Michel Magne… Évidemment beaucoup sont dépressifs, alcooliques ou neurasthéniques comme Pascin, Sylvia Plath, ou Max Linder qui se suicide à deux avec sa femme sans être japonais comme Dazaï qui fera pareil (Shinjū)… Plus fort encore, dans le jazz (très peu de suicides dans le jazz), Frank Rosolino, un tromboniste blanc, ne supportant pas que sa femme se soit suicidée pour une infidélité, décide d’en finir. Avant ça, il tire sur ses fils, en tue un et blesse l’autre qui deviendra aveugle, puis Frank se tire une dernière balle dans la tête. Ça, c’est des suicides justifiés !

Lucide Saint-Just : « Notre liberté aura passé comme un orage, et son triomphe comme un coup de tonnerre. » 1792.

Superlucide Sade : « Non, nous ne voulons plus d’un dieu qui dérange la nature, qui est le père de la confusion, qui meut l’homme au moment où l’homme se livre à des horreurs ; un tel dieu nous fait frémir d’indignation, et nous le reléguons pour jamais dans l’oubli d’où l’infâme Robespierre voulut le sortir. » 1795.

Le free jazz ne supporte pas le second degré : à la moindre plaisanterie référentielle, mélodique en particulier, tout s’effondre. Aucun clin d’œil n’est supportable, ou plutôt aucun clin d’oreille à des airs connus. Seul Ayler a pu se le permettre avec La Marseillaise et les sonneries militaires esquissées et aussitôt triturées dans sa broyeuse de chocolat sonore. Ce qui ne fait pas du free une musique sans humour, mais elle l’est d’abord par l’énormité et le sérieux mélangés avec lesquels les musiciens l’exécutent (à tous le sens du mot).

Nous nous efforçons sans cesse de purifier notre musique, de nous purifier nous-mêmes, afin de nous élever, ainsi que ceux qui nous écoutent, vers des niveaux supérieurs de paix et de compréhension.

Albert Ayler

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°27 – 07 juillet 2025

Revoilà Rima Hassan prise à partie dans la rue à Paris par l’employé d’une agence immobilière Orpi. IPhone à la main, Rima le filme et l’affiche ensuite sur X, donnant en pâture le Franco-Israélien et sa collègue jusqu’à ce qu’ils se fassent licencier… Le sioniste vindicatif, qui méritait qu’on lui réponde dans sa face, s’est retrouvé harcelé sur les réseaux (je croyais qu’elle était contre le harcèlement, la Rima) avec son nom, son adresse, son téléphone. Elle a lancé des milliers d’Arabo-LFIstes comme des chiens à la chasse à courre contre un seul gibier. Où a-t-elle donc appris cette bonne vieille pratique de la délation ? Petite fille dans son camp syrien de Neirab, entre son papa soldat et sa maman instit ? Certainement pas. On oublie qu’elle est arrivée à Niort à l’âge de 10 ans, elle est plus française que palestinienne, et c’est sur cette terre soi-disant prometteuse qu’elle s’est adonnée à l’art de la dénonciation, typiquement made in France. Maintenant, elle en est à capturer toutes les coordonnées de ses haters qui l’appellent ou lui envoient des messages insultants sur son WhatsApp, et à les diffuser. Jolie méthode, mademoiselle. Si encore sur chaque offenseur, elle constituait un dossier en faisant une enquête complète et illustrée sur lui, sur sa vie et ses exactions, allant jusqu’au fin fond de la moelle du sale con, jusqu’à le détruire, lui et sa pensée, de l’intérieur, comme ont fait Péguy, Bloy, Marx ou votre modeste serviteur lorsque quelqu’un nous chie dans les bottes, ce serait plus recevable… Mais là, c’est facile et tout simplement dégueulasse comme riposte ; c’est encore de l’orgueil. Désormais, pour ses fans robotomisés, qui n’est pas avec Rima Hassan, est contre la Palestine (sic) ! Il va falloir que ces Beurs binaires comprennent que cette impostrice a dissout la Palestine dans sa petite personne, c’est ça qui est terrible… Ça n’apporte rien aux Palestiniens de dénoncer des insulteurs même pas anonymes. En effet, pour une fois qu’ils ne sont pas anonymes ! À quoi ça sert de dénoncer des gens qui ne sont pas anonymes ? La députée a fait en sorte que la seule action possible (qu’elle encourage) pour la Palestine soit d’aller punir en bande tous les gens qui ne peuvent pas la blairer, elle. Quel rapport ? Rima Hassan s’est révélée là comme une petite Franchouillarde qui balance ses détracteurs faute de savoir les crucifier… C’était couru : un de ses zozos, se prenant pour un Zorro, est allé, de nuit, incendier une agence Orpi à Marseille, puis un autre a fait pareil sur une autre à Antibes… Maintenant, sur un seul clin d’œil de Rima Hassan, le moindre sous-arabe mélenchoniste abruti conspi (pléonasmes) s’en va détruire une simple Orpi comme si c’était tout Israël ! Pratique quand on n’a pas les couilles d’aller s’engager dans le Hamas pour défendre ses frères sur le terrain… Mais, pour moi, le plus grave, ç’a été la première réaction de miss Hassan quand elle a vu les images de l’incendie de l’Orpi marseillaise : « Faux c’est de l’IA. » Of couscourse ! Comme la première Beurette venue, son premier instinct, ç’a été évidemment de nier la réalité, d’attribuer ça à du fake fantasmé, alors qu’il était évident que les images étaient authentiques. Elle a eu le même réflexe que l’Élysée lorsque la vidéo de Macron se recevant une mandale de Brigitte est sortie. Rima Hassan a révélé ainsi son complotisme (on s’en doutait). Il ne faudrait pas la gratter beaucoup pour qu’elle dise qu’il ne s’est rien passé en Syrie de 2011 à 2024, et que son père n’a jamais participé à aucune action militaire bachariste… Ah, dernière chose qui la démonétise pour moi définitivement, c’est qu’à peine débarquée de sa flotillerie nunuche de cheftaine de pieds mal nickelés en partance vaine pour Gaza, elle a reçu les félicitations d’…Alain Soral ! « Sacrée petite bonne femme quand même ! » s’est fendu sur son compte le grand chauve au poil dans la main, avec en prime un smiley aux yeux en cœur ! Qu’est-ce qu’il espère ? Baiser Rima après avoir soi-disant baisé Sarah (Knafo) ? Pauvre Alain, avec son paternalisme de colon blanc (ce qui n’a pas eu l’air de gêner davantage Hassan que ça n’avait gêné Bouteldja), il a encore tout faux… C’est une loi rendue infaillible par le contre-flair systématique de l’auteur de Plus con, tu meurs ! (tant pis : il aura le sens des titres dans une autre vie) : on est sûr que si Soral soutient quelqu’un, c’est qu’il est forcément bidon !

Moi, souffrir ? Ça me ferait mal !

Anecdote sur Django Reinhardt rapportée par Philip Catherine qui la tenait de Stéphane Grappelli (et qui se retrouve donc ici dans ma Feuille nabienne). Dans les années 30, en plein concert du Quintet du Hot club de France, Django s’est retourné furieux contre son frère Joseph Reinhardt parce que celui-ci avait fait une faute d’harmonie. Django l’a engueulé devant tout le monde et Joseph a été si vexé et si troublé qu’il a laissé sa guitare sur scène et est parti avec la chaise, au lieu de faire le contraire !

La nuit, quand je lève la tête, je ne vois pas des étoiles dans le ciel, mais des billiards de tétons lumineux !

Choses sur Matisse. Il était allé pour commencer dans l’atelier de Bouguereau qui le chargeait de « blaireauter les fonds », et lui interdisait de faire les ombres avec le doigt. Après, il s’est retrouvé chez Ferrier, un autre maître à la con, qui était outré parce que pour peindre un modèle, Matisse commençait par les mains. Et enfin, il aboutit chez Gustave Moreau. Il donne plein de détails formidables sur l’enseignement de Moreau ; par exemple : Moreau était un tellement bon prof qu’il pouvait un jour faire l’apologie de Raphaël, le lendemain de Véronèse et le troisième jour de Chardin. Il disait aussi à ses élèves de pas aller trop au Louvre pour copier les anciens ; c’est pour ça que Matisse avec son copain Marquet allaient dessiner dans la rue. Et il reprend l’expression de Delacroix : « On devrait pouvoir dessiner un homme tombant du sixième étage. » Moreau encourageait ses élèves et critiquait les autres professeurs. L’idéal, disait Matisse, c’est d’avoir un atelier avec trois étages. Au premier, on étudie devant le modèle ; au second, on continue l’étude du modèle mais sans le modèle, et au troisième, on apprend à dessiner sans modèle du tout. À la quarantaine, Matisse avait été tenté d’ouvrir une académie lui-même, puis il a abandonné, évidemment, il a préféré être seul. Il était gêné quand ses toiles ont fini par se vendre beaucoup et très chères. Il disait : « Suis-je condamné à ne plus faire que des chef-d’œuvres ? »

Je n’ai jamais pu lire Lévinas. Il m’a toujours fait penser à de « la vinasse » dont se gargarisent les faux intellos épris de philosophie facile. Les lecteurs de Levinas sont comme des sommeliers vous sommant de déguster cette piquette de philo bouchonnée, de l’ingurgiter avec gourmandise par petites gorgées, en aspirant un filet d’air pour en diffuser la richesse sur leurs muqueuses, puis la garder quelques instants dans le creux de la langue et la faire tourner d’une façon dégoûtante dans leur caboche de pseudo-connaisseur, avant de la recracher dans une petite bassine de « culture ». 

La CAF se rebiffe.

Pour avoir publié sur TikTok une vidéo d’elle en train de se cuisiner un homard à 14 euros, Nadine, de Toulouse, 42 ans, bénéficiaire du RSA, se voit être immédiatement suspendue de ses droits après que la Caisse d’Allocations familiales l’a repérée et a estimé que : « son train de vie affiché est incompatible avec les déclarations de ses ressources ». Nadine râle : « J’ai acheté ce homard en promo, c’était une folie d’un soir, je n’ai pas fraudé ! » Bon appétit ! Et si elle avait dépensé pour 14 euros de boîtes de sardines, l’aurait-on punie aussi durement ? Ô surveillance algorithmique des allocataires ! Ô droit au contrôle social numérique !

La plupart des enfants pleurent parce que leurs parents n’arrivent pas à les empêcher de pleurer.

À 66 ans, trois seuls problèmes : garder sa force physique, gagner de l’argent et ne pas perdre de temps.
NB : Les verbes peuvent être intervertis.

L’Avventura ; Une vie difficile ; Le Professeur ; La Soldatesse ; Les Choses de la vie ; Peur sur la ville ; Le Christ s’est arrêté à Eboli : quelques-uns des films où Lea Massari incendie les scénarios de sa crinière roussie de femme en feu souterrain. Et ce feu vient de s’éteindre. Feu Lea ! Elle est morte à Rome à l’âge de 91 ans : très bon âge pour mourir pour une mère… Pourquoi une mère ? Mais parce qu’à jamais, elle restera la mère idéale dans Le Souffle au cœur de Louis Malle, sorti en 1971 : enfin une mère qu’on a envie de baiser, et qu’on baise ! La mort de Lea est une occasion de le revoir. Le meilleur film de Malle avec Lacombe Lucien (1974). Ça commence avec du Parker sur l’anatole, avec la descente en F#7, à toute berzingue (avec Max Roach), pendant tout le générique, puis le film se déroule (en 1954) à Dijon : la guerre d’Indochine, Ðiện Biên Phủ, la messe pour les « héros » à qui le curé dédie son sermon, Mendès-France qu’on espère voir accéder au pouvoir, les livres de Camus, de Crevel, de Huysmans qui passent, les affiches de Sidney Bechet, la télé en noir et blanc avec Maurice Chevalier, on voit même à un moment une photo d’Ornette Coleman (seul anachronisme)… Le héros, c’est le fils (Benoît Ferreux), il a deux frères qui lui font des misères, c’est le chouchou de sa maman italienne, Lea Massari, magnifique lionne avec ses étoiles de rousseur sur le nez et les joues. Intelligemment, Malle lui a fait garder son accent. Le père, c’est Daniel Gélin, connard gynécologue. Dans ce milieu catho bourge à vomir, le fils détonne : il est fan de jazz be-bop, il vole un disque de Charlie Parker qu’on entend encore, comme tout au long du film. Ils se mesurent leurs bites entre frères, ils imitent leurs parents, font peindre un faux Corot pour remplacer le vrai du salon ; que des conneries… Pendant que son père va honorer maman, fiston va se faire dépuceler par une putain dans un bordel, avec toujours Parker en fond, qui joue le blues, mais le dépucelage est gâché par ses cons de frères. Le chouchou vexé va se branler en lisant Vernon Sullivan et en écoutant le Bird. Il y a aussi Michael Lonsdale en prêtre confesseur qui, entre deux pelotages de cuisse, lui fait réciter son grec : « Vous savez que Heidegger a écrit 200 pages pour essayer de traduire deux lignes d’Héraclite ? ». « Il faut traiter votre fils en adulte » dit aussi le curé à la mère… De retour d’un camp de scouts, on détecte un souffle au cœur au petit monstre, il doit partir en cure où le père les dépose, lui et sa maman. Ils sont seuls et la tension monte, il lit Histoire d’O, il est jaloux des jeunes gens qui kiffent sa mère, puis la reluque en train de prendre son bain, beau cul quand elle sort de la baignoire… Mama Lea le gifle de l’avoir zieutée. Un soir, il l’entend dans sa chambre qui a fait venir son amant. Elle partira avec lui pour deux jours, c’est la détresse du fils, il fouille dans l’armoire de sa mère, se repaît de ses soutiens gorges… Il drague les petites malades de la cure comme lui, et fréquente un copain fasciste qui parle comme Pascal Praud aujourd’hui ! Quand maman Lea revient, son fils est en train de lire Proust en écoutant Dizzy : « On ne peut pas arrêter cette affreuse musique ? » « Mais maman, c’est Gillespie ! ». Le gentil garnement la console de son escapade avec son amant qui a mal tourné. Ça, c’est très beau : le fils consolant sa mère qui s’est fait jeter par son amant. Elle trouve que son enfant est une « merveille », et ils s’encomplicent tous les jours un peu plus, tout en tendresse et compréhension. Elle lui lave les cheveux, lui fait les pieds, ils batifolent, vont au bal du 14 juillet, il ramène sa mère bourrée qu’il déshabille dans son lit parce qu’elle n’en a même plus la force. On est à 8 mn de la fin, et c’est LA scène… Moralité (ou immoralité ?) : il faut d’abord détruire l’amant de sa mère pour baiser la femme de son père. De l’aveu même de Lea, rien n’a été plus sain que de tourner cette séquence avec le jeune acteur Perreux (« alors, on la fait, cette inceste party ? »). Non seulement la séquence a été filmée dans la plus grande pureté, mais ce qu’elle raconte, cet amour authentique, ce basculement exceptionnel dans le sexe entre une mère digne de ce nom et son fils pas du tout pédé (c’est très rare) est très bien signifié par Malle. Il y a si peu de fils qui aiment leur mère comme des hommes… Pédophilie ? Inceste ? Adultère ? Rien et tout de tout ça ! Ceux qui penseraient à Brigitte Macron avec son jeune élève Emmanuel saliraient tout. La Massari, après avoir joui de son rejeton, dit : « Nous nous en souviendrons comme d’un moment très beau, très grave, et qui ne se reproduira jamais plus. Ce sera un secret entre nous, et quand j’y repenserai, ce sera sans remords, avec tendresse. » Encore Parker (dommage, c’est toujours le même disque). Pour fêter ça, le fils inassouvi quitte la chambre conjugalo-maternelle (pour ne pas dire nuptialo-maternelle) et va baiser une jeune fille de la cure dans sa chambrette. Quand il revient au matin, il retrouve ses frères arrivés avec leur père (doublement cocu) pour les récupérer, lui et sa mère qui sort de sa chambre encore dans son rêve… Comme le chenapan a découché, tout le monde se marre, et fort, ils sont tous fiers de cet adolescent qui commence sa vie d’adulte (sans savoir que pour cela, il a fait l’amour à sa mère). Enfin une famille regardable ! Malle ainsi dédramatise l’inceste auquel on a assisté par un éclat de rire général qui dit tout… À la sortie du film, un simple spectateur d’une salle de ciné à Florence a porté plainte contre Lea Massari pour « corruption de mineurs » (oui, comme Jean-Marc Morandini !), sans tenir compte de son statut d’actrice, et elle s’est retrouvée, en Italie, prise dans un procès qu’elle a voulu affronter « pour créer un précédent » dit-elle, afin de pousser les tribunaux à tomber dans l’absurdité de poursuivre des acteurs incriminés à cause de leurs rôles : faudra-t-il emprisonner tous ceux qui jouent des assassins ? Lea Massari fut acquittée heureusement ! La dénonciation de l’inceste s’est accrue de nos jours où la société a la passion de jouir en s’insurgeant contre celui qui se voit comme une bite de père sur la figure de sa fille, c’est-à-dire l’inceste sexuel et forcé, pour mieux occulter celui qui ne se voit pas, l’inceste moral consenti qui resserre, par les liens hideux du copinage idéologique, financier et professionnel, les « bourreaux » et les « victimes », tous deux volontaires… Ah ! Qu’est-ce que ce serait bien qu’un écrivain aujourd’hui traite de cette question, en long en large et surtout en travers, sur des dizaines et des dizaines de pages écrites et travaillées depuis des années, et qui serait publiées dans le prochain numéro de sa gazette numérique par exemple ! Mais ne rêvons pas…

Il ne faut pas mettre tous ses Œdipes dans le même Papa nié.

Hélène Cixous

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°26 – 30 juin 2025

« La guerre des 12 jours » ? Échecs à tous les étages ! Échec pour les mollahs qui se sont bien fait claquer et acceptent d’arrêter leurs contre-offensives. Échec pour Israël qui aurait bien voulu continuer la guerre avec l’aide des Américains. Échec pour la vieille morue Reza Pahlavi qui se voyait déjà sur le trône de Téhéran mais qui va devoir rester à Paris et, sous l’orage, entrer chez un traiteur persan, rue des Entrepreneurs, pour s’offrir une bastani ou un faloodeh en guise de consolation. Échec pour les Iraniens de là-bas qui bandochaient déjà sur un changement de « régime », comme si on parlait de bananes… D’ailleurs, vouloir absolument changer de régime, c’est quoi d’autre que de vouloir troquer une république bananière (islamique) contre une autre ? En vérité, je vous le dis, il n’y en a qu’un qui triomphe, comme d’habitude, c’est Trump ! Il a baisé tout le monde, jusqu’à Bernard-Henri Lévy qui est passé en 24 heures de « Merci, Trump » à « De quoi je me mêle, Trump ? » lorsqu’il a vu le boss yankee se retirer du jeu juif, et ne pas vouloir finir le sale boulot de Sion…

Oui, car, finalement, Trump en reste là : c’est l’imprévisibilité du Gémeaux qui fait n’importe quoi et qui réussit quand même ! Avec Donald, ce sera one shot pour ce coup-là encore, un peu comme il avait fait en Syrie en 2017 en frappant les stocks chimiques de l’armée syrienne sans chercher à renverser Bachar. J’aurais dû m’en douter ! Moi aussi, Trumpos m’a roulé dans sa farine : j’ai cru un instant qu’il voulait aider les Juifs à prendre le pouvoir en Iran et les Iraniens sur place à se débarrasser du Guide suprême ; mais non ! Mea Culpa ! Je n’ai pas eu assez confiance en son antisémitisme ! Il n’aime que ça, le Trump : taper sur les doigts des garnements une seule fois pour les rappeler à l’ordre. Juste un petit vol de sept chauves-souris bombardières pour frapper trois usines et faire passer à l’Iran le goût de se sururaniumiser. Opération « Marteau de minuit » ! That’s enough… Son truc à Trump, c’est le cessez-le-feu, et comme dit la crapule visqueuse Franck Tapiro qui veut faire le malin lacanien, c’est le « cessez-le-Feuj »… Tapiro (vous savez, ce tapir qui ne sait que lâcher de sa trompe des rôts plus puants les uns que les autres et qui avait organisé le quizz « questions pour un champion de l’ignominie » sur le nombre de victimes à Gaza lors du gala DDF) ne sait pas si bien dire : c’est pour faire cesser le Feuj en effet que Donald Trump a mis en place un cessez-le-feu obligatoire, comme il le fera sans doute entre l’Ukraine et la Russie. On l’a vu d’ailleurs furieux qu’Israël viole le deal : « I’m not happy with Israël ! »… « Dès que nous avons conclu l’accord, Israël a largué un grand nombre de bombes, une quantité jamais vue auparavant. Je ne suis pas content de ce qu’Israël a fait. Vous savez, quand je dis ‘‘OK vous avez 12 heures ’’, vous ne lâchez pas vos bombes… ». Quel président américain a osé dire ça ? Mission accomplie ! Big Daddy est reparti à sa partie de golf interrompue : il n’a pas que ça à faire, des trous dans la cambrousse de Fordo et de Natanz ! Il a d’autres trous à fouetter.

Les mollahs, c’est les grands méchants mous ! Je vous l’avais dit que l’Iran était militairement « à la ramasse ». Évidemment, il n’avait pas les moyens de riposter sévèrement contre Israël et l’Amérique qui l’ont agressé, et en plus, il n’en a pas envie. Même pas capable de fermer carrément le Detroit d’Ormuz (c’est Poutine qui a dû dire à Khamenei de ne pas le faire) ! Après 610 morts et 4 700 blessés du côté iranien contre 28 du côté israélien, l’Iran s’est couché ; maintenant, il est sous la table des négociations comme un grand chien fatigué et plein de poussière en train de roupiller… Le Guide va se rattraper sur les siens. Plus facile de punir son peuple que celui qui se dit « élu », n’est-ce pas ? Et ça va y aller, les traîtres pendus et autres espions infiltrés ! Ah, c’est pas des sunnites qui auraient renoncé si vite et se seraient soumis à un cessez-le-feu ordonné en plus par le grand blond à l’oreille cassée… Pour être totalement honnête, il faut dire que si les Iraniens ont tapé comme des manches sur les cibles israéliennes, les Américains et les Israéliens n’ont pas été aussi brillants qu’ils le disent : même eux doutent d’avoir endommagé suffisamment les installations nucléaires pour empêcher les Iraniens de recommencer leurs conneries dans quelques temps. On les soupçonne même d’avoir pu se barrer avec des bonbonnes d’uranium enrichi (c’est pas si encombrant) planquées dans une vingtaine de camions qu’on a vus quitter les sites visés et détruits (en surface) puis s’insinuer dans les montagnes, à la queue leu leu zarathoustrienne ! Au fait, qui a étudié le rapport de Nietzsche avec la Perse (une Perse fantasmée par lui, sans doute comme « sa » Grèce), et du point de vue strictement zoroastrien ?

Je ne saurai jamais si c’est le monde qui accélère ou si c’est moi qui ai trop de choses à en dire.

Michael Jackson et Prince sont excellents, mais deux fois moins bons à eux deux que James Brown tout seul !

Analogie à faire entre James Brown et Herbert von Karajan. Orchestre bof mais dès qu’ils y touchent, c’est le feu. Et pourtant, leur intervention n’est pas à proprement parler instrumentale, mais leur direction change complètement le son de l’orchestre, et instantanément. 

Discussion révisionniste :
— Je voudrais 6 millions de Juifs, s’il vous plaît…
— Y en a un peu moins, je vous les mets quand même ?
— Oui, merci !

Faust-Édouard Nabe.

On retire sa Légion d’honneur à Sarkozy ! « Le premier président à qui ça arrive depuis Pétain ! » aboient les gauchiots. En revanche, pour les droitarés et autres extrême-droitartes, bref pour tous ceux qui lui donnent encore du « président Sarkozy » long comme le bras de Lucky Love, et qui n’avaient trop rien dit pour son bracelet électronique à la cheville, la privation de sa décoration honorifique, c’est le summum de l’injustice… Les Bolloréens sont bouleversés parce que leur héros avait fait preuve d’un si fort courage en arrachant un « petit Noir » des mains de « Human Bomb », preneur d’otages dans l’école maternelle de Neuilly en 1995, que c’était normal qu’on lui donne la Légion d’honneur pour cela ; sauf que c’est faux : ce n’est pas la raison de son obtention de la médaille, sinon on la lui aurait remise dès le dénouement du rapt par la police (exécution du « terroriste » dans son sommeil, comme récemment, lors de l’Opération Narnia, le Mossad l’a fait sur neuf scientifiques et ingénieurs iraniens). Non, c’est pour tout son « parcours politique » que Sarkozy avait reçu la Légion d’honneur ; c’est encore plus gerbant ! Au lieu d’être content qu’on la lui enlève pour une sombre histoire insignifiante d’écoutes téléphoniques, Sarkozy se laisse plaindre comme une victime aussi injustement frappée que l’avait été Alfred Dreyfus ! C’est la dégradation du capitaine Sarko ! À part la judéité, leur point commun, c’est la connerie patriotique. Dreyfus, parce qu’il se savait innocent, n’aurait pas dû se sentir humilié que la France aveuglée par son antisémitisme l’ait dégradé. Sarkozy, lui, devrait plutôt se sentir soulagé de ne plus avoir cette médaille bien pendue comme une langue de pute sur son veston côté gauche. Eh bien, non. Malgré sa dégradation, son bannissement et bagnissement, et sa réintégration dans l’armée du bout des doigts, Dreyfus est resté aussi fier d’être militaire que Sarkozy d’avoir été ministre puis président. Et pire : s’il pouvait, Sarkozy se représenterait en 2027 aux Présidentielles, comme Dreyfus n’a pas hésité, pendant la guerre de 14, à rempiler à plus de 50 ans pour se retrouver à Verdun et au Chemin des Dames pour combattre finalement ses frères, puisqu’il était aussi un peu allemand…

À propos de Dreyfus. Ils ne savent plus quoi faire pour redorer l’image des Juifs, en ces temps sombres (moi je les trouve plutôt lumineux) de « recrudescence de l’antisémitisme ». Patrick Cohen sur France Inter : « La Nation française élève à titre posthume Alfred Dreyfus au titre de général de brigade. La proposition est signée Gabriel Attal. Les sénateurs PS l’ont fait à l’identique, elle a été adoptée unanimement par la Commission de la Défense et elle répond à un appel lancé par Pierre Moscovici… » Tout est dit, non ? Presque… Général Dreyfus ! 130 ans après sa déportation à l’Île du Diable. La Grande Muette arrête donc de faire la sourde oreille, elle qui avait déjà refusé plusieurs fois d’élever l’ex-dégradé à un grade supérieur. Un projet d’une statue de Dreyfus à installer dans la cour de l’École militaire fut même annulé en 1985 par Mitterrand, grand combattant de l’antisémitisme comme on sait : « Il faut donner aux militaires un exemple ; pas un remords ».

Le volcan Grégory. La Chambre de l’instruction de la Cour d’Appel de Dijon a décidé le mercredi 18 juin de convoquer Jacqueline Jacob (80 ans), la grand-tante du petit Grégory déjà mise en examen en 2017 avec son teubé de mari Marcel pour — rien que ça —  « enlèvement et séquestration suivi de mort ». Cette fois-ci, c’est pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime » (sans doute pour faire moins peur à la vioque à tics et qu’elle finisse par craquer). Elle va y aller mais dans plusieurs mois, ce qui est absurde (elle va avoir le temps d’affûter ses alibis ou même de se suicider). Jacqueline, c’est celle que tout le monde soupçonne d’être le corbeau, le corbeau par écrit du moins, et même celui qui a rédigé et posté la lettre de revendication un quart d’heure avant que l’enfant soit assassiné. L’info de la convoc’ de la Jacob, glissée discrètement comme une lettre à la poste au milieu du fracas guerrier israélo-irano-américain, nous fait l’effet, à nous autres connaisseurs, d’un gouffre qui s’ouvrirait sous nos pieds. Pour l’instant, ça ne donne aucune indication nouvelle sur le déroulement des faits de cette journée du 16 octobre 1984, mais c’est reparti, tout remonte, toute cette lave d’incertitudes est recrachée par le volcan Grégory qui vaut bien celui de l’Etna dont on parlait il n’y a pas si longtemps… Oui ! Plus qu’une plaie qui ressaignerait en permanence à la moindre fissure, Grégory est un volcan en sommeil qui érupte régulièrement depuis plus de 40 ans, et on est tous tombés dedans, tels des milliers d’Empédocles attirés par curiosité par ce qu’il s’y bouillonne au fond… Je dis « nous » et « on », car je ne m’exclus pas de cette passion. Oh, non ! J’ai en boîte des dizaines et des dizaines et des dizaines de pages de notes, de réflexions et de supputations plus réalistes et plausibles les unes que les autres sur l’affaire Grégory et ses corbeaux, son meurtrier ou ses meurtriers. Dans cette histoire, les spéculations varient tous les jours, et même plusieurs heures par jour quand on s’y penche : à 13h00, je suis persuadé que c’est Bernard Laroche qui a fait le coup tout seul et jusqu’au bout (tout l’indique) ; à 15h00, la possibilité qu’une seconde équipe soit intervenue à Docelles pour récupérer l’enfant s’impose ; à 18h00, il semble évident que ce sont les Jacob qui ont réussi à s’échapper de leur boulot pendant 3/4 d’heure pour commettre le crime et balancer le gosse à la Vologne ; à 20h, un autre membre de la famille, jusqu’ici jamais soupçonné (sauf par moi), se faufile insidieusement dans mon esprit à cause de sa présence plus que cheloue à tous les moments cruciaux du drame ; à minuit, il m’apparaît clair que le frère de Jean-Marie, Michel Villemin, était le mieux placé pour assister son meilleur ami Bernard dans le kidnapping et l’exécution vengeresse de l’enfant… Le volcan Grégory gronde ainsi en permanence… Jusqu’à la révélation finale, on peut juste se contenter de poser des questions (auxquelles d’ailleurs très peu d’observateurs, et surtout pas de journalistes, apportent des réponses) qu’on sème comme des petits cailloux dans la Forêt des Hypothèses (Vosges) pour être sûr de retrouver son chemin…

Tout ça, c’est une question de femmes. Comme les sionistes se sont aperçus que la guerre des images avait été gagnée par une Syrienne mélenchoniste pro-palestinienne qu’on juge super belle et sexy (il faut le dire très vite), ils ont contre-attaqué en sortant des femmes à eux, et pas qu’un peu ! Sur TikTok, on tombe sur des shorts en boucle où l’on voit des soldates israéliennes de vingt ans, en treillis, plus bandantes les unes que les autres, en train de danser, et drôlement bien, sur le tube funk-disco des années 70, Freak, c’est chic… On ne peut pas y échapper quand on scrolle. Voilà le nouvel arsenal de bombes d’Israël ! De vraies femmes aux moues et aux déhanchés de rêve, chattes et seins bien moulés dans leurs treillis de tsahalopes… Mama mia (je ne sais pas comment ça se dit en hébreu…) !… J’avais publié dans mon magazine Patience numéro 3 (2015) des photos de combattantes à Jérusalem déjà superbement provocatrices qu’on avait remarquées, Frédéric Pajak et moi, lors de notre voyage en Israël en 1991, mais là, c’est trop fort ! C’est à vous dégoûter d’être antisémite ! Le pauvre maquereau Mélenchon, avec sa truie plus très rose Panot, son petit hippopotame qui bâille Obono, son caniche mal toiletté Manon Aubry et sa petite singe au poil roux Rima Hassan, ne fait pas le poids ! Freaks out !

Sexuellement, comment peut-on ne pas être avec une Juive ? Je ne comprends pas.

Je me trouve seul, exclu de cette communion sanglante. Une fois de plus, je me sens, comme dans l’Affaire Dreyfus, isolé du reste des hommes. Et je cherche à comprendre pourquoi je suis ainsi, et d’où me vient ce don funeste de ne pouvoir m’associer à aucun des grands mouvements humains.

Romain Rolland

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°25 – 23 juin 2025

Encore Polnareff. Je me rappelle que Philippe Sollers avait eu l’intention d’appeler son roman Femmes (1983) Sperme (ce qui était déjà un titre plus audacieux), puis s’était dégonflé. C’est Michel Polnareff qui appellera son autobiographie Sperme (2016) et même Spèrme, avec un accent grave (« un accent très grave », dit le chanteur), et quatre lettres — p, è, r, e — typographiées en rouge, pour que le père soit incrusté dans son sperme… Polnareff savait-il qu’il rappelait ainsi « le Père Sperme », concept, également autobiographique, de Louis- Ferdinand Céline ?…  En tout cas, le jeu de mot polnareffien est tout sauf gratuit, car d’abord Polnareff avait des relations terribles avec son père qui l’a obligé à devenir musicien (Spèrme s’ouvre avec le chapitre : « Être tout le contraire de mon père »), mais aussi parce qu’on sait que Michel s’est fait trahir par sa femme américaine qui lui a fait leur enfant, prévu et annoncé (le jour de son anniversaire !), avec un autre sperme que le sien, et que Polna s’est donc retrouvé le « pèrsme » (moi aussi je m’amuse) du petit Louka qu’il a dû lui-même accoucher dans la nuit du 27 décembre au 28 (2011) dans la baignoire de leur salle de bain de sa villa de Palm Springs, comme il le raconte dans Spèrme… Lui qui ne voulait pas assister à la naissance de l’enfant, il l’a « sauvé des eaux » comme il dit ! Puis, une fois sa colère d’avoir été cocufié par une éprouvette (un Strindberg en serait devenu fou) passée, Polnareff a reconnu Louka, et l’a élevé avec amour, alors que c’est peut-être ce qui peut arriver de pire à un père : avoir de sa femme un enfant dont le sperme fécondateur n’est pas de lui.

J’avais bien raison de ne pas faire confiance à ces Juifs faussement contrits qui grimaçaient devant le carnage permanent de Netanyahou à Gaza, et qui se disaient enfin décillés sur les crimes de ce personnage. Élie Barnavi qui, en 2002, chez Ardisson, me déniait toute compétence comme « commentateur des problèmes du Proche-Orient » et menaçait de quitter le plateau parce que je continuais à traiter Sharon de « criminel de guerre », s’est présenté dernièrement en détracteur radical de Netanyahou (ce Sharon bis, en pire), jusqu’à parler de lui comme responsable d’un « crime contre l’humanité massif » et de Tsahal comme d’une « armée génocidaire » ! Finkielkraut himself a qualifié les membres du gouvernement Netanyahou de « ministres maléfiques »… De Denis Olivennes à Michel Hazanavicius, de Frédéric Haziza à Élisabeth Lévy ! À quand BHL (non, pas BHL) ? Beaucoup de Juifs intellos et de goys ou de collabeurs, habituellement lèche-culs d’Hébreux (Jean-Pierre Filiu, Edwy Plenel, Martine Aubry, Erik Orsenna, Kamel Daoud…), avaient pris récemment leur distance… Et patatras ! Voilà que Netanyahou, sentant que ça commençait à chauffer pour lui, que le vent tournait jusqu’à Tel Aviv où les familles, attendant encore pour rien leurs kidnappés par le Hamas le 7-Octobre, trépignaient sur la « Place des otages », et que leur colère grondait, a eu l’idée, pour faire diversion, d’ouvrir un septième front de guerre : après la Palestine, le Liban, le Yémen, la Cisjordanie, l’Irak et la Syrie, il manquait l’Iran à son tableau de chasse, et quelle chasse !

Escamotage de Netanyahou ! En attaquant l’Iran, ce gros porc-beauf de Bibi se récupère la plupart des Juifs critiques qui maintenant sont totalement d’accord pour cette « guerre préventive » contre un Iran soi-disant sur le point de concrétiser son programme nucléaire. Magique ! D’une heure à l’autre, la compassion pour Gaza s’est évaporée puisqu’il y a mieux à faire, c’est-à-dire : soutenir l’insoutenable Netanyahou qui tout à coup devient soutenable puisqu’il attaque un vrai pays, et pas de pauvres Gazaouis sans défense. Par son offensive anti-iranienne, cet enculé a stoppé net le mouvement mondial pour sauver la Palestine… Il a même eu, dans ce sens, une sorte d’éclaireuse qui a ouvert le chemin, et l’a transformé en impasse, en la personne de Rima Hassan. Elle aussi a sonné le glas de la véritable lutte pour la Palestine puisqu’avec sa flottille foireuse, elle a décrédibilisé la Cause par sa petitesse de vue et sa gaminerie militante à la française. Ce n’est pas un hasard si le lendemain de son retour, le vendredi 13 juin, Netanyahou déclenche la guerre en Iran : ça s’est fait en deux temps et maintenant ç’en est fini de l’élan pour Gaza : la caravane al-Soumoud est bloquée en Libye ; les mecs de la Marche pour la Paix se sont fait tabasser et sont rentrés piteusement chez eux (j’ai entendu un gerbant « billet d’humeur » sur RCJ de Tristane Banon, d’un mépris équivalent à ceux que Sophie Aram multiplie sur France Inter) ; et bien sûr, les bombardements continuent sans cesse dans l’enclave déjà détruite, et tout le monde s’en branle.

Dieu (oui, Dieu) sait si je n’ai que des reproches à faire à l’Iran, et depuis longtemps, je l’ai expliqué dans mes Porcs, depuis ma révélation en direct lors de l’émission de Taddeï en 2007 où, face à des Blancos atlanto-néo-cons pro-yankees anti-bombe iranienne, qu’il fallait bien sûr contrer dans leurs bellicisme parano et raciste, je compris que ça ne m’obligeait en rien à entrer pour autant dans le camp pro-iranien qui déjà me débectait par son complotisme et son révisionnisme, les « héros » du scorpion marrant Ahmadinejad étant Garaudy et Faurisson (sics). Non ! Je n’allais quand même pas, par antisionisme, me retrouver avec les Soral & Dieudonné, Meyssan et Cie, stipendiés par les Iraniens !… Hop, Houdini, contorsionne-moi ce corps ! Je me suis désentravé comme un chef ! J’avais déjà refusé plusieurs voyages à Téhéran avec mon amie Isabelle Coutant Peyre par exemple, préférant aller seul (avec ma merveilleuse copine Shéhérazade), et dès 2002, en terre chiite mais irakienne, à Najaf (la ville d’exil de l’ayatollah Khomeini), à Samarra et à Falloujah… Mais surtout, ce que je ne peux pas pardonner aux Iraniens, même s’ils bombardent Israël aujourd’hui, c’est ce qu’ils ont fait en Irak, c’est-à-dire préférer collaborer avec les Américains plutôt que de soutenir les Irakiens envahis et décimés sur leur terre. Oui, pour se venger de Saddam, les chiites d’Irak, soutenus à mort par les Iraniens, se sont carrément rangés avec les États-Unis, et ont torturé et emprisonné des milliers de Sunnites qui ont fini, heureusement, par se révolter et former Daesh. Voilà pourquoi Daesh a tué « principalement », comme le chantent les perroquets déplumés occidentaux, des « Musulmans », mais pas n’importe quels Musulmans : des traîtres chiites, ou des collabos sunnites. Voilà, n’oublions jamais que les plus grands résistants (vous savez, ceux qu’on appelle « terroristes » dans les médias castrés et décervelés) sont des sunnites et jamais des chiites. Enfin, autre faute et de taille : au moment de la révolution syrienne, les Iraniens ont appuyé le Hezbollah qui était pour Bachar al Assad, alors que c’était une force libanaise qui aurait dû s’opposer au tyran et à l’Iran. Et tout ça par chiisme encore ! Miroir aux Alaouites ! Enfin, avec Poutine, l’Iran n’a pas hésité à aider l’armée de Bachar à massacrer son propre peuple (600 000 morts). Impardonnable ! Voilà pourquoi on ne va pas plaindre les Iraniens parce qu’Israël les attaque !

Ce sont les Perses (Cyrus puis Darius) qui ont libéré les Juifs captifs à Babylone et les ont autorisés à reconstruire leur putain de Temple. Ça non plus, je ne l’avale pas. Ainsi, Netanyahou veut inverser le sens de l’Histoire, c’est-à-dire qu’il veut que ce soit lui désormais, le Juif, qui libère les Persans captifs de la domination des mollahs, et par là-même le monde entier de la menace nucléaire et islamique, car pour lui c’est pareil ! Netanyahou se présente en sorte de libérateur, sinon de messie, alors que c’est le pire criminel de l’époque, et qu’importe si les Perses d’aujourd’hui n’ont aucune envie d’être libérés par un Juif comme Netanyahou ! Il en fait fi, comme de tout le reste, puisque ça marche : d’un côté les antisionistes courent se jeter dans les jupes de Khamenei parce qu’il fait le « bon boulot » d’attaquer Israël ; et de l’autre, les sionistes (y compris ceux qui commençaient à tirer la gueule) encouragent à fond leur Bibi parce qu’il fait le « sale boulot » tant attendu… Le sale boulot, c’est d’abattre l’Iran parce que c’est un pays qui veut la bombe atomique pour détruire Israël… Comme si Israël lui-même n’avait pas la bombe atomique et qu’il ne pensait pas qu’à ça depuis des décennies : détruire tous les pays alentour : Liban, Syrie, Jordanie, Palestine…

Dégoûtation. On ne sait plus ce qui dégoûte le plus : les Juifs, aussi bien ici que là-bas, qui pleurnichent parce qu’ils ont eu 14 morts, 2 immeubles à Haïfa et un hôpital à Tel Aviv (« ça se fait pas d’attaquer les hôpitaux ! » osent-ils dire) détruits alors qu’à vol de missile, le carnage des Gazaouis ne cesse pas, et dans la plus indigne indifférence ; les extrémistes de gauche à la LFI qui ne savent que faire des veilles et des manifs pour la Palestine qu’ils confondent désormais avec l’Iran qu’ils soutiennent aussi dans la foulée, et sans réfléchir ; les extrémistes de droite qui considèrent encore sur ce coup-là que c’est Israël l’agressé, et qui proclament comme Praud à  CNews que « nous sommes tous israéliens », et sont aussi racistes avec les Iraniens qu’ils le sont avec les Arabes ; les macronistes qui poussent à une guerre directement contre l’Iran (préventive elle aussi), après les menaces des ayatollahs qui n’ont pas apprécié que Macron veuille ranger, aussitôt que ça pue, son camembert aux côtés du premier baba ganoush venu plutôt que de se lécher les babines devant un excellent ghormeh sazbi ! Enfin, les Iraniens : d’abord les pro-régime qui se félicitent des ripostes de l’Iran alors que pour le moment, et malgré les rodomontades de Téhéran, je trouve qu’elles sont très timides et ne font que confirmer que l’arsenal militaire de l’Artesh est bien à la ramasse ; et les autres Iraniens, pires encore, les « dissidents » qui se réjouissent à la perspective qu’Israël puisse mettre K.-O. un Iran mollahcratique, comme l’ex-boxeur Mahyar Monshipour qui ne voit pas plus loin que son nez cassé, ou la journaleuse « franco-iranienne » d’Europe 1 (ô Bolloré !), Sarah Doraghi, qui ne laisse passer que des saloperies entre ses dents du bonheur

On fait venir sur les plateaux-télé des bourgeoises iraniennes qui se sont barrées au début des années 80, et qui viennent ici encourager Israël à les débarrasser des vilains mollahs de là-bas… Facile ! Farsile ! Et quelle grossièreté : on ne les a pas vues, celles-là, protester contre les frappes d’Israël sur la Palestine pendant 20 mois, elles n’en avaient rien à foutre… Quel opportunisme dégueu ! Incapables de changer tout seuls de système politique, comme l’on fait, et sans l’aide de personne, les Tunisiens en 2011, et comme auraient pu faire les Syriens si Bachar n’avait pas sollicité l’aide, le salaud, des Iraniens justement… Et vous savez qui les Iraniens planqués en Occident rêvent de voir revenir à la place des ayatollahs ? Reza Pahlavi, le vieux fils du Shah ! Oui, cette tête de poisson pourri jusqu’aux arêtes ! Et après, on dit que l’arrivée de Khomeini en 78, ç’a été un « retour au Moyen Âge » ?  Un Pahlavi sur le trône de Téhéran : en voilà un, de retour en arrière… L’Iran du Shah, c’était déjà le Moyen Âge, contrairement à ce qu’on croit, même s’il avait l’air super civilisé, gominé en costard, à l’américaine et en paix avec Israël… La Savak, ça valait les Bassidji, croyez-moi ! C’est ça qu’ils reveulent, les Iraniens ? Renouer avec leur soumission judéo-yankee ? Encore une fois, on est dans la binarité : comme s’il n’y avait que deux solutions : la religion d’une République islamique au pouvoir avec ses gardiens de la révolution, ses voilées et ses pendaisons d’opposants ; ou bien une autre religion, soi-disant démocratique celle-là, mais axée exclusivement sur l’américanisation libérale à l’occidentale, alignée de force sur un modèle qui est déjà un désastre partout dans le monde, et qui ne ferait que finir de détruire la civilisation perse. Car si Israël arrivait à ses fins, c’est toute la Perse qui serait, par reconnaissance obligatoire, à jamais israélisée de force… La fin du régime théocratique islamique entraînera aussi la fin de l’histoire ancestrale de la Perse. Pour finir, les chialeuses chiites ne voient même pas que ce qui anime Netanyahou, c’est la revanche d’Israël sur Nabuchodonosor (II, évidemment)… Il est évident que ce malade moral veut détruire Téhéran comme Nabuchodonosor en 587/586 av. J.-C. avait détruit Jérusalem, capitale du royaume de Juda, et qu’il désire de toutes ses forces dézinguer au plus vite Natanz, le plus grand site d’enrichissement d’uranium iranien comme Nabucco avait détruit le Temple de Salomon !

Sur le nucléaire. Savoir, avant de parler, que le programme nucléaire est né sous le Shah ; ça n’a rien à voir avec les mollahs. D’ailleurs, en revenant chez lui pour prendre le pouvoir, Khomeini l’avait stoppé net ; ce sont les imams suivants qui l’ont repris, après la guerre contre l’Irak (1980-1988) où, rappelons-le, tout l’Occident était derrière Saddam (jusqu’à être à 2 doigts de lui filer la bombe), par volonté légitime de dissuasion défensive. Les Iraniens avaient signé avec Obama en 2015 un traité de non-prolifération, ils avaient accepté d’enrichir l’uranium jusqu’à un certain niveau (3,7%.), et en échange les USA avaient levé les sanctions qu’ils subissaient. 11 rapports de l’ONU confirment que l’Iran a respecté cet accord et que c’est Trump qui en est sorti en mai 2018, par anti-obamisme et, par démagogie antidémocrate, pour être sûr d’être réélu. Mettez-vous à la place des Iraniens trahis soudain par un nouveau coup de pute de Trump qui casse le deal et rétablit les sanctions ! C’est là que, par représailles, l’Iran est monté en secret de 3,7% à 60% ; ils sont même soupçonnés aujourd’hui d’avoir atteint 90%. Un petit coup de Mossad infiltré là-dessus (ou plutôt là-dessous), une alerte donnée il y a une semaine, et ce fut l’attaque de Netanyahou. C’est si simple, la géopolitique ! Il suffit juste de ne pas être complotiste mais lucide sur les enjeux réels et psychologiques des protagonistes… Par exemple, Trump, qui s’est tâté avant d’intervenir dans la guerre en cours Iran / Israël, a ruminé dix jours dans sa Situation Room, parce qu’il savait très bien que tout ça c’était un peu sa faute, et aussi parce qu’il n’a, au fond, aucune envie de soutenir Israël… Sauf qu’en surprise, un dimanche matin, juste avant que je ne boucle cette Feuille, Donald le connard se décide à rallier Israël et à bombarder l’Iran ! Ça y est ! Oh, la gaffe ! Il  a eu à l’évidence la pression d’Israël et des Juifs d’Amérique, mais la raison réelle, « psychologique » comme je dis, de son implication, c’est que Trump voyait Netanyahou lui voler la vedette en tant que libérateur blanc en chef des vilains métèques. Et hop ! Go, les bombardiers furtifs B-2 Spirit pour larguer des bombes anti-bunker GBU-57 de 13 tonnes, bien dures pour s’enfoncer jusqu’à 60 mètres de profondeur dans la chatte des chaque site nucléaire avant d’exploser de jouissance dedans, et espérer ainsi donner naissance à un monde meilleur !… Natanz, Fondo et Ispahan ont été touchés… Oui, Ispahan, rien que ça…

Qui veut venir avec moi voir à Ispahan la saison des roses, consente au danger des chevauchées par les sentiers mauvais où les bêtes tombent, et à la promiscuité des caravansérails où l’on dort entassés dans une niche de terre battue, parmi les mouches et la vermine. Qui veut venir avec moi voir Ispahan sous le beau ciel de mai, se prépare à de longues marches, au brûlant soleil, dans le vent âpre et froid des altitudes extrêmes, à travers ces plateaux d’Asie, les plus élevés et les plus vastes du monde, qui furent le berceau des humanités, mais sont devenus aujourd’hui des déserts. Qui veut venir avec moi voir la saison des roses à Ispahan, s’attende à d’interminables plaines, aussi haut montées que les sommets des Alpes, tapissées d’herbes rases et d’étranges fleurettes pâles, où à peine de loin en loin surgira quelque village en terre d’un gris tourterelle, avec sa petite mosquée croulante, au dôme plus adorablement bleu qu’une turquoise ; qui veut me suivre, se résigne à beaucoup de jours passés dans les solitudes, dans la monotonie et les mirages…

Pierre Loti

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°24 – 16 juin 2025

Flottille (suite). Dans la nuit du dimanche de la Pentecôte, l’alerte est donnée, des drones de Tsahal balancent sur le bateau de la peinture blanche. Rima Hassan fait son dernier tweet à son public, elle veut de la mobilisation, encore des manifs, encore et encore, c’est toute la misère du militantisme… Rima est là, sur son bateau foutu et souillé comme par du sperme juif, et elle demande à ce qu’on fasse une veillée à République ! Ce 9 juin, les membres de l’équipage sont tous arrêtés par des militaires israéliens qui de leurs zodiacs montent à bord. « Un crime de guerre est en train de se produire ! » dit le Brésilien qui soudain a avalé son white smile : fini les prêches pour la non-violence, la justice, la générosité, lui qui concluait chacun de ses TikToks par « plein de câlins » (sic) à tous les soutiens de la Flottille !… Rima filme encore ce qu’elle peut, un de ses potes rigole, elle lui dit « arrête, c’est pas drôle, je suis en live », puis elle jette comme les autres son téléphone à l’eau. Après (et c’est Israël qui a diffusé ses propres images), on les voit tous réunis sur le pont, bien sagement, en gilets de sauvetage orange ; les soldats leur distribuent des bouteilles d’eau et des sandwiches… Rima affiche un grand sourire à ses ennemis pour copier Larbi Ben M’hidi (sauf que lui c’était juste avant son exécution). C’est le seul moment, de tout le voyage, où Rima a été un peu sexy, ou du moins excitée par les (jeunes) soldats : d’abord parce que c’est eux qui la filment ; ensuite, parce que la situation se corse, enfin parce qu’elle les a trouvés mignons et sympas… Elle refuse le sandwich bien sûr (empoisonné ?), alors que ses collègues prennent bien volontiers tout ce que Tsahal leur donne pour le mettre dans leurs sacs, les morfales…. Greta Thunberg, à côté d’elle, en grenouille coiffée d’un bob vert, refuse également le sandwich, mais parce qu’elle est végan et que c’est au pastrami… Ah, on est loin des humanitaires d’une autre flottille, une vraie celle-là, en 2010, partie de Chypre, 700 personnes de 50 nationalités sur 6 navires bourrés de provisions pour les Gazaouis. Arraisonnés également par les Israéliens, les pirates du Mavi Marmara (bateau turc) s’étaient défendus, eux. Résultat = 9 morts parmi ceux-là (j’ai analysé tout ça dans mes Porcs 1, chapitre CCCVI, page 956-957). Je sais : ça n’a servi à rien non plus : pendant quelques jours, on a tancé Israël puis les bombardements ont repris sur Gaza, mais au moins, ça avait une autre gueule… Regardez-moi tous ces pseudos insoumis qui prônent la Révolution alors qu’ils ne sont même pas capables d’une simple révolte… Rima Hassan n’a pas arrêté jusqu’à la dernière minute de dire qu’elle était prête à mourir et que si ça arrivait, elle aurait fait sa « part », et qu’elle lutterait jusqu’au bout, qu’elle atteindrait sa terre palestinienne et gnagnagna. Et ? Et, rien. Je vous l’avais dit que ça pouvait finir en eau de boudin, en eaux territoriales ou internationales de boudin même ! C’est la rafle du Madleen, tout le monde les mains en l’air, direction Ashdod. Flottille / pacotille, ça rime, ou plutôt ça rima car c’est bien fini maintenant. Rideau. Si ça, c’est pas un échec !

Caravan. Pendant ce temps, au même moment, s’élance de Tunis une immense caravane direction Gaza pour aider et secourir les survivants du massacre. La caravane « Al-Soumoud » elle s’appelle ! La Caravane de la TénacitéÇa, c’est biblique ! Une longue colonne de 7000 personnes au départ (dont des médecins, des avocats, des reporters, des ouvriers et des gros bras), principalement des Tunisiens mélangés de Mauritaniens, Marocains, Algériens et Libyens, prêts à en découdre… La caravane, partie de l’avenue de Bourguiba dès le 9 juin (preuve que ça n’a pas été inspiré par la « Flottille de la liberté », car c’était prévu et préparé bien avant) a longé toute la côte, à des centaines de voitures, de camions, de bus, de charrettes, pourquoi pas de vélos, de trottinettes (dommage, pas de chameaux)… Un vrai dessin de Dubout ! Ils vont tous atteindre Tripoli et traverseront ensuite une partie du désert et l’Égypte pour arriver à Rafah, le point le plus proche de Gaza. C’est ce verrou-là qu’ils vont essayer de forcer. C’est ce blocus-là qu’il faut briser. Attention, la caravane tenace ne doit pas être confondue avec la « Marche pacifique pour la paix » : ça, c’est des tocards venus en avion directement en Égypte, débarquant au Caire pour faire un énième sitting citoyen sur place, et qui ne donnera rien : d’ailleurs, le président égyptien Sissi, vautré comme une peau de bête au pied du lit de Netanyahou, a déjà réprimé les marcheurs à coups de matraques, de savatages, tabassages, refoulements, interpellations en tous genres, séquestrations, confiscations de passeports, expulsions d’une brutalité pharaonique (on connaît le degré de collaboration des gouvernements égyptiens successifs depuis Nasser)… Qu’est-ce qu’ils croyaient, les « pacifiques »  ? Qu’ils seraient bien reçus, avec des fleurs et que l’Égypte allait mettre en péril ses relations avec Israël pour laisser passer une bande de charclos qui viennent sur le terrain pour se donner une bonne conscience ? Certains, en plus, attendaient la caravane pour se fondre en elle ; c’est eux qui ont été le plus cognés. Vous pensez bien que si Sissi avait voulu ne serait-ce qu’entrouvrir les portes de Rafah pour laisser passer les convois, il l’aurait fait depuis longtemps. Rien à attendre des Arabes envers d’autres Arabes (c’est pas nouveau). Moi, je garde l’œil sur la Caravane. Wallou à l’horizon sableux… Pour l’instant, elle est bloquée avant Syrte, en Libye… Je peux toujours rêver qu’elle avance et qu’elle ouvre moïsement les eaux de la mer rouge qui bouillonne depuis le 7-Octobre !… Que dis-je « les eaux », les flots de sang ! Et qu’elle passe, entre deux murs de ce sang jaillissant des plaies, pas d’Égypte, mais des martyrs de Gaza ! Oui, que la caravane Al-Soumoud entre royalement en Palestine pour écraser le serpent hébreu ! Et tout ça en musique, sur le Caravan de Duke Ellington et Juan Tizol !

Flottille (suite). Et voici les flottilleurs de la liberté perdue qui flottent désormais dans un bocal, comme des cornichons d’Israël… Tous en prison, à Givon ! On les amène direct dans une salle de projection pour voir le film du « pogrom » du Hamas (la chance ! depuis le temps que moi je veux le voir) : sans surprise, la bande à Rima refuse et ferme les yeux ; tous des lâches… L’idée des Israéliens (pas si cons), c’est de ne pas en faire des martyrs : il suffit juste que les « otages » signent un papier où ils confirment qu’ils ont été arrêtés dans des eaux territoriales appartenant à Israël, et c’est bon, ils peuvent repartir chez eux. Greta Thunberg signe et on la voit le lendemain, toute renfrognée, ruminant son bilan carbone comme un chewing-gum, au fond d’un avion pour Paris… Et qui est à quelques sièges d’elle ? Ari Abitan, mais oui, ô hasard ! Si grillé en France à cause de son affaire de viol qu’il ne peut aller se donner en spectacle qu’à Tel-Aviv… Et moi qui avais imaginé dans ma Feuille précédente une scène de sodomie de Greta par les migrants recueillis soudanais, la voici presque réaliste, avec un Abitan ne résistant pas à entraîner dans les toilettes la gamine suédoise écolo pour lui faire sauter sa petite rondelle de saucisson vegan ! « Sorry… Ç’a été plus fort que moi… » dirait Ari en riant. Mais non, tout va bien : Greta rentrera en Suède, elle n’aura jamais autant pris l’avion de sa vie ! Les autres restent en geôle en Israël, à part deux blondinets dont le médecin marseillais toujours mal réveillé, avec son tatouage PEACE sur le bras, et qui a accepté l’expulsion « pour des raisons familiales » (ah, la famille, c’est sacré…) ! Celle qui n’a pas signé, c’est Rima bien sûr : elle ne veut pas car le bateau a été arrêté dans des eaux internationales, elle y tient (quelle différence ? pourquoi s’accrocher encore à des questions de « droit international », de « violations » de la loi, puisqu’Israël fait ce qu’il veut et n’observe aucune loi à part la sienne ?).

Rima n’aura jamais touché Gaza, mais Givon, si ! Et ça l’enchante. D’ailleurs, ça se voit trop qu’elle veut rester encore un peu pour faire sa Mandela (Mandelette), elle gratte sur le mur de sa cellule « Free Palestine » (quelle audace !) avec le coin d’une plaquette de médicaments usagée, on la fout à l’isolement, elle entame une grève de la faim qui aura duré une demi-matinée, et elle finit par monter dans l’avion, comme tout le monde… Drôlement soumise, cette insoumise ; à l’entendre, elle allait résister jusqu’au bout, se laisser crever pendant des mois s’il le fallait, des années, comme ses frères, les milliers de Palestiniens retenus en prison arbitrairement et maltraités à mort depuis des décennies… N’est-ce pas outrageant pour eux d’avoir cédé pour pouvoir regagner au plus vite Paris saine et sauve, et jouir de son triomphe de petite branleuse dans le vide ? En plus, elle aura fini par le manger, son sandwich casher, à l’aéroport Ben Gourion, en attendant le décollage de son vol pour Roissy. Un smartphoneur l’a gaulée en plein croc… Vol qui s’est mal passé d’ailleurs : les passagers, et les passagères surtout, voulaient la cogner, elle a dû se réfugier dans les toilettes (elle aussi, mais sans Ari !)… À la sortie du Terminal, en franchissant les portillons, on a vu des Juifs, après avoir récupéré leurs valises, insulter en passant les pékins venus attendre leur idole Rima, ils leur ont fait des doigts d’honneur ou dansaient par arrogance en arborant un drapeau israélien, notamment une bourge germanopratine, Alexandra Sofjer, complètement hystérique d’avoir, par ses crachats, forcé la Rima à passer tout le vol calfeutrée dans ses chiottes.

Réactions juives. Le pire du pire, c’est que toute cette mascarade flottillesque, cette barcarole du rêve qui n’a même pas tourné au cauchemar, avec comme figure de proue, Rima 1ère, reine de Palestine, en tee-shirt « Liberté-Egalité-Keffiyé » (sic), donne raison aux plus infects sionistes convaincus qui semblent — avec moi — être les seuls à avoir vu juste… Simon Moos : « Rima Hassan entame ce soir ‘‘une grève de la faim’’ alors qu’elle sera rapatriée demain matin. En français on appelle ça un jeûne intermittent. ». Jérémy Benhaïm : « Rima Hassan, premier ‘‘kidnapping’’ de l’histoire où la victime connaît l’heure, le lieu et l’auteur. Elle y va quand même, mais une fois kidnappée, elle ne veut pas rentrer. Respect. »… Et même Patrick Klugman : « La flottille vers Gaza est la plus grande supercherie politique depuis l’incendie du REICHSTAG. Cette embarcation n’a jamais prévu et n’aurait jamais pu ramener autre chose que des posts et des likes au détriment de l’aide humanitaire qui doit rentrer à Gaza (par la voie terrestre au passage). Cette comédie dramatique se moque de la cause qu’elle prétend servir et des Gazaouis. Le scandale qu’ils ont créé de toute pièce est le seul et véritable scandale de cette affaire et il n’est pas mince. ».

Flottille (suite et fin). Et voilà la Rima à République… À défaut d’avoir été une martyre, elle est devenue une héroïne. Le tour de passe-passe est bien joué ! Elle atteint la Place noire de sous-monde de branques braillards et de gueux beurs, attifée d’un survet’ gris et de sandales vertes, coiffée de son sempiternel keffieh, et brandissant un drapeau pales’ of course, en triomphatrice, alors qu’elle a tout raté, en conquérante alors qu’elle n’a rien conquis, mais personne ne le voit… Cessité générale ! Moi, ça m’a rappelé Édouard Daladier qui, revenu de Munich en 1938, avait été acclamé par la foule comme le sauveur de la paix, alors qu’il venait de se faire enculer par Hitler ; il avait même murmuré, entre ses dents, voyant sa multitude de fans à l’aéroport du Bourget : « Ah, les cons ! ». Rima Hassan, c’est Daladière 2025 !… Sauf qu’elle est tellement con elle-même que ça m’étonnerait qu’elle méprise son public de gogos à sacs à dos et de profs bobos de merde qui la prennent pour une star. Le cynisme serait sa seule excuse. Quand on pense qu’au Parlement, on l’avait vue échanger des chuchotements souriants avec Yahya Sinouar… Contrairement à ce que tout le monde peut croire, il ne serait pas fier d’elle, ce soir du 12 juin, à République, Sinouar, le cygne noir de la Cause, lui qui est mort au combat, debout à Gaza (enfin, assis sur un fauteuil), seul au milieu d’un champ de ruines… On remet des fleurs à Rima, des branches d’olivier, et un tableau nul censé la représenter (encore du symbole, toujours du symbole) ; elle parle au micro, elle proclame qu’un nouveau bateau est prêt à repartir pour les eaux gazeuses. Évidemment, pas un mot sur la caravane Al-Soumoud… Elle est même présentée comme un modèle pour les futures petites filles par un Mélenchon plus vulgaire que jamais qui osera tweeter un pur rot sacrilège : « Rima à Paris, c’est le retour de Victor Hugo de Guernesez » ! Faire d’un échec un triomphe, c’est par là aussi que passe le conspirationnisme. Et derrière elle, toute la clique : David Guiliguiliguiraud, Danièle Bonobo, Éfric Coquerelle, Louis Beaufyard, tous en écharpe tricolore, encadrant Jean-Cul Méchanchon (il a éloigné un peu de lui sa Chikirou qui, à l’autre bout de la tribune, ne filme pas Rima-la-rivale, mais la foule)… Trois absents chez les LFIstes : Caron, Panot, Bompard… Par les voix de castrés des deux dadais libérés qui faisaient partie du crew cucul, et qui ne parlent que d’« amour » (au secours), on apprend quelques détails sur l’arraisonnement des « kidnappés » : les soldats de Tsahal ont dormi dans leurs cabines, après les avoir laissés sur le pont finir leur nuit sans couverture (brrrr…), et après avoir arraché (ouille !) le drapeau palestinien qui flottait fièrement au mat de leur beau bateau qu’ils aimaient tant… Au fait, personne ne parle du bateau : qu’est-ce qu’il va devenir, les Israéliens vont-ils le couler ou le revendre ? Ça, les héros de la Palestine n’en ont rien à foutre ! Rima, couverte de cadeaux, envoie des baisers, se fait couler un bain de foule sur fond de rap engagé et de selfies en veux-tu en voilées, avec des « V » de victoire plein les doigts aux ongles faits… C’est la fiesta finale vulgos de gauche ! Rima nous précise que le jogging qu’elle porte est la tenue de prisonnière qu’on lui a imposée lors de sa mini-détention. Ça lui suffit sans doute pour se prendre pour Leila Khaled, Djamila Bouhired, Djamila Boupacha, Samia Lakhadari (toutes guerrières algériennes), ou pour les Palestiniennes Dalal Mughrabi, et plus récemment Ahed Tamimi, qui, à seize ans, avait giflé deux militaires israéliens, ou alors Wafa Idriss, la première femme kamikaze en Palestine, ou encore Malak Salma (17 ans) qui avait poignardé une femme soldat au check-point de Qalandya… L’Histoire du combat pro-palestinien regorge encore aujourd’hui de vraies résistantes condamnées à de la ferme et longue prison : Majd Yousif Atwan (23 ans), Dounia Ali Musleh (19 ans), Sama Dweik, (25 ans)… En voilà, des héroïnes ! Rima Hassan n’a pas honte ? Je suis sûr que madame la députée de cette Europe complice du « génocide », ne connaît même pas leurs noms, ni leur existence, ni leurs actions, à ces grandes Arabes… Avec son humanitarisme en carton-pâteux, son faux romantisme en papier crépon, Rima ne se rend pas compte que sa petite escapade flotteuse et buzzique ne peut que faire rire quand on est au courant des choses. Ce n’est plus Rima Hassan, c’est Risée Hassan !

Breaking news.
— Israël vient d’attaquer l’Iran !
— Ils ont le droit de se défendre…
— C’est vrai. En plus, l’Iran n’a rien fait.
— Non, je parle d’Israël.
— Mais c’est lui qui a attaqué ! C’est à l’Iran de se défendre, non ?
— Non, même quand il attaque, Israël se défend. C’est son droit.
— Ah bon, c’est nouveau. Et depuis quand ?
— C’est pas nouveau chez les Juifs, ça fait 4000 ans que ça dure.
— Et qui leur donne ce droit de se défendre en attaquant ?
— Ceux qui ont peur d’être démasqués comme ayant horreur de les défendre, mais qui le font quand même pour ne pas se faire attaquer.
— C’est-à-dire ?
— Le monde entier.

Vous m’offrez la cité, je préfère les bois ;
Car je trouve, voyant les hommes que vous êtes,
Plus de cœur aux rochers, moins de bêtise aux bêtes.  

Victor Hugo

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°23 – 09 juin 2025

Avec sa flottille de la connerie, Rima Hassan a fait plus de mal au combat pro-palestinien contre Israël en quelques jours de navigation ridicule sur son Madleen que tous ses potes de La France Insoumise qui n’arrêtent pas de multiplier depuis un an et demi les tweets et les allocutions indignés pour faire entrer le plus possible de futurs bulletins en leur faveur dans les urnes de 2027… Il fallait le faire ! Pourquoi ? Parce que Rima a ouvert, encore plus largement qu’elles ne l’étaient déjà, les vannes de saloperies venues de sionistes, de franchouillards et autres droithaters anti-« gauchiasses » et anti-Hamas, et même de « pro-pals » sincères mais circonspects sur l’efficacité de l’entreprise, sans parler des éditorialoïdes médiateux qui se sont tus pendant 19 mois sur les bombardements de Tsahal et qui maintenant s’expriment mais uniquement sur la vacuité spectaculaire de sa croisière. Tous sont trop contents de jeter avec Rima, petit bébé emmitouflé dans son keffieh, l’eau du bain de sang de Gaza… Ah, l’éventail est large pour faire du vent mauvais au petit bateau qui se dirige droit dans le mur ! Le mur des lamentations tardives…  Car, il ne sera plus temps de pleurer, après. En croyant être dans le vrai, Rima a tout faux : à cause d’elle désormais la Cause pour la Palestine prête le flanc à la moquerie généralisée. Ce voyage, au bout, nuit. On ne peut que se foutre de la gueule de Rima Hassan quand on voit son équipée branquignolesque de « pirates », de « rebelles » au cœur gros comme ça, autant de chevaliers desservant Gaza, de romantico-babas marins d’eau tiède comme de la pisse, comme ce journaleux d’Al-Jazira et celui de Blast (sic). Il devait même y avoir Liam Cunningham qui est venu les accompagner jusqu’à l’embarcadère en Sicile avant le départ du 1er juin ! L’acteur irlandais voulait être dans le Game mais quand il vu le trône des petites toilettes de cabine où il serait obligé de s’assoir pour chier sa peur de mourir au ventre, il a jeté l’éponge qui lui sert de foie ! Il y a aussi un Brésilien BG barbu pro-Chiite qui joue de la guitare-sérénade sur le pont avant la sieste, crapuleuse qui sait ? En tout cas, si Rima doit se taper avec un type sur le bateau, c’est lui, elle va pas coucher avec un Arabe, madame ! D’ailleurs là, sur les images des réseaux, on a bien vu qu’elle n’avait pas de corps finalement, la Rima… Exactement comme Greta Thunberg, c’est des gosses sur le plan féminin… Car la jeune vieille star de l’Écologie est sur le ship, oui, Thunberg en personne, toujours affligée sur sa figure d’un faux air de mongolienne bloquée à jamais juste avant sa puberté. On les a tous vus à l’oeuvre sur l’Instagram et les TikToks de Rima (il n’y a pas que moi, hélas, qui fais des TikToks !)… C’est entre le monôme d’étudiants et la colonie de vacances ! Chacun son tour à la cuistance ! On a vu la Hassan, s’intronisant elle-même « influenceuse cuisine ! », dans la kitchenette tanguante du Madleen, en train de découper des petits morceaux d’ail à faire revenir dans sa casserole pour concocter des pâtes à l’ail (quelle horreur !), et un autre soir, ce sera dîner à la turque puisqu’on flotte désormais sur la mer Égée… Ou alors en pleine nuit, pendant son tour de garde, surveillant le ciel, paniquée car n’identifiant pas un drone grec qui les survolait, alors que c’est tout à fait normal qu’un bateau étranger avançant dans les eaux de l’Égée soit droné ainsi. Mais dans sa petite tête enturbannée de son keffieh, tout drone est forcément israélien… Au passage, je n’ai jamais aimé ni porté un keffieh, mais désormais, c’est devenu un tel drapeau qu’il me donne la gerbe, sinon le mal de mer : le keffieh est devenu la pièce à frotter pour éponger la bien-pensance. Au fond, seuls les abrutis Beurs mélenchonistes ne peuvent qu’applaudir cette contre-croisade faussement donquichottesque ; Rima est si bête qu’elle ne s’aperçoit pas qu’elle n’est que de la matière arabe à moudre dans le moulin à kâfir du gros Jean-Luc, cet homme au sourire si faux qu’elle vouvoie par respect, tout émoustillée d’être enfin prise pour une députée plutôt que pour une des putes de son entourage (j’aimerais bien savoir ce que Sophia Chikirou en pense…). On a appris pour l’occasion que d’autres militants de LFI avaient été pressentis pour monter avec les autres « activistes pacifiques » dans le vaisseau de fantômes de  Rima, mais c’était complet, et Alma Dufour, trop grosse pour embarquer, a dû être écartée pour risque de sombrage… Évidemment, ça ne pouvait qu’enchanter les antiracistes (tu parles !) de l’extrême-gaugauche de voir, au bout de trois jours de traversée, Rima Hassan repêcher au large de la Crète quatre Noirs migrants qui, de leur pneumatique en détresse, s’étaient jetés à l’eau pour fuir le bateau libyen qui était en train de les récupérer afin de les faire retourner au bercail esclavagiste. Hélas, les flottilleurs de la liberté s’en sont vite débarrassés via un Frontex grec… Quel dommage de ne pas les avoir gardés avec eux !  En imaginant ces quatre passagers de plus à bord du Madleen, il y aurait une nouvelle à faire, à la Benito Cereno… Je vois ça d’ici : les Noirs embarqués dans la mission Rima-Greta prennent le pouvoir du bateau et se comportent comme des racailles telles que les fantasme Cnews, au point que très vite, les migrants en arrivent à violer les filles de la flottille, Rima en tête, se dépatouillant (mal) des pattes de deux Soudanais l’ayant bâillonnée au préalable avec son keffieh pour la faire passer sans cris à la casserole des derniers outrages… Après avoir jeté à l’eau le Brésilien et sa guitare à la con, les deux autres rescapés s’occuperaient alors de la Thunberg en l’enculant à tour de rôle sur le pont ; un des Africains surtout, y mettant plus de cœur que les trois autres car les trisomiques blanches écolos excitent les Soudanais, comme chacun ne le sait pas assez… Tout ça bien sûr survolé par des milliers de drones juifs voyeurs, n’arrêtant pas de tournoyer, comme des mouettes en érection, dans le ciel crétois autour du bateau en partouze pour Gaza !

Arrêtons de rêver et poursuivons l’aventure de la « Flottille de la liberté » qui va occuper toute cette Feuille, je le crains tant il y a à dire… L’analyse du dénouement, ce sera pour la semaine prochaine. Par son geste qu’elle qualifie elle-même de « symbolique », cette imbécile prétentieuse de Rima Hassan qui se rêvasse comme une passionaria intouchable par son immunité non parlementaire mais médiatique, démontre qu’elle n’a rien compris à la tragédie de la bande de Gaza qui est tellement gigantesque que toute indignation, même suivie d’un geste symbolique, devient une sorte d’outrage… Quoi de plus inutile, en effet, que de faire dans le symbole ? C’était bien la peine de se foutre de la gueule de Bernard Kouchner parce qu’il portait sur son épaule un sac de riz à donner aux Somaliens en 1992 … Le French Doctor sans frontières a été le sujet de railleries pendant des années en tant que bien-pensant mitterrandien, mais qu’est-ce que Rima fait d’autre ? Elle aussi apporte un sac de riz, pas sur l’épaule, mais dans la cale de son il était un petit navire, et avec un autre de farine, du lait en poudre, et des couches pour bébés alors qu’il n’y a plus de bébés à Gaza, sauf morts… Comme quoi, tous les biens pensants finissent toujours par se ressembler. « C’est le geste qui compte » ? Mais aucun geste ne compte ; ce qui compte, c’est l’acte ; pas le geste ; le geste est du côté de la parole ; l’acte, de celui du verbe qui se fait chair (à creuser)… Au moins, les dockers de Marseille, eux, ont fait un acte à Fos-sur-Mer en refusant radicalement d’embarquer des conteneurs bourrés de matériel militaire (14 tonnes, 19 palettes) vendu par ce vendu de Macron, et qui devait être acheminé en loucedé par un cargo jusqu’à Haïfa pour que Netanyahou les réceptionne et puisse augmenter sa capacité de massacrer plus de Gazaouis encore. Ça, c’est du concret ! Et, contrairement aux frimousses self-instagramisées nuit et jour des navigateurs de la Freedom Flottilla, on ne connaît ni les noms ni les figures de ces Marseillais cohérents et efficaces. Dommage. Eux sont de vrais résistants. C’est à la source du Mal qu’il faut remonter, et non naviguer vers lui en se réclamant du Bien.

La démarche de Rima est à la fois impolitique et immorale. C’est immoral de louer un superbe voilier pour se montrer en train de tenter de se rendre auprès de Palestiniens sanguinolant, tout en sachant que même si elle arrivait à destination, elle ne pourrait rien faire pour eux ; et ce n’est pas politique dans la mesure où c’est guidé par un esprit de militantisme, et l’un des pires du pays avec celui du RN, qui est celui de La France Insoumise dont on peut être certain de l’insincérité absolue dans toutes ses prises de position pseudo-pro-arabes. Le comble, c’est que par son initiative personnelle, égoïste et vaine, Rima Hassan a ramené la tragédie gazaouie au deuxième plan… Pire, elle l’a fait oublier ! Tous les yeux sont désormais fixés sur cet esquif poussif de mollassons narcissiques et débiles… Elle obture la fenêtre de tir contre Israël ! Elle favorise même le bobard qui tend à faire croire qu’il s’agit d’un problème humanitaire, alors qu’il est purement militaire. Si toutes les armées des gouvernements soi-disant révoltés par la situation envoyaient leurs troupes en masse sur le terrain à Gaza, à la tchétchène je dirais, pour qu’elles se postent à chaque coin de ruines pour sniper les snipers tsahaliens, déjà ça changerait la donne, plutôt que d’apporter trois sacs de Tucs, de Pringles, de Granolas et cinq bouteilles d’Oasis framboise-pomme-cassis à des bouts d’enfants déchiquetés introuvables sous les décombres… Moi, c’est pas le côté « buzz » que je reproche à Rima comme le font les beaufs envieux et les salopes jalouses, c’est qu’il y a un gap trop vertigineux entre la légèreté de la croisière qui se fait passer pour une croisade, et qui sera vouée à l’échec, et les véritables crimes horribles de guerre pas contre l’humanité, mais contre Dieu, qu’il faudrait absolument punir d’une façon violentissime !

Plus le bateau s’approche de la côte palestinienne, plus ça devient chaud… Rima multiplie les appels à la com. internationale pour réagir contre les menaces d’Israël qui ne veut pas les laisser approcher plus avant, et aussi les similis-supplications pour qu’on assure une protection mondiale sur sa petite personne et celles de ses poteaux du bateau… Le cynique chialeur Mélenchon demande « une intervention de notre Marine nationale pour faire respecter le droit international » (ils le font exprès ou quoi de ne pas saisir qu’il n’y a plus de droit international ?) ! Je n’appelle pas ça, une attitude responsable et courageuse, encore moins digne d’une kamikaze. Les kamikazes, c’était pas ça, aussi bien ceux, japonais, qui fonçaient en avion sur les navires américains dans le Pacifique pendant la Seconde guerre mondiale que ceux, saoudiens, s’encastrant dans les tours de Manhattan en 2001. On est au mieux dans un masochisme sacrificiel de bas-étage et concon pour des prunes. La balade méditerranéenne désespérée pour se jeter dans la gueule du loup juif n’a rien non plus d’un « suicide ». Son naufrage intime, c’est plutôt de s’être montrée enfin (on s’en doutait) comme ce qu’elle est : une petite militante sans envergure de Niort, narcissique, gnan-gnan, et en plus pas claire du tout sur ses origines et le rôle de son père soi-disant uniquement  « mécano » dans l’armée de l’air sous Hafez el-Assad… On se demande du coup si ce n’est pas lié au fait que Rima Hassan a toujours fermé sa gueule sur Bachar al-Assad, comme 9 pro-palestiniens sur 10, par anti-impérialisme tiers-mondiste et conspirationisme binaire. Au fond, elle est comme sa copine Bouteldja qui en était arrivée à nier que Bachar avait utilisé l’arme chimique en 2013 ! Nous creuserons tout ça dans Les Porcs 3… Houria, autre queen autoproclamée de la cause palestinienne (très bon et juteux combat indigéniste), a toujours protégé Bachar, « rempart » à la fois contre l’Occident et contre le terrorisme, au nom de la souveraineté d’un État attaqué… Truisme dégueu et touillé derrière elles deux par tous les rabzouilles et tarlouzes de « Parole d’honneur » et par les brutes épaisses de La France Insoumise. C’est facile de pleurer, que ce soit dans un bar à chicha ou à la proue d’un bateau de plaisance, sur les 50 000 morts tués par Israël à Gaza quand on n’a surtout pas voulu verser une seule larme sur les 500 000 (c’est quand même dix fois plus) Syriens tués aussi et pas par Israël, par leur président-ordure Bachar lui-même ; sans compter les milliers de réfugiés palestiniens affamés et bombardés par Bachar également, et pendant des années (de 2011 à 2018) dans le camp de Yarmouk, banlieue sud de Damas… Je croyais que le sort des Palestiniens importait à Rima où qu’ils se trouvent. En dehors de la bande de Gaza, pas de salut, c’est ça ? Ou plutôt, pas de sauvetage ?… Ce silence de la part des Beurs décoloniaux écolos et LGBT (ô, intersectionnalité !) recouvrant comme du sable le sang des morts syriens et palestiniens qui ont dégouliné pendant près d’une décennie des mains de Bachar et de Poutine vaut bien celui sur les civils tués à Gaza depuis le fameux 7-Octobre ! Cerise sur le radeau de la méduse Rima Hassan : elle n’a pas pu s’empêcher, en pleine traversée Catane-Gaza, de reposter un tweet sur une nouvelle thèse comploto de « Daesh suppôt d’Israël »… Comme une bonne petite soldate du complotisme pas assumé, elle a validé un type qui dit que « Netanyahou a accusé le Hamas d’être un Daesh palestinien et au final, il s’avère que Daesh est l’ennemi du Hamas armé et financé par Israël »… Et récidive, le 6 juin : Rima Hassan, sur son compte X, a sorti deux posts de son cru, osant dire :« Israël soutient et arme Daesh, oh comme c’est étonnant ! » + « Après l’ambassadeur d’Israël en France viendra faire les plateaux pour vous dire qu’Israël combat le terrorisme. Mdr ». Morte de rire, Rima, en ces circonstances ? Selon son habitude, la paranoïa conspie resserre des joints fuyants entre des informations non vérifiées. Comme d’un côté, on a découvert (tu parles !) que la France vendait en cachette des armes à Israël et que de l’autre, Israël a dit qu’il avait abandonné à un djihadiste se réclamant de Daesh quelques kalachs de « terroristes » tombés au combat, cet aveu a été transformé immédiatement par David Guiraud en un Netanyahou fournissant carrément des armes à tout Daesh pour que le mouvement islamiste lutte, pour les beaux yeux d’Israël, contre le Hamas dans l’enclave ruinée (« pour continuer le génocide, Israël arme des groupes djihadistes proches de Daesh opposés au Hamas ») ! Mais non, les Israéliens n’ont évidemment pas armé les ennemis daechiens du Hamas, mais ils ont laissé récupérer des armes sur des soldats du Hamas pour qu’éventuellement des milices Daesh anti-Hamas puissent s’en servir, et même pour qu’ils s’entre-tuent tous, ça c’est sûr ! Mais de là à dénoncer un complot d’Israël en cheville avec Daesh, sûrement pas ! Jamais personne de Daesh n’a fait ni ne fera allégeance à Israël. Et pourtant, la marine Rima tombe dans le panneau ! Et avec elle, les petits TikTokons d’extrême-gauche qui en concluent que les armes de Daech qui ont servi à perpétrer les attentats en 2015 à Paris sont des armes françaises données par Israël aux terroristes ! Après, on se demande pourquoi je lutte contre le complotisme depuis 2006 !

Est-ce que tout cela va se terminer en eau de boudin ou en sang de boudin ?… Trois scénarios possibles : un commando maritime israélien vient intercepter le bateau, l’amène à Ashdod et les 12 apôtres-zozos sont interrogés et emprisonnés (avec traitement spécial pour Rima) avant d’être expulsés d’Israël ; ou alors, un drone ou un avion vient bombarder le Madleen, et ne laisse que des débris et quelques keffiehs flottant à la surface de la mer Méditerranée ; enfin, et c’est évidemment la meilleure solution, et c’est ce que Netanyahou aurait de plus intelligent à faire pour humilier la Flottille, c’est de la forcer à faire demi-tour et l’escorter pacifiquement jusqu’aux eaux qu’Israël ne contrôle plus, et vogue la galère pour un come-back piteux !… Peut-être à ce moment-là se rendra-t-on compte de l’inutilité de ce voyage, puisque tout le monde verra qu’il n’a servi à rien. Ça devrait suffire à faire réfléchir Miss Hassan et ses couillons… Moi, je verrais bien un retour à Catane en Sicile, d’où ils sont partis… Catane, qui leur avait pourtant envoyé un bon signal des dieux en déclenchant une nouvelle éruption impressionnante de l’Etna furieux, le volcan s’étant réveillé juste après le départ de Rima et Greta, le 2 juin…. Elles ont détraqué l’Etna, ces connes ! OK, on peut interpréter ça autrement : même l’Etna se réveille, comme le monde doit se réveiller de sa léthargie face à Gaza et contre Israël ! Une éruption de conscience, une lave morale, qui sait ? Difficile d’être dans la tête d’un volcan… En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ça a montré à la « Flottille de la liberté » ce que c’était qu’un vrai panache… Ah, l’Etna… Tout un souvenir pour moi : on y a grimpé l’été 2010 avec Audrey Vernon, les 3400 m. à pied, jusqu’au cratère d’Empédocle. J’ai même failli y tomber moi aussi, à vouloir mieux regarder l’intérieur, au bord de la bouche, retenu à temps par le guide Pietro… Empédocle, lui, une fois au fond, a vu sa sandale d’airain en être rejetée. De moi, l’Etna n’aurait à coup sûr rien eu à recracher ! Empédocle s’était jeté dedans pour montrer à ses contemporains qu’il n’était pas le dieu qu’ils croyaient ou au contraire qu’il en était un puisqu’il était capable de ce sacrifice… On ne saura jamais ; en tout cas, ce fut une bien belle ascension, cet Etna 2010… Et dire que je n’ai aucune photo de ça !

Jeûnez du mal ! 

Empédocle

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°22 – 02 juin 2025

La tache Gaza. Gaza, désormais, quoi qu’il arrive, est la tache du vingt-et-unième siècle. Inutile d’essayer de se le cacher : on ne cache pas une telle tache. Elle est trop incrustée dans la fibre du Temps. C’était pas la peine d’attendre que l’ambassadeur palestinien à l’ONU pleure à shoahaudes larmes pour en prendre conscience. Il n’y a pas d’ONU, c’est de la merde. Les pays arabes, c’est de la merde. Les pays européens, c’est de la merde. L’Amérique, c’est de la merde. Le monde du premier quart du troisième millénaire aura laissé faire cette ignominie. Il n’y aura eu personne de puissant sur la planète pour s’opposer à un type comme Netanyahou et à son pays pourri, lui faire fermer sa gueule et faire arrêter ce massacre ! Et c’est maintenant qu’elles se réveillent les « bonnes âmes », elles ont attendu que le combat contre Israël pour Gaza se transforme en boboïsme bien-pensant pour prendre position ! Elles se foutent de la gueule de qui, putains ? Il fallait se réveiller tout de suite, quand Tsahal a commencé à bombarder, dès le 7-Octobre ! C’est trop facile de s’indigner aujourd’hui, c’est trop facile et c’est trop tard. 300 écrivains, et parmi les plus mauvais, s’insurgent à contretemps à la une de Libé… Pendant combien de mois journalistes, commentateurs, éditorialistes, intellectuels, historiens, sentant maintenant le vent tourner jusqu’à leurs narines encore hier trop délicates ou trop bouchées pour leur apporter des odeurs de sang et de poudre, et de chair brûlée (chers brulés !), sont-ils restés dans un silence aussi coupable que le bruit que faisaient, en face, ceux qui mettaient médiatiquement en avant le sort des otages avant celui des Palestiniens ? Tous les compatissants de la 25e heure retournent leurs vestes, mais avec difficulté tellement celles-ci sont lourdes comme du plomb durci… En vérité, je vous le dis : Gaza sera la honte du XXIe siècle ! Même si l’Amérique et les médias occidentaux lâchaient soudain Israël ; même si c’était terminé pour ce pays d’usurpateurs et d’assassins ; même si on n’en entendait plus parler et qu’enfin il n’y avait plus d’Israël sur Terre, ça n’enlèverait JAMAIS la tache Gaza…

Le mot gifle était dans l’air (voir Feuille nabienne n° 21 au sujet de Bayrou et de sa fille) ! Voici donc Emmanuel Macron, à la sortie de l’avion qui l’emmenait avec son épouse en visite officielle au Vietnam, surpris en train de se recevoir une « claque », une « baffe », une « beigne », un « taquet », une « tapette » (les réseaux ont tout dit) de la part de sa femme !… En vérité, on a vu les deux mains de Brigitte repousser le visage de son mari avant qu’il s’aperçoive qu’il avait été capté par les caméras, et qu’il masque l’affront conjugal d’un sourire emprunté. La planète entière a été immédiatement inondée de spéculations plus complotardes les unes que les autres : « Elle a frappé son mari ! Macron est un homme battu ! Ils ne s’entendent plus au point qu’elle le castagne, et cela prouve évidemment qu’elle est un homme ! ». Alors qu’à l’évidence, il s’agissait d’un geste typique de femme cherchant à bâillonner son mec pour qu’il arrête de parler, ou qu’il renonce à vouloir l’embrasser pour la calmer… Ensuite, on a vu Brigitte Macron refuser de donner le bras à son président pour descendre la passerelle de l’avion… Re-spéculation. On a déliré également sur une hôtesse qui était pourtant à l’extérieur de l’avion, et qui avait une forme couleur chair et rouge au niveau de l’épaule, comme si sa tenue avait été arrachée et qu’elle avait été mordue jusqu’au sang, certainement par une madame Macron jalouse qui se serait déchaînée contre cette jolie petite Vietnamienne… N’importe quoi ! Quelques gros plans ont suffi pour déterminer que c’était un coin du foulard ocre de son uniforme qu’elle avait coincé sous la bretelle de son gilet jaune de sécurité… Il a fallu ensuite que Macron s’explique, et cadre comme il le pouvait ce complotisme généralisé. Il a utilisé, comme toujours, des mots surannés dont on se demande d’où il les sort… Macron a eu beau nettoyer l’incident en évoquant une « chamaillerie » puis, pour montrer qu’il n’y avait plus de problème, à l’escale suivante à Djakarta, descendre royalement d’un autre avion en toute complicité amoureuse avec Brigitte, rien n’y a fait… Les baltringues ont trouvé quand même que ce mini-tabassage du Président de la République par sa femme abaissait la fonction présidentielle !… Ainsi ont-ils occulté le plus important du voyage des Macron au Vietnam qui a été d’aller au mausolée d’Hô Chi Minh à Hanoï rendre hommage au combattant communiste qui a eu raison des Français militaires et des colons qui occupaient son pays iniquement depuis 80 ans ! Ô Hô ! Gloire au héros de la guerre d’Indépendance de 1945 à 1954 qui les a foutus dehors après des décennies de tortures, de coupages de têtes et de carnageries diverses ! Évidemment, pour les patriotêtards, c’est une trahison de la part de Macron de s’être incliné devant la tombe de celui qui est responsable de la mort de tant de « nos » petits soldats dégommés… Moi, je serais carrément allé à Diên Biên Phu pour fêter la défaite française !… Champagne dans toute la cuvette ! Après avoir traité la colonisation de « crime contre l’humanité » et reçu un autre héros, le Syrien al-Joulani à l’Élysée, Macron est sur la bonne voie (le désaveu total d’Israël, c’est pour quand ?)… Oui, Hô Chi Minh est un héros pour avoir vaincu les Franscailles. Ceux qui sont choqués par le geste de Macron, représentant une France qui s’est comportée comme une énorme dégueulasse en Indochine, ignorent certains points historiques : fin 1947, exactement comme l’avait fait la division Das Reich à Oradour-sur-Glane trois ans avant, les soldats français, dans le village de My Trach ont incendié 326 maisons dans lesquelles 310 civils vietnamiens enfermés ont été cramés. En 48, pareil : le hameau de My Thuy a subi deux attaques par la Marine et l’armée de l’air = 526 morts. Après, ce fut le village de Cat Bay qui a été détruit, toujours par les Français, laissant sur le carreau 178 « Viets », des femmes violées et des gosses jetés au feu… Ça en fait, des 7-Octobre à la suite !  Seulement, ces enculés (je ne parle pas des Vietnamiens bien sûr) de Blancs commencèrent à fatiguer, car à partir de 1950, « l’ennemi » jaune a renforcé ses troupes de plus en plus organisées, et, excellant dans la guérilla, elles se vengèrent des exactions cocoricardes avec une violence et une cruauté tout à fait justifiées ! On entend déjà les orfraies nostalgiques de la Coloniale pousser leurs petits cris, comme pour l’Algérie : « Pas de repentance ! ». C’est pas de la repentance, c’est de la mémoire, guignols ! « L’Union française » a bombardé en Indochine l’équivalent de plusieurs bandes de Gaza, avec une outrance nétanyahouesque avant l’heure, et en plus, aidée logistiquement par les Américains… Ça y allait, le napalm, et de la main poisseuse même de la célèbre (mais pas assez pour ça) rampouille, le général Jean de Lattre de Tassigny ! Rouge sang, le Delta du fleuve Rouge ! Bref, les militaires français on fait exactement ce que Tsahal fait aujourd’hui, c’est-à-dire empêcher des civils de manger, en bombardant tous les silos de riz visibles et en canardant de leurs hélicoptères le plus de buffles possibles qui pataugeaient coolos dans les rizières. Tout massacrer pour affamer la population ! Une autre ordure, le général Lionel-Max Chassin, ne cachait d’ailleurs pas sa stratégie (à la Smotrich) : « Notre but est de faire crever les gens de faim ». Ah, elle nous aura emmenés loin, cette pseudo-gifle de Brigitte Macron à son mari !

Proposition d’une algarade possible de Brigitte Macron à son époux à l’arrivée de leur avion au Vietnam :
 — Dis-donc, Emmanuel, tu te foutrais pas de la gueule de la France en venant ici pour rendre hommage à un petit chinetoque barbichu qui a eu plein de notre sang sur les mains ? Tu vas encore servir aux médias tes carabistouilles, mais ta poudre de perlimpinpin et tes galimatias, très peu pour moi ! En même temps, je m’en bats les couilles de tes Vietnamiens, j’avais pas envie de venir chez ces Asiates qui se sont tiré les flûtes. Il se trouve que j’ai autre chose à foutre, figure-toi ! Déjà, changer de soutif tout le temps sinon on croit que je cherche à cacher mes pectoraux de mec alors que c’est de la pipe… Et aussi trouver un protège-culotte un peu moins épais pour mon incontinence, parce qu’avec celui que j’ai là, on va croire encore que j’ai un paquet dans le slip, et le caramel va encore leur monter à la tête à tous ! Tu t’en fous toi, évidemment, imbécile… Tu trouves ça croquignolesque ?… J’en ai plein le cul de ces Gérard Majax qui me transforment en homme. Ça me fait mal au cul d’entendre tous les jours des mabouls et des fadas raconter des craques… Qu’est-ce que tu attends pour me défendre ? N’oublie pas, mon petit bonhomme, que tu es toujours mon élève et que c’est moi qui t’ai tout appris. Ah, ne m’approche pas ! Arrête de me toucher, tu fais ça avec tout le monde ! Non, je ne veux pas que tu m’embrasses… Tiens, prends ça, imbécile, prends ça ! Dégage, pédé !

Une mort passée quasiment inaperçue : celle du cinéaste-documentariste Marcel Ophuls, à 97 ans. Encore un fils qui a bien niqué son père, comme Sacha Guitry, Buster Keaton, Pablo Picasso, etc. etc., car Max Ophüls — Marcel avait enlevé le tréma du pseudonyme de son papa, comme lors d’une sorte de castration à la Cronos sur la personne sacrée d’Ouranos-Oppenheimer ! — n’était qu’un cinéaste surestimé et adoré des bobos-pensants cinéphiles : Madame de mes deux (1953) est un faux chef d’œuvre et La Ronde (1950), une adaptation honteuse du livre de Schnitzler. Marcel, lui, aura fait au moins un authentique chef-d’œuvre : Le Chagrin et la pitié, interdit à la télé (pardon, à l’ORTF) en 1969 par De Gaulle, et diffusé pour la première fois sur TF1 sous Mitterrand en 81 (20 millions de téléspectateurs), celui-ci tirant la gueule, entre autres, parce que son pote Bousquet apparaissait dedans. Ophuls a montré l’immonde mentalité française pendant l’Occupation dans la ville de Clermont-Ferrand. Un film qui a plus que marqué ma génération et celle de mon père (il m’en parlait souvent) : c’est grâce à ce documentaire-fleuve de plus de 4h que plus tard, Claude Lanzmann fera son Shoah de 9 ! C’est le même principe : interroger sans chagrin et sans pitié des témoins, c’est à dire des martyrs de leur propre bêtise ou de la méchanceté des autres. Ophuls laisse s’épancher les Gaulois veules, les collabos par inconscience ou pas, les tondeurs de femmes fiers ou honteux, et même les anciens jeunes engagés sincèrement dans la Waffen-SS comme Christian de La Mazière, devenu plus tard l’imprésario et l’amant de Dalida, et que mon père (encore lui) voyait souvent au Bilboquet dans les années 70… Bref, le Chagrin a été une leçon de cinéma-réalité plus que vérité, et il fut très mal accueilli par les gaullistes (Simone Veil en tête !) qui le jugèrent « antifrançais », puis par les droitards de tous poils tricolores jusqu’à ceux d’aujourd’hui puisque, évidemment, ce n’est pas C News ou BFMTV qui allaient rendre hommage à un type, fût-il juif, qui salissait la Résistance et révélait, surtout juste après mai 68, que les Français avaient été, entre 40 et 45, tous plus ou moins des anti-juifs allemands !… En plus, Marcel (qui se revendiquait Juif antisioniste) est certainement mort en étant ultra-choqué par ce qui se trépasse aujourd’hui à Gaza. Déjà, en 2014, au moment de l’offensive israélienne appelée « Opération Bordure protectrice », Ophuls voulait tourner un film sur les Israéliens avec Eyal Sivan, et en y impliquant Jean-Luc Godard ! Ophuls avait l’intention de faire de Jérusalem son nouveau Clermont-Ferrand, disait-il. On a quelques rushes, et ça devait s’appeler Des vérités désagréables (oui, Ophuls en avait à dire, à ce peuple élu pour la mort !). Au début du film, il va enrôler Godard dans son nouveau combat, à Rolle (on voit la maison même devant laquelle j’ai été filmé en 2023 par Antoine Rosselet pour la vidéo « Godard, son dernier Rolle », publiée dans Nabe’s News n° 33 – 12 juin 2023), et Godard envoie carrément chier Ophuls : « Bordel ! Fous-moi la paix, Marcel, va à Tel Aviv, si tu veux, mais fous-moi la paix ! », avant de lui claquer sa porte au nez… Finalement, faute de Godard, Ophuls se rabattra sur… Alain Soral ! Mais oui, il ira voir, toujours en 2014, celui qui se fait mettre par le Logos dans son triste appart’ parisien… Ophuls et Sivan sont assis sur le fameux canapé rouge, contre-filmés par l’équipe de Soral (voilà pourquoi on a les images là aussi !), pour une interview sur le sionisme, les Juifs, l’islamophobie qui pour Ophuls était « le nouvel antisémitisme »… Allez voir cette vidéo et lisez dessous les commentaires des soraloïdes fanatisés, édifiants de cécité et de surdité : ces larves croient tous que leur héros n’en a fait qu’une bouchée, ou plutôt deux, d’Ophuls et de son co-réalisateur israélien Sivan, mais c’est le contraire bien sûr ! Si on regarde attentivement l’entretien, on s’aperçoit que les deux Juifs roués ne cessent de se foutre de sa gueule, vu les énormités prétentieuses et les sophismes historiques que cet Alain déblatère comme un chameau déjà usé, tournant en rond dans l’oasis desséchée de sa paranoïa. Oui, Soral a eu en face de lui le grand Marcel Ophuls qui avait daigné s’intéresser à sa pensée tordue dans le but d’en insérer peut-être des segments dans son futur documentaire qui n’a jamais vu le jour ni la nuit, et dont il aurait jeté à coup sûr à la poubelle cette séquence grotesque qui n’aurait rien apporté à son film (je vous en commenterai des extraits sur mon TikTok). Même filmé de dos, ça se voit trop que le chauve Ophuls déconsidérait Soral comme un schpountz de la judéophobie, pleutre et désinformé, comme l’étaient finalement ses interviewés 45 ans plus tôt dans Le Chagrin et la pitié.

Le 1er (sic) gala (sic) de la DDF — la Diaspora Defense Forces (sic) des « Justes » (sic) du 7 (sic)-Octobre (sic) » — a eu lieu aux salons Hoche (sic), le 27 mai, jour de l’anniversaire de Louis-Ferdinand Céline (sic) !… Entre autres collabos, Laurence Ferrari a reçu le prix de la « hasbara », « pour son fervent soutien à Israël et son message de vérité au monde » (mille sic), et remis par Frank Tapiro, tout simplement son chroniqueur dans son émission « Punchline » (CNews) !… Pas gênée aux entournures de la déontologie, la grande famille Bolloré ! Laurence est repartie très applaudie, avec une grosse étoile de David argentée en métal qu’elle va pouvoir s’enfoncer dans le cul comme un sexgoy, le soir, pendant que son Renaud Capussion lui jouera du violon à côté, pour essayer de se faire bander un peu…

Le match de foot PSG / Inter Milan a été remporté par le PSG, et malgré le « dispositif policier » mis en place en France, il s’en est suivi un raz-de-marée dionysiaque et destructeur dans plusieurs endroits, dont Paris et ses sacro-saints Champs-Élysées. Évidemment, toute la droite anti-racailles monte sur ses grands ânes, jusqu’aux pro-Israéliens qui estiment que ce n’est pas une victoire puisque le PSG est financé par le Qatar qui finance également le Hamas : on en est là. La flicaille médiatique s’insurge que des slogans pro-Palestiniens (« Israël nique ta mère ! » ; « Nous sommes tous des enfants de Gaza ! ») et les drapeaux qui vont avec se soient mêlés à la fiesta post-match. Mais n’est-il pas normal que les supporters du PSG soient aussi des supporters de la Palestine ? Surtout quand ce sont des Arabes et des Noirs qui ont fait gagner la France (4 buts sur 5). D’ailleurs, leurs frères ne sont pas venus faire la fête, mais se faire la fête des Blancs effrayés par ce vandalisme nocturne et salubre de milliers de jeunes, exprimant leur propalestinisme en saccageant et pillant des magasins, symboles d’un Occident complice ou silencieux devant Gaza… Pour « ces gens-là », c’est s’octroyer une récréation où il est permis de se réapproprier d’une façon kropotkinienne les objets de la société de Consommation « civilisatrice » auxquels, par leur statut de déchets sociaux et de pauvres exploités, ils n’ont pas droit, sauf lorsqu’ils s’en emparent !… Qu’est-ce que ça peut foutre si boutiques et abri-bus sur les Champs sont détruits ? Une goutte d’eau dans le capitalisme mondialisé cynique… Quand on s’est montré si indifférents au cassage systématique et impuni de la bande de Gaza depuis un an et demi, on peut bien laisser se défouler des casseurs, et même des cassos, pendant quelques heure un samedi soir, avant de les réexploiter dès lundi matin, et leur faire en plus, vous verrez ce que je vous dis, la morale !

J’ai été si bien imité que j’ai entendu des gens copier mes erreurs.

Jimi Hendrix

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°21 – 26 mai 2025

Ils n’ont pas honte d’être aussi banals ?

Quand je veux m’endormir, j’écoute une interview (la plupart du temps donnée à ses copains bourgeois du Figaro) du faux écrivain, faux aventurier, escaladeur, mais de truismes, Sylvain Tesson… Rien de tel que ce phraseur pseudo-érudit pour tomber aussitôt dans le sommeil. C’est normal : il n’utilise que des mots ronflants, et les mâche et les mâchonne dans sa bouche de traviole de petit Popeye sans épinards. Tesson vous endormirait une mouche tsé-tsé !

Le surréalisme expliqué aux ignares. C’est à la confusion entre Rimbaud et Lautréamont que le surréalisme doit sa naissance en 1924, car même s’ils sont d’une génialité égale, Arthur et Isidore n’ont rien à voir l’un avec l’autre. C’est la faiblesse et la facilité des Breton, Aragon, Soupault et Cie de les avoir ainsi mélangés pour que de cette mixture douteuse sorte le surréalisme, mouvement appelé à être démodé très vite dans le siècle. Celui du Grand jeu n’a pas fait cette erreur : voir les textes vénérateurs de Lecomte et Daumal sur Rimbaud d’une part ; et leur adoration détachée de Lautréamont de l’autre.

Doigt d’honneur à la turque. Macron restera comme le président qui aura reçu une gifle par un jeune opposant en plein bain de foule, et qui s’est fait prendre le doigt par Recep Erdoğan qui l’a ainsi immobilisé, comme dans une prise de catch ou au judo…. Mauvais augure pour la dernière partie de son second quinquennat déjà foiré et où tout le monde sait qu’il ne pourra pas bouger ! Macron se jette sur les grands de ce monde pour les peloter, il les papouille, il leur envoie des bourrades — le tactile est sa tactique — mais là, il est tombé sur un os, un os turc. Le pacha Erdogan n’aime pas qu’on le tripote. Hop ! Alors que Macron tapotait la main du Raïs de Turquie, celui-ci lui a attrapé deux doigts, puis, lorsque le Français a réussi à en dégager un (l’annulaire captif), a tenu bien fermement l’autre, pas question de pouvoir le retirer de la serre ottomane ! Et pas n’importe quel doigt ! Certains observateurs approximatifs ont parlé de l’auriculaire, c’est-à-dire du « mon petit doigt me dit », ou alors de l’index, celui de la « mise à l’index », mais pas du tout : c’est le majeur dont le Turc s’est emparé, comme d’une Constantinople digitale ! Et il ne l’a pas lâché pendant de longues secondes, jusqu’à tordre le bras du minet d’Amiens. Dites-vous bien (pour ne pas dire « doigtez-vous bien ») que le majeur, c’est le doigt du milieu, celui qui sert à faire des fucks… Erdoğan, qui a un grand sens du crime d’honneur, a assassiné symboliquement le petit Macron en lui prenant le majeur pour l’empêcher de lui faire un doigt d’honneur (au cas où la velléité insensée de lui en faire un lui serait venue à l’esprit). C’est lui, Erdogan, qui, en quelque sorte, a fait un doigt d’honneur à Macron, et sans vulgarité, tout en puissance matoise, narquoise, et avec une originalité de geste propre aux Turcs. Le boss d’Istanbul a chopé le doigt du sous-fifre de Bruxelles avec la vélocité d’un tigre raflant sa proie, et d’une façon brutalement sexuelle, ça n’aura échappé à personne, j’espère.

On parlait du surréalisme, il y a deux paragraphes de cela, prenez Héraclite (Ve siècle av. J.-C.) qui comparait l’âme à une araignée, et le corps à sa toile. Fais mieux, Soupault !

La femme est un imperméable sur lequel tout glisse. Rien ne la pénètre, à part une bite… Et encore, elle s’en fout !

C’est pas pour rien qu’on parle de gourde, de cruche, de potiche : c’est toujours des métaphores de contenants, et de contenants vides qu’il faut remplir.

« Ce 22 mai 2025, un séisme de magnitude 6.2 a frappé près de l’île de Kassos, dans la mer Égée. L’épicentre de ce tremblement de terre survenu à 6H19 (3H19 GMT) est situé au large de la Crète, à 87 kilomètres d’Héraklion, la capitale de l’île grecque. ‘‘En Crète, où la secousse de jeudi a été fortement ressentie, de nombreux habitants, qui dormaient au moment du séisme, ont quitté leurs maisons dans les régions de Réthymnon et celle de Lassithi, la plus orientale de l’île’’ a rapporté la télévision publique ERT. La secousse tellurique ‘‘s’est produite à une grande profondeur (68 kilomètres) et il n’y a pas de raison particulière pour que les habitants s’inquiètent’’, a souligné Athanassios Ganas, directeur général de recherches à l’Institut de Géodynamique de l’Observatoire National d’Athènes, sur ERT. Les unités de sapeurs-pompiers de Crète sont en état d’alerte générale, selon l’agence de presse grecque ANA. Mais aucun dégât majeur n’a été rapporté à ce stade, selon les médias. Sur ERT toujours, le maire  d’Héraklion, Alexis Kalokerinos, s’est voulu rassurant, affirmant qu’il n’y avait pas de problèmes particuliers dans sa ville et excluant une fermeture des écoles ce jour. »

Notre premier tremblement de terre ! Au petit matin, réveil en sursaut : le sol tremblait, ainsi que l’armoire. Magnitude de 6.2 quand même… Le séisme a été ressenti ici jusqu’au Liban et en Libye… Et même jusqu’en Égypte, en passant par Gaza ! Je riais si fort de voir la gueule d’Alexandra effrayée que c’est ça qui a secoué le plus le lit ! Elle tremblait comme une feuille (nabienne ?)… La crainte et le tremblement des autres, ça m’a toujours fait mourir de rire tellement j’en n’ai rien à secouer de mourir (rires) !

C’est Robert Bresson qui raconte que pour la préparation des Anges du péché (1943), il allait déjeuner avec Giraudoux à la rue Feydeau dans un restaurant et à chaque fois, Giraudoux s’insurgeait qu’on ait pu donner à une rue le nom de cet auteur de théâtre qu’il détestait !

Je ne suis pas là pour être objectif, je suis là pour être juste.

Le sentiment de ratage de la plupart des grands artistes, et ce n’est pas de la coquetterie de leur part. Von Stroheim ne pensait-il pas qu’il avait tout raté ? Et Orson Welles et Céline même, Balzac, Joyce, Kafka, et ne parlons pas des suicidés Nerval, Van Gogh, Pascin, Witkacy, Kirchner…

Ma belle-mère : « Tout est grâce ! »
Moi : « Tout est Grèce ! »
Alexandra : « Tout est graisse ! »

La gifle que François Bayrou avait donnée en 2022 à un petit Arabe qui lui avait « fait les poches », c’est sa fille à lui, Bayrou, Hélène Perlant, qui la lui a rendue, vingt ans plus tard, en lançant l’affaire de Notre-Dame-de-Bétharram, amenant son père à mentir sur le fait qu’il était au courant (ce qui est une façon de lui faire les poches) des violences physiques, et peut-être même sexuelles, qui sévissaient dans l’immonde école catho (pléonasme) où le premier ministre l’avait inscrite enfant, ce salaud ! Cette claque, cette gifle, cette baffe (selon les interprétations) de Bayrou à un petit « racisé » était déjà un indicateur. Ensuite, un type qui met ses enfants dans une école privée, qui est notoirement brandie par les parents comme une menace aux petits gosses qui travailleraient mal, est suspect de plouquerie, de brutalité et de moralisme odieux, ce qui mériterait, selon moi, une sacrée raclée divine. Bayrou s’est comporté comme un évêque : il a protégé les intérêts de l’Église catholique romaine au détriment des enfants, et même des siens… Qu’il ait menti est une évidence. Si Bayrou a demandé en 1997 un rapport sur Bétharram, c’est qu’il savait qu’il y avait des problèmes. Il l’a reçu, il a lu la conclusion, et n’a pas bougé son gros cul d’éléphant à tête de mérou (tiens, encore un petit air de Lautréamont qui passe) ! En tant qu’élu à Pau (Pyrénées-Atlantiques ou Périnées-Ecclésiastiques ?), il a même financé l’école gluante ! Et qu’on ne nous dise pas que lui-même a été élevé durement dans son enfance à la sauce béarnaise, et que c’était donc normal qu’il répercute cela dans sa propre fonction de père. Moi, ma mère ne s’est pas gênée, cette salope, pour me gifler et me fouetter au martinet, j’ai jamais porté pour autant une seule fois la main sur mon fils, jamais, rien, pas même une mini-mini-esquisse de demi-geste énervé de micro-frappe quelconque. Donc, c’est bien son éducation de mauvais père et pas d’enfant battu qui a fait que Bayrou en est arrivé à couvrir la sévérité de l’institution scolaire. Et en plus, il ose se référer à Rudyard Kipling (grand protestant) pour se justifier ! « Tu seras un homme mon fils »… À coups de gifles, c’est ça ?

Toujours à propos de Bayrou : les perspicaces n’ont pas oublié le présage que Daniel Cohn-Bendit lui avait infligé après que Bayrou l’avait bassement attaqué sur son histoire de pédophilie : « Mon pote, jamais tu seras président de la République, parce que t’es trop minable pour ça ! ». Cohn-Bendit, dont je ne cesse de vanter les mérites, a une autre conception (excellente) de l’éducation que le Premier ministre menteur et complice de Bétharram… Par exemple, Dany est pour l’uniforme à l’école, mais un uniforme pour les professeurs seulement, qui, dit-il « s’habillent mal, est-ce qu’ils se lavent seulement ? ». Bravo ! Cohn-Bendit est aussi contre les premiers prix, il préconise plutôt des « prix de progrès », pour encourager ceux qui font des progrès. Comme ça, on ne punit pas les mauvais et on n’encense pas les meilleurs, ce qui est plus sain. Bravo bis ! Enfin, Dany est contre le natalisme catholico-bourgeois soutenu évidemment par les Bayrou et Cie : non, il faut donner les moyens d’élever mieux les enfants qu’on a déjà plutôt que d’encourager à en faire de nouveaux… C’est un peu comme l’euthanasie : peaufinez vos soins palliatifs avant de forcer les malades et leurs familles à se suicider (les deux) ! Rousseau, Céline, Cohn-Bendit, moi : ça commence à faire une petite famille révolutionnaire qui a plein de bonnes idées sur l’éducation, contrairement à la droite contemporaine qui, par réaction à Mai 68 (qui a donné plein de cons aussi), prône un rigorisme à restaurer d’urgence dans une école classique et merdeuse !

Sur Polnareff, on me demande d’aller plus loin : OK. En tant que Juif russe moche pianiste qui compose des chansons et qui a eu des belles femmes et était provocateur, évidemment il est supérieur à Gainsbourg, en tout. D’ailleurs Polnareff n’aime pas Gainsbourg, il juge que c’est un copieur, je l’ai entendu dire que chez lui, au moins, ses mélodies ne sont pas piquées à autrui… Absolument exact ! Polnareff est beaucoup plus généreux, beaucoup plus ample, beaucoup plus slave (voir ses belles mélodies et ses chansons lyriques). Et puis sur les femmes, ça va, quoi… Birkin, Bardot, Bambou, du côté de Lucien-Serge, d’accord, mais enfin, Michel n’est pas en reste avec Sylvia Christelle, Lynda Carter (Wonder Woman) et les autres… Quant à la « provocation », les affiches de Polnareff exhibant son cul, je les ai vues, moi, en direct, en 1972, partout dans Paris, et on en parle encore… Gainsbourg en était extrêmement jaloux, lui qui, en matière de provocation, n’a fait que copier Marcel Duchamp en se déguisant en femme pour une pochette à la Rrose Selavy (Marcel l’avait fait avant lui en 1921- photo Man Ray )… Aucune répartie originale ni vraiment drôle chez Gainsbourg non plus, alors que chez Polnareff ça en regorge. Gainsbourg, lui, se rengorge quand on lui pose des questions : tout le monde peut constater que Gainsbarre n’a jamais fait marrer personne. Autre chose évidemment qui me touche particulièrement chez « Michelnareff » (comme l’a appelé Anne-Élisabêtasse Lemoine en le présentant trop vite l’autre fois), ce sont ses problèmes oculaires, son côté joycien, homéro-joycien… Les lunettes noires, c’est pas de la blague : Michel Polnareff s’est œdipé par phobie d’une opération indispensable (et qu’il a retardée bêtement) de double-cataracte brune… Quant à la classe avec laquelle il a adopté l’enfant que sa femme Danyellah a préféré faire, sans le lui dire, avec un donateur de sperme anonyme, elle est tout simplement exemplaire.

Le laid peut être beau, le joli, jamais.

Paul Gauguin

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°20 – 19 mai 2025

Mes idées farfelues sur la Justice. Ceux qui s’insurgent lorsqu’on évoque l’éventualité de punir les parents de délinquants ont tort. « Ils ne sont pas responsables des fautes que commettent leurs enfants ! » Eh bien si, et moi je vais plus loin : il faudrait ne pas punir du tout les enfants, et ne punir que les parents. Un jeune fait une connerie ? Ses parents seraient convoqués immédiatement et sévèrement sanctionnés ; du coup, leur petit se sentirait tellement soutenu, épaulé par la Justice et en même temps coupable ; il trouverait ça tellement injuste que l’État s’en prenne à ses parents, jugés fautifs de son éducation, qu’il se tiendrait à carreau pour le restant de sa vie. Ce serait tout à fait dissuasif et plus productif que de l’incarcérer lui-même. Deux cons fainéants font un gosse et ne savent même pas le rendre heureux, il arrive à 15 ans en s’apercevant qu’ils ne lui ont donné aucune arme pour s’en sortir dans l’existence, qu’il lui manque une tonne de choses, et en plus, ça devrait être sa faute à lui s’il devient délinquant ? Ça va pas, non ? Les parents doivent payer !

Loi sur la fin de vie. « Euthanasie, je t’aime à mourir ! »

Quand je dicte des phrases à mon ordinateur par l’application-micro « Dicter » et qu’elles s’inscrivent toutes seules sur mon écran, des propos viennent s’enregistrer dans mon texte (par exemple Alexandra, qui entre dans la même pièce et me dit, entre deux morceaux sur Donald Trump : « Ah, c’est vous qui avez la serviette ? »). Ça rappelle ce que faisait Joyce, sans ordinateur, en 1920, dans Ulysse : le monologue intérieur du narrateur absorbant des bribes de dialogues extérieurs (je l’ai fait aussi dans mon roman Le Bonheur, en 1988, ça me revient).

Protrumpantisme. Il faudra un de ces quatre analyser ce qu’il y a de particulièrement protestant dans l’attitude, les foucades, les voltes-faces, les décisions bonnes et mauvaises du calviniste presbytérien Donald Trump.

La plupart des musiciens aiment leur instrument et en jouent comme s’il s’agissait d’un jouet de gosse de riche, bien propre, bien astiqué, et dont ils prennent grand soin. Le grand musicien, lui, oublie et fait oublier l’instrument. Il s’en sert plutôt comme de ce joujou du pauvre dont parle Baudelaire dans son poème : un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même.

Clichés immondes : « Le peuple palestinien est en lutte contre le Hamas » ; « la situation humanitaire à Gaza est catastrophique »…

Le Marcul de Sade.

Les doigts dans le nez (titre possible pour un livre sur l’antisémitisme).

La bave de la blanche colombe atteint parfaitement tous les vilains crapauds !

On peut très bien remettre du dentifrice dans son tube.

Laurent Ruquier et Thierry Ardisson font la tournée des popotes médiatiques pour vendre leurs « livres ». Ruquier :  Vies secrètes (Harper Collins) ; Ardisson : L’Homme en noir (Plon… dis-donc, Thierry, Plon n’appartiendrait pas à ton ennemi juré Bolloré par hasard ?). Ils y parlent d’eux, se plaignent, se complaisent et finalement se plaisent. Ardisson et Ruquier n’ont rien à dire sur le monde parce qu’ils n’y voient rien d’autre qu’eux. Toujours les mêmes anecdotes pour Thierry, on les connaît par cœur depuis 30 ans, il ne sort pas de son disque rayé. Quant à Ruquier, il a confié ses petites névrovroses de tarlouze havraise assumée (tu parles !) à Marcella Iacub, une de ses « Grosses têtes », putasse argentine et copieuse de mon Enculé en 2013… Quand Thierry et Laurent sont reçus à la télé, c’est comme s’ils déboulaient dans un déjeuner de famille pour le poulet du dimanche, sauf que le poulet, c’est eux !

Ardisson a été sauvé trois fois en moins d’une semaine, et par trois femmes. Ça mérite d’être signalé… D’abord, à C à vous, par Anne-Élisabeth Lemoine qui l’a empêché de passer pour un complotiste type qui croit que la princesse Lady D. a pu être assassinée (voir mon Tik Tok du 9 mai 2025). Ensuite, à Quelle époque !, c’est Apolline de Malherbe, à côté de lui, qui a rigolé avec bienveillance lorsqu’il a affirmé que le prince Harry, en vérité, n’était pas le fils du prince Charles, mais celui de l’écuyer de Diana dont elle était la maîtresse, et en ajoutant qu’Harry ne ressemblait pas à son père, ni à son frère (alors qu’il est rouquin comme lui)… Faux évidemment, puisque Diana s’est fait en effet baiser par son Mellors, mais deux ans après la naissance de son fils… Enfin, cerise sur le gâteux, et toujours à Quelle époque !, lorsque Thierry a comparé Gaza à Auschwitz, et qu’il allait parler des « Juifs » en général, Léa Salamé l’a corrigé en lui faisant dire « Israéliens ». Cette troisième fois, même moi je pensais qu’elle serait fatale à Ardisson car ça n’a pas traîné : il s’est mangé aussitôt sur les réseaux des torrents de merde, de merde juive principalement, pour avoir fait cette comparaison, qui en plus est mauvaise, et où il a prouvé une fois de plus qu’il ne connaît rien, ni à Auschwitz, ni aux Arabes du Proche-Orient. Sauf que… Dès le lendemain matin, ayant demandé pardon à ses « amis juifs » par un communiqué honteux, Ardisson a immédiatement été lavé. En moins de douze heures, on n’en parlait plus, l’éponge était passée par-là : « l’homme en noir » a été réintégré avant même d’être exclu ! Aujourd’hui, il suffit de baisser son froc pour prouver qu’on n’est pas antisémite (le contraire de l’Occupation où ça permettait aux SS de savoir si on était juif ou pas)… Ah, si j’avais fait ça, moi, le 16 février 1985, au lendemain de mon Apostrophes, je n’en serais pas là, mais où serais-je ? Nulle part, bien sûr ! Ardission a réussi à sauver son cul en mettant lâchement tout sur le dos de France 2, qui n’a pas coupé sa « connerie » au montage, et surtout sur celui du docteur Raphaël Pitti, présent sur le plateau, et qui venait pour donner des nouvelles tragiques des carnages sur le terrain… Pitti a pris à la place de Thierry… Encore une barabbasserie ! Avec son air de bouc-émissaire, Pitti a été chargé de tous les maux : il n’est pas seulement un médecin « humanitaire », mais aussi un homme politique de Gauche que les dénonciateurs ont vite fait de transformer en porte-parole du Hamas !… Pour une fois que Salamé consacrait une bonne séquence d’équité empathique en faveur de Gaza ! Tout a été gâché, et par Ardisson, et en deux temps : d’abord en proférant son équivalence fallacieuse « Gaza, c’est Auschwitz » (influencé par Pitti qui venait de comparer Gaza à « un camp de concentration ») ; ensuite en s’en excusant, ce qui a permis aux sionards de bondir et de rebondir en niant en bloc les massacres made in Tsahal… Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’Ardisson est si « respecté » dans le Milieu qu’il est devenu intouchable. Vous imaginez si un invité arabe — ou pire : moi — avait dit cela à la télé ? Mais quel tollé ! Quel tohu-bohu ! J’aurais été immédiatement crucifié pour ce blasphème, tandis que Thierry, qui reprochait quelques jours auparavant à son acolyte Baffie de s’excuser, en s’excusant plus platement que lui encore, et en utilisant l’expression « je prie mes amis juifs de bien vouloir me pardonner » (ce qui est déjà une phrase doublement antisémite), ça passe crème, crème à raser, à raser les murs, à raser le mur même, des lamentations évidemment, et des lamentations goys of course ! À C news, Praud, trop flatté qu’Ardisson l’ait qualifié de « bête de télé » et de « phénomène », l’a épargné, et Goldnadel, qui était son employé à Salut les Terriens, ne lui en a pas voulu non plus. On a donc assisté à ce miracle : un vieux ponte de la télé, dont tout le monde chuchote qu’il est vraiment antisémite (et pas seulement parce qu’il a recu régulièrement dans son Tout le monde en parle Dieudonné, Soral et moi), et qui n’a pas pu s’empêcher de révéler à quel point dans sa tête, les Juifs sont les nouveaux nazis et que, pour lui, Gaza équivaut à un camp d’extermination, arrive à sortir indemne de cette situation, comme saint Jean avait jailli intact de sa marmite d’huile bouillante !… Oui, il y a quelque chose de biblique et d’évangélique dans le salut d’Ardisson, le salut par les Juifs bien sûr, par ses Juifs, et c’est d’autant plus injuste qu’il est une quintessence, à la fois de la tartufferie anti-judaïque la plus manifeste et de l’opportunisme médiatisé le plus répugnant… Qu’est-ce que ça dit ? Eh bien, ça dit que la mafia est plus forte que la Faute.

Je n’aime pas les mères, mais je déteste plus encore les gens qui en ont encore une.

Ils ne vivent pas, ils rêvent qu’ils vivent, et ils ne s’en rendent même pas compte !

Quel symbole ! Au moment où Gérard Depardieu, le plus grand acteur du monde, est condamné à 18 mois de prison avec sursis (à quand la pose d’un bracelet électronique autour de sa bite ?) parce qu’une connasse jadis flattée, et aujourd’hui vieillissante et revancharde, estime qu’il n’avait pas le droit de la peloter dans un coin quelques secondes sur un tournage où elle faisait sa belle, le 78ème festival de Cannes s’ouvre en fanfare wokiste ! La présidente, c’est Juliette Binoche, qui a débarqué dans un ensemble Dior décolleté de crêpe de soie blanc cassé, avec un large pantalon et un haut embrassant sa tête jusqu’à lui faire une sorte d’hijab chic. Sans oublier les bijoux Chopard…. Et qu’on ne me dise pas que moi aussi je m’habille en Dior, parce qu’OK, je m’habille en Dior mais tous les jours, on ne me prête pas mon costume pour une soirée, je me l’achète, et difficilement. En plus, c’en est un tous les 5 ans, et que je porte jusqu’à ce qu’il tombe en ruine (tout le monde sait ça) ! Rien n’est de Binoche, pas même ses mots car le texte qu’elle a lu sur prompteur a été écrit bien sûr par un autre, le même bien-pensant sans doute qui a fait dire un laïus hyper-démago à Laurent Lafitte juste avant elle… Comme elle commence à vieillir, Juliette n’a pas bien lu ; elle a buté sur un mot ; sa langue a fourché : « face à l’orgueil, redonner de l’humidité, l’humidité, l’humilité, et l’humidité de l’humus, qui est l’humilité !…» N’importe quoi ! Elle s’est rattrapée comme elle a pu en riant comme une bécasse, mais « humidité » à la place d’« humilité », les commentatueurs n’ont pas fini d’en faire tout un fromage lacanien. Et comme ça ne suffisait pas, à cause de son costume crypto-islamique qui voilait (mal) son antiracisme inconsciemment raciste (parce qu’il y en a des conscients ?), la Binoche a prononcé « houmous » pour humus ! Pourquoi pas tarama, tant qu’elle y était ? Ah, c’était bien grotesque, surtout qu’après le passage sur les otages du 7-Octobre, la gourde Binoche s’est crue obligée de rendre hommage à une journaliste palestinienne tuée par un « missile » (tiré par qui ?) plutôt qu’aux dizaines de milliers de non-journalistes, de gosses et de pères, mères, fillettes et autres mémés, tous déchiquetés par les bombes incessantes pleuvant des engins de mort de Tsahal depuis 18 mois… Mais le plus insupportable lors de cette soirée, aussi bien chez Lafitte que chez Binoche, ce fut le message de fond : appeler à « résister » contre le mal par l’art, ce qui revient, pour la famille du cinéma, à lécher le cul des acteurs « engagés », et de préférence en mélangeant tout pour ratisser large. En effet, quel rapport entre une Adèle Haenel qui s’était mise en robe de soirée pour être bien filmée en quittant bruyamment la salle des Césars parce qu’on avait remis un prix à Polanski et Volodymyr Zelensky, l’ex-pétomane devenu constipé pour sauver « son » pays, l’Ukraine, contre le méchant envahisseur Poutine ? Le festival de Cannes veut nous faire croire que pour tous ces comédiens stupides, l’art est nécessaire afin de lutter contre les horreurs du monde actuel, mais ce sont eux, les horreurs du monde actuel, et leur « art » ne peut rien y faire puisque ce n’est pas de l’art. Attention, les plus grands ne sont pas exempts de cette escroquerie ! Binoche avec son humilité / humidité n’a pas été cette année plus ridicule que Robert De Niro, invité pour recevoir une palme d’or d’honneur, et qui a préféré s’en servir pour taper sur Donald Trump au nom de la « Démocratie » contre le fascisme. J’ai toujours dit que les génies ne pouvaient pas être des salauds, mais des cons, c’est tout à fait possible ! La preuve, tous les acteurs le sont, à part Michel Simon, le Vigan et quelques autres ; je n’en vois que très peu qui aient été intelligents, surtout politiquement… Et pour être complet sur cette abjecte cérémonie d’ouverture, quand j’ai vu Quentin Tarantino, cette pourriture sioniste qui vit à Tel-Aviv pour mieux soutenir Tsahal, toujours aussi vulgaire, hurler à la fête forcée avant de balancer violemment son micro par terre (geste odieux), je suis allé me regarder dare-dare un Harold Lloyd de 1928 en streaming sur mon ordi.

Il y a deux sortes d’écrivains. Ceux qui le sont, et ceux qui ne le sont pas. Chez les premiers, le fond et la forme sont ensemble comme l’âme et le corps ; chez les seconds, le fond et la forme vont ensemble comme le corps et l’habit.

Karl Kraus

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°19 – 12 mai 2025

On lit mieux ses livres quand on les transporte dans des cartons, de ville en ville, de pays en pays, que si on les garde et les regarde dans les rayonnages de chez soi, bien rangés, par auteurs, ou pire, par collections (regardez les photos de l’appart’ de Michel Onfray où il a mis — ce plouc — toutes ses Pléiades ensemble, sur un grand mur, quel que soit l’auteur et l’époque, ce qui est encore une façon de faire gagner l’éditeur contre l’écrivain !)… Alors que si vous apportez avec vous les livres que vous avez envie de lire, ceux que vous n’aviez jamais eu l’occasion de déplacer, de faire bouger, d’aérer, de sortir du cimetière de votre bibliothèque, eh bien, vous pouvez être sûr que vous leur redonnez vie (la vie que leur a insufflé l’auteur et qui a été tuée par l’édition). Sans ça, vous ne pouvez pas dire que vous les avez vraiment lus.

Lorsqu’on a vu de la fumée noire s’échapper de la cheminée de la chapelle Sixtine pour signifier que le nouveau pape n’avait pas encore été choisi par le Conclave, impossible de ne pas penser à celle qui sortait des cheminées de Birkenau pour signifier que femmes, enfants, vieillards et hommes faibles ou malades avaient, en revanche, eux, été « choisis » !

Le nouveau pape s’appelle donc « Léon XIV »… C’est quoi, ce gag ? Il n’y a eu qu’un XIV, voyons, c’est Louis !

Assister en direct à la télé à la première messe de Léon XIV dans la chapelle Sixtine, avec ce public de cardinaux en mitres blanches comme des sortes de pélicans aux becs ouverts, attendant leur béquée de poissons, devant les six grands cierges encadrants la statue de Jésus, et Le Jugement dernier de Michel-Ange qui est avant tout (et ce serait une longue discussion) de la peinture moderne avant d’être une décoration de chapelle catholique, je suis désolé, mais c’est choquant !… Et c’est là où je rejoindrais Nietzsche quand il affirme que la Renaissance était une manière de s’émanciper du catholicisme (lui dit « christianisme ») débilitant et mortifère : on en a une illustration, si je puis dire, dans la fresque de Michel-Ange représentant le Jugement dernier qui évidemment part tout de même de la croyance chrétienne. Ce fameux Jugement est d’une telle violence, d’une telle signification, à la fois symbolique mais surtout picturale, qu’il est choquant, je vous dis, de voir une escroquerie comme cette messe de clôture du Conclave présidée par le pape successeur de François, Léon, avoir lieu devant une œuvre d’art de cette envergure. C’est un sacrilège, presque un blasphème ! La peinture de Michel-Ange est le contraire de l’arnaquerie ecclésiastique que constitue cette messe, comme toute messe d’ailleurs qui, ne l’oublions pas, est, par sa caricature, une offense à la Cène… Il est difficile de ne pas imaginer, quand on voit Charon s’apprêter à frapper d’un coup de rame les damnés s’accrochant à sa barque, que ce sont les cardinaux et les évêques présents dans la chapelle même ce 9 mai 2025 dont il va rétamer les gueules… 400 personnages sur cette fresque à grand spectacle, et brossés d’un poignet divin, c’est le cas de le dire ! Oublions un instant la composition de cet ensemble de martyrs et d’élus emmêlés s’envolant en grappes d’élan et de démons en chute pas libre du tout, agrippés les uns aux autres dans le souffle de leur descente infernale (tous sur le fond bleu dense de ce ciel solide), pour se concentrer sur l’audace numéro un du vieux peintre (il avait quand même 60 ans quand il a peint ça), c’est-à-dire celle de représenter tout le monde nu, et en particulier, au centre, Jésus ! Oui, et pas n’importe quel Jésus ; pas un éphèbe blet, tout pâle, barbu, triste victime, mais un colosse super-musclé, imberbe aux stigmates quasi invisibles fulminant herculéen en train de bénir ou maudire les âmes qui tourbillonnent autour de lui… Le Christ est nu avec sa mère à côté… Et on célèbre une messe dans ce cadre-là !… Les cathos ne sont pas cohérents : moi, je proteste contre le fait qu’on ose faire une messe devant une œuvre d’art, mais eux trouvent normal qu’une messe se tienne dans un véritable camp naturiste, et de figures sacrées en plus ! Ce n’était pas la première fois que Michel-Ange montrait le Christ à poil : il a sculpté un merveilleux crucifix en bois peint qui se trouve au Santo Spirito de Florence et où on voit la bite du Christ, oui la bite du Christ, tout à fait modeste au repos, ce qui Lui correspond bien, évidemment. En plus Il était vraiment comme ça sur la croix : nu. Lorsque Michel-Ange, en 1541, dévoila sa fresque, tout le Vatican s’en évanouit, mais le pape Paul III accepta ça : j’imagine mal Léon XIV applaudir à de telles représentations si ça avait été lui à l’époque le boss de La Sixtine, boîte de nuit à la mode à Rome… Après la mort du peintre (on connaît l’histoire), un sous-peintre, Daniele da Volterra, fut chargé de rajouter des tissus, des pagnes, des caches sur tous les organes que Michel-Ange avait peints avec amour et roublardise. La plupart ont été effacés à la restauration de la fresque mais pas le cache-sexe du Christ : « il y a des limites à l’art ! » dixit l’Église… On ne pourra donc jamais voir la queue et les couilles du Christ telles que Michel-Ange les avait imaginées. Michel-Ange qu’on reconnait lui-même en peau d’écorché vif, déchet tenu au bout d’une main par saint Barthélémy, comme une combinaison de latex pendouillante après usage SM, alors qu’à ses pieds, les anges annoncent pour toujours la Fin des Temps à coups de trompettes d’Apocalypse !

On met à notre époque le « consentement » comme valeur suprême alors que la valeur suprême, c’est le discernement, et on en manque totalement, c’est pour ça que tout le monde se trompe, que tout le monde mise sur n’importe quoi et n’importe qui, chacun fait confiance à celui à qui il ne faudrait pas et prête une fiabilité à celui qui — c’est pourtant l’évidence — n’a aucun crédit.

État de la masculinité. Aujourd’hui, les types sont tellement en chien pour tirer leur coup (en vérité pour ne plus se faire rabrouer quand ils le montrent) qu’ils sont prêts à aller avec une trans’ IA !

Si Charlie Christian, Lautréamont ou Raymond Radiguet s’étaient dit : « Oh, ça va, j’ai le temps, je vais me chauffer un peu dans mon art, mais bon, je donnerai ma puissance après 25 ans, je ne suis pas obligé de mettre toute la gomme au début, il faut y aller mollo, piano piano, qui veut aller loin ménage sa monture… » et autres conneries, il n’y aurait jamais eu tous ces chefs-d’œuvre absolus de la musique de l’ère swing pré-bebop à la guitare électrique, ni Les Chants de Maldoror et les Poësies de Ducasse, ni Le Diable au corps, Le bal du comte d’Orgel et surtout ce recueil de poèmes au titre génial : Les Joues en feu.

Pourquoi Les Joues en feu est un titre génial pour un recueil de poèmes écrits par un si jeune homme (entre 14 et 18 ans) comme l’était Radiguet ? Parce qu’on voit le garçon rougir tellement il a envie de baiser, ou alors parce que ses joues sont rouges d’avoir été si souvent giflées, et peut-être même pour la raison que ses parents ou des adultes ou des femmes ont jugé que justement ça se voyait trop qu’il avait envie de baiser !… Ah, j’allais oublier aussi l’expression « En joue, feu ! » qui circule dans son titre, l’injonction martiale aux pelotons d’exécution lancée au moment de fusiller les tire-au-flanc, les déserteurs, les mutins, tous frères d’armes (si je puis dire) de Radiguet, l’anti-guerre par excellence !… Oui ! Avec Raymond, c’est Les Joues en feu contre « En joue, feu ! », c’est-à-dire l’amour contre l’armée (c’était déjà le sujet du Diable)…

Pour Albert Aurier, le synonyme du scepticisme c’est « la peur de la pensée » (c’est lui qui souligne), et moi je dis même que c’est le scepticisme qui amène à la peur de la pensée ; définition même du complotisme.

Comme celui qui a « introduit le langage parlé dans le langage écrit », moi j’ai réintroduit la vie dans la littérature. Absolument ! Par mon écriture, le livre lu n’est plus du tout mort ni poussiéreux, c’est de la vie directement qui en jaillit, intacte. Et pour mettre de la vie dans la littérature, il faut mettre la littérature dans sa vie. La littérature, c’est pas un truc pour mec qui aime bien lire des livres chez lui en secret, dans l’ombre ; c’est revivre l’écriture de l’écrivain comme il les a vécues lui-même (la vie et l’écriture qu’il a écrite), c’est plonger avec joie dans le contenu vivant, vivace de ce qui est écrit !

Retour de Michel Polnareff. Deux écrans plasma aux cadres blancs jetés sur une meule de foin, avec un bout de peau de serpent et un chapeau de cow-boy en plastique oubliés là.

Cela dit, j’aime beaucoup Polnareff : autre chose que Gainsbourg car vrai musicien, vrai artiste, vrai provocateur (son cul). Et excellent en interview… Cette semaine : « Une bonne mélodie, c’est quelque chose qu’on siffle en prenant une douche. » ; « La création, c’est une saloperie. » ; « Les gens ne me disent pas ‘‘bravo’’, ils me disent ‘‘merci’’, ça m’a touché, je le vois dans leurs yeux et eux, évidemment, ils ne le voient pas dans les miens. » 

Quand il y a deux portes pour sortir du métro, vous remarquerez que tout le monde emprunte la même, la première par laquelle le premier voyageur est passé : ça devient la seule par laquelle tous s’engouffrent.

Le signe de quelqu’un de petit, c’est qu’il ne voit jamais les choses en grand.

Ma femme juive est tellement égoïste qu’à Auschwitz, elle se serait fait tuer par les déportés eux-mêmes avant d’aller à la chambre à gaz, car elle aurait volé le pain des autres pour tout bouffer, tout pour elle d’abord !

Au maximum, vous avez des Juifs qui « regrettent » ce que Tsahal fait, qui disent qu’ils ne pouvaient pas imaginer Israël capable de telles choses horribles. J’en ai entendu même un qui prenait exemple sur le film Tsahal de Lanzmann de 1994 où les commandants disaient qu’ils ne feraient jamais des opérations de rasage total d’une population comme à Grozny, alors que c’est exactement ce qu’ils font aujourd’hui à Gaza… Mais ça ne suffit pas ! Lorsqu’on déplore le carnage physique des Gazaouis ET (c’est moi qui mets en capitales et qui souligne) le « désastre moral » des Israéliens, on prend encore parti pour les Israéliens qui, dans leur majorité sont, à l’aveu même des plus lucides, totalement apathiques sur ce que fait leur Netanyahou.

Il faut que ce soit Anne Sinclair (sic), Delphine Horvilleur (sic bis) ou Johann Sfar (sic ter) qui « alertent » les médias sur les exactions too much de Tsahal après 18 mois de massacres. Là, on tend l’oreille alors que les cris de millions de Musulmans et de pro-palestiniens sont restés sans effet. Encore une fois, même la désapprobation de la volonté d’éradication de Gaza par Netanyahou ne peut passer que par des Juifs ; par d’autres, c’est interdit. Et si ces sionistes hypermédiatisés depuis le 7-Octobre pour avoir soutenu inconditionnellement Israël viennent mettre désormais de l’eau de leurs fausses larmes dans le sang des Arabes, c’est uniquement pour maintenir leur position de commentateurs et travailler à atténuer d’urgence la détérioration croissante de l’image d’Israël. Car, ne vous y trompez pas : c’est dans l’intérêt d’Israël qu’ils font semblant d’avoir pitié de la Palestine ; pour aucune autre raison.

Angelo Rinaldi est mort. Après 25 de silence sur mes livres (ni louanges, ni descentes), le célèbre (à l’époque) et féroce critique corse s’est retrouvé devant moi dans une émission de télé en 2009, et il a continué à fermer sa gueule. Pas de couilles, ce pédé !

Si vous vous demandez ce qu’est le jazz, vous ne le saurez jamais.

Louis Armstrong.

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°18 – 05 mai 2025

C’est étonnant comme, lorsqu’on y réfléchit, l’époque est dostoïevskienne… Où qu’on se retourne, on ne voit que de pauvres gens qui se sentent en permanence humiliés et offensés. Ils ont autant de dispositions pour le crime que de promptitude à exiger des châtiments. La plupart sont ou des adolescents ou des démons, mais la plupart sont avant tout des idiots qui se prennent pour des joueurs. En vérité, ce sont de grands cocus de l’existence, et ils s’en croient les éternels maris. Et surtout, ils s’estiment chacun différents et aussi intéressants que des frères Karamazov, alors que ce ne sont que des doubles les uns des autres. Toutes les nuits blanches, ils s’enferment dans des sous-sols où ils remplissent des carnets pleins de rêves d’hommes ridicules et de souvenirs de cette maison des morts qu’est leur triste vie…

Pensée saine. « Mort à ceux qui vous ont donné la vie ! »

Moi aussi, je suis pour deux états, deux états palestiniens : la bande de Gaza étendue à tout l’ancien Israël et toute la Jordanie !

Aujourd’hui, Patrick Juvet chanterait : « Où sont les hommes ? ».

Sortir de son lit, se raser, se laver, manger sont des efforts surhumains qui mènent tout droit au suicide.

L’instrument à la mode : le couteau. Il a supplanté, si je puis dire, le cutter dans la psychose collective pointée — si je puis dire encore — par le terrorisme contemporain.

L’effort (douloureux) de non-récupération ostentatoire par l’extrême-droite de l’assassinat d’Aboubakar Cissé, en faisant semblant de condamner l’acte ignoble du Bosniaque qui a poignardé de 57 coups de couteau le jeune Malien en pleine prière dans une mosquée du Gard, est à la mesure de la récupération (tout aussi dégoûtante) d’Aboubakar par LFI, les écolos et les Noirs communautaristes, en l’érigeant aussitôt en symbole, en totem (« Je suis Aboubakar ») pour faire semblant (également) de dénoncer l’islamophobie française dont cette extrême-gauche se bat ce qui lui reste de couilles.

On est aussi gêné d’entendre Richard Millet à L’Heure des pros dire qu’Aboubakar était avant tout « un clandestin » que de voir Jean-Luc Mélenchon, dans une manif pour Aboubakar, prendre dans ses bras une Musulmane désespérée et fondre en larmes sur son épaule… Les Arabes de France (Beurs) ne comprennent pas qu’il y aura moins de racisme et de mépris à leur encontre lorsqu’ils feront preuve d’assez d’intelligence et de jugeotte pour refuser formellement de se ranger du côté de la France Insoumise.

Mettez un crocodile face à Mélenchon, il le bouffera aussitôt pour le punir de lui avoir volé ses larmes. Pareil pour Ardisson qu’on a vu pleurnicher à France Inter, chez Salamé, face à Nicolas Demorand, le gros journaliste bipolaire (oui, je suis bipolairophobe, comme je suis obèsophobe, tantouzophobe, israélophobe, extrême-droitophobe, mélenchonophobe, francophobe, helvéticophobe et j’en passe !…), auteur d’un livre qui a « explosé » Thierry tellement il est émouvant… J’insiste : que font les crocos à traîner dans leur marigot au lieu d’en surgir brutalement pour, d’un coup de mâchoire, faire ravaler leurs sanglots faux à ces imposteurs de l’âme, à ces escrocs de l’émotion, à ces fabricateurs de factices chialeries faciles et spectaculaires ? Tous ceux-là n’ont pas honte ? Non ; la honte, c’est un troisième bidonneur people encore qui feint d’en éprouver, avec son petit livre de merde, La Soif de honte : j’ai nommé Nicolas Bedos…

Nicolas Bedos à la une du Point : « C’est l’histoire d’un connard… ». Grande interview de l’« humoriste »/« metteur en scène »/« dramaturge » (une pluie de guillemets et de slashs !) qui avait été condamné pour avoir, ivre mort en discothèque, posé sa paluche de fils de con (et con lui-même) sur le sexe d’une fille en jean et pour avoir embrassé de ses grosses lèvres de pédé refoulé le cou d’une serveuse, à 6 mois sous bracelet électronique. Ça vaut son pesant de caca qui fouette ! Le Point a dû équilibrer les propos de Bedos par une charge pro-#metoo d’Émilie Frèche (comme on se retrouve !) : « Notre monde ne veut plus d’hommes comme ça. » dit la sioniste de gauche. OK, mais on ne veut plus non plus d’Émilies Frèches dans « notre monde » !… Bref, on sent que Nicolas ne pense qu’à revenir dans le game, même si ses casseroles tintinnabulent toujours, solidement accrochées à son bracelet électronique… Pour cela, il pond donc un livre au très mauvais titre où il est tellement narcissique qu’il se tutoie… La Soif de honte : apparemment, sa soif de honte n’a pas été encore rassasiée. Pour être sûr de bien se faire plaindre, il révèle qu’adolescent, il a lui-même été violé (encore un !) par un acteur de théâtre connu… Viol pour lequel il estime « avoir une part de responsabilité »… « J’avais conscience d’avoir été agressé sexuellement et des répercussions que ça avait eues sur ma psyché, mais je ne savais pas que ça s’appelait un viol. Si j’en parle dans le livre, c’est parce que cette période très glauque de ma vie, les humiliations que j’ai subies, s’inscrivent dans cette fameuse soif de honte. Mais je suis très clair, je ne m’en sers pas comme d’un bouclier. » Non, à peine !

Mais il y a pire que son interview dans Le Point, celle dans Quelle époque ! sur France 2… Obscène ! On y a vu Nicolas Bedos débouler seul, avec un air de chien battu au scrabble, en blouson de cuir, barbu, coiffé en fiotte gominée, les yeux froncés, petite voix… Où est le pitre arrogant et pas drôle qui, sur ce même plateau (où je me suis retrouvé à côté de lui en 2010 !), faisait s’esclaffer Franz-Olivier Giesbert pour des chroniques plus nulles et creuses les unes que les autres ? Salamé dit qu’elle a hésité avant de recevoir l’« agresseur » sexuel, et elle rappelle les faits : « c’est l’histoire d’une déchéance… ». Elle lui refait boire son vomi et remanger sa merde au cul. Simulant la gravité, Bedos fait profil plus bas que terre. Il avoue tout, comme au garde-à-vous en garde à vue ! Il s’excuse mais il s’en trouve, des excuses. Il répète qu’il veut changer, ne plus boire. L’examen de conscience tourne à l’autothérapie complaisante. Il s’explique, il veut se comprendre, il s’adore, il s’intéresse… Son livre ? « La littérature a toujours été mon média ! ». Encore un fantasme… Salamé lui extorque qu’il « assume ». Il ne se rendait pas compte, le pauvre, qu’il faisait du mal aux femmes quand il se mettait « minable » tous les vendredis soir en boîte de nuit où, de son propre aveu (et quel aveu !), il se comportait pareil avec les hommes… En tous cas, ce qu’il n’assume pas, c’est l’expression « connard » imposée par Le Point. Lui ne se considère pas du tout comme un « connard » ! « Comment un type qui avait tout pour lui bousille tout ? » lui demande maman Léa. Tout pour lui ? Mais il n’a jamais eu rien pour lui, girl : relisez ses textes, revoyez ses films ! Nico, c’est le faux talent type. Il faisait partie de la « famille », c’est tout. Salamé l’enfoncera encore avec une autre histoire de viol de femme de 26 ans lorsque lui en avait 19… Mais ce qu’on retiendra de cette interview, c’est que la faiblesse la plus grave chez Nicolas Bedos, c’est qu’il n’a aucun humour. Pour finir son interrogatoire, on a vu Nicolas se vexer lorsque Paul de Saint-Sernin, le sniper de l’émission, pour lui montrer ce qu’est le consentement, a feint de décider pour lui que tout l’argent récolté grâce à la vente de son livre serait reversé à une association de victimes…  Dabord choqué, Bedos lui a renvoyé sans rire : « C’est sérieux ce qu’on dit là ! », avant de comprendre que c’était une blague. Ce sera son seul sourire décoché in extremis avant qu’il ne quitte le plateau lamentablement, et que la maîtresse libanaise de maison reçoive ensuite, « ravie », Louis Sarkozy ! Celui-ci sera d’ailleurs le seul à reconnaître à Nicolas Bedos du « courage ». Rien de mieux qu’un « fils de » droitard séfarade pour s’attendrir sur « un fils de » gaucho pied-noir… Leur point commun ? L’antiarabité, voyons !

Pour ceux que plus de détails sur cette larve intéresseraient, je les renvoie à la page « Nicolas Bedos » (ainsi qu’à celle de son père Guy) dans l’encyclopédie numérique du docteur Marty, WikiNabia. C’est gratuit !

Après pression sur la présidente de l’Assemblée Nationale Yaël Braun-Pivet, qui avait gardé le silence sur les assassinats à Gaza de milliers d’Arabes mais qui s’était fendue d’un « hommage aux victimes du Hamas » trois jours après le 7 octobre, et qui rechignait à faire une minute de silence pour le muslim Aboubakar Cissé, celle-ci a fini par être observée… Chaque minute de silence est une offense au silence même. Une minute de silence est une prise d’otages de vivants au nom du respect et de la mémoire de personnes disparues. Le Silence a été créé par Dieu pour la prière et la musique, exclusivement. Et la « minute de silence », caricature infâme des deux, en est le strict contraire… Heureusement, Lorène, la jeune fille victime de Justin Adar Polat, a échappé à sa minute de silence dans l’hémicycle-poulailler… Ça aurait été pour elle, un  58ème coup de couteau !

Justin encore, d’ailleurs. En agissant dans une enceinte scolaire et pour des motifs de désespérance écologique, Justin Adar Polat a mélangé en lui et dans son destin les deux « bombers »  qui l’ont précédé dans ce genre d’acte terroristique : celui d’Amérique, Theodore Kaczynski, dit « Unabomber », un écolo radical comme lui qui, après avoir écrit un manifeste tout à fait cohérent lui aussi, postait des colis piégés à l’attention des responsables pollueurs ; et « Human Bomb », le chômeur Érick Schmitt qui, en 1993, avait pénétré une école maternelle bardé d’explosifs et avait pris en otages des gosses, dont un « petit Noir » extrait spectaculairement par Sarkozy, alors maire de Neuilly… Justin aurait dû mieux suivre l’exemple d’Unabomber qui était un cibleur exemplaire. Regardez la liste de ceux à qui l’Américain, inspiré entre autres par H.D. Thoreau, envoyait ses bombes par la poste en punition de leurs méfaits antiécologiques… Ah, moi je l’aurais sauvé, le Justin, en l’aiguillant mieux que ça : ça ne servait à rien de se suicider ainsi en entraînant avec lui Lorène, qui était très belle en plus, et avec laquelle il aurait pu faire un bout de chemin, et pourquoi pas jusqu’à devenir les Bonnie and Clyde de Notre-Dame-des-Aides en partance pour le grand combat anti-technologique nécessaire de notre époque ! Au lieu de ça, Justin s’est fait du mal à lui-même en la sacrifiant pour rien. Quel dommage ! Évidemment, les commentateurs continuent à nier l’intérêt politique de son manifeste au titre célinien (un « Y » à l’envers, en désapprobation de tous les professeurs), prétextant que Justin a fait ça avec ChatGPT alors que, déjà, eux, ils font ça toute la journée et ils le reprochent à un gosse qui n’a jamais eu de prétention à l’originalité (à 15 ans et demi, tout le monde ne peut pas faire des dessins d’humour sanglants à Hara Kiri !), mais qui avait quelque chose à dire et qui l’a dit. C’est le fond qui compte. C’est déjà bien pour Justin d’avoir sortir tout ça de son cœur. Il n’y a rien de confus dans L’Action immunitaire, encore moins d’« hitlérien », pas une seule allusion au Führer, ni même à Michel Foucault ou à Ivan Illich comme le prétendait Patrick Cohen à C à vous en balayant d’un revers de sa patte moite un texte pareil qui, en plus, analyse parfaitement (et je m’y connais) un tableau de Brueghel que les journalistes n’ont même pas regardé ! Il faut relire Justin comme il faut relire Théodore…

« La solitude n’est plus un état passager, elle est devenue une structure. Et dans cette structure, l’aliénation sociale prend racine. Elle s’incarne dans la perte d’identité profonde, dans la déconnexion à la mémoire collective, dans l’effacement de l’histoire orale, dans l’oubli des rites, des symboles, des appartenances ancestrales. L’humain moderne devient un déraciné fonctionnel. Il peut habiter partout, travailler n’importe où, acheter tout ce qu’il veut, mais il ne sait plus qui il est. Il ne sait plus à quoi il appartient, ni pour quoi il pourrait se battre. Ce déracinement total n’est pas la liberté. C’est une désintégration. »

Justin Adar Polat.

« Le progrès technologique nous conduit à un désastre inéluctable ; seul l’effondrement de la civilisation moderne peut empêcher le désastre ; le gauchisme est la première ligne de défense de la Société technologique contre la révolution ; ce qu’il faut, c’est un nouveau mouvement révolutionnaire, voué à l’éradication de la société technologique, et qui prendra des mesures pour tenir à l’écart tous les gauchistes et consorts. »

Theodore Kaczynski.

« Les colères sont neutralisées dans les urnes ou redirigées vers de faux ennemis. Le système sait digérer la critique : il l’intègre pour mieux se renforcer. La résistance réelle devient alors suspecte. Elle est psychiatrisée, criminalisée, délégitimée. Le dissident est “instable”, l’ermite est “asocial”, le refus est “irrationnel”. Tout ce qui échappe à la norme est pathologisé. »

Justin Adar Polat.

J’ai une question pour vous : quel genre de violence a causé le plus de dégâts dans l’histoire de l’humanité ? La violence autorisée par les États (la société, la civilisation, l’idéologie) ou la violence non autorisée, employée par des individus ? 

Theodore Kaczynski

Chaque lundi, Marc-Édouard Nabe écrit deux pages ici.

N°17 – 28 avril 2025

J’en suis à mon sixième pape qui meurt sous mon règne ! Sans compter mon préféré, Pie XII, mort l’année de ma naissance, et plus précisément trois mois avant que la fumée blanche ne sorte du sexe de ma mère : « Habemus Nabam ! »

Richard Millet (désormais chroniqueur à C News) a eu « les larmes aux yeux » quand il a appris la mort du pape François, et Charlotte d’Ornellas a trouvé ça « incroyable » que le souverain pontife soit « parti » le lundi de Pâques. Eh oui, il y a des morts du lendemain, comme les pilules du même nom…

« Je suis proche des souffrances des chrétiens en Palestine et en Israël, ainsi que de tout le peuple israélien et de tout le peuple palestinien. Le climat d’antisémitisme croissant qui se répand dans le monde entier est préoccupant, en même temps mes pensées vont à la population entière et en particulier à la communauté chrétienne de Gaza où le terrible conflit continue de semer la mort et la destruction, et de provoquer une situation humanitaire dramatique et ignoble. J’appelle les belligérants : ‘‘cessez-le-feu, libérez les otages ! ’’, et que l’aide qui est si précieuse et nécessaire soit apportée à la population affamée, cette population qui aspire à un avenir de paix. ». Voilà ce que François a fait dire en son nom, au balcon de la basilique Saint-Pierre, le dimanche pascal. Évidemment, c’est pas lui qui l’a écrit, mais il l’a pensé (c’est pire). Dans sa dernière allocution publique (urbi et tordu), pas un mot sur les Musulmans qui sont les premiers concernés par les bombardements d’Israël, et comme chez tous les faux-culs, le mot palestinien doit absolument être suivi de celui d’antisémitisme pour être recevable… Quelle indécence de cœur ! François compatit d’abord aux souffrances de « la communauté chrétienne de Gaza », mais la communauté arabe sur leur propre terre, tu y penses, pape ? Les « belligérants », pour lui, c’est Tsahal et le Hamas. Même à quelques encablures du port de sa mort, François ne se sera pas mouillé… Ah ! Trop de saloperies hypocrites sont sorties de la bouche du pape le jour de Pâques : à la fois, il demande un cessez-le-feu à Gaza et il condamne l’antisémitisme « croissant » (croissant islamique of course)… Il ne pouvait que mourir le lendemain, à 7h du matin ! Dieu n’aime pas que Son « représentant » se foute de Sa gueule à ce point-là. Couic !

Luther et Calvin auraient vomi le pape François (qui le leur rendait bien). Luther disait que le pape était « le Contre-Christ — que l’Écriture appelle Antichrist », que « toute son attitude, son action, ses entreprises sont bien tournées contre le Christ, elles ne tendent qu’à supprimer et éliminer l’attitude et l’action du Christ »… Nietzsche, lui, se félicitait que des bacchanales et des banquets, des orgies papales, aient été organisés sous la Renaissance. C’était, selon lui, la seule façon digne d’utiliser le trésor du Vatican et de substituer au christianisme morbide et décadent « le triomphe de la vie, le grand oui à l’égard de toutes les choses hautes, belles et audacieuses »… Ainsi parlait le philosophe moustachu, certain que toutes les divinités de l’Olympe se seraient fendues d’un « immortel éclat de rire » si César Borgia, après son père Roderic, avait été nommé pape ! « Me comprend-on ?… Vraiment cela eût été la victoire que je suis seul à demander maintenant : cela eût supprimé le christianisme ». Hélas pour Friedrich, Luther vint…

C’est parce que Nietzsche détestait Luther et le protestantisme allemand (alors qu’il en était directement issu et totalement imprégné) qu’il n’a pas identifié, comme le Hulk de Worms l’avait fait, le pape avec l’antichrist… Pour Nietzsche, l’antichrist (en français « l’antechrist ») est plutôt une figure positive, une sorte de Christ dionysiaque attendu pour nous libérer du christianisme, alors que Luther, plus rationnel et convaincant, identifie avec justesse l’antichrist au pape, à tous les papes qui sont des antichrists, quels qu’ils soient et chacun à son tour, comme une même figure bien réelle et contemporaine qui prend place sur le trône de Saint-Pierre et peut ainsi se multiplier à l’infini… Le pape est vu comme le contraire du Christ, comme sa parodie usurpatrice s’installant au Vatican pour déformer le message de Jésus.

C’est Jean le premier qui a parlé de l’Antichrist et des anti-Christs, mais dans ses Épîtres, pas dans son Apocalypse (on ne lit pas assez les épîtres de Jean). C’est là qu’il nous enseigne la distinction entre les deux : « Mes enfants, c’est la dernière heure et, comme vous l’avez appris, un antichrist, un adversaire du Christ, doit venir ; or, il y a dès maintenant beaucoup d’anti-Christs ; nous savons ainsi que c’est la dernière heure ». « Le menteur n’est-il pas celui qui refuse que Jésus soit le Christ ? Celui-là est l’anti-Christ : il refuse à la fois le Père et le Fils » (1 Jn 2,18). « Tout esprit qui refuse de proclamer Jésus, celui-là n’est pas de Dieu : c’est l’esprit de l’anti-Christ, dont on vous a annoncé la venue et qui, dès maintenant, est déjà dans le monde. » (1 Jn 4,3). Je ne suis pas loin de croire que sur ce point, Jean rejoint, par avance si je puis dire, Luther, lorsqu’il traitera les souverains pontifes d’antichrists, c’est-à-dire de menteurs et d’imposteurs qui, par leur fonction même de représentants déifiés de Dieu-le-Père, ne se reconnaissent pas dans la pauvreté du Christ. Ainsi, comme il est dit johanniquement, ils refusent « à la fois le Père et le Fils » (sublime formule). À coup sûr, Jean aurait vu l’esprit de l’antichrist chez François qui n’a fait que brasser du vent pour sa propre gloire sous couvert d’humilité simulée, un antichrist préfigurant la venue de l’Antéchrist final, l’ante-finale si vous préférez…

« Brasser du vent », c’est bien ce que fit François, l’un des plus fades papes qui fut jamais. Annonces, gestes, messages, appels, consolations, plaidoyers, encycliques, commissions : voilà les « actes » d’un pape… Dérisoires coups d’épée de Paul dans l’eau du Jourdain ! Ça ne mange pas de pain bénit, perdu, émietté pour les pigeons du catholicisme… Un pape ne fait rien : il exprime juste son « sentiment » : qu’est-ce qu’on en a à foutre ? François a eu « honte » des curés pédophiles ; c’est tout ? Il est « resté prudent » sur l’élevage industriel, la chasse et la corrida… Il adorait soi-disant Bloy et Bernanos qu’il lisait frénétiquement, mais en quoi ça se voyait dans ses actions ? Il a jeté des couronnes de fleurs dans la mer en hommage aux migrants noyés… En 2016, il est allé à Lesbos et a ramené à Rome une fillette et deux familles de réfugiés syriens (pourquoi pas des marionnettes ?), mais que sont-ils devenus ? Il a lavé les pieds de prisonniers, mais de là à leur donner des chaussures neuves ! Il a « dénoncé » les abus sexuels, a été « respectueux » de la place des femmes et des droits LGBT, il a même donné sa bénédiction aux gays et aux divorcés, ce qui leur a fait une belle jambe. Il a trouvé que l’homosexualité n’était pas un « crime », tout en rappelant quand même que les actes homosexuels, eux, sont des « péchés » !… Tout s’annule toujours dans la bouche d’un pape, surtout quand il est jésuite. Il a fait croire qu’il avait « assaini » les scandales financiers et moraux de l’Église mais il les a plutôt étouffés. Il a « évoqué » les désastres industriels et lucratifs sur la planète à préserver mais s’est contenté d’ouvrir un synode « dédié à l’Amazonie » ; c’est pas ça l’écologie, banane ! Que de prises de position inutiles, je vous dis ! C’est que des paroles, mais les actes, où sont-ils ? Vous remarquerez qu’on a toujours parlé des « Actes des apôtres » mais jamais des « actes des papes »…

François n’était pas seulement un anti-Christ mais un anti-franciscain aussi. Déjà, comment un jésuite pourrait-il être franciscain ? Ensuite, ce Bergoglio n’avait rien de saint François, il lui a piqué son nom et tout le monde a laissé faire. C’est comme le cinéaste Jean-Pierre Melville qui a pris le nom d’un des plus grands écrivains de l’histoire du monde… De quel droit ? Et pour, en plus, faire des films couci-couça… François a usurpé le nom de Saint François d’Assise : il n’avait rien à foutre des animaux, c’était un gros viandard, à l’Argentine ! Ils en font « le pape des pauvres », alors que saint François allait beaucoup plus loin que ça : déjà, il appelait la pauvreté sa « dame », et c’est Jacques de Voragine qui raconte dans sa Légende dorée (une de mes bibles) que lorsque François voyait quelqu’un de plus pauvre que lui, il en était jaloux : « Le dénuement de cette personne nous fait honte, c’est une critique achevée de notre pauvreté, car à la place de mes richesses, j’ai fait le choix de la pauvreté pour ma dame et voici qu’elle reluit plus en cette femme qu’en moi ! ». Texto ! Un saint n’est pas forcément un joli monsieur, on le savait. Saint François pensait que la pauvreté reluisait sur les personnes et que lui n’en était pas digne, finalement… Il parlait aussi aux cigales, aux ânes, à tous les animaux qui étaient des « frères » et des « sœurs » pour lui ; il ne voulait toucher ni aux lanternes ni aux lampes parce que sa main aurait terni l’éclat de leurs lumières ! Il marchait sur les pierres avec beaucoup de révérence parce que chaque pierre lui rappelait saint Pierre… Voilà le vrai François ! Il enlevait les vers et les limaces de la route pour pas qu’ils soient écrasés par les pieds des passants. Il pleurait en permanence aussi, et s’il pouvait lui arriver de faire des miracles comme transformer l’eau en vin, son truc, c’était surtout de transformer de l’argent qui sortait d’une poche en long serpent menaçant… À fuir !

Pour en finir avec le jugement sur le pape François, je recommande la lecture, dans le Nabe’s News n°30 du 11 septembre 2021, d’un texte écrit par Antoine Rosselet, Le Mauvais samaritain, suivi, dans le Nabe’s News n°32 du 14 octobre 2022, du Bon Samaritain (le père Paolo dall’Oglio), deuxième volet de ce diptyque qui creuse particulièrement les agissements antichrétiens, islamophobes et collabos de François-le-lâche et l’irresponsable.

Justin. À Nantes, un gosse de 15 ans entre dans une classe de son lycée et poignarde une jeune fille de 57 coups de couteau de chasse jusqu’à la tuer. Il ira blesser trois autres élèves avant d’être maîtrisé et menotté. Un quart d’heure avant l’assaut, il s’était enfermé dans les toilettes pour se scarifier le front et envoyer à tous ses camarades, par mail, un manifeste de 13 pages intitulé L’Action immunitaire avec ce sous-titre : « La révolte est déjà la plus grande victoire que nous puissions atteindre », et illustré du fameux tondo de Breughel Le Misanthrope (on y reviendra)… Justin était dans un lycée privé catholique (qui ne s’appelle pas « Notre-Dame-de-Toutes-Aides » pour rien), et on dit qu’il est écolo et nazi… Et aussi qu’une agression criminelle pareille ne peut être que le fruit de l’esprit dérangé d’un jeune homme solitaire dénoncé par ses camarades comme étant fasciné par Hitler… Le manifeste de Justin est jugé « confus » par les journalistes sans qu’ils l’aient lu bien sûr ; d’autres l’estiment avant tout anticapitaliste, situationniste ! Merde, alors ! Un situ nazi ? Un hitlérien d’extrême-gauche ?… C’est tous les commentateurs qui nagent en pleine confusion… Heureusement pour C News, on apprend que Justin s’appelle Adar Polat et qu’il est d’origine turque et kurde… Sauvé par le gong ! Ils vont pouvoir renchérir sur la barbarie orientale ; en plus, ils ne s’en sont pas encore aperçus mais Justin a le même nom que le terroriste Ali Riza Polat, défendu en 2020 (et en vain) par Maître Coutant Peyre, et condamné pour avoir été jugé complice des attentats de l’Hypercasher et de Charlie Hebdo (relire mon « Veau d’or Hebdo et les 14 boucs » dans Nabe’s News n° 28, du 29 janvier 2021), alors qu’il n’y était pour rien (réclusion criminelle à perpétuité quand même)… Pas de hasard pour Adar !… Le ministre de l’Intérieur Retailleau pointe, à cette occasion dramatique, la nouvelle violence de la société, sous-entendu une violence inspirée par les immigrés et les Arabes (même si Justin n’est ni immigré ni arabe). Pour cette droite immonde, la société a ses responsabilités mais uniquement parce qu’elle est devenue « multiculturelle ». C’est aussi la faute de l’extrême-gauche qui depuis mai 68 a « déconstruit » l’homme et a transformé la France, qui était à la base très, très saine, en foutoir laxiste !… Jamais ces ordures ne mettraient en cause la société elle-même, le concept même de société, et le manque d’éducation profonde par la faute de la scolarité en soi. Quand vont-ils comprendre que ça vient de l’école, c’est l’école qui donne aux élèves le mauvais exemple pour conduire leur vie, évidemment ! Il faut relire Les Beaux draps, putain ! « L’ensauvagement », c’est toujours dans le même sens : les gentils Blancs sont ensauvagés par les méchants Musulmans ; ils ne peuvent pas être ensauvagés par eux-mêmes ! Ils croient tous que ce genre de chose arrive à cause du « laisser faire » qui a sapé l’autorité. Mais non ! C’est parce qu’il y a trop cette autorité justement que ça se déglingue… Une autorité dégueulasse… Faites-moi venir dans les lycées et laissez-moi raconter aux morveux la vie de Céline, de Van Gogh ou de Lester Young, et vous verrez s’il n’y a pas d’« autorité » ! Le délire de Justin est dans son acte mais pas dans la théorisation de son acte. Jamais on ne s’interroge sur les raisons qui ont poussé cet adolescent raskolnikovien à avoir fait ça…. Quand on y réfléchit, quoi de plus normal, de moins fou, qu’un jeune homme qui, à l’âge de la rage, soit suicidaire au point de désespérer de la personne humaine, et de se révolter contre la putification et les ambitions libéralistes ignobles qui vont avec, tout ce qu’on lui promet depuis son enfance sacrifiée, jusqu’à assassiner, dans sa propre école de cadavres, la seule élève qui lui avait accordé une attention et une sympathie sincères mais dont il se considérait indigne. Allez-y, psychologues, psychiatres, psychanalystes ! Au boulot, bande d’incapables !

Nous devons nous tenir là où le confort s’effondre, car le confort est devenu complice. Nous devons redevenir sauvages, organiques, indomptables. Ne plus chercher la place dans le monde qu’on nous propose, mais retrouver la place que la Terre nous réservait avant que nous la trahissions… Le monde que l’on nous impose est un mécanisme d’anéantissement. Il faut s’en extraire, coûte que coûte. Il faut rompre le sortilège, briser la bulle cognitive, réapprendre à sentir, à vivre, à penser. Retrouver la puissance du silence, la sagesse des cycles, la vérité nue des choses. 

Justin Adar Polat

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N°16 – 21 avril 2025

Ma femme est tellement chiante qu’elle a même saoulé ChatGPT avec ses questions ! Il en peut plus, le pauvre !

Vu le procès Papon. Du coup, exceptionnellement, je relis mon texte écrit en 1997 pour un magazine qui l’a censuré avant publication, « Maurice, tiens bon ! », et repris dans NON (Éditions du Rocher, 1998). Eh bien, c’est mon texte qui tient bon ! Un de mes plus antifrançais, et pas du tout par « islamo-gauchisme » (comme quoi c’est possible). Je voyais bien déjà l’hypocrisie française de condamner un vieillard pour ne pas avoir à condamner Vichy… Papon est mort à 96 ans le 17 février 2007, le même jour que le président de la cour qui l’avait condamné ! Mais il y a mieux. À la fin de son procès, Maurice Papon termina son allocution finale par ces mots : « C’est tout ou rien, je suis coupable ou innocent ; si c’est tout, ce sera au prix d’une injustice de grande portée qui fera écho, à un siècle d’intervalle, à la faute historique qui a frappé Dreyfus et que la France traîne comme un boulot, comme un boulet, dans son histoire. »

Ah, le lapsus ! Je crois que c’est la plus belle analyse de l’Affaire Dreyfus et de ses conséquences qui m’ait été donnée d’entendre depuis longtemps, qu’importe si c’est venu d’un pourri collabo droitard antisémite pourvoyeur de convois bourgeois gaulliste… Péguy, qui disait que finalement l’Affaire n’avait été qu’ « un pli dont on avait fait une montagne », aurait été fier de lui. En effet, Dreyfus n’est pas un boulet attaché à la cheville de la France ; l’inconscient de Papon a dit vrai : c’est bien devenu un boulot pour les Français culpabilisés et exploiteurs de l’innocence d’autrui afin d’effacer tous leurs crimes. Et cela bien avant 1997, et jusqu’à aujourd’hui.

Miles Davis donnait des noms aux cicatrices de ses hernies occasionnées par ses batteurs lorsqu’il soufflait trop fort dans sa trompette contre le vent de leur drumming : « Philly Joe »,  « Tony », « Jack » …

Ce qui caractérise les hommes qui m’entourent, c’est que tous me mentent sur leurs femmes. Parce qu’elles sont trop belles, ou trop intelligentes, et qu’ils ont peur que j’aille les leur piquer ? Mais non bien sûr ! Au contraire : c’est parce que je verrais trop vite que c’est des tocardes, et des chieuses, et qu’avec elles, ils se comportent comme des types faibles, des soumis à la merci de connasses qui les mènent par le bout du gland, et qu’ils ont honte…

J’avais tellement perdu l’habitude des studios de télé que lorsque le réalisateur de l’émission Les Incorrectibles m’a accroché au revers de la veste le micro-cravate, pour moi, c’était plus émouvant que si j’avais reçu la Légion d’honneur des mains du président de la République ! Merci, Éric Morillot !

On a tous été effarés — quand je dis « on » c’est-à-dire moi et mes vrais lecteurs, mes vrais amateurs, les vrais connaisseurs en littérature — par le niveau des haters me déversant, aussitôt après mon passage chez Morillot, des bennes à ordures entières d’insultes et de reproches incohérents et mal informés. C’est-à-dire qu’ils en sont toujours restés (alors qu’ils sont d’une génération qui n’a pas connu ces années-là, en gros, les 2010) à l’époque où les premiers complotistes propagandaient les théories les plus indéfendables sur le 11-Septembre avec sa tour 7 qui s’est effondrée « toute seule », la révolution syrienne manipulée par la CIA, Mohammed Merah, flic infiltré, etc. etc. Sont venues s’ajouter les tartes à la crème du Covid « pas dangereux » et des Gilets jaunes « admirables »… C’est dingue : rien n’a changé, les conspis n’ont absolument pas évolué, ils ont seulement ajouté à leur liste de « héros », la figure du professeur Raoult… Croyez-le ou pas, avec tout ce qui a été démontré depuis la fin de la pandémie, en 2025, être contre Raoult, pour la populace d’internet, c’est forcément être une ordure pro-système totalement inféodée à Macron. N’importe quoi !

150 jours qu’on nous fait croire que Boualem Sansal est un écrivain français otage de l’Algérie alors que c’est un Algérien (qui n’a rien d’un écrivain) retenu comme prisonnier politique pour avoir été traître aux intérêts de son pays, et, en plus, dans le pays qui a colonisé ses frères !

L’Algérie est en train de refaire boire, cuillerée par cuillerée, toute l’huile de ricin que la France lui a fait avaler, de force, pendant 130 ans d’occupation coloniale. Comment trouver cela injuste ?

Soral est mon Barabbas ! Face à moi, sa foule de moutons du Sanhédrin complotiste hurle « Soral a raison ! », ce qui équivaut à « Libérez Barabbas ! », et qui fait aboutir automatiquement à ma re-crucifixion par la seconde bien-pensance… Car il y a une seconde bien-pensance : la bien-pensance comploto-antivax, pro-11-Septembre made in USA, pro-Bachar, pro-Faurisson, pro-Gilets jaunes, pro-Poutine, pro-Raoult… C’est aujourd’hui le discours dominant de la minorité majoritaire, si je puis dire. Qui sort de cette doxa anti-doxa est immédiatement flagellé par les soraliens débiles qui croient sur parole un type qui systématiquement a dit des trucs faux sur tous les événements depuis vingt-cinq ans et qui, évidemment, vu la médiocrité de son public, passe pour un « patron ». « Patron », le mot est bien choisi puisque ses fans sont tous ses employés, mis au service de l’inintelligence conspirationniste en inaction…

Pierre Palmade a rejoint le gang des bracelets électroniques : Dieudonné, Sarkozy, Soral… Le point commun entre eux, c’est d’espérer « revenir » après le bracelet, alors que l’après-prison réelle ne laisse aucun espoir. On est brisé et puis c’est tout, sauf si on veut se venger à la Jean Valjean (à la Jean Valgeance !), ce qui est plutôt sain ; mais pour ça, il faut avoir de la carrure et les condamnés cités plus haut n’en ont pas. Grâce au bracelet, Dieudonné rêve de refaire un spectacle avec Élie Semoun ; Sarkozy de reprendre sa place en politique aux plus « hautes fonctions » ; Soral de retrouver son public de gourou du Faux qu’il avait en 2014, et Palmade de remonter sur scène pour faire de nouveaux sketchs, à mourir de rire comme un fœtus de six mois percuté dans le ventre de sa mère…

Chaque fois que je passe à la télévision (et c’est pas souvent !), je reçois des tombereaux d’injures qui sont des sortes de sorts maléfiques qui me sont jetés de loin. Heureusement, pour la plupart, les lanceurs de sorts ratent leur cible comme des bras-cassés palestiniens tirant des roquettes sur Israël sans toucher le moindre hébreu… C’est ce genre de sorts dont Strindberg ou Artaud étaient persuadés être victimes, ils l’ont très bien expliqué, ce n’est pas de la rigolade de parano et rien à voir avec des complots de personnes liguées et organisées pour nuire à un individu gênant. C’est de l’ordre de la magie noire et du vaudou. Attention, ça peut atteindre les proches… Par exemple, ma femme Alexandra, qui avait été visée par les mauvais sorts pour être gazée dans sa salle de sport, y est allée juste la veille de l’attaque. Victime collatérale : Alison, une employée qu’elle connaissait bien, et qui, à cause d’une fuite d’azote, a été en quelque sorte tuée à sa place, le lendemain de mon émission…

Vous savez quoi ? La plaie des hommes de tous temps et de toutes les contrées, c’est qu’ils ne s’intéressent pas à ce qui est intéressant, c’est qu’ils ne donnent pas d’attention à ce qui en exigerait, c’est qu’ils ne font pas le point sur ce qui mériterait d’être vu en détails, c’est qu’ils ne remarquent pas ce qui est remarquable, et qu’ils passent toujours à côté de ce qu’il faudrait affronter… Ce qui induit à l’inverse qu’ils s’intéressent toujours à ce qui n’a aucun intérêt, qu’ils déploient une énergie folle pour des peccadilles, qu’ils ne voient que ce qui n’a pas d’importance, qu’ils ne remarquent que ce qui est inutile de relever, et qu’ils perdent leur temps à un tas de choses accessoires parce qu’ils voient flou tout le reste qui pourtant crève les yeux par sa précision.

« De mystérieuses dégradations nocturnes signées ‘‘DDPF’’, ont visé des prisons et des agents pénitentiaires depuis dimanche soir (France Info) »… Les républicains qui s’insurgent contre ces assauts contre des prisons oublient qu’ils ne seraient pas aussi républicains s’il n’y avait pas eu, en 1789, des attaqueurs de prison qui s’en étaient pris à la Bastille.

Nicolas Demorand, gros présentateur des « Matinales » de France Inter, à la voix insupportablement solennelle et intrusive (une véritable agression sonore), révèle qu’il est bipolaire. Ses bajoues tremblent de tremolos en disant qu’il se considère comme « un malade mental ». Matinal mental ! Tout le monde trouve tout à fait normal qu’un bipolaire officie sur la plus grande chaîne d’info de la radio publique. Comme dit Élisabeth Lemoine de Demorand à C à vous : « Qu’il soit bipolaire ne l’empêche pas de faire son métier ». Ben si, ça l’empêche, ça devrait l’empêcher de faire son métier. Si Demorand n’avait pas procédé éhontément depuis des années à tant de matraquages médiatiques idéologiquement dégueulasses, et en tout état de conscience, de France Culture aux Inrockuptibles, en passant par Libération pour finir en petit soldat de la servitude volontaire france-intérienne, il n’aurait peut-être pas été maniaco-dépressif. « Je suis un malade mental »… Pas si malade et pas si mental, car tout diminué qu’il soit, Demorand est toujours assez lucide pour blacklister les « cerveaux malades » dénoncés par son pote Patrick Cohen, autre hamster de gauche à bajoues, tournant dans sa roue-cage de bien-pensance… On a donc un malade mental qui ne veut pas inviter des cerveaux malades !

Pour Pâques, l’église d’Argenteuil ressort de sa naphtalinrine la tunique du Christ, « authentifiée » avec autant de certitude que la seconde qui existe à Trèves, en Allemagne… Il s’agit d’une sorte de blouse géante en laine, aux larges manches, et rendue toute marron avec l’âge, tissée d’un seul tenant « inconsutile », on appelle ça, et tombée en lambeaux puis restaurée. Les catholiques sont persuadés que c’est bien celle que portait Jésus, la rouge, pour accomplir son chemin de croix jusqu’au Golgotha. Évidemment, c’est faux, le carbone 14 l’a datée de 5 siècles après J.-C.. Encore une faribole absurde, comme le Saint suaire de Turin, la couronne d’épines et autres gadgets christiques… Vénérer les reliques c’est complètement con, on est d’accord, mais y a-t-il une différence entre vénérer des reliques qui sont vraies et vénérer des reliques qui sont fausses ? Un qui a bien déglingué ce fétichisme, c’est Calvin. Le premier argument de Calvin, c’est de dire qu’il y a beaucoup trop d’objets qui n’ont pas été conservés. Pourquoi ? Pourtant, ils étaient aussi sacrés que les autres : l’éponge pleine de vinaigre dont on a humecté les lèvres du Seigneur par exemple, est-ce qu’elle a disparu ? Les Romains ne l’ont-ils pas donnée aux apôtres ? Il dit aussi que ceux-ci ne s’amusaient pas avec ça, aucun apôtre dans aucune épître n’a dit qu’il avait sauvegardé quoi que ce soit du Sauveur… Encore un indice de l’escroquerie. Il y a aussi les deniers de Judas, les pièces de monnaie, qu’est-ce qu’elles sont devenues ? Pourquoi n’en a-t-on pas fait des reliques ? Calvin ironise également sur le fait que la plupart des reliques sont en double, en triple, en quadruple, il y a plusieurs colonnes de la flagellation, dit-il. Il se fout bien de la gueule de ceux qui prétendent que telle ou telle est la bonne ; et il prouve bien, dans son hilarant Traité des reliques (1543), que dès lors, en présence « de mensonges tant évidents », « il n’est pas possible de prétendre aucune vérisimilitude ». Ah, les clous aussi ! Des clous, il dit qu’il y en a 14 de dénombrés dans le monde, alors qu’il n’y a en eu que 3 enfoncés dans la chair du Christ : quels sont les bons ? Et les couronnes d’épines, il y en a tellement, dit Calvin, qu’on semble avoir eu besoin d’ « une haie tout entière » pour la Lui faire, Sa couronne d’épines ! Quant au suaire, il en est sorti plusieurs, « une couvée », dit-il, « comme des poussins d’une poule »… Formidable écrivain, ce Calvin !… Pour revenir à la fameuse tunique, déjà à son époque (seizième siècle), Calvin disait qu’elle était tellement grande que c’était devenu une sorte de chasuble, ce qui n’est pas du tout crédible (déjà, la chemise dite de la Vierge, et qu’on présentait comme véridique, apparaissait comme celle d’une géante). Il y en a même qui disent que la tunique de Trèves est bien celle que Jésus portait pour son vendredi Saint, mais que celle d’Argenteuil est en vérité celle que la Vierge avait tissée elle-même pour son fils lorsqu’Il était enfant. Vu sa dimension, il fallait vite que les cathos trouvent une explication pour retomber sur leurs pattes. Eh bien, ce ne fut rien moins que d’affirmer que la tunique a grandi avec le Christ lui-même, au contact de Son corps, et que c’est pour ça que maintenant, elle a une taille d’adulte quand on la montre à Argenteuil (rires calvinistes) !

Laurent Baffie s’excuse chez Salamé d’avoir fait des vannes méchantes contre les femmes, et Dieudonné chez Bercoff s’excuse d’avoir attaqué les Israéliens car il estime désormais qu’il y en a des biens qui ne demandent qu’à vivre en paix avec les Arabes… Et moi, on ose me critiquer ? On ose me dire que je me suis soumis, que j’ai changé, que je suis un collabo du système ? On rêve !

Avant, Baffie cachait sa calvitie par des implants ; maintenant, il cache ses implants par une casquette.

La différence entre un homme et un autre homme n’est pas aussi grande que la différence entre ce qu’un même homme est aujourd’hui et ce qu’il peut devenir dans quelques jours.

Herman Melville